Skèpiadje èt batème dins l' culture bèlje walone, picarde, gaumèse / Naissance et baptême dans la culture belge wallonne, picarde, gaumaise

PLAN

Ilustrâcions

0 Jènèrâlités / Généralités

1 Li batème pa réjion / Le baptême suivant les régions

2 Varia

 

Ilustrâcions

 

tchèyêre po-z-acoûtchî (18e siéke) / chaise d'accouchement (18e siècle)

(in: Les Âges de la Vie, Naître, vivre et mourir en Ardenne, Musée en Piconrue, 2015, p.48)

fonts po batijî / fonts baptismaux

(Musée Ducal (Bouyon / Bouillon))

Wahau / Waha - rèdjisse dès batèmes (1803-1829) / registre des baptêmes

sèringue po batijî in vitro (1780-1800) / seringue pour administrer le baptême in vitro

(in: Les Âges de la Vie, Naître, vivre et mourir en Ardenne, Musée en Piconrue, 2015, p.54)

pîces po l' batème avou rubans (1900-1950) (pièces de baptême avec rubans (1900-1950))

(in: op. citat.)

Mautche (Marche-en-Famenne) - On tape dès caurs èt dès boubounes à on batème. / On lance des sous et des bonbons lors d'un baptême.

(Colècsion / collection VEGE)

Borci (Bourcy) - batème / baptême - On distribûwe dès sukes di batème. / On distribue des dragées.

(in: op.citat., p.55)

(s.r.)

Borci (Bourcy) - après l' batème, à l' sôrtîye di mèsse / après le baptême, à la sortie de la messe

(1986)

(1988)

On.aye (Onhaye) - après l' batème / après le baptême ...

(1986)

li ramèssemint (= ritour à mèsse dè l' feume qu' a acoûtchî èt qu' èsteûve insi impure (sic)) / les relevailles (sic) (= retour à la messe de la femme qui a accouché et qui était ainsi impure (sic))

(J.-C. Servais, in: op.citat., p.51)

 

0 Jènèrâlités / Généralités

in : Roger Cochart, Durnal, 1992

 

(p.307) Parrain et marraine du marmot sont choisis de préfé­rence parmi les grands-parents qui, généralement, imposent leur prénom ou celui d’un cher disparu; en cas de refus des parents, l’offre est déclinée.

La cérémonie du baptême se déroule comme de nos jours et se termine par les mêmes sonneries de cloches. Le nombre de volées dépend de la générosité du parrain pour le sacristain: pas de dringuelle, pas de sonneries… ce qui con­damne le bébé et les parents à de dures années. En effet, les cloches n’ayant pas chanté, l’enfant sera breyau, c’est-à -dire pleurnichard et grincheux. Aussi était-il de l’intérêt de tous d’inciter les parrains et marraines, par ailleurs bien conscients du problème mais quelquefois radins, à dénouer largement les cordons de la bourse; de toute façon, la kyrielle d’enfants qui attendaient avec impatience sous et sukes di batème (dragées) ne manquaient pas de crier parrain et marraine plate bouse. Cette tradition reste bien vivante de nos jours et fait toujours le bonheur des gosses.

 

in : La Vie wallonne, 1932, n° 3, p.87

 

« … si les parrain et marraine ne jetaient ou s’ils ne se montraient pas assez généreux, les marmots leur lançaient l’invective :

(Lu Vîsâm / Vielsalm) lès pèlis cous

(Houfalîje / Goûvi – Houffalize / Gouvy) plate boûse

(Wéri / Wéry) plate malète, pèlé cou d’ tchâsse

(Wèji /Oisy) pârin grèlé, mârène saléye

 

NB (Li Banbwès / Bambois) Potche trawéye ! (tém. Roger Viroux)

 

Robert Dascotte, Les relevailles, in : MA, 2, 1982, p.42

 

La cérémonie des relevailles s’appelle èl ralâdje, retour, à mèsse,

èl ralâdje à l’ église. Elle a toujours lieu après le baptême, soit le lendemain,

soit  la  semaine  suivante.  Jusqu’alors,  èl   mère  en’  pût   nî”t  vûdî  èle  fét seûl’mint s’n-ouvrâdje dins s’méson.

Pour la cérémonie, èle met ses pus bêles lokes, vêtements, ses lokes de dîmince. Tenant son bébé dans les bras, elle va s’agenouiller devant l’autel de la Sainte Vierge et le baise. Pendant que le prêtre r’bènit l’mére et l’ èfant, elle tient en main ène candêye bénite. Selon son désir et ses moyens, elle dépose une offrande.

Cette première sortie de la mère et de l’enfant est suivie, à quelques jours d’intervalle, d’ène voye, pèlerinage, à lès sangn’ que l’feme avoût promis d’chèrvi, servir, honorer, pou que s’n-acouch’mint dalisse bîn.

 

Anne-Marie Fossoul-Risselin  (1)

* *    *

Une vieille personne nous a renseignés sur la façon dont se déroulait chez nous le scénario de cette coutume, vers le milieu du siècle dernier. En ce temps-là, la cérémonie avait déjà perdu beaucoup de son cachet. L’accoucheuse allait chercher la mère et l’enfant avec le cierge bénit de Chandeleur allumé. Sur le chemin de l’église, la mère ne pouvait pas se retourner et le groupe entrait directement à l’église. La mère ne pouvait pas travailler avant d’avoir accompli ses relevailles. La vieille dame nous a d’ailleurs déclaré : « On moustroût du doût èl ciène qu’ âroût yeû travayî avant d’ daler à l’ èglîse ».

Aujourd’hui encore, beaucoup de femmes croyantes réservent à l’église leur première sortie, très souvent avec leur enfant qu’elles font parfois bénir par le prêtre. Elles se rendent de préférence dans une église où il y a un saint protecteur des maladies enfantines.

 

Maurice Denuit (2)

 

*

J’ajoute à ces lignes que pendant la cérémonie des relevailles, le prêtre pose l’étole sur la tête ou l’épaule de la jeune maman et récite le début de l’Evangile de saint Jean. Pendant ce temps, la maman tient en main un cierge bénit le jour de la Chandeleur, tchandêye du Tchandelé. A Godarville (3), la mère doit recevoir l’eau bénite, yau d’font, de la main de la sage-femme, elle ne peut la prendre elle-même dans le bénitier (bènwatî).

Les relevailles sont pratiquement tombées en désuétude dans les années 70. Cette cérémonie rappelle la visite de la Sainte Famille au temple de Jérusalem et la purification de la Sainte Vierge.

 

(1) Le vocabulaire de la vie familiale à Saint-Vaast (1890-1914), Liège, 1969, p. 35. Cs lignes sont valables pour tout le Centre.

(2) « Èl Mouchon d’Aunia », février 1965, p. 33.

(3) A. Harou, Le folklore de Godarville, Anvers, 1893, p. 78.

 

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