1 sur le dos; 2 ponts, barques, bateaux; 3 chariots, charrettes; 4 trains, trams; 5 varia

1 Transpôrt à dos d’ djin (Transport sur le dos)

boterèsses

Que transportaient ces ‘boterèsses’ et où les trouvait-on ?

 

1 Maurice Panthir, Les porteuses de hottes, EMVW, 1953, 571-572, p. 353-372

 

De la ville à la campagne, du café, de la chicorée, du riz,  du sucre, des semences, …

De la campagne à la ville, des oeufs, du beurre, des fruits, du sirop, …

Certaines étaient « cotîrèsses » (maraîchères) et amenaient les produits du sol qu’elles travaillaient.

 

in: Elisée Legros, La hotte et ses usages, EMVW, TIV, 41-42, 1946, p.92-139

 

A Liège, anciennement, des ‘boterèsses’ travailalient dans les charbonnages et dans l’agriculture. (p.99)

Elles étaient également embauchées pour le transport de fusils. (p. 101)

Les « boterèsses à l’ hoye » (au charbon) (jusque -+ 1920) transportaient le charbon.

Elles disparurent vu la facilité des communications (vélo, train, auto).

 

A Spa, on appelait « on hotelî, one hotèlerèsse » celui, celle qui portait le bot (hotte).

 

Les ‘hotelîs’ ou ‘botîs’, ‘hotèlerèses’ ou ‘boterèsses’ travaillaient aussi pour

les marchands de volaille (p. 107), les menuisiers, cordonniers, vitriers, les fabricants d’encens (p.110), dans les vignobles de liège. Elles se chargeaient aussi du transport du fumier (p.111).

 

Les voyages (à partir de Liège) étaient de 2 ou 3 jours pour le Condroz ou la Hesbaye; 8 à 10 jours pour la Campine, la tournée de l’Ardenne (la visite des églises jusqu’à Charleville) durant 3 mois. (p.110)

 

Des témoignages relèvent l’existence de ces ininérants à Huy, Jalhay, Nadrin, Villers-la-Bonne-Eau, en Gaume, Marche (Soy), Gedinne, Ciney, Soulme, Nismes (one wote : une hotte), Soignies, Ath, Mons, Tournai.

 

On trouve ainsi les borènes (hotteuses dans les houillères) dans le Borinage (p.127) , en Gaume les hotteurs de Mussy (pour la culture du « cabus » (chou)) (p.133).

 

Enfin, à Neerheylissem, Zétrud-Lumay, pour expliquer aux enfants la naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur, on disait: «  C’ èst l’ boterèsse què l’ a apwârté! » (p.132)

botî ou hotelî

Jean-Francis Dechesne, “Porteurs! Histoires de Wallonie et d’ ailleurs”, VA 14/04/1997

 

Le portage à pied, sur le dos, les épaules, la tête, les bras ou encore en bandouillère, a été jadis chez nous et est encore dans le monde entier le fait d’hommes, mais le plus souvent de femmes, notamment dans des lieux où toute autre forme de transport est ou était impossible pour une série de raisons: pauvreté, configuration du terrain, exploitation par les pauvres par les nantis …

En wallon liégeois, ‘boerèsse’, francisé en botteresse, est une figure légendaire de la porteuse de hotte, le ‘bot’ qui lui donna son nom.  Ses attributs: son bot fait d’ osier et de bois, son bâton sur lequel elle pose sa hotte quand elle se repose, ses sabots, son courage et son franc-parler;  Elle apparaît à Liège et dans le reste de la Wallonie au Moyen-Age.  Elle disparaît après la première guerre mondiale.  On distingue les botteressses des villes et celles des champs.  Elles parcouraient des distances considérables avec des charges pouvant aller jusqu’à 40 kilos de houille, de craie, de volailles, d’herbe, de fagots, de bouteilles d’ eau de Spa …

Il y a aussi les « cotîrèsses », porteuses de panier sur la tête approvisionnant les marchés en légumes, les marchandes de poires cuites, de « makéye » (fromage blanc), les porteurses de lait avec le « harkê » (porte-seaux ou cruches), les hiercheuses à la berlaine des houillères …

Vint la charrette à bras jusqu’ aux ‘caddies’ de nos grandes surfaces, sans oublier la sacoche du facteur.

boterèsse

Michel Hubert, Lès boterèsses, in : Lès Chwès, 3, 2002, p.10

 

S’ i gn-a on mèstî qu’ a stî fameûs, c’ èst bin l’ cia dès boterèsses. I gn-aveûve dèdja au XIIIème sièke.

 

Èles apwârtin.n dès frûts, dès légu­mes aus cotelîs qu’ èstin.n su l’ mârtchi dè  l’ vile. A l’ saîson dès cana­das, èles paurtin.n di leû viiladje divant l’ pikète do djoû avou one hoteléye di 50 kulos d’ canadas. On côp diskèrdjîyes, èles èralin.n avou dè l’ tchau, do cafeu, do suke, dès on.nadjes èt tot ç’ qu’ i mankeûve au viladje.

Leû causadje èsteûve rude corne li cia dès-ouyeûs. Èlle èstin.n coneûwes po leûs rèplikes. Èles copwartin.n lès novèles d’ one place à l’ ôte. Èles sièrvin.n co d’ mèssadjerèsses. On l’zeû d’neûve one lète èt èles rapwartin.n li rèsponse li samwin.ne d’ après. I faut crwêre qu’ èlle èstin.n cafeteûses pace qu’ on d’jeûve: cafeter come one boterèsse!

 

I gn-aveûve ossi lès boterèsses au tchèrbon. Èles rintrin.n lès gros­èes rukes pau  laurmî dès cauves dès bourdjwès.

Li poûssier ? On li staureûve au mitan dè l’ vôye èwoù-ce qui l’ mârtchand d’ dièle aveûve sipaurdu li moncia qu’ faleûve. Avou d’ l’ êwe, lès boterèsses fyin.n on machau qu’ èles pèstèlin.n à pîds d’tchaus po-z-è fé dè l‘ tèroule. Après ça, èles fyin.n dès bolètes à l’ mwin qu’ on fieûve sètchi su l’ pavéye.

Bin r’ssuwéyes, on lès tchôkeûve è l’ cauve.

 

Lès boterèsses ont stî ègadjîyes po dès grands travaus : li canâl d’ Oûte, li tch’min d’ fïèr di Brussèle à Lîdje.

Dès ribambèles di boterèsses èt dès rèfwarcîyès crapôdes boutin.n dins lès tchèrbonadjes da John Cockerill.

C’ è-st-insi qu’ trwès cints boterèsses di Lîdje ont stî d’ner on côp di spale po-z-achèver l’ copète do liyon di Watèrlo. On n’ a nin compté lès chipeléyes ni lès hoteléyes qu’ il a falu.

 

One hote, c’ è-st-on pani rasplati d’ on costé, qu’ on mèt à s’ dos avou dès aburtales. Po ragrandi l’en-d’dins dè l’ hote, on-z-î tchôkeûve one banse sins fond loméye « hér ».

Li gros baston sièrveûve à stancener l’ kèdje dè l’ boterèsse. Citèle-ci p’leûve taurdjî one miète, rinaîri s’ linwe divant d’ ièsse coût d’ alin.ne. Èles boutin.n, sins r’lache, dispeûy l ‘aîreû do djoû jusqu’au momint qui l’ djoû distind. Adon, tot bagnant dins leû tch’mîje, èlle èstin.n drânéyes come dès vîys pôves.

boterèsses, pwârteûses di bwès èt d' hièbe (porteuses de bois et d'herbe)

Julien Gengoux, Herbeumont, son histoire, ses histoires, ses Saglés, 2007

 

(p.162) HOTTEUSE

 

Autrefois, la hotte servait le plus souvent à transporter des fougères et des genêts pour la litière, du foin, de l’herbe, de la paille, des fagots de bois, des feuilles mor­tes et même parfois les plus jeu­nes enfants.

La hotte était faite d’osier ou de coudrier (noisetier). Au village, on trouvait de l’osier dans les haies du Vivy. Quant au cou­drier, il y en avait un peu par­tout, à l’orée de la forêt, dans les talus ou le long des che­mins.

Elle comprenait les pattes (piè­ces de bois formant l’armature et dépassant par le bas), le dos (partie plate appliquée contre le dos de celle qui la porte) et les bretelles de suspension. Dans les régions accidentées comme la nôtre, la hotte est restée très longtemps un moyen de transport fort utilisé sur les petites voies de commu­nication difficilement accessibles par les attelages.

 

(p.163) Jadis, les femmes d’Herbeumont, chaussées de sabots, la hotte au dos, portaient la laine à la filature de Sedan, en empruntant le chemin dit « des fîleuses », à travers le bois de Sainte-Cécile.

Parfois, pour faire plus court, elles traversaient la Semois au gué « des Mamelles », pour se diriger vers les bois de Muno et ensuite vers la France, ce qui représentait quand même encore un parcours à pied de quelques dizaines de kilo­mètres. Il arrivait à certaines de se perdre dans les bois. C’est pour cette raison que, jusqu’en 1914, la cloche de l’église d’Herbeumont sonnait chaque soir, à vingt et une heures, afin de guider les éventuelles égarées.

Apartir des années cinquante, la hotte ne fut plus utilisée.. .hormis à l’occasion de fêtes folkloriques.

boterèsses di Tchini (hotteuses de Chiny) (Gaume)

L.W., Inlassables, les botteresses sillonnaient villes et campagnes …, LS, 07/03/1997

 

Le portage humain

 

Dès le 16e siècle, à Liège, elles acheminaient les marchandises entre les hauteurs et la vallée.  Main-d’oeuvre bon marché, elles ofrraient le moyen de transport le plus rapide du charbon, des légumes, du linge fraîchement lavé.  De Spa à Liège, leurs hottes contenaient jusqu’à trente bouteilles d’ eau de la célèbre source.

 

Au 19e siècle, le développement urbain repoussa les cultures en lontaine périphérie et les botteresses sillonnèrent les campagnes où beaucoup de lieu-dits rappellent encore aujourd’hui leur labeur.

 

La guerre de 1914, qui bouleversa toutes les habitudes, l’essor du tabac, les progrès dans le domaine des transports et l’amélioration des conditions de vie firent disparîatre le portage dans nos régions.

 

Ce moyen de transport existe encore en Afrique, au Proche-Orient, en Amérique du Sud et en Asie.  Il reste le moyen de transport du pauvre. 

 

Partout, l’homme essaye d’étirer sa colonne vertébrale pour contrer l’effet d’écrasement que provoque la charge.

boterèsse

Les “porteurs au sac”, EMVW, 1924-1930, p.231-233

 

A Liège, ils constituaient l’un des 22 bons métiers de la Cité (pwèrteûs å sètch) (F: portefaix).

Encore vers 1850, pour être admis dans la corporation, il fallait appartenir à la famille d’un de ses membres, être âgé de 21 ans.

On ne pouvait porter avant cet âge, à moins d’avoir fait « tchîf d’oûve », c’est-à-dire d’avoir subi une épreuve: les jeunes portefaix devaient transporter du rivage du ‘Gofe’ à l’hôtel de ville, un sac pesant 104 kilos.  Ils pouvaient s’arrêter mais en conservant le sac à l’épaule.

 

Les porteuses de sac, EMVW, 1924-1930, p.233-237

 

Elles portaient le sac plié en capuchon (= tchapoûle).

Ce sac était utilisé par les femmes pour le transport de la farine, de pommes de terre, etc, du charbon provenant du tèris’.

 

La besace, EMVW, 1924-1930, p.237

 

Sac double, utilisé par les ouvriers de la campagne, qui se rendaient à la ville pour y travailler du lundi au samedi (+- 1900)

Ils y mettaient un peu plus de 2 kilos.

pwârteûse su s' tièsse (porteuse sur la tête)

Les fardeaux posés sur la tête, EMVW, 1924-1930, p.228-239

 

Encore vers 1840 à Crupet, il était d’usage de se servir d’un coussinet pour porter les paniers sur la tête. (p.228)

S’en servaient également les « cotîrèsses » (maraîchères), les marchandes de fruits, de beurre et de fromage, de fleurs, de poires cuites, les blanchisseuses;

A Liège, les femmes d’armuriers portaient de la fabrique d’armes à leur domicile et vice versa des canons de fusils.

 

Le nom du coussinet : twètche (Liège), twatche (Namur).

A Mons: tortéyon : litt. torche, coussinet fait d’un linge tordu.