Lès poyes, lès robètes, lès-auwes, … dins l’ culture walone

Les poules, les lapins, les oies, … dans la culture wallonne

(s.r.)

Jean-Jacques Gaziaux, Des gens et des bêtes, Traditions et parlers populaires, 1999

 

  1. LA BASSE-COUR

 

  1. INTRODUCTION

 

  1. Généralités

 

  • 28. Une poule, one paye, one kikite (en langage enfantin) ; un coq, on cok ; une poulette, one poyète ; un poulet, on cokia, on coketia, on polèt ; un poussin, on poyon.

Des canards, dès canes, dès canârds ; one cane ; on canârd. Une oie, one auwe ; un jars, on djaur. Une dinde, one dine ; un dindon, on cok dine. Une pintade, on péntâr. Un paon, on pawion ; une paonne, one pane ; un paon et deux femelles, on cok et deûs payes.

 

  1. Évolution

 

  • 29. Jusqu’aux environs de 1960, quasiment tous les villageois possé­daient une basse-cour ; souvent, elle était composée essentiellement de poules. Nos-ôtes, n’ avans tént jèsk’à trinte payes ; wéte è pô kène

 

(1) Les données fournies par l’Institut de Statistique nous montrent que cet élevage a sur­tout été important au début du XXe siècle (1.895 oiseaux en 1910, 1.926 en 1929) ; il a forte­ment diminué pendant la Deuxième Guerre (351 en 1944), pour remonter quelque temps (avec une pointe à 1.734 en 1950), avant de décliner très nettement (110 en 1973). Cet élevage a donc connu de grandes variations, souvent même d’une année à l’autre (à titre d’ex. : 1.016 en 1956, 586 en 1957). Précisons que ces chiffres ne concernent que les poules pondeuses et les coqs, plus la volaille mise à l’engraissement (depuis 1969).

Pour les autres volailles, on ne dispose de chiffres qu’à partir de 1959 ; ils sont globaux et il en résulte une moyenne d’une bonne vingtaine d’oiseaux par an.

 

(p.206) poyetrîye, quén èrbé(n) d’ payes ! ‘regarde un peu quelle basse-cour, quel grand groupe de poules (en train de picorer) !’. A chaque maison, on met­tait couver deux poules chaque année ; on bouteûve sovint deûs covêyes. Les paysans vendaient une bonne part des œufs. Les poules étaient très apprivoisées ; marène conëcheûve ‘marraine connaissait’ totes sès payes, one par one.

Cet élevage a connu un net recul ; asteûre, lès djins n ‘ont pës dès gros­sès bindes de payes. Beaucoup de contentent d’acheter quelques poules pour disposer d’oeufs frais ; nos-ôtes, n’ avans r’prins chi payes po ië dès-ous por nos. En effet, plus personne ne laisse couver ses poules ; on préfè­re acheter des poulettes au marché ou des poules qui ont pondu un an dans un élevage industriel, dès payes de réforme. Pendant quelques années, l’an­cien meunier en a d’ailleurs élevé dans son moulin.

D’aucuns expliquent la désaffection pour cet élevage par le fait qu’on ne peut plus laisser les poules libres de leurs mouvements comme par le passé ; il faut les enfermer dans un enclos pour les protéger de la circulation auto­mobile de plus en plus envahissante et pour les empêcher de causer des dégâts dans les propriétés des voisins, surtout des ex-citadins, trèmint èles vont ravadji lès djins. A cela s’ajoute la facilité d’acheter des œufs au magasin ou un poulet au boucher. Il n’empêche que quelques villageois engraissent des coqs qu’ils tuent et conservent au congélateur.

L’élevage des autres oiseaux de la basse-cour n’a jamais connu un grand succès. Ce sont surtout des riverains de la Grande Gette qui ont possédé des canards. Néanmoins, jadis, certains villageois aménageaient une petite digue pour retenir l’eau courante des fossés ; lès canârds alin’ dins l’ chavia, on fieûve one pëtëte astantche avou l’ êwe quë v’neûve dè l’ potia ‘trou d’eau’. Oies, dindons, et surtout pintades et paons ont toujours été rares.

Gayole po pouye èt covéye

(in: J.-J. Gaziaux, Des gens et des bêtes, 1980)

Poli o forni

(id.)

ponète avou on d'méy quautron d' ous

(quautron: = ensemble de 24 choses)

gayoles aus robètes (, aus lapins)

(id.)

aler à l' foûréye

(id.)

gayole aus lapins on pré

(id.)

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