VIKADJE DO PASSÉ
MANIÈRES DE VIVRE DU PASSÉ
VÊRERÎ
VERRIER

sofleû d' vêre (souffleur de verre)
(s.r.)

vêrerî (verrier)
(s.r.)

canons d' vêre / canons en verre (s.r.)
E. Yernaux, F. Fiévet, in : Folklore montagnard, s.d.
LA VERRERIE
C’est une industrie complètement disparue chez nous. Elle n’avait jamais eu grande importance.
Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le métier de verrier était un métier noble. Vers 1750, des ouvriers allemands de la Souabe et de la Forêt Noire introduisirent chez nous le procédé de soufflage des vitres en canons. Parmi ces pionniers du nouveau mode de fabrication, se trouvait Andris, dont le petit-fils devait devenir bourgmestre de Montigny.
Vers 1827, les maîtres verriers purent former des souffleurs roturiers.
En 1834, il n’y avait qu’une verrerie sur le territoire de notre commune. Elle comprenait un four et huit creusets. Elle était exploitée par M. Fauconnier.
En 1870, il y avait une autre verrerie au Warmonceau, une petite exploitation à deux fours pour la fabrication des bouteilles. Elle était la propriété de MM. Smidt, Brasseur et Evrard.
Les verriers utilisaient ce qu’on appelle du savon de verrier pour graisser leur canne avec laquelle ils soufflaient les canons. Un ouvrier (p.348)
n’était consacré bon travailleur que lorsqu’il pouvait souffler des canons de 80 pouces.
Le savon était dur, d’une couleur ocre et ne saponifiait plus. Voici comment il était obtenu. L’ouvrier achetait de longues barres de savon de Marseille. Il les coupait en tranches de trois doigts d’épaisseur. Il mettait sécher ces tranches pendant des semaines sur le dessus d’une armoire.
Au bassin, on rencontrait le soufleû, l’ premî gamin d’ soufleû, l’ deusième gamin d’ soufleû et le manikeû. A l’étenderie, l’ platicheû et l’ gamin di stracoû. Enfin, il y avait les côpeûs.
L’ouvrier du bassin portait une chemisette en fine toile bleue quadrillée. La chemisette se terminait, au dos, au ras de la ceinture, devant plus bas que les genoux. La manche gauche allait jusqu’au poignet parce que c’est le bras présenté au feu, la manche droite ne dépassait pas le coude.
Le métallurgiste portait, lui, le bourgeron ou l’ saurot de toile bleue.
A propos de cette dernière, on usait de ces deux expressions : c’ èst dè l’ twèle parèye à m’ saurot ! et vènu au monde dins ‘ne bleûse marone !
Les verriers aimaient à faire plaisir aux petites filles en leur faisant des « paradis » en verre et aux garçons en leur donnant des billes. Celles-ci s’obtenaient par une procédé simple et original. L’ouvrier laissait tomber ‘ne glète de verre en fusion dans la partie creuse d’un sabot, il imprimait à ce dernier un mouvement de rotation jusqu’au moment où la bille était formée.