Nûtons et sotês dins l' culture bèlje romane / Lutins & gnomes dans la culture belge wallonne, picarde et gaumaise

PLAN

 

0 Introdwîjadje / Introduction

1 Lès tradicions anciènes / Les traditions anciennes

2 Les tradicions asteûre / Les traditions actuelles

3 Scrîjadjes / Littérature

4 Ôte paut en Bèljike, … / Ailleurs en Belgique, …

5 Varia

0 Introdwîjadje / Introduction

on nûton (un lutin)

(in: La Vie Wallonne, 247, 1949, p.185)

Théocrite (La Wallonie), Folklore, Lès sotês, B.W., 18, 1981, s.p.

 

sotê / nûton (Belgique wallonne)

 

Origine : sotê: petit sot ; nûton < L: neptunus

 

Ailleurs : = korrikan (Bretagne) = Kobold (D) = Laminac (F Midi) = Goodfellow (GB) = farfarelli (I) = troll (Scand.)

NDLR : = (ISL) Stúfur : traduction allemande : Knirps, Stöpsel = ein Winzling)

 

 

Théocrite (La Wallonie), in : BW, 18, 1981

 

FOLKLORE / LES SOTÊS

 

Selon les pays et les régions, le personnage connu sous le nom généri­que de lutin s’appelle chez nous, en Wallonie « sotê » ou « nûton », korrikan en Bretagne, Kobold ou Dun-Elfen en Allemagne, farfadet, gnome, gobelin ou laminac (Midi) en France, puck, goodfellow ou brownie en Grande-Bretagne, farfarelli en Italie, troll en Scandinavie. On voit donc qu’il existe partout. Il s’agit d’un esprit familier et taquin, plutôt bienveillant, qui rend souvent des services, à moins qu’il ne sème la perturbation. Le poète anglais MILTON a défini la contribution des lutins aux travaux campagnards. D’autres légendes les présentent comme hos­tiles. A l’instar des « loumerotes », ou autres feux-follets, certains lutins maléfiques, comme les « apèleûs » ardennais, entraînent les égarés à leur perte. Selon LUTHER qui y croyait— eh oui ! — les Heinzemännchen substituaient leurs propres enfants aux bébés humains, dans leurs ber­ceaux. Luther dans ses « Propos de Fable » appelle ces enfants substitués des « Kilerops ».

Certains démonologues évaluent le nombre de toutes ces catégories de lutins à 30.000, ce qui n’est pas énorme à tout prendre, pour l’Europe entière. D’autres assurent qu’ils doivent leur nom au plaisir qu’ils pren­nent parfois à lutter contre les hommes, mais sans violence précise. Des lutins méridionaux, plus malicieux que méchants en veulent aux jupons des femmes auxquels ils s’accrochent avec obstination, surtout quand elles vont à un rendez-vous d’amour !

 

Elisée Legros, in : VW, 247, 1949, p.183-190

 

A propos des lutins et des fées

 

Dans son petit livre fondamental, Le Folklore wallon (1892), Eugène Monseur s’exprimait ainsi au sujet des nains connus dans nos tra­ditions :

II n’est guère de grotte dont on ne raconte qu’elle a été jadis habitée par de petits hommes, hauts tout au plus de deux pieds, parlant une langue inconnue et d’un caractère tantôt serviable, tantôt farceur… On raconte que jadis on allait porter à l’entrée de leurs grottes des objets à raccommoder — il s’agit ordinairement de souliers dans les légendes de la province de Liège, d’outils en fer dans celles de la province de Namur —, en ayant soin de déposer avec ces objets de la farine, ou un petit gâteau, ou des fruits, — dans quelques villages, on dit même une pièce de monnaie. Le lendemain, on retrouvait les objets remis en bon état.

Bonne synthèse, où l’on voudrait seulement ajouter quelques détails : la longue barbe des gnomes d’abord, et leur humeur peureuse et ombrageuse ; puis, comme lieux de séjour, dans la Hesbaye (où manquent les grottes), les souter­rains d’anciens châteaux, voire de fortes dépressions de ter­rain ; on aimerait voir signaler aussi que la disparition des (p.184) lutins est imputée à une incongruité des hommes ou à un amour mal payé de retour pour une paysanne.

 

De plus, la liste des noms wallons donnés par Monseur est à revoir. Il faut supprimer ou ramener à leur valeur d’excep­tions quelques noms qu’il cite : on a pu confondre ici ou là nûtons et sarazins (c’est-à-dire « païens »), — tout comme ailleurs (autour d’Opheylissem, en Brabant) on accouplait nûtons et djoupsenes, voire djoupséns et djoupsènes (égyp­tiens, égyptiennes, ou bohémiens, bohémiennes) ; — ce ne sont là toutefois qu’accidents isolés qui comptent peu à l’égard de l’ensemble.

 

Mais ce qui manquait surtout à l’aperçu de Monseur, c’étaient des précisions sur l’aire où l’on parle des gnomes, soit formellement dans des légendes ou dans des lieux-dits, soit encore dans ces autres survivances que constituent souvent comparaisons et métaphores : « vivre comme un nûton », loin de la société ; « une famille de nûtons », de gens de petite taille ; …

Sur les noms de nos gnomes et sur le domaine qu’ils occupent, on peut consulter désormais la carte dressée et com­mentée sobrement par Jean Haust dans un de ses derniers articles, paru dans les Enquêtes du Musée de la Vie Wal­lonne (1936) ; c’est de cette carte, établie grâce aux maté­riaux de Y Atlas linguistique wallon tant attendu et reproduite ci-contre, que je voudrais dégager quelques enseignements.

 

Liège et le liégeois oriental — y compris le nord de l’Ardenne, n’en déplaise aux guides touristiques, et même à tel dictionnaire populaire wallon, qui parlent de « cascade des mitons » sur la Hoigne — disent sotê ; le ternie continue l’ancien français soteau « petit sot », c’est-à-dire « espiègle » ; notre sotê est le cousin du follet lyonnais et du folletto italien, et le frère du sotré ou satré de la Lorraine française (où cer­tains, en veine d’imagination, ont cru voir un esprit (( souter­rain », ou un « sauteur », ou un « satyre », ou le grec sôtêr « sauveur » !).

Vielsalm et les environs emploient un énigmatique massoté, dont l’initiale reste inexpliquée.

 

Un précieux dûhon, remontant à dûsius, génie puis démon gaulois — cité comme tel par saint Augustin —, et parent du roumanche dischol « cauchemar des Alpes » et même de l’anglais deuce « diable », se conserve au village d’Ovifat, au nord de Malmedy. Je m’y suis rendu naguère pour (p.186) m’informer de la vitalité du mot révélé par l’abbé Bastin, et les vieux m’ont redit des dûhons, petits hommes du temps passé, vivant dans le trou dol hé do Tchèneû, de la côte du Cheneux, près de Rénastène, tout ce qu’on raconte des sotés dans le voisinage, y compris qu’ils fabriquaient des pierres meulières. A Robertville même, le mot est connu comme synonyme de sole, mais inusité ; « C’est vers Malmedy qu’on l’emploie », me dit-on, ce qui est erroné. (Méfions-nous des renseigne­ments indirects : un paysan d’un hameau de Stavelot n’a-t-il pas prétendu de même qu’à Jalhay, à la Gileppe — où il n’y a même pas de grotte — on voyait des cavernes de sotês avec cadenas !)

 

Ailleurs, dans l’ensemble du domaine wallon proprement dit, on connaît luton (ainsi à Huy et à Marche) ou nûton (surtout en namurois, y compris Givet). Comme le français lutin, qui s’est dit d’abord netun, puis ntiiton — les gnomes aiment l’ombre de la nuit —, enfin luiton, luton — certains gnomes aiment à « lutter » —, c’est une survivance du dieu romain Neptune, déchu d’abord au rang d’un démon, ce qu’attesté expressément une liste du VIIe siècle.

 

L’aire où séjournait notre type de gnome « tantôt serviable, tantôt farceur », rarement sournois ou méchant — s’il le devient parfois, c’est qu’on l’attaque —, coïncide avec celle du dialecte proprement wallon. (A la carte de J. Haust, il faut adjoindre le canton de Gedinne, d’après des renseigne­ments inédits de M. Albert Doppagne.) Le pays gaumais, sinon la basse Semois champenoise, ignore le lutin ; et à l’ouest, même carence, au moins si l’on cherche un nom carac­téristique, dès qu’on aborde le domaine picard, sauf, ainsi qu’on va le voir, à l’extrême-nord.

Sans doute, en Hainaut, on raconte de-ci de-là des histoires de p’tits-omes « petits hommes » dansant avec les feux follets et cherchant à vous entraîner dans les fondrières, ou venant étriller les chevaux la nuit, ou même vivant dans des terriers au bord du ruisseau où on leur portait aussi des loques à rac­commoder et à laver, ainsi que l’a relevé Antoine Gosselin pour Stambruges. Mais ces « petits hommes » n’ont point d’autre nom, sauf tout au nord : là, de Wodecq à Comines, comme au pays de Lille, le luton subsiste, surtout dans une expression typique : « être mené du luton ». Je tiens de M. Léon Macs cette description pour Mouscron : « si, sans avoir bu, on s’égare, surtout le soir, dans des endroits (p.187) pourtant familiers, où l’on erre des heures entières, passant et repassant au même point sans voir la direction à prendre, tournant sans fin autour d’un même champ, suant et haletant, on dit qu’on a d’ la misère et qu’on est m’né du luton ; pour dissiper le sortilège, il suffirait, dit-on, de rester sur place un certain temps ou encore d’être interpellé ». Dans d’autres villages de la région, ce sont des personnes ivres que le lui on égare de la sorte.

 

Cela ne ressemble guère à première vue au lutin wallon, qui berne parfois, mais n’ensorcelle point. On pense ici à un génie malfaisant, ce qui est du reste l’acception première du mot lutin en français, quoique le sens de génie malicieux plu­tôt que méchant apparaisse aussi de bonne heure.

Mais où classer, à quoi rattacher notre sotê ou nûton bienfaisant ?

Sans doute, je ne désire pas reprendre les vieilles discus­sions des archéologues et des folkloristes : les gnomes conti­nuent-ils une race de pygmées ou sont-ils sortis de toutes pièces de l’imagination populaire ?

 

On peut se demander toutefois si Wilhelm Marichal, dans sa thèse proallemande de 1942 — non du reste dénuée d’intérêt — sur le folklore malmédien et salmien, a raison de traiter nos gnomes de germaniques, malgré leur nom roman (sotê) — et latin (nûton), et celtique (dûhon) —, en se fon­dant sur des différences avec les nains des légendes « fran­çaises » de Bretagne. Comme si les Bretons, au folklore si particulier et, pour moitié, encore celtiques de langue, repré­sentaient les Français par excellence !

 

En réalité, en parcourant le manuel même de folklore français de Sébillot auquel renvoie Marichal, on est frappé par maintes analogies avec des Cadets ou farfadets point mal­faisants du tout, avec des petits hommes bienveillants, indus­trieux, serviables, jusqu’au jour où ils éprouvent les méfaits de l’ingratitude humaine, très souvent farceurs aussi ; et ils se livrent pareillement à ce (( commerce silencieux » bien connu des ethnographes, moyen d’échange de produits bruts ou travaillés pratiqué entre populations de niveau différent qui ne se parlent ni ne se rencontrent même jamais sur le lieu où l’on dépose les marchandises à vendre ou à travailler. Notre compatriote, M. le professeur Georges Smets, a étudié naguère ce curieux usage, en partant de l’exemple classique fourni par Hérodote, celui des Carthaginois allant commercer

(p.188) semblablement au delà des Colonnes d’Hercule, et il a comparé de nombreux cas observés en Asie (à Ceylan notam­ment), en Océanie, en Amérique ; on voudrait ajouter à son tableau les témoignages de notre propre folklore.

Des traits semblables existent naturellement aussi chez les nekkers, les kabouters, les Zwerge, les Fichtemänsche du voi­sinage germanique. Cela prouve-t-il emprunt de notre part ? Pourquoi ne regarder que vers le nord et rattacher ces faits de folklore international à la seule mythologie germanique ? Il faudrait examiner l’ensemble des données européennes avant de pouvoir, peut-être, se prononcer.

 

Le fait que l’aire wallonne, adossée au germanique, forme aujourd’hui un tout à part avec ses noms du lutin bienfaisant, n’est pas non plus décisif. C’est elle aussi qui a conservé de même, avec èrére ou ère, le terme latin aratrum pour désigner toutes les anciennes charrues, qu’elles soient du type de l’araire méridional, sans roues, ou du type avec roues que les uns disent gaulois et d’autres germanique ; elle est seule aussi à cet égard dans tout le nord de la Gaule, avec, chose curieuse, quelques épaves également dans les régions tournaisienne et lilloise où arcle ne s’applique plus qu’à une pièce de la charrue, l’âge.

 

Le wallon fournit plus d’un exemple de ces aires de repli, sur une région particulièrement archaïsante. La Gaume, qui actuellement ne connaît des lutins que sous la plume du facé­tieux Edouard Ned, en a possédé sans doute, aux temps an­ciens, de plus sérieux, qui faisaient le trait d’union avec les malicieux sotrés ou satrés mosellans et avec les sotrés ou soufrés meusiens protecteurs de certains chevaux dont ils viennent la nuit natter la crinière.

 

Le pays gaumais, ainsi que la basse Semois et quelques communes immédiatement au nord de ces régions, forment le terroir des fées, avec leurs légendes, leurs châteaux et aussi les bores dès fâyes « cavernes des fées ». On en trouve certes ailleurs sur quelques points, notamment en Hainaut : ainsi à Stambruges, où les bonnes fées lavaient et ravaudaient le linge sale des habitants, au bord des flaques d’eau de la Grande Bruyère et d’un bois appelé « l’Ottée des fées » ; mais dans l’ensemble il y en a peu d’authentiquement popu­laires, surtout pour la région proprement wallonne. (Il faut se garder d’ajouter foi aux fées enfantées par l’imagination des Marcellin La Garde et Henri de Nimal, les pseudo-folkloristes (p.189) du siècle dernier, dont les inventions, entérinées par­fois par les indigènes grâce au prestige de l’imprimé, se retrouvent jusque dans tel corpus de folklore international.)

 

Etonnant partage entre le domaine des lutins et celui des fées, les deux ne se recouvrant chez nous que sur une bande étroite. Mais attendons encore avant de conclure. Outre qu’il faudrait savoir — et ici je fais appel aux folkloristes d’au delà de la frontière linguistique — si ces zones folkloriques se prolongent à l’ouest dans le Luxembourg ger­manique et la Rhénanie et au nord en terre flamande, est-il certain que l’absence des fées a toujours elle aussi été absolue en terre wallonne ?

 

Sans beaucoup m’arrêter au wallon fayé « chétif, indis­posé, maussade », qui représente probablement l’ancien fran­çais fée (( ensorcelé par les fées » — comme le méridional fada « abîmé, blessé, malade » —, j’invoquerai surtout les beaux exemples cités par Jean Haust ici même dans le numéro jubilaire des dix ans de La Vie Wallonne (t. n, 1930) : Mélusine et Dame Abonde.

Il est vrai que c’est en Hainaut, et souvent dans une région qui n’est pas dialectalement wallonne, qu’on entend, comme à Rance, les jours de grands vents annonciateurs de pluies, siffler Marloujène (ou la Marloujène), ou, comme à Stambruges, la nuit par mauvais temps, pleurer la Mèrlwézine annonciatrice de décès, ou, comme à Lessines, Wodecq et Ellezelles, avec le vent qui gronde dans la cheminée, gronder aussi les Marlouzines menaçant de prendre les enfants. Et il faut ajouter que, dans cette popularité de la « Mère des Lusignan », des rapports féodaux de ces derniers avec Enghien ont pu jouer un rôle.

 

Le cas de Dame Abonde est plus clair, encore que certains philologues se soient obstinés à ne pas reconnaître que cette fée médiévale qui répandait l’abondance dans les maisons et les celliers —et dont le nom se retrouve attaché à des roches Damabonde (ou Damablonde) de l’Ardenne — réapparaisse encore dans les tourbillons soulevés par le vent appelés dama-bômes dans plusieurs villages liégeois et damabondes dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, vers Rance. Si une hirondelle ne fait pas le printemps, une fée suffit-elle à faire de la Wallonie une terre féerique ? Je ne le crois pas, mais, à défaut de preuve pour une thèse formelle, elle peut au moins apporter quelque nuance dans un tableau aux contrastes trop tranchés.

 

(p.190) Ne minimisons pas trop cependant les discordances. Il ne s’agit là que de deux cas isolés. Quant aux « bonnes fées » citées aussi de-ci de-là à l’ouest, il faut y voir simplement — comme dans les nûtones que, d’après Félix Rousseau, on asso­cie aux nûtons dans le Namurois — des «  génies bienfaisants qui, la nuit, aidaient les paysans dans leur besogne », ainsi qu’on l’a précisé pour lés-éfées du Bokèt « les fées du Bos­quet » du village hennuyer de Wiers ; ce sont les humbles compagnes des « petits hommes » et des lutins. D’une autre classe sont les authentiques fées de la Semois, dansant au clair de lune au son de musiques mystérieuses et capables de payer quelque service avec des paillettes d’or ; de même les fâyes gaumaises assimilées souvent à des sorcières ; dans le sud de l’Ardenne comme en Champagne, où pareillement les fées envoyaient leurs vaches à la « herde » du pâtre commu­nal, liant les provisions, la marinde, aux cornes quand venait leur tour de nourrir le vacher, on se garde bien de les con­fondre avec les gnomes.

 

Somme toute, si, pour les lutins, on tient compte des « petits hommes » hennuyers et si l’on réfléchit que l’excep­tion gaumaise perd de son importance une fois qu’on examine, comme il se doit, l’ensemble des faits sans s’arrêter à une frontière politique moderne, on conclura que c’est au sujet des fées que subsistent les lacunes et les divergences les plus profondes.

 

Les lutins et les fées forment ainsi l’un des plus beaux thèmes de notre littérature linguistique et folklorique, et aussi l’une des matières les plus riches en enseignements. Après avoir évoqué les personnifications du vent dont nous reparlons ci-dessus, Jean Haust, qui pourtant n’était pas homme à se payer de mots, ne pouvait s’empêcher d’écrire :

Pour qui veut se donner la peine de les interroger avec sympathie au lieu de les dénigrer par ignorance, nos patois recèlent ainsi de véritables débris de la tradition humaine. C’est une sorte de musée historique, où le pas du visiteur éveille l’écho des croyances, des enchantements ou des terreurs qui ont jadis remué l’âme populaire.

Leçon toujours bonne à redire, qui finira peut-être un jour par convaincre nos concitoyens que, pour le progrès des sciences de l’humain, les dialectologues et les folkloristes ne sont pas plus inutiles que les historiens et les poètes.

 

Les gnomes dans les parlers de la Wallonie, in : EMVW 1931-1948, p.141-146

 

Dans la commune de Robertville: dûhon

 

(p.144) dans le langage courant:

C’è-st-ine famile di nûtons.: personne de petite taille

Nûton: homme sombre et taciturne; misanthrope, casanier.

On bon lûton: courageux, déterminé.

 

Blanke dame: une apparition, un fantôme

Dans l’est-wallon, pas de fées.

A Opheylissem (Ni19): des djëpsënes; dès djoupséns (à Neerheylissem (Ni20))

En Gaume: les fâyes (= fées) (– Walonîye).