Antroponimîye dins l’ comune dè l’ Vî-Sâm / Anthroponymie dans la commune de Vielsalm
1 Duvîses â d’ fêt do timps passé, in : Les Amis de Logbiermé, 22, 1999, p.37-39
Les gens des villages portaient souvent un sobriquet ;
– à Petit-Thier, c’étaient les Bonbons,
– à Neuville, les Pipîres,
– à Ville-du-Bois, les Cawès,
– à Vielsalm, les Man.mans,
– à Rencheux, les Rinchinchins,
– à Grand-Halleux, les Halonîs,
– à Commanster, les Houlètes
– à Logbiermé, les Singlés, les Gris d’ Fagnes,
– à Ennal, les Pètalîs, et dans le temps, les Gades.
Il y avait des paskèyes sur les gens de certains villages. (…) Ci-dessous un petit extrait sur les gens de Ville-du-Bois :
« À l’ Vèye-do-Bwès, ont come lès rats dès pèlèyès-orèyes,
Èt cou qu’ lès fêt (…). »
C’était pour se moquer, mais l’origine de ces noms remonte à la nuit des temps. Déjà tout petites, les vieilles personnes ont entendu dénommer les habitants des villages de cette manière, sans jamais avoir su pourquoi.

Noûvèye (Lu Vî-Sâm) - Neuville (Vielsalm) - sâle "Lès Pîpîres" (salle "Les Pipires")
2 /Sobriquets à Bihain/, in : GSHA, 31, 1989, p.66
A part leur emploi dans les sobriquets, les prénoms wallons existent encore dans certains domaines:
DANS LA TOPONYMIE
lu batch Matî, l’abreuvoir (de) Mathieu.
lu fagne Pîre Pîrote, la fange (de) Pierre Pirotte1.
DANS LES NOMS DE SAINT
lu mâ sint-z-Antône2, le mal saint Antoine
lu fôre du l’ Sint-z-Andrî2, la foire de la Saint-André: foire annuelle de Lierneux
Binamé sint Houbêrt ! littéralement: bien-aimé saint Hubert: exclamation très fréquente à Bihain, traduisant la surprise, l’étonnement.
Lès tchèts d’après l’ Sint-Tchan : les chats d’après la Saint-Jean : pour les villageois, les chats nés après la Saint-Jean (le 24 juin) sont plus chétifs, plus capricieux que les chats nés avant cette date.
A l’ Sint-Mètchî, lès qwètre eûres rumontèt â cî : littéralement : à la Saint-Michel, les quatre heures remontent au ciel. Autrefois, on portait aux fermiers «les quatre heures», c’est-à-dire le goûter (tout comme on leur apportait lès dîh eûres les dix heures au cours de la matinée). Le 29 septembre, les travaux d’été sont terminés. On ne porte donc plus le goûter dans les champs, la journée du cultivateur étant beaucoup plus courte.
Sint Pîre, saint Pierre, etc.
UN PRENOM EST DEVENU UN NOM COMMUN
Marèye-Djène, Marie-Jeanne, survit dans le langage courant sous la forme de Madjène : t’ è-st-one pitite Madjène, tu es une petite mijaurée ; expression qui est moins péjorative qu’affective.
LE SURNOM EST UN NOM DE METIER OU DE FONCTION
Lu gadelî, le chèvrier.
Gadelî est dérivé de gade, chèvre /gat/, qui provient du néerlandais geit, chèvre. (…)
Lu maletî, le conducteur de malle-poste.
Mot qui n’est ni dans le FEW ni dans le DL. Pourtant, tous mes témoins sont formels : maletî désignait bien celui qui conduisait la malle-poste. La commune de Bihain était traversée, en effet, par le service Vielsalm-Lierneux et par le service Vielsalm-Laroche.
1 Remarquer l’absence de préposition dans le groupe « déterminé + déterminant ». Cf. REMACLE, Syntaxe du parler…, t. I, p. 91.
2 Rapprocher les formes wallonnes (sint-z-Andrî et sint-z-Antône) de l’ancien français sainz (= nominatif sanctus). Cf. J. FELLER, Etude sur les noms de personne contenus dans les noms de lieu, dans BCTD, t. Il, 1928, p. 195.
3 A Hèbronvâ (Hébronval), la maison de la famille Geuzaine était appelée “amon l’ Leûp” (chez le loup), parce qu’un aïeul avait tué le dernier loup de la région.