VIKADJE DO PASSÉ
MANIÈRES DE VIVRE DU PASSÉ
ÔTES PÈRSONADJES
AUTRES PERSONNAGES
André Moureau, in : Thon-Samson, 1965
Le cavalier du Trau Pièrdu
Le Trou perdu était aux siècles passés un gouffre encaissé et rocailleux, longeant le sentier qui montait de Vil-en-Val à Thon. Là, les eaux de ruissellement venant du plateau s’engouffraient pour rejoindre le Samson. L’endroit était très dangereux et propre à éveiller le mystère et à enfanter des légendes. La tradition orale rapporte qu’un cavalier, inconnu dans la région, emprunta un jour ce sentier à la tombée de la nuit. Le cheval fit-il une fausse manœuvre…? Nul ne peut le préciser, mais homme et bête roulèrent dans l’abîme. Un villageois, témoin de cet accident, alerte la population. On repère les pas du cheval, le lieu de la chute, mais ni le cheval ni le cavalier ne furent découverts. Le siècle dernier, l’abîme du Trou Perdu fut nivelle pour permettre la création de routes.
Aujourd’hui, en contre-bas de la route remplaçant le sentier de naguère, on peut voir un petit trou par où s’écoulent les eaux par temps d’orage et qui s’appelle… le Trau Pièrdu.
Lieu-dit de Thon.
Elisée Legros, Cacafougna, in : EMVW, 1963-1965, p.125-126
Los Enquêtes, t. 10, p. 383, illustration, p. 382, ont cité pour leur utilisation comme croquemitaine, Cacafougna, personnage de l’ancien guignol liégeois et aussi ancien jouet d’enfant, diablotin qui sort d’une boîte. On a à ce propos renvoyé à l’article de Maurice piron, Controverse sur rorigine du théâtre liégeois des marionnettes, dans le Bulletin Le Vieux-Liège, t. 5, pp. 150-166, en 1957.
Pour Liège, en 1850, citons le témoignage de J.-J. dehin, dans Tchâr et Panâhe, p. 279 : chèvre, mouton et cochon allaient à la foire; le charretier, naturellement, ne les menait pas là pour leur faire voir le grand Cacafougna. Voyez, d’autre part, le Recueil des Comparaisons de Jos. defre-cheux, Bull. Soc. Lit. Wall., 22, 1886, p. 105 : crèhe come Cacafougna, on pîd totes lès-eûres « croître comme C., un pied toutes les heures », dit ironiquement d’une personne qui ne grandit pas. Et voyez encore Th. collette, Novês Rèspleûs, p. 12 : on p’tit vigreûs diâle qui bisa, bisa tot come Cacafougna « un petit diable vigoureux qui fila, fila tout comme C. ». (…)
C’est de même une femme dans l’« historiette enfantine » que rapporte wisimus dans son dictionnaire verviétois :
C’ èsteût one fêye Coufî-Coufou
Qui sofléve su mère è cou.
Ille èl sofla on djoû si lon
Qu’ ile rèscontra « Marie » Godon.
Ile lî d’manda : Wice alez-ve, don ?
Qwèri dès viêrs èt dès limeçons
Po nosse curé qu’ a lès frèssons.
«… Elle la souffla un jour si loin Qu’elle rencontra … Elle lui demanda : Où allez-vous donc ? Chercher des vers et des limaces Pour notre curé qui a les frissons ». Il faut que je dise ici que Wisimus ajoute que les « mauvais garnements » simplifiaient l’histoire à leur guise, ne conservant que les trois premiers vers suivis d’un quatrième et dernier ….
Passons sur les mauvais garnements. Il novis suffira de remarquer la liberté de ton du récit traditionnel fait par les parents ou grands-parents aux enfants.