Tchants èt tchansons / Chants et chansons

Le folklore musical et poétique de la région salmienne (3), in : GSHA, 26, 1987, p.37-62

 

J’ai publié dans cette revue (n° 4, juin 1976, pp. 39-54 et n° 5, déc. 1976, pp. 46-61) un mini-chansonnier de la région salmienne. Depuis, une moisson intéressante de chants et autres documents rimes m’est parvenue, notamment d’Henri G. Cahay, de Soumagne ; Gaston Gérard, de Bruxelles ; Jean-Marie Hurdebise, d’Aisomont (Wanne) ; Gaston Remacle, de Ville-du-Bois (Vielsalm) et Philippe Lejeune, de Neuville (Vielsalm), que je remercie ici bien cordialement.

Je suivrai le même ordre de présentation et le même système de commentaire que dans ma précédente contribution.

 

I LA VIE INDIVIDUELLE ET FAMILIALE

 

2 Les enfantines

 

C AMUSETTES

Ajouter au document de la p. 43, in fine, le document suivant adres­sé le 21 février 1977 par G. Cahay pour Neuville-Vielsalm.

 

On rond, Deûs ronds, Treûs ronds, Cwârèye pîre, Djèvîre, So lès rowes Di bèrowe, Clipe sowe, Ma sowe. Paâte è pwète, Tchèt è pwète, Clipe so I’ houtche.

 

Il faut comparer aussi avec la comptine du bas de la p. 50 et du début de la p. 51. Traduction proposée : Un rond, — Deux ronds, — Trois ronds, — Pierre carrée, — Chenevière (?), — Sur les roues — De brouette, — Gourdin (?) sèche (?), — Sèche mal. — Patte en porte, — Chat en porte ( = ?), — Gourdin sur la huche.

Fonctionnellement, cette formulette se disait en taquinant un enfant.

 

 

E RISETTE AUX DOIGTS

 

Ajouter un document : une risette de type énumératif reçue de Gaston Remacle par l’intermédiaire de Philippe Lejeune en 1979 et publiée dans Glain et Salm, Haute Ardenne, n° 16, 1982, p. 96 :

 

(p.38) Poucèt, poucèt, Clârinèt, Longue dame, Tch’han Vèssârd, Pétét sôdârt. — (Pays de Vielsalm).

Traduction : Poucet, — Clârinèt, — Longue dame, — Jean Vessard (= Poltron) — Petit soldat.

Cette risette fut entendue entre 1900 et 1940 ; elle appartient à un type très répandu.

 

I SALUTATIONS

 

Ajouter aux documents de la p. 48 : Bondjoû, vos deûs ; Bondjoû, (Djôsèf) et lu k’pagnèye ; Bone nut’ ; Bone nut’, vos deûs ; etc. Documents reçus de Gaston Gérard pour Vielsalm, Stavelot et Houffalize le 21 juillet 1976.

A leur propos voir la belle étude de Constant Habay : Quelques formules de salutation wallonnes employées à Bihain, dans Glain et Salm, Haute Ardenne, 1984, pp. 34-36.

Formule d’adieu facétieuse : Pwèrtoz-ve bin, Dj’ payeré I’ méde­cin.

Traduction : Portez-vous bien — Je payerai le médecin. Formule très répandue en français et en wallon, obtenue par Gaston Gérard d’Alphonse Urbin (1903-1971) pour Baclain.

 

J CONTES-ENFANTINES

 

On dit pour terminer un conte — une fâve — narré aux enfants : Èt si ç n’ èst nin veûr, lu minteûr n’ èst nin lon !

Traduction : Et si ce n’est pas vrai, le menteur n’est pas loin  ! Formule peu attestée, notée à Mont-le-ban.

 

K FORMULETTES EDUCATIVES

 

Glain et Salm, Haute Ardenne, n° 13, 1980, p. 92, publia une formulette apprise durant les années 1940 à Baclain :

Onk èt deûs, — dj’ a vèyou l’ leûp ;

Treûs èt qwate, — dj’ a vèyou s’ pate ;

Cinq èt sîj, — dj’ a vèyou s’ tchumîje ;

Set’ èt ût’, — dj’ a vèyou s’ flûte ;

Noûf èt dîj, — il aveût l’ bîje ;

Onze èt doze, — il aveût l’ fosse ;

Traze èt quatôrse, — il aveût l’ rôse ;

Qwinze èt saze, — il aveût toûrné o l’ basse ;

(p.39) Dî-sèt’ èt dîh-ût’, — il aveût l’ tièsse cûte ;

Dîc-noûf èt vinte, — il a stou s’ pinde.

 

Traduction : Un et deux, — j’ai vu le loup ; — Trois et quatre, — j’ai vu sa patte ; — Cinq et six, — j’ai vu sa chemise ; — Sept et huit, — j’ai vu sa flûte (= son sexe) ; — Neuf et dix, — il avait la bise (= ?) ; — Onze et douze, — il avait la toux ; — Treize et quatorze, — il avait l’érysipèle ; — Quinze et seize,— il était tombé dans la mare bourbeuse ; — Dix-sept et dix-huit, — il avait la tête cuite ; — Dix-neuf et vingt,— il est allé se pendre.

Sur cette formulette, dont ce texte est une version originale, voir ma Nouvelle Lyre Malmédienne, I, 1949, p. 28 (= Folklore Stavelot-Malmedy, XIII, 1949, p. 62), et Le Pays de Saint-Remacle, 2, 1963, pp. 159-160.

(à complèter/ à compléter)

 

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