VIKADJE DO PASSÉ

MANIÈRES DE VIVRE DU PASSÉ

LÈS 4 FIS AÎMON

LES 4 FILS AYMON

Lès quate fis Aîmon / Les quatre fils Aymon

(s.r.)

George LAPORT, LES QUATRE FILS AYMON ET LA FORÊT D’ARDENNE, in: VW, 6, 1931, p.262-271

 

(p.261) II. – Localisation du roman

 

  1. a) EN WALLONIE

 

  1. – Montfort-sur-Ourthe

 

Maintenant que nous avons narré les exploits des quatre fils Aymon tels que les romans populaires les relatent dans un style très archaïque, examinons les souvenirs des preux que la tradition a conservés au long de la vaste forêt d’Ardenne, sans nous occuper des libertés que les récits verbaux prennent avec la littérature ou avec l’histoire.

Voici une version recueillie sur les bords de l’Ourthe. En 1841, l’historien liégeois Ferdinand Henaux, constatant que déjà à cette époque, les croyances ancestrales se perdaient, s’est hâté de transcrire ce récit. La légende fait des quatre fils Aymon des héros essentiellement wallons.

Dodon de Mayence, descendant des barons d’Avroy – aujourd’hui l’ancienne baronnie d’Avroy est enclavée dans la ville de Liège – a pour fils Beuves et Aymon. Beuves devient seigneur d’Aigremont et n’a qu’un rejeton,  l’enchanteur Maugis. Aymon obtient le château d’Amblève, ce qui lui vaut le titre de prince des Ardennes. Il épouse Edwige, cousine de Charlemagne, dont il a quatre fils : Renaud, Allard, Guichard et Richard.

Le début du conte est le même que celui du roman populaire.

 

(p.262) Lothier arrive devant Aigremont où le château du fier duc couronne un imposant rocher à pic. De nos jours, un riant manoir du XVIIIe siècle surmonte le roc. Lorsque l’on contemple cette falaise inaccessible, on comprend que Lothier, réduit à ses propres moyens, ait renoncé à prendre la forteresse par la force. Nous savons déjà que la visite rendue par Lothier à Beuves est fatale au fils de Charlemagne.

Après le meurtre de Berthelot, les quatre fils Aymon viennent saluer leur mère à Amblève. Les ruines de cette citadelle ont conservé le nom des quatre preux d’Ardenne. Elles perchent au sommet d’une falaise granitique contre laquelle l’Amblève vient briser ses flots cristallins. Les paladins emportent de l’or et font bâtir un château formidable à Montfort-sur-Ourthe. Cette forteresse était

aussi connue dans la région, sous le vocable de château des quatre fils Aymon. Ses ruines ont disparu depuis une trentaine d’années, une carrière ayant rongé le bloc de grès sur lequel le château était bâti. Ces vestiges étaient très caractéristiques. On y voyait un vaste pan de mur percé d’une grande rosace qui faisait songer à un œil gigantesque scrutant la vallée.

Seize mois durant, Charlemagne assiège les preux dans Montfort. Devant Montfort, sur l’autre rive de l’Ourthe, s’élève la tour de Poulseur, appelée Tour des Choucas. Les villageois lui donnent parfois – à tort d’ailleurs – la dénomination de tour des quatre fils Aymon. Si l’on en croit les bonnes gens, ce fort est construit par l’empereur à la barbe fleurie, lorsqu’il assiège Montfort. Sur la terrasse, on allume un fanal durant la nuit, pour encourager

les combattants qui savent le monarque à leur tête.

La retraite des fils Aymon est investie grâce à la félonie de Hernier. Les preux chevauchent vers Amblève où ils vont embrasser leur mère, puis ils s’enfoncent dans la forêt ardennaise, s’arrêtent un instant au château de Dhuy sur la Méhaigne et s’acheminent vers la Gascogne.

Cette curieuse version substitue les bords de l’Ourthe à ceux de la Meuse.

(s.r.)

Share This