Toponimîye / Toponymie
Comune di Nassogne : lès noms dès viladjes / Commune de Nassogne : les noms des villages


Orijine di “Nassogne” / Origine de Nassogne
in: Willy Lassance, Trois hauts lieux de l’Ardenne dans l’Histoire, Saint-Hubert – Amberloup – Nassogne, éd. Eole, 2006
(p.89) LA TOPONYMIE ET L’ARCHEOLOGIE
Le suffixe -ogne de Nassogne se trouve dans quantité de localités voisines : Bastogne, Bertogne, Chevetogne, Chisogne, Compogne,… Ogne est la transposition romane d’un suffixe latin ou latinisé -ma. Ainsi, Nasania ou Nassonia, en 1139; Bastonia, en 881 et 887.
Le radical Nass pourrait ici être d’origine germanique (Nassau en Rhénanie-Palatinat) ou d’origine gallo-romaine, voire celtique (Nasium, ville antique disparue de la Meuse française.
Le ruisseau qui prend sa source à Nassogne dut s’appeler originairement Nasona ou Nasana, vocable qui, à l’aide du suffixe acus, a pu former Nasonacus. Chez les biographes de saint Monon, cette source est nommée fons Nasania, Nassaniafons, fons Nassonia, indentiquement comme la localité qui, dans les textes du Moyen Age, se nomme Nasania, Nassania, Nassonia. D’autres citations, non moins intéressantes que celles du chanoine roland, ont été relevées par G. KuRTH. Nous en avons établi une liste chronologique. La copie du XIIe siècle de la donation de Pépin et de Plectrude (687) cite les limites de celle-ci : inter Nasaniam et Awanam (Awenne).
1086 : Nasaniae ,
1129 : Naxonia ,
1139 : Nasania ,
1246 : Nassoigne ,
29 août 1253 : réforme du chapitre : Nassoniensis,
11 mars 1254 : Nassoniensem,
29 janvier 1275, affranchissement du bourg par Gérard, sire de Durbuy : Nassoigne,
30 septembre 1330 : Nassonia , 1354 : Nassogne .
(p.90) L’obituaire de la collégiale de Nassogne contient, sur le plan toponymique, des renseignements régionaux précieux. Mis à part les mentions latines de Nassogne, on y trouve, vers le milieu du XIVe siècle, les formes déjà évoluées de Nassongne, Nassoigne et même Nassogne.
En consultant ceux dont c’est le métier de faire de la toponymie, on relève les vocables suivants, également puisés dans les sources que nous venons d’évoquer : 1129 : Naxonia; 1139 : Nasania; suffixe latin onius, onia, aboutit à ogne, oigne et parfois à agne; fons Nasania; Nassonacus en 372, donc peut-être celtique… A titre de curiosité et de comparaison, signalons que d’autres toponymes se rapprochent de Nassogne. Leur parenté est certainement indéniable : Massogne (entre Pessoux et Ciney); Jassogne (arr. de Philippeville); Ossogne (canton de Havelange).
Depuis un siècle environ qu’on cerne l’histoire de plus près, l’opinion s’est généralement répandue que Nassonaci (ou Nassonacum) n’était autre que le lieu de séjour, ou plutôt la résidence de chasse dans laquelle Valentinien Ier promulgua, en 372, des lois qui sont rappelées dans le code Théodosien.
En admettant cependant comme probable l’existence de la villa impériale — attestée par le texte du IVe siècle cité par le législateur — il y apparaît des lacunes non négligeables. Nous y reviendrons dans l’inventaire archéologique.
Lès Pîres do Diâle à Forîre / Les Pierres du Diable à Forrières
in: Willy Lassance, in : A la recherche des temps oubliés, éd. Eole, 2006
(p.81) Les grosses pierres de Wallonie
En Wallonie, les plus connues de ces pierres sont respectivement : la Pierre Brunehaut à Hollain, le Zeupîre de Gozée, le menhir couché à Ville-sur-Haine, la Pierre qui tourne de Velaine-sur-Sambre, la Pierre Martine de Solre-le-Château, les Pierres du Diable à Forrières, à Maillot, à Weillen, la Pierre qui tourne à Gonrieux, Braine-1’Alleud, Beaurieux (Court-Saint-Etienne), Sautin. la Pierre Haina à Morville, la Plate Pierre de Malempré, la Commère Falîche à Matagne-la-Grande, la Pierre qui vire à Mazée, les trois menhirs d’Oppagne, les deux dolmens de Wéris, la Blanche Pierre de Lahérie (actuellement à Neufchâteau), la Pierre qui pousse d’Haulchin, la Pierre de Porcheresse, les Blancs Cailloux de Juseret, ceux de Pièrchamps à Vaux-les-Rosières, la Tâve â Leûp à Dochamps, la Grosse Pierre d’Ellemelle, le Cimetière des Chiens d’Evelette, la Pîre do l’ Vôte à Givroulle, la Pîre Sinte-Agate à Floreffe, la Pierre du Diable à Senenne.