VIKADJE DO PASSÉ
MANIÈRES DE VIVRE DU PASSÉ
MÂRCHAU
MARÉCHAL-FERRANT

li mârchau dins s' fwadje (le maréchal-ferrant dans sa forge)
(Derwahl, Schmiede)
Jean-Jacques Gaziaux, Des gens et des bêtes, Traditions et parlers populaires, 1999
G LE FERRAGE
1 GÉNÉRALITÉS
(p.32) Le métier de maréchal-ferrant a cessé d’être pratiqué à Jauchelette à la fin des années ’50. Mon témoin local, Pierre Dessart, le fils du vieux maréchal, Piêre d‘ èmon l’ Marchau, a suivi les cours de l’école de maréchalerie de Bruxelles. Cependant, il n’a pas continué l’activité paternelle, qui a perdu sa rentabilité lorsque la traction animale a été remplacée par les tracteurs.
Dès lors, les propriétaires de chevaux ont dû se rendre dans une commune voisine, d’abord à Glimes, ensuite à Huppaye, chez Charles Theys, où j’ai encore assisté à un ferrage en 1973. Châle travaye dè marchau à Oupâye. Depuis lors, ce dernier a fermé son atelier. L. Goffinet, le dernier à posséder un cheval de labour à Jauchelette, n’a donc plus pu compter sur (p.30) les services d’aucun maréchal-ferrant installé dans le voisinage ; n’ a pëpont d’ marchau avaur-cë.
Asteûre, ë faut oyè on diplome po ièsse maîsse ‘maître’ marchau. Jadis, l’apprenti allait s’initier au métier chez un maréchal ; on-aleûve travayi come apërdëce dèlé on marchau ; on-èsteût lodji èt nourë, on travayeûve po one drénguèle ‘pourboire’. On d’vëneûve maîsse-marcha lë djou qu’ on-èsteût capâbe dë fèrer èt d’ fwârdji ‘forger’ lès fiêrs lë tot seû.
Seule, la ferme de la Ramée possédait une forge, one fwadje, à usage peronnel ; l’artisan s’y rendait de temps à autre pour ferrer. Néanmoins, en cas d’urgence, un valet amenait les chevaux au village, chez le maréchal. Comme les clients étaient souvent très nombreux et que l’ouvrier ne pouvait attendre trop longtemps, il se contentait d’attacher les chevaux au mur du cimetière, juste en face de la forge – on-aloyive lès tch’vaus d’ l’ Abîye à l‘ mërâye dè l‘ cèmintîre – et il retournait à son travail. Après le ferrage, il suffisait de renvoyer les chevaux à la ferme, qu’ils regagnaient tout seuls ; lès tch’vaus d’ à Bèguén ralin’ fèrés à l’Abîye, is mougnetin’ ‘mangeottaient’ au-d-dèlong ‘le long’ dès vôyes. Parfois, on juchait l’un ou l’autre garçon du village sur un cheval pour le ramener ; on-èmantchive on gamin ou deûs à tch’vau po l‘ r’min.ner.
