VIKADJE DO PASSÉ

MANIÈRES DE VIVRE DU PASSÉ

FIÊR ÈT ACI

FER ET ACIER

Constantin Meunier, Coulée à Ougrée, 19e s. (500 chefs d’oeuvre de l’art belge, Le Soir) 

E. Yernaux E., F. Fiévet, Folklore montagnard, s.d.

 

L’INDUSTRIE METALLURGIQUE

 

L’industrie métallurgique, qui a pris tant d’importance chez nous, était inexistante sous les anciens régimes. Ce n’est qu’en 1835 qu’elle naîtra sur notre territoire. M. Champeaux, de Charleroi, cette année, de­mande l’autorisation d’établir deux machines à vapeur pour le service des hauts-fourneaux qu’il se propose de faire construire, près de la prai­rie, dite du Banc. M. Champeaux était Français, originaire des Ardennes. Il était venu se fixer dans notre région pour surveiller l’expédition des matières premières charbon et fonte, qu’il achetait pour le compte d’un groupe de petites usines mosanes. Il épousa une des filles du riche ban­quier Chapel et devint ainsi le beau-frère de M. Huart-Chapel, l’un des industriels les plus connus du Bassin. C’est à l’Anglais Thomas Bone-hill qu’il confia la construction d’un haut-fourneau. Th. Bonehill arri­va chez nous en 1824 et s’imposa rapidement comme le meilleur cons­tructeur du pays. En 1840, il érigea le laminoir Champeaux. L’usine prospéra rapidement. Aussi, fin 1848, agrandit-on l’établissement. Pour ce faire, Champeaux supprima un chemin si bien que la commune lui intenta un procès. Mais à la suite d’une requête d’un certain nombre d’habitants, le Conseil communal abandonna bientôt ses poursuites. L’usine, dans la suite, fut exploitée sous la forme anonyme et prit la dénomination sociale de « Société Anonyme des Etablissements de Mon-tigny-sur-Sambre ». En 1867, on comptait 3 hauts-fourneaux, un lami­noir et il existait 9 chaudières et 5 machines à vapeur.

(p.342) Sur la fin de sa vie, M. Champeaux connut des revers de fortune, il dut vendre son usine et se retira ensuite à Paris.

Le 28 décembre 1898, était constituée la Société de Sambre-et-Moselle qui faisait suite à la Société Montangesellschaft Lothringen Saar, de Metz, et à la Société des Forges de Montigny.

(P. de Josselin de Jong, IJzergieterij, 1901, in : Geschiedenis magazine, 8, 2024, p.57)

E. Yernaux, Fiévet F., Folklore montagnard, s.d.

LE MARAIS

La Société du Marais qui, après la guerre de 1914-1918, devait être englobée dans la Société de Sambre-et-Moselle, comme les fonderies Brachot, fut constituée après la guerre de 1870, sous la raison sociale « Laminoirs, Forges et Fonderies du Marais – J. et S. Piérard frères et Cie ». Cette usine, dans laquelle régnait la meilleure entente parmi le personnel, occupait environ deux cents ouvriers, presque tous Monta­gnards. Elle devait son nom au fait qu’elle avait été bâtie sur de vieux marécages.

L’usine fabriquait les fers marchands et profilés, longrines, cor­nières, T, U, poutrelles, châssis, rails pour mines et tramways, spatés, feuillards, plaques calleja, etc. Elle était spécialisée dans la fabrication du fer dit fin grain, du fer à platiner, des fers cavaliers et des cylindres. Vers 1885, la firme construisit des chemins de fer en Hollande et en Italie. Ce fut là une exception, car en général le Marais travailla pour le marché intérieur.

Des métiers ont disparu et cependant ils furent très appréciés au temps du vieux Montigny, nous pensons aux chauffeurs, aux puddleurs, aux passeûs d’ loupe, etc.

Avec la disparition de ces métiers, sont disparues des techniques, des habitudes, des coutumes que nous allons essayer de rappeler.

Comment se faisait le fer il y a un demi-siècle ? On chargeait de la fonte dans le four. Quand tout était fondu, on jetait dans le métal en fusion des déchets de mitrailles. Puis le puddleur, en utilisant tantôt in renguèr’ tantôt in rabot manœuvrait la masse et en formait finalement des boules, dont le poids moyen était d’environ cinquante kilos. C’est alors que les grosses tenailles intervenaient pour sortir du four les mas­ses qui étaient conduites au pilon. Là, le marteleur, avec des guètes hau­tes jusqu’aux cuisses, protégé pa n’ pia pendant très bas, aplatissait la boule jusqu’à ce que le fer puisse passer dans l’ trin à loupe d’où sor­taient de grosses barres.

Celles-ci passaient au câsse-bâr où l’on déterminait la qualité du fer.

Les massîs confectionnaient des paquets qu’on remettait au four. C’est ainsi qu’intervenait l’art du maîsse tchaufeû. Enfin le fer passait à l’ aminwèr.

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