MAUJONES 

MAISONS WALLONNES, PICARDES, GAUMAISES

Hèrlinvâ (Herlinval) - maujone ârdènèse / maison ardennaise

(id.)

PLAN

 

0 Jènèrâlités / Généralités

 

0.1   Matèriaus / Matériaux

0.2 Arindjemint / Disposition

 

1 L’ en-d’foû / L’extérieur

 

1.0 Jènèrâlités / Généralités

1.1 Pègnons / Pignons

1.2 Twèts / Toits

1.3 Rampes di batêres / Rampes d’accès à l’aire de grange

1.4 Aurvaus / Passages voûtés

 

2 L’en-d’dins / l’intérieur

 

2.0 Jènèrâlités / Généralités

2.1 Colèbîs / Pigeonniers

2.2 Takes  / Plaques de fonte

 

0.1 Matèriaus / Matériaux

in : Merenne E., Thiernesse L., Maisons et villages de Wallonie, éd. Duculot, 1979

 

(p.43) LA MAISON RURALE DANS LE PAYSAGE

 

LES MATÉRIAUX

 

Anciennement, pour construire, on disposait, dans les villages, d’une panoplie de matériaux qui provenaient :

 

  1. De la forêt et de la lande

 

Les droits d’usage permettaient de prélever du bois d’œuvre que l’on utilisait pour la charpente des murs en colombage, pour la toiture mais aussi pour l’encadrement des baies de fenêtres. On peut encore voir quelques exemples de cette technique dans de vieilles maisons de l’Ardenne du Sud-Ouest.

Nos ancêtres savaient utiliser le bois avec astuce. En Ardenne centrale, le linteau des portes de granges, construites au début du XIXe siècle est tout simplement constitué d’un tronc d’arbre courbé, placé avec le côté convexe vers le haut. Malgré le poids qu’ils supportent, ces arbres tiennent bon depuis presque deux cents ans. Admirons au passage l’intelligente utilisation d’un « bois » impropre à un usage normal.

La forêt fournissait aussi des branches de deux à trois centimètres de diamètre (généralement de noisetier) qui, tressées ou entrelacées, formaient les claies que l’on enduisait d’argile dans les constructions en torchis (voir ci-dessous).

Les talus de chemins, les landes apportaient leur contribution sous forme de genêts utilisés pour protéger les murs mal exposés.

 

(p.44) B. Du sous-sol

 

Des roches dures, d’origine géologique très variée, abondent à faible profondeur dans toute la région située au sud de la Sambre et de la Meuse (à l’exception cependant de la Fagne et de la Famenne) et affleurent sporadiquement dans le Haut-Pays borain, les vallées de la Senne, de la Dendre et de l’Escaut. Elles ont été très largement employées dans la construction des murs et partiellement pour les toitures. De leur nature, de leur position dans l’échelle stratigraphique

dépendent l’usage qui en a été fait, l’aspect et la teinte conférés à la construction.

 

Le groupe des roches du Cambro-silurien et du Dévonien inférieur comprend des grès plus ou moins quartzitiques, des quartzophyllades, des poudingues, des arkoses. La teinte est généralement foncée avec une dominante grise.

Très dures à tailler, ces pierres ont été généralement utilisées telles quelles, d’où une grande variété dans les appareils qui étaient fonction de la dimension moyenne ou de l’allure plus ou moins feuilletée des blocs.

Le recours au grès, au quartzite ou au quartzophyllade obligeait à faire des murs épais, seul moyen de « camoufler » l’irrégularité de la matière. Certains voudraient y voir un souci de protection contre le froid et l’humidité. Ceux qui ont habité de semblables maisons savent qu’il n’en n’est rien. On lutte contre le froid par des murs creux avec circulation d’air et contre l’humidité en brisant la capillarité des murs par l’interposition d’une semelle imperméable. Ces deux aspects techniques ayant échappé aux maçons de jadis, il ne faut pas s’étonner de la défaveur que subissent actuellement, sur le plan du confort, les anciennes constructions en moellons.

(à complèter / à  compléter)

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