VIKADJE DO PASSÉ

MANIÈRES DE VIVRE DU PASSÉ

LI VÈRBOK

li vèrbok

(Emile Schodduyn)

 

Abbé Massaux, Sorcières et vèrbok dans la tradition et le langage populaires, EMVW, T9, 1960-62, p.238(?)-240

 

Le vèrbok était un homme métamorphosé en animal.

Albert Doppagne, Le Vert-Bouc, in: Comm. R. B. de Folklore, 1956-1961, T9-14, p.49-89

 

(p.60) Dans l’église d’Avioth se trouve la statue de sainte Marguerite terrassant le vârt-bouk (qui infestait la région d’Avioth). Il obligeait ceux qu’il rencontrait à prendre place sur son dos. Le monstre les emportait et on n’entendait plus parler d’eux.

 

(p.65) Le génie de la mine, vér-bouk (= boublin) était un esprit malfaisant qui apparaissait aux ouvriers de la mine.

 

(p.71-72) A Franchimont-lez-Theux, un vèrbouk était préposé à la garde d’un trésor caché dans les ruines du château.

LE “VERT-BOUC”, in : GSHA, 31, 1989, p.35-38

 

Le souvenir tragique de la destruction des villages de St-Martin, Jevigny, Lamerlé, etc. et du massacre de leurs malheureux habitats a longtemps obsédé nos populations. Des légendes en sont nées, qui peuplaient le val du Glain : chevauchées aériennes, revenants, et autres diableries.

 

(p.38) Une fois, Pierre-Joseph Delcroix, de Halconreux, s’en vint, à la vesprée, pas­ser une heure au Longwez, chez son ami Hinri Simon. Visite depuis longtemps pro­mise. Tout en devisant gaiement, ils arrosèrent copieusement leur rencontre, de sorte que Pierre-Joseph était «time-tame» quand il quitta Hinri, à la nuit tombante. Il prit le raccourci par Grosbaileu, Paradis et les Prâles, cependant que l’alcool continuait de lui alourdir jambes et cerveau. A telle enseigne qu’aux Prâles, il dut s’asseoir pour se «rehapper» un moment. Regrettant de n’être pas sur sa paillasse, il finit par s’endormir, adossé à un sapin…

C’est alors que se présenta le Vert-Bouc, Belzébuth en personne, comme cha­cun sait, qui proposa au dormeur de le remettre à destination. Halconreux n’était pas bien loin mais notre homme accepta néanmoins avec satisfaction la proposi­tion du Tentateur. Et le voilà, tenez, chevauchant Vert-Bouc par-dessus les sapiniè­res. A un jet de pierre de sa chaumine, not’ Pierre-Joseph ne pouvant réprimer sa joie s’adressa à sa monture en s’écriant: « Saute, Miraute, oute hèyes èt bouchons ! »… Or, sous peine d’être désarçonné, il aurait dû, paraît-il, se taire… Instan­tanément, il se retrouva cou-d’zeû, cou-d’zos et tout endolori au pied de son sapin des Prâles, d’où, dessoûlé, il regagna pedibus son domicile.

Mais le souvenir de l’étrange aventure ne le quitta plus et très souvent, dans la suite, on le voyait partir, tête basse, vers les Prâles. Tant et si bien qu’un an après, jour pour jour, il fut trouvé trépassé au pied du fatal sapin.

Et voilà une histoire de Vert-Bouc. Car il en est d’autres…

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