An.nnale (Andenelle) - li P'tite France (la Petite France)

Andène (Andenne) - cabarèt Degève-Bricteux (café Degève-Bricteux)

(Elen, op.citat.)

Coutisse - botike (magasin)

(Elen, op.citat.)

Andenne (Andène) - on pus' (un puits)

(Elen, op.citat.)

Scl√®yin (Sclayn) - col√®ji√Ęle Notr√®-Dame √®t Sint-F√©lis' (coll√©giale Notre-Dame et Saint-F√©lix)

(in:¬†Albums de Cro√Ņ, XXIV, Fleuves et rivi√®res, II)

 

Pol Wascotte, Jacques Huart, Si Andenne vous était conté …, s.d.

 

(p.7) LA COLLEGIALE SAINTE-BEGGE

 

La remarquable coll√©giale d’Ancienne dont les plans sont dus √† l’architecte Dewez est situ√©e au cŇďur de l’ancienne ville.

Au XVIIIe si√®cle, √† la suite d’une d√©cision du chapitre des chanoinesses d’Andenne et vu la v√©tust√© tr√®s accus√©e de l’ancienne coll√©giale, Sainte-Marie-Majeure, on d√©cida de la construction de la nouvelle √©glise. Les chanoinesses obtinrent l’autorisation de proc√©der aux travaux par d√©cret de S.M.I.R. Marie-Th√©r√®se, en date du 29 avril 1763. Apr√®s bien des vicissitudes et de tr√®s lourds sacrifices consentis par le chapitre, la construction fut commenc√©e en 1764, date de la pose de la premi√®re pierre et achev√©e en 1783.

Les pr√©visions des d√©penses furent largement d√©pass√©es, malgr√© le co√Ľt r√©duit de nombreuses fournitures, telles que pierres provenant des anciennes √©glises d√©molies ou extraites des carri√®res appartenant au chapitre, bois en provenance des for√™ts situ√©es dans le ban d’Andenne, et divers mat√©riaux fabriqu√©s √† proximit√© ou trouv√©s sur place. Ces √©normes d√©penses de construction √©taient disproportionn√©es aux revenus du chapitre ; elles rui¬≠n√®rent finalement cette institution. Entretemps, Joseph II(p.8)¬† venait de prononcer sa d√©ch√©ance √ßt quelques ann√©es plus tard, la R√©volution fran√ßaise la fit compl√®tement dispara√ģtre.

La fa√ßade principale, de style Renaissance, est orient√©e au nord. Des pilastres en pierre avec chapiteaux ioniques encadrent le porche. On peut voir dans le tympan du fronton terminal l’√©cusson armori√© de la maison de sainte Begge, d√©crit par M. Misson (1) ¬ę en forme de losange (forme traditionnelle pour les armoiries de dames nobles) portant mi parti trois al√©rions, mi parti de sable au lion d’or. Il repose sur deux palmes et est somm√© d’une couronne ferm√©e ¬Ľ. Au-dessus du portail d’entr√©e se lit √©galement le chronogramme suivant, indiquant la date de 1773 : Deo DIV aeq Ve Beggae Vo Vere PrenoblLes AnDanenses

CanonICae

(Les nobles chanoinesses d’Andenne l’ont vou√© √† Dieu et √† sainte Begge).

Cette année ne fut pourtant pas celle de la dédicace de la nouvelle collégiale. Elle eut lieu le 19 septembre 1778 en présence de son Altesse le prince de Lobkowitz, évêque de Namur, consécrateur.

Signalons encore en fa√ßade deux curieux mascarons ‚ÄĒ t√™tes de fantaisie, √©l√©ment d√©coratif courant du XVIIIe ‚ÄĒ qui versaient jadis de l’eau dans de petits bassins (terre-plein de l’escalier). Ils sont depuis peu remis en usage.

 

  • Baron Misson – Le chapitre noble de sainte Begge √† Andenne.

 

L’√©norme clocher bulbeux ne poss√®de plus ses cloches du XVIIe si√®cle qui provenaient des sept √©glises fond√©es par sainte Begge et qui repr√©sentaient certes un √©l√©ment important de l’histoire locale : en 1943, les Allemands occupant la Belgique s’en empar√®rent comme en beau¬≠coup d’endroits.

Seul, de la premi√®re √©poque, le bourdon ¬ę Marie ¬Ľ (1.200 kg., refondue en 1776) ‚ÄĒ que les Andennais appellent √† tort ¬ę cloche Sainte-Begge ¬Ľ ‚ÄĒ reste dans le clocher. La rescap√©e porte, grav√©, le texte suivant (traduit du latin) : ¬ę Que le Christ soit lou√©, que par moi l’ennemi soit mis en fuite, car je (les) am√®ne √† Lui. Pour tous, je m’appelle Marie et fus faite en cette ann√©e du Seigneur 1483 (des deniers) de Guillemine de Raisse, chanoinesse de cette √©glise ¬Ľ. Les six autres cloches disparues furent remplac√©es en 1950.

P√©n√©trons dans le sanctuaire et admirons les remar¬≠quables proportions qu’offrent au premier regard la nef centrale ‚ÄĒ aux piliers orn√©s de chapiteaux corinthiens ‚ÄĒ les collat√©raux et le transept, tous trois con√ßus pour servir d’√©glise paroissiale, tandis que le vaste chŇďur servait d’√©glise abbatiale, r√©serv√©e jadis aux chanoinesses qui y avaient leurs stalles, et cette abbatiale √©tait autre¬≠fois s√©par√©e de l’√©glise paroissiale par une cl√īture qu’un banc de communion rempla√ßa pour dispara√ģtre √† son tour.

 

UN RICHE MOBILIER

 

Dans le fond de la nef lat√©rale gauche, un large tableau repr√©sentant ¬ę Le Massacre des Saints Innocents ¬Ľ est attribu√© au peintre Louis Finsonius de Bruges qui l’ex√©¬≠cuta, probablement √† Amsterdam, vers 1610. Il fut (p.9) achet√© √† Li√®ge vers la fin du si√®cle dernier par M. le doyen Courtois. Au fond de la nef lat√©rale droite, un autre tableau repr√©sente ¬ę L’Assomption de la Sainte Vierge ¬Ľ peinte en 1801 par les artistes A. Frippart et G. Bruppelles.

Deux des neuf confessionnaux des basses nefs portent des m√©daillons du XVIIIe si√®cle ; ils seraient du m√™me menuisier que ceux de l’√©glise de Foy-Notre-Dame, typiquement semblables.

La chaire de v√©rit√©, remarquable (1779), est attribu√©e √† Jean-Joseph G√©nicot, menuisier √† Andenne, les trois m√©daillons qui l’ornent √©tant l’Ňďuvre d’un sculpteur namurois J.J. Denis ; ils ont pour sujet : ¬ę La Sama¬≠ritaine ¬Ľ, ¬ę Lazare ¬Ľ, ¬ę La derni√®re C√®ne ¬Ľ. Remarquons √©galement les attributs des quatre Evang√©listes √† la double rampe d’escalier.

Dans l’aile droite du transept, deux tableaux : ¬ę La Visitation ¬Ľ et ¬ę La Pr√©sentation de la Sainte Vierge au Temple ¬Ľ et dans l’aile gauche, deux autres peintures : ¬ę L’Annonciation ¬Ľ et ¬ę La Pr√©sentation de J√©sus au temple ¬Ľ, quatre Ňďuvres du peintre li√©geois O. Pirotte (1699-1764), d’abord √©l√®ve de Panhay de Rendeux, puis √† Rome de B. Lutti et D. Branchi. Au-dessus des deux autels du transept, entre les pilastres des retables-portiques, deux tableaux repr√©sentent, √† gauche sainte Begge, √† droite sainte Gertrude, sa sŇďur, en costume de

chanoinesse, charmant anachronisme des XVIIIe et XIXe s., comme le costume de la statue √† l’autel qui est consacr√© √† sainte Begge (voir plus loin).

Les tissus soyeux du nouvel autel situé au centre du podium ont été confectionnés par Mme Imma de Sauvage à Paris en 1966.

A l’entr√©e du chŇďur, √† gauche dans Pabsidiole, le tom¬≠beau dit de sainte Begge consiste en deux grandes dalles de marbre noir. L’une sert de base, l’autre de table support√©e aux quatre coins par de petits piliers √©galement en marbre noir figurant deux anges portant encensoir et deux chanoinesses tenant un livre √† la main. Ces quatre personnages sculpt√©s dateraient des XII et XIIIe si√®cles. La balustrade en marbre blanc se trouvant √† l’avant du tombeau est, suivant une inscription, un don de chanoinesse au XVIIe si√®cle.

Ce tombeau se trouvait pr√©c√©demment, avant la cons¬≠truction de la coll√©giale, dans la chapelle Saint-Pierre, une des sept √©glises b√Ęties √† cet endroit d’Andenne (voir plus loin, √† la description de la place du Chapitre). Voici ce qu’en dit A. Melin (1) :

¬ę Andenne a conserv√© un culte profond pour sa sainte et illustre fondatrice. Durant tout le Moyen √Ęge, son tombeau ne cessa d’attirer les foules. 11 continue √† √™tre l’objet d’une grande d√©votion et nom¬≠breuses sont encore les m√®res qui, le vendredi de chaque semaine, y apportent leurs enfants. Sainte Begge est sp√©cialement invoqu√©e pour la gu√©rison des hernies et pour la pr√©servation des diverses infirmit√©s

 

  • ¬ę Histoire de la Ville et du Ban d’Andenne ¬Ľ (√©d. H. Vaillant-Carmanne, Li√®ge, 1928).

 

(p.10) de l’enfance. Le rite observ√© est un des points les plus int√©ressants du folklore local. Par une √©troite ouverture, l’enfant est introduit sur la dalle du tombeau et sa m√®re le fait glisser trois fois autour d’une colonne dress√©e au centre de cette dalle et supportant une croix. Nous ne savons √† quelle √©poque remonte cette coutume, mais l’usure du marbre t√©moigne de son anciennet√©. Les m√®res aiment aussi √† exercer leurs jeunes enfants √† faire leurs premiers pas sur les marches de l’autel de sainte Begge, tout proche du tombeau ¬Ľ.

Cet autel de sainte Begge, dans la m√™me absidiole, fut offert par le comte d’Argenteau, chanoine de la cath√©drale de Li√®ge et du chapitre d’Andenne, en m√©¬≠moire de sa sŇďur, morte chanoinesse d’Andenne (1770), comme l’autel de la seconde absidiole (transept droit) (N.D. de la Consolation).

Au mur d’entr√©e de cette absidiole, il faut voir une belle statue baroque (XVIIe si√®cle) de saint Jean-Baptiste, poly¬≠chrome, et un tr√®s curieux tronc gothique en fer.

Un b√©nitier en pierre, pr√®s de la porte d’entr√©e lat√©rale (gauche) est du XVe si√®cle, tandis que les fonts baptismaux plac√©s maintenant dans le chŇďur datent du XVIe si√®cle (gothique flamboyant). Ces deux Ňďuvres proviennent des anciennes √©glises d√©molies au XVIIIe si√®cle.

Au centre du chŇďur, existe un lutrin, magnifique dinanderie du XVe si√®cle surtout remarquable par sa t√™te de griffon, qui a particip√© √† plus d’une exposition de pi√®ces en cuivre travaill√© : les ailes d√©ploy√©es du griffon forment lutrin, tandis que ses pattes ant√©rieures supportent un second pupitre compos√© d’une plaque orn√©e d’armoiries grav√©es. Nagu√®re, on pouvait voir √©galement de grands chandeliers en argent de style Louis XVI pesant chacun 15 kg et fabriqu√©s d’apr√®s des dessins de l’architecte Dewez, constructeur de l’√©glise. Un exemplaire de ces chandeliers se trouve en vitrine du tr√©sor voisin (voir plus loin).

Le chŇďur poss√®de un ensemble de six tableaux datant de 1856, attribu√©s au peintre hutois Lecrenier, qui √©voquent des √©pisodes de la vie de la sainte patronne d’Andenne (1), √† nouveau en costume de chanoinesse. A noter encore de belles stalles en bois dont les si√®ges sont du XVIe si√®cle, mais leur prie-Dieu du XVIIIe. L’ensemble des 14 stalles pr√©sente une cinquantaine de t√™tes humaines, toutes diff√©rentes, sculpt√©es en relief dans le ch√™ne. Vitraux repr√©sentant des sc√®nes de la vie de sainte Begge.

Au-dessus du ma√ģtre-autel Renaissance en marbre rouge datant de 1734 (style Louis XV), une peinture du XVIIIe si√®cle est attribu√©e √† Gaspard Anthemus et figure ¬ę L’Assomption de la sainte Vierge ¬Ľ. Cet autel provient de l’√©glise Notre-Dame de Tongres. Les deux grandes statues en terre cuite peinte en blanc sont, √† gauche saint Pierre et √† droite Mo√Įse. Signalons encore dans le chŇďur des cr√©dences √† tablettes en marbre sur consoles en ch√™ne sculpt√© de style XVIIIe si√®cle.

 

  • Voir d√©tails dans le d√©pliant-sommaire du mobilier de la Coll√©giale, avec plan de localisation, √©dit√© par le S.I. (1973), disponible √† la coll√©giale.

 

(p.12) A droite du chŇďur et de la seconde absidiole, presque √† l’entr√©e de la sacristie (transept droit), une curieuse statue de saint Pierre √† la chaise curule, en bois poly¬≠chrome, date du Moyen √Ęge et provient d’une des anciennes √©glises d’Andenne. Sur l’autre mur d’entr√©e de l’absidiole, Sainte-Vierge, statue de l’√©cole de Delcourt

(XVIIIe siècle).

Au jub√©, les orgues du XVIIIe si√®cle ‚ÄĒ auxquelles travailla Thomas Weidtman, facteur d’orgues de Ratingen, pr√®s de Dtlsseldorf, sont r√©duites √† dix jeux depuis 1930, mais l’instrument est fort ab√ģm√© depuis pr√®s d’un si√®cle.

 

ACCES AU TRESOR

 

L’acc√®s au tr√©sor de la coll√©giale Sainte-Begge conduit d’abord le visiteur par plusieurs vastes pi√®ces d’affil√©e non d√©nu√©es d’int√©r√™t par leur mobilier et qui sont en fait les sacristies de l’√©glise.

Au-dessus de la porte d’acc√®s √† la premi√®re pi√®ce ‚ÄĒ chambre du m√©canisme d’horlogerie des cloches ‚ÄĒ on d√©couvre un grand tableau carr√© o√Ļ figurent les blasons d’une ancienne chanoinesse d’Andenne : cette forme de peinture est un obit, sans doute r√©alis√© pour l’enterrement de la chanoinesse Marie-Charlotte de Loen (les 16 blasons sont les quartiers de noblesse exig√©s pour l’entr√©e au Chapitre). A c√īt√©, une armoire avec chronogramme de 1743.

Dans la premi√®re sacristie, un tableau haut en couleurs repr√©sente le Christ soutenu par deux anges ; au-dessus de l’entr√©e, un autre √©voque le Saint-Esprit, un autre encore un gisant r√©aliste de l’√©cole allemande. Dans une niche, on trouve un Christ en bois en provenance de l’ancienne chapelle de la place des Tilleuls, d√©molie en 1892 (voir plus loin). On admire surtout une curieuse armoire √† deux corps, de 1618, grav√©e et en forme de chapelle : c’est l’ancien habitacle de la ch√Ęsse de sainte Begge, pi√®ce ma√ģtresse du Tr√©sor voisin. Elle contient un bel √©pistolaire et √©vang√©liaire Plantin de 1686 et une Bible Vulgate de 1740 ; une rare Vierge avec cheveux ; des statues retir√©es de la chapelle Saint-Roch (1), route de Bonneville : Vierge gothique et Saint-Roch ; diverses porcelaines religieuses d’Andenne ; une grande Sainte-Catherine d’Alexandrie, Renaissance. Dans la deuxi√®me salle contigu√ę, semblable en proportions √† la premi√®re, une modeste statuaire, un Saint-Hubert (XVIIe s.), un Saint-Pierre (1857) et une Sainte-Begge (XVIe s.), tous trois de style populaire, √©galement retir√©s de la chapelle Saint-Roch, surplombe, avec un chandelier de style gothique, de riches et solides mobiliers Renaissance et gothique.

Au-dessus des armoires, trois statues fort int√©ressantes : un Saint-Hubert en terre cuite des XVIIe-XVIIIe s., un Saint-Aubert, patron des boulangers, en bois du XVIIIe, aux initiales de boulangers andennais de l’√©poque : Naveau, Servais et Quintin et une singuli√®re figure en bois de Saint-Nicolas avec √©cusson nobiliaire et les enfants √† la cuve (XVIe s.). (1) Voir Guide des promenades p√©destres – promenade N¬į 3 – √©d. du S.I.

 

(p.13) En face, en vitrines, un √©talage de beaux ornements sacerdotaux du XVIIIe s., sauf l’un d’eux, du XVIIe s., au blason d’Alamont, du nom d’un ancien chanoine de Li√®ge (1). Ils font partie d’un ensemble prestigieux dont d’autres exemplaires parent plus loin les vitrines du Tr√©sor.

Dans une autre vitrine verticale : divers curieux parchemins, de 1450 √† 1758 et sceaux du Chapitre noble de Namur et de Marie-Th√©r√®se d’Autriche, de vieux pav√©s en c√©ramique du Moyen Age.

Enfin, un autre obit au baron de Wal, chevalier-commandeur de l’ordre teutonique (1818), orne un des murs de cette salle (2).

La porte du fond conduirait au mus√©e lapidaire, d√©crit plus loin. L’autre porte, en enfilade avec les divers pas¬≠sages en sacristie, s’ouvre sur le tr√©sor du Chapitre noble d’Andenne.

 

LE TRESOR DU CHAPITRE NOBLE D’ANDENNE

 

La Collégiale possède, derrière la sacristie, en de spacieuses armoires vitrées, un remarquable trésor qui peut être visité .

 

(1) Ce nom est également évoqué plus loin, au Trésor.

(2)¬† D√©c√©d√© le 16/5/1818, il fut l’√©poux de Marie-Fran√ßoise de Woel-mont, chanoinesse d’Andenne.

 

SON ORIGINE HISTORIQUE

 

Le tr√©sor de la coll√©giale d’Andenne fut, dans le pass√©, tr√®s fastueux, car l’on sait combien grand fut le prestige du chapitre noble. L’acc√®s √† ce chapitre √©tait d’ailleurs et pour cette raison strictement ferm√© aux dames qui n’apportaient pas parmi leurs r√©f√©rences un qua¬≠druple faisceau d’alliances aristocratiques, sans la moindre trace de b√Ętardise, tant du c√īt√© maternel que du c√īt√© paternel, ce qui leur exigeait ¬ę huit quartiers ¬Ľ. Plus tard, un dipl√īme de l’imp√©ratrice Marie-Th√©r√®se (1782) exigera ¬ę seize quartiers ¬Ľ √† quiconque voudra entrer dans le chapitre d’Andenne.

Certes d√©j√†, avant le chapitre devenu s√©culier, la communaut√© religieuse fond√©e par sainte Begge avait √©t√© richement dot√©e et par sa fondatrice qui √©tait de souche princi√®re et par ses illustres descendants (P√©pin II dit de Herstal, Charles Martel, P√©pin le Bref, Charlemagne). Au fil des ann√©es, les dames d’Andenne ne n√©glig√®rent rien pour que leur √©glise f√Ľt pourvue de tous les linges, ornements, v√™tements et objets sacerdotaux recommand√©s ou exig√©s par la liturgie et nombreuses furent celles qui, avant leur mort, tinrent √† apporter personnellement une offrande au mobilier. Les archives priv√©es des chanoinesses rapportent encore leurs pieuses lib√©ralit√©s.

 

VISITE DU TRESOR

 

D√®s l’entr√©e de la salle, une premi√®re vitrine, √† droite, montre deux manuscrits : un Antiphonaire du XVe s. et un office de Sainte-Begge ; un livre d’Heures de 1699 et une ¬ę Vie de sainte Begge ¬Ľ (1631), bien conserv√©e. Un chan¬≠delier en argent √† l’effigie du Christ, de la Vierge et de sainte Begge (XVIIIe s.) et deux chandeliers en √©tain

d’Angleterre des XVIIe et XVIIIe s. occupent le bas du rayon.

A c√īt√© d’une dalmatique ros√© (XVIIIe), bord√©e de fleurettes, se d√©ploient de merveilleuses chapes tiss√©es d’argent XVIIIe, (p.14) toutes v√™tements liturgiques et tapisseries de grande qua¬≠lit√© : une bleue, une rouge ‚ÄĒ avec capuchon et orfrois au fil d’argent ‚ÄĒ issues des opulents ateliers de Malines, une violette aux armes d’Alamont, don d’un seigneur lorrain qui devint chanoine de Li√®ge en 1669. A c√īt√©, curieux ornement de soie mauve, tir√© d’une ancienne robe de mari√©e (sans doute de chanoinesse).

 

NOTICE HISTORIQUE

 

Eug√®ne Albert d’Alamont, apr√®s s’√™tre d√©vou√© √† la d√©fense de Mont-m√©dy contre les troupes de Louis XIV, fut nomm√© par Philippe IV d’Espagne, √©v√™que de Ruremonde en 1659, puis √©v√™que de Gand en 1665. En 1669, il succ√©da √† l’un de ses oncles comme chanoine noble de St-Lambert √† Li√®ge.

La seconde vitrine fait face √† gauche : l’occupe toute une orf√®vrerie de grande valeur, des XVIIe et XVIIIe si√®cles. A c√īt√© d’une lampe de sanctuaire en argent, style rocailles (1758), relevons en premi√®re place le fameux buste-reliquaire (en argent dor√©) de sainte Begge que les fervents de la procession annuelle connaissent bien. Il contient un fragment du cr√Ęne de la sainte, visible sous un cristal dans la couronne de 1732. Il daterait du XVIe s., est orn√© de riches pierreries et est support√© par quatre petits lions dor√©s.

Puis un beau calice en vermeil dat√© de ¬ę Bruxelles 1670 ¬Ľ, √† nŇďud gothique ancien et un autre en or du XVIIIe s., deux ciboires en argent, un ostensoir Louis XIII au poin√ßon d’Anvers, deux navettes dont une de Jeanne de Namur, chanoinesse d’Ancienne et deux encensoirs d’argent dont un gothique du XVe s. sous forme de tourelle ; un pr√©cieux reliquaire d’argent du XVIe aux armes des t’Serclaes (avec support en argent de 1648 et centre de style byzantin), renfermant un fragment de la vraie Croix rapport√© par sainte Begge, lors de son voyage √† Rome (selon la l√©gende connue), (voir plus loin ¬ę Fontaine des Poussins ¬Ľ).

Cet ensemble de joyaux du culte accompagne de curieuses lettres patentes (avec grand sceau imp√©rial) de l’Imp√©¬≠ratrice Marie-Th√©r√®se (1), quelques dentelles au point de Bruxelles, un vieux missel Plantin (Anvers XVIIe s.), un livre d’Heures enlumin√© de 1509 et un reliquaire XVIIIe de saint Hubert en forme singuli√®re d’olifant (2) ; plus loin, une statue mutil√©e de sainte Begge, en pierre de sable* retrouv√©e par M. l’architecte Garant, dans le sous-sol de l’√©glise. Signalons encore, v√©ritables bijoux d’√©poque, ces deux m√©dailles en or (biche, sept √©glises, couronne) et en √©mail du XVIe si√®cle et du XVIIIe si√®cle, qui furent les insignes des chanoinesses d’Andenne et dont l’une √©voque leur r√©union √† Namur en 1785, au chapitre de Moustier, sous Joseph II. Plus loin encore, un ciboire de 1639 de la chanoinesse Jeanne de Roveroit (Rouvroy ??) en l’honneur de la Vierge et de saint Joseph.

 

(1)  Lettres patentes par lesquelles Marie-Thérèse habilitait les comtesses autrichiennes Antoinette, Thérèse et Eléonore de Franckenberg à jouir du droit de cité aux Pays-Bas, de façon à entrer en possession de leurs prébendes de chanoinesses (effigie de Marie-Thérèse et aigles bicéphales).

  • Ce reliquaire accueille les p√®lerins de St-Hubert,¬† au¬† retour de leur longue marche biennale de la Pentec√īte (voit plus loin, rubrique folklore).

 

(p.16) Dans un coin de la vitrine, voir encore une croix proces¬≠sionnelle de 1540 ‚ÄĒ avec une tr√®s vieille hampe ‚ÄĒ don de Bertheline Delloie (chanoinesse) qui y a fait graver cette inscription : ¬ę En Dieu ai mon espoir ¬Ľ.

Dominant les deux vitrines, dans le fond de la salle, un tableau d’une grande fra√ģcheur repr√©sente le ¬ę Bapt√™me du Christ ¬Ľ : ind√©niablement de style rub√©nien, il est attribu√© √† Tielemans (Lierre) de l’√©cole de Verhaegen, qui √©tait un peintre louvaniste de la fin du XVIIP si√®cle.

Mais la plus belle pi√®ce du Tr√©sor est, sans conteste, la ch√Ęsse de sainte Begge contenant des reliques impor¬≠tantes de la sainte enferm√©es dans un petit coffret en glaces biseaut√©es. Elle occupe un habitacle de pr√©dilection et sous un √©clairage fort judicieux, pr√©sente de brillants joyaux sur un capitonnage de velours rouge (longueur 1 m. 20 – poids 104 kgs).

Voici quelques extraits d’une √©tude faite par M. Courtoy, ancien archiviste √† Namur, et parue en 1933 :

On regarde la ch√Ęsse de sainte Begge, conserv√©e en la coll√©giale d’An-denne, comme une des plus belles Ňďuvres d’orf√®vrerie Renaissance que nous ayons en Belgique (1).

Son d√©cor, presque tout d’argent repouss√© et cisel√©, s’inspire de l’an¬≠tique. Des colonnettes cannel√©es dans le haut et par√©es de grotesques dans le bas, que surmontent des chapiteaux composites, encadrent des niches cintr√©es √† coquilles, o√Ļ s’abritent les statuettes des ap√ītres.

 

(1) M. le chanoine Crooy et M. Rousseau ont aussi donn√© de courtes mais int√©ressantes notices sur la ch√Ęsse dans ¬ę Le Tr√©sor de l’Art belge au 17e s. ¬Ľ, Bruxelles 1913, p. 236 et dans les bulletins des Commissions Royales d’Art et d’Arch√©ologie, tome XLIII, p. 130.

 

Dans les √©coin√ßons, des victoires ail√©es tendent des couronnes. Au milieu des longs c√īt√©s et √† chaque pignon, des tableaux en ronde-bosse, d’un faire habile, repr√©sentent l’Adoration des Bergers, la Mise au tombeau du Christ, sa R√©surrection et l’Assomption de la Vierge. Dans la frise inf√©rieure, des cartouches d√©coup√©s en ¬ę cuirs ¬Ľ montrent les Evan-g√©listes et les Docteurs de l’Eglise dont l’attitude gracieuse est burin√©e avec finesse.

Partout ailleurs s’√©talent des ciselures magnifiques o√Ļ fleurs et fruits se m√™lent √©l√©gamment √† des sujets profanes : cygnes, aigles, dragons ail√©s, figures assises, ch√®vre-pieds, aigui√®res, plats, vases et troph√©es d’armes.

Sur la corniche, des pots √† feu alternent avec de superbes acrot√®res, de cuivre fondu, cisel√© et dor√©, en forme de rinceaux ajour√©s et d’en¬≠roulements de feuillages sur lesquels se d√©tachent, par un contraste bizarre qui est bien dans l’esprit de la Renaissance, des harpies et des anges.

Le cr√™tage sup√©rieur, ainsi que l’image de sainte Begge gisant sur un sarcophage, ont √©t√© refaits au milieu du 19e si√®cle (1), mais les deux jolies figures d’enfants, porteurs d’une large et brandissant un glaive, sont anciennes.

Les statuettes des ap√ītres pos√©es dans les niches datent de diverses √©poques. Celles de St-Simon et de St-Andr√© sont contemporaines de la ch√Ęsse. Sur le socle de St-Paul, on lit la date de 1608 et l’inscription : ¬ę M. Fies fecit ¬Ľ qui nous donne le nom d’un orf√®vre probablement namurois. St-Jacques le Majeur et St-Thomas portent le poin√ßon de l’orf√®vrerie li√©geoise : l’aigle et la seconde de ces images ont de plus les lettres enlac√©es ¬ę S.T. ¬Ľ, initiales d’un artiste inconnu. St-Philippe, St-Jacques le Mineur et St-Barth√©lemy sont respectivement dat√©s de 1641, 1643 et 1645.

Il est difficile, en l’absence de date et de marque d’orf√®vre sur la ch√Ęsse, de pr√©ciser son √Ęge et l’atelier d’o√Ļ elle est sortie. Cependant, le ¬ę caract√®re de l’ensemble ¬Ľ et les indications fournies par les statuettes

 

  • Chanoine Crooy et Rousseau – voir leur notice dans le ¬ę Tr√©sor de l’Art belge au 17e si√®cle ¬Ľ Bruxelles 1913, p. 236.

 

(p.17) ont conduit √† ¬ę conclure ¬Ľ, avec une grande probabilit√©, que les parties principales de la ch√Ęsse furent ex√©cut√©es √† Li√®ge, tout au d√©but du XVIIe si√®cle ¬Ľ (1)

Apr√®s un expos√© de ses recherches au sujet de la date de l’ex√©cution de la ch√Ęsse et des statuettes cisel√©es qui la couvrent, M. Courtoy conclut :

…Ainsi en 1645, la ch√Ęsse est enfin compl√®tement d√©cor√©e. Les comptes et les testaments post√©rieurs ne nous fournissent plus de renseignements sur elle. (2)

Au terme de nos recherches, si nous r√©capitulons les r√©sultats acquis, nous constatons que dix statuettes sont certainement d’origine mosane, faites entre 1608 et 1645 par des orf√®vres li√©geois, namurois et dinantais. Les deux autres, qui remontent √† la seconde moiti√© du 16e si√®cle, sont contemporaines de la ch√Ęsse et vraisemblablement ex√©cut√©es par l’auteur de celle-ci.

Cet orf√®vre est-il li√©geois ou anversois ? De toute √©vidence, il a subi l’influence de Corneille de Floris dont il imite les formules d√©coratives. Il serait pr√©matur√© de r√©soudre ce probl√®me de provenance avant d’avoir examin√© de pr√®s les quatre panneaux repouss√©s qui ornent les pignons et le milieu des longs c√īt√©s de la ch√Ęsse. La composition de ces bas-reliefs s’apparente √† des dessins de Lambert Lombard, le peintre-architecte li√©geois. Cet artiste fut, comme on sait, un propagateur dans le pays mosan du style de la Renaissance italienne. Parmi ses √©l√®ves, il eut des Anversois et notamment Frans Floris, le fr√®re aine de Corneille.

(1) Chanoine Crooy et Rousseau, op. cit.

(2)¬† On trouve bien dans la liasse 506 un acquit, du 22 d√©cembre 1668, ¬ę¬† de 46¬† florins¬†¬† 11¬†¬† patars¬† ¬Ľ¬† pay√©s¬† √†¬† la¬† femme¬† de¬† l’orf√®vre¬† Jean le Vacke,¬† pour des images¬† d’argent,¬† mais¬† il¬† ne s’agit¬† ici¬† que de m√©dailles de Sainte-Begge.

Ainsi appara√ģt la complexit√© du probl√®me. Il touche √† la question des rapports artistiques entre Anvers et Li√®ge, √† peine √©tudi√©e et du plus vif int√©r√™t ¬Ľ(1) .

 

LE MUSEE LAPIDAIRE

SON ORIGINE HISTORIQUE

 

Lors de la r√©alisation de l’imposant b√Ętiment qu’est la coll√©giale Sainte-Begge, √† la fin du XVIIIe si√®cle, {-architecte L. Dewez avait, √† son emplacement, compl√®tement ras√© le cimeti√®re o√Ļ √©taient enterr√©es des centaines de religieuses et chanoinesses du fameux Chapitre noble pour l’admission auquel il fallait, sous le r√®gne de Marie-Th√©r√®se, seize quartiers de noblesse sans aucune b√Ętardise.

Des pierres tombales armori√©es subirent des sorts diff√©rents : certaines all√®rent dans des fondations ; d’autres, sans √™tre retourn√©es, all√®rent dans la ma√ßonnerie de l’√©glise, sans plus de fa√ßons, ou m√™me furent encastr√©es dans des murs de b√Ętiments ou de cours bordant la place du Chapitre. D’autres enfin furent incluses dans les pavements des locaux de la tour massive de la coll√©giale et dans ses murs.

D√©roch√©es avec soin, √† leur endroit m√™me, ou simplement relev√©es, elles constituent l’√©l√©ment majeur de l’actuel mus√©e au bas de ladite tour.

 

VISITE DU MUSEE

 

Dans une petite antichambre ‚ÄĒ qui sert de transition entre les sacristies et la tour de l’√©glise ‚ÄĒ un superbe Saint-Jean-Baptiste, en terre cuite (XIXe si√®cle), tr√īne dans une niche en bois.

Une salle oblongue y fait suite, au d√©but de laquelle l’on est imm√©diatement confront√© avec l’Histoire : un tableau

 

  • Texte extrait de la Chronique de la Soci√©t√© Arch√©ologique de Namur Namurcum – 10e ann√©e, n¬į 4, 1933.

 

(p.18) donne un extrait suggestif de la ¬ę G√©n√©alogie de sainte Begge ¬Ľ, depuis les M√©rovingiens jusqu’aux derniers Caro¬≠lingiens (d’apr√®s Butkens et Massart). Au centre de la pi√®ce, une maquette de la coll√©giale Sainte-Begge qui rempla√ßa, dans le site m√™me, les sept √©glises primitives, et sur la table voisine, des fragments de pierres de ces anciennes chapelles, trouv√©es lors des fouilles de 1925. Sur tout le pourtour des murs, figurent √©galement repro¬≠duits, quelques blasons d’anciennes chanoinesses nobles d’Andenne : des noms qui deviendront familiers au gr√© de la visite.

Voici, en effet, au bas d’un mur, encastr√©es, quelques unes de leurs pierres tombales diversement conserv√©es avec les insignes de leur noblesse : celle de Mlle Heyoven (8 blasons – morte en 1571), de Marie-Brigitte de Guines de Bonni√®res (d√©c. en 1694) avec ses 32 blasons, de Begge-G√©rardine de Severy (d√©c. en 1675) et 8 blasons, auxquelles s’ajoutent celle d’un greffier de Chapitre, mort en 1623, Nicolas de Borsu, avec sa femme Catherine Kassal et celle de Jean-Andr√©, cur√© de Franc-Waret.

Sur le sol, pr√®s de la porte de sortie, une splendide et grande pierre de Henri de Wildre (ou de Wierde) qui fut l’√©poux de la chanoinesse Berteline Delloie dont on se rappelle qu’elle fit don de la croix processionnelle figurant au tr√©sor de la coll√©giale. Tout √† c√īt√©, la seule pierre d’un chanoine existant au mus√©e et qui fut un des rares pr√™tres du Chapitre d’Andenne ; les autres chanoines √©taient de simples fr√®res et tous, de toutes fa√ßons, sous les ordres de la pr√©v√īt√© (1).

 

Si nous empruntions ici le corridor de sortie (porche), nous verrions, couvrant en grande partie l’un des murs, une immense et belle pierre bleue de Henri de Berlo (d√©c. en 1617), de son √©pouse Anne de Creckenbeck et leurs trois filles et contigu√ę, celle de Louise-H√©l√®ne d’Aars-chot de Schoonhoven, chanoinesse (d√©c. en 1712) avec ses 8 quartiers et de sa sŇďur Jossine-Caroline (8 quartiers, d√©c√©d√©e en 1731).

Par contre, en entrant sous la tour, l’on d√©couvre une salle presque enti√®rement tapiss√©e de pierres tombales de diff√©rentes grandeurs.

Sur le mur Ouest, √† gauche en entrant, une pierre de Th√©r√®se-Henriette d’Argenteau, √©col√Ętre (d√©c. en 1705) et √† droite, dans l’escalier de la tour, celle, √©troite et bien relief, de Marie et Catharine (d√©c. en 1626 et 1609) de Senzelle, respectivement √©col√Ętre et pr√©v√īt√© du Chapitre.

Le mur Nord poss√®de en son centre une pierre tombale √©voquant un magnifique calvaire. A sa droite, celle d’Anne (morte en 1619) et de Catarina (1624) de Hamal, toutes deux chanoinesses, celle encore de Guillemine-Fran√ßoise de Glimes de Brabant (1723) ; √† sa gauche, un autre de Catherine-Justine de Geloes (1740).

Sur le mur oriental de la tour, d’autres pierres encore : celle de L√©onard, comte d’Elsius (mort en 1750) et de son √©pouse, Philippine-Caroline van der Gracht (1710) o√Ļ l’on remarque une fondation de messes encore bien lisible.

 

(1) Lire ¬ę Le Monast√®re m√©rovingien d’Ancienne ¬Ľ de F. Rousseau – 1965 disponible √† la Coll√©giale.

 

(p.20) ¬†Au-dessus de la niche abritant le lutrin (voir plus loin), celle d’une autre chanoinesse bien connue, Anne de Quarr√© (d√©c√©d√©e en 1607 √† l’√Ęge de 7 ans !), puis enfin celle de Catherine et d’Antoinette d’Oultremont, deux sŇďurs, respectivement pr√©v√īt√© et √©col√Ętre du Chapitre.

 

PREVOTE ET √ČCOL√āTRE DU CHAPITRE

 

On sait que la pr√©v√īt√© exer√ßait les fonctions d’abbesse, mais une abbesse en titre, le Chapitre d’Andenne n’en a jamais poss√©d√©, quoiqu’il rest√Ęt toujours une institution √† pr√©√©minence f√©minine. D’autre part, diff√©rentes pierres nous l’indiquent, les chanoinesses d’Andenne pouvaient se marier et ainsi rentrer dans le monde, mais alors elles perdaient leurs pr√©bendes (revenus en biens), signale l’historien F. Rousseau. Quant √† l’√©col√Ętre, poste qui, au cours des si√®cles, prit assez d’impor¬≠tance pour devenir une des dignit√©s capitulaires, elle (il) √©tait en quelque sorte le chef de l’√©cole monastique.

Au sol, sous l’escalier, s’√©tale une superbe pierre d’Isabelle-Ren√©e-Brigitte (d√©c√©d√©e en 1693) et de sa sŇďur Marie de Scharrenberg (1719) ; y fait pendant dans le coin gauche, celle d’Henri Simon, cairier (peut-√™tre caissier) du Cha¬≠pitre, mort en 1627 et de son √©pouse Catherine de Borsu (d√©c. en 1640).

Pour meubler cette salle aust√®re mais riche de l’histoire d’Andenne quelque statuaire et plusieurs ustensiles an¬≠ciens : une magnifique P√Įet√† des environs de 1550, en style dit ¬ę mani√©riste ¬Ľ et une ch√Ęsse de sainte Orbie, la fid√®le servante de sainte Begge, en bois peint en blanc. Elle repr√©¬≠sente un petit temple avec toiture √† deux versants et contient quantit√© de reliques dont deux t√™tes des ¬ę onze mille vierges de Cologne ¬Ľ. Ces reliques ne peuvent plus √™tre offertes √† la v√©n√©ration des fid√®les, la ch√Ęsse ayant √©t√© viol√©e, lors de la R√©volution fran√ßaise.

 

SAINTE ORBIE A ANDENNE

 

Avant la R√©volution, le 10 octobre, on f√™tait Ste-Orbie, originaire du village voisin de Coulisse. Les habitants de ce lieu venaient en procession chercher la ch√Ęsse pour la conduire dans leur paroisse. Une tr√®s ancienne potale rustique, de 1760, rappelle encore le souvenir de cette humble servante, √† l’or√©e du bois de Hautebise, entre Andenne et Coulisse (1) et (2).

Sainte Orbie ‚ÄĒ comme sainl Morl, le modesle berger de sainle Begge, v√©n√©r√© √† Haillol ‚ÄĒ appara√ģl dans la ¬ę L√©gende Dor√©e ¬Ľ d’Andenne, v√©ritable roman hagiographique compos√© par un clerc andennais au Moyen √Ęge sur la vie de sainle Begge. D’apr√®s celle l√©gende, Orbie √©tait originaire de Coulisse el quand elle renlrail dans son village par la for√™t d’Heer, la nuil lomb√©e, pour soigner sa m√®re malade, le diable ‚ÄĒ qui s’irritait de la pi√©t√© filiale de l’humble fille ‚ÄĒ √©leignail la chandelle de sa lanterne, mais l’ange-gardien la rallumail aussil√īl (3).

Le bas du mur oriental de la tour s’orne de deux angelots en bois et de deux bustes-reliquaires. Quant √† la niche, elle abrite un beau lutrin en bois du premier quart du XVIe qui nagu√®re se trouvait encore dans le chŇďur de l’√©glise. Il frappe par sa facture tr√®s Renaissance : aigle gracieux aux ailes d√©ploy√©es, agriff√© sur une boule.

 

(1)¬† Consulter √† ce sujet : ¬ę L√©gendes et coutumes du Pays de Namur ¬Ľ de F. Rousseau (√©d. 1920 et 1971), chap. ¬ę Les l√©gendes d’Andenne ¬Ľ.

(2)¬† Idem : ¬ę Guide des promenades p√©destres ¬Ľ, √©d. du S.I. ¬ę Andenne-Tourisme ¬Ľ, promenade N¬į 4.

(3)  Ce tableau est évoqué dans la procession historique annuelle, le dimanche de septembre se rapprochant le plus du 19, dale-anniversaire de la dédicace de la Collégiale.

Consulter égalemenl le dernier chapilre de ce livre.

 

(p.21) Au centre de la pi√®ce, on a reproduit, sur un vaste support, tout le site des sept anciennes √©glises d’Andenne, avec les maisons riveraines (1762). C’est dans ce site que vint s’implanter, apr√®s leur disparition, la nouvelle coll√©giale Ste-Begge dont a vu la maquette dans la salle pr√©c√©dente.

A c√īt√©, pour aider le visiteur √† mieux reconstituer les lieux au XVIIIe si√®cle, figure un plan de la place du Chapitre actuelle sur lequel M. Garant, architecte √† Andenne, qui a assist√© aux fouilles de 1914, 1925, 1932 et 1938, a dessin√© en surimpression l’emplacement pr√©sum√© des sept √©glises de 1762. Il est int√©ressant de les comparer, √† l’√©chelle .de ce plan, avec les petites √©glises voisines d’Andenelle, Groynne et Reppe, actuelles.

L’historien F. Rousseau nous a √©galement appris que ce vaste quartier religieux, d√©nomm√© pendant des si√®cles ¬ę les Enclo√ģtres ¬Ľ (1) √©tait entour√© d’une enceinte de murailles sur laquelle s’ouvraient plusieurs portes dont la Porte St-Etienne ‚ÄĒ situ√©e √† proximit√© de la tour de la coll√©giale actuelle ‚ÄĒ est le seul v√©n√©rable vestige. Sur le pourtour des ¬ę Enclo√ģtres ¬Ľ, les maisons des chanoi-nesses, encore presque toutes visibles, avaient succ√©d√© aux b√Ętiments monastiques primitifs.

 

  • Consulter ¬ę Le Monast√®re m√©rovingien d’Andenne ¬Ľ F. Rousseau, extr. des ¬ę Annales de la Soci√©t√© arch√©ologique de Namur ¬Ľ, tome LUI, 1965, disponible √† la Coll√©giale.

 

A ce propos, M. Rousseau ne doute pas ¬ę que ces sept sanctuaires ‚ÄĒ dans le site des Enclo√ģtres ‚ÄĒ nous reportent aux origines m√™mes du monast√®re d’Andenne et nous livrent, en fin de compte, le plan du monast√®re primitif, c’est-√†-dire d’un monast√®re m√©rovingien. Et cette persis¬≠tance jusqu’au XVIIIe si√®cle est vraiment inattendue dans nos r√©gions ¬Ľ.

 

(p.22) L’EGLISE ROMANE D’ANDENELLE

 

Andenelle, faubourg d’Andenne sur la route de Huy, poss√®de une tr√®s belle √©glise romane class√©e, dite ¬ę de Sarrasins ¬Ľ, dont l’origine se situe vers le d√©but du XIIe si√®cle et qui aurait remplac√© un h√ītel-Dieu (h√īpital) abandonn√© apr√®s la p√©riode des croisades (1). Peut-√™tre un indice d’anciennet√©, sur la premi√®re colonne, pr√®s de l’entr√©e de gauche, on peut lire : 1112 (plus probable¬≠ment 1712).

De cette p√©riode cependant, seules la tour, d√©j√† trans¬≠form√©e en 1620 (d’apr√®s une inscription sur une pierre ext√©rieure) et la nef restent anciennes ; quant aux piliers carr√©s (une caract√©ristique du style roman), ils ont aussi √©t√© repris en sous-Ňďuvre au XVIe si√®cle et remplac√©s par

 

  • ¬ę Sarrasin ¬Ľ dans le folklore wallon est synonyme de pa√Įen. D’apr√®s l’historien F√©lix Rousseau, dans le langage populaire, le terme ¬ę sarrasin ¬Ľ √©tait jadis appliqu√© √† toutes les populations pa√Įennes du pays et par extension, on disait ¬ę sous de sarrasins ¬Ľ (monnaies romaines), puis, par analogie, on d√©signait tout ce qui paraissait remonter √† une √©poque tr√®s ancienne, telles les tours, les √©glises, etc…

 

des colonnes (1). Le transept et l’abside semi-circulaire (chŇďur) et √©galement la sacristie datent d’un si√®cle environ.

Les huit belles colonnes en pierre calcaire du pays mosan (Seilles) d√©limitent la nef romane et plusieurs d’entre elles pourraient provenir des sept √©glises d’Andenne, construites par les chanoinesses et aujourd’hui, disparues (cfr. supra, historique de la coll√©giale). Mais rien n’est certain √† ce sujet. Les deux premi√®res, en bas de la nef, sont fort remarquables tant √† cause des figures taill√©es dans la pierre des chapiteaux typiquement mosans, que pour les deux b√©nitiers √©galement taill√©s et dont l’un s’orne de figures na√Įves voulant personnifier un g√©n√©reux donateur et sa femme.

Les pieds de ces piliers ont plus d’une fois baign√© dans les eaux de la Meuse, lors de tr√®s fortes crues ‚ÄĒ et la derni√®re fois en 1926, l’on en voit encore des traces ‚ÄĒ car le pavement de l’√©glise court plus bas que la place qui entoure l’√©difice, autre particularit√© d’an¬≠ciennet√©. A noter encore qu’une des colonnes de la nef est d’une seule pi√®ce (la deuxi√®me √† gauche).

Les murs, comme dans toutes les églises romanes, sont de grandes zones dénudées ou sobres de décorations.

 

(1) M√™me travail √† l’√©glise de Flostoy, et voil√† deux exemples d’adaptation des √©glises anciennes √† des besoins nouveaux et d√©j√† aux XVIe et XVIIe si√®cles.

Voir ¬ę Tr√©sors d’art dans l’ancien doyenn√© d’Havelange ¬Ľ, 1970, p. 45-46.

 

(p.24) Nous conseillons vivement aussi de voir dans le chŇďur un tabernacle en pierre qui se trouvait ench√Ęss√© autre¬≠fois √† l’ext√©rieur, dans le mur de la rue de l’Eglise Saint-Pierre, o√Ļ il servait d’exposoir. Certains le datent dw XVIe si√®cle ; d’autres n’h√©sitent pas √† voir en lui le tabernacle primitif qui ornait l’autel romain de la premi√®re √©glise (1). Plaident toutefois en faveur de l’anciennet√©, les figures na√Įves extraordinaires qui ornent son tympan : Christ entour√© de la lune et du soleil, esprit du bien et du mal, tandis que les aigles bic√©¬≠phales et les fleurs de lis taill√©s dans les c√īt√©s sont des t√©moignages de domination des Maisons de France et d’Autriche.

Des vestiges d’anciens pavements, en c√©ramique ver¬≠niss√©e, ornent le pied des confessionnaux; il s’en trouve aussi quelques √©chantillons au Mus√©e de la C√©ramique √† Andenne : typiques, r√©gionaux, ils peuvent aussi √™tre ant√©rieurs √† la p√©riode m√©di√©vale (2).

On conna√ģt, au fond, peu de choses sur l’histoire de l’√©glise d’Andenelle, mais il est visible qu’au cours des

 

(1)¬† Ce jjenre d’√©dicule n’est cependant pas rare dans la r√©gion : celui de¬† l’√©glise¬† de¬† Bois¬† (et-Borsu),¬†¬† gothique¬† du¬†¬† XVIe¬†¬† si√®cle,¬†¬† est¬† lui,¬†¬† √† l’ext√©rieur,¬† encastr√©¬† dans¬† le¬† mur¬† du¬† cimeti√®re,¬†¬† pr√®s¬† de¬† l’entr√©e¬† de l’√©glise. L’ancienne √©glise de Barvaux-en-Condroz poss√©dait √©galement un¬†¬† tabernacle¬†¬† semblable,¬†¬† dit¬†¬† ¬ę¬†¬† tourelle¬†¬† du¬†¬† Saint-Sacrement¬†¬† ¬Ľ,¬†¬† √† colonnette moulur√©e,¬† engag√© aussi¬† dans un mur lat√©ral¬† du¬† chŇďur¬† : il est actuellement conserv√© au mus√©e des Arts Anciens du Namurois (de Gaiffier d’Hestroy) √† Namur,

(2)¬†¬† Voir¬† plus¬† loin¬† dans¬† la¬† ¬ę¬†¬† Salle¬† des¬†¬† Poteries¬†¬† ¬Ľ¬†¬† du¬†¬† Mus√©e¬† de la C√©ramique.

 

si√®cles, elle a subi de multiples transformations, trop fr√©quentes pour ce qu’elle nous laisse du roman primitif et la derni√®re en date ‚ÄĒ 1922 ‚ÄĒ fut une restauration trop parfaite. Le mauvais √©tat de la tour (d’√©normes crevasses), √† la fin de la premi√®re guerre mondiale, la chute du porche pendant les travaux de r√©fection, provoqu√®rent, en effet, une d√©saffectation provisoire de l’√©difice qui subit ensuite une r√©novation presque compl√®te (1).

Un louable souci de conservation √©pargna cependant les parties primitives de l’√©glise (XIIe si√®cle) : ainsi tout le centre en moellons de gr√®s plus clairs et la tour qui est vo√Ľt√©e d’un berceau √† l’int√©rieur (2).

Mais la restauration de 1922-1923 vint ajouter plusieurs √©l√©ments neufs, sinon n√©o-romans : entre autres, les deux entr√©es actuelles, un nouveau plafond roman (plat), les nefs lat√©rales √©largies et couvertes d’une toiture √† pans multiples et dont les petites fen√™tres jumel√©es ne sont qu’une heureuse fantaisie des v√©ritables fen√™tres romanes de la nef centrale

(1)¬†¬† Ce porche sous-abri ‚ÄĒ actuellement disparu ‚ÄĒ √©tait greff√© sur le¬†¬† bas-c√īt√©¬†¬† nord¬†¬† (rue¬†¬† de¬†¬† l’Eglise¬†¬† St-Pierre),¬†¬† comme¬†¬† de¬†¬† tradition pour¬† les √©glises¬† romanes.¬† Une¬† curieuse¬† et¬† vieille¬† photo¬† ‚ÄĒ¬† expos√©e sur le mur du fond de l’√©glise ‚ÄĒ¬† nous montre l’aspect de l’√©difice o√Ļ figure encore le vieux porche, avant la premi√®re guerre mondiale.

(2)¬†¬† Voir¬†¬† sous¬†¬† la¬†¬† corniche¬†¬† centrale,¬†¬† typiques¬†¬† dans¬†¬† maintes¬†¬† √©glises romanes,¬†¬†¬† des¬†¬†¬† murs¬†¬†¬† goutterots¬†¬†¬† d√©cor√©s¬†¬†¬† d’une¬†¬†¬† frise¬†¬†¬† d’arcatures aveugles,¬†¬† dites¬†¬† aussi¬†¬† ¬ę¬†¬† lombardes¬†¬† ¬Ľ.¬†¬† Ces¬†¬† frises¬† √©taient¬†¬† d√©j√†¬†¬† d’un emploi fr√©quent aux Xe et XIe si√®cles.

 

(p.25) dont les seuils sont caract√©ristiques des constructions du Moyen √Ęge, pour une p√©n√©tration maximale de la lumi√®re du jour.

Depuis 1946, l’√©glise Saint-Pierre d’Andenelle est class√©e parmi les monuments historiques de Belgique : elle trouve une place digne d’un haut int√©r√™t artistique dans la longue th√©orie des √©glises romanes avec tours dites ¬ę fortifi√©es ¬Ľ, trapues et massives, dites aussi ¬ę tours-refuges ¬Ľ (profitables au Moyen √Ęge √† toutes les populations en danger) qui s’√©chelonnent le long de la Meuse, de Givet √† Li√®ge et dans tout le pays mosan (1).

 

  • Dans la r√©gion, on en trouve √©galement dans les villages proches de Bonneville, Mont-Sainte-Marie (Mozet), Sclayn, Seilles. Strud (Haltinne), Reppe. A titre de curiosit√© architecturale, signalons, d’apr√®s M. le chanoine A. Lanotte, que l’√©glise d’Andenelle a inspir√© la reconstruction de l’√©glise d’Ossogne, pr√®s d’Havelange (en 1862) et de celle de Bourseigne-Vieille (dans le sud namurois) qui sont par ailleurs aussi une copie de l’√©glise de, la Theotocos √† Constantinople (Istamboul) ! (D’apr√®s ¬ę Tr√©sors d’Art dans l’ancien doyenn√© de Havelange ¬Ľ 1970).

(p.27) LA FONTAINE SAINTE-BEGGE dite aussi FONTAINE DES POUSSINS

 

Cette fontaine, situ√©e √† proximit√© de la coll√©giale, dans un coin tranquille de la place du Chapitre, fut construite √† l’emplacement d’une source. Elle adosse au talus proche un petit monument dont l’origine remonte probablement au XVIIe si√®cle (vers 1637), tandis que les bassins qui servaient aux lavandi√®res se situent bien ant√©rieurement.

La gargouille s’ouvre dans une simple colonne de pierre surmont√©e d’une niche grillag√©e qui contient une statue de la sainte.

Une des caract√©ristiques de cette source est la tem¬≠p√©rature constante de l’eau, environ 10¬į en √©t√© comme en hiver. La nappe aquif√®re qui l’alimente est localis√©e sous les collines de Thiarmont, Grande-France et Petite-France, toutes trois voisines de celle du Calvaire.

Pour les amateurs d’eaux curatives, signalons que les eaux de la Fontaine Sainte-Begge contiennent une (p.28) certaine quantit√© de bicarbonate de chaux (0,09 gr. au 1.) et de magn√©sie, une dose importante d’acide carbonique libre, de chlorures de potassium, sodium et quelques traces de sulfates alcalins.

Autrefois, au sortir des deux bassins, elles traver¬≠saient la place du Chapitre vers le Pr√©-des-Dames o√Ļ elles s’unissaient √† celles de PHermy. Elles passent aujourd’hui dans un √©go√Ľt (1).

 

LA FONTAINE DE L’OURS

 

Situ√©e dans un √©largissement de la rue Saint-Roch, place de la Fontaine ‚ÄĒ prolongement des rues d’Horseilles et Hanesse, celle-ci d√©bouchant place du Perron ‚ÄĒ au pied de la colline de Faulx, un petit monument orn√© d’un bas-relief repr√©sentant un ours perc√© d’une fl√®che surmonte une jolie vasque de fontaine, avec l’inscription suivante :

CHARLES  MARTEL

DE PEPIN 2e  FILS  NATUREL

EN L’AN SEPT CENT PEU PLUS

ME MIST ICY A MORT CRUELE

 

  • Consulter le guide des promenades p√©destres d’Andenne, √©d. du S.I., promenade n¬į 1, et plus loin, la l√©gende des 7 Poussins.

 

Pr√®s de cet endroit, Charles Martel, fils de P√©pin de Herstal et petit-fils de Sainte Begge, aurait donc combattu un ours gigantesque qui semait la terreur dans ce coin paisible du bourg d’Andenne (1).

Le monument actuel et la pierre qui relate cet exploit du futur h√©ros de Poitiers ne paraissent pas remonter au-del√† du XVIIIe si√®cle, mais il est incon¬≠testable que ce monument en a remplac√© un plus ancien dont parle d√©j√† Groenendael, un chroniqueur du XVIe si√®cle. C’√©tait d√©j√† √† l’√©poque une des antiquit√©s les plus remarquables du comt√© de Namur.

Mais si Charles Martel a tu√© un ours ‚ÄĒ ou un monstrueux serpent, d’apr√®s Jean d’Outremeuse, XIVe si√®cle ‚ÄĒ, comme l’affirme la tradition andennaise, le fait doit s’√™tre pass√© apr√®s la mort de sainte Begge, si l’on en croit l’inscription, et sainte Begge est morte en 694.

L’exploit historique ou l√©gendaire de Charles Martel a donn√© naissance au moderne Carnaval des Ours qui se d√©roule chaque ann√©e √† Andenne, le dimanche du Laetare, avec la participation de groupes folklo¬≠riques venant de diff√©rentes villes de Belgique et de l’√©tranger (2).

 

(1)¬†¬†¬† Consulter¬†¬†¬† le¬†¬† Guide¬†¬† des¬†¬†¬† Promenades¬†¬†¬† p√©destres ¬†¬†¬†d’Andenne, √©d.¬† du¬† S.I.,¬† prom.¬† n¬į¬†¬† 1.

  • Voir plus loin, la rubrique ¬ę¬† folklore,¬† traditions,¬† coutumes ¬Ľ.

 

(p.29) LES FONTAINES DE CRACO

 

L’artiste boh√®me Arthur Craco, sculpteur et animalier de grande classe, r√©alisa √† Andenne ‚ÄĒ entre autres aux anciennes usines Daenen ‚ÄĒ quelques chefs-d’Ňďuvres qui portent encore loin le renom de notre vieille industrie de la c√©ramique.

En descendant la place du Chapitre au sud, face √† l’ancienne rue Saint-Jean qui √©tait √† la limite des Enclo√ģtres, ancienne enceinte du monast√®re noble d’An-denne, et maintenant √† deux pas du Mus√©e de la C√©ramique, s’√©l√®ve la Fontaine des Faisans, r√©alis√©e en gr√®s c√©rame. Outre les frises animali√®res qui ornent le haut d& la fontaine, Craco a dispos√© sur les bords des bassins d’√©tranges grenouilles qui lancent un jet d’eau rafra√ģchissant (1).

Une autre Ňďuvre semblable √† celle-ci ‚ÄĒ la Fontaine des Chats ‚ÄĒ et du m√™me c√©ramiste, anime le petit square des Quatre Coins (carrefour des grand-routes

  • ¬ę Guide des promenades p√©destres ¬Ľ √©d. du S.I. – promenades 1 et 2.

 

Namur-Li√®ge et Ciney-Eghez√©e). Il est particuli√®rement bien mis en valeur la nuit par un jeu de lumi√®res (d√©part des promenades). Cette fontaine, nagu√®re propri√©t√© priv√©e, figura √† l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1935.

La troisi√®me Ňďuvre de Craco, de la m√™me facture que les deux autres ‚ÄĒ la Fontaine aux Chim√®res ‚ÄĒ est visible de la grand-route Namur-Li√®ge, dans le parc du ch√Ęteau d’Andenelle (1). Vraiment majestueuse et d’un style rigoureux, c’est une Ňďuvre de tout premier ordre.

  • Idem – idem – voir fin de la promenade n¬į 5.

 

 

(p.31) LA PLACE DU CHAPITRE ET LES MAISONS RIVERAINES

 

Diff√©rentes petites places entourent la coll√©giale Sainte-Begge, mais le nom donn√© √† l’ensemble √©voque encore aujourd’hui l’ancienne pr√©sence et les fastes de la noble communaut√© des chanoines et des chanoinesses √† Andenne.

C’est, dans ce cadre que furent √©difi√©es par sainte Begge, au VIIe si√®cle, les sept √©glises ‚ÄĒ ¬ę Andana ad septem ecclesias ¬Ľ dont parle la chronique ‚ÄĒ qui furent d√©molies par la suite ou englob√©es dans une seule, Sainte-Marie-Majeure, √©glise du chapitre construite en 1257 et supprim√©e elle-m√™me en vue de la construction de la nouvelle coll√©giale.

¬ę Cette place, nous dit l’historien F√©lix Rousseau (1), correspond √† ce qui fut d√©nomm√© pendant des si√®cles ¬ę les Enclo√ģtres ¬Ľ c’est-√†-dire un vaste quartier religieux entour√© d’une enceinte sur laquelle s’ouvraient quatre portes ; l’une d’elles a subsist√© jusqu’√† nos jours : la Porte Saint-Etienne (voir plus loin)…

 

  • ¬ę Le Monast√®re M√©rovingien d’Andenne ¬Ľ, extrait des ¬ę Annales de la Soci√©t√© arch√©ologique de Namur ¬Ľ, tome LUI, 1965, op. cit.

 

(p.32) Les demeures canoniales s’√©levaient dans ces Enclo√ģtres… Aux b√Ętiments monastiques primitifs ‚ÄĒ √©tablis par sainte Begge ‚ÄĒ succ√©d√®rent les maisons de chanoinesses… C’√©tait un v√©ritable quartier aristocratique (1). Elles y avaient leurs habitations particuli√®res, leur domesticit√© propre.

¬ę En dehors des offices religieux, strictement obligatoires, les ¬ę dames ¬Ľ usaient de leur temps suivant leur bon plaisir et jouissaient de nombreuses vacances. Du moins au XVIIIe si√®cle, elles menaient une vie mondaine et les plus jeunes d’entre elles assistaient aux bals et redoutes dans les ch√Ęteaux des environs. Du reste, les chanoinesses pouvaient rentrer dans le monde et se marier, mais elles perdaient alors leurs pr√©bendes… ¬Ľ

¬ę A noter, dit encore F√©lix Rousseau, qu’√† Andenne, il y eut trente pr√©bendes de chanoinesses et dix de chanoines… Les dignitaires du chapitre andennais √©taient : la pr√©v√īt√©, la doyenne, l’√©col√Ętre ; en fait, c’√©tait la pr√©v√īt√© qui exer√ßait les fonctions d’abbesse. Andenne resta une institution religieuse √† pr√©√©minence f√©minine. En r√©alit√©, les chanoines, successeurs des anciens ¬ę fratres ¬Ľ (du monast√®re fond√© par sainte Begge), occup√®rent une situation inf√©rieure ; ils se trouvaient sous les ordres de la pr√©v√īt√©. Les chanoines ne devaient pas √™tre nobles, ni m√™me poss√©der les ordres majeurs, beaucoup ne furent jamais pr√™tres. Pour dire les messes, pour l’administration des sacrements, le chapitre disposait de pr√™tres semainiers et de chapelains ¬Ľ (2).

Les Enclo√ģtres d’Anderme, place du Chapitre actuelle, avaient donc renferm√© ‚ÄĒ fait sans doute unique dans

 

(1)¬†¬†¬† Voir¬†¬† plus¬†¬† haut¬†¬† ¬ę¬†¬† Tr√©sor¬†¬† du¬†¬† Chapitre¬†¬† Noble¬†¬† d’Andenne¬†¬† ¬Ľ (coll√©giale¬†¬† Sainte-Begge)¬†¬† :¬†¬† la¬†¬† petite¬†¬† note¬†¬† historique¬†¬† concernant¬†¬† les conditions d’acc√®s audit chapitre.

(2)¬†¬† Consulter¬† aussi¬† Baron¬† Misson¬† ¬ę¬† Le¬† Chapitre¬† Noble¬† de¬† Sainte Begge¬† √†¬† Andenne¬†¬† ¬Ľ¬†¬† chapitre¬†¬† IV¬†¬† :¬†¬† Organisation¬†¬† int√©rieure,¬†¬† pages 98 √† 189.

 

tout le pays mosan ‚ÄĒ et jusqu’√† la date de la ^construction de la nouvelle coll√©giale du XVIIIe si√®cle, sept sanctuaires distincts et autonomes, en ce sens qu’ils avaient chacun leur fonction propre : Sainte-Marie (Majeure), Saint-Pierre, Saint-Etienne, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Michel, Saint-Sauveur, Saint-Lambert (1). Ainsi, Saint-Jean-Baptiste, √©galement si√®ge de la paroisse, renfermait le baptist√®re et Saint-Pierre √©tait la basilique fun√©raire du Chapitre, et avant lui de l’ancien monas¬≠t√®re : sainte Begge y fut inhum√©e (2). Sainte-Marie-Majeure √©tait le sanctuaire principal, l’√©glise du chapitre comme dit plus haut, o√Ļ si√©geaient les chanoinesses (3).

 

(1)¬†¬† A¬†¬† ce¬† propos,¬†¬† il¬†¬† serait¬†¬† int√©ressant¬†¬† de¬† consulter¬† le¬†¬† plan¬†¬† dress√©: par¬†¬† M.¬†¬† l’architecte¬†¬† Garant¬†¬† qui¬†¬† situe¬†¬† notamment¬†¬† la¬†¬† position¬†¬† des diff√©rents sanctuaires primitifs. Un exemplaire de ce plan est affich√© dans la premi√®re salle du Mus√©e de la C√©ramique, rue Ch. Lapierre. Des¬†¬† fouilles¬† plus¬† r√©centes¬†¬† tentent¬† √†¬† prouver¬† que¬† l’ancienne¬† √©glise St-Lambert,¬†¬† dessin√©e¬†¬† tout¬†¬† au¬†¬† centre¬† du¬†¬† plan¬†¬† par¬†¬† M.¬†¬† Garant,¬† se trouvait plus √† l’est de l’√©glise actuelle.

Voir √©galement ¬ę Le Monast√®re M√©rovingien d’Andenne ¬Ľ – Essai de reconstitution de l’emplacement des 7 √©glises, place du Chapitre, √† Andenne, cit√© plus haut.

(2)¬†¬† Son¬† corps¬†¬† fut¬† plus¬† tard¬†¬† transport√©¬†¬† dans¬†¬† l’√©glise¬† principale¬† de Sainte-Marie-Majeure. C’est ainsi que le souvenir de cette translation reste une date marquante pour les Andennais : elle est comm√©mor√©e par¬†¬† une¬†¬† f√™te¬†¬† fix√©e¬†¬† au¬†¬† 7¬†¬† juillet.¬†¬† Nagu√®re¬†¬† encore,¬†¬† la¬†¬† procession historique sortait le dimanche qui suivait cette date ;¬† actuellement, elle¬†¬† est¬†¬† report√©e¬†¬† au¬†¬† dimanche¬† de¬†¬† septembre¬†¬† le¬†¬† plus¬†¬† pr√®s¬†¬† de¬† la d√©dicace de la nouvelle coll√©giale (19 septembre 1778).

(3)¬†¬† A¬† Sainte-Marie-Majeure,¬† on montrait le tombeau de Berthe au Grand Pied.¬†¬† La¬† tradition¬† andennaise¬† veut¬† que¬† la¬† m√®re de Charle-magne¬†¬† ait¬†¬† termin√©¬†¬† ses¬†¬† jours¬†¬† au¬†¬† monast√®re¬†¬† de¬†¬† sainte¬†¬† Begge.¬†¬† Ce tombeau disparut avec les¬† sept √©glises condamn√©es et d√©molies par Dewez, l’architecte de la nouvelle coll√©giale, qui ne respectait prati¬≠quement aucun souvenir historique ou l√©gendaire l√† o√Ļ il passait ! (√©galement d’apr√®s Rousseau).

 

(p.33) A Saint-Michel, situ√©e la plus au sud, la maison √©che-vinale √©tait adoss√©e. On sait, en effet, que les chanoi-nesses poss√©daient la haute justice sur tout le ban d’Andenne et qu’elles nommaient les mayeurs et les √©chevms qui avaient ainsi √† leurs c√īt√©s, leur √©glise. Ainsi, le religieux, l’administratif et le judiciaire √©taient concentr√©s dans les Enclo√ģtres. A noter de la sorte que les habitants du ¬ę ban d’Andenne ¬Ľ pouvaient p√©n√©trer dans cette enceinte pour assister aux offices paroissiaux.

 

MAISONS RIVERAINES PORTE SAINT-ETIENNE PLACE SAINTE-BEGGE

 

Le pourtour de la place du Chapitre et de la petite place Sainte-Begge au pied du clocher, au nord et √† l’est de la coll√©giale, montre encore quelques belles fa√ßades des maisons des chanoinesses plus ou moins bien conserv√©es jusqu’√† nos jours et dont plusieurs portes ont conserv√© leur fronton armori√© (1). D’autres pierres armori√©es restent encore encastr√©es dans des murs.

Par un plan inclin√© (au sud), passant sous la vieille Porte Saint-Etienne ‚ÄĒ qui doit son nom √† la chapelle qui se trouvait encore √† cet endroit au XVIIe si√®cle,

 

  • Certains √©cussons nobiliaires sont pr√©sent√©s en fa√ßade, le jour de la procession annuelle, voir plus haut, note 2.

 

c’est-√†-dire une des sept √©glises d√©j√† cit√©es (1) ‚ÄĒ on d√©bouche sur la petite place Sainte-Begge, lieu-dit aussi ¬ę Colline du Staple ¬Ľ, un peu en surplomb derri√®re la tour de l’√©glise actuelle. On voit en cet endroit, et dans la petite rue voisine ‚ÄĒ rue des Chanoinesses, anciennement rue des Chats ‚ÄĒ quelques vieilles cons¬≠tructions datant des XIIIe, XIVe et XVe si√®cles et notam¬≠ment la maison dite de Sainte-Begge dont les ancrages de la fa√ßade indiquent la date de 1623.

Dans la descente de la place Sainte-Begge √©galement, nous conseillons de jeter un coup d’Ňďil sur un beau Christ en bois provenant de l’ancienne chapelle Saint-Michel (voir plus haut) et dress√© sous un petit auvent contre la fa√ßade d’une antique maison du Staple, elle-m√™me √©rig√©e sur l’emplacement qu’occupait autrefois la prison du Chapitre.

NOTICE ANECDOTIQUE

Les √©v√©nements de la R√©volution fran√ßaise mirent en danger le ¬ę Vieux Bon Dieu du Staple ¬Ľ et pour le soustraire aux entreprises des iconoclastes andennais, un brave artisan enleva le Christ et le cacha dans une grande barique. Mais il dut pour ce faire lui scier les deux bras. Lorsque, apr√®s la tourmente, le Christ sortit de sa cachette, on manda un autre artisan, nouveau venu √†

 

  • A titre de comparaison, ces √©glises √©taient toutes plus petites que l’√©glise romane d’Andenelle actuelle, sauf Sainte-Marie-Majeure. Voir le plan cit√© plus haut. L’√©glise du hameau de Groynne ou celle de Reppe (Seilles) peuvent nous en donner une id√©e.

 

(p.34) Ancienne, pour placer aux bras reconstitu√©s des ferruies assez bien camoufl√©es, mais dont la d√©couverte continue toujours √† intriguer les visiteurs et nombre d’Andennais eux-m√™mes. La tradition affirme que l’artisan ayant r√©clam√© un d√Ľ pour ce travail ne r√©ussit pas dans ses affaires par la suite.

En redescendant la place du Chapitre, au sud, on c√ītoie parall√®lement √† la coll√©giale deux petits squares dont l’un ‚ÄĒ en face de l’ancienne rue St-Jean ‚ÄĒ est domin√© par une Ňďuvre moderne en gr√®s c√©rame de A. Craco : ¬ę La Fontaine aux Faisans ¬Ľ (1). L’autre, plus bas, pr√©c√©d√© du buste du Roi Albert, est orn√© en son milieu de l’arbre du Centenaire de l’Ind√©pendance nationale (1930).

 

  • Voir plus haut, √† la description des diverses fontaines de la ville, ‚ÄĘu

 

LE QUARTIER DU PERRON ET LA JUSTICE DE PAIX

 

Un b√Ętiment de caract√®re XVIIIe si√®cle (1772), un peu en retrait d’une petite place, situ√©e dans l’axe des art√®res centrales de la ville, et dont les travaux com¬≠menc√®rent en 1772 en fait, fut √©difi√© pour servir d’H√ītel de ville. C’est en 1770 que les habitants de la ville d’Andenne, r√©unis en assembl√©e, d√©cid√®rent de faire construire cet √©difice au lieu-dit ¬ę Perron ¬Ľ, √† l’√©poque, centre commercial de la cit√©.

La d√©pense ne devait pas √™tre sup√©rieure √† quatre mille florins, mais cette somme, apr√®s plusieurs projets de l’architecte Beaulieu de Namur, fut en fait largement d√©pass√©e et les travaux, parach√®vements compris, se poursuivirent jusqu’en 1780, dirig√©s par le bourgmestre et ses √©chevins.

Le b√Ętiment abrite actuellement la Justice de Paix du canton et la biblioth√®que communale (rez-de-chauss√©e).

(p.36) La coquette Place du Perron doit son nom √† une Fontaine surmont√©e d’une colonne ‚ÄĒ ¬ę de cinq pieds de haut et √† huit pans ¬Ľ ‚ÄĒ qui s’√©levait, jusqu’√† la premi√®re guerre mondiale, √† l’emplacement aujour¬≠d’hui r√©serv√© au parking, dans le virage de la route provinciale Andenne-Ciney.

De vieilles photographies nous la montrent encore, avec sa margelle us√©e et ses grands bacs, point de ralliement des m√©nag√®res et des enfants du quartier, et abreuvoir pour les attelages de l’√©poque. Dans la pens√©e des √©diles du temps pass√©, elle devait servir √† l’extinction des incendies, mais avec l’installation des canalisations d’eau dans la ville et pour des raisons de propret√© et d’hygi√®ne, on d√©cida la destruction du Perron d’Andenne (1).

Il a déjà été question de reconstituer ce vénérable monument dans un endroit moins encombré de la ville.

Signalons, pour √™tre pr√©cis, qu’une autre fontaine avait pr√©c√©d√© celle d√©truite en 1910 ; elle avait √©t√© √©difi√©e en 1764 et subsista jusqu’en 1850.

 

  • On consultera, √† ce propos, la plaquette ¬ę Andenne, en cartes postales anciennes ¬Ľ, par R. Garant (√©d. Biblioth√®que europ√©enne, Zaltbommel P.B.)

 

VIEILLES RUELLES

 

Dans la rue Charles Lapierre (rue du Staple, au temps du Chapitre) ‚ÄĒ √† peu pr√®s en face du mus√©e de la C√©ramique ‚ÄĒ d√©bouche d’un ensemble de vieilles maisons, la ruelle Maquet du nom de Lambert-Joseph Maquet qui l’habita √† la fin du XVIIIe si√®cle : c’√©tait un curieux chirurgien opportuniste qui devint commissaire du Directoire pour l’administration ¬ę municipale ¬Ľ du canton d’Andenne, sous le r√©gime fran√ßais.

Il fit enlever les objets du culte, les vieux crucifix de la ville et fit fermer et profaner la coll√©giale Sainte-Begge au nom de la d√©esse ¬ę Raison ¬Ľ. Plus tard, il devint conseiller ¬ę bonapartiste ¬Ľ et, apr√®s la chute de l’Empire, toujours comme mandataire public, il fut un des plus fid√®les du roi Guillaume de Hollande.

L’autre extr√©mit√© de la ruelle Maquet d√©bouche dans la petite rue Winand et en m√™me temps dans un des plus vieux quartiers d’Andenne, un peu esseul√© aujour¬≠d’hui √† l’√©cart des art√®res anim√©es, alors qu’il y a un si√®cle √† peine, ces lieux r√©sonnaient encore du doux ronronnement des tours en pierre de fa√Įenciers r√©put√©s (p.37) comme les fr√®res Winand qui s’√©tablirent ici en 1807 et pour trois quarts de si√®cle. Leurs b√Ętiments, repris en 1910 par les boulangeries du Bon Pain, existent encore et sont actuellement occup√©s par une brasserie (1).

Plus haut, dans le quartier des anciennes industries artisanales des pipiers, aujourd’hui disparues, la rue Winand s’√©trangle en un vieux sentier encore pav√©, l’ancien chemin des Meuniers, plein de qui√©tude, o√Ļ aboutit √©galement le pittoresque escalier de Grise-Pierre.

Ce sont d√©j√† les premi√®res pentes de la colline con-druzienne auxquelles s’adosse Andenne et de l√†-haut, on a d√©j√† assez de recul pour un agr√©able panorama par¬≠dessus les premiers toits de la ville (2).

 

(1)¬† Consulter le ¬ę¬† Guide des¬† Promenades p√©destres¬† ¬Ľ,¬† √©d.¬† du¬† S.I. Promenades 1 et 2.

  • Idem – idem – voir la photo centrale.

 

LE TROU D’EN HAUT, NOYAU INDUSTRIEL PRIMITIF D’ANDENNE

 

C’est l’ensemble des ruelles populaires du Chalet, du Ruisseau, ainsi que la mont√©e vers le cimeti√®re, √† Andenelle, faubourg oriental d’Andenne. Jadis, il avait un autre aspect qu’actuellement : en effet, √† l’endroit o√Ļ court maintenant la rue, coulait √† ciel ouvert le ruisseau dit d’Andenelle dont le cours a √©t√© rectifi√© par la suite depuis la route d’Haillot, voisine.

Ce ruisseau a peut-√™tre donn√© son nom √† Andenne, car on sait que le vieux centre de la future cit√©, au moment de la colonisation de sainte Begge, fut bien ce ¬ę Trou d’en haut ¬Ľ, habit√© par les gallo-romains dans le voisinage d’un ¬ę diverticulum ¬Ľ romain en provenance du Condroz et aboutissant en Meuse au pont de Cobegge que les anciens appelaient ¬ę Pont de la Vache ¬Ľ

(1). On y a retrouvé de nombreux tombeaux

  • Le nom d’Andelle se retrouve dans un affluent de la Seine (Seine-Maritime et Eure). Voir √©galement plus loin la rubrique ¬ę Ponts d’Andenne ¬Ľ.

 

(p.38) romains avec un tr√©sor de 288 pi√®ces de monnaie de divers empereurs ; c’est l√† aussi que les potiers du Moyen √Ęge avaient √©tabli leurs fours et leurs maisons (1).

D’ailleurs, les vieux, quand ils parlaient du ¬ę Trou d’en Haut ¬Ľ, disaient ¬ę √® viyadge ¬Ľ, ce qui confirme que cette partie du bourg √©tait vraiment tr√®s ancienne, sinon la plus ancienne.

Jusqu’au si√®cle dernier, les maisons riveraines avaient encore toutes des avant-cours o√Ļ l’on acc√©dait par des vol√©es d’escaliers, car les niveaux √©taient relev√©s afin de parer aux d√©sastreuses inondations du ruisseau d’Andenelle, qui d√©cid√®rent d’ailleurs les autorit√©s communales √† en rectifier le cours.

Malgr√© les modifications apport√©es par les ann√©es, quelques maisons de la rue du Chalet ont gard√© les caract√©ristiques d’autrefois. La rue a pris le nom ¬ę du Chalet ¬Ľ, tout simplement parce que, au si√®cle dernier, on construisit √† son entr√©e un chalet important qui fut habit√© par la famille Van den Tielboom (2).

 

(1)¬†¬† Voir plus loin le chapitre consacr√© au Mus√©e de la C√©ramique d’Andenne.

(2)¬†¬† L’entr√©e de cette¬† rue √©tait¬† en¬† r√©alit√©¬† une arche,¬† un¬† ¬ę¬† arv√ī¬† ¬Ľ surmont√©¬† d’un¬†¬† quartier¬†¬† habit√©¬† que¬† l’on¬†¬† se¬† plaisait¬†¬† de¬†¬† d√©nommer en¬† wallon¬† ¬ę¬†¬† l√†¬† ho¬† ¬Ľ¬† (l√†¬† haut¬† ou¬† en¬† haut).¬†¬† Du¬† c√īt√©¬† de¬† la¬† rue du¬† Ruisseau,¬†¬† on¬† trouvait¬† encore¬† un¬† ¬ę¬† moulin¬† √†¬† cailloux¬† ¬Ľ¬†¬† pour la¬†¬† fabrication¬†¬† des ¬†¬†porcelaines¬†¬† de¬†¬† la¬†¬† firme¬†¬† Winand¬†¬† (cfr¬†¬† chapitre Mus√©e de la C√©ramique).

 

A l’arri√®re des jardins des maisons de la rive droite, la pittoresque potale d√©di√©e √† Saint-Roch constituait nagu√®re une halte pour la procession du jour des Rogations ; √† pr√©sent, elle a vue directe sur la nouvelle art√®re A. Charles, bord√©e de jolies villas.

 

LA PLACE CENTRALE DES TILLEULS

 

On a toujours connu une place des Tilleuls √† Andenne et si on l’appelait jadis ¬ę Promenade des Tilleuls ¬Ľ, c’est plut√īt parce qu’il s’agissait d’une vaste prairie, sans maisons riveraines, assez √©loign√©e du bourg principal agglom√©r√© alors autour du ¬ę Chapitre ¬Ľ. L’aire √©tait plant√©e de tilleuls, comme aujourd’hui, d’o√Ļ son nom et elle appartenait au Chapitre noble.

Deux sentiers se croisaient en son centre, en croix de St-Andr√© ; deux rues voisines aboutissantes en indiquent encore parfaitement l’orientation : la rue Fr√®re-Orban actuelle, prolong√©e vers le S.O., vers la Campagne d’Andenne et la rue Despreetz ‚ÄĒ qui portait √† l’√©poque le joli nom de ¬ę chemin de la chevolli√®re ¬Ľ ‚ÄĒ amenant les gens du bourg vers la Meuse.

(p.39) Les beaux arbres de cette magnifique place publique, dont on admire tant en saison les frondaisons, datent tous de 1905 et les frais de leur plantation avaient repr√©sent√© une somme de 7.500 fr. environ. Ils rem¬≠pla√ßaient √† l’√©poque les vingt et un tilleuls plant√©s en 1820, soit trois quarts de si√®cle plus t√īt, ceux-ci succ√©dant √† d’autres de la m√™me essence.

A la lisi√®re sud de la place, une petite chapelle, d√©molie depuis 1948, rempla√ßa en 1892 la vieille chapelle des si√®cles pass√©s ou les processions se rendaient, le premier jour des Rogations et √† la f√™te paroissiale (1). La place s’est rendue h√©las tristement c√©l√®bre par la fusillade tra¬≠gique du 21 ao√Ľt 1914 : le mur voisin de cette antique chapelle disparue, o√Ļ des traces de balles sont encore visibles, reste le t√©moin de ces journ√©es d’horreur.

L’√©dification de l’h√ītel de ville actuel date de 1864, mais jamais construction n’avan√ßa avec une lenteur aussi d√©sesp√©rante, au point qu’il fut m√™me envisag√© d’installer un local pour la justice de paix et puis une √©cole de filles dans une aile √† peine construite ! La n√©cessit√© de ces travaux √©tait pos√©e depuis fort longtemps par divers comit√©s, de jeunes surtout, qui r√©clamaient une salle de f√™te publique. La r√©ception d√©finitive n’en fut faite qu’en 1871.

 

  • Pour se donner une id√©e de l’aspect de la place des Tilleuls et de sa chapelle, au d√©but du si√®cle, on consultera la plaquette ¬ę Andenne, en cartes postales anciennes ¬Ľ, R. Garant – √©d. Bibl. europ√©enne. Zaltbommel / P.B.

 

Quant au kiosque actuel, √©rig√© en 1879, il le fut d’abord au centre de la place des Tilleuls, mais l’on ne tarda pas √† constater l’effet d√©sastreux de cet emplacement au point de vue de l’acoustique des soci√©t√©s de chants et de musique qui s’y produisaient. Le kiosque fut d√©mont√© et reconstruit √† l’endroit o√Ļ il se trouve encore de nos jours.

En 1977, la Commission Royale des Monuments et des Sites a décidé de classer la place des Tilleuls pour la beauté de ses arbres.

 

(p.41) LA COLLINE DU CALVAIRE

 

Au flanc de la plus proche colline du vieil Andenne, un sentier gravit dans les arbres jusqu’√† un petit oratoire rouge brique qui domine toute la ville.

C’est la tr√®s ancienne ¬ę promenade du Calvaire ¬Ľ dont l’am√©nagement sur les collines d’Andenne remonterait √† 1653, ann√©e probable de la construction des six chapelles situ√©es le long du sentier. La septi√®me chapelle, situ√©e tout en haut de la mont√©e, aurait √©t√© √©rig√©e en 1732.

Les diverses constructions furent restaur√©es en 1913, gr√Ęce √† une souscription publique, et par la m√™me occasion, orn√©es de tableaux repr√©sentant les stations du Chemin de Croix. Leur auteur est l’artiste-peintre local Charles Bonhivers, mort une ann√©e plus tard au si√®ge de Namur (guerre 1914-1918).

Nous vous convions √† parcourir cette belle promenade ch√®re aux Andennais ; elle est pleine de charme et de pittoresque. Sit√īt atteinte la chapelle terminale, apr√®s une tortueuse mont√©e √† travers les arbres, vous dominez un vaste panorama sur la cit√© de sainte Begge, sur dix kilom√®tres de vall√©e large o√Ļ s’√©tire le ruban gris-bleut√© (p.42) de la Meuse, sur la localit√© voisine de Seilles ‚ÄĒ le Village gris de Jean Tousseul ‚ÄĒ o√Ļ se niche la gare du chemin de fer, et au-del√† sur le plateau hesbignon (1).

 

LA CHAPELLE ET LA FERME DE LA VAUDAIGLE

 

La petite chapelle de la Vaudaigle, agreste, que pas mal d’Andennais ne connaissent pas, √† la limite de l’ancienne commune sur la route de Bonneville, compl√®te un harmonieux ensemble champ√™tre avec une vieille ferme moyen√Ęgeuse voisine dont la tourelle √©merge sur le plateau.

Deux tr√®s vieux arbres enserrent de pr√®s ce charmant oratoire que des services locaux comp√©tents ont nagu√®re sauv√© d’un d√©labrement certain d√Ľ aux intemp√©ries.

La censé de la Vaudaigle, toute proche de la chapelle, a connu elle-même des dégradations importantes, à la fin du XVIIe siècle, lorsque les troupes de Louis XIV canton­nèrent dans le pays et y pratiquèrent de nombreuses exactions. En 1692, ce roi de France mettait le siège devant Namur et les quatre-vingt mille hommes du duc de Luxembourg, campant sur ce plateau, tenaient en respect Bavarois et Anglais.

 

(1)¬† Voir¬† le¬† ¬ę¬†¬† Guide¬† des¬† promenades¬† p√©destres¬†¬† ¬Ľ,¬†¬† √©d.¬†¬† du¬†¬† S.I., promenade n¬į 2.

 

Un peu plus tard, la guerre de Succession d’Espagne, qui durera onze ann√©es, touchera encore durement villes et villages du Namurois, puis ce sera la guerre de Succession d’Autriche qui verra arriver le mar√©chal de Saxe et ses douze mille hommes…, puis la fameuse bataille de Fontenoy o√Ļ √† nouveau les Fran√ßais reprirent leur avance et… Namur en 1746.

Toutes ces grandes batailles de l’Histoire eurent de tristes s√©quelles dans nos campagnes. 11 faudra attendre la paix d’Aix-la-Chapelle pour voir la fin du conflit et rendre √† notre plateau le calme d√©suet que nous lui connaissons encore maintenant…

Bien peu de nos promeneurs, passant par ces confins tranquilles (1), n’imaginent ce qu’ont connu, au cours de cent ann√©es d’invasions et de guerres d√©j√† bien lointaines (de 1650 √† 1750), ces deux v√©n√©rables t√©moins du pass√©.

 

  • Voir le ¬ę Guide des promenades p√©destres ¬Ľ, √©d. du S.I., promenades n¬į 7 et 8.

 

(p.45) NOS PONTS SUR LA MEUSE

 

HISTORIQUE

 

Un pont sur la Meuse, entre Ancienne et Seilles, ne relia pas toujours, depuis des temps imm√©moriaux comme en maints endroits, nos deux rives de Meuse et si, comme nous l’avons √©voqu√© plus haut, plusieurs √©crits attestent d’un pont de pierre entre Andenelle, au lieu-dit Cobegge, et Seilles, d√®s l’√©poque romaine, peut-√™tre au IIe si√®cle, il fallut encore attendre sept si√®cles pour voir se r√©tablir la vieille liaison entre le Condroz et la Hesbaye, √† Andenne (1).

Et encore, le pont de 1853 ne fut-il pas construit sans d√©bats pr√©liminaires tr√®s longs qui devinrent pr√®s de dix ann√©es de palabres entre l’Etat, la province et la commune et m√™me les concessionnaires de la voie ferr√©e Namur-Li√®ge. Les arguments qui pressaient nos √©diles communaux de l’√©poque √† r√©clamer un pont √©taient surtout les suivants : d√©dommagement pour la classe ouvri√®re ruin√©e par le trait√© avec la Hollande qui a sacrifi√© notre industrie fa√Įenci√®re √† celle, rivale, du grand-duch√© de Luxembourg (2), et √† ce brusque appauvrissement de notre ville, un rem√®de pourrait √™tre ainsi trouv√© pour l’√©tablissement de foires et de march√©s, mais seulement viable le jour o√Ļ un pont reliera les deux rives de la Meuse ;

 

(1)¬†¬†¬† Pont¬†¬†¬† dont¬†¬† des¬†¬†¬† fonds¬†¬† de¬†¬† piles¬†¬†¬† sont¬†¬†¬† encore¬†¬†¬† visibles,¬†¬†¬† dans le¬†¬† lit¬†¬† du¬†¬†¬† fleuve,¬†¬†¬† par¬†¬† temps¬†¬† de¬†¬† ch√īmage.¬†¬†¬† Voir¬†¬† supra,¬†¬† Vieux quartiers,¬† ¬ę¬† Le Trou d’en¬† haut¬† ¬Ľ.

(2)¬†¬† Voir¬† tout¬† √†¬† la¬† fin¬† de¬† l’art,¬†¬† sur¬† le¬† Mus√©e¬† de¬† la¬† C√©ramique.

 

(p.46) enfin, isolement complet de la ville, par rapport √† la ligne de chemin de fer nouvellement cr√©√©e, alors que le passage d’eau jusqu’alors utilis√© √©tait souvent cause de difficult√©s et d’accidents.

L’inauguration du premier pont eut donc lieu en 1853 et donna l’occasion de trois jours de r√©jouissances m√©morables : r√©ceptions, banquet fastueux, comme, l’atteste encore un menu de l’√©poque, festival, feu d’artifice, illumination du pont et bal √† l’H√ītel de ville. Cependant, chose peu connue, ce premier pont fut soumis √† un p√©age, durant un an, pour gens et b√™tes, et mat√©riel de diverses cat√©gories, sur une condition accept√©e de l’adjudicataire de l’ouvrage. Il devait subsister jusqu’√† la grande tourmente de 14-18. Le mercredi 18 ao√Ľt 1914, le G√©nie belge le fit sauter devant la pouss√©e des troupes allemandes qui s’amenaient deux jours plus tard, se rendant tristement c√©l√®bres lors des massacres au sein des populations d’Andenne et de Seilles (1).

Les Allemands construisirent une passerelle provisoire, puis un pont, √† la disgracieuse vo√Ľte m√©tallique ‚ÄĒ pauvre compensation pour leurs effroyables destructions ‚ÄĒ qui subsista jusqu’en 1938. D√®s 1936, en effet, la firme Mylle d’Ostende r√©alisa son spectaculaire d√©placement de quelques m√®tres pour faire place aux travaux d’un nouvel ouvrage, en pierre cette fois, qui fut inaugur√© en 1938 et dont les connaisseurs disaient √™tre le plus beau pont du genre sur la Meuse. Mais la carri√®re du beau monument fut de courte dur√©e : √† nouveau, en mai 1940, l’ouvrage s’effondrait sous l’action du G√©nie militaire belge, en pr√©vision de l’arriv√©e des troupes allemandes qui survenaient vingt-quatre heures plus tard : spectacle dantesque que de rares Andennais eurent l’occasion de voir.

La suite de l’histoire ‚ÄĘ*- encore r√©cente ‚ÄĒ de nos ponts fut encore plus mouvement√©e : √† c√īt√© d’une passerelle provisoire, en bois et fer, √©tablie √† quelques m√®tres en amont, la firme Mylle, √† nouveau, com¬≠men√ßa la reconstruction du pont en pierre, en pleine guerre, sur les m√™mes donn√©es que celui de 1938. Au moment o√Ļ l’on achevait les

 

  • Faits relat√©s ci-apr√®s, voir description ail Cimeti√®re des Fusill√©s.

 

travaux de la derni√®re tranche, le 11 juin 1944, l’Arm√©e Secr√®te, r√©sistant √† l’occupant, sabota partiellement l’ouvrage, au nez et √† la barbe des sentinelles allemandes, acte h√©ro√Įque r√©alis√© par quatre hommes seule¬≠ment, des courageux dont deux d’entre eux trouv√®rent une mort glorieuse, quelques jours plus tard, lors des combats pour la lib√©ration du pays. Et lors de leur retraite, en septembre 1944, les Allemands firent sauter pont provisoire et restes du pont de pierre presque achev√© (1). Un nouveau pont provisoire avec charpente m√©tallique en trois sections et tablier de bois servit alors de lien entre Seilles et Andenne jusqu’en 1957 et cette passerelle, au vu de l’intense circulation d’apr√®s-guerre, devait acqu√©rir une f√Ęcheuse r√©putation, tant fut √©lev√© le nombre d’accidents mortels dont elle fut t√©moin.

 

LE PONT ACTUEL

 

En 1954, la firme Mylle avait entam√© sa troisi√®me √©dition du pont en pierre : construction pr√©c√©d√©e par la d√©mo¬≠lition d’une armature de 1.200 m√®tres cubes de b√©ton inutilisable, reste de l’ouvrage pr√©c√©dent, et surtout par l’√©vacuation du lit du fleuve d’une niasse consid√©rable de d√©bris de toutes sortes r√©sultant des diverses explosions de guerre. Les arches lat√©rales de l’√©difice, de 40,25 m. de longueur, comme l’arche centrale de 41,50 m., sonl en pierre d’Ecaussinnes et de la r√©gion (460 m3 et 300 m3)

 

  • Lire √† ce sujet l’int√©ressante bande dessin√©e par J. Fivet dans ¬ę Raconte, mon beau pays ¬Ľ, tome III, dernier r√©cit.

 

(p.48) et en b√©ton arm√©. Elles sont s√©par√©es par des piles ayant 5,50 m de base, reposant sur de gracieux ¬ę duc d’Albe ¬Ľ de 7 m de large sur 24 m de long. Le tablier a 14 m de largeur dont deux fois 2,50 m pour les trottoirs. Le garde-corps est r√©alis√© au moyen de gargouilles tra¬≠vaill√©es et de tablettes en pierre de taille, l’ensemble d’une rare √©l√©gance. Enfin, les rampes d’acc√®s prolongeant les deux rues aboutissantes sont bord√©es de mains-courantes en fer forg√© reposant sur des petites piles en pierre de taille.

 

LE CIMETIERE DES FUSILLES

 

A deux cents m√®tres du carrefour des Quatre Coins, partant de la grand-route Namur-Li√®ge, la petite rue Malev√© conduit au bord de la Meuse. L√† o√Ļ elle rejoint le quai, s’incurve la ligne sobre du Cimeti√®re des Fusill√©s d’Andenne, dans un carr√© paisible qui n’est distrait que par le glissement des chalands √† moteurs ou par le clapotis des grosses eaux.

Ce haut lieu de recueillement rassemble les Andennais, au moins une fois l’an en √©t√©, pour une doufoureuse comm√©moration. Car les habitants d’Andenne n’ont pas oubli√© les journ√©es tragiques de 1914 qui ont acquis √† leur cit√© le nom de ¬ę ville-martyre ¬Ľ (1).

 

  • Consulter le ¬ę Guide des promenades p√©destres ¬Ľ,¬† √©d.¬† Du S.l. promenade n¬į 1.

 

EVOCATION EN BREF

 

Des 222 personnes (hommes) fusill√©es ou massacr√©es √† Andenne, les 20 et 21 ao√Ľt 1914, 70 environ tomb√®rent victimes de la grande fusillade des bords de la Meuse, √† cet endroit pr√©cis de la ville. Les autres furent tu√©es, soit chez elles, soit en rue, entre le jeudi soir et le vendredi midi (21 ao√Ľt).

Malgr√© plusieurs interventions, soit d’autorit√©s locales, soit d’une personne sachant parler leur langue, les soldats allemands avaient toujours pr√©tendu que d’aucuns des leurs ‚ÄĒ dans les jours o√Ļ ils investirent la ville ‚ÄĒ avaient √©t√© tu√©s de balles provenant de ¬ę francs-tireurs ¬Ľ belges, aux alentours du pont sur la Meuse, alors qu’il fut prouv√© et reconnu par la suite qu’il s’agissait d’une √©chauffour√©e ou d’une m√©prise entre soldats et, dans le cas du sous-officier tu√© rue d’Horseilles, d’un accident d√Ľ au maniement imprudent d’un fusil par un de ses soldats.

D√®s lors des repr√©sailles, sauvages et inhumaines, ne m√©nag√®rent point les habitants de la petite ville et au matin du 21 ao√Ľt, plusieurs d’entre eux √©taient abattus sur leur seuil, dans leur cave ou dans leur propre jardin. D√®s l’aube d√©j√†, un groupe d’une quinzaine d’hommes gisaient massacr√©s √† coups de ba√Įonnette et de hache dans une prairie aux abords du centre. Le bourgmestre de la ville, le docteur Camus

‚ÄĒ¬† dont le buste monumental orne un des parterres de l’h√ītel de ville ‚ÄĒ n’avait pas √©chapp√© √† la tuerie de 4a nuit : on retrouvait son corps √† proximit√© du carrefour des Quatre Coins.

Sur la place centrale des Tilleuls, face au mur jouxtant une pharmacie

‚ÄĒ m√©morial et traces de balles encore visibles ‚ÄĒ deux otages du quartier du Vieil Andenne √©taient mis en joue devant une foule de huit cents personnes amass√©es l√† √† coups de crosse de fusil et d’injures par la soldatesque. Il fallait r√©pondre de la mort du sous-officier allemand tu√© au quartier d’Horseilles.

Et tandis que la garnison s’occupait- de choisir √† m√™me la foule, parmi les quelques personnalit√©s pr√©sentes, de nouvelles autorit√©s communales qui seraient gardiennes des mesures draconiennes sur les otages, sur le travail des femmes, etc…, septante malheureux, de tous √Ęges, par¬≠taient en rangs serr√©s vers les bords de la Meuse o√Ļ ils √©taient massacr√©s, √† une ou deux exceptions pr√®s, jusqu’au dernier.

(p.49) Le ¬ę carr√© sanglant ¬Ľ de la rue Malev√© est aujourd’hui le lieu de repos de ces innocentes victimes.

Les deux quadrilat√®res de modestes pierres de taille o√Ļ sont grav√©s cent quarante noms, au pied de quelques cypr√®s et de quatre haies de tro√®nes, suscitent le calme respectueux et chez le visiteur une pens√©e pieuse et noble envers ces martyrs hier encore si fiers du renom l√©gendaire de leur ville.

 

BELGRADE A ANDENNE

 

A Andenne, au XVIIIe si√®cle, de la m√™me fa√ßon qu’un noyau d’agglo¬≠m√©ration prit le nom de Belgrade, √† proximit√© de Namur, autour d’un estaminet ayant pris ce nom comme enseigne, tout le quartier compris entre la place des Tilleuls et la Meuse ‚ÄĒ cimeti√®re des Fusill√©s, usines Intermills ‚ÄĒ et qui n’√©tait encore √† cette √©poque qu’une vaste cam¬≠pagne, s’intitula ¬ę Belgrade ¬Ľ.

En 1710, un ouvrier flamand, Hendrik Rosiers, occup√© dans la localit√©, s’y construisit une maison, la premi√®re du quartier et en bord de Meuse. Il y ouvrit un cabaret qui devint vite fr√©quent√© par les prome¬≠neurs du dimanche et, s’inspirant de l’actualit√© europ√©enne ‚ÄĒ √† cette √©poque, la prise de Belgrade aux Turcs par les Autrichiens ‚ÄĒ appela lui aussi son caf√© ¬ę A Belgrade ¬Ľ.

Le nom est rest√© √† ce coin d’Andenne, m√™me apr√®s l’√©tablissement de la grand-route de Namur √† Huy (1785), lorsque d’autres maisons s’√©lev√®rent dans le voisinage du cabaret Rosiers (1). Car l’endroit √©tait anim√©.

A cette √©poque, en effet, un bateau assurait, le dimanche, la circu¬≠lation des voyageurs de Namur √† Ahin et l’arr√™t andennais de cet omnibus fluvial s’effectuait pr√©cis√©ment ¬ę A Belgrade ¬Ľ, en face de la maison de notre Flamand. Comme le fleuve n’√©tait pas encore canalis√©, ce bateau devait s’arr√™ter √† distance de la berge pour ne pas s’enliser et notre Rosiers, en plus de sa fonction d’aubergiste, se chargeait, avec sa chaloupe, d’embarquer ou de d√©barquer les passagers.

 

Le cabaret servait ainsi de salle d’attente, fr√©quent√© par la m√™me occa¬≠sion par les Andennais qui prirent l’habitude de faire du passage de ce bateau et du va-et-vient des voyageurs leur distraction dominicale. Ainsi l’expression ¬ę Aller √† Belgrade ¬Ľ se mainlint-elle longtemps dans le langage local. (D’apr√®s A. Melin, le Guetteur Wallon, oct. 1933)

Gageons que nos aimables visiteurs aimeront fl√Ęner √† cet endroit des bords de Meuse encore relativement pr√©serv√©, et en saison, parmi les p√™cheurs. La vue y est agr√©able, de part et d’autre du beau pont sur la Meuse (2) que nous venons de d√©crire.

(1)¬† Le nom fut aussi attribu√© √† l’√ģle bois√©e sur la Meuse situ√©e en face de ce coin d’Andenne.

(2)¬† Amorce de la promenade n¬į 6. Consulter le Guide des promenades p√©destres. – √©d. du S.I.

 

(p.51) PLAN DE VISITE AUTOUR DE LA PETITE HISTOIRE DE LA CERAMIQUE

A ANDENNE

 

¬ę Andenne est la seule localit√© d’Europe et probablement du monde entier qui ait connu les diff√©rentes formes de travail de la terre : les poteries des premiers √Ęges, les vases, les briques et les tuiles des √©poques gallo-romaine et suivantes ; les c√©ramiques du haut et du bas Moyen √Ęge ; les poteries rustiques et les pipes ; les fa√Įences et les porcelaines ; les produits r√©fractaires, les gr√®s industriels et les gr√®s c√©rames de grand feu (1).

C’est √† une situation g√©ographique int√©ressante, aux richesses excep¬≠tionnelles de son sous-sol qu’Andenne doit d’avoir √©t√© de tous temps un habitat, d’avoir √©t√© choisie par sainte Begge pour y b√Ętir son monast√®re, d’avoir donn√© son nom au bassin de terre plastique le plus important du pays, le plus estim√© au cours des si√®cles et dans tous les pays limitrophes ¬Ľ (2).

 

(1)¬† La derni√®re usine productrice de gr√®s c√©rame, l’usine Daenen, fond√©e en 1877, a ferm√© ses portes en 1961. Les c√©ramistes belges de renom, Arthur Craco et Olivier Strebelle, y ont r√©alis√© quelques chefs-d’Ňďuvres qui¬† font¬† encore¬† honneur¬† au¬† pays¬† d’Andenne¬† (cfr¬† supra¬† rubriques ¬ę Fontaines ¬Ľ et ¬ę Place du Chapitre ¬Ľ).

  • Henri Javaux : ¬ę La terre plastique d’Andenne ¬Ľ.

 

(p.52) 1. VESTIBULE

Sur le mur, d√®s l’entr√©e, une carte indique la situation g√©ographique d’Andenne et les gisements de terre plastique et un tableau donne une coupe dans une exploitation montrant le mode d’extraction.

  1. VERANDA ET COUR ARRIERE

Dans la v√©randa qui constitue la salle lapidaire figurent : un cadran solaire Louis XIV, pi√®ce remarquable provenant d’une propri√©t√© de chanoinesse, une enseigne caract√©ris¬≠tique du XVIIP si√®cle, un √©cusson d’Oultremont de 1630, un fragment de monument en pierre de France avec ins¬≠cription du IIe si√®cle (c’est le plus ancien t√©moin lapidaire connu dans la province de Namur), divers pierres et cartouches √©voquant le pass√© d’Andenne, des sarcophages de type monolithe en pierre de France (IXe si√®cle) qui doi¬≠vent √™tre reconstitu√©s en tant que tombes franques. Voir aussi le coffre des archives du Chapitre Noble d’Andenne. D√©tail remarquable : il poss√®de deux serrures dont les deux clefs √©taient respectivement d√©tenues par la Pr√©v√īt√© et l’Echevin (voir supra place du Chapitre et maisons riveraines).

  1. ATELIER DE PIPIER ET DE FA√ŹENCIER

(acc√®s par le jardin ou par la salle des poteries anciennes) On y rep√®re, dans une table-vitrine, une collection d’√©chan¬≠tillons des diff√©rentes terres extraites dans la r√©gion d’An¬≠denne, avec quelques d√©tails sur leur analyse. Au-dessus, les outils employ√©s par les ¬ę derleus ¬Ľ ‚ÄĒ les ouvriers des mines de terre plastique ‚ÄĒ pour l’extraction de ladite terre, √† savoir (en wallon) ¬ę li gr√®te ¬Ľ, ¬ę li hawe ¬Ľ, ¬ę l’osteye ¬Ľ, ¬ę li crasset ¬Ľ.

On trouve aussi pour ce faire un bac o√Ļ la terre plastique ¬ę pourrissait ¬Ľ, avant de devenir ¬ę filante ¬Ľ et facilement maniable.

Le but de cette salle est √©videmment de reconstituer un atelier de pipier, avec √©tabli ‚ÄĒ celui de fa√Įencier est l√©g√®rement semblable ‚ÄĒ √©tau et outils employ√©s : chtoup, perceuses, polissoirs, bacs √† huile et pierre √† broyer les √©maux. Voir aussi une √©tonnante collection de photos documentaires montrant les phases de la fabrication des pipes.

On y d√©couvre √©galement le fameux four √† ¬ę caz√®tes ¬Ľ reconstitu√©, four √† flamme directe, de forme arrondie et dans lequel la cuisson se faisait au bois (1).

Enfin, sur des √©tag√®res, des moules en pl√Ętre (de.2, 3 et 12 pi√®ces) pour la fabrication d’assiettes, de pots et de vases en fa√Įence ; puis un tour √† pied et un tour √† main ; des nichoirs d’oiseaux ; des briques r√©fractaires et une s√©rie de tuiles dont des fa√ģti√®res cr√™t√©es fabriqu√©es √† An-denne aux XIXe et XXe si√®cles ; des documents photo¬≠graphiques illustrant d’anciennes usines de produits r√©frac¬≠taires (Losson, Daenen, Chaudron, T.P.B.G.).

 

  • Ces ¬ę caz√®tes ¬Ľ (casettes, en fran√ßais) √©taient rondes, cylindriques ; r√©cipient en produit r√©fractaire qui contenait les pipes pr√™tes √† la cuisson (pour leur √©viter le contact direct avec la flamme).

 

(p.53) 4. SALLE DES PIPES

LA PETITE HISTOIRE DES PIPES A ANDENNE C’est vers la fin du XVIIIe si√®cle que l’industrie de la pipe prit corps √† Andenne. En 1768, au rivage (bord de Meuse) √† Andenelle, s’√©ta¬≠blissait Peter Horter, originaire de H√īhr-lez-Coblence : c’est l’anc√™tre des Heurter actuels d’Andenne. Et parmi les nombreux pipiers qui s’√©tablirent √† sa suite, citons D√©sir√© Barth, le plus important des fabricants de pipes, qui eut jusqu’√† 150 ouvriers fabriquant mille grosses de pipes par semaine.

La plupart d’entre eux avaient leurs ateliers au faubourg d’Andenelle ‚ÄĒ la rue des Pipiers descendant vers la Meuse a conserv√© leur souvenir ‚ÄĒ d’autres encore travaill√®rent dans la petite rue des Chanoinesses (ex-rue des Chats), proche de la coll√©giale Sainte-Begge (ateliers de la famille Lev√™que).

Voir dans cette salle une vitrine contenant une collection impressionnante des diff√©rentes pipes fabriqu√©es √† An¬≠denne (1). Des mod√®les les plus vari√©s : pipes unies, telles la Montoise de 60 cm., la Berg, la Dublin, la Parisienne, la Prussienne, la Hollandaise, la Viennoise, la Gros et Petit Genicot, la Cambier, la Grande et Petite 400, les H. et les K. D’autres d√©cor√©es et empruntant leurs innombrables motifs √† la nature humaine, √† la faune, √† la flore, aux √©v√©nements (voir les trois 8), aux chefs d’Etat, Roi Albert, Reine Elisabeth, aux guerriers, aux hommes politiques, √† la Bible, aux l√©gendes, √† la mytho¬≠logie, etc…

 

  • La plupart de ces pipes proviennent de la piperie Daniel Verheg-lewegen, rue des Pipiers, Andenelle (vers 1900).

 

Aux c√īt√©s de m√©daillons pour ¬ę cougnous ¬Ľ, on peut admirer les pipes fameuses ¬ę Pr√©sident Kruger ¬Ľ – la ¬ę Jupiter ¬Ľ – la ¬ę London ¬Ľ – les diff√©rents Jacob – la ¬ę G√©n√©ral Joffre ¬Ľ – la rarissime ¬ę Adolphe Max ¬Ľ dont la fabrication valut √† son auteur les repr√©sailles de l’oc¬≠cupant – la c√©l√®bre et rare ¬ę Ysabeau ¬Ľ – la ¬ę Mameluk ¬Ľ -la ¬ę Grand-M√®re ¬Ľ – la ¬ę Notre-Dame de Montaigu ¬Ľ, etc…

Accroch√©s au mur : un tableau de diff√©rents moules bruts qui allaient servir √† la fabrication des pipes ; parmi eux, ceux de la ¬ę Montoise longue ¬Ľ (60 cm.) et de la ¬ę Californienne ¬Ľ, ainsi que les outils qui servaient √† les polir.

Sur une étagère, de petits plateaux ronds en terre à pipes : ce sont les clays servant actuellement aux tirs aux pigeons et remplaçant ceux-ci.

 

  1. SALLE DES POTERIES ANCIENNES

Vitrines sur trois faces murales constitu√©es par des logettes vari√©es, bien √©clair√©es. On y voit un vase du IIe si√®cle, des vases et lampes √† huile du IIIe si√®cle, des vases francs, noirs et d√©cor√©s √† la roulette, de nombreux pots, cruches, vases provenant de la prodigieuse activit√© des potiers d’Andenelle, entre le XIe et le XIVe si√®cle, pr√©sentant formes vari√©es, gfacures plombif√®res, bords, anses, pinces, etc…

Aussi un ensemble de carreaux en terre, cuite, polychromes et d√©cor√©s de lions h√©raldiques, √©lans, fleurs de lys, (p.54) rose, etc… Ces carreaux proviennent de l’ancienne √©glise Saint-Sauveur, place du Chapitre, d√©molie au XVIIIe si√®cle, de l’√©glise romane d’Andenelle et de la rue des Sept-Eglises (maison particuli√®re).

 

NOTICE HISTORIQUE

C’est encore √† Andenelle, faubourg oriental d’Ancienne, que semble ep effet s’√™tre concentr√©e l’activit√© des potiers au cours du Moyen √Ęge : les d√©couvertes successives issues de fouilles faites par des habitants du cru, au cours des vingt derni√®res ann√©es, dans les jardins voisins des anciennes √©coles St-Louis et du Sacr√©-CŇďur, puis le long de l’an¬≠cienne ligne ferr√©e vicinale Andenne-Ohey, l’ont √† nouveau confirm√©. Cette campagne de fouilles a d’ailleurs fait l’objet d’une publication √©dit√©e en 1956 par le Cercle d’arch√©ologie (1).

Du XIe au XIVe si√®cle, les potiers andenellois ont export√© leurs produits dans tout le pays et m√™me au-del√† des fronti√®res et leur production culmine jusqu’au milieu du XIVe si√®cle, √©poque prosp√®re √† laquelle une √©pid√©mie de peste, s√©vissant dans toute l’Europe (vers 1347) vint mettre fin par la fermeture de nombreuses officines locales. Un peu plus tard, vers le d√©but du XVe si√®cle, des guerres sanglantes et prolong√©es entre Li√®ge et Namur ne manqu√®rent pas de r√©duire encore la production andennaise, comme l’affirme F. Courtoy dans son ¬ę Trait√© sur l’art de la C√©ramique dans la province de Namur ¬Ľ (2).

(1)¬† de R. Borremans et W. Lassance : ¬ę Recherches arch√©ologiques sur la C√©ramique d’Andenne au Moyen Age ¬Ľ (1956).

  • Annales de la Soci√©t√© Arch√©ologique de Namur, tome LI.

 

  1. SALLE DES FA√ŹENCES ET DES PORCELAINES

Dans les vitrines de cette salle sont expos√©s des √©chan¬≠tillonnages des diff√©rentes productions de l’ancienne industrie andennaise des fa√Įences, porcelaines et figurines en terre cuite : pi√®ces de service de table, de service √† caf√©, de pintes √† bi√®re folkloriques (des habitu√©s de caf√©s), de pots, de vases, statuettes et divers objets m√©nagers ou d’ornement (1).

Ces collections proviennent des différentes fabriques locales :

  1. LA FA√ŹENCE
  2. a) A la grand-route Li√®ge-Namur, au lieu-dit ¬ę 4 Coins ¬Ľ, la plus ancienne fabrique de fa√Įence est celle de Joseph Wouters, cr√©√©e en 1783, qui occupait, un certain temps, jusqu’√† 200 ouvriers. A l’emplacement des usines actuelles Intermills, la deuxi√®me fabrique de fa√Įence de Joseph Wouters, cr√©√©e en 1794, passa en diverses mains, entre autres, √† Pierre Verdussen, savonnier √† Bruxelles, et √† Bernard Lammens, tous noms que l’on retrouve famili√®rement dans les diverses vitrines.

 

  • Ces pintes √† bi√®re, en fa√Įence et en porcelaine ‚ÄĒ voir vitrine n¬į 4 ‚ÄĒ √©voquent de charmantes coutumes locales : dans certains caf√©s, chaque client habituel poss√©dait une pinte personnelle marqu√©e √† son nom et d√©cor√©e. Ces pintes √©taient accroch√©es √† des √©tag√®res, si bien qu’on pouvait en entrant dans le caf√© √©valuer l’importance et la qualit√© de la client√®le √† la vue des pintes. Parfois aussi, des pintes d’honneur r√©compensaient les vainqueurs de comp√©titions artistiques et autres.

 

(p.56) LE SOUVENIR DE JOSEPH WOUTERS A ANDENNE En 1806, ann√©e de la mort du sculpteur de renom, Jacques Richardot qui travailla pour elle, la fabrique fut reprise par Bernard Lammens et jusqu’en 1823, √©poque o√Ļ elle fait faillite. Cockerill y installa ensuite une papeterie qui s’y trouve encore sous une autre firme. A cet endroit de la grand-route Namur-Li√®ge, lieu-dit Belgrade, aboutit une rue qui rappelle le souvenir de Wouters, le premier fabricant de fa√Įence an-dennaise (1).

Objets de cette √©poque expos√©s : plats d√©cor√©s en bleu au pinceau ou en vert olive √† l’√©ponge et le fameux service dit des ¬ę ch√Ęteaux ¬Ľ (de Lammens).

  1. b) Vint ensuite, place du Chapitre, la fabrique de Jean-Fran√ßois Kreymans, fond√©e en¬† 1804,¬† c√©d√©e en¬† 1806 √† Jean-Philippe Becquevort,¬† puis¬† en¬† 1829¬† au gendre de ce¬† dernier,¬†¬† le¬†¬† capitaine¬†¬† Becherel,¬†¬† ancien¬†¬† officier¬†¬† de Napol√©on, qui continua les affaires jusqu’en 1837, puis vendit ses b√Ętiments √† la ville qui en fit les √©coles que l’on voit encore sur cette place du Chapitre (2).
  2. c) L’usine de¬† Lambert¬† et¬† CrefcŇďur,¬†¬† √©tablie¬† rue¬† des Polonais, au coin de la place du Perron, pr√®s de l’an¬≠cienne fontaine du m√™me nom.
  3. d) L’usine d’Antoine-Joseph Lapierre, de 1820 √† 1844, actuellement d√©molie et qui se trouvait rue des Chanoi-nesses ‚ÄĒ ex-rue des Chats ‚ÄĒ et place du Chapitre.

 

(1)¬†¬† Andenne¬† s/M.¬†¬† Guide¬† des¬†¬† Promenades¬†¬† p√©destres,¬†¬† √©d.¬†¬† du¬†¬† S.I. promenade n¬į 8. – Ce lieu-dit ¬ę Belgrade ¬Ľ vient d’√™tre √©voqu√© √† la fin du chapitre pr√©c√©dent.

  • Idem : suivre la promenade n¬į 2.

 

(p.57) e)¬† Celle de Charles Smet, fond√©e en 1830 au coin N.B. form√© par la rue Janson et la rue de l’H√īpital, et qui n’y fabriqua gu√®re que des pipes. Elle fut c√©d√©e en 1840 √† Edouard Lapierre qui se mit vraiment √† la fabrication des fa√Įences et des porcelaines. Puis, en 1859, le grand art vint avec Camille Renard qui succ√©da dans la fabrication, mais pour quatre ans seulement. L’usine fut d√©laiss√©e en 1867 et G√©rard Boutfeu vint y installer une messagerie qui¬†¬† faisait¬†¬† le¬†¬† service¬†¬† Huy-Namur¬†¬† (voir¬†¬† plus¬†¬† loin paragraphe II – Porcelaine).

  1. f) Au Staple (place Ste-Begge), l’usine des Richard qui fonctionna de 1812 √† 1862.
  2. g) Celle de Henneau, reprise peu de temps après par la  famille  Leroy,  cédée à Boulanger,  puis  à Tiburce-Courtois, installée jadis place Charles Martel.
  3. h) Celle de Nihoul, en 1814, rue des Chanoinesses (ex-rue des Chats).
  4. i) Celle des fr√®res Winand √©tablie en 1807 et qui dura trois quarts de si√®cle. Leurs b√Ętiments furent repris en 1910 par les boulangeries du ¬ę Bon Pain ¬Ľ, rue Winand et sont actuellement occup√©s par une brasserie (consulter la rubrique ¬ę Vieux quartiers ¬Ľ).
  5. j) II y eut encore les fabriques Arnold Bonhivers, Em¬≠manuel Deville, Charles et Veuve Smet, Antoine Fossion, Mathieu Servais, Gaspard Dossogne (1838) qui lui √©tait install√© √† Andenelle, etc…

Objets de ces Maisons : assiettes d√©cor√©es d’oiseaux et de fleurs.

 

 

  1. LA PORCELAINE

La fabrication de la porcelaine à Andenne date du début du XIXe siècle.

La premi√®re manufacture de porcelaine, bien qu’elle soit connue sous le nom de Fabrique Fourmy (nom de son directeur), appartenait √† M. Dartique, √©galement pro¬≠pri√©taire des Cristalleries de Von√™che, plus tard transf√©r√©es au Val-St-Lambert. Cette fabrication fut reprise par Louis Winand qui abandonna la fa√Įence pour la porcelaine (voir ci-dessus, ¬ß i). Elle passa de p√®re en fils, devint florissante et marqua sous Saturnin Winand un mouvement ascensionnel vers la beaut√©. Voir dans les vitrines ses biscuits dont un tr√®s beau Saint-Pierre, √©galement ses brocolis d√©cor√©s d’ors et de fleurs.

Dans la seconde moiti√© du XIXe si√®cle, un autre fabricant Camille Renard, ing√©nieur li√©geois, professeur de dessin et d’histoire, lui donna un grand essor, en s’instruisant √† la Manufacture de S√®vres et aux fabriques de Limoges. Il atteignit la perfection : plusieurs de ses plus beaux sp√©cimens valent les meilleures r√©alisations de la grande manufacture fran√ßaise. Les porcelaines dites ¬ę Tasses coque d’Ňďuf ¬Ľ dont on peut voir ici un mod√®le du genre, sont de toute beaut√© et d’une finesse extraordinaire.

Comme on l’a dit plus haut, l’usine de Camille Renard (voir ¬ß I e) √©tait install√©e au coin de la rue Janson et de la petite place situ√©e devant l’√©cole normale (rue de l’H√īpital). En 1863, elle fut reprise par Jules Doth√©e qui y travailla quatre ans et qui ne changea rien √† son principe de fabrication, puis l’usine fut d√©laiss√©e… (idem supra, ¬ß I e).

Il y eut en dernier lieu une fabrique exploit√©e par Ch. Courtois, rue d’Horseilles ; une autre, par Drouhin-Courtois, au lieu-dit : ¬ę Campagne d’Andenne ¬Ľ : voir au mus√©e ses sujets religieux. Ces deux derniers artisans fabriqu√®rent une porcelaine s’apparentant √† celle de Limoges.

Des peintres-d√©corateurs remarquables contribu√®rent au renom de la production andennaise : citons M. Jacob et surtout L√©on Foller ‚ÄĒ dont nous poss√©dons la palette ‚ÄĒ qui firent leur apprentissage √† S√®vres. De nombreuses pi√®ces expos√©es donnent une id√©e de leur talent (vases et tasses). Remarquons √©galement plusieurs Ňďuvres en terre cuite ex√©cut√©es par le brillant sculpteur fran√ßais Jacques Richardot, n√© √† Lun√©ville en 1743 et mort √† Andenne en 1806. Ses pi√®ces les plus remarquables figurent au Mus√©e du Cinquantenaire √† Bruxelles et au Mus√©e de l’H√ītel de Croix √† Namur. Voir ici sa ¬ę Vierge √† l’Enfant J√©sus ¬Ľ (1).

 

  • Vers 1800, nous avons vu qu’il travailla pour l’usine de Verdussen et Wouters (cfr supra ¬ß 1 a). C’est l’√©poque de la belle fa√Įence et sa production personnelle touche au grand art.

 

(p.58) DECADENCE ET DISPARITION DE L’INDUSTRIE FA√ŹENCIERE A ANDENNE

Cette longue √©num√©ration et la multiplicit√© des entreprises caract√©risent bien l’industrie andennaise de la fa√Įence du XIXe si√®cle. La dispersion des forces a nui, en fin de compte, √† cette industrie et aux nombreux ouvriers qu’elle occupait. Une des causes de sa d√©cadence r√©side dans cette diversit√©.

Cependant, de 1813 √† 1820, les fabricants andennais avaient d√©j√† √©prouv√© leurs premi√®res difficult√©s. L’industrie belge s’√©tait ressentie tout d’abord de la victoire des Alli√©s sur Napol√©on : cordon de douanes et droits prohibitifs lui fermaient le march√© fran√ßais, tandis qu’elle se trouvait en butte √† la concurrence de l’Angleterre dont les manu¬≠factures, depuis la disparition du blocus continental, inondaient les Pays-Bas de leurs produits.

Ces √©preuves connurent une accalmie durant 25 ann√©es environ pendant lesquelles la petite ville d’Andenne, qui s’accroissait sans cesse, offrait l’aspect d’une v√©ritable ruche ouvri√®re, √† en juger de la liste de ses nombreux √©tablissements industriels. Ainsi, en 1841, on trouvait sur le territoire de la commune : huit fabriques de fa√Įence, deux de porcelaine, dix de pipes, un atelier de dorure sur porcelaine, deux usines √† briques r√©fractaires, une papeterie, une filature de coton, une fon¬≠derie de fer, une tannerie, cinq moulins √† farine mus par l’eau, quatre extractions de houille, plusieurs extractions de terre plastique et de sable de verrerie, quatre brasseries.

Mais quelques ann√©es plus tard, la Belgique ayant conclu un trait√© de commerce avec la Hollande, l’industrie fa√Įenci√®re et porcelaini√®re fut sacrifi√©e √† celle du grand duch√© de Luxembourg et de la France. Les produits grands-ducaux et fran√ßais furent admis en Belgique moyen¬≠nant un droit de 6 1/2 % alors que nos c√©ramiques ne purent s’introduire en Hollande qu’en payant une taxe de 70 √† 80 ¬į7o. Le r√©sultat ne se fit pas attendre : ces taxes absolument prohibitives firent la fermeture des trois quarts des manufactures d’Andenne, la ruine quasi compl√®te de notre commerce et le brusque appauvrissement de notre population.

 

A notre √©poque, toutes les fabriques de fa√Įence et de porcelaine ont disparu. Quant aux pipes en terre, et seulement celles destin√©es aux foires, une petite usine situ√©e au faubourg d’Andenelle en fabrique encore, avec de ces petits plateaux ronds appel√©s clays qui servent aux tirs aux pigeons et remplacent ceux-ci (cfr supra, rubrique 4, salle des pipes).

 

  1. SALON DE RECEPTION

Cette pi√®ce pr√©sente un d√©but de reconstitution d’un salon de chanoinesse √† l’√©poque de la fin du ¬ę Chapitre Noble ¬Ľ d’Andenne. La Commission du Mus√©e d’Andenne se pro¬≠pose de compl√©ter, au fur et √† mesure de ses possibilit√©s, cette reconstitution. On y voit aussi quelques Ňďuvres du peintre L√©on Tombu, d’Andenne.

Dans ce salon, une vitrine expose quelques objets prélevés des fouilles à la villa romaine découverte, il y a quelques années, à Evelette (domaine de Résimont).

 

LA VILLA GALLO-ROMAINE D’EVELETTE (RESIMONT) Les ruines de la ¬ę villa ¬Ľ gallo-romaine d√©couvertes √† R√©simont-Evelette, au sud-est d’Andenne, sur le plateau du Condroz, se trouvaient sur un sol schisteux en l√©g√®re pente vers le sud, tourn√©es vers le soleil, comme les Romains avaient toujours l’habitude d’orienter leurs habi¬≠tations. Murs tr√®s soign√©s, en petit appareil r√©gulier de 10 cm. sur des fondations de 80 cm. d’√©paisseur constitu√©es de pierres calcaires altern√©es de schiste et de gr√®s, sans liant de mortier. Trois grandes pi√®ces centrales occupaient cette ¬ę villa ¬Ľ avec, encore actuellement, la marque de trois grosses pierres donnant encore l’id√©e d’un auvent avec piliers, une place de bains avec ¬ę parfurium ¬Ľ et rev√™tement en terre battue rougie par le feu. On y a retrouv√© un fond d’hypocauste en b√©ton ros√© bien liss√© et m√™me des traces de tuyau en plomb pour l’√©limination de l’eau.

Il semble, en fin de compte, qu’il s’agisse d’une villa de plaisance de la premi√®re moiti√© du 2e si√®cle et non d’une exploitation agricole.

 

(p.59) UNE FONTAINE DITE ¬ę DES POUSSINS ¬Ľ

 

Sainte Begge, apr√®s avoir perdu son √©poux, l√Ęchement assassin√©, entreprit un p√®lerinage √† Rome, y visita sept basiliques et en rapporta d’insignes reliques qui lui furent donn√©es en pr√©sent par le pape Ad√©odat. A son retour, en comm√©moration de ce voyage, elle projeta de b√Ętir sur la rive gauche de la Meuse (c√īt√© Seilles actuel) un monast√®re et sept √©glises.

A peine les travaux entam√©s, les murs s’√©croul√®rent par trois fois et Begge en conclut que son dessein n’√©tait pas agr√©√© du Ciel, qu’il fallait attendre d’autres √©v√©nements. Des signes ne tard√®rent pas √† appara√ģtre. Un de ceux-ci est pr√©cis√©ment rappel√© par la Fontaine Ste-Begge d’Andenne : le fils de Begge, P√©pin de Herstal, chassant un jour sur la rive droite de la Meuse, trouva ses chiens en arr√™t devant une poule qui prot√©geait sept poussins et la meute n’osa s’en approcher. Le fils s’em¬≠pressa de rapporter la chose √† sa m√®re qui, ayant d√©j√† √©t√© inform√©e par d’autres faits plus ou moins analogues ‚ÄĒ m√™me endroit et m√™me chiftre 7 ‚ÄĒ s’empressa √† son tour de faire √©lever le monast√®re et les sept √©glises dans le site de la place du Chapitre actuelle.

(p.60) Les murs ne s’√©croul√®rent plus ‚ÄĒ du moins plus avant leur v√©tust√© au XVIIIe si√®cle ‚ÄĒ et Andenne fut tr√®s t√īt d√©sign√©e par le terme ¬ę Andenne-aux-Sept-Eglises ¬Ľ. C’est la raison de l’√©dification d’Andenne sur la rive droite de la Meuse et √† proximit√© de l’√©glise actuelle, la Fontaine Ste-Begge porte toujours ce second nom tout autant utilis√© de ¬ę Fontaine des Poussins ¬Ľ. On la confond parfois, et c’est dommage, avec la fontaine voisine des Faisans (de Craco – XXe si√®cle) qui a une toute autre histoire (voir le chapitre des Fontaines d’Andenne).

 

 

And√®ne (Andenne) - col√®ji√Ęle Sinte-Mar√ģye-Maje√Ľre (coll√©giale Sainte-Marie-Majeure)

(Albums de Cro√Ņ, XXIV, Fleuves et rivi√®res, II)

And√®ne (Andenne) - fontin.ne di l' O√Ľrs' (fontaine de l'Ours)

(s.r.)

Sanson (Samson) - li route di Ton (la route de Thon)

Mo√Ľse divant Sanson (la Meuse avant Samson)

Nam√®tche (Nam√™che) - rotch√ģ do Trau d√®s N√Ľtons √®t Mo√Ľse (rocher du Trou des "Nutons" et la Meuse)

Namètche (Namêche) - li pont (le pont)

bw√Ęrds di Mo√Ľse : panorama d' Sanson √®t d' Nam√®tche (panorama de Samson et de Nam√™che)

An.nenale (Andenelle) - en-d'dins d' l' √®gl√ģje) (int√©rieur de l'√©glise)

(in: La Bibliothèque Illustrée, 1890)

Andène (Andenne) - pont en 1955

(col√®csion / collection E. P√Įerre)

Andène (Andenne) - rowe dès Tchèts (rue des Chats)