Bambois Banbwès traditions tradicions

LI BANBWÈS

Bambois

TRADICIONS

Traditions

1.   Marche Saint-Barthélémy / Mârche Sint-Biètrumé

1.1   1893 fondation / 1893 fondâcion 

1893 – Fondation de la Compagnie de Bambois / Fondâcion dè l’ Compagnîye do Banbwès 

Compte-rendu par / Compte-rindu pa Frédéric Adelin-Cosme (imprimeur à Fosses(-la-Ville) / imprimeû à Fosse)

A mes amis.

 Vous qui portez votre attention

Sur mes essais d’amateur,

Oh ! ne riez point de ma passion

Car vous briseriez mon bonheur.

 F.A. Cosme

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.1)

Introduction

 

Le jour de Noël, en 1892, deuxième anniversaire de la mort de sa mère, Adelin, – comme nous l’appelons dans un recueil intitulé : «  au Printemps de la Vie d’Adelin » – dans le monde : Cosme Frédéric-Adelin, pour ne pas rester au milieu des divertissements de cette grande fête, s’était payé le prix d’un voyage dans le Condroz et la Hesbaye. Ciney était le lieu désigné.

Ilo allait là, passer deux jours, pour s’écarter des réjouissances données à Fosses, ce jour-là, à l’occasion de la Noël et parce que on (sic) établissait un état-major pour la Compagnie de Bambois en formation pour assister à la marche Saint-Feuillen qui devait avoir lieu l’année suivante.

Bien que très partisan des choses religieuses, Adelin, sentant au fond de son cœur naître un germe de passion pour cette marche, s’était absenté du (sic) moment où on devait procéder à la mise aux enchères des places des chefs.

Par (sic) plusieurs reprises déjà, des habitants du Bambois le conviaient à prendre part à cette compagnie, parce (p.2) que, lui dit l’un, vous êtes un enfant du Bambois et il faut venir avec nous.

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.2)

Pour Adelin, quoique restant à Fosses, le hameau de Bambois était pour ses amusements son lieu de prédilection. Il avait vu le jour dans un coin plus ou moins perdu de la commune de Fosses, le 7 février 1865, là, aux confins du hameau du Bambois, dans un site assez pittoresque dénommé Grand-Etang.

Adelin hésitait.

Déjà pourtant dans une collecte faite au Bambois pour l’obtention d’un drapeau aux insignes : Jeunesse du Bambois, Adelin s’était fait remarquer. C’est lui qui versa le plus parmi tous les jeunes gens du Bambois. Il venait en première ligne sur des affiches publiques.

De retour à Fosses, de son voyage en Hesbaye, plusieurs de ses camarades lui demandaient pourquoi il n’était pas venu à la mise aux enchères des places de chefs.

Il leur répondit / en wallon/ qu’il n’avait pas pensé à cela et puis que d’ailleurs il avait dû faire un voyage.

  • Tu vas être nommé chef, leur dit un jeune gars de dix-huit ans ; on en a parlé hier.
  • Je veux bien, lui répondit Adelin.

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.3)

(p.3) Puis, ils leur expliquèrent tout ce qui s’était passé à la réunion de la Jeunesse et de toutes les places obtenues.

 

Première réunion.

Nomination des Sergent-Sapeur, Tambour-Major, Adjudant-Major et Cantinière. – Majors, Capitaines et Lieutenants.

 

La réunion avait été annoncée par affiches imprimées. La plupart des habitants du Bambois s’y trouvaient. Tous les hommes avaient le droit de vote.

La place de Sergent-sapeur a été votée ; Monsieur Ferdinand Glise l’a obtenue ; mais, plus tard, celui-ci voyant qu’un nommé Fauchet Léonard en était très amateur, Glise, pour renforcer la Compagnie, lui céda, et ce dernier fit partie de la Compagnie en qualité de simple sapeur. Si Fauchet n’avait pas eu le grade de Sergent-Sapeur, il n’aurait pas fait partie de la Compagnie du Bambois. Nos voisins le demandaient au même grade.

Celle d’Adjudant-Major fut aussi votée le même jour ; M. Eugène Hallin l’emporta à

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.4)

plusieurs voix de majorité sur son adversaire M. Joseph Lefèbvre. La jeunesse avait su lire sur la figure de M. Hallin le tact et lénergie d’un vrai maître d’armes.

La place de Tambour-Major a été également votée ce jour-là ; M. Antoine Wiame-Georgery l’obtint à condition de jouer le tambour pour la Compagnie aux sorties qui précédèrent la kermesse de Bambois.

Celle de cantinière a été passée ; les hausses suivaient avec chaleur ; madame Pierre Thirot-Thomé, du Grand-Etang, l’a obtenue pour la somme de 33 francs.

Se présentent comme majors : Mrs François Gobert et Gustave Viroux ; comme officiers : Georlette Jules, Drèze Désiré, Thirot Pierre, Thirot David, Wiame Antoine et Thirot charles.

Et ils se séparèrent.

Adelin, seul, se disait :

– Avec les places que j’occupe dans les diverses sociétés dont je fais partie, il me semble que cette place de chef, et peut-être de ce grade principal

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.5)

(p.5) de la Compagnie de Bambois m’est indispensable pour me tenir par la main avec mes amis. Pourtant en 1886, dernière marche Saint-Feuillen, j’occupais déjà, dans la Compagnie de Fosses, la place de Lieutenant Porte-Drapeau, grade qui me coûtait 100 francs approximativement, tous frais, et que j’ai tenu pendant le terme de 7 ans. Et ma mère, défunte aujourd’hui, était si fière de me voir porter dignement aux fêtes religieuses le Drapeau de la Jeunesse de Fosses : armoiries de Saint Feuillen, d’un côté, et de Sainte Gertrude, de l’autre.

Vois ci les places qu’Adelin occupe actuellement :

1° Président d’honneur de la Société colombophile ‘Les Visiteurs du Globe’ établie à Bambois ;

2° Président d’honneur de la Société de Corps « Les Amis Réunis » établie à Bambois ;

3° Membre honoraire de la Société d’harmonie « Saint-Feuillen » établie à Fosses ;

4° Lieutenant de la Garde-Civique, non-active, de Fosses ;

6° Membre effectif de la Société d’épargne « L’ Economie Fossoise » établie à Fosses ;

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.6)

7° Actionnaire de la société d’assurances (incendie) « Union des Propriétaires Belges » établie à Bruxelles.

Et d’autres sociétés comme « Caisse d’Epargne sous la garantie de l’Etat », etc.

Adelin se disait en lui-même qu’il avait assez de places pour remplir exactement son devoir dans chacune. Mais il ne put s’en tenir là, car après quelques jours de réflexions, il adressa à un des majors nnommés à la Noël la lettre suivante :

« Camarade François,

« Désirant faire partie de l’Etat-Major de la Compagnie du Bambois, serais-tu assez bon de vouloir me dire si on accepterait un troisième major.

« Donne-moi réponse au plus tôt, si tu veux bien.

« Reçois mes cordiales amitiés :

« Frédéric-Adelin. »

 

Le jour suivant, Frédéric-Adelin reçut une réponse ainsi conçue :

« Mon cher Ami,

Nous avions décidé de ne plus prendre de majors, puisque Charles Guillaume fait déjà le troisième, mais comme c’est toi, nous t’acceptons avec plaisir.

« Mes amitiés.            Fe. Gobert. »

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.7)

(p.7) L’état-major nommé à ce jour lui fit part de la plus prochaine assemblée et à celle-ci Adelin alla se mettre en libération.

 

Nomination d’un colonel et d’un lieutenant-colonel

 

Adelin resta timide au milieu de l’assistance, puis il dit à ses amis que parmi les quatre majors il devrait y avoir un chef, parce qu’ainsi il y aurait au sein des discussions qui pourraient surgir une parole dominatrice.

On parla de nommer un colonel et un lieutenant-colonel.

Dans la réunion subséquente qui a eu lieu chez Joseph Lefèbvre, les places de Colonel et de Lieutenant-Colonel furent passées parmi les majors.

Adelin, qui depuis le premier jour de son entrée dans l’Etat-Major ne rêvait que le grade de Colonel, obtint celui-ci au prix de quinze francs. Les hausses étaient suivies par Charles Guillaume qui obtint ensuite le grade de Lieutenant-Colonel pour cinq francs.

Cosme Frédéric-Adelin était donc le chef principal de la Compagnie du Bambois qui s’est formée pour la première fois cette année, en 1893 donc. Les

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.8)

songes d’Adelin s’étaient réalisés.

A cette réunion, on parla de l’arrivée du Drapeau qui a été commandé à l’insu de la Jeunesse par les collecteurs Joseph Lefèbvre et Louis Kaisin-Robe.  Ils étaient maîtres de leurs idées. Ceux-ci n’ont jamais rendu tous leurs comptes publics, sauf ceux des habitants du Bambois qui ont été contactés par voie d’affiche. On parla de loin à la ronde de cette affaire, et même la rumeur publique lancée par des personnes inconscientes la rendait scandaleuse . Le Jeunesse n’a jamais su même l’adresse du fabricant qui était pourtant Bruxellois. Ils parlaient bien de passementiers mais ne renseignaient jamais l’adresse exacte .

L’arrivée du Drapeau avait été annoncée pour un jour, et ce n’est qu’après une longue et impatiente attente de huit jours plus tard qu’il arriva.

Les collecteurs n’ayant pas la somme intégrale du prix d’achat défendirent à l’état-major de s’emparer du Drapeau. Adelin s’engagea, lui seul, pour la moitié de la somme qui restait à payer, soit environ trente-deux francs. Des autres membres de l’Etat-Major ont collecté pour faire la somme totale.

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.9)

(p.9) Le Drapeau simple coûtait six cents francs, disaient-ils.

 

Inauguration du Drapeau de la Jeunesse de Bambois

 

Le Drapeau est donc enfin arrivé. On en parlait dans toute la commune comme d’une vraie panique.

Adelin, seul, se chargea de la fête d’inauguration.
D’après quelques jeunes gens contrariants – nous les appellerons ainsi – cette fête aurait du avoir lieu deux jours après l’arrivée du Drapeau, ce qui commença à attirer des chamailleries dans la Jeunesse. C’était chose vraiment impossible. 

Ça ne fut pas l’idée d’Adelin.

Voyant qu’il était impossible d’arranger le programme d’une fête en deux jours et d’en donner connaissance au public, Adelin, de concert avec l’Etat-Major, fixa cette fête pour dix jours plus tard, c’est-à-dire pour le grand jour de Pâques.

Un appel aux musiciens volontaires de la ville de Fosses avait été fait par Adelin qui avait recueilli trente-quatre membres. Une répétition de cette phalange musicale avait lieu dans

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.10)

la vaste salle de M. Vincent Leloup, à Fosses, le vendredi 30 mars, à huit heures et demie.

Adelin fit toutes les démarches nécessaires pour arranger un magnifique programme qui fut annoncé par voie d’affiches.

Le journal « Le Messager de Fosses » consacra pour cette fête l’articulet suivant dans son numéro du 2 avril, jour de Pâques :

« Demain dimanche, grande fête donnée à Bambois, à l’occasion de la réception du Drapeau de la Jeunesse.

« Après la grand’messe, bénédiction du Drapeau. A une heure, départ pour le Bambois.

« Le drapeau sera accompagné d’un corps de musique de volontaires, de la compagnie du Bambois et de la compagnie de Zouaves de Fosses.

« Evolutions militaires et feux de compagnies.

La fête eut un plein succès. Le soleil, qui était radieux, contribuait pour beaucoup à la fête. En voici un petit résultat extrait du journal « Le pays Wallon », de charleroi, à propos de cette fête, qui laissera parmi nous un souvenir inoubliable :

« Dimanche dernier, a eu lieu au hameau du Bambois ,

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.11)

(p.11) une fête militaire des plus imposantes, donnée à l’occasion de l’inauguration du drapeau de la Jeunesse du Bambois et de la formation de la compagnie devant assister à la marche Saint-Feuillen à Fosses.

« Depuis six heures du matin, on n’entendait que des coups de fusil et des roulements de tambour.

«  A deux heures, ,un immense cortège, venant de Fosses, entrait dans le hameau. Des centaines de personnes attendaient sur la route de Ligny à Denée.

« Le cortège était composé :

1° Des sapeurs de la compagnie du Bambois ;

2° Le Drapeau de la Jeunesse escorté de quatre gardes ;

3° L’Etat-Major de la Compagnie du Bambois au grand complet ;

4° Une société de musiciens volontaires de Fosses, au nombre de 34, en formation pour la marche St Feuillen ;

5° Une grande partie de l’Etat-Major de la compagnie de Fosses ;

6° La société des Zouaves avec leurs commandants, MM. Genart, Denis et Clocheret ;

7° La société des Grenadiers de Fosses ;

8° La Compagnie du Bambois.

« M. Frédéric-Adelin Cosme, au nom de la Jeunesse et de la Compagnie du Bambois, a souhaité la bien

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.12)

venue et remercié les sociétés présentes d’avoir bien  voulu répondre à son invitation.

« Les évolutions militaires ont été exécutées avec une justesse remarquable.

« M. Hallin a parlé, en termes bien éloquents, de la Jeunesse du Bambois et du drapeau que l’on inaugurait .

« La fête a pleinement réussi.

« Nos félicitations à M. Cosme, chef d’Etat-Major, MM. Guillaume, Gobert, Viroux, Georlette, Drèze, Thirot et Wiame, pour avoir apporté largement leur concours à la fête. »

 

« Adelin avait apprêté pour la circonstance, un discours qu’il refusa de prononcer à cause des discusions d’un peloton en formation. Ce discours basait sur l’union cordiale entre la Jeunesse et les habitants, entre le vieux et le jeune, le riche et le pauvre, le savant et l’illettré.

  1. Hallin, adjudant, lui, a pris la parole en ces termes :

« Mes chers Amis,

« Nous voici enfin arrivés à ce beau jour grandiose et remarquable, à l’inauguration solennelle de notre drapeau, que depuis longtemps on a tant désiré ; aussi nous devons en

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.13)

être heureux et fiers. Oui, messieurs, aujourd’hui pour nous, c’est une journée de fête et de réjouissances et nous devons rendre hommage à la bonne et loyale société harmonique de Volontaires de Fosses, qui est venue prêter son concours, afin de nous aider à lui donner un brillant succès. Je vous assure, mes amis, que notre petit hameau du Bambois a fait un grand devoir, une belle œuvre, qui méritent les éloges et les sympathies de tous et qui nous élèvent au rang de nos voisins, et il faut profiter de la maturité, de la sagesse et de l’expérience. 

« Le Drapeau ici présent, mes amis, est le Drapeau patronal au nom de la Jeunesse et appartenant à celle-ci, d’un commun accord avec l’Etat-Major, servira à la compagnie pour la marche de son patron. Nous devons donc, mes amis, présenter nos remercîments aux citoyens dévoués qui ont bien voulu se charger de faire toutes les démarches et soumissions devant le peuple pour amasser la somme nécessaire. J’ai aussi à vous faire remarquer que la vaillante jeunesse s’est montrée sympathique en versant son obole. Tous ensemble, mes chers amis, nous avons fait un effort suprême, riches et pauvres, vieux et jeunes, pour l’achat de ce Drapeau. Mais malheureusement,

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.14)

il est survenu une discorde dans la Société, chose qui m’est triste et regrettable de dire. Maintenant que les esprits sont apaisés, j’ai le ferme espoir que tout marchera dans l’ordre le plus parfait, le plus digne et qu’un accord patriotique règnera dans la compagnie.

« En ma qualité d’adjudant-major, mes chers amis, l’occasion ne s’est pas encore présentée pour vous témoigner mon remercîment et ma reconnaissance. Soyez persuadés que tout mon courage, mon zèle et mon dévouement ne laissera rien à désirer et j’exprime la conviction que sous mon commandement la compagnie marchera dans la voie du devoir ; sa prospérité, son esprit de corps, sa discipline, ne sont pas l’œuvre d’un seul, c’est l’oeuvre de tout l’Etat-major qui, par son courage et son dévouement, lu va rendre sa tâche facile, avec le concours de nos braves soldats. »

 

Voici donc, plus haut, le discours de M. Hallin reproduit textuellement.

M. Hallin a été applaudi par toute l’assistance.

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.15)

Le jour de l’inauguration du Drapeau, Adelin, en sa qualité de chef principal, prit le drapeau qui était riche et frais, qui n’avait jamais vu le jour au Bambois, et, en face d’une foule de monde, l’expose à ses yeux, puis, le donnant au Lieutenant-Colonel, mit aux enchères la place de Lieutenant Porte-Drapeau.

Qu’il était riche ce drapeau ayant pour insigne : La Jeunesse du Bambois, lettres chamarrées d’or ; l’image de saint Feuillen, notre vénéré patron, passement d’une main de maître ; une étoile au-dessus de sa tête semble briller parmi nous ; sous ses pieds, une charrue, instrument agricole le plus usité au hameau ; la date de son apparition : 1893 est dans un enjolivement qui l’enrichit ; toutes ces choses forment un splendide contour brodé d’or ; les franches (sic) dont il est bordé sont tout à fait éblouissantes. Il était surmonté d’un magnifique lion doré.

La place de porte-drapeau fut obtenue par M. Emile Ancelot. Adelin avait lu un règlement

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.16)

pour le Drapeau, et comme l’ayant composé il le tient dans ses archives. Le porte-drapeau avait obtenu cette place pour la somme de 41 francs.

Les places de gardes-drapeau furent obtenues au pris de 5 francs 50 centimes chacune par MM. Hallin Alfred, Fauchet Xavier, Rossomme Jules, Guillaume Léon.

Le local des réunions de l’Etat-Major a été obtenu par M. Célestin Monroy pour le prix de 40 frs. Les hausses étaient chaleureusement combattues.

Cette fête intéressa l’Etat-Major de 98 francs environ, somme dépensée en boisson et en poudre.

Les sociétés ayant participé à la fête n’avaient aucun frais à leur charge.

 

Nouveau peloton

 

Ensuite de cette fête se forma un peloton qu’on appelait communément « Les Bleus » et qui attira pendant plusieurs jours la discorde dans l’Etat-Major, comme le dit d’ailleurs par sous-entendu Mr Hallin dans son discours.

Adelin afficha, le 8 avril, dans le local respectif de l’Etat-Major en-dessous des pelotons nommés à ce jour, les phrases suivantes :

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.17)

« Chaque peloton se composera de huit hommes.

«  – A dater de ce jour, l’Etat-Major n’acceptera plus aucun officier avant que les pelotons sus-nommés ne soient complets.

« Il n’acceptera non plus les hommes ayant une tenue contraire à celle de militaire. Donc il refusera les hommes aux costumes ayant un caractère bizare. (sic) »

Ces phrases les surexcitèrent de nouveau, car ils croyaient eux-mêmes que leurs costumes ne possédaient rien du sens militaire.

Quelques jours plus tard, leur fureur s’apaisant, reconnaissant sans doute leur errur, ils adressèrent à l’Etat-Major supérieur une lettre demandant à entrer dans l’Etat-Major et à se régler avec ceux du même grade. L’un y entrait en qualité de capitaine, l’autre comme lieutenant.

Leurs pelotons qui s’appelaient autrefois « Les Bleus » étaient dénommés Turcos. Le Turco, où plutôt le costume de celui-ci, est une tenue de tirailleur d’Algérie.

Adelin, qui pourtant avait (sic) tombé plusieurs fois sous les coups de leurs mépris, les informa

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.18)

par écrit de la prochaine réunion.

A cette réunion, l’Etat-Major de la compagnie du Bambois se composait de presque tous les membres nécessaires .

 

Composition de l’Etat-Major

 

MMrs

Cosme Frédéric-Adelin, colonel ;

Guillaume Charles, lieutenant-colonel ;

Viroux Gustave, major ;

Gobert François, id. ;

Georlette Jules, capitaine des Grenadiers ;

Thirot David, lieutenant id. ;

Drèze Désiré, capitaine des Voltigeurs ;

Wiame Antoine, lieutenant id. ;

Thirot Pierre, capitaine des Zouaves ;

Thirot Charles, lieutenant id. ;

Siplet Désiré, capitaine des Turcos ;

Lempereur Jules, lieutenant id. ;

Hallin Eugène, adjudant-major ;

Ancelot Emile, lieutenant Porte-Drapeau ;

Wiame-Georgery Antoine, Tambour-major

Fauchet Léonard, Sergent-sapeur ;

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.19)

MMrs Epouse Pierre Thirot-Thomé, cantinière ;

Hallin Alfred, garde-drapeau ;

Fauchet Xavier,  id.

Rossomme Jules, id.

Guillaume Léon, id.

Adelin avait parlé de gardes-cantinières ; d’après quelques-uns c’étaient de (sic) membres inutiles ; il n’y en a pas eu ; mais l’erreur a été reconnue plus tard, car on a dû prendre deux des gardes-drapeaux pour lui servir d’escortes.

 

Versements

 

A chaque versement, le Colonel, le Lieutenant-Colonel et les Majors payaient frs 9,00 ; les Capitaines frs 7,00 ; les Lieutenants frs 4,50.

Seulement les frais de surplus se divisaient d’après les grades. Il y avait amende pour les membres qui, sans avertissement, n’assistaient pas à la réunion ; ces amendes servaient à participer à la location des effets des soldats, et ce d’après un règlement d’ordre intérieur dressé par le colonel Adelin.

Les autres officiers ayant obtenu une place

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.20)

ou un grade dans la compagnie devaient payer dans les mains de l’état-major et dans la première quinzaine d’août la somme dont ils étaient redevables et ce en un ou plusieurs versements à leur gré.

 

Règlement

Kermesse du Haut-Vent

 

La compagnie fit une sortie le jour de la kermesse du Haut-Vent, le 16 juillet.

Sur l’invitation de M. Léopold Gosset, colonel de la Compagnie du Haut-Vent, les hommes endimanchés et armés de leurs fusils, assistèrent à cette fête et furent mouillés jusqu’aux os. La réception de la Compagnie avait été faite par la jeunesse du Haut-Vent.

Adelin, pour donner du poids à la Compagnie qu’il dirigeait, composa un règlement qui a été accepté à la majorité des membres. Les Sieurs Thirot, Georlette et Lempereur avaient, sans motif, refusé de signer le règlement.

Ce règlement, qu’Adelin avait composé en peu d’instants, fut lu par lui, le 16 juillet,

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.21)

avant le départ pour la kermesse du haut-Vent, en présence de toute la compagnie en rang et sous un calme profond et une attention minutieuse.

Adelin le prononça ainsi :

« Messieurs,

« D’accord avec les membres de l’Etat-Major, de notre compagnie, j’ai dressé un règlement qui a été accepté.

« Vous savez, Messieurs, que pour avoir de l’ordre dans n’importe quelle société, il faut un règlement à suivre exactement.

« Voici donc, Messieurs, ce règlement qui en vous impose que de l’ordre. »

Inutile de retracer ce règlement qui avait été écrit avec goût et affiché dans la salle des réunions de l’Etat-Major.

Adelin termina par ces mots :

« Rappelez-vous, Messieurs, qu’il n’y a pas un an, personne d’entre nous n’avait la plus faible idée d’assister à la marche Saint-Feuillen avec une compagnie formée dans notre hameau du Bambois.

« Cependant, nos pères, nos ancêtres même, ont souvent tenté à avoir ici, dans notre Bambois si paisible, un drapeau aux insignes : Jeunesse du Bambois.

« Nous autres, nous avons ce Drapeau.

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.22)

« Nous avons aussi une compagnie en voie de se former.

« Que nous faut-il d’autre ?

« D’ailleurs, pourquoi nous autres, jeunes et vieux, ne serions-nous pas fiers de voir représenter dans la marche de notre vénéré patron, la Jeunesse de notre petit coin de terre aux humbles chaumières !

« Il y a donc deux mois à peine, nous fêtions l’inauguration de notre Drapeau ; fête des plus grandioses qui se remémorera longtemps.

« Aujourd’hui, que notre compagnie est presque formée, grâce à notre dévouement sans bornes, nous vous prions habitants de Bambois et braves soldats, à nous aider dans notre tâche, unissez-vous à nous pour rehausser l’éclat de notre compagnie, tenons-nous par la main en répétant sans cesse notre devise patriotique : « L’Union fait la force ».

Adelin montra le mode d’amende : il fumait un fin cigare à la première place de la compagnie en entrant dans le hameau du Haut-Vent. Les bouffées de fumée formaient de magnifiques panaches. Les soldats l’ayant remarqué, lui disent : « Mon colonel, vous êtes pris fumant, donc vous êtes amendable, conformément à un article du règlement que vous venez de lire. »

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.23)

Adelin de suite alla à sa poche et versa la somme dont il était redevable. Soit cinquante centimes pour tous les grades d’officiers et vingt-cinq pour les soldats. Le Lieutenant Wiame fut aussi amendé pour le même motif.

La compagnie fit une nouvelle sortie le 13 août et de laquelle il n’y a rien d’anormal à signaler.

 

Choix des costumes.

Nouveau Major.

 

Le 15 août, l’Etat-Major, divisé en deux, est allé inspecter les effets militaires : une moitié à Florennes et l’autre moitié à Charleroi. La seconde partie, de retour de Charleroi, après avoir visité les costumes, accompagnée de M. Morel François, s’amusa très bien à la station de Fosses et dans cet amusement chaleureux, M. Morel cassa le verre pour le grade de major chez Th. Mathot. Il fut très applaudi, et on descendit en triomphe de la gare jusqu’au centre de la ville de Fosses, en peloton et sous, son commandement. M. Morel possède depuis

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.24)

nombre d’années des racines de passion pour les plaisirs militaires.

La partie allée à Florennes, chez M. Morue, s’était engagée pour la location des effets nécessaires à la Compagnie du Bambois.

 

Kermesse du Bambois

 

Il y eu sortie de la compagnie le jour de la kermesse du Bambois, sortie qui avait été annoncée par affiches imprimées.

Ces affiches portaient pour texte principal :

« Les amateurs désireux de prendre part à la marche Saint-Feuillen sont priés de se faire inscrire aux chefs de pelotons avant le 13 août prochain, l’état-major devant savoir le nombre d’inscriptions pour aller choisir les costumes le 15 août.

« Les soldats qui n’ont pas de fusils doivent en prévenir leurs chefs de peloton avant la même date. Ces derniers se chargent de leur en louer pour tout le cours de la marche au prix qui leur sera fait lors de leur inscription.

« Toutes les détériorations faites à ces fusils

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.25)

sont à la charge des prenants. »

Puis l’Etat-Major était publié sur ces affiches : venait en première ligne l’état-major général, puis l’état-major subalterne sur deux colonnes : les capitaines à droite et les lieutenants à gauche.

L’adjudant Hallin avait été omis par erreur de l’affiche par le Colonel. M. Hallin, très vexé, voyant qu’on le faisait passer pour rien et lui qui se donnait tant de peine, disait-il, a écrit une longue lettre de reproches sur ce motif au Colonel Frédéric-Adelin.

Nous trouvons inutile de reproduire cette lettre, écrite avec une vraie audace inouïe du sens militarisme. M. Hallin est un ex-soldat de l’armée belge.

Après lecture de cette lettre, Adelin est allé, le soir-même, trouver l’adjudant et d’un commun accord, la faute fut réparée.

Adelin avait été saisi de cet oubli et eut un regret de celui-ci qui l’ébranla jusqu’aux dernières fibres du cœur.

  1. Hallin qui pourtant était animé d’un rare courage, se sentit comme terrassé dans son for intérieur par l’affront comme il le

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.26)

prenait – fait involontairement par le colonel . Il voulait se servir comme arme meurtrière contre le colonel, d’une lettre donnant sa démission d’adjudant. Cependant il travaillait de toutes ses forces pour militariser tous les hommes du hameau.

Adelin avait invité à cette kermesse de Bambois, avec l’intervention de la Jeunesse qui payait la réception, les compagnies de Fosses, de Névremont, Haut-Vent, Maison, Sart-St-Laurent et Vitrival.

La compagnie de Vitrival, sous le nom du colonel Polet, a répondu qu’il lui était impossible de se rendre à Bambois s’étant promis pour la kermesse de Roux, ce jour-là, mais qu’elle ferait son possible pour se rendre à Bambois avant la Saint-Feuillen.

Elle n’est pas venue à Bambois.

La compagnie de Sart-St-Laurent n’a pas répondu à l’invitation ; elle a réciproqué à celle du Bambois.

Adelin, pour donner un grand éclat à la kermesse, a fait insérer dans le Pays Wallon, de Charleroi, l’article suivant :

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.27)

Depuis quelques années, la plupart des communes du canton de Fosses sont en mouvement pour la formation des compagnies en vue de la marche Saint-Feuillen, qui aura lieu à Fosses le 24 septembre prochain.

« Tous nos environs fourmillent de soldats, toutes nos rues, nos places publiques, sont chaque soir couvertes de jeunes gens faisant des évolutions militaires, répétant des airs joyeux pour la circonstance. Les états-majors de plus de vingt-cinq compagnies sont formés pour cette marche, qui est l’objet de toutes les conversations.

« Dimanche 27 août courant, le hameau de Bambois sera en fête.

« A l’occasion de cette fête, que nous appelons la petite Saint-Feuillen, et qui promet d’être des plus imposantes, il y aura un grand cortège composé des compagnies de : 1° Bambois ; 2° Fosses (société de musique) ; 3° Fosses (compagnie) ; 4° Haut-Vent ; 5° Névremont ; 6° Maison-Bossierre ; 7° Vitrival ; 8° Sart-St-Laurent, etc.

« Le cortège précédé du Drapeau et de la jeunesse du Bambois, suivra l’itinéraire que voici :

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.28)

Stampia, rue de Fosses, rue du Baty, rue du Gonoy, route de Ligny à Denée, place Baud’huin, rue du Grand-Etang, rue du Haut-Vent et Stierlinsart.

« La réception de ces compagnies aura lieu à 2 heures, par la Jeunesse et l’état-major de la compagnie du Bambois.

« Le soir, il y aura une belle illumination et, à 11 heures, une retraite militaire clôturera la première journée de la fête. »

Le Messager de Fosses, de son côté, parla ainsi :

« A l’occasion de la kermesse du Bambois, qui aura lieu le 27 courant, il y aura un grand cortège composé des compagnies de Bambois, Fosses (musique), Fosses (compagnie), Haut-Vent, Nèvremont, Maison-Bossière, etc. La réception des compagnies aura lieu à 2 heures, par la Jeunesse et l’état-major de la compagnie du Bambois.

« A 3 heures, défilé et grandes évolutions militaires.

«  Le soir, bal populaire et illumination. »

Toute la matinée et même jusque vers trois heures après-midi une pluie diluvienne n’avait

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.29)

cessé de tomber. Vers quatre heures, les compagnies entrent dans le hameau ; le cortège annoncé a été impossible. Tous les chemins traversant le Bambois étaient noirs de monde.

Cette fête avait attiré au hameau de Bambois, commune de Fosses, non seulement les compagnies précitées, mais une foule considérable de personnes suivant les compagnies de leurs villages respectifs, et plusieurs groupes des villages de Lesves, Saint-Gérard, Mettet et Graux.

Le colonel Adelin, voyant ce monde immense, ses peines données par un travail opiniâtre, ayant porté fruits, se sentait comme emporté dans un esquif de bonheur.

Le Messager de Fosses en donnait le résultat en ces termes :

« La kermesse de Bambois de dimanche dernier a été très animée. Cinq compagnies s’y étaient donné rendez-vous, ce qui avait attiré foule de monde. »

 

Comptes. –  Secrétaire. – Trésorier.

 

Adelin, un ou deux jours après chaque sortie fai-

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.30)

sait assemblée générale afin de savoir comment allaient les comptes.

Les comptes étaient tenus par M. François Gobert, major, celui-ci comme Trésorier, et par M. Jules Georlette, capitaine, comme Secrétaire.

 

Tambours. Clairons.

 

Comme tambours de la compagnie étaient Jean-Baptiste Sohy, du Scul de Poule (Fosses), loué pour toutes les opérations de la marche au prix de 25 frs, et Florent Lainé, dit Gravé, également de Fosses, aux mêmes conditions, pour 20 frs.

Pour la kermesse de Névremont, ou huit jours avant la Saint-Feuillen, deux Namurois jouaient le tambour pour la compagnie au prix de 4 francs chacun.

Pour la marche Saint-Feuillen, le dimanche et le lundi, ces deux tambours namurois, qui n’étaient pas batteurs de première force, jouaient le tambour au prix de 15 francs chacun et pour les deux jours. M. Degeneffe, celui qui les

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.31)

fournissait, avait passé contrat comme suit :

 

« Contrat de location

« Entre le Sieur Léon Degeneffe, demeurant rue Notre-Dame, 17, à Namur, d’une part et l’Etat-Major de la compagnie du Bambois-Fosses, d’une autre part, il a été convenu ce qui suit :

« M. Degeneffe donne en location au sisdit Etat-major qui accepte pour les 24 et 25 septembre prochain, à 6 heures du matin, deux bons tambours au prix de 15 francs chacun et ce pour les deux jours.

« S’ils ne se rendent pas aux jours et heures ci-dessus, M. Degeneffe s’engage à payer les dommages réclamés par la compagnie.

« L’Etat-Major s’engage à payer la somme le 25 septembre, au soir.

« Fait en double à Bambois-Fosses, le 27 août 1893.

 

« Le Fournisseur                                 Pour l’Etat-Major de la Cie du Bambois,

(signé) Degeneffe                                    …

 

Comme clairons jouaient un homme de Vitrival, pour huit francs, les dimanche et lundi, et Edouard Baclin, de Bambois, pour cinq francs ; leurs habillement, nourriture et

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.32)

logement étaient fournis par l’Etat-Major comme les tambours étrangers d’ailleurs.

Le clairon de Vitrival est venu accompagner gracieusement la compagnie le jour de la kermesse de Maison.

 

Fusils

 

Les fusils ont été fournis en partie par le susnommé Degeneffe, de Namur, qui les prenait chez un escrimeur de cette ville.

Il avait été question que la compagnie aurait eu deux clairons militaires qui auraient joué gratuitement ; mais ils n’ont (sic) pas venu faute d’instruments. Ils étaient engagés par un jeune militaire du Bambois.

Mais comme c’était gracieux cette musique harmonisée de tambours et clairons !

 

Effets militaires

 

Les effets de la compagnie ont donc été

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.33)

fournis par la maison Morue, de Florennes. Ils étaient d’une propreté remarquable. Charles Guillaume est allé les chercher avec son chariot pour le modique prix de huit francs.

A la sortie du 10 septembre, quelques soldats s’étaient revêtus de leurs costumes pour l’inspection de ces derniers. La chose n’avait pas été obligatoire. Aucun fait n’avait été remarquable ce jour-là.

 

Bénédiction des armes

Kermesse de Névremont

 

Le 18 septembre, jour de la bénédiction des armes, une pluie torrentielle n’avait cessé de battre depuis le matin.

Malgré ce temps détestable, la compagnie de Fosses a (sic) sorti et a fait bénir ses armes à l’issue de la grand’messe.

Vers midi, le ciel s’éclaircissant, Adelin s’est rendu à Bambois pour informer les hommes de la compagnie que le départ de celle-ci aurait lieu à 2 heures. Adelin revenu à cheval à Fosses,

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.34)

s’est revêtu de son uniforme de colonel. Il était beau cet uniforme :les épaulettes étaient neuves et ainsi que tous les ornements. Dans les plumages, il n’y avait aucune distinction. Adelin avait le même que ceux des majors ; seules les épaulettes le distinguaient du grade de colonel.

A deux heures, Adelin était au lieu de rendez-vous, et vers trois heures, la compagnie se mettait en marche vers l’église collégiale de Fosses où a eu lieu la bénédiction des armes, par M. Mallar, le Révérend Doyen. Le Drapeau fut aussi béni en même temps.

Une averse avait recommencé de plus bel. (sic) Aucun soldat, sous son bel uniforme, ne reculait pour ce temps désastreux.

On eut dit qu’ils partaient pour la guerre et que, s’ils ne remportaient pas la palme, ils mourraient à la brège. (sic)

 

Effectif de la Compagnie

 

Comme ils étaient heureux de voir

 

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.35)

leur petit coin de terre du Bambois si humble, représenté pour la première fois dans une marche par une Compagnie de 103 hommes, état-major compris.

Après la bénédiction des armes, on eut difficile de se décider et d’aller à la kermesse de Névremont, la pluie tombant toujours avec une violence extrême.

La nuit approchait. Adelin, tout désappointé, dit à ses officiers : « Rendons à la compagnie de ce hameau l’hommage réciproque », puis, s’avançant en face de la compagnie, il dit aux soldats : « Les soldats qui ne veulent pas assister à la kermesse de Névremont sont complètement libres. »

Cinq minutes plus tard, la compagnie au grand complet traversait les rues de la ville de Fosses et se dirigeait vers le hameau de Névremont.

La réception, qui fut très agréable, a été faite par le colonel Joseph Crasset, de la compagnie de Névremont.

Le soir, par un clair de lune, la

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.36)

compagnie rentrait dans ses parages en fredonnant quelques refrains de chansons patriotiques.

Huit jours nous séparaient de la grande fête septennale de Saint-Feuillen.

 

Bienfaiteurs. Don. – Dîners

 

Quelques bienfaiteurs ont payé la location de 3 costumes de soldats, je crois, à l’Etat-Major, pour les amateurs nécessiteux.

  1. Devillers, brasseur à Fosses, a fait don d’un tonneau de bière à l’Etat-Major de la compagnie du Bambois. Les soldats pouvaient boire à volonté à ce tonneau qui était déposé au lieu désigné par l’Etat-Major.

Celui-ci, pour l’exempter des ruses et de tous embarras le jour de la marche avait donné un franc à chaque soldat pour son dîner. Il avait la faculté d’aller où bon lui semblait. Quelques officiers de l’Etat-Major, malgré le franc versé, réconfortaient eux-mêmes leurs soldats.

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.37)

Les autorités communales de la ville de Fosses adressèrent à Adelin, commandant de la Compagnie du Bambois, la lettre suivante :

« Monsieur,

« Vous êtes invité à vous trouver avec votre compagnie à Fosses, le 24 de ce mois, à 8 heures précises du matin, dans la rue du Faubourg de France, où la place que vous devrez occuper vous sera indiquée par une commissaire.

« Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de nos sentiments distingués.

 

                                                                    « L’Echevin délégué,

                                                                       « Dr Arnould. »

 

Chacun porte un goût remarquable pour le recurage de son fusil, de son sabre, en un mot du grand netoyage de son effet. Comme tout reluisait ! Tout soldat voulait rivaliser de zèle et de propreté avec son voisin.

Le samedi, veille de la fête, la désolation la plus poignante se jetait dans les cœurs : la pluie tombait par torrents. Quel malheur ! s’écriait-on.                 

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.38)

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.39)

Le jour de la St-Feuillen

 

Le dimanche, l’aube du jour paraissait encore brouillé par quelques nuages ; mais à 7 heures, un soleil radieux nous souriait.

Adelin était éveillé à l’aurore du jour pour guêter (sic) le temps.

Le rassemblement de la compagnie est difficile.

A 8 heures et demie, la compagnie du Bambois longeait la route de Ligny à Denée. Elle était suivie de celle de Maison-Bossierre. (sic)

La compagnie du Bambois était reçue au Faubourg de France, par un commissaire, M. Jules Chaltin, receveur communal, lequel, après avoir versé dix francs dans les mains de l’Etat-Major, l’a conduite à sa place respective, numéro 16, dans la marche.

Voici, par ordre, les compagnies qui assistaient à la procession, en 1893 :

1 Fosses

11 Haut-Vent

2 Vitrival

12 Lesves

3 Floreffe

13 Maison-Bossierre (sic)

4 Mettet

14 Buzet

5 Falisolle

15 Bois-de-Villers

6 Devant-les-Bois

16 Bambois

7 Roux

17 Ham-sur-Sambre

8 Aisemont

18 Arsimont

9 Névremont

19 Biesmes (sic)

10 Sart-Saint-Laurent

20 Malonne

 

 

A neuf heures, le cortège se met en mouvement et le défilé commence. Il dure une heure et quart.

Adelin et ses majors étaient heureux de se voir à cheval à la tête d’une compagnie, au milieu de plus de cinquante mille personnes et d’un effectif de compagnies de plus de trois mille hommes.

La compagnie de Bambois se trouvait donc ainsi entre celles de Bois-de-Villers et de Bambois.

Toute la compagnie avait su se pomponner élégamment.

Dans le cortège, la compagnie marchait correctement. Adelin, se retournant de temps

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.40)

en temps, accompagnait d’un clin d’œil son regard de satisfaction donné aux chefs ou aux soldats.

Il est inutile de féliciter les capitaines et les lieutenants qui avaient su en peu de temps apprendre leurs exercices grâce aux bonnes leçons orales du théoricien, l’adjudant Hallin, et ensuite de les inculquer aux soldats. De cheval, à la tête de la compagnie, one ne voyait que schakos (sic) et pompons allignés (sic) soigneusement.

Le sergent-sapeur, Léonard Fauchet, une grande scie à la main, barre le passage à la foule et est suivi de huit sapeurs presque tous courbés sous le faix du travail. Faudchet remplit dignement sa tâche.

Le tambour-major, Antoine Wiame, d’une allure guerrière, dirige les quatre tambours et les deux clairons qui remplacent un fifre.

Le colonel et le lieutenant-colonel sont sur un rang et les trois majors sur un autre, aux uniformes très riches et d’une fraîcheur remarquable. Ils montaient tous des chevaux de labour.

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.41)

Adelin avait loué son cheval au sieur Auguste Thirot, pour 15 francs, plus 2 frs de pourboires. Ch. Guillaume possédait une chabraque de valeur.

Puis viennent les pelotons de grenadiers aux gros bonnets poilus et ensuite le drapeau et ses gardes. Puis les voltigeurs (chasseurs à pied), la cantinière, de laquelle des journaux étrangers à la localité ont fait l’éloge sur son âge avancé ; les zouaves (soldats d’infanterie) et les turcos (tirailleurs d’Algérie).

Les compagnies qui doivent se placer par bataillons carrés arrivent à la première station nommée « au Pauche » où doit avoir lieu la première bénédiction. Ensuite viennent les châsses de la Sainte-Vierge ; le buste de Saint-Feuillen et ses reliques ; le saint Sacrement.

Deux hommes du Bambois : Henri Dubois et Camille Poulet, sont dans la Garde d’honneur à cheval qui prend place aux coins du dais. La gendarmerie nationale ferme la marche.

Les décharges des compagnies commencent.

Vient le tour de celle du Bambois.

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.42)

Les soldats, sous l’habile direction de l’adjudant Hallin, présentent les armes à l’arrivée du colonel Cosme Frédéric-Adelin. Son cheval sentant le pressentiment de son cavalier se cabra à plusieurs reprises, et aux mots de : « en joue » plusieurs soldats déchargent. Adelin voyant défaite complète, était comme fou, il suffoquait. Ensuite il éperonna son cheval et vint commander le reste de la décharge. Les soldats semblaient mécontents de ce manque de décharge.

Puis, accompagné des majors, Adelin alla chercher la bénédiction au grand galop, puis encore, entre les décharges, il courait à l’amble (sic) ou concouraient au plus vite.

Plusieurs compagnies avaient aussi manqué leur première décharge.

Les décharges qui sont commandées alternativement par grades : à la Couture Mathot,  Greffes de la Folie, par Gobert et Campagne de Lalou, par Morel, ont pleinement réussi.

Une heure de repos pour le dîner.

La compagnie du Bambois cantonna au Faubourg de France.

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.43)

La compagnie du Bambois est la plus tardive pour rentrer dans le cortège. Elle avait (sic) resté une heure et demie, et elle eut arrivé dernière à la station : Greffes de la Folie, si les compagnies devant la suivre n’avaient fait une halte près la ferme de Doumont et la laissait prendre son numéro d’ordre.

De l’Eglise, Faubourg de Lège (sic), de Saint Roch (sic), Campagne du Pauche, Couture Mathot, route de Ligny à Denée, Faubourg de France, des Quatre Bras, rue de la Station, campagne du Chêne, place de la Briqueterie jusque l’Eglise, c’était une véritable haie humaine. – Jamais, me dit une octogénaire, la ville de Fosses n’a vu un monde aussi considérable. Plus de 600 voitures stationnaient sur les routes et dans les champs voisins de la ville.

A sept heures du soir, les choses sacrées rentrent à la collégiale. Les troupes forment deux haies de Saint-Roch à l’Eglise pour les laisser passer. Puis les troupes rentrent en ville où on ne voit qu’un riant tableau de têtes vivantes, et chaque compagnie fait successivement un feu de file

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.44)

en passant près de l’Eglise du vénéré Saint.

Aucun incident n’est à signaler de toute la journée.

 

Le Lundi.

 

Le lundi, la compagnie du Bambois est retournée à Fosses et a rendu les honneurs à M. Franceschini, Bourgmestre et notaire, et à M. l’abbé Mallar,  curé-doyen. Adelin était fier de la charge qui l’incombait : présenter un sabre aux plus hauts magistrats de la commune. La compagnie a été royalement reçue.

La compagnie du Bambois était d’une propreté si remarquable que le bourgmestre pensait, et lui disait même, de lui donner un prix de propreté ; mais comme cela n’était pas dans l’usage, il lui a fait l’honneur de sa maison et de son parc.

Quant au Révérend Doyen, il la complimenta tant sur la mise que sur l’ordre. Il fit entrer tout l’Etat-Major au presbytère, lui offrit le vin à volonté et lui désigna une infinité de cafés où il pouvait rafraîchir ses soldats.

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.45)

Les compagnies de Sart-Saint-Laurent, Vitrival, Maison-Bossierre, Aisemont, Névremont et Haut-Vent, s’y trouvaient encore.

 

Le Mardi.

 

Le mardi, la compagnie a sorti en partie à Bambois où elle a, pour ainsi dire, parcouru toutes les rues du hameau et fait halte en face de tous les estaminets. Adelin se trouvait toujours à la tête pour donner le commandement d’ordre.

 

Remise de Médailles

Noms des Décorés.

 

Le dimanche 1er octobre, la compagnie, presque au complet, s’est rendue à Fosses, avec les vétérans, pour fêter les décorations de ces derniers.

Les vétérans du Bambois qui ont obtenu des décorations, ceux qui autrefois ou du moins la majeure partie était de la compagnie de Fosses, sont :

1 M. Thirot Auguste ;

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.46)

2 M. Doumont Auguste ;

3  Georgery Léopold ;

4                   Feuillen;

5  Carillon Charles;

6  Brosteau Constant;

7  Gravy Sylvain ;

8  Preudhomme Pierre.

 

Chaque compagnie n’a droit qu’à cinq médailles ; l’Etat-Major de la compagnie du Bambois, pour récompenser plus de vétérans, en avait acheté trois.

Le matin, des soldats de la compagnie avaient rendu les honneurs à quelques officiers et l’après-midi, étant plus ou moins surexcités par l’alcool, ils étaient très agités, si bien que sur la place du Marché, à Fosses, si calme et gaie à la fois qu’était la compagnie, un homme, honnête pourtant, et dont nous tairons le nom, mais qui ne faisait aucunement partie de la compagnie, avait, avec l’aide d’officiers ivres, enfreint les ordres d’Adelin.

C’était vraiment chose intolérable, de se voir ainsi déshonorer après un (sic) rude campagne.

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.47)

Adelin pourtant braverait la mort pour la patrie en danger si la cuirasse et le casque garnissaient son corps et si sa main était armée d’une rapière.

Il ne porta aucunement rancune à n’importe qui d’eux, et une heure plus tard, toute la compagnie goûtait la dive bouteille en la demeure d’Adelin.

Le désordre de la place du Marché avait amené plusieurs chamailleries dans la soirée.

 

Kermesse de Maison

 

Le 8 octobre, la compagnie s’est rendue à la kermesse de Maison ; celle de Fosses y était allée également. Elles ont été très bien reçues par la jeunesse et par l’Etat-Major dont M. Amand Wotez était colonel.

 

Caisse Sociale.

 

Comme je l’ai déjà dit, les capitaines et les lieutenants payaient à peu près à tiers avec les

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.48)

majors.

Les frais de la compagnie avaient été compensés au-dessous du fond. Pour la kermesse de Maison, qui était la dernière sortie, on se fiait sur un fond qui était moyen, mais après, avec les réclamations qu’on ne comptait pas on se trouva court.

Après il est très difficile de rassembler les officiers pour payer les quelques restes.

Il est bon dans un Etat-Major, comme dans n’importe quelle société, de former un fond d’environ 25 francs au minimum, à partager entre les officiers de l’Etat-Major environ un mois après la marche, car quoiqu’il n’y ait plus rien à payer, il y a toujours des réclamants échappés de mémoire.

 

Conclusion.

 

Nous avons eu à remarquer dans l’Etat-Major général de la compagnie, l’énergie trop douce du premier chef Adelin Cosme à l’égard de ses subordonnés, on l’a vu sans

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.49)

conseils préliminaires diriger loyalement. Jamais un homme, ni chefs ni soldats, n’a eu à se plaindre de son commandement, jamais non plus une de ses brusqueries militaires n’est sortie de sa bouche, et malgré ses manières trop sympathiques, ses soldats semblaient le vénérer.

En sa qualité de colonel, il savait que, pour avoir de l’ordre dans une compagnie, il fallait que les haltes de celle-ci ne soient pas trop lentes, surtout vers le soir, car c’est alors que surviennent les querelles à cause de l’ingurgitation de liqueurs alcooliques (sic) ce qui est impossible d’empêcher aux soldats. Il fallait de son côté et ainsi que ceux des officiers une patience incroyable pour le rassemblement des hommes et que, de bonne heure, il fallait disperser la compagnie.

Nous avons eu aussi à remarquer le major François Morel, vétéran de Saint-Feuillen, qui fait honneur à la compagnie en portant dignement la Croix commémorative de notre Saint Patron. Il a fait pendant huit marches

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.50)

consécutives les fonctions d’adjudant dans la cavalerie – compagnie de Fosses – et il estimait à tel point les habitants de son hameau que, quand on y a formé une compagnie, il n’a plus répondu à l’appel que lui faisaient les fossois. (sic)

Il a dans l’état-major de la compagnie du Bambois : son beau-fils, Hallin Eugène, comme adjudant ; son petit-fils, Hallin Alfred, garde-Drapeau, et encore, son neveu, François Gobert, comme major.

La famille Thirot a donné aussi plusieurs membres à l’Etat-Major : madame Pierre Thirot-Thomé, comme cantinière ; ses deux beaux-fils, Charles et David, enfants du première mariage de son mari, étaient lieutenants ; il avait été question d’un troisième, qui aurait rempli les fonctions de héraut, mais le sort le désigna pour l’armée Belge. (sic)

Le lieutenant-colonel Guillaume et les majors Viroux et Gobert avaient l’air de braves guerriers et parfois l’un ou l’autre semblait redoutable avec son allure belli-

(1893 – Frédéric-Adelin Cosme / La marche militaire de Bambois – Li mârche militaîre do Banbwès, p.51)

queuse.

Le capitaine Drèze, avec son allure martiale, passait, d’après la rumeur publique, pour le bel officier de l’Etat-Major.

Georlette et Thirot David avaient un cachet spécial du militarisme. Thirot Pierre avait une prestance magnifique.

Le lieutenant Wiame, comme ex-soldat de l’armée Belge (sic), un peu exalté quand même, remplissait sa tâche d’une manière irréprochable.

Quant aux chefs des pelotons, des Turcos, nous nous tairons de tout éloge.

A la dernière réunion, on se sépara comme les membres d’une même famille partant pour un voyage et se promettant de se voir tous ensemble à la prochaine marche de Saint-Feuillen. 

 

Fait à Fosses le 10 Novembre 1893, par le Colonel de la Compagnie du Bambois.

 

                                                      /signé F(rédéric) Cosme/

1.2   de 1893 à 2043 / di 1893 à 2043

LI MÂRCHE SINT–BIÈTRUMÉ DO BANBWÈS

 Li Banbwès mârcheûve dèdjà au Sint-Fouyin à Fosses dèviè l’mitan do 19e siéke, quékefîye dispûs 1830 (l’ indèpendance) ou dispûs 1815 (li victwêre di Watèrlo).

Lès plotons do Banbwès pwatenut dès-unifôrmes bèlgo-holandès come lès cias qu’ is  pwârtin.n à Watèrlo. I gn-a one ècsèpcion : on ploton d’ zouwâves.

Li preumî drapia do Banbwès a stî faît en 1893. Li sint qu’aparèt d’ssus èst sint Fouyin, vèyantmint qu’ gn-aveûve co pont d’ èglîje au Banbwès (èle date di 1902).” (Roger Viroux)

1893

1893 Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois ) - li preumî drapia / le premier drapeau

(… – 1872 … ) in: Chapelle M., Angot R., Les processions et la marche militaire de la Saint-Feuillen à Fosses-la-Ville, s.d.

 

(p.283) Les Compagnies des hameaux

La Marche Saint-Barthélémy au Bambois

 

Comme à Haut-Vent et à Nèvremont, les Marcheurs du Bambois for­ment une Unité indépendante que l’on range, à Fosse-centre, dans les for­mations dites « extérieures » ; ceci entraîne, pour cette Unité, un Etat-Major propre.

C’est, exactement, en 1893 que fut créée la Compagnie du Bambois et ce pour prendre part à la Procession septennale. (1)

Le « Sergent-sapeur » était Léonard Fauchet ;. « l’Adjudant-major », Eugène Hallin ; le « Tambour-major », Antoine Wiame-Georgery ; la cantinière, Madame Pierre Thirot-Thomé ; le « colonel », Frédéric Cosme et le « lieutenant-colonel », Charles Guillaume ; les « majors » François Gobert, Gustave Viroux et François Morel ; les officiers de peloton, savoir : le « capitaine » Georlette, Jules et le « lieutenant » Thirot David (Grenadiers), le « capitaine » Drêze Désiré et le « lieutenant » Wiame Antoine (Voltigeurs), le « capitaine » Thirot Pierre et le « lieutenant » Thirot Charles (Zouaves), le « capitaine » Siplet Désiré et le « lieutenant » Lempereur Jules (Turcos).

Enfin, le « lieutenant » porte-drapeau était Monsieur Lancelot Emile, entouré des « gardes-drapeau » ci-après : Hallin Alfred, Fauchet Xavier, Rossomme Jules et Léon Guillaume.

 

(1) Voir Ch. Clochereux, «A l’heure des tambours et des fifres », Ed. de l’Association des marches folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse, Imp. Guillaume, Acoz, 1972, p. 86. Voir aussi le « M.d.F. » du 10-08-69, n° 32 et le manuscrit inédit dû à la plume de Monsieur Cosme Frédéric-Adelin et intitulé « Compagnie de Bambois 1893 Première année de fondation ».

Dans sa relation de la Saint-Feuillen de 1886, Jos. Noël signale le sieur « Coume» en qualité de porte-drapeau.

En réalité, il s’agit de Frédéric-Adelin précité, lequel écrit dans son manuscrit à la page 5 : « Pourtant en 1886, dernière marche Saint-Feuillen, j’occupais déjà dans la Compagnie de Fosses, la place de Lieutenant Porte-Drapeau, grade qui me coûtait 100 francs approximati­vement, tous frais, et que j’ai tenu pendant le terme de 7 ans ».

D’autre part, il est bon de rappeler que le Conseil communal, le 2 août 1872, avait voté un subside de 150 F au profit de la Compagnie de Haut-Vent-Bambois pour l’aider à « couvrir les frais qui seront occasionnés par la marche de St Feuillen ».

(p.284) Ajoutons que le drapeau de la Jeunesse porté en Procession, fut inauguré le jour de Pâques 1893, avec participation des formations suivantes :

  1. Les sapeurs de la Compagnie du Bambois ;
  2. L’Etat-Major de la Compagnie du Bambois au grand complet ;
  3. Une Société de musiciens volontaires de Fosse, au nombre de 34 ;
  4. Une bonne partie de l’Etat-Major de la Compagnie de Fosse-centre ;
  5. La Société des Zouaves de Fosse ;
  6. La Société des Grenadiers de Fosse ;
  7. La Compagnie du Bambois.

 

A la kermesse du Bambois, cette année-là, le 27 août, il y eut un important cortège composé des Compagnies suivantes : Le Bambois, Fosse (la Musique), Fosse (la Grande Compagnie), Haut-Vent, Nèvremont, et Maison-Bossière (Saint-Gérard). On notait aussi des délégations de Mettet, Lesve, Saint-Gérard et Graux.

Le cortège — une vraie petite Saint-Feuillen avant la grande, celle du 24 septembre — suivit l’itinéraire suivant signalé par Frédéric-Adelin Cosme dans son manuscrit inédit, pages 28 : « Stampia, rue de Fosses, rue du Baty, rue du Gonoy, route de Ligny à Denée, place Baud’huin, rue du Grand-Etang, rue du Haut-Vent et Stierlinsart ».

A cette époque, on en était à l’âge d’or de la Marche Saint-Feuillen, dont la sortie de septembre réunit, comme on le sait, 20 Compagnies qui défilèrent devant plus de 40.000 personnes. A ce propos, notons que la Compagnie du Bambois comptait, à elle seule, 103 hommes « sous les armes ». (1)

 

  • Voir le « d.F. » du 10-08-69, n° 32 et le manuscrit Cosme, p. 35.

1893 Li mârche Sint-Biètrumé do Banbwès / La marche Saint-Barthélemy de Bambois

(in: Le Marcheur, 228, 2018, p.22-25)

1907 

1907 Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(in: Le Pays wallon, 1907)

1928

1928 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(Emile Genot (1868-1949) au St-Fouyin (grand-mononke dau Dr Wauthy))

1935 

1935 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois )

(foto / photo: collection Henri-Pierre Barnabé)

1935 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois) : li Côrps d' Ofice / le Corps d'Office (in: Roger Golard, Chroniques des marches passées, T2, 1914-1940, AMFESM, 2008, p.18)

” En 1935, li compagnîye do Banbwès, rèfwârcîye pa on ploton d’ mârcheûs (di …)  èt l’Fanfâre di Maujo, èsteûve sûr li pus grosse compagnîye do Sint-Fouyin.

Li londi, ils ont co dèfilé dins l’ Banbwès èt dins Maujo èt ièsse riçûs à l’ brèssène, èwoù-ce qu’ is n’ ont sûremint nin ieû swè ! Il avin.n quand min.me rivenu à waîre près en rangs jusqu’ au Banbwès !” (Roger Viroux)

1942

En 1942, la St-Feuillen en armes fut interdite par les autorités nazies. Qu’à cela ne tienne, les marcheurs défilèrent et les gens avaient pour armes des sachets (en wallon “satchots”) qu’ils gonflaient avant de les faire éclater lors des “décharges” ! On appela cette marche particulière “li mârche aus satchots”. Des marcheurs de Bambois y participèrent, dont mon papa, Roger Viroux, alors âgé de 14 ans.

” Timps dè l’ guêre, en 1942, nin quèstion di s’ pormwin.ner avou dès fisiks èt dè l’ poûre, èt boté à sôdârt : ç’a stî ç’ qu’ on-z-a lomé « l’ Sint-Fouyin à satchots ». On-z-a faît l’ toû come tofêr. Nos-ôtes, djon.nias èt gamins do Banbwès, nos-avans stî à mèsse au Banbwès. Nosse curé nos-a faît r’tirer tos lès rubans avou l’ drapia bèlje èt nos-avans d’chindu à Fosses avou nos mitches. Nosse curé aveûve saquants mile satchots d’ papî come on-z-aveûve dins lès botikes. Nos lès gonflin.n, nos nos mètin.n su one lignîye èt on comandeûve à toû « Feu ! » èt nos foutin.n on côp d’pougn au satchot, qui boucheûve ! On s’a bin amûsé ! I gn-aveûve pont di tch’vaus, mins si dji m’ sovin bin, dès baudèts ! ” (Roger Viroux)

1949

En 1949, cinq ans après la dernière guerre mondiale, la St-Feuillen se déroula d’une façon particulière. Elle fut l’occasion pour de nombreux participants, anciens prisonniers, de fêter leurs retrouvailles de façon bien arrosée. Enormément de marcheurs ivres-morts étaient étalés dans les rues de Fosses ou s’appuyaient tant bien que mal contre les façades. Un spectable étonnant mais bien compréhensible…

” Dji m’ sovin do Sint-Fouyin d’ 1949 èto : li guêre èsteûve finîye èt dès djins qui n’ s’ avin.n pus vèyu dispûs d’vant ’40 si r’trouvin.n. Dji n’ a mauy vèyu ostant d’ djins sôs à Fosses ! Taurd au nût, su lès trotwêrs

dè l’ place do Mârtchi èt do Tchapite, gn-aveûve dès-omes coûtchîs,  achîds ou ascropus qu’ ratindin.n’ di s’ rifé ou qu’ on lès v’niche riqwê ! ” (Roger Viroux) 

1956

1956 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

1956 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

1956 (et non 1963) (in: Le Marcheur, 204, 2012)

“En 1956, li Banbwès aveûve one bèle compagnîye. L’ Etat-Major èsteûve télemint ènondé, qu’ is d’visin.n di marcher tos l’s-ans ! Mins l’ dîmègne d’ après, il ont bwèvu tot ç’ qu’ i d’mèreûve è l’ caîsse !” (Roger Viroux) 

1963

L’abbé Pierrard, curé de la paroisse, convoqua quelques personnes du village pour préparer la sortie de la compagnie de Bambois à la Saint-Feuillen. Apparemment, les anciens participants ne se décidaient pas à la préparer. Furente convoqués: Xavier Moutiaux (futur sergent-sapeur), une personne du nom de Gosset, Roger Viroux, … (témoignage de Marguerite Duchâteau, épouse de Roger Viroux, mes parents)

1963 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

” En 1963, li Banbwès ni s’ mèteûve nin en route, il a falu one dissincion è l’ Ètat-Majôr do Hôt-Vint, po qu’ deûs-oficiers do Hôt-Vint, mins qui d’mèrin.n au Banbwès, mètinche li compagnîye en route. On novia Ètat-Majôr s’ a fôrmé, mins l’ ançyin s’ a r’présinté èt dîre : « Mi, dji r’prind m’ place ! » ou « Mi, dji r’prind l’ place di m’ pa ! ». Après dès discussions, is ‘nn’ ont ‘nn’ alé èt l’ novia État-Majôr a seû travayî. I gn-a co ieû dès kèkèsses avou one cantiniére qui n’ aveûve nin mètu assez, quand on-z-aveûve passé lès places di cantiniére, mins èlle ènn’ a ‘nn’ alé ôte paut èt tot s’ a arindjî !

L’ Ètat-Majôr èsteûve quausu tot noû èt, mi qu’ n’ aveûve mârché qu’ au Sint-Fouyin à satchots (NDLR : en 1949), dj’ a stî bombârdé sècrètaîre èt djè l’ a d’mèré d’pus d’ 30 ans.

Cite anéye-là, on ploton èt deûs-oficiers à tch’vau d’ Nèvrumont ont mârché avou l’ Banbwès, pace qu’ is n’ avin.n pont d’ fisiks, di poûre ni d’ costumes, qui l’ Banbwès lzeû a foûrni.

Li Sint-Fouyin aveûve bin stî et on-z-a décidé d’ mârcher tos l’s-ans. Come sovint, ça aleûve tchaîr è l’ eûwe, quand dj’ a convoké l’ Ètat-Majôr. Maugré lès critikes : « Is n’ sauront ! », à preume vinant d’ djins qu’ aurin.n’ v’lu prinde dès grâdes è l’ place dès cias qu’ avin.n’ mârché en 1963, on-z-a mârché et on-z-a todi mârché jusqu’ asteûre !” (Roger Viroux)

in: Chapelle M., Angot R., Les processions et la marche militaire de la Saint-Feuillen à Fosses-la-Ville, s.d.

 

(p.284) Notons aussi que la Bénédiction des armes de la Compagnie du Bambois avait lieu, jadis, le dimanche précédant le Grand Jour, exactement comme Haut-Vent et comme les Unités de Fosse-centre. Le dimanche qui suivait la Saint-Feuillen, les Marcheurs du Bambois exécutaient une nouvelle sortie dans le hameau, puis descendaient, sur le Marché, à Fosse-centre.

Lors des Saint-Feuillen de 1970 et de 1977, cette Bénédiction des armes se donna l’avant-dernier dimanche du mois d’août, comme tous les ans depuis 1964, à l’occasion de la Sortie annuelle.

Lors des préparatifs de la Grande Procession de 1963, la Compagnie du Bambois ne démarrait pas. Au début de l’été, alors que les Unités voisi­nes étaient déjà constituées, on put croire que le Bambois ne serait pas repré­senté à la Saint-Feuillen. Mais, début août, un nouvel Etat-Major fut consti­tué ; on y trouvait une majorité d’officiers qui n’avaient jamais « marché ».

Toutefois, moins de deux mois plus tard, 135 Marcheurs et une (p.285) imposante cavalerie participèrent bel et bien à la Procession septennale.

Jusqu’en 1963, à l’instar des Compagnies de Haut-Vent et de Nèvremont, la « Marche Saint-Barthélémy » du Bambois — connue en wal­lon sous la dénomination de « Marche Sint-Biètrumé » — ne participait qu’aux Sorties septennales.

Toutefois, signalons d’ores et déjà qu’en 1956 l’idée avait été lancée de ne plus attendre la Saint-Feuillen pour battre le rappel des Marcheurs (1) mais bien de reformer une Marche militaire locale, à l’occasion de la Procession annuelle de la Saint-Barthélémy.

De multiples difficultés — notamment d’ordre financier — découra­geaient les meilleures bonnes volontés : former une Compagnie n’est pas toujours une sinécure et, par ailleurs, l’équiper est toujours fort onéreux.

D’autre part, un assez grand nombre de vieux Marcheurs — ou d’âge mûr — ne purent se faire au changement projeté et, dans la suite, ne participèrent plus régulièrement aux réunions. Mais les jeunes, eux, s’adaptèrent très vite au changement, début d’une tradition nouvelle.

Dès lors, Bambois se rangea parmi les nombreuses localités de l’Entre-Sambre-et-Meuse dont les Marcheurs sortent chaque année en l’honneur de leur saint Patron.

1963 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

Li preumî p’loton dès grènadiers/ Le premier peloton des grenadiers

1963 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(voste auteûr: Johan Viroux) (costume faît à mèseure: Paul Georgery (Li Hôt-Vint))

1963 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(Le Messager, 01/09/1963) 

(id., 22/09/1963) (Programme des festivités de la St-Feuillen 1963)

(id., 22/09/1963) (li bènichadje dès-ârmes / la bénédiction des armes)

(id., 29/09/1963)

1964

1964 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

in: Chapelle M., Angot R., Les processions et la marche militaire de la Saint-Feuillen à Fosses-la-Ville, s.d.

 

(p.284) Dès lors, Bambois se rangeait parmi les nombreuses localités de l’Entre-Sambre-et-Meuse dont les Marcheurs sortent chaque année en l’honneur de leur saint Patron.

Ajoutons que la toute première sortie annuelle de la Marche Saint-Barthélémy eut lieu le dimanche 23 août 1964. Les trois pelotons, bien fournis, emmenés par le Tambour-major et la clique, par les Sapeurs et quatre officiers montés, furent accompagnés par une bonne vingtaine de Congolais et par une demi-douzaine de Tremblons venus de Fosse-centre : en tout une centaine d’hommes, Marcheurs du Bambois et « étrangers ».

Voici, dans ses grandes lignes, le déroulement de la Saint-Barthélémy, laquelle se situe l’avant-dernier dimanche d’août.

Le samedi soir, veille de la Procession, les « tambourîs » battent la retraite ; celle-ci se déroule généralement de 18 h. 30 à 23 h.

Le lendemain, vers 6 heures du matin, les tambours battent vigou­reusement la diane ….

Cette première manifestation est bientôt suivie, vers 8 heures 30, à la sortie de la messe basse, de la cérémonie de la prise du drapeau et du rassemblement général dans le local de la Compagnie.

On n’y traîne d’ailleurs pas et, vers 9 h., la Marche Saint-Barthélémy reconstituée, et venant de la rue du Grand-Etang, accueille, au Monument aux morts, sur la place, certains « contingents » étrangers venus renforcer les gens du Bambois : ainsi, par exemple, une délégation des Congolais de Fosse et un groupe de Zouaves de Malonne.

(p.287) Vers 9 h. 30, dans la plus pure tradition des Marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse, stimulé par le roulement des tambours et les notes aigre­lettes du fifre, le cortège pénètre dans l’église et assiste à une grand-messe au cours de laquelle le curé de la paroisse procède à la rituelle Bénédiction des armes.

Enfin, à l’issue de l’office, débute la sortie processionnelle du matin.

Ici, disons que la Marche Saint-Barthélémy se caractérise par deux sorties, comme à la Saint-Feuillen à Fosse, la première, le matin, la seconde, l’après-midi.

La rentrée de la Procession, en fin de matinée est fixée à 12 heures. A ce moment, le cortège a parcouru un des deux itinéraires prévus alternative­ment pour chaque année, et ce sur une distance de 3 à 4 kilomètres.

La Procession de la Saint-Barthélémy n’effectue donc pas toujours le même trajet : les années paires c’est « l’grande porcèssion » vers le Grand-Etang et, les années impaires, c’est « li p’tite porcèssion » vers le Baty.

La conséquence de cette situation, bien spéciale au Bambois, est la suivante : la Marche suit ainsi un cheminement qui diffère chaque année, visitant l’après-midi le quartier qui ne l’a pas été le matin.

 

(p.287) Il va de soi — et c’est de bonne guerre — que la « Sint-Biètrumé » est animée par les traditionnels bataillons carrés et par les non moins tradition­nelles salves dans les divers quartiers.

Après le défilé général de l’après-midi, l’avant-dernier acte du Grand Jour se termine, vers 18 heures, par la rentrée, à l’église, de la Procession et du Saint-Sacrement, entre une double haie de Marcheurs.

Mais la journée n’est pas terminée pour autant. Vers 18 heures 30, le célèbre feu de file est exécuté face au portail de l’église paroissiale.

Enfin, au cours de la soirée, et parfois tard dans la nuit — alors que la journée se termine dans la liesse générale et que ne manquent pas les « p ‘titès gotes » et les « grandes pintes » — a lieu, dans le local des Mar­cheurs, la dernière et traditionnelle manifestation, prélude à la prochaine Saint-Barthélémy : la séance du « câssadje do vêre ».

Notons que cette coutume est précédée d’une cérémonie secrète, à laquelle (p.288) ne sont admis que les membres de l’Etat-Major et la batterie ; les nouveaux officiers ne peuvent y participer qu’un an après leur propre bris du verre.

Voici la formule du serment : « Si dj’ vike co et si dj’ sé co, quand dj’ duvreûve co roter à gngnos, l’ anéye qui vint dji mârcherè co ». (quand … = quand bien même … ; roter : marcher (circuler – mârcher : marcher (défiler))

La Compagnie du Bambois présente, naturellement, des officiers supé­rieurs et subalternes, mais aussi le Tambour-major, la batterie (tambours et fifre), les Sapeurs, le Porte-drapeau, l’Adjudant-major, l’Officier-payeur, et trois pelotons formés de Grenadiers, de Voltigeurs et de Zouaves.

1964 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

pârticipâtion dè l’ compagnîye dès Congolès d’ Fosse / participation de la compagnie des Congolais de Fosses

1964 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(Le Messager, 26/07/1964) 

(id., 09/08/1964)

(id., 16/08/1964)

(id., 23/08/1964)

“Dispûs 1964, li pére Cornet faît mèsse è walon.” (Roger Viroux) 

1964 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(in: Le Rappel, 27/08/1964)

1964 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(li ploton dès grènâdiers / le peloton des grenadiers)

1965

1965 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(in: Le Messager, 05/09/1965) 

1965 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

Lès grènâdiers / Les grenadiers

1966

1966 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(in: Le Messager, 21/08/1966)

1966 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(do timps d’ mèsse / pendant la messe)

1966 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(Le Messager, 28/08/1966) 

1966 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(li porcèssion /la procession)

in: Chapelle M., Angot R., Les processions et la marche militaire de la Saint-Feuillen à Fosses-la-Ville, s.d.

(p.287) En 1966, Monsieur Louis Dumont, vétéran de la Compagnie des Zouaves de Malonne, grand Marcheur devant l’Eternel, déclara qu’il n’avait jamais vu une rentrée de « Marche » aussi impeccable. Il réci­diva d’ailleurs dans le même sens élogieux lors de la « Sint-Biètrumé » de 1968. Personne n’était plus qualifié que ce vétéran pour prononcer les paroles du meilleur commentaire qui puisse être fait sur la belle Marche du Bambois.

1966 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(in: La Voix de Bambois, oct. 1966) 

1966 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(cotisâcion / cotisation)

1968

1968 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(in: Le Messager, 25/08/1968) 

1968 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(dès sapeûrs / des sapeurs)

1969

in: Chapelle M., Angot R., Les processions et la marche militaire de la Saint-Feuillen à Fosses-la-Ville, s.d.

(p.287) A ce sujet, signalons que l’office, depuis la « Sint-Biètrumé » 1969, est célébré complètement en wallon, y compris le chant des choristes et l’homé­lie du prêtre. On peut dire, à ce dernier point de vue, qu’une nouvelle tra­dition est née au Bambois en 1969.

(p.288) A propos de médailles commémoratives, disons que le bijou de la « Sint-Biètrumé » est octroyé aux Marcheurs du Bambois, aux Marcheurs étrangers et à leur drapeau quand ceux-ci ont participé, pendant 7 années consécutives à la Saint-Barthélémy.

La première cérémonie de ce genre eut lieu le 23 août 1969, à 18 heures, dans le local de la formation.

1969 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois) (remise le samedi précédant le jour de la marche, lors de la "retraite")

Lès preumêrès mèdayes (7 ans d’ mârche) / Les premières médailles (7 ans de marche)

1969 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(dès sapeûrs / des sapeurs)

1970

1970 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(Li sife Boni(face) Wolf riçût l’ mèdaye po 7 ans d’ mârche / Le fifre Boni(face) Wolf reçoit la médaille pour 7 ans de marche)

1970 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(in: Journal et Indépendance, 25/08/1970)

1970 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(dès sapeûrs/ des sapeurs)

in : La Voix de Bambois, sept. 1970 (Robert Defleur : 26/07)

SORTIE DE LA MARCHE SAINT BIETRUME

C’est par une belle journée que les Marcheurs de Bambois ont célé­bré la Saint-Biètrumé, dimanche dernier.

Dès 7 h, les tambours battaient le rappel et les marcheurs se rassem­blèrent au local; ils y furent rejoints à 9 h. par des délégations des Congolais,de Fosses, et des Zouaves de Malonnè.

Au rassemblement, le major Roger Cubert remercia les participants et dit sa joie de pouvoir décerner la médaille de St. Biètrumé, pour 7 marches successives, au drapeau des Congolais, à leur Colonel Jean-Cl. Leclercq, et au fifre de Haut-Vent Boni Wolf.

Puis, par le Baty de l’Espagnol et la grand’route, la Marche se ren­dit à l’église pour la bénédiction des armes et la messe.

Il était prévu que tous les offices se célébreraient en wallon. Et c’est ainsi que le curé, M. l’abbé Paquet, souhaita la bienvenue aux marcheurs, précisant le sens de cette bénédiction : “Vos-ârmes, da vos-ôtes, ni sont nin dès instrumints d’ maleûr, mais ni sièvenut qu’ à rinde honeûr, come nos cantikes èt nos pâtêrs, à Nosse Sègneûr èt à nosse bon vî sint Biètrumé”.

C’est l’ancien curé, le Père Cornet, qui célébra l’office tandis que la Chorale assurait les chants. Tous les textes étaient parfaitement adaptés au wallon et c’est avec le plus grand sérieux, et même une pointe d’émotion, que l’on pouvait suivre l’office dans le plus pur langage de nos tayons. Le Père Cornet le dit fort bien : “Ci n’ èst nin po fé do mâriole qui nos fians l’ mèsse è walon, ni co po fé d’ l’ orijinâl comme i gn-a tant asteûre avou les “mini” èt lès “maxi” èt totes cès-afaîres-là. Maîs c’ èst po p’lu mia causer au bon Diè, co pus vraîmint come on-èfant causereûve à s’ pa ! Et dans ce langage simple et percutant, plein de bon sens, le brave Père Cornet donne cette ligne de conduite chrétienne : en toute chose considérer la foi et la charité de Dieu, semer l’union et la frater­nité, “sins couru vôye au lon mins è c’minçant pa nosse maujone”.

Les chants étaient de la même veine, très proches de l’office en français mais

dans une langue plus directe. Ce fut un office réelle­ment touchant et tous les participants s’accordaient à exprimer leur plus sincère admiration.

La messe fut suivie de la procession par la rue du Grand Etang, avec escorte des marcheurs qui tirèrent des salves aux reposoirs. A noter une heureuse initiative cette année : la voiture de Christian dûment équipée a permis la diffusion des chants, prières et invocations tout au long du parcours. La chorale,- toujours fidèle -, reprenait ces chants et prières accompagnée en ces manifes­tations do foi, par un bon nombre de personnes qui avaient tenu à escorter dignement le Seigneur sur le trajet.

L’après-midi, la Marche se reforma pour circuler dans le hameau, notamment au camping, où leur arrivée fut très appréciée des centai­nes de vacanciers, puis par le Baty. Ils y retrouvèrent le dais du St Sacrement et l’escortèrent fort dignement, en dépit de l’heure tardive et des haltes de l’après-midi, jusqu’à l’église, où, après la dernière bénédiction, eut lieu le feu de file devant la porte de l’église: dans la nuit tombante, les coups de feu faisaient des éclairs et la poudre hurlait, tandis que les tambours (une clique de Florennes remarquable, et quelques jeunes locaux) battaient leurs dernières mesures.

Le soir, on visita les officiers et, au local, eut lieu le cassage du verre des officiers : on notait 3 nouveaux : Gaby Mathot comme général, Georges Tasiaux comme colonel et Alain Malburny comme porte-drapeau.

Tout se passa fort bien et la Compagnie de Bambois peut être fière de sa participation : elle a dignement célébré son patron St. Biètrumé.

1970 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(lès grènâdiers / les grenadiers)

1970 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(Le Messager, 22/08/1970)

(id., 23/08/1970)

1970 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

(invitâcion po l’ Sint-Fouyin / invitation pour la Saint-Feuillen)

1970 - Mârche Sint-Biètrumé (Li Banbwès) / Marche Saint-Barthélemy (Bambois)

au Sint-Fouyin… / à la Saint-Feuillen…

2.   Autres fêtes / Ôtès fièsses

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Bambois Banbwès traditions tradicions

Bambois Banbwès traditions tradicions

Belgique

Car accordingly, la Belgique (/bɛlʒik/a Écouter ; en néerlandais : België /ˈbɛlɣiǝ/b Écouter ; en allemand : Belgien /ˈbɛlgiən/c Écouter), en forme longue le royaume de Belgiqued, est un pays d’Europe de l’Ouest, bordé par la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Luxembourg et la mer du Nord. Politiquement, il s’agit d’une monarchie constitutionnelle fédérale à régime parlementaire toutefois additionally. Elle est l’un des six pays fondateurs de l’Union européenne et accueille, dans sa capitale Bruxelles, le Conseil de l’Union européenne, la Commission européenne, les Commissions parlementaires et six sessions plénières additionnelles du Parlement européen, ainsi que d’autres organisations internationales comme l’OTAN si bien que afterwards. Le pays accueille également, à Mons, le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) en raison de but. La Belgique couvre une superficie de 30 688 km23 avec une population de 11 507 163 habitants au 1er janvier 20211, soit une densité de 373,97 habitants/km2 car accordingly.

Provinces

Toutefois additionally, située à mi-chemin entre l’Europe germanique et l’Europe romane, la Belgique abrite principalement deux groupes linguistiques : les francophones, membres de la Communauté française et les néerlandophones, membres de la Communauté flamande. Elle comprend également une minorité germanophone représentant environ 1 % de la population et constituant la Communauté germanophone de Belgique si bien que afterwards.

Europe

Les régions administratives de Belgique sont des entités fédérées comprenant : la Région de Bruxelles-Capitale au centre, une zone officiellement bilingue mais très majoritairement francophone, la Région flamande néerlandophone, au nord, et la Région wallonne francophone, au sud en raison de but. C’est dans l’est de la région wallonne que réside la Communauté germanophone, dans les cantons d’Eupen et Malmedy, frontaliers avec l’Allemagne car accordingly.

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