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HISTWÊRE

Histoire

in : Willy Lassance, Trois hauts lieux de l’Ardenne dans l’Histoire, Saint-Hubert – Amberloup- Nassogne, éd. Eole, 2006

 

 

(p.90) LES VOIES ETROITES DE LA PREHISTOIRE

 

Aujourd’hui, Nassogne est couvert de bois sur une superficie de 2000 hectares. C’est dire que toute prospection valable y est décevante et rarement profitable. Mais il n’est pas interdit de penser qu’une recherche systématique dans les terrains cultivés ne s’avérerait pas fruc­tueuse au point de vue préhistorique. L’expérience personnelle que nous avons faite dans les labours, à Awenne et à Masbourg, est une comparai­son, somme toute assez concluante. Deux haches polies ont été découver­tes naguère à Nassogne. L’une en silex gris, trouvée par le juge geubel, à l’emplacement de l’ancien oratoire de saint Monon, l’autre fut ramassée au lieu-dit quâwe d’ aurci. Les trouvailles néolithiques ne sont pas rares à l’ orîre di l’Ardène (littéralement : en lisière de la forêt d’Ardenne). A quelques kilomètres : pointe de flèche sur les bords de la Wamme à Mochamps; hache en silex à Laneuville; fragment de hache polie à Chalsogne (Ramont) idem à Grandchamps (entre On, Ambly et Hargimont); foyer préhistorique au prandjeleû dès gades (endroit où se reposaient les chèvres) (forêt de Freyr); (p.92) éclats de taille, grattoir discoïde et grattoir sur lame, perçoir, lames et deux pointes de flèches en silex à Awenne.

Dans la même commune on a retrouvé jadis deux haches polies dans des petits marchets, au lieu-dit Boûsse Fontin.ne à Masbourg : hache et galet en roche sédimentaire cristalline très dure; le galet a probablement servi de percuteur (propriétaire : M. A. Maloteau à Masbourg). Dans la même localité : deux éclats de taille et un remarquable petit tranchet en silex.

Age des métaux : aucune trouvaille de cette époque n’a été jusqu’ici recensée à Nassogne, sauf des monnaies en or (époque gauloise ?), ramas­sées naguère dans les déblais du blanc marchèt (bois communal de Nassogne). Dans la région : hache du bronze II à Mirwart, figurine de La Tène à Lavacherie.

 

Le problème des marchets de la forêt de Nassogne-Freyr-Hazeille n’a pas encore été étudié suffisamment pour lui donner une réponse, malgré une fouille scientifique opérée, voici 25 ans déjà, dans les marchets de la Censé du prévôt et de Bê Djoûwé (forêt de Nassogne).

Nous continuons à penser que quelques-uns d’entre eux ont eu un rôle à jouer dans l’Antiquité. Certains couvrent une étendue consi­dérable de terrain (5 à 6 ares); ceux que nous connaissons, du moins dans la partie forestière de Nassogne, se nomment respectivement : marchet de la halle, marchet du plein des grippes, marchet des cinq chênes, marchet du « bwès d’ Mautche », marchet des « crèyês » (avec scories de fer)

Les fortifications les plus proches et remontant vraisemblablement à la préhistoire sont celles de Jemelle et du Cheslin de Sainte-Ode (Lavacherie). Le « castellum » de Prêle, qui domine le fond de Warlay, entre Nassogne et Ambly, est né de l’imagination du curé SuLBOUT. Nous avons vainement battu la place en compagnie de Jean duchamps, sans y apercevoir la moindre circonvallation.

De la civilisation des mégalithes nous demeurent seuls nombre de lieux-dits suggestifs, car la plupart des pierres levées ont été dispersées au cours des âges. Nous avons pu en observer une énorme, voici environ dix ans, le long du chemin des morts, entre Grune et Nassogne, mais elle paraît avoir subi le sort navrant de ses consœurs. Celles, dites Pierres du Diable, à Forrières, sont les vestiges d’un dolmen dispersé depuis plus d’un siècle.^ Sur l’allée couverte du bwès dès lûes, nous reviendrons ultérieurement.

 

 

(p.93) L’OPULENCE ROMAINE : LES ROUTES

 

Bavay-Trèves : cette chaussée romaine est censée devoir traverser le territoire de Nassogne, d’est en ouest. Il s’agit de la chaussée unissant Bavay (Bagacum), capitale des Nerviens et carrefour de grandes routes construites sous Auguste, à Trêves, capitale de la Belgique Seconde. Elle est mentionnée sur un monument dit la Colonne des Sept Chaussées se dressant sur la place du Marché à Bavay et qui a remplacé quatre stèles plus anciennes, dont la première fut vraisemblablement un milliaire à sept pans. Le premier qui l’étudia sur place fut le juge GEUBEL.

Elle (la voie romaine) sort de Nassogne par le vallon qui est au milieu du village, laissant à droite la fontaine et le ruisseau dit Pépinette, source que Pépin fit jaillir d’un coup de lance, un jour qu’il passait avec sa suite, en temps de sécheresse. Ce chemin pavé en pierres de grès et de calcaire, est recouvert par le gazon des prairies; il descend à Hargimont, village romain où il franchit le vallon de la Wamme et traverse la belle plaine du Gerny où une partie de la voie s’appelle Chemin Brunau.

A Nassogne, on trouve des débris romains au lieu-dit Thier-Saint où était, dit-on, l’ancien Nassonacum qui fut englouti ou détruit par le feu. La tradition varie, nous nous arrêtons un instant, avant de quitter cet endroit, qui est reconnu comme villa romaine du temps de Valentinien Ier. Un diverticulum reliait Grune et Nassogne par le Thier-Saint, montagne entre deux vallées assez profondes, sur laquelle il y avait un village, dont il reste encore une grande quantité de pierres.

Le chemin dans la vallée près de Grune traverse un terrain appelé le pré des Romains où je trouve des débris de tuiles et d’ardoises rouges.

Nous avons vu au paragraphe sur Bilaude ce qu’en disait l’abbé sulbout. Elle est successivement décrite au fil du temps par plusieurs auteurs qui la mènent d’Ambly à Amberloup, via Nassogne, où deux voies parallèles abordent la forêt ardennaise à l’est du village : li voye di Frèyîr et l’ vî voye d’ Ârdène. En direction d’Hargimont ou de On, cette route très délabrée et difficile a repérer sur le terrain, est dite li pavé Sint-Monon notamment dans la traversée nord du territoire de la commune d’Ambly. Au-delà de la vallée de la Wamme, où nous venons de la repérer sur le territoire de On, elle se dirige en ligne droite vers Humain.

Un autre tronçon de voie romaine se nommait naguère encore Chemin Brunau ou Brunnehaut.

Mais il s’agit plutôt d’une autre route romaine, mieux connue que la nôtre, qui vient d’Eprave, Rochefort, Jemelle, suit le rebord du plateau agricole du Gerny, en direction sud-ouest nord-est, vers Marloie, Waha (où (p.95) elle porte le nom suggestif de chemin vert) et se dirige de Marenne vers Hotton. Encore un beau sujet d’étude qui nous attend…

Voici ce que dit M. Jean duchamps à propos de cette voie romaine qui venait de Trêves et se dirigeait vers Bavay en passant par Nassogne : « Le témoignage qui a orienté mes recherches est celui que j’ai recueilli le 28 novembre 1965 auprès de Monsieur Joseph durand, né à Ambly en 1873, mort à Nassogne le 7 mars 1970. Ce vieillard m’a affirmé à cette époque qu’un vieux chemin descendait de Nassogne dans le fond d’Inzès Prés, passait à flanc de coteau à gauche du ruisseau de la Pépinette pour aboutir au premier chemin du Stokèt. Il descendait alors en traversant les pâtures pour atteindre le deuxième chemin du Stoquet, chemin qui n’est plus employé maintenant mais qui existe toujours; il pénétrait alors dans le bois pour se diriger vers le ruisseau de la Pépinette qu’il traversait à gué, remontait ensuite pour croiser le chemin qui va d’Ambly au Foy, passait à gauche du lieu-dit Chèton-Bouchi et prenait la direction de Grand Champs. En 1880, il existait encore deux maisons le long de ce vieux chemin au lieu-dit Sânîre.»

Ce témoignage très important m’a donc permis de découvrir qu’effec­tivement il aurait existé entre Nassogne et Hargimont un très vieux chemin, disparu à certains endroits mais que nous devons considérer comme une voie antique portant les caractéristiques d’une voie romaine. En effet, son allure est à peu près rectiligne; elle dessert Nassogne où en 1862 les tra­vaux de construction de la maison communale ont permis de découvrir des ruines romaines, elle dessert également Hargimont qui possédait aussi au lieu-dit Princelou un immense établissement romain, elle passait également à proximité du village disparu de Moustaviet où il existait un temple païen.

A ce propos, M. J. burton, dans une notice sur le village d’Hargi­mont, écrit ceci : « Des chemins partaient de Moustaviet dans toutes les directions. L’un de ces chemins, dit le pavé de Saint-Monon, descendait le Grand Champ vers Ambly, un autre vers Nassogne ». De son côté, geubel (A.I.A.L. T.II. p. 185 et ss.) ne sait au juste d’où vient notre chaus­sée; il ne parle pas de Bavay et pense qu’elle arrivait probablement de Namur; à partir de Marche, il la décrit comme suit : « De Marche, elle gagne le plateau du Gerny où elle s’appelle Chemin Brunehaut, le traverse, franchit le vallon de la Wamme, passe à Hargimont, monte à Nassogne, laissant à gauche la Fontaine et le ruisseau dit Pépinette, entre dans le village par le vallon qui est au milieu de la localité, va au fond de Bilaude, Bois de Bencimont, forêt de Freyr, Amberloup, Mande-Sainte-Marie.»

 

(p.97) De plus, si, comme l’affirme la légende, les troupes de Pépin se sont abreuvées à la source de la Pépinette, c’est qu’à cette époque lointaine, un chemin de communication existait déjà à cet endroit, et ce chemin n’était que cette voie allant vers Hargimont.

Si nous suivons cette voie à la sortie de Nassogne, nous constatons qu’elle s’identifie à la route actuelle et que tous les terrains sont alignés sur elle. Il est certain que lors de la construction de cette route en 1866, on aura suivi jusqu’au premier tournant la vieille voie qui n’était plus à cette époque qu’un chemin de campagne qui porte encore à l’Atlas des Chemins de 1844 le numéro 24 et qu’on nomme encore li pazê d’ On. Si nous descendons au-delà du tournant actuel de la grand’route, nous retrouvons ce vieux chemin encaissé sur une longueur d’environ 150 m. Ensuite, à flanc de coteau, il longe la Pépinette, faisant toujours limite entre les terrains jusqu’au moment où il atteint le premier chemin du Stoquet. Dans la prairie qu’il traverse à ce moment, on peut remarquer une différence de niveau indiquant très bien son passage jusqu’au second chemin du Stoquet. De part et d’autre de celui-ci, deux traces de son passage le font repérer pendant une bonne trentaine de mètres.

C’est ici que les travaux d’installation du gaz naturel réalisés au cours de l’été 1971 me l’ont fait découvrir avec certitude. La tran­chée creusée à cette occasion a montré une coupe bien nette où on pouvait observer le profil de ce vieux chemin sur une longueur de 5 mètres avec deux ornières bien marquées. Cette coupe dans la tranchée laisse nettement voir une route qui repose sur le rocher en place, bien damée, sur laquelle, plus tard, on aura ramené 40 à 50 cm de bonne terre pour les besoins de l’agriculture. Par contre, ailleurs, on ne distingue plus aucune ligne de démarcation entre le sous-sol rocheux et la couche arable : celle-ci présente alors un mélange irrégulier de terre et de cailloux de toutes dimensions.

Le prolongement de ce tronçon rejoint, une centaine de mètres plus bas, un chemin encaissé qui descend dans la vallée, traverse le ruisseau de la Pépinette, la route actuelle qui va d’Ambly au Foy et se dirige en ligne droite en direction de Grand Champ. Arrivé au coude du chemin actuel, il descend la pente, fait un petit tournant pour traverser le ruisseau de la Fosse et remonte la pente opposée pour se rattacher à l’antique chemin qui vient de Saint-Hubert en passant non loin d’Awenne, au-dessus de Mormont, à Masbourg et à Ambly. Notre voie romaine file maintenant en direction d’Hargimont. Arrivée au sommet de la côte, au lieu-dit Moustaviet, elle reçoit à sa droite la voie qui vient de Mochamps après avoir traversé la forêt de Nassogne, les campagnes de Tchersin et les plaines du Foy.

 

(p.98) D’autres routes anciennes traversent le territoire de Nassogne :

  1. Le grand chemin de Saint-Hubert à Marche (ainsi nommé dans un texte de 1683. Dans la tradition populaire, cette voie antique et bien certainement romaine porte plusieurs noms différents : li vî voye di Sin-Hubèrt, li hôte voye di Mautche, li vî tc’hmin, li tch’min d’oû-ce qui Césâr a passé, la voie dite des Romains, à l’orée de la forêt de Saint-Michel. À Nassogne même, ce chemin porte un lieu-dit révélateur d’antiquité : so lès tch’minês (du lat. caminus : chemin).
  2. Li vî voye di Forîre (ancienne route de Forrières); à Nassogne : li straute (du lat. strata = route) semble être le départ de cette antique route; à Forrières, ce vieux chemin (qui n’est plus guère en usage) porte le nom évocateur de chavée (du lat. excavata via = chemin creux ou usagé).
  3. Le chemin des morts, qui fait limite communale entre Grune et Nassogne, traverse la forêt, où il a pratiquement disparu, coupe en deux le plateau agricole du Tchèrsin descend au moulin de Nassogne, grimpe vers le Foy, la ferme de fer, puis se raccroche à la voie romaine du dessus du village de Hargimont. C’est un diverticule romain, qui a certainement joué un rôle important dans l’histoire régionale. On le nomme aussi li tch’min des boûtîs (conducteurs de bœufs) ou encore voye d’ Ambli. Ruines romai­nes — ou supposées telles par leurs inventeurs.

Nombreuses substructions et cimetières au Tchersin, à Coumont, au tertre Saint-Léonard, à la Villette, au pré des Romains (Grune), le long du chemin des morts, al’gatt’ d’or et sous les fondations de l’école commu­nale, située au centre du village …

Au Tchèrsin (village cité en 1338), l’on rencontre, d’après Jules vannérus, de vastes substructions romaines; je suis porté à croire que ce sont les restes de la villa impériale où Valentinien Ier signa trois décrets, datés de Nassonaci et Nasson, durant le séjour estival qu’il y fit, en 372.

 

 

NASSOGNE, VILLA DE CHASSE DES EMPEREURS DE TREVES

 

Valentinien Ier était à Nassogne les 30 mai, 2 juin, 5 juillet et 2 août 372. Il y publia trois décrets dont le code Justinien a conservé des fragments. Nous n’entrerons pas ici dans la querelle d’érudits, qui situent alternativement le résidence impériale à Nassogne ou à Malagne, entre Jemelle et Rochefort, lieu où des fouilles importantes, menées à la fin du XIXe siècle ont amené la découverte d’une riche villa, dite de Neufchâteau, située à environ dix kilomètres de Nassogne.

 

(p.100)  Quoi qu’il en soit, nous pouvons conclure que sur le ban de Nassogne, entre les ruisseaux du Wassoie et d’Eure, non loin du moulin de Nassogne et du sentier unissant cette localité à Grune, a existé, dès l’époque gallo-romaine, une villa, un domaine, Carcinium, cité en 875 comme sis en Famenne, de même que Harsin, primitivement dépendance de la paroisse de Nassogne. On peut donc rattacher Nassogne à la Famenne, bien qu’une vie de saint Monon, connue par une copie du XIIIe siècle, place la fans Nassonia de la forêt de Freyr dans le pagus Arduennensis; erreur fort compréhensible puisque nous nous trouvons ici à l’extrémité de la Famenne : vers le S.-E. la paroisse de Nassogne, du doyenné de Rochefort et de l’archidiaconé de la Famenne, touchait à celles de Saint-Hubert et de Tenneville, du concile de Bastogne et de l’archidiaconé d’Ardenne. Il me reste à souhaiter que des recherches, des fouilles, — même faites sur le terrain —, puissent bientôt venir compléter les quelques données que j’ai pu réunir, bien loin de Nassogne, sur le Carcinio de 875. Il sera ainsi possible, peut-être, de vérifier si le village remonte vraiment à l’époque romaine et de déterminer l’époque à laquelle il a disparu.

Un autre endroit que l’on retrouve dans les textes est Felc. Il n’est pas connu dans la toponymie locale dressée par les soins attentifs de M. Jean duchamps, œuvre inédite qu’il a bien voulu mettre à ma disposi­tion, ainsi que l’abondante documentation historique et folklorique, dont il dispose sur le passé de Nassogne et de sa région.

A Masbourg, comme à Nassogne, de vieilles gens assuraient naguère que l’origine de la localité se situait aux lieux-dits Gohiville et su Hérin, limite communale de Masbourg, au S-O de Nassogne. Cette « localité » (ou villa romaine ?) aurait, dit-on, disparu au cours d’une « guerre ». Deux autres curieux toponymes en sont proches, ce sont les lieux-dits è crève (sommet pierreux très énigmatique) et le tî dès misdreûs, non moins curieux toponyme sur lesquels nous reviendrons au cours de notre étude sur saint Monon. D’autre part, du côté opposé, c’est-à-dire vers le nord-est de la commune, existait jadis un village dénommé Quarmont (situé entre Grune et Nassogne). C’est du moins ce que prétendait M. burton, au début du siècle, dans son manuscrit sur l’histoire de Jemeppe-Hargimont.

Vers 1860, les vieillards assuraient à M. GEUBEL que « dans le vallon, sur l’ancien sentier de Grune, il y avait un village nommé Fridiè ou Fridié la surface du sol est parsemée des débris d’une époque antérieure à saint Monon ».

Nous aurions, certes, mauvaise mine en clôturant cette liste des villages disparus du ban de Nassogne et de n’avoir pas préalablement cité les principaux toponymes offrant un certain intérêt archéologique ou (p.102) historique et susceptible de retenir l’attention des chercheurs : li Pépinète, lès Tch’minês, Coumont, Bocogne, lès Clusères, Tchivaudos, Pîreuse fontin.ne, au Fossèt, Tiboûmont, voye des Mwârts, Wassoye, Tchèrsin, voye des Boûtîs, Tchin.ne à l’  Bosse, Rond Fayis, Fagne dès Hutes, Hérin, Crève, Nanfurnal, Tièr Sint-Léonârd, Crawî, Blanc Martchèt…

Nous nous permettons également d’attirer l’attention du lecteur sur d’autres toponymes, suggestifs d’une certaine notoriété, sinon d’ancienneté de ce qui touche de près l’histoire de Nassogne et celle de son patron, saint Monon180 li fontin.ne Sint-Monon située au centre du village et actuellement tombée en désuétude; li haye Monon, située au nord-est de Masbourg, joignant la limite communale entre Masbourg et Nassogne; li pavé Sint-Monon, dont nous avons parlé au chapitre des routes romaines. Le toponyme Hérin est appelé a retenir un jour l’attention des spécialistes : nous l’avons localisé à deux reprises sur le territoire de Nassogne :

  1. Li fayis dès Hérins, situé à l’altitude de 560 mètres, dans le bois de Nassogne; il y a là une ligne faîtière couverte par ce lieu-dit. Fays = fagetum — hêtraie.
  2. Su Hérin, au passage du chemin dénommé voie des Romains par Sulbout et de vieilles gens de Masbourg. Ce lieu-dit important est limité par le ruisseau dit de Gohiville (démarcation entre Masbourg et Nassogne) et par li voye di so l’ vau (vau = vallée), chemin ancien qui mène de Masbourg à Mochamps et le lieu-dit li pwartalî. Là des fossés profonds et tout-à-fait énigmatiques  se  rencontrent… (malheureusement,  toute tentative de prospection archéologique, est découragée par l’existence de pessières d’un abord inextricable).

 

 

LES RUINES MEURENT AUSSI…

 

La découverte de tant de vestige ne doit pas nous étonner. L’Ardenne est demeurée statique pendant des siècles, voire même des millénaires; les procédés d’agriculture en usage jusqu’à la fin du XIXe siècle n’étaient guère plus perfectionnés qu’au Moyen Age. On cultivait le mieux possible son petit lopin de terre qui rendait une maigre récolte de pommes de terre et de seigle; de grands troupeaux de moutons paissaient dans la lande et la herde commune pâturait en forêt. Il existait donc encore, au milieu du XIXe siècle, d’immenses étendues de bruyères et de genêts (végétal pro­tégé par la loi), c’est-à-dire autant de terres en friche, de ruines non déblayées, de tumuli non arasés, de fossés non comblés, de chemins non disparus, puisque les routes antiques ont survécu presque toutes jusqu’à cette époque. De 1860 à 1870, quoi d’étonnant à ce que l’abbé Césaire (p.103) sulbout, pionnier de l’archéologie ardennaise, ait inventorié 90 établisse­ments romains (sans compter les dépendances) pour une section de la carte de l’Ardenne comprenant environ 20 lieues carrées. Dans une lettre écrite au presbytère de Strainchamps, le 25 juin 1870, et adressée à M. juste, conservateur du Musée Royal d’antiquités, d’armures et d’artillerie à Bruxelles (porte de Hal), le curé sulbout révèle qu’il connaît plus de 30 établissements romains dans un rayon de 6 km autour de son village pastoral. Plus près de nous et à une époque où s’ébranlait l’agriculture intensive (vers 1900), Firmin rénaux, chercheur condruzien, membre de l’Institut archéologique liégeois, devait repérer sur 20 km de la chaussée romaine Arlon-Tongres, entre Ombret et Somme-Leuze, 18 villas (dont quelques-unes comptent parmi les plus importantes du Condroz) 8 tumuli et 8 diverticules.  Durant plus de cent ans, les amateurs — qui ont fait de l’archéologie ce qu’elle est aujourd’hui — ont multiplié les trouvailles et enrichi de façon prodigieuse le patrimoine de nos Musées.

 

 

clotchète di sint Monon (clochette de saint Monon)

Nassogne: cârte dès routes antikes / carte des routes anktiques

(Lassance, p.96)

in : Willy Lassance, A la recherche des temps oubliés, éd. Eole, 2006

 

 

(p.186) La Source de la Pépinette (Nassogne)

 

Voici comment naquit le village de Nassogne où mourut, méchamment assassiné, vers 636, le moine scotti Monon : au Moyen Age, ses biographes assurent qu’il construisit sa hutte près d’un endroit nommé fons Nasania ou Nasonia et que, comme saint Lambert, il vécut le même martyre dans des conditions assez similaires… Cette source fut peut-être celle dite de la Pépinette que fit jaillir d’un coup de lance l’un des Pépin, à l’époque d’une grande sécheresse, le peuple local se pressant autour de lui dans l’espoir qu’un miracle se produisît. Ceci se passait en présence de plusieurs dignitaires de sa Cour, qui crièrent au prodige en louant la foi chrétienne de leur Roi et Maître. Par la suite, séduit par cette prouesse d’intercesseur auprès de la volonté divine, Pépin revint à Nassogne dont il dota richement le sanctuaire, dédié au pieux Monon, dont la sainteté venait d’être reconnue.

 

La Fontaine de la Gatte d’Or (Nassogne)

A mi-chemin entre Nassogne et Grune, au lieu-dit Tièr Sint (ou Tchèrsin ?), se trouvait autrefois une source dite Fontin.ne dè l’ Gade d’ Ôr; elle était dotée d’une étrange propriété : quand on s’avisait d’y tremper une épée, aussitôt son métal d’acier prenait une couleur dorée au contact de l’eau. Cette source fait partie des sites légendaires disparus.

 

(p.188) Dans la forêt de Saint-Michel

L’exemple vaut aussi pour Awenne démuni d’un tel site religieux mais où la préhistoire était présente au lieu-dit Boûsse fontin.ne, plein de sources qui ont livré plusieurs haches polies…

Comme on le sait, les endroits élevés où naissent et courent des eaux issues des fanges ont été honorés par quantité de pratiques superstitieuses aujourd’hui bien oubliées. C’est, semble-t-il, le cas d’un point culminant de la forêt de Saint-Michel. Là naît la Masblette, affluent de la Lomme, au lieu-dit Fond d’ Bilaude riche en traditions du plus haut intérêt folklorique.

Bande (Nassogne) - li 24 didécimbe 1944 / le 24 décembre 1944

(AV, 31/12/2009)

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Belgique

Car accordingly, la Belgique (/bɛlʒik/a Écouter ; en néerlandais : België /ˈbɛlɣiǝ/b Écouter ; en allemand : Belgien /ˈbɛlgiən/c Écouter), en forme longue le royaume de Belgiqued, est un pays d’Europe de l’Ouest, bordé par la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Luxembourg et la mer du Nord. Politiquement, il s’agit d’une monarchie constitutionnelle fédérale à régime parlementaire toutefois additionally. Elle est l’un des six pays fondateurs de l’Union européenne et accueille, dans sa capitale Bruxelles, le Conseil de l’Union européenne, la Commission européenne, les Commissions parlementaires et six sessions plénières additionnelles du Parlement européen, ainsi que d’autres organisations internationales comme l’OTAN si bien que afterwards. Le pays accueille également, à Mons, le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) en raison de but. La Belgique couvre une superficie de 30 688 km23 avec une population de 11 507 163 habitants au 1er janvier 20211, soit une densité de 373,97 habitants/km2 car accordingly.

Provinces

Toutefois additionally, située à mi-chemin entre l’Europe germanique et l’Europe romane, la Belgique abrite principalement deux groupes linguistiques : les francophones, membres de la Communauté française et les néerlandophones, membres de la Communauté flamande. Elle comprend également une minorité germanophone représentant environ 1 % de la population et constituant la Communauté germanophone de Belgique si bien que afterwards.

Europe

Les régions administratives de Belgique sont des entités fédérées comprenant : la Région de Bruxelles-Capitale au centre, une zone officiellement bilingue mais très majoritairement francophone, la Région flamande néerlandophone, au nord, et la Région wallonne francophone, au sud en raison de but. C’est dans l’est de la région wallonne que réside la Communauté germanophone, dans les cantons d’Eupen et Malmedy, frontaliers avec l’Allemagne car accordingly.

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