2 Patrimoine / Patrimwane

 

2.1 Les b√Ętiments / L√®s b√Ęt√ģmints

PLAN

2.1.1 Les maisons / L√®s m√Ęjons

2.1.2 Fontaines / Fontin.nes

2.1.3 Ch√Ęteau-ferme / Tch√®st√™-cinse

2.1.4 Eglise et Chapelles / √ągl√ģje √®t Tchap√®les

2.1.5 Presbyt√®re / M√Ęjon d‚Äô cure

2.1.6 Cimeti√®re / li √ß‚Äôm√®t√ģre, l‚Äô √™te

2.1.7 Gare¬†/ G√Ęre

2.1.8 Ecole / Scole

 

2.1.1 Les maisons / L√®s m√Ęjons

 

2.1.1.1 L’habitation (Octave, 1973, 62)

 

Les habitations de nos a√Įeux √©taient des constructions basses, au toit de chaume et au sol de terre battue ou aux larges dalles de schiste. Ces chaumi√®res d’antan furent remplac√©es au fil des ann√©es par des mai¬≠sons un peu plus confortables et couvertes de ¬ę¬†ch√®rbins¬†¬Ľ puis d’ardoises.

Rares font les anciennes maisons qui ont √©chapp√©¬† √† la destruction lors de l’offensive von Rundstedt. A Bourcy sont rest√©es debout: la ferme Duplicy avec son long corps de logis, ses d√©pendances, sa grande cour, la maison Glesner-Octave qui date de 1834 et la maison Octave-Deumer qui datait de 1843, mais fut d√©truite par un incendie en 1956. Les autres anciennes habitations furent d√©truites lors des combats et reconstruites en style plus moderne.

 

La maison avait un caract√®re ancien et v√©n√©rable qui s’accordait bien avec les habitants. Elle √©tait sans doute rest√©e clans le m√™me √©tat depuis de longues ann√©es. Peut-√™tre quelques concessions avaient-elles √©t√© faites √† l’esprit du temps: on avait remplac√© le feu ouvert o√Ļ jadis pendait la cr√©maill√®re, par un po√™le de Louvain, les larges dalles de schiste avaient √©t√© remplac√©es par un carrelage.

 

Ces anciennes demeures aux murs tr√®s √©pais,- environ 1 m√®tre d’√©paisseur-, √©taient, pour la plupart, toute en longueur, les √©tables faisant suite directement au corps de logis, suivies de la grange, parfois d’une remise ou d’une autre √©table et enfin “la bergerie”.

 

La porte toujours ouverte d√®s les premiers beaux jours, l’entr√©e donnait directement acc√®s √† la premi√®re place qui tenait lieu de cuisine avec sa grande chemin√©e, o√Ļ les marmites mitonnaient doucement sous la grande chape. On savait qu’au-dessus de la plaque enfum√©e, des jambons noircis¬≠saient, fr√®res de celui qui pendait au plafond.

 

Un √©vier en pierre bleue du pays (ch√®rbin), une pompe √† eau immense, la grande table de bois, un banc, des chaises et un rie ces vieux buffet” meuble h√©r√©ditaire, qui renfermait la vaisselle, ces assiettes et ces tasses d√©cor√©es simplement avec “amour”,”amiti√©”,”bonheur”, comme une sa¬≠lutation √† l’invit√©. Les “quinquets” en cuivre ou en verre “sulfure” tr√īnaient sur le rebord de la chemin√©e, avec le vieux moulin √† caf√©, dis¬≠pensateur de l’ar√īme annon√ßant la “bonne jatte”.

 

(p.63) A c√īt√© de la cuisine, une place froide o√Ļ se trouvait l’√©cr√©meuse, la baratte, et o√Ļ l’on conservait les provisions pour les besoins journa¬≠liers.

Derri√®re la cuisine, lui faisant suite, “la tchambe” ou “la sto√Ľve”, o√Ļ d√®s les premiers froids, la famille se serrait douillettement. Le curieux po√™le √† colonnes tenait une place importante devant le placard encastr√© dans le manteau de la chemin√©e, placard en ch√™ne sculpt√© qui montait jusqu’au plafond, √† plusieurs portes ou plusieurs compartiments et qui renfermait tant et tant de choses.¬Ľ..

Parfois une plaque de foyer en fonte, appel√©e ¬ę¬†taque¬†¬Ľ ou ¬ę¬†contre¬≠cŇďur¬†¬Ľ, s√©parait la cuisine de ¬ę¬†la sto√Ľve¬†¬Ľ. Son but n’√©tait autre que de communiquer la chaleur de l’√Ętre de la grande cuisine √† la grande chambre commune: dans ce but, elle occupait une ouverture de grandeur convenable pratiqu√©e entre les deux places. Autour de la taque se trouvait une armoire qui finit par faire partie int√©grante de la taque, de fa√ßon √† prendre elle-m√™me le nom de taque et o√Ļ, bien souvent, le bas servait √† remiser le bois de chauffage renouvelle chaque jour en provision des longues soir√©es.

La grande horloge dans sa gaine de bois tenait une place immense dans la place; c’√©tait son balancier de cuivre qui scandait conscien¬≠cieusement les heures de joie et les heures de peine.

Les tr√®s anciennes maisons laissaient encore apercevoir dans un des murs, une alc√īve, enfoncement am√©nag√© pour un lit qu’on pouvait fer¬≠mer dans la journ√©e.

Au mur, des images pieuses, des portraits de famille de plusieurs générations, jaunis, mais vénérés.

 

(1) La taque fondue primitivement dans un but purement utilitaire √©tait sans ornement, mais bient√īt le d√©sir d’√©gayer un peu cette plaque noire y fit appliquer les d√©cors les plus vari√©s. Les princes r√©gnants, les abbayes, les villes, les ch√Ętelains y firent appara√ģtre leurs armes, leur devise; les m√©tiers, les corporations en firent de m√™me; parfois des sc√®nes bibliques, mythologiques et des ornements les plus divers. (J. Fischer-Perron: Les taques.) Il y eut un certain nombre de fonderies dans le Luxembourg vers le XVe et XVIe si√®cle.

 

(p.64) Un escalier en bois conduisait √† l’unique √©tage et au grenier. Ce vieux grenier de campagne plein de vieilles choses, de vieux meubles, de chaises d√©pareill√©es, du berceau o√Ļ tous les enfants, de g√©n√©ration en g√©n√©ration, s’√©taient endormis sous le balancement attentif de l’a√Įeule, d’un vieux coffre contenant peut-√™tre les d√©froques d’une grand-m√®re coquette ou son vieux paroissien, des caisses de vieux livres, de revues; des bottes d’oignons ou d’√©chalottes qui s√©chaient sur un journal ou des touffes de menthe et de camomille suspendues √† une poutre; au total, un tas de choses sous une ombre myst√©rieuse et sous les toiles d’araign√©es…

 

Pour √©clairage, d’abord une sorte d’√©clisses de ch√™ne refen¬≠dues, bien s√®ches, que l’on allumait et pla√ßait dans une encoche am√©nag√©e √† cet effet √† m√™me la table; il fallait la surveiller et remplacer souvent. L’huile pour 1’√©clairage √©tait alors un luxe. Plus tard, les bougies, le p√©trole avec les “quinquets” de diff√©rents mod√®les, √† m√®ches plates et r√©servoirs transparents, les suspensions √† la grosse poutre du plafond et enfin, vers 1928, l’√©lectricit√©.

Sur le c√īt√© du seuil des portes de certaines habitations, se trouvait un long bac fait en larges dalles bleues qui servait d’abreuvoir pour les animaux. Les habitants √©taient des privil√©gi√©s, car le b√©tail √† abreuver √† l’√©curie exigeait de faire un certain nombre de fois le chemin de la fontaine √† l’√©table. On se rend mieux compte de ce qu’√©tait alors le probl√®me de l’approvisionnement en eau. Comme il suffit √† pr√©sent d’ouvrir le robi¬≠net pour voir couler l’eau, les jeunes comprendront difficilement qu’il y a 50 ans seulement, l’approvisionnement en eau √©tait encore une corv√©e.

Ce n’est qu’√† partir de 1898 que furent install√©es en diff√©rents endroits, dans la commune, des bornes d’eau potable (avant la guerre 1914/18, une borne se trouvait encore au coin de la rue de l’√©glise et de la rue de Noville – pr√®s de la maison Haan).

Le ch√Ęteau d’eau qui alimente la commune fonctionne seulement depuis mai 1967. Il est situ√© au lieu-dit “Cha√ģnont” entre Bourcy et Michamps. Les eaux proviennent de la tranch√©e de drainage situ√©e dans le bas du village de Michamps.

 

 

2.1.1.2 Annexe 1  L’habitat (Octave, 1988, 19-21)

 

La pr√©dilection des Francs pour le bois, se traduira au Moyen-Age par la construction de maisons en bois, au toit de chaume. Plus tard, les mesures de protection contre le feu, prises par diverses ordonnances de police, amen√®rent l’usage exclusif de la pierre en construction.¬† On retrouvera cet habitat en pierres, rev√™tu de cr√©pi et blanchi √† la chaux.

 

Le toit, reposant sur des charpentes solides, √©tait recouvert de “ch√®rbins” : ardoises √©paisses en schiste, l√©g√®rement arron¬≠dies .

En g√©n√©ral, ces ardoises naturelles ont une taille allant en croissant du fa√ģte √† la corniche du toit, pour opposer une r√©sistance plus forte au vent, l√† o√Ļ il y a le plus d’emprise. Les toits de “ch√®rbins” anciens exer√ßaient ainsi une pression √©norme, d’o√Ļ le besoin de charpentes solides.

Ces ardoises naturelles ont c√©d√© le pas √† l’√©ternit, √† l’ardoise rectangulaire d’importation.

 

Dans cette Ardenne au climat rude, nos a√Įeux construi¬≠saient d’apr√®s le climat, d’apr√®s leurs besoins, en utilisant les mat√©riaux trouv√©s sur place : le bois, mat√©riau de premi√®re importance (le ch√™ne pour les charpentes √©quarries √† la hache), les pierres schisteuses, les ardoises du pays.

Le schiste √©tait fort employ√©. Il servait √† encadrer des baies, √† paver les cuisines et les seuils.¬† Les blocs les plus √©pais √©taient √©vid√©s pour en faire des √©viers, des bacs servant d’abreuvoirs, des auges.

Ces constructions √©taient tr√®s simples, aux ouvertures assez petites.¬† Ici, plus qu’ailleurs, l’emportait le souci d’opposer des murs pleins √† la rigueur des intemp√©ries.

 

Ci-contre, copie d’un acte pass√© devant le notaire Wicourt de Bastogne en 1735, pour la construction d’une maison (A.E.A – Minutes des actes notari√©s).¬† En ce temps-l√†, pas d’architecte, tout au plus un ma√ßon d√©brouillard .

 

Sont personnellement comparu X d’une part et Nicolas L√©onardy de Toine, d’autre part, lesquels ont dit et d√©clar√© ce qui suit :

‘Savoir, que ‘Nicolas Lionardy de Troine promet et s’oblige de faire une maison au. dit X… et une escurie de rouges bettes.

Une maison que Ces volets seront de √áa m√™me hauteur que Ces cr√™tes de ta grange qui joint. Les dits volets de ta dite maison, auront 50 pieds de long et 15 pieds entre les volets, tant dans la cuisine que dans les chambres’, de paver la dite maison, lall√©e et l’estamine de l’escurie, et faire monter le contre-coeur jusqu’au deuxi√®me plancher, et faire toute la charpente n√©cessaire au dit b√Ętiment et escuries.

Le tout √©tant achev√©, le dit X… sera tenu et oblig√© de donner a Nicolas L√©onardy, une somme de 21 escus dargent courant dans cette province.

Le dit L√©onardy sera tenu de commencer a travailler a la dite maison le 15 avril, si le temps le permet, et finir avant de la quitter, le tout sous obligation ordinaire….”

Notre village, plus que mill√©naire (1√®re trace en 890} s’est dessin√© au cours des si√®cles et resta inchang√© pendant bien longtemps.

Autour de l’√©glise, noyau de toute communaut√©, se regroupent des maisons non jointives, qui s’individualisent au milieu de leur parcelle, avec un usoir plus ou moins important, mais tout en restant tr√®s proches de leurs voisines.

L’espace devant les fermes forme un usoir, une aire de manoeuvre o√Ļ se parque une partie du mat√©riel agricole, peut-√™tre quelques st√®res de bois. Jadis la fumi√®re en occupait une partie dans une l√©g√®re excavation. Selon les vieux, la richesse du paysan se mesurait √† l’importance de son fumier ! Tout √† c√īt√©, le potager, dont le travail et l’entretien consti¬≠tuent une partie essentielle et primordiale de la vie quoti¬≠dienne de la m√©nag√®re.

Ce type de maison, tout en longueur est celui que l’on -retrouve dans les fermes anciennes. Elle comporte un toit unique, sous lequel sont r√©unis c√īte √† c√īte, le logis,” l’√©table, la grange. Toutes les entr√©es se trouvent dans la fa√ßade.

Ces b√Ętiments offrent de nombreux avantages : on peut circuler sans devoir sortir, pour soigner le b√©tail et assurer leur surveillance, car il existe des portes de communication int√©rieure. D’autre part, on limite ainsi les pertes de chaleur et le fenil constitue une couche isolante.

Au 19e si√®cle, sont apparues les “batti√®res” au mur de la fa√ßade avant ou arri√®re du corps de la ferme.

Il s’agit d’une grange situ√©e √† l’√©tage, √† laquelle on acc√®de par une rampe (le pont) tr√®s r√©sistante, construite de fa√ßon √† y acc√©der avec les chariots de fourrage. On y bat les grains.

Ces batti√®res sont encore visibles dans l’une ou l’autre ferme.

bat√ģres ("batti√®res")

ho√Ľv√™ (ou: croup√®te)

anci√®n√®s m√Ęjons (anciennes maisons)

Borci cente (Bourcy centre)

Borci cente (Bourcy centre)

Borci centre (Bourcy centre) (1958)

Place apr√®s l’incendie de la maison blanche, incendi√©e

Borci centre (Bourcy centre)

√† l’ crw√®jelante : Emile Georis dj√Ęse avou Edith Lambin (au carrefour: E.G. parle √† R.L.)

Borci (Bourcy) : m√Ęjon Schaak (maison schaak)

Borci (Bourcy): m√Ęjon Collin (maison Collin)

Borci (Bourcy) - route do l' g√Ęre (route de la gare) (ancyin pus' / ancien puits)

Borci (Bourcy) - route do Grand-Duché (route du Grand-Duché)

M√ģtchamps (Michamps)

2.1.1.3 Annexe  2 (Octave, 1988, 23-24)

 

Comme anciennes fermes, citons les maisons GLESNER (1834), ZABUS, OCTAVE, KRACK, LIFRANGE, OCTAVE-DEUMER (détruite par un incendie en 1958).

Le linteau de la porte d’entr√©e de cette derni√®re portait, grav√©, le mill√©sime de 1843, avec monogramme du Christ (I.H.S.) tradition de l’√©poque.

On construisait souvent des extensions aux maisons du type “Marie-Th√©r√®se”, comme la ferme DUPLICY-HARTMAN et le ch√Ęteau-ferme, en y ajoutant des b√Ętiments en √©querre.

 

Les maisons implant√©es dans la rue qui contourne l’√©glise forment un ensemble d’une structure particuli√®re, tout comme avant la guerre, la rue “du minist√®re”.

C’est une remarquable image des maisons d’autrefois, maisons d’ouvriers ou de petits agriculteurs. On voit les maisons appuy√©es les unes contre les autres, comme pour s’√©pauler l’une l’autre.

Les limites individuelles étaient précédemment fixées par le mode de vie ou par la relative pauvreté de chacun.

 

La station de chemin de fer est devenue rapidement un p√īle attractif; les maisons se sont construites aux alentours de la gare pour s’√©tendre de plus en plus.

 

Les b√Ętisses sont plus r√©centes au-dessus du village. Avec l’√©volution de la construction, tout pousse √† b√Ętir en moellons et en briques. Ce n’est plus la paysannerie. Ce sont d’abord les commer√ßants, les artisans qui gagnent leur vie dans la proportion o√Ļ les autres chefs de famille gagnent la leur. Tout d√©faut de rentabilit√© de l’agriculture a sa r√©percussion sur l’artisanat, √† tel point que des m√©tiers artisanaux disparaissent, l√† o√Ļ les exploitations agricoles diminuent ou ne sont plus prosp√®res.

 

La physionomie g√©n√©rale se maintint jusqu’√† la derni√®re guerre. Mais √† l’offensive Von Rundstedt, les bombardements de l’artillerie et de l’aviation am√©ricaine n’√©pargn√®rent pas le village, qui fut d√©truit en grande partie.

 

Quelques rares t√©moins subsistent, mais les b√Ętiments recons¬≠truits ne se r√©f√®rent plus tellement aux mod√®les traditionnels. La reconstruction a modifi√© √† la fois la structure du b√Ętiment et son am√©nagement int√©rieur.

 

On assiste √† une amorce de renversement des tendances de l’habitat. Le ralentissement de l’exode rural, li√© au d√©velop¬≠pement de l’automobile et des facilit√©s de d√©placement vers les centres d’emploi, conduit √† la construction dans le voisinage direct du village.

L’espace b√Ęti¬† s’√©tend rapidement, selon les prescriptions urbanistiques des plans de secteur. La maison est l’expression fonctionnelle de la vie, donc le r√©sultat d’une architecture nouvelle.

A longue √©ch√©ance, s’effectue ainsi le lent remplacement de la population rurale par une autre soci√©t√© semi-urbaine, proche de Bastogne en plein d√©veloppement, et √† proximit√© du Grand-Duch√© qui offre des emplois √† une nouvelle g√©n√©ration anim√©e de besoins et de d√©sirs¬† nouveaux, g√©n√©ration que nous pourrions appeler les nouveaux r√©sidents.

 

 

2.1.2 Fontaines / Fontin.nes (Octave, 1988, 14-17)

 

(p.14) L’homme s’est toujours trouv√© sous la d√©pendance de l’eau.¬† Les occupations de nos anc√™tres ont √©t√© centr√©es autour des points d’eau, pour le ravitaillement en eau potable, l’abreuvage des bestiaux et le lessivage du linge.

Les fontaines et les sources constituent les premiers captages d’eau que les hommes aient am√©nag√©s.¬† Nombreuses sont les sources √† Bourcy. Notre ancien m√©decin ne disait-il pas : “Le fond du village est malsain parce qu’il a les pieds dans l’eau”.

 

Diverses sources √©taient am√©nag√©es en fontaines publiques Certaines maisons priv√©es combinaient les pr√©l√®vements aux sources avec l’utilisation de pompes aliment√©es par un puits.

Une borne-fontaine se trouvait install√©e jusqu’√† la guerre de 1914-1918 au coin de la maison Haan.

Une fontaine avec¬†¬† abreuvoirs, d√©nomm√©e “La Jaquette”, toujours entour√©e d’une¬†¬† surface boueuse, √©tait situ√©e dans le fond du ravin, entre la¬†¬† maison Schaak et Reimester.¬† Elle est

maintenant complètement comblée.

Une autre fontaine situ√©e √† proximit√© des soubassements de l’entr√©e de l’√©glise, alimentait les voisins en eau potable et servait r√©guli√®rement d’abreuvoir aux bestiaux.

Une autre encore, au carrefour des rues, au voisinage de la maison Krack : fontaine, double abreuvoirs et bac pour le rinçage du linge.

Le lavoir public est un √©l√©ment caract√©ristique du paysage campagnard d’autrefois.

Celui situ√© sur la route de Noville, petit b√Ętiment en contre¬≠bas de la route datant de la fin du 19e si√®cle, fut vraiment le lavoir public de l’agglom√©ration, fruit d’une n√©cessit√© de 1’√©poque.

(p.15) Ce lavoir public contenait deux grands bacs en pierre calcaire, que l’eau traversait successivement, un orifice permettant l’√©coulement des eaux us√©es.

Le battage du linge s’effectuait sur de belles dalles en pierre, √©paisses, lisses et inclin√©es. Sur toute la longueur des bacs se trouvait une grosse planche en bois permettant aux m√©nag√®res de s’agenouiller et diminuant ainsi leurs courbatures (au lavoir pr√®s de chez Krack, on travaillait debout).

Les m√©nag√®res venaient terminer la lessive au lavoir, o√Ļ r√©gnait une animation bruyante au rythme des battoirs et … des 1angues.

Ce lavoir √©tait d√©j√† d√©saffect√© depuis plusieurs ann√©es avant la guerre, sans doute par un abaissement des eaux des nappes aquif√®res, par abandon de l’int√©r√™t des pouvoirs publics et par l’arriv√©e des machines √† laver sur le march√© II fut compl√®tement an√©anti √† la contre-offensive des Ardennes .

Comme suite 1988, une station sur l’emplacement √† l’installation des √©gouts en cette ann√©e d’√©puration des eaux us√©es sera construite de l’ancien lavoir.

(p.16) Ci-dessous, un ancien petit b√Ętiment disparu qui se trouvait sur l’actuel emplacement du parking de l’√©glise. Cette b√Ętisse originale cachait √† l’int√©rieur une grande pompe. Le puits se trouvait √† droite sous une large pierre de schiste; sur la gauche, il y avait un grand bac fait, lui aussi, de quatre pierres schisteuses. La m√™me construction se trouvait dans la cour Octave-Z√©venne-Glesner.

(p.17) Le puits Maquet se trouvait sous un gros noyer, au bout de la rue derri√®re l’√©glise et donnait une eau potable tr√®s froide.¬† Il est probable qu’elle provenait de couches assez profondes, car m√™me dans les ann√©es de grande s√©cheresse, l’eau √©tait toujours constante.

Au coin de l’ancienne “rue du minist√®re”, un autre puits approvisionnait la rang√©e de ces anciennes petites maisons occup√©es longtemps par les familles Jengout, Ehlen, le facteur Denis, la laiterie Excelsior de Noville, l’ancienne √©cole des filles et le logement de l’institutrice.

Presque toutes les maisons du haut du village poss√©daient qui un puits, qui une pompe, pour ses besoins. Les margelles de ces puits √©taient surmont√©es d’un encadrement en bois muni (d’une petite porte. Il suffisait de faire descendre un seau attach√© √† une cha√ģne et, √† l’aide d’une manivelle, de le faire remonter √† la surface.

L’av√®nement de la distribution d’eau √† domicile en 1966, a rapidement effac√© tous ces vestiges.

Les puits et les fontaines ont √©t√© combl√©s et d√©molis sans piti√©.¬† Il faut reconna√ģtre qu’on ne peut toujours maintenir en place des √©quipements qui ont perdu leur raison d’√™tre.

S’approvisionner en eau, porter le lait √† la laiterie, n√©cessitait l’utilisation d’un mat√©riel appropri√©.¬† Nous rappelons que l’on se servait d’un porte-seaux, appel√© aussi “palanche” (h√Ęrk√Ę) qui r√©partissait la charge en m√™me temps sur les deux √©paules.¬† Cet outil simplement taill√© dans un bloc de bois, portait une √©chancrure destin√©e √† recevoir la nuque, tandis que la partie creus√©e s’adaptait aux √©paules; les cha√ģnes riv√©es aux deux bouts supportaient les seaux qui se trouvaient ainsi plac√©s des deux c√īt√©s du porteur.

2.1.3 Ch√Ęteau-ferme / Tch√®st√™-cinse (Octave, 1988, 28)

 

A l’√©cart du monde paysan, le “ch√Ęteau”, centre du village avec l’√©glise, conf√®re √† celui-ci un certain pass√© historique.

Ce ch√Ęteau au volume simple, sans rien de seigneurial, au badigeon de couleur claire, a certainement chang√© plusieurs fois d’aspect au cours des si√®cles.¬† Il devait r√©pondre aux besoins de chaque nouveau propri√©taire.

On doit cependant se contenter d’hypoth√®ses fond√©es sur de maigres indices.¬† Certains sp√©cialistes croient pouvoir affirmer que la famille “de Bourcy” occupait d√©j√† le ch√Ęteau au Xle si√®cle. Elle √©tait alli√©e avec les familles nobles de la r√©gion : DE BONDORF, DE GRUMELSCHEID, etc.

Martin de STEINBACH, seigneur foncier de Rouvroy, Limerl√© et Steinbach, se rendit acqu√©reur de la seigneurerie de Bourcy au 17e si√®cle.¬† Par h√©ritage, elle passa au seigneur J.F. de BEURTHE, √©poux de Claude-Anne de STEINBACH. Ceux-ci d√©c√©d√©s sans enfant, les biens revinrent √† la famille de STEINBACH jusqu’√† la R√©volution fran√ßaise.

Ce fut alors la grande crise √©conomique, comme il en accompagne toute r√©volution. Les familles nobles devinrent vite d√©sargent√©es . Le ch√Ęteau fut vendu √† un ancien Dragon fran√ßais rest√© au pays. Il √©pousa en 1√®res noces une petite-fille de STEINBACH et, en 2√®me noces M. TH. d’Arlon, famille bourgeoise de Bastogne.¬† S’il n’apporta pas la noblesse, il apporta l’argent et, c’est ce qui manquait √† la noblesse en d√©clin.

Apr√®s le d√©c√®s de sa veuve en 1864, les h√©ritiers MAQUART vendirent le ch√Ęteau au docteur en m√©decine Jules DELHEID de Li√®ge, qui garda le domaine de 1883 √† 1891.

La propri√©t√© fut vendue √† Honor√© LAMBIN de S√Ľre, qui y √©tablit son fils Alfred LAMBIN √©poux de Anna HERMAN de Winville Au d√©c√®s de la veuve LAMBIN en 1948, ce fut le morcellement du domaine entre les 9 enfants.

Monsieur LAMBIN √©tait grand amateur de chevaux et en faisait l’√©levage.¬† Les d√©pendances de droite du b√Ętiment quadrilat√®re servaient d’√©curies pour les chevaux. Elles furent d√©truites √† l’offensive von Runstedt.

Divers fermiers se sont succédés dans les dépendances : les familles PEETERS, HENROTTE, GOBERT, GUILLAUME, MATHIEU, avant de devenir propriété de la famille VOLVERT-ROSIERE et GLESNER-VOLVERT.

Tout derni√®rement, le ch√Ęteau fut vendu par son propri√©taire Guy SCHAAK, fils de Edith LAMBIN.

Borci (Bourcy) - tch√®st√™-cinse (ch√Ęteau-ferme)

(Patrimoine monumental de la Belgique wallonne, Luxembourg, p. 32-33)

2.1.4 Eglise et Chapelles / √ągl√ģje √®t Tchap√®les

 

2.1.4.1 Etude de Robert Mo√ęrynck

(A l’ombre de Saint-Pierre, Les édifices religieux de la commune de Bastogne, MDLP 1998)

 

(p.137-159) 1) Les édifices publics

 

  • ) Bourcy, l‚Äô√©glise Saint-Jean l‚ÄôEvang√©liste

(ancien chŇďur class√© par A.R. du 20/11/1972) (‚Ķ)

 

(p.140) De la chapelle originelle √† l’√©glise actuelle2

 

Plans A :¬†¬†¬† ¬Ī¬†¬†¬† 1530

L’ancien choeur de l’√©glise d’aujourd’hui constitue les seuls vestiges de la chapelle originelle. En 1860, Jean Louis VANDEWYNGAERT, architecte provincial charg√© du projet de restauration de l’√©glise (Voir plans B), note au sujet du choeur : […] “le choeur dans son ensemble,’par sa vo√Ľte de pier¬≠re, √† nervures en saillie en forme de tors, lesquelles √† leurs points d’intersection sont enrichies de clefs pendantes, orn√©es, √©clair√© par deux fen√™tres √† meneaux en pierre se rapprochant du style terciaire (sic) ou flamboyant, peut √™tre consid√©r√© comme ayant √©t√© √©rig√© √† la fin du XV√®me ou tout au commencement du XVI√®me si√®cle. Les huit caissons que d√©crivent entre elles les nervures, sont peints √† la d√©trempe, cette peinture retrace dans son ensemble, une partie des myst√®res des chapitres V et VI de l’apocalypse (de) St Jean est en partie tr√®s bien conserv√©e. La hauteur de la vo√Ľte au niveau du sol est de 4,65”. […]

Plus loin dans sa description des lieux, VANDEWYNGAERT conclut “que le choeur formait, √† son origine, la chapelle √† l’usage du ch√Ętelain de Bourcy”.

 

  1. La restauration du vieux chŇďur 3

“Le 11 juin 1973, le conseil communal de Longvilly d√©cida la restauration du vieux choeur class√© en 1972. L’auteur de projet √©tait M. Andr√© DOMBAR, un architecte de la r√©gion li√©geoise. Le projet dut subir plusieurs modifications impos√©es par la Commission royale des Monuments et des Sites avant d’√™tre approuv√© par le conseil communal de Bastogne, le 6 juillet 1984.

L’ouverture des soumissions s’est d√©roul√©e le 1er octobre 1984 et la S.A. BAJART, de Floreffe, a √©t√© d√©sign√©e adjudicataire au montant de 2.924.936 francs. Les subsides sont de l’ordre de 60 % du minist√®re de la Communaut√© fran√ßaise et de 20 % de la province de Luxembourg.

Les travaux ont d√©but√© le 1er septembre 1986 et ont √©t√© s√©rieusement retard√©s par des difficult√©s impr√©visibles et concernaient la stabilisation de la vo√Ľte. Quand ces travaux de restauration seront termi¬≠n√©s, on pourra proc√©der √† la r√©fection des peintures de la vo√Ľte. Ce travail a √©t√© confi√© √† un sp√©cialiste li√©¬≠geois, M. Jacques FOL VILLE.

 

  1. Les peintures du chŇďur

2.1. Un trésor rendu à nos yeux

“Les travaux de restauration de l’ancien choeur de l’√©glise sont termin√©s. Apr√®s la consolidation des murs et de la vo√Ľte, les artistes peintres sont entr√©s en action.

Le projet de la Commission des Monuments et des sites consistait √† sauvegarder ce qui restait des peintures du XVIe si√®cle. Il n’a jamais √©t√© question de les remettre √† neuf par de nouvelles couleurs,

 

—-

2   Archives paroissiales de Bourcy.

3¬†¬† Extrait de “Ecole Libre. Bourcy. La joie de vivre”. Revue des Anciens et Amis de l’enseignement primaire et maternel de Bourcy, 1988.

4¬† Extrait de “Ecole Libre. Bourcy. La joie de vivre”, d√©j√† cit√©, 1990.

 

(p.141) mais de les nettoyer et de les fixer dans leur √©tat actuel. On a donc “simplement” rempli les petites crevas¬≠ses et ajout√© du liant √† la poussi√®re de peinture.

Le r√©sultat pourra d√©cevoir par rapport √† une v√©ritable restauration : les couleurs ont perdu d√©fi¬≠nitivement leur √©clat et certaines parties de la vo√Ľte sont fort ab√ģm√©es. Mais l’ensemble garde toute sa valeur de t√©moin et reste impressionnant.

L’artiste responsable du travail me disait qu’il n’y a plus, √† sa connaissance, que deux √©glises en Belgique qui ont conserv√© des peintures du XVIe si√®cle dans leur √©tat originel.

√Ä Bourcy, les peintures de la vo√Ľte du choeur illustrent les premiers chapitres de l’apocalypse de saint Jean. Le sujet a de quoi surprendre les sp√©cialistes. Pourquoi avoir choisi un th√®me si difficile pour d√©corer une chapelle de village? Nous poss√©dons dans notre √©glise un v√©ritable monument arch√©olo¬≠gique et artistique. Nous pouvons esp√©rer qu’un jour on pensera √† faire une √©tude approfondie de ce tr√©sor rendu √† nos yeux”.

 

2.2.¬† Quelques pages de l’Apocalypse

“L’Apocalypse de saint Jean, √©crite sans doute vers 95 sous l’empereur romain Domitien au moment de la premi√®re grande pers√©cution contre les Chr√©tiens, appartient √† un genre d’√©crits fr√©quent au premier si√®cle. Ces “r√©v√©lations” -c’est le sens du mot apocalypse- cherchaient avant tout √† expliquer les malheurs d’une √©poque troubl√©e et √† y rep√©rer des desseins de Dieu.

On y parle en langage imag√© des grands √©v√©nements qui frappent les hommes (guerres, famines, calamit√©s) et surtout du grand combat que m√®nent contre l’Eglise ceux qui veulent la d√©truire. On y parle aussi du ciel, mais c’est avant tout pour donner le sens religieux de ce qui se passe sur la terre, et pour annoncer le monde de paix que Dieu pr√©pare au-del√† des √©preuves. L’Apocalypse veut soutenir le courage et la patience des fid√®les dans les pers√©cutions.

Les extraits illustr√©s sur la vo√Ľte de Bourcy sont tir√©s de la premi√®re partie du livre (la fin du monde) et reprennent les deux th√®mes essentiels : vision des calamit√©s terrestres et vision du ciel”. […]

 

2.3.  Une bande dessinée du XVIe

“Le Christ (le Fils de l’Homme) transmet un message de consolation (la main sur l’√©paule) √† l’ap√ī¬≠tre Jean. Venant de Dieu (le tr√īne), la R√©v√©lation (le livre scell√©) a √©t√© remise au Christ (l’Agneau). La voici : les calamit√©s (les cavaliers) subies par les hommes annoncent la fin des temps et des pers√©cutions ; les √©lus (les martyrs) sont d√©sormais prot√©g√©s (l’autel) par Dieu et doivent attendre l’arriv√©e des autres √©lus pour participer √† la victoire d√©finitive au paradis”.

Plans B:    1860

Au fil des siècles, réparations, aménagements, reconstructions et agrandissements successifs métamorphosèrent la modeste chapelle en petite église.

 

(p.142)¬† VANDEWYNGAERT d√©crit l’√©difice en ces termes: “L’an mil huit cent soixante, le quatorze du mois de juin, […] j’ai visit√© l’√©glise dont (sic) s’agit et j’ai reconnu que son ensemble se compose d’une nef de 7,50 de largeur sur 10,20 de longueur ; d’un choeur de 5,20 de longueur sur 4,90 de largeur et d’une sacristie de 2,90 de longueur sur 2,60 de largeur ; le tout tel qu’il est indiqu√© sur le plan joint au pr√©sent devis, repr√©sentant l’√©glise actuelle. […]

Les autres parties de cette √©glise doivent √™tre consid√©r√©es comme des constructions modernes, la nef √† plafond plat de 4,25 au-dessus du sol, est √©clair√©e par quatre fen√™tres de 1,60 de hauteur sur 0,76 de largeur. Ces fen√™tres sont √† arc surbaiss√©. Au-dessus de la porte d’entr√©e se terminant rectangulairement, est ench√Ęss√© l’√©cusson aux armes de la maison de Bourcy, √† trois coquilles d’or couronn√©es sur champ d’ar¬≠gent5 . Aux deux c√īt√©s de l’√©cusson se trouve le mill√©sime 17 . 70. Cette porte appartenait au ch√Ęteau de Bourcy, √† proximit√© de l’√©glise.

La sacristie accol√©e au choeur est de construction encore plus r√©cente que celle de la nef, de sorte qu’en examinant l’ensemble global de tout l’√©difice, on conclut que le choeur formait, √† son origine, la chapelle √† l’usage du ch√Ętelain de Bourcy.¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†

 

Le plafond de la nef, la charpente et la toiture de toute l’√©glise doivent √™tre renouvel√©s, le dallage et les bancs sont √©galement dans un √©tat de d√©labrement tel que leur conservation n’est plus possible. Consid√©rant en outre que l’humidit√© constante √† l’int√©rieur de l’√©glise, et notamment vers le choeur, pro¬≠vient de son encaissement ; consid√©rant que dans la restauration il y a lieu de pr√©voir l’augmentation pos¬≠sible de la population ; que d√®s lors il y a lieu √† agrandissement ; le mur de face et la tour ne pouvant plus subsister, j’ai dress√© le projet de restauration joint au pr√©sent devis”. [..,]

 

Plans C:    de 1863 à 1865

 

  1. Le projet de VANDEWYNGAERT

Le 14 juin 1860, nous le savons, VANDEWYNGAERT se rendit √† Bourcy pour examiner l’√©glise et le presbyt√®re avant de dresser un projet de restauration. Plusieurs autres d√©placements sur le ter¬≠rain -notamment pour mesurer le terrain √† acqu√©rir pour l’agrandissement de l’√©glise- furent n√©cessaires avant d’√©tablir le “devis estimatif et le cahier des charges des travaux √† ex√©cuter pour la restauration de l’√©glise”. La constitution du dossier dura jusqu’au 1er juillet 1862.[…]. L’importante restauration propo¬≠s√©e exigeait:

–¬†¬† […] “Le d√©blaiement du sol √† l’int√©rieur de l’√©glise √† 0,50 de profondeur afin de donner un peu plus de hauteur au choeur lequel sera conserv√© dans son ensemble.

–¬† Le d√©blaiement des terres √† l‚Äô ext√©rieur de l’√©glise sur tout le pourtour de l’√©glise au niveau du sol projet√©.¬†¬† ./. Ce d√©blaiement ext√©rieur exige la d√©molition de la sacristie. ./. La reconstruction de la sacristie.

 

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5 La pr√©sente note fut r√©dig√©e par VANDEWYNGAERT. ” Ces armoiries ne sont pas en rapport avec celles qui sont attribu√©es √† la maison de Bourcy par le R.P. Jean BERTHOLET dans son histoire eccl√©siastique et civile du duch√© de Luxembourg. On lit, tome VI page 216 : La maison de Bourcy ou Bourcy, originaire de la pr√©v√īt√© de Bastogne, portait d’argent √† la base de sable charg√©e de trois coquilles d’or accompagn√©es de trois perdrix volant, de sable, deux en chef, et une en pointe”.

 

(p.143) Le renouvellement des meneaux des fen√™tres du choeur, tels qu’ils existent actuellement, pro¬≠longer le banc de communion √† un m√®tre dans la nef afin de donner plus d’aisance au choeur.

Agrandir la nef de 2,50m qui serait √©clair√©e par six fen√™tres √† meneaux de pierre, dans le style de celles du choeur, exhausser les murs lat√©raux d’environ un m√®tre afin de donner √† la nef un plafond √† trois trav√©es et 7,50 de hauteur.

Construire une nouvelle tour6 en rapport avec le style du choeur et telle que l’indique le plan joint au pr√©sent devis pour aider √† l’intelligence de l’ensemble du projet de restauration”.

 

  1. Le cheminement du dossier

Plus d’une ann√©e fut encore n√©cessaire avant l’obtention d’avis officiels tels que l’approbation par la Commission royale des Monuments et des Sites, le 11 juillet 1862, et l’arr√™t√© royal du 19 novembre 1863 autorisant la construction. Toutefois, sous r√©serve d’approbation par l’autorit√© sup√©rieure, l’adjudica¬≠tion publique avait eu lieu d√®s le 15 septembre 1863.

 

  1. La concrétisation du projet

L’adjudication publique du 15 septembre -au rabais et √† l’extinction des feux- concernait, en bloc, l’appropriation du presbyt√®re et la restauration de l’√©glise. Les travaux devaient respectivement √™tre termi¬≠n√©s pour juin 1864 et le 1er juin 1865. Quatre entrepreneurs soumissionn√®rent : GRAVET-LASSINE, de Bastogne ; VOLTER, de Wiltz ; ROBERT, de Wiltz et DEVAUX, de Neufch√Ęteau. Chaque entrepreneur consentit plusieurs rabais et “trois feux successifs s’√©tant √©teints sans aucun autre rabais”, GRAVET-LASSINE fut d√©clar√© adjudicataire pour la somme d√© 20.390,67 francs. Joseph GUILLAUME, propri√©¬≠taire √† Bastogne, fut pr√©sent√© comme caution et s’engagea solidairement avec GRAVET-LASSINE √† l’en¬≠ti√®re ex√©cution des travaux.

Le 2 d√©cembre 1863, la d√©putation permanente approuva l’adjudication. Les travaux pouvaient d√©buter.

La d√©molition de l’√©glise fut confi√©e √† Jean Antoine BOURGUIGNON, charpentier √† Bourcy, qui se mit √† l’ouvrage en mars-avril 1864 et qui consacra 24 journ√©es -√† 3,5F- au d√©montage de la toiture et de la tour et 21 -√† 2F- √† celle des murs. C’est alors que se posa un probl√®me de solidit√© des murs qui ne devaient √™tre abattus que partiellement. L’architecte reconnut que ceux-ci √©taient construits √† l’aide de mor¬≠tier de terre. .

En sa s√©ance du 26 mai 1864, le conseil communal consid√©ra “qu’il serait contraire aux r√®gles de la stabilit√© d’en laisser subsister une partie pour √©tablir de nouvelles ma√ßonneries sur une base qui n’offre aucune stabilit√©” et arr√™ta que “l’entrepreneur d√©molira les murs de la nef jusqu’au sol et les √©l√®vera de nou¬≠veau en bon mortier de chaux”. […]

Forc√©ment, cette d√©cision approuv√©e par la d√©putation permanente le 4 juillet 1864 entra√ģna des frais suppl√©mentaires -935,50 F qui s’ajout√®rent au montant de la soumission- et un allongement des d√©lais

 

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6 Comme l’on peut s’en rendre compte en observant les plans B, la tour existant en 1860 √©tait en bois et repo¬≠sait partie sur la fa√ßade ouest et partie au sol. Les plans C r√©v√®lent que la nouvelle tour permettait la construction d’un jub√© et l’am√©nagement de fonts baptismaux √† droite de la porte d’entr√©e.

 

(p.143) impartis √† la construction de l’√©glise.

 

Le 16 novembre 1865, “en pr√©sence de l’autorit√© communale et des Sieurs ROBERT et VOLTER, d√©l√©gu√©s de l’entrepreneur”, VANDEWYNGAERT proc√©da au contr√īle des travaux. Une semaine plus tard, il conclut la r√©daction du proc√®s-verbal de r√©ception par ces quelques lignes : […] “pendant la visite des travaux, j’ai appel√© l’attention de l’entrepreneur sur une partie des ouvrages non enti√®rement bien ex√©cut√©s et stipul√©s ci-dessus. L’ensemble des travaux, en dehors de ce qui pr√©c√®de, √©tant tr√®s satisfaisant et les mat√©riaux employ√©s √©tant de tr√®s bonne qualit√© et mis en oeuvre suivant les r√®gles de l’Art, chacun suivant sa nature, il y a lieu de recevoir les ouvrages.[…] Il y a lieu de retenir √† l’entrepreneur la somme de quatre mille francs pour garantie de malfa√ßon et d’ach√®vement des ouvrages pendant une ann√©e apr√®s l’approbation du pr√©sent par la d√©putation permanente du conseil provincial”.

Le conseil communal approuva ce proc√®s-verbal le 28 mars 1866. Deux jours plus tard, le com¬≠missaire d’arrondissement marqua son accord et la d√©putation permanente le sien le 11 avril. Le 1er mai, GRAVET-LASSINE signait un re√ßu de 17.326,17 francs.

Le 12 ao√Ľt 1867, les travaux √©tant totalement achev√©s, VANDEWYNGAERT estima qu’il y avait lieu de payer les derniers 4.000 F √† l’entrepreneur et que, par le fait de ce paiement, il convenait que “l’entrepreneur et sa caution soient d√©charg√©s de toute responsabilit√© des d√©gradations qui pourraient surve¬≠nir ult√©rieurement √† ces ouvrages”.

R√©uni deux jours plus tard, le conseil communal approuva le proc√®s-verbal de r√©ception d√©finitive (p.145) et fit payer les 4.000 F √† l’entrepreneur.

 

  1. Vingt ans apr√®s…

L’√©glise et son mobilier furent restaur√©s en 1888 pour la somme de 4.600 francs. Un document, dat√© du 26 d√©cembre 1887 et sign√© par un certain Auguste MERGET, entrepreneur √† Namur, nous apprend que ce dernier “d√©clare c√©der et donner entreprise pour l’ameublement de l’√©glise de Bourcy, conform√©ment √† ma soumission, au Sieur HIFFE Joseph propri√©taire √† Bourcy” […]

 

Plan D:    de 1908 à 1911

 

D√®s 1901, existait un projet de reconstruction de l’√©glise pourtant remani√©e de fond en comble en 1865 et restaur√©e en 1888 ; mais, aussi longtemps qu’elle le put, la majorit√© du conseil communal contra ce dessein.

En 1942, soucieux de conna√ģtre l’histoire de son √©glise, l’abb√© FAISANT^ s’adressa √† l’un de ses pr√©d√©cesseurs, l’abb√© BODSON8. Dans une lettre9 du 23 mars 1942, celui-ci relata comment il vainquit l’opposition du conseil et mena sa t√Ęche √† bien.

“[…] Pour vous √™tre agr√©able, je vais t√Ęcher de vous redire succinctement ce que je puis me rappeler. Je fus nomm√© cur√© √† Bourcy en septembre 1901. Sur la lettre que Mr. le chanoine GEOR¬≠GES (mon petit-cousin) joignait aux autres papiers, il me disait : “Vous avez une √©glise √† b√Ętir, mais vous avez tout ce qu’il faut pour cela, sauf l’argent”.

C’est bien l√† une preuve qu’√† l’√©v√™ch√© on ne connaissait pas la vraie situation ; j’avais en effet contre moi, au point de vue de la construction, la majorit√© du conseil communal, la famille D.; M. L. ; la famille S. ; la famille J. de Michamps ; donc les familles les plus cossues. – Bref, j’ai d√Ľ lut¬≠ter pendant presque 7 ans pour aboutir et en particulier travailler les √©lections communales qui, enfin, me donn√®rent une majorit√© par l’√©limination de D. p√®re, de L. (ancien instituteur) de Michamps et de B. de Longwilly (sic). – J’avais surtout avec moi MM. B. d’Arloncourt, B. et B. Joseph de Bourcy. Enfin! On commanda les plans (ils doivent se trouver √† la commune) √† M. CUPPER architecte √† Bastogne. On vint en adjudication, (j’ignore les dates) elle fut adjug√©e pour la somme de 32.000 frs. √† M. THIRION de Lamormenil.

On commen√ßa les travaux le lendemain de l’adoration en 1907 ou 1908. – La construc¬≠tion marcha rapidement et le corps de l’√©glise √©tait sous toit pour l’hiver. – Les ma√ßons √©taient originaires de Houffalize et de Wibrin. – Pendant l’hiver, on travailla √† la vo√Ľte. Les ferrailles furent travaill√©es dans l’√©glise-m√™me par un forgeron, aussi de Houffalize. Enfin, on put entrer et dire la messe au mois d’ao√Ľt de l’ann√©e suivante. –

J’avais pris l’engagement de mettre moi-m√™me le mobilier sans demander un sou √† la commune et c’est ce que je fis petit √† petit. – D’abord les deux confessionnaux : j’avais per√ßu 600frs comme surveillant des travaux et le neveu de l’entrepreneur qui √©tait menuisier √† Grand M√©nil (sic) les construisit pour les 600 frs. Chacun co√Ľte donc 300frs mais en argent d’avant la guerre de 1914.- Il me

 

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7¬†¬† Joseph FAISANT (1893-1959), cur√© de Bourcy d’octobre 1937 √† 1958.

8¬†¬† Alphonse BODSON, (1867-1959), cur√© de Bourcy de septembre 1901 √† ao√Ľt 1918.

9   Certains patronymes, cités in extenso dans la lettre, sont volontairement repris ici sous une initiale.

 

(p.146) fit aussi le banc de communion mais je ne me souviens plus du prix. Au banc de communion, je fis adapter plus tard des plaques de cuivre 1¬į sur le conseil de M. le chanoine SCHMITZ. Elles furent ex√©cu¬≠t√©es par M. BARTILOTTI de Marche.

Les autels √©tant trop √©troits, je les fis agrandir en pierre de taille travaill√©e √† Jemelle. -Le prix, je ne m’en souviens plus.

La chaire ne m’a rien co√Ľt√©, voici comment : M. l’architecte CUPPER eut l’obligeance de faire un devis de tout le mobilier d√©j√† plac√© y compris la chaire. Les plans suivirent le cours ordinai¬≠re, mais √† la commune on refusait pr√©textant qu’on se compromettait. Entre autres opposants se trouvait un nomm√© D. de Moinet qui avait d√©j√† fait rejeter une cave pr√©vue sous la sacristie et √©valu√©e √† 200 frs. S’opposait aussi √† la demande de subsides pour le mobilier, le secr√©taire communal. Mais le conseil passa outre gr√Ęce au bourgmestre M. BOURG, d’Arloncourt. Les subsides furent accord√©s et la chaire fut plac√©e, ex√©cut√©e par le neveu de l’entrepreneur THIRION qui √©tait le fr√®re du cur√© actuel d’Amonines, M. DEL VAUX Alphonse de Grand-M√©nil (sic).

Je m’√©tais entendu auparavant avec l’entrepreneur qui √©tait un ami personnel ; il m’avait remis les sommes pr√©vues pour les fen√™tres. Je profitai de cette somme pour faire placer le vitrail du choeur ex√©cut√© par M. VOCH de Bruxelles pour la somme de 1.200frs et qui voulut bien accepter le texte que je lui donnai: “Se nascens d√©dit socium, convescens in edulium etc” n .

Les autres fenêtres furent exécutées par le même en verre cathédrale, elles reviennent toutes ensemble à environ 2.000frs mais je ne puis certifier la somme exacte.

Enfin, j’√©tais dans l’√©glise. – M. le doyen JACQUEMIN de Bastogne vint la b√©nir en pr√©sence d’une grande foule de paroissiens heureux de ma r√©ussite.

Il fallait la faire consacrer. Mgr HEYLEN voulut bien prendre un jour sur ceux indiqu√©s pour les confirmations pour venir consacrer l’√©glise en 1911. Si je tiens bien, ce fut le 15 juillet. -Vous devez avoir trouv√© l’acte de cette cons√©cration dans les archives puisqu’il me le remit le jour m√™me sign√© de sa main je pense”. […]

Remarquons, pour terminer, que l’exigu√Įt√© du terrain disponible et la volont√© de pr√©server le “vieux choeur” contraignirent Jean Hubert CUPPER, architecte provincial, √† cette construction transver¬≠sale qui conf√®re √† l’√©glise son allure si particuli√®re. Autoris√©s en 1907, les travaux se d√©roul√®rent de 1908

 

10 Ce banc de communion √©tait perc√©, en son centre, d’une petite porte √† deux battants. Les deux parties ainsi form√©es servent √† pr√©sent de balustrades devant les confessionnaux. Les plaques de cuivre grav√© √©voquent des symboles -des √©pis et des grappes de raisin-, des objets du culte -ciboire et ostensoir-, deux repr√©sentations du Christ-Roi et Sacr√©-Coeur-, ainsi que de nombreux saints.

1 l¬†¬† M. Constant ROSSION nous √©claire : “Comme la citation est stopp√©e c’est que tout cur√© de l’√©poque la con¬≠na√ģt bien ; comme elle √©tait sur un vitrail, elle est religieuse et porteuse d’un message important. Dans ce qu’on appelait depuis le 14e si√®cle le Salut du Saint Sacrement, il y eut floraison d’hymnes chant√©es, parmi lesquelles le fameux Ave verum (cf. Mozart) et celui-ci: Verbum supernum (Verbe √©ternel) dont je cite la strophe qui nous int√©resse”:

 

Traduction littéraire.

se nascens dédit socium,                     en naissant, il se lie à nous,

convescens in edulium;¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† partageant notre condition d’hommes,

se moriens in pretium,¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† en mourant, il s’offre en rachat,

se regnans dat in praemium.                en triomphant, il se fait notre récompense.

 

Il s’agit √©videmment de J√©sus-Christ.

 

(p.147) à juillet 1911.

 

  1. D√®s le 11 ao√Ľt 1914, les troupes allemandes d’invasion s’empar√®rent de l’√©glise “sans avertissement pr√©alable, jetant dehors bancs et chaises, et y √©tablissant leur bivouac. Evacu√©e le 14, dans l’apr√®s-midi, elle avait pu √™tre remise en ordre pour la f√™te de l’Assomption”. Pendant les ann√©es d’occu¬≠pation, l’√©glise ne connut plus de profanation.

 

  1. Sous l’impulsion de l’abb√© JACQUEMINE la fabrique d’√©glise conclut un contrat – dat√© du du 27 septembre 1934 – avec la firme Fran√ßois SERGEYS, fondeur de cloches √† Louvain, pour l’achat d’une nouvelle cloche et la reprise d’une petite d’environ 185 kg. La nouvelle cloche, harmonis√©e avec celle existante, pesant 285 kg, fut fondue, transport√©e et mise en place avant le 10 d√©cembre 1935.

 

  1. L’abb√© FAISANT, √† Bourcy depuis cinq ans, souhaitait lui aussi l’embellissement de son √©glise. Le choeur √©tait dot√© de vitraux mais les nefs et les trois baies du jub√© en √©taient d√©pourvues. Il s’ouvrit de son projet au chanoine SCHMITZ de Namur. Celui-ci mit toute sa comp√©tence au service de l’abb√© FAISANT, il lui apporta l’aide n√©cessaire en ces temps troubl√©s et servit d’interm√©diaire entre lui et le ma√ģtre-verrier namurois W. LADON. Con√ßus de fa√ßon √† conserver beaucoup de clart√© √† l’int√©rieur de l’√©glise, les vitraux repr√©sentaient des sc√®nes et sujets rappelant le pass√© de la paroisse. Malgr√© les diffi¬≠cult√©s √† se procurer le mat√©riel n√©cessaire et les restrictions d’√©nergie, notamment de gaz, LADON termina les vitraux pour les premiers jours d’ao√Ľt 1943. D√©but septembre 1943, l’abb√© Faisant exprima la satis¬≠faction de ses g√©n√©reux paroissiens et la sienne au chanoine SCHMITZ.

 

  1. L’effort de guerre allemand provoqua, d√®s 1943, la r√©quisition de m√©taux divers et causa l’enl√®vement des cloches de nos √©glises. L’autorit√© militaire allemande chargea la firme belge VAN CAMPENHOUT, de Haren, de ce travail.

 

C’est le 10 mai 1944, jour du quatri√®me anniversaire de l’invasion, que Bourcy fut touch√© par cette mesure. Dans un brouillon de lettre 13 de r√©clamation au sujet des d√©g√Ęts directs et indirects 14 caus√©s lors de l’enl√®vement des cloches, l’abb√© Faisant √©crivit:

 

“Ce (…) 10 mai 1944, vers 11 h 45, revenant de Michamps, j’apprends que l’on enl√®ve les cloches. Depuis 11 h, une douzaine d’hommes (…) du Namurois travaillent √† l’enl√®vement des cloches, gar¬≠d√©s par 2 Allemands. J’ai assist√© √† la sc√®ne (…). Il semble que le travail est dur. Commenc√© √† llh, c’est √† 2h05 que la cloche est jet√©e en bas du clocher et √† 2h45 le camion s’en allait (…) D√©t√©riorations: (…) ext√©rieur(e) de l’abat-son O. L’abat-son. Roue de la cloche.

 

12  Emile JACQUEMIN, (1878-1955), curé de Bourcy de 1927 à 1937.

13¬†¬† H√Ętivement √©crit au crayon, ce brouillon est partiellement illisible.

14¬† Une circulaire de l’autorit√© occupante sp√©cifiait que le contrat pass√© entre elle et la firme VAN CAMPENHOUT obligeait celle-ci √† r√©parer les dommages directs.¬†¬† Quant aux frais de r√©paration des dommages indirects, ils √©taient “√† charge de la Fabrique d’√©glise. Celle-ci est autoris√©e √† adresser √† l’Archev√™ch√© une demande de rembour¬≠sement de ses d√©penses sur la somme que l’Allemagne versera √† ce dernier, √† titre de d√©dommagement, apr√®s liqui¬≠dation des r√©quisitions de cloches”.¬†¬† […]

 

(p.148) Quatre mois plus tard, après la première libération de septembre, les villageois récupérèrent leur cloche fêlée à la caserne de Bastogne et la ramenèrent en grande pompe à Bourcy.

 

Plan D’:¬†¬†¬†¬† 1947

 

Sup√©rieur aux abat-son du clocher (Voir plan D) le fa√ģte de la nef de 1911 formait √©cran entre la partie est du village et les cloches ; leur appel s’en trouvait tellement att√©nu√© qu’un exhaussement du clo¬≠cher s’imposait.

En 1938, l’architecte arlonais L√©on LAMY d√©posa un projet en ce sens et, ipso facto, d’aucuns situ√®rent l’exhaussement de la tour √† 1939. En revanche, M. Albert HAAN, un ancien du village, assurait (en septembre 1996) que cette modification remontait √† l’apr√®s-guerre.

Qu’en est-il?

En fait, le plan du 19 mars 1938 mentionnant : “Projet d’exhaussement de la tour et placement du beffroi des cloches au-dessus du niveau du fa√ģte de l’√©glise” fut pr√©sent√© une seconde fois apr√®s la guerre portant, en ajout, la date du 6 juin 1947.

Un autre plan, identique au pr√©c√©dent et dat√© du 20 juin 1947, est intitul√© diff√©remment : “Exhaussement de la tour et du beffroi des cloches au-dessus du fa√ģte de la nef. Restauration de l’√©glise et reconstruction de la sacristie compl√®tement d√©truite par les obus”.

Si l’exhaussement de la tour avait √©t√© ex√©cut√© avant la guerre, l’intitul√© du plan du 20 juin 1947 aurait √©t√©, tout simplement, “Restauration de l’√©glise, etc.”

En r√©sum√©, comme l’assurait M. Albert HAAN, la tour fut bien exhauss√©e apr√®s la guerre dans les ann√©es 1950, en m√™me temps que la reconstruction de l’√©glise.

1* En r√©ponse √† la demande du commissariat de police de Bastogne, dat√©e du 20 mai 1944, tendant √† conna√ģtre les nom et adresse du titulaire de cette plaque, l’Office de la Circulation routi√®re r√©pondit, le 24 du m√™me mois: “Van CAMPENHOUT Nicolas, Nieuwbrugstraat 83, Machelen-Vilvorde.

 

Borci (Bourcy) - √®gl√ģje Sint-Djan (√©glise St-Jean)

(Patrimoine monumental de la Belgique wallonne, 17, Lux., p.31)

Borci (Bourcy) - √®gl√ģje Sint-Djan (√©glise St-Jean)

(Aline Octave, Bourcy, 1973, p.80)

(p.149) 1.2.)    MICHAMPS, LA CHAPELLE SAINT-HUBERT

 

Saint Hubert est né vers 665. Il fut le disciple de saint Lambert dont il devint le successeur.

“Succ√©dant √† Lambert sur le si√®ge √©piscopal, Hubert mourut le 30 mai 727 (√† Tervuren) et son corps fut port√© √† Li√®ge en l’√©glise Saint-Pierre qu’il avait fond√©e.

En 743, avait lieu l’√©l√©vation de ses restes, mais la d√©pouille du saint n’√©tait pas destin√©e √† demeurer √† Li√®ge. L’√©v√™que Walcaud d√©cidait, en 825, de transf√©rer les reliques √† Andage en Ardenne, devenu Saint-Hubert.

√Ä la mort de Hubert, en 727 donc, son √©tole fut enterr√©e avec lui, mais en 743 lors de la transla¬≠tion des reliques au ma√ģtre-autel de la cath√©drale de Li√®ge, on retira l’√©tole de la ch√Ęsse ; selon la tradition, les gu√©risons des malades atteints de la rage se multipli√®rent selon un rite attest√© depuis le IXe si√®cle. On en faisait encore √©tat au XIXe si√®cle (4.700 gu√©risons entre le 1er janvier 1845 et le 12 octobre 1860). Cette √©tole miraculeuse est un des joyaux de la basilique de Saint-Hubert.

Saint Hubert est f√™t√© non pas le 30 mai jour de sa mort, mais le 3 novembre, jour de sa canonisa¬≠tion”. (“Avenir du Luxembourg” 28 et 29 octobre 1995)

 

 

(p.150)  La chapelle.

 

Le Liber memorialis de la paroisse de Noville, dont d√©pendait Michamps, mentionne pour ce vil¬≠lage une chapelle en 1589 et la reconstruction probable de cet √©difice en 1602. Une incursion hollandaise marqua douloureusement la fin de cette ann√©e, le village fut partiellement d√©truit. La reconstruction de la chapelle, mentionn√©e dans le Liber memorialis, n’aurait pu intervenir que quelques ann√©es plus tard.

 

Le plan de d√©tail n 14 de l’Atlas des chemins vicinaux r√©v√®le que la fabrique d’√©glise de Michamps est propri√©taire de deux pr√©s, d’une p√Ęture et d’un cimeti√®re (parcelle n 20). La construction figurant dans son angle nord-est n’est pas forc√©ment l’ancienne chapelle du village. Le cas n’est pas uni¬≠que o√Ļ une parcelle est repr√©sent√©e avec une construction alors que la liste correspondante n’en mentionne aucune, c’est par exemple le cas √† Mageret : le plan porte clairement la repr√©sentation d’une √©glise n√©gli¬≠g√©e dans la liste au b√©n√©fice de la mention “cimeti√®re”. Inversement, une parcelle est dessin√©e nue alors que la liste y reprend une chapelle, c’est le cas de Vaux-Noville et de Lutrebois.

 

Les cas ne sont pas rares o√Ļ la parcelle est repr√©sent√©e sans construction. Cette hypoth√®se est renforc√©e du fait que le transfert du cimeti√®re (1888) lib√©ra le terrain et que sur celui-ci, mais dans l’angle oppos√©, √† la crois√©e de deux chemins, se dresse l’actuelle chapelle.

 

Quant √† TANDEL -publi√© en 1891- il √©crivait : “La chapelle date d’au moins deux si√®cles ; les habitants sont d√©cid√©s √† en construire une nouvelle s’ils obtiennent la transformation de l’annexe en vica¬≠riat”.

 

Certes, en 1888, les habitants souhaitaient b√Ętir une nouvelle chapelle mais les fonds faisaient cruellement d√©faut. L’ensemble de la commune de Longvilly, la chose est notoire, disposait de modestes ressources et vivait constamment √† la limite de l’indigence. Sans cesse, l’administration communale se heurtait √† des probl√®mes financiers ; par exemple, en 1888, les sections de Moinet et Michamps qui b√©n√©¬≠ficiaient d’une √©cole depuis 1867 avaient, l’une agrandi son cimeti√®re, l’autre d√©plac√© le sien et, pour couronner (p.151) le tout, la section de Longvilly s’agitait en faveur de l’agrandissement de son √©glise r√©cemment res¬≠taur√©e.

 

Plaie d’argent, dit-on, n’est pas mortelle et, forte d’une survie assur√©e, l’administration commu¬≠nale se lan√ßa √† l’eau le 26 avril 1888. Evoquant l’√©tat de v√©tust√© et de d√©labrement de la chapelle de Michamps, le conseil communal estima que l’√©difice ne poss√©dait plus “ni la d√©cence, ni la solidit√©, ni m√™me la capacit√© n√©cessaire √† l’exercice du culte”. En cons√©quence, il d√©cida d’adresser √† l’autorit√© sup√©ri¬≠eure la demande de l’envoi sur place de l’architecte provincial.

 

Un mois plus tard, le 29 mai, revenant sur le m√™me sujet, le conseil communal se montra plus pressant, parla “d’absolue n√©cessit√© de reconstruire l’√©difice qui menace ruine et ne poss√®de plus la d√©cence voulue par sa destination” et r√©it√©ra sa demande d’envoi de l’architecte. √Ä la mi-juin, √©mettant un avis favorable, le commissaire d’arrondissement transmit la d√©lib√©ration au gouverneur de la province. Fin octobre -le 24- CUPPER, qui s’√©tait rendu sur place, remit son projet de reconstruction au gouverneur.

 

L’ann√©e 1889 fut celle de la constitution du dossier relatif √† la nouvelle chapelle et √† son chemi¬≠nement administratif : approbation des plans et devis par le conseil communal qui sollicite du gouverneur des subsides pour 1/3 de la d√©pense (23 mars) ; approbation du dossier par la Commission des Monuments qui ne formule aucune observation si ce n’est que l’√©difice projet√© pourra contenir environ 175 personnes (9 mai) ; nouveau passage du dossier sur la table du conseil qui a l’intention “d’approuver les plans et devis sous r√©serve d’obtenir de la Province et de l’Etat des subsides s’√©levant ensemble √† la moiti√© de la d√©pense” (15 juillet) ; le minist√®re de la Justice signale √† la d√©putation permanente une observation16 de l’√©v√™que de Namur (9 d√©cembre) ; le moment tant attendu : l’ouverture des soumissions (31 d√©cembre).

Cinq entrepreneurs avaient rentré leur soumission : François SCHMITZ de Derenbach (8.216 F) ; (?) PETER de Moinet(8.390 F) ; Ernest TASIAUX de Bastogne (8.870 F) ; (?) NEVE de Spontin (9.516 F) et Joseph LEBRUN de Bastogne (9.900 F).

 

Les travaux qui, en principe, devaient √™tre termin√©s pour le 1er septembre 1890, furent adjug√©s √† Ernest TASIAUX 17. Celui-ci consentit, en guise de rabais, √† remplacer la cloche actuelle et r√©parer le beffroi, creuser un canal d’assainissement en ma√ßonnerie du c√īt√© nord de l’√©difice, remplacer le bois de sapin par du bois de ch√™ne et ne pas compter de plus faits pour cause d’approfondissement des fondations. Ces diff√©rents postes √©voquent plus une restauration lourde et importante qu’une reconstruction √† propre¬≠ment parler.

L’arr√™t√© royal n 18001 du 6 f√©vrier 1890 autorisant la construction fut transmis un an plus tard

 

16¬†¬† […]¬†¬† “La sacristie, pour √™tre convenable, devrait avoir 1m de plus en √©l√©vation, c’est-√†-dire 3,5m au lieu de 2,5.¬†¬† Il faudrait en outre, d’apr√®s ce pr√©lat, y m√©nager un enfoncement dans le mur pour y construire un “sacrarium” qui doit se trouver dans toute sacristie”.

17¬†¬† TASIAUX:¬†¬† “Ernest -Nicolas-Joseph (1870-1909) reprit la profession de son p√®re: c’est sans doute √† lui que l’on doit la construction de l’avenue Tasiaux” √† Bastogne.¬†¬† (M. FRANCARD et R. MO√čRYNCK, Pav√™ye et pa podr√ģ. Les rues de Bastogne hier et aujourd’hui. Mus√©e de la Parole au Pays de Bastogne, 1991).

 

(p.152) (16 avril 1891) à la députation permanente par le ministère de la Justice.

Compte tenu du temps qui s’√©coule n√©cessairement entre la demande de r√©ception provisoire des travaux et celle-ci -CUPPER en dressa le proc√®s-verbal le 13 d√©cembre 1890- la dur√©e pr√©vue pour la recon¬≠struction fut, semble-t-il, respect√©e.

 

Le conseil et la population manifest√®rent leur satisfaction mais tout ne fut pas pour le mieux dans le meilleur des mondes : il fallait absolument couvrir la d√©pense entra√ģn√©e. R√©uni le 2 mars 1891, le conseil, consid√©rant que la section de Michamps √©tait pauvre et essentiellement compos√©e de personnes √† faibles revenus -ouvriers agricoles ou industriels employ√©s par la mine de Longvilly et la tannerie de Horritine-et que des travaux compl√©mentaires √† hauteur de 388,02 francs s’imposaient, d√©cida d’introduire une demande d’intervention des pouvoirs publics pour 2/5 du montant. En transmettant la d√©lib√©ration du con¬≠seil au gouverneur (12 mars 1891), le commissaire d’arrondissement √©met un avis favorable √† la requ√™te, il souligne l’utilit√© incontestable des travaux dont il est question, ajoute qu’il y a lieu d’approuver le devis et insiste pour que la demande de subsides soit prise en consid√©ration.

√Ä son tour, le gouverneur se fait l’√©cho du conseil de Longvilly aupr√®s du ministre de l’Int√©rieur (9 avril 1891) et propose que la demande d’intervention de 2/5 pour l’ex√©cution des travaux compl√©mentai¬≠res soit satisfaite √† concurrence de 1/5 par l’Etat et 1/5 par la Province. Le ministre rencontre la suggestion du gouverneur, il accorde un subside compl√©mentaire de 78F √©gal √† (p.153) celui de la Province pour l’ach√®vement complet des travaux et, par la m√™me occasion, rappelle qu’une somme de 1.774 F a d√©j√† √©t√© allou√© (2 juillet 1890) par son d√©partement.

 

Comme le reste du village, la chapelle traversa le demi-si√®cle suivant sans fait remarquable si ce n’est la d√©couverte par l’abb√© Emile JACQUEMIN (1878-1955), cur√© de la paroisse de Bourcy de 1927 √† 1937, d’un d√©bris de sculpture dont il pressent vaguement l’importance. Ne sachant trop comment ni √† quoi l’utiliser, il l’exp√©die au chanoine SCHMITZ √† Namur. Celui-ci lui √©crit : “[…] cet int√©ressant mor¬≠ceau de sculpture remonte, je pense, √† la fin du XVIe si√®cle et est un fragment d’une sc√®ne de retable. Peut-√™tre serait-ce une sainte femme, Joseph d’Arimathie et Nicod√®me se rendant vers le tombeau… Nous vous remercions beaucoup d’avoir sauv√© ce fragment tr√®s expos√© √† p√©rir puisqu’il est incomplet et qui fait la preuve de l’existence d’un retable √† Michamps. En interrogeant les anciens, n’essaieriez-vous pas d’ob¬≠tenir quelques donn√©es √† ce sujet? […]”.

Pendant les ann√©es d’occupation, la chapelle fut l’objet d’un embellissement consid√©rable. En effet, malgr√© les √©normes difficult√©s d’approvisionnement en mati√®res premi√®res et en √©nergie indispensa¬≠bles au travail des verriers, la chapelle fut dot√©e de nouveaux vitraux. D√®s avril 1942, le ma√ģtre-verrier namurois W. LADON qui cr√©ait les nouveaux vitraux de l’√©glise de Bourcy poursuivit sur sa lanc√©e en √©ta¬≠blissant une esquisse du projet suivant : “Choeur: 1. S. Jean reposant sur la poitrine de N.-S. (rappelant le patron de la paroisse de Bourcy). 2. Le calvaire. Nef c√īt√© √©p√ģtre: 1. La nativit√© de N.-S. 2. S. Martin, patron de Longvilly dont Michamps d√©pendait. S. Pierre, titulaire d’Oubourcy. Nef c√īt√© √©vangile: 1. L’annonciation. 2. S. Hubert titulaire de la chapelle de Michamps”.

 

En ao√Ľt 1943, la concr√©tisation du projet √©tait toujours en cours, car mieux valait voir l’effet des nouveaux vitraux de Bourcy avant de poursuivre. On ne sait exactement quand les vitraux furent pos√©s mais une lettre de LADON, dat√©e du 19 juillet 1945 et adress√©e √† l’abb√© FAISANT, stipulait que la somme due pour la r√©alisation des vitraux s’√©levait √† 5.154 F. Ceux-ci furent donc bel et bien mis en pla¬≠ce, mais pour peu de temps, avant l’Offensive. Le 14 juillet 1948, les dommages encourus par la chapelle √©taient admis √† hauteur de 48.988,91 F.

Apr√®s sa restauration, les responsables de l’√©difice durent faire face √† plusieurs reprises √† quelques probl√®mes d’humidit√© dans le choeur orient√© plein ouest.

M√ģtchamps (Michamps) - tchap√®le Sint-Hub√™rt (chapelle St-Hubert)

(Patrimoine monumental de la Wallonie, 17, éd. Mardaga)

in : De la Meuse à l’Ardenne, 30, 2000, p.41-72

Anderlin Thibault, Méganck Marc, Nyst Nathalie, Chapelles, croix et potales dédiées à saint Hubert en province de Luxembourg

 

(p.62) √Ä michamps (86), l’existence d’une chapelle est d√©j√† mentionn√©e en 1589 (87), chapelle qui fut peut-√™tre reconstruite en 1602 (fig. 31). En 1888, les habi¬≠tants de la localit√© manifest√®rent le d√©sir d’√©riger un nouveau b√Ętiment, mais les fonds faisaient d√©faut. Le 26 avril de la m√™me ann√©e, confront√© au d√©la¬≠brement de la construction, le Conseil communal s’adressa aux autorit√©s pro¬≠vinciales pour leur demander d’envoyer un architecte. Apr√®s divers √©pisodes, le commissaire d’arrondissement remit la d√©lib√©ration au Gouverneur de la province et, le 24 octobre, l’architecte Cupper, de Bastogne, qui s’√©tait rendu dans le village, remit son projet de reconstruction au m√™me gouverneur, pro¬≠jet selon lequel l’√©difice pourrait notamment accueillir 175 fid√®les. Les tra¬≠vaux, dont l’ach√®vement √©tait pr√©vue pour le 1er septembre 1890, furent adju¬≠g√©s √† l’entrepreneur Ernest Tasiaux88, de Bastogne. Devant la n√©cessit√© de r√©duire les frais, Tasiaux opta vraisemblablement pour une restauration lourde de l’√©difice, en r√©utilisant d’anciens mat√©riaux, proc√©d√© moins co√Ľ¬≠teux qu’une reconstruction √† proprement parler.

Le b√Ętiment actuel, de style n√©ogothique, est construit en moellons de gr√®s et somm√© d’une toiture en b√Ęti√®re d’ardoises, elle-m√™me couronn√©e d’un clocheton √† deux √©lans.

Constitu√©e d’une seule nef, la chapelle se termine par un chevet √† trois pans, auquel est accol√©e la sacristie. L’acc√®s √† la nef est axial et se fait par une porte en arc bris√©. Huit ouvertures ogivales assurent un √©clairage lat√©ral du b√Ętiment ; comme celles qui √©clairent le chŇďur, elles sont ferm√©es par des vitraux plac√©s pendant l’Occupation (1940-1945) et qui sont l’Ňďuvre du ma√ģtre verrier d’origine namuroise, W. Ladon89, auteur √©galement des vitraux de l’√©glise de Bourcy'”1. L’un de ces vitraux, qui ferme une ouverture perc√©e dans le mur lat√©ral droit, repr√©sente saint Hubert, titulaire actuel de la chapelle (fig. 30). Le saint √©v√™que est dispos√© √† l’avant-plan, aur√©ol√©, agenouill√© et les mains jointes en signe de pri√®re. Le pape Serge Ier s’appr√™te √† lui remettre la mitre et la crosse √©piscopales, tandis que, dans le haut de la composition, un ange lui apporte la Sainte √Čtole. L’inscription saint hubert appara√ģt sous la figure du saint thaumaturge.

Le saint patron de la chapelle est √©galement √©voqu√© par une statue en bois polychrome dispos√©e sur la table d’autel : Hubert, figur√© en √©v√™que, tient le Livre des √Čvangiles dans la main gauche et l√®ve la main droite en signe de b√©n√©diction ; le cerf crucif√®re est couch√© √† sa droite. Le socle de la statue porte l’inscription suivante: S1 hubert. PPN(fig. 32).

Il faut souligner la pr√©sence dans cette chapelle d’un tr√®s beau retable polychrome et dor√© de style n√©ogothique et d’un antependium de la m√™me facture. Celui-ci se compose de trois panneaux peints (un ange, un pr√©lat, un ange) s√©par√©s par des colonnes et couronn√©s chacun d‚Äôun arc ogival doubl√© d‚Äôun lobe. La caisse du retable est flanqu√©e de deux panneaux dont la composition rappelle celle du devant d‚Äôautel¬†; les six registres en sont occup√©s par des figures d‚Äôanges. La huche, qui contient le tabernacle, est orn√©e d‚Äôun monogramme du Christ (IHS), entour√© de quatre anges, sur fond dor√©¬†; elle est somm√©e d‚Äôun pignon fleuronn√©.

 

  1. Doyenné : Bastogne ; commune : Bastogne.
  2. Emile Jacquemin (1878-1955), cur√© de la paroisse de Bourcy de 1927 √† 1937, a d’ailleurs d√©couvert dans cette chapelle un morceau de sculpture qui serait un fragment d’une sc√®ne de retable et daterait du xvie si√®cle (R. mo√ęrynck, op. cit., p. 153).
  3. Ernest Nicolas Joseph Tasiaux (1870-1909) reprit la profession de son p√®re (M. fran-card et R. mo√ęrynck, Pav√™ye et pa podr√ģ. Les rues de Bastogne hier et aujourd’hui, Bastogne, Mus√©e de la Parole au Pays de Bastogne, 1991).
  4. Peut-√™tre s’agit-il d’un parent de Gustave Ladon (Gand, 1863-1945), ma√ģtre peintre-ver¬≠rier. Pr√©sident de la Gilde de Saint-Luc √† Gand, ce dernier r√©alisa des verri√®res dans de nom¬≠breuses √©glises, notamment pour le grand b√©guinage Sainte-Elisabeth de Gand et la coll√©giale de D√ģnant (Y.-W. delzenne et J. houyoux dirs., Le nouveau dictionnaire des Belges {de 1830 √† nos jours), Bruxelles, t. 2, 1998, p. 39).

90. R. mo√ęrynck, op. cit., pp. 149-153.

O√Ľborci (Oubourcy) - tchap√®le Sint-Pi√®re (chapelle St-Pierre)

(p.154) 1.3.)    OUBOURCY, LA CHAPELLE SAINT-PIERRE

 

Saint Pierre

 

P√™cheurs sur la mer de Galil√©e, Simon et son fr√®re Andr√© abandonn√®rent tout et suivirent J√©sus qui les invitait √† devenir “p√™cheurs d’hommes”. Simon fut surnomm√© Pierre quand J√©sus lui dit: “tu es Pierre et sur cette pierre je b√Ętirai mon √©glise” ; il devint le principal ap√ītre et, plus tard, le premier pape.

Avec Jacques et Jean, il assista √† la Transfiguration et aux principaux miracles de J√©sus qu’il renia par trois fois lors de la Passion. En compagnie de Jean, il d√©couvrit le tombeau vide au matin de la R√©surrection.

 

La chapelle

 

Comme bien d’autres √©difices, la chapelle d’Oubourcy est cit√©e en 1589 mais ne figure pas parmi ceux d√©truits, m√™me partiellement, en 1602.

Si, √† la suite des reconstructions de villages, le nombre des b√Ętiments augmenta peu √† peu, Oubourcy qui, apparemment, avait peu souffert, se d√©veloppa diff√©remment. Au cours des si√®cles, l’habitat √©volua tr√®s lentement. 18.

 

(p.155) “Il existe au milieu d’Oubourcy, √©crivit TANDEL en 1891, une petite chapelle dont les propor¬≠tions sont en rapport, tout au plus, avec l’importance du village. Autrefois, lorsque des circonstances gra¬≠ves et mena√ßantes surgissaient, la communaut√©, se composant alors de trois chefs de famille, s’assemblait prestement sur le Pachis, situ√© devant l’antique chapelle, et l√†, apr√®s discussion approfondie, on adoptait les mesures les plus propres √† assurer la tranquillit√©, l’ind√©pendance et surtout l’existence de la localit√©”.

 

Un bon demi-siècle plus tard, lors de la bataille des Ardennes, le modeste oratoire fut sévèrement touché.

 

En juillet 1948, L√©on LAMY, architecte √† Arlon, √©tablit un bilan dont nous ne retiendrons que les principaux postes : plus de 16m^ de murs √† reconstruire ; une infime partie de charpente r√©cup√©rable, le reste √©tant √©videmment √† remplacer ; la toiture, le clocheton et les fen√™tres √† remplacer et, pour m√©moire, le renouvellement d’enduits, cr√©pis et autres plafonnages. Quant au mobilier… En chiffres, les r√©para¬≠tions des d√©g√Ęts de guerre s’√©levaient, au 10 octobre 1948, √† 70.675,04 F non subsidiables.

 

Usant tour √† tour de la plume, du b√Ęton de p√®lerin et s’armant d’une solide dose de t√©nacit√©, l’abb√© FAISANT remplit toutes les formalit√©s indispensables √† la remise en √©tat de l’oratoire 19. Le 31 d√©cembre 1952, sept ans apr√®s la destruction, la direction provinciale des dommages de guerre lui demandait encore “afin d’aviser au sujet de votre demande de priorit√© exceptionnelle de restaurer l’oratoire d’Obourcy (sic) de faire savoir le plus t√īt possible […] l’√©tat actuel de la restauration et remise en √©tat, et √©ventuellement le montant des avances ou emprunts et tous autres arguments √† l’appui de votre demande”.

 

18 4 maisons en 1469, 2 en 1719, 3 en 1793 et 7 en 1891.

19¬† Il r√©para m√™me une faute grave commise par d’autres (l’introduction tardive du dossier de reconstruction) qui entra√ģnait la d√©ch√©ance du droit √† l’intervention de l’Etat dans les frais de restauration.

 

2.1.4.2 Annexe 1 (Octave, 1988, 32 ; 37 & sv.)

 

L’église (p.32)

 

La toute première chapelle de Bourcy aurait été construite croit-on, au XIème siècle par les soins de WALERAN, seigneur de Bourcy.

La chapelle √©tait orient√©e tout diff√©remment. Comme dans la plupart des √©glises anciennes, le choeur se trouvait √† l’est de mani√®re que le pr√™tre √† l’autel regarde l’Orient, en souvenir du proph√®te Zacharie qui annon√ßait l’HOMME, dont le nom est “ORIENT”. Aujourd’hui, on ne tient plus compte de l’orientation.

Ci-dessous, le plan de la chapelle de Bourcy avant 1860. L’entr√©e se trouvait sur le c√īt√©. La nef avait une longueur de 11,15 m sur 7,50 m de large.

 

(p.34) Le premier oratoire fut vraisemblablement de dimensions fort modestes. Il fut remplac√© par une √©glise plus importante vu l’accroissement sensible de la population.

En effet, on proc√©da en 1864, √† l’allongement de la chapelle et √† la construction d’une tour.¬† L√†, se trouvait, comme dans la plupart des √©glises de l’√©poque, les cordes pour la sonnerie r√©guli√®re des offices, de l’ang√©lus, du glas.

Les √©glises et les chapelles √©taient restaur√©es gr√Ęce √† la contribution des villageois. Ainsi, pour cette restauration, 8.000 frs furent r√©partis entre la veuve Maquart, Andr√© Weynandy, Henri Barth√©l√©my, la veuve Octave, de Bourcy et, Frederick Lambert, J. Jacquemin, Jean Passau de Michamps (1).

(p.38) D’apr√®s les √©tudes remarquables de M. Louis LEFEBVRE sur l’√©glise St Pierre de Bastogne (1), la vo√Ľte de la chapelle fut d√©cor√©e en 1530/par un peintre de renom, RENADIN DE WICOURT; celui-l√† m√™me qui d√©cora, par une m√™me technique, les vo√Ľtes de l’√©glise de Bastogne. Ce peintre √©tait le fils de PIET PIRON DE WICOURT, maire de Bourcy √† cette √©poque (2).

On a reconnu dans le d√©cor des fresques, des sc√®nes de l’Apocalypse d’apr√®s le dernier livre de St Jean 1’Evang√©liste, avec de longs textes bibliques; c’√©tait l’enseignement par l’image, tel que l’avait con√ßu le moyen-√Ęge pour des gens illettr√©s.

Nous esp√©rons que L. LEFEBVRE satisfera bient√īt l’int√©r√™t de chacun, par ses √©tudes approfondies et plus comp√©tentes sur ce sujet.

La clef de la vo√Ľte centrale de l’ancien choeur porte l’ √©cusson aux trois coquilles des seigneurs de Bourcy. Au croisement de nervures, on trouve 1’√©cusson de la famille de BEURTHE et celui de la famille de GRUMELSCHEID, toutes deux apparent√©es √† la famille de STEINBACH, dont le dernier repr√©¬≠sentant Jacques J. de STEINBACH d√©c√©da √† Bourcy le 13-03-1809, (les pierres tombales sont toujours visibles dans l’ancien choeur) .

Toujours¬†¬† d’apr√®s les √©tudes de L. LEFEBVRE, le 4√®me motif sur la nervure¬†¬† du bas, repr√©senterait 1’√©cusson du sculpteur

JAN DE KIBURG.¬†¬† Ce m√™me motif se retrouve dans l’√©glise de Bastogne et, tr√®s visible, dans le choeur restaur√© de l’√©glise d’Asselborn.

On suppose que¬†¬† la vo√Ľte de la nef centrale √©tait √©galement d√©cor√©e.

‘”Par Arr√™t√© Royal du 20 novembre 1972, le choeur de cette ancienne chapelle fut class√© par la Commission des Monuments et des Sites, en raison de sa valeur historique et artistique.

Par autorisation du 7 ao√Ľt 1985 (2), la s.a. Bajart de Floreffe a d√©but√© les travaux de restauration ext√©rieure du choeur de la chapelle, le 1er septembre 1986. Le mauvais √©tat de la charpente de la toiture et des parties sup√©rieures des murs, tr√®s irr√©guliers, retarda la poursuite des travaux, vu les frais suppl√©mentaires impr√©vus que cela entra√ģnait.

 

(1) A.I.A.A. РAnnées 1970/71 pages 65-187-193.

(2) Ministère de la Justice РAdministration des Cultes.

 

(p.40) Lors de la construction de l’√©glise actuelle, il fut d√©cid√© de d√©molir l’unique nef centrale, tout en conservant d’un c√īt√©, le choeur de l’antique √©difice et, de l’autre c√īt√©, la tour.

En 1908 (par A.R. du 7 juillet 1907), on commen√ßa la construction de l’√©glise actuelle, qui chevauche litt√©ralement l’ancienne. L’architecte respecta le style gothique, les deux nefs √©tant form√©es de vo√Ľtes sur crois√©es d’ogives, aux nervu¬≠res apparentes, dans le style de l’ancienne √©glise.

Elle fut inaugurée et consacrée solennellement en juillet 1911 par Mgr. HEYLEN.

(p.41) En 1938, on proc√©da √† l’exhaussement de la tour, mais apr√®s les d√©g√Ęts de la contre-offensive des Ardennes, elle fut de nouveau restaur√©e. On en profita pour y installer une nou¬≠velle charpente √† 3 cloches et le m√©canisme de la sonnerie fut √©lectrifi√©.

Une cloche, enlev√©e par les allemands pour l’industrie de guerre vers la fin de l’occupation, fut retrouv√©e dans la cour de la caserne de Bastogne.

Elle fut ramen√©e solennellement en cort√®ge √† Bourcy vers octobre 1944. L’abb√© FAISANT et la population toute enti√®re s’associa √† son retour au bercail.

(p.44) Arr√™tons-nous devant ce monument qu’on appelle √©glise…

Il se distingue des autres maisons, son clocher dépasse les habitations voisines et son architecture est différente.

Les clochers ont √©t√© de bonne heure compl√©t√©s d’une fl√®che, qui par son √©l√©vation attire les regards. Ils sont souvent termin√©s par une croix ou par un coq, parfois par les deux √† la fois, comme √† Bourcy, en guise de girouette. L’origine en est ind√©cise.¬† Selon les uns, c’est pour rappeler la trahison de Pierre; selon d’autres, le coq serait le symbole de la vigilance du pasteur.

L’√©glise n’est pas une maison ordinaire; d√®s qu’on y entre, on √©prouve une impression de calme de recueillement. Ce lieu qu’on appelle “√©glise” signifie “assembl√©e”, lieu o√Ļ l’on s’assemble pour prier.

Devant la porte des premi√®res √©glises, existait une fontaine pour se laver les mains avant d’entrer. Cet usage fut remplac√© par les b√©nitiers situ√©s √† l’int√©rieur. Apr√®s le porche, on trouve de chaque c√īt√©, un b√©nitier en pierre bleue. L’eau b√©nite est le symbole de la purification, un acte de foi.

(p.46) Avant la guerre, le retable en bois du ma√ģtre-autel com¬≠prenait deux petites niches dont l’une abritait la statue de St Jean 1’Evang√©liste et l’autre, St Antoine de Padoue.

Le grand autel ou ma√ģtre-autel est de beaucoup simplifi√© depuis la reconstruction. Il est surmont√© du Christ en bois qu’on peut attribuer au XVI√®me si√®cle et qui se trou¬≠vait dans l’ancien cimeti√®re. Il fut plac√© au-dessus de l’autel par les soins de l’abb√© SCHARTZ.

Les vitraux de l’apr√®s-guerre sont de facture moderne.

Le mot “autel” vient du latin “altare” signifiant “chose √©lev√©e”.¬† Il est ordinairement sur√©lev√© de plusieurs marches. D√®s l’origine du monde, les hommes ont √©lev√© des autels pour offrir des sacrifices. Le premier autel fut la table du C√©nacle Ce souvenir fait maintenir √† nos autels la forme d’une table.

Actuellement, l’autel est √† l’avant du choeur. Le pr√™tre dit la messe face aux fid√®les, au centre de l’assembl√©e.

Depuis quand ce changement ? Depuis les ann√©es 1962-1965. En effet, √† la fin d’une semaine de pri√®res pour l’unit√© des Eglises, du 18 au 25 janvier 1960, en l’√©glise St Paul Hors-les-Murs √† Rome, le Pape Jean XXIII eut comme une inspiration. Il d√©cida alors la pr√©paration d’un Concile oecum√©nique pour l’unit√© des Eglises (Vatican II). Le premier r√©sultat fut la r√©forme de la liturgie . On en est donc revenu √† la langue vivante, plus compr√©hensive pour tous.

Un concile dure plusieurs ann√©es. Il se fait par √©tapes. Apr√®s le d√©c√®s du Pape Jean XXIII, le Pape Paul VI, le continua et d√©finit ainsi bien d’autres r√©formes, entre autres, la messe dite face au public, la suppression du banc de communion, de la chaire √† pr√™cher, la simplification du bapt√™me ..etc…

En un mot, c’est le “retour aux sources”.

 

(p.48) L’√©glise compte deux autels lat√©raux.

 

L’autel du Sacr√©-Coeur se trouve √† droite. Sur celui-ci se trouve √©galement la statue de St Joseph. St Joseph n’est l’objet d’un culte que depuis le 19e si√®cle, depuis qu’il a √©t√© proclam√© patron de l’Eglise universelle.

Du c√īt√© gauche, l’autel de la Vierge, une statue habill√©e et la statue de N.D. de Lourdes.

Les pa√Įens honoraient leurs divinit√©s par des lumi√®res aliment√©es d’huile ou de cire. Les chr√©tiens s’en servirent √©galement. Au 16e si√®cle, la pratique devint universelle et de nombreux conciles exig√®rent qu’une lampe br√Ľle jour et nuit, pour un rappel aux visiteurs.¬† Des tol√©rances plus larges s’√©tendent actuellement √† d’autres luminaires modernes .

La table de communion signifiait la table de l’√©galit√©, de la fraternit√©, riches ou pauvres.¬† On en est revenu aux premiers temps de l’Eglise, en s’approchant simplement du pr√™tre, la main nue. De ce fait, les bancs de communion ont disparu des √©glises.

En faisant le tour de notre église, on aperçoit contre les murs, les quatorze tableaux représentant les scènes de la Passion et de la montée au calvaire. Une tradition nous laisse entendre, que la Vierge à Jérusalem aimait parcourir la voie douloureuse suivie par son fils. Le Pape Benoit XIV contribua à propager cet exercice.

Nous voyons aussi diverses statues, dons √©manant de familles de Bourcy : Jean-Marie VIANNEY, dit aussi le Cur√© d’Ars, patron de tous les cur√©s et, du c√īt√© gauche, Ste Th√©r√®se de l’Enfant J√©sus et l’Enfant J√©sus de Prague.

La chaire de vérité, artistement sculptée, est actuelle­ment déplacée de la nef centrale gauche.

Le mot “chaire” signifie “si√®ge”.¬† Jadis, 1’Ev√™que pr√™chait ordinairement assis sur un si√®ge d’honneur, symbole de v√©rit√©. Suite aux r√©formes, le pr√™tre se tient dans le choeur face aux fid√®les.¬† La chaire de v√©rit√©, les deux autels lat√©raux et les deux confessionnaux datent des ann√©es 1912.

 

 

2.1.4.3 Annexe 2  (Octave, 1973, 79)

 

L’ANCIENNE CHAPELLE de Bourcy, d√©j√† d√©di√©e √† saint Jean l’Evang√©liste fut comme nous l’avons dit,¬† construite ou r√©√©difi√©e en style ogival tertiaire, au XVIe si√®cle (1530), comme on peut encore le voir aujourd’hui. L’ancien choeur de l’√©difice a √©t√© conserv√© lors de la construction de l’√©glise actuelle.

Les sources pour l’histoire de la cha¬≠pelle sont extr√™mement pauvres; il n’existe √† notre connaissance aucun plan ancien de l’√©difice. L’ancien choeur d√©note que la chapelle devait √™tre de fort petite dimension, car il n’a qu’une petite profondeur sur une largeur de quatre m√®tres environ. Il y a une vingtaine d’ann√©es,¬† il servait encore de chapelle annexe. On effectua √† plusieurs reprises des travaux de r√©parations,¬† de reconstruc¬≠tion et d’agrandissement √† ladite chapelle comme nous le trouvons ren¬≠seign√© dans certaines archives.¬† (1)(2)

En 1833, une adjudication fut faite pour une r√©paration du mur de la cha¬≠pelle, on s’aper√ßut ainsi que les pierres √©taient simplement jointes avec du mortier de terre.

En 1864, on proc√©da √† sa r√©√©dification, c’est-√†-dire √† l’allongement et √† la construction d’une tour. En effet, une demande d’autorisation de faire agrandir la chapelle fut introduite au minist√®re, le 19 novembre 1863 (3). Cette demande fut agr√©√©e et celui-ci alloua un subside de 6.500 frs, √©gal √† celui que la¬† province allouait sur les exercices 1864/65. Le Conseil communal devait pourvoir au surplus de la¬† d√©pense. Celle-ci s’√©levant √† 21.326 frs, une partie des frais, soit 8.000 frs furent repartis par ca¬≠t√©gories de fortune parmi les habitants de la¬† paroisse.

Nagu√®re, dans le village, comme dans d’autres localit√©s des Ardennes, les habitants participaient, non seulement aux frais de construction, d’entretien, de r√©parations de l’√©glise ou du presbyt√®re, mais ils devaient √©galement participer aux travaux dans la mesure de leur possibili¬≠t√©s, soit en faisant le trans¬≠port, soit en tant que manoeuvres En 1870, suite √† un don, on r√©alisa l’achat d’un nouveau che-min de croix en chromolithographie avec cadre en ch√™ne(3). Le premier chemin de croix √©tait en papier sur toile mince, l’humidit√© l’avait rendu m√©connaissable.

 

(1) Arch. communales.

(2) Bul.Sté A.H.Liège T.I-I862

(3) Ministère de la Justice   (Adm.  cultes)

 

 

2.1.4.4 Annexe 3 (in : Ardenne et Famenne, 4, 1964, 154-156)

Un chef-d’Ňďuvre en¬† p√©ril : les vo√Ľtes peintes de l’√©glise de Bourcy

 

Un grand p√©riodique fran√ßais, Archeologia. Tr√©sor des √Ęges, consacre une rubrique r√©guli√®re aux ¬ę chefs-d’Ňďuvre en p√©ril ¬Ľ. Nous constituerons volontiers pareil dossier pour les monuments d”Ardenne et de Famenne qui courent de graves dangers… en souhaitant toutefois qu’ils soient peu nombreux.

Aujourd’hui, nous traiterons d’un authentique chef-d’Ňďuvre, dangereu¬≠sement expos√© √† une disparition prochaine et, en tout cas, fort n√©glig√©. Il s’agit des vo√Ľtes d√©cor√©es de l’√©glise de Bourcy. Puissions-nous attirer sur elles l‚Äôattention des Autorit√©s comp√©tentes qui auront le m√©rite de s’atteler √† une t√Ęche exaltante.

 

Les vo√Ľtes de l’√©glise Saint-Pierre √† Bastogne sont justement c√©l√®bres. Elles constituent un monument pr√©cieux de la peinture murale du XVIe si√®cle et de l’architecture au d√©but de la Renaissance. L’√©difice tout entier est ¬ę class√© ¬Ľ, particuli√®rement en raison de ses vo√Ľtes, lesquelles ont d’ailleurs √©t√© soigneusement restaur√©es apr√®s l’offensive des Ardennes.

On a la chance de poss√©der un monument semblable, mais de moindre superficie, √† Bourcy. Ce sont les vo√Ľtes de l’√©glise; non pas celles de l’√©glise actuelle, qui date de 1908, mais celles du chŇďur de l’ancienne √©glise. Ce chŇďur ancien a √©t√© conserv√© en raison d’une particularit√© de l’√©glise moderne qui le chevauche litt√©ralement et qui l’a ¬ę transform√© ¬Ľ en chapelle lat√©rale.

De l’√©glise ancienne, d√©j√† consacr√©e √† St-Jean-Baptiste, ne subsiste donc que le chŇďur qui est l’objet de cette note.

Comme l’apprend une date grav√©e dans la pierre : il a √©t√© construit en 1530. Les surfaces libres entre les nervures des vo√Ľtes sont enti√®rement d√©cor√©es par des peintures de cette √©poque. Ces peintures sont d’une technique apparent√©e √† celle de Bastogne (sc√®nes anim√©es et v√©g√©taux stylis√©s), mais le th√®me trait√© est plus int√©ressant et certainement tr√®s rare √† cette √©poque. Parmi des meubles liturgiques (autels, chandeliers, etc.) on voit des per¬≠sonnages qui √©voluent : rois, diables, fid√®les, anges, tandis que de longs textes en caract√®res gothiques comblent les surfaces rest√©es libres. On a reconnu dans ce d√©cor, particuli√®rement anim√©, des sc√®nes de l’Apocalypse.

On doit encore souligner l’int√©r√™t que pr√©sentent √† Bourcy, comme √† Bastogne, pour les h√©raldistes comme pour les historiens, les blasons qui ornent les clefs de vo√Ľte. Ils ont appartenu aux familles nobles qui, au XVP si√®cle, ont contribu√© √† l’√©rection du chŇďur ou de l’√©glise.

 

(p.156) Quant au mobilier r√©uni dans la ¬ę chapelle ¬Ľ, il constitue un ensemble remarquable qui tranche sur la banalit√© de la nef du XXe si√®cle. L’autel est du XVIIe s., mais la toile peinte du retable a √©t√© remplac√©e au XVIIIe s. par un tabernacle en bois. L’ancien tabernacle ¬ę gothique ¬Ľ, en pierre, a √©t√© conserv√© √† son emplacement primitif, dans le mur gauche du chŇďur. Il faut encore mentionner des crucifix anciens, une statue de St-Jean-Baptiste et cinq pierres tombales armori√©es.

Actuellement on a plus ou moins isol√© le dit chŇďur ancien du reste de l’√©glise et on en fait un lieu de ¬ę d√©barras ¬Ľ, alors qu’on en ferait ais√©ment une sorte de petit mus√©e abritant les souvenirs pr√©cieux de la vieille √©glise et une Ňďuvre d’art unique en son genre : les peintures du XVIe si√®cle. Il faut certes que le monument soit ¬ę class√© ¬Ľ (avec son mobilier), mais il faut surtout que l’on proc√®de √† une √©tude pr√©alable √† la restauration des murs (√† l’ext√©¬≠rieur, un contrefort ‚ÄĒ dont le r√īle est essentiel ‚ÄĒ nous para√ģt √™tre sur la voie d’une d√©gradation totale).

Quant aux peintures des vo√Ľtes, elles demandent d’√™tre rafra√ģchies et fix√©es car elles s’effacent progressivement. L’Institut national du Patrimoine artistique sera utilement consult√© sur les techniques d√©licates √† employer en pareille mati√®re.

Si l’on craint le pire, c’est-√†-dire l’an√©antissement de la vo√Ľte, que l’on proc√®de √† un relev√© par d√©calques et photographies en couleurs. D’autre part, nous souhaiterions voir un arch√©ologue sp√©cialis√© faire une √©tude compl√®te de cette Ňďuvre et nous lui ouvririons volontiers les pages de notre revue.

Mais nous espérons encore que toutes les autorités locales, provinciales, et même nationales (comme la Commission des Monuments et des Sites) conjugueront leurs efforts pour que soit restauré et mis en valeur un monu­ment remarquable de notre patrimoine artistique.

 

A.G..

 

 

2.1.4.5 Annexe 4

 

Reprenons ici le texte paru dans ¬ę¬†Ardenne et Famenne¬†¬Ľ – 1964 (Octave, 1973, 80 & sv.)

” L’abside est relativement bien conserv√©e, la vo√Ľte est ferme et massive et les ogives qui la maintiennent sont en pierres de taille relativement enserr√©es √† leur axe par une pierre cylindrique et forme la clef de vo√Ľte (‚Ķ).

Les surfaces libres entre les nervures des vo√Ľtes sont enti√®rement d√©co¬≠r√©es par des peintures de cette √©poque.Ces peintures sont d’une techni¬≠que apparent√©e √† celle de Bastogne (sc√®nes anim√©es et v√©g√©taux stylis√©s) mais le th√®me trait√© est tr√®s int√©ressant et est certainement tr√®s rare. Parmi des meubles liturgiques(autels, chandeliers)on voit des personnages qui √©voluent: rois, diables,fid√®les, anges, tandis que de longs textes en caract√®res gothiques comblent les surfaces rest√©es libres. On a reconnu dans ce d√©cor, des sc√®nes de l’Apocalypse. L’auteur inconnu a copi√©, semble-t-il, le dernier livre de saint Jean, patron de la paroisse.” On suppose que l’ancienne nef qui fut d√©molie √©tait aussi d√©cor√©e. Le choeur ancien de ce modeste √©difice sur lequel nous voulons particuli√®rement attirer l’attention offre un int√©r√™t certain et que bien peu de personnes connaissent, cach√© comme il l’est actuellement par une tenture et servant plut√īt de d√©barras.

 

(l) Marque d‚Äôun marchand important, √©galement reprise √† Bastogne en clef de vo√Ľte dans le porche de l‚Äô√©glise, puis au cul de colonnette dans le chŇďur. (Gourdet)

 

(p.81) L’emplacement primitif du tabernacle est toujours visible dans le mur gauche du choeur. (La coutume de placer le tabernacle au ma√ģtre-autel pour y conserver la Sainte Eucharistie n’est devenue g√©n√©rale qu’√† la fin du XVIIe si√®cle.

Vers 1905, vu d’une part, l’accroissement de la population et, d’autre-part, l’√©tat d√©labr√© de la vieille √©glise qui contenait √† peine 100 per¬≠sonnes pour une population de 650 √Ęmes (1), un nouvel agrandissement de l’√©glise devint indispensable.

Le terrain disponible ne permettant pas d‚Äôallonger l’√©glise, le seul parti adopt√© par l’architecte Cupper, fut de d√©molir la nef et de cons¬≠truire en travers, une nouvelle √©glise, en respectant d’un c√īt√© la tour, et du c√īt√© oppos√©, le choeur, devant servir de chapelle annexe.

Nous mentionnons le texte publi√© √† l’√©poque et qui nous montre bien la valeur artistique du choeur de l’ancienne chapelle reconnue par Mes¬≠sieurs Mar√©chal, D√©put√© permanent, Cupper et Haverland, membres du Comit√© provincial des correspondants du Luxembourg, qui en avaient effectu√© l’inspection. (1)

” L’ancien choeur devra √™tre restaur√© avec les plus grands soins, en se bornant aux travaux strictement n√©cessaires. Il n’y a gu√®re que cer¬≠taines parties des nervures de la vo√Ľte qui soient en mauvais √©tat. On devra d√©cr√©pir les murs avec pr√©caution, √† l’effet de s’assurer si le badigeon ne recouvre pas des peintures anciennes, et on prendra les soins les plus minutieux pour n’alt√©rer en rien les peintures de la vo√Ľte. Avant d’entamer aucun travail de restauration du choeur, il importera de charger un sp√©cialiste de calquer avec soin toutes les peintures qui s’y trouvent. Cette mesure de pr√©caution est indispensable en vue de tout ac¬≠cident qui pourrait subvenir pendant les travaux. Ces calques seront, du reste, tr√®s utiles pour les collections du mus√©e d’art monumental.” ..

L’√©glise de Bourcy poss√®de un petit b√©nitier en pierre orn√© de scuptures: il est tr√®s difficile de l’appr√©cier dans la situation o√Ļ il se trouve dans la sacristie,

 

(p.82) (‚Ķ) AGRANDISSEMENT DE L’EGLISE

 

La demande d’agrandissement de l’√©glise fut faite en 1905. Par un A.R. du 7 juillet 1907,¬† paru au moniteur du 17 juillet 1907, l‚Äôautorisation de construire l’√©glise actuelle fut accord√©e. (1)

Les travaux furent commenc√©s d√®s 1908 pour une totale transformation de l’√©glise; √©glise qui devait litt√©rallement chevaucher l’ancienne. L’architecte a respect√© le style gothique: les nefs sont form√©es de vo√Ľtes sur crois√©es d’ogives aux nervures apparentes. Sur les c√īt√©s, √† l’ext√©rieur, on aper√ßoit les contreforts qui soutiennent la pouss√©e des vo√Ľtes int√©rieures, qui se r√©partit¬† sur les piliers massifs. (vestiges de l’√©poque pr√©c√©dente)

Des travaux d’une telle importance demandent plusieurs ann√©es et ce n’est qu’en juillet 1911¬†¬† que l’√©glise fut inaugur√©e solennellement par Monsei¬≠gneur Heylen, √©v√™que de Namur. Nous en avons trouv√© le r√©cit dans “L‚ÄôAvenir du Luxembourg” du 21 juillet 1971.

C‚Äôest gr√Ęce √† l‚Äô√©nergie et au z√®le de Monsieur l’Abb√© Bodson, assist√© et soutenu par le courageux et infatigueble bourgmestre, que fut inau¬≠gur√© la nouvelle √©glise √† trois nefs et le nouveau cimeti√®re. Arriv√© le jeudi 13 juillet √† Bastogne pour la confirmation de 600 enfants, Monsei¬≠gneur Heylen de Namur d√©barque √† l’entr√©e de Bourcy vers 15 heures, pr√©¬≠c√©d√© d’une garde d’honneur, aux couleurs de Monseigneur, et de la popula¬≠tion qui s’√©tait port√©e √† sa rencontre.

Les routes qui conduisent √† l’√©glise sont admirablement bien orn√©es, des arcs de triomphe, des guirlandes, des chronogrammes, le son des cloches, le cr√©pitement des … coups de canons’ (sic) tir√©s toutes les cinq minutes pr√™tent un cachet de grandeur. (‘coups de canons‚Äô = sans doute, p√©tards¬† ..)

 

(1) Ministère de la  Justice, Bxl.  Adm.  des cultes.

 

(p.83) La vaste √©glise, magnifiquement d√©cor√©e est vite remplie, les c√©r√©mo¬≠nies liturgiques se d√©roulent avec beaucoup de pi√©t√© sous la direction de Monsieur le Chanoine Descy, la procession au nouveau cimeti√®re, le sermon de Monseigneur, o√Ļ il exprime toute sa satisfaction pour la belle √©glise, pour la grandiose r√©ception, nous am√®nent √† 17 heures.

(…)

Les c√©r√©monies de cons√©cration commen¬≠cent √† 7 heures 1/2 et continuent jusque 10 heures 1/2, au moment de la messe solennelle de cons√©cration chant√©e par Monsieur l’abb√© Fairon, cur√© de Lesterny.

A la confirmation qui suivait, figurent comme parrain, Monsieur Alfred LAMBIN, propri√©taire du ch√Ęteau de Bourcy et pour marraine, Madame Flo¬≠rentin FAIRON.

Un feu d’artifice tir√© au soir dans la localit√©, cl√īturait dignement cette f√™te inoubliable dans l’histoire de Bourcy.”

(‚Ķ) En 1912, placement d’un nouveau ma√ģtre-autel, de la chaire de v√©rit√©. Un don anonyme permet de placer les 2 autels lat√©raux et deux confessionnaux.

 

(p.84) Sous le pastorat de l’abb√© Faisant, on proc√©da √† l’exhaussement de la tour de l’√©glise au moment de la r√©paration de la charpente qui fut d√©truite lors de l’enl√®vement de la cloche par les Allemands √† la fin de l’occupation.

On y installa une nouvelle charpente √† trois cloches, en profil√©s d’acier (1) et le m√©canisme de la¬† sonnerie fut √©lectrifi√©.

La cloche enlev√©e par les Allemands fut retrouv√©e f√™l√©e dans la caserne de Bastogne. On la ramena solennellement en cort√®ge √† Bourcy, mais elle dit √™tre refondue par les √©tablissements Slegers de Tellin. Le poids de cette nouvelle cloche serait de 430 kg (l’ancienne 403,3 kg) (l). Elle eut pour parrain Victor Krack et pour marraine J. Peeters-Dufourny, lors d’une c√©r√©monie¬† sp√©ciale en 1948.

Citons qu’en 1935, avait eu lieu le bapt√™me d’une autre cloche qui eut alors pour parrain, Victor Abinet et Lifrange-Baltus pour marraine. Tout laisse supposer que ce fut cette m√™me cloche enlev√©e par les Allemands, car nous avons re√ßu en communication de l’√©v√™ch√© de Namur (Chan. Lanotte) le recensement des cloches de Bourcy de 1943-1944, et qui nous apprend que la cloche la plus importante, d’un diam√®tre de 0,80m, p√®serait 600 kg. Tandis que la¬† ” petite cloche d’un diam√®tre de 0,60, p√®serait environ 285 kg,¬† ce qui semblerait se rapprocher du poids de la cloche re√ßue vers 1810 (400 livres).

Une personne nous a aimablement communiqu√© une note du Chanoine Lelon, de 1936,¬† concernant une tr√®s ancienne cloche de la chapelle de Bourcy, peut-√™tre la premi√®re cloche de la chapelle. Elle portait comme inscription, du moins ce qu’on a pu lire d’une inscription √† demi-ternie:

ADAM¬†¬† VON……NT (Z ?)…..RODE SEIGNEUR DE BOURSI ET DAME

JEN   ..   SON   ..  ESPENS ?      MILDC  (1625)

 

Comme le dit Chateaubriand:” Laissons donc les cloches rassembler les fid√®les,¬† car la voix de l’homme n’est pas assez pure pour convoquer au pied des autels, le repentir, l’innocence et le malheur”.

Ayons une pens√©e reconnaissante pour les “sonneurs” qui pendant des jours et des jours, des ann√©es peut-√™tre, ont accompli ce noble geste, matin, midi et soir:¬† appeler les vivants pour l’office, marquer un temps d’arr√™t, et une pens√©e vers Dieu, √† midi, pleurer aussi nos morts. Les familles Octave, Br√©vers, Hardy ont rempli cet office durant de nom¬≠breuses ann√©es.

L’abb√© Faisant eut aussi tous les soucis d’apr√®s guerre pour la restauration de l’√©glise fortement endommag√©e. Les dommages de guerre ne furent¬† pay√©s que tr√®s tard (1966). (1)

 

L’√©glise fut repeinte en 196l, mais l’humidit√© y fait rapidement de nom¬≠breux d√©g√Ęts. Le chauffage de l’√©glise, en projet sous le pastorat de l’abb√© Faisant, fut r√©alis√© par Monsieur l’Abb√© Schartz ainsi que le pla¬≠cement de l’orgue √©lectrostatique en 1968.

 

(1) Ministère de la  Justice: Administ. des cultes.

 

Fonderie de cloches, la firme Slegers de Tellin (actuellement stopp√©e) est une firme d’excellente r√©putation. Successeur de la Maison Causard fond√©e en 1823, elle n’a cess√© de p√®re en fils de s’occuper de l’art de la fonte des cloches d’apr√®s une certaine tradition s√©culaire. Comme le disait Tandel E., la fonte des cloches est une op√©ration difficile. Il ne suffit pas qu’une cloche ait une belle r√©sonnance, il faut surtout que les harmoniques dont¬† les principaux sont la tierce, la¬† quinte et l’octave, et qui accompagnent le son fondamental,¬†¬† soient avec celui-ci dans un √©tat de parfaite concordance sonore. Tous les calculs de mesure et de densit√©; tous les d√©tails du trac√© de la cloche doivent soigneusement √™tre analys√©s,¬† contr√īl√©s ou modifi√©s, de fa√ßon √† obtenir un r√©sultat qui sera la¬† cloche deve¬≠nue le plus harmonieux instrument de musique, aussi bien que le plus puissant.

 

 

2.5 Presbyt√®re / M√Ęjon d‚Äô cure¬† (Octave, 1973, 83)

 

A la r√©volution fran√ßaise, la maison vicariale fut r√©quisionn√©e par la troupe. Nous trouvons le d√©tail de cette maison vicariale dans un rap¬≠port de 1809 (1). La maison, devenue maison vicariale de Bourcy, con¬≠tient¬† tre petites places, y compris la cuisine et le grenier. Une √©table pouvant contenir deux vaches, le toit couvert d’ardoises, mais en tr√®s mauvais √©tat. Un petit jardin contigu de la dite maison contenant 25 verges, entour√© de haies et de palissades. Revenu en 1790: 3 florins, 4 sols. Capital de 120 Livres .

En 1835, la maison vicariale situ√©e alors sur une partie de l’emplacement de la maison A. Abinet, fut reconstruite avec le produit des parcelles de terre abandonn√©es. Les habitants supl√©√®rent par cotisation.(2)

En 1891, achat du terrain au lieu dit “A la haye”(18 ares pour 1.500 frs + frais) en vue de la construction d’un nouveau presbyt√®re, l’ancien n’√©tant plus habitable.(estimation de la parcelle faite par N. Schaak, N. Wirard, et Koop). En date du 5 avril 1897, le Minist√®re donne son accord et les travaux sont adjug√©s pour la construction du presbyt√®re actuel.

 

(1) Arch. Etat Arlon. Départ. des Forêts.

(2) Arch. communales

 

Annexe (Octave, 1988, 52)

 

Le presbyt√®re, situ√© autrefois au centre du village (emplacement de A. ABINET), fut d√©truit par un incendie. On se trouva donc dans l’obligation d’en construire un nouveau au lieu-dit : “√† la Haye”.

En date du 5 avril 1897, le minist√®re donne son accord et les travaux sont adjug√©s pour la construction du presbyt√®re actuel, soit quelques ann√©es avant l’√©glise.

Le presbyt√®re est une habitation importante dans un village: confident des joies, des mis√®res de l’homme et des chagrins trop lourds . Il monte la garde au carrefour, entre l’√©glise et le cimeti√®re.

 

2.1.6 Cimeti√®re / li √ß‚Äôm√®t√ģre (Octave, 1973,83)

 

TRAVAUX DIVERS

Le mur du cimeti√®re entourant la chapelle fut restaur√© en 1847 par Mon¬≠sieur L√©onard de Houffalize et fut sur√©lev√© pour emp√™cher le b√©tail d’y entrer et d’y circuler. ” La muraille fut √©lev√©e √† 1 aune 7 palmes, (aune: ancienne mesure valant I m 88 et palme: mesure valant O m 225 ou O m 229) l’arche de 8 patries en bas et le dessus de 6 palmes en pierre s√®che, et recouverte en pierres plates, sans mortier de chaux ni de terre et non recr√©pie. En tout 132 aulnes.(1) Les habitants furent charg√©s d’en faire les transports.

En 1886, nouvelle restauration du cimeti√®re. Le cimeti√®re actuel fut construit vers la m√™me √©poque que l’√©glise. En 1913, am√©lioration des abords de l’√©glise.

 

(1) Minist. de la Justice, Adm. des cultes.

 

Annexe (Octave, 1988, 53)

 

Le cimeti√®re qui se trouvait alentour de l’ancienne chapelle, fut transf√©r√© lors de la construction de la nouvelle √©glise. Il fut √©largi du c√īt√© gauche, en 1982/83.

2.1.7 Li g√Ęre (Octave, 1988, 55)

 

La place de la gare

 

La mise en service de la ligne ferroviaire en 1884, changea beaucoup le visage de la localité.

Elle créa de nouveaux emplois : ouvriers engagés dans les divers chantiers, employés du chemin de fer, des postes, téléphones et télégraphes.

Les marchandises import√©es de l’√©tranger √©tant frapp√©es de taxes, les douaniers furent toujours tr√®s nombreux √† Bourcy, vu la proximit√© de la fronti√®re.

Des √©trangers s’install√®rent. Plusieurs √©piceries ainsi que d’autres commerces s’ouvrirent au public.

Les d√©bits de boissons s’√©tablirent √† proximit√© de la gare. A une certaine √©poque, on en comptait quatre ou cinq qui accueillaient les voyageurs des trains, du tram, les transporteurs de bois, les marchands de bestiaux au porte¬≠feuille garni; en somme, une client√®le diversifi√©e, au verbe haut et √† la “tourn√©e” facile.

L’ancien caf√©, sis pr√®s de l’√©glise, lieu pourtant pri¬≠vil√©gi√© par la fr√©quentation apr√®s les offices, les mariages, les enterrements, devint maison particuli√®re.¬† Cet estaminet fut transf√©r√© √† la gare.

Durant la guerre de 1914-18, l’h√ītel HERMAN h√©bergeait les “Eisenbahn“. Ceux-ci surveillaient l’installation de la deuxi√®me voie de chemin de fer avec la main-d’oeuvre de prisonniers russes.¬† Cette double voie exista jusque 1930 environ.

(p.56) Nous avons dit, ci-avant, que la place de la gare fut, √† une √©poque, tr√®s anim√©e. Elle fut aussi l’emplacement des foires.¬† Le souvenir de celles de 1932 est rest√© dans les m√©moires mais, ce furent les derni√®res. Cette place fut √©ga¬≠lement de tous temps, r√©serv√©e √† la kermesse locale.

Le premier bureau des postes et la fa√ßade de l’h√ītel JACQUEMART.

Cet h√ītel fut exploit√© ensuite par la famille MARTIN-PEETERS, avant de devenir habitation priv√©e de Guillaume DUPLICY. La poste fut transf√©r√©e dans une pi√®ce de l’habitation d’Emile KRACK.

(p.57) D√®s le 4 ao√Ľt 1914, les troupes allemandes travers√®rent la fronti√®re Grand-Ducale et arriv√®rent √† Bourcy par toutes les voies d’acc√®s. Quatre uhlans, au casque √† pointe, s’arr√™t√®rent √† la place de la gare.¬† Les vieux villageois, specta¬≠teurs de cette apparition, rentr√®rent chez eux ; les plus jeunes, insouciants et curieux, les regard√®rent partir vers Noville. Les jours suivants, tout comme en 1940, les Alle¬≠mands descendirent le village comme une mar√©e envahissante, conqu√©rants et disciplin√©s.

Les plus anciens racontent que quatre uhlans √† cheval, venant de Boeur, emprunt√®rent la route de Banneux. L’un d’eux s’em¬≠bourba dans l’√©tang qui se trouve √† proximit√©.

Pour la “petite histoire”, il nous revient que durant la guerre de 1914-18, la ferme attenante √† l’h√ītel du coin, √©tait occup√©e par la famille MARON. Bien situ√©e pour compter les transports allemands qui passaient en gare de Bourcy, elle faisait office d’agence de renseignements pour une orga¬≠nisation clandestine. Vers la fin de la guerre, suite √† une d√©nonciation, M.MARON fut arr√™t√©.

Les Allemands, apr√®s bien des recherches, trouv√®rent des papiers compromettants cach√©s sous le pied de l’√©cr√©meuse et dans le fond du chapeau de M. MARON.

Cette ferme fut occupée ensuite par la famille ANTOINE de 1921 à 1932, puis par les familles DUCOMBE et MARENNE. Elle ne fut pas reconstruite après la dernière guerre.

 

(p.58) Le chemin de fer ouvert √† l’exploitation le 2 f√©vrier 1884, ne mettait pas n√©cessairement fin √† l’isolement de certaines r√©gions rurales.

C’est pourquoi la S.N.C.V. proc√©da 4 ans plus tard, √† la mise en service du tram Bourcy-Houffalize. Bourcy devint d√®s lors une gare de transbordement, tant de voyageurs que de marchan¬≠dises et fut √† l’origine de nouveaux d√©bouch√©s.

C’√©tait il y a presque cent ans !

L’ouverture officielle de la ligne Bourcy-Houffalize, le 14 juillet 1889 connut rapidement un beau succ√®s. Sans doute que le renom touristique d’Bouffaiize, d√©j√† affirm√©, lui √©tait un pr√©cieux atout.¬† Elle desservait les localit√©s d’Hardigny et Cowan, avec un arr√™t √† Banneu, √† Neufmoulin et √† l’Ermitage.

Ainsi s’√©coul√®rent ann√©es et d√©cennies – un bon quart de si√®cle – jusqu’√† la premi√®re guerre mondiale. En 1917, les Allemands d√©mont√®rent la ligne qui ne fut r√©ta¬≠blie qu’en 1922. Cet entracte ne fut pas nuisible √† l’entre¬≠prise, mais la concurrence de la motorisation commen√ßait √† se faire sentir. Les automotrices firent leur apparition vers 1934.¬† Apr√®s quelques √©v√©nements f√Ęcheux en 1944, le tram termina d√©finitivement sa carri√®re le 1er juin 1959.

(p.67) La place de la gare est maintenant déserte. Le trafic ferroviaire fut définitivement supprimée fin mai 1984. Il aura donc vécu exactement 100 ans.

La d√©nomination “place de la gare” est appel√©e √† dispa¬≠ra√ģtre; il n’en restera bient√īt plus que des souvenirs de plus en plus impr√©cis.

La desserte des voyageurs est assur√©e par des services d’autobus r√©guliers qui relient presque toutes les localit√©s.

(p.68) Reste, un peu √† l’√©cart, le monument aux morts des deux guerres mondiales, qui nous rappelle que des enfants de la commune ont servi la patrie, que des victimes civiles sont tomb√©es innocentes en 1944.

Ce monument fut inaugur√© en 1947, par les autorit√©s communales, Louis WENKIN de Michamps, bourgmestre √† l’√©poque, le colonel Fran√ßois KRACK, tous les anciens combattants de 1914-18 et de 1940-45, la gendarmerie et la population toute enti√®re.

(p.72) La derni√®re √©preuve de l’√©poque fut bien s√Ľr la contre-offensive des Ardennes en 1944, avec sa br√®ve fixation du front sur le massif ardennais.

Von Rundstedt fut inexorablement giflé mais, le village vécut des jours sombres. Les habitants terrés un peu partout dans les caves, attendaient avec angoisse la fin du cauchemar. Douloureuse fut la 2ème libération. Les habitants la payèrent cher, au prix de leur sang, de leurs souffrances.

La guerre a saign√© la r√©gion et a entra√ģn√© la destruction d’innombrables b√Ętiments mais aussi du mat√©riel agricole et du b√©tail.

Ci-dessous, ce qui reste de la maison Victor KRACK (construite en 1905). On remarque encore, √† droite, le fa√ģte de la 1√®re maison, couverte alors de chaume (R.Krack).

(p.90) La s.a “Scierie et Raboterie” de Bourcy situ√©e derri√®re la station de chemin de fer, fut √©tablie dans le courant de l’ann√©e 1946, par Pierre BURLET de Cognel√©e.¬† Elle employait alors une vingtaine d’ouvriers.

Les travaux de reconstruction nécessitant une grande quantité de bois, la scierie fonctionna à plein rendement.

La scierie fut fermée en mai 1978, par suite de faillite.

2.1.7 Li g√Ęre (la gare)

2.1.8 Scole / Ecole

scole micse (école mixte) (1867/68-)