VIKADJE DO PASSÉ
MANIÈRES DE VIVRE DU PASSÉ
MÂRIADJE
MARIAGE
E. Yernaux, F. Fiévet, in : Folklore montagnard, s.d.
(p.379) LE MARIAGE
On croyait que les jeunes mariés, qui passaient les trois premières nuits sans faire l’amour, étaient assurés d’une place au paradis. Des parents, qui tenaient au salut de leurs enfants, plaçaient une planche, posée de champ, sur toute la longueur du lit, en son milieu. Naïveté ou sottise, qu’importé, cette coutume disparut assez tôt. Mais, on continua à en user, non pas pour sauver l’âme des jeunes mariés, mais, tout simplement, comme une des farces types qu’on ne manquait pas de jouer au nouveau couple.
Dj’ é mis in crêpe à m’ gayole est une phrase dont usaient les femmes complètement négligées par leur mari. Si la brayète de ce dernier était mal fermée, on faisait remarquer qu’ i n-a toudi ’ne crâye à l’ uch dè l’ maujo ù-ce qu’ qu’ i n-a in môrt.
Voici quelques expressions relatives aux jeunes gens ou aux jeunes mariés.
Quand on voit un homme jeune qui sort avec une femme jeune, on peut les croire apparentés ; mais, s’il s’agit d’amours, on dira oyi, is sont parints du costé dè l’ brayète. C’est que cette femme est brave, mins dusqu’auzès gngnous ou èlle èst brâve mins i l’ faut dîre rade.
Si une femme emploie des drogues ou use des moyens condamnés par la loi et la morale pour provoquer des pertes, on dit qu’ èle fét mal ûsanse di s’ côrps.
Le Wallon, dans des conversations entre hommes, usera volontiers d’un vocabulaire rabelaisien; il répugne à dire des blagues su l’ ârtike devant ses enfants majeurs, même s’ils sont mariés. Il appréciera sévèrement une femme qui est trop ardemment amoureuse. Il dira d’elle : « Èle n’ èst wére sérieûse, èle vos a dès-îs à l’ brayète ; èlle a l’ feu à s’ cu, èlle a mau èyù-ce qui s’ mame n’a jamés stî r’fète ; èlle est pus tchaude qui lès feus d’ l’ infièr. »
D’une femme qui avait beaucoup d’enfants, on disait : « Èlle èst toudi à vûde èy à kèdje ; ès’ n-ome n’ a nén l’ timps dè r’tirer s’ culote qu’ èlle est prîje ; èle n’ a qu’ à skeûre sès cotes, i li tchét èn-èfant », même si elle a un certain âge car on prétendait qui c’ èst dins les viyès mârmites qu’ on fét lès mèyeûsès soupes.
(p.380) On employait la curieuse expression daler à Tchèslèt pour signifier faire l’amour.
On prétendait que la commune la plus aimée des femmes était Djèrpène, quoiqu’elles adoraient aller à Djambe.