VIKADJE DO PASSÉ

MANIÈRES DE VIVRE DU PASSÉ

TONELÎ

TONELIER

tonelî sèrant l' tonia / tonnelier serrant le tonneau

(DL)

(s.r.)

Elisée Legros, in : EMVW, 1948, T2, p.155-192

 

Le tonnelier

 

I La tonnellerie à la main à Huy

 

Le merrain ou bois de douves

 

Le tonnelier, tonelî, reçoit le merrain (ou douvain), c.-à-d. les bois de douves, les clapes, qui serviront à monter le tonneau, tonia (tonê à Liège), d’un fendeur de douves appelé dopeteû.

Chez le dopeteû, les troncs ont été d’abord sciés trans­versalement en tronçons ou boulèts (Huy), puis fendus longitudinalement par l’ouvrier appelé spécialement « fen­deur », findeû, puis un autre ouvrier, le « hacheur », hatcheû, a enlevé l’aubier d’une part et redressé sommairement le bois d’autre part. L’essence est toujours le chêne.

Le merrain se vendait à Huy comme à Liège par une unité de cubage spéciale, le la d’ clapes, correspondant à peu près à 500 décimètres cubes : un la d’ clapes avait 25 pouces de longueur et 62 pieds de largeur sur 1 pouce d’épaisseur. Aujourd’hui, les dimensions des futailles variant, on vend le merrain par mètre cube.

Le débitage par fente s’opérant suivant le fil du bois, seu filé (so filèt à Liège), les pièces obtenues ne présentent qu’exceptionnellement une forme bien rectiligne. Pour en faire des douves, les pièces brutes doivent être façonnées par le tonnelier.

Les pièces travaillées à la main, suivant l’usage ancien, peuvent être beaucoup moins épaisses que celles qu’on travaille mécaniquement ; en effet un ouvrier habile tire parti de chacune, même fort gauchie, houléye, de façon à perdre le moins d’épaisseur possible. Ce qui explique qu’à l’heure actuelle encore, une équipe de tonneliers bien au courant de son métier peut continuer à fabriquer à la main des futailles à meilleur compte qu’à la machine.

 

Le façonnage des douves

 

Pour façonner les douves, façoner lès clapes ou mète lès clapes à façon (ou, comme dit aussi le tonnelier liégeois, pour faire des dèwes avec les clapes) (1), le tonnelier doit régulariser chaque côté des pièces.

 

(1) Le mot deuwe « douve » employé parfois à Huy n’y est ni fréquent ni considéré comme un mot indigène par le tonne­lier; voyez ci-dessus l’étude sur le vignoble, p. 55, note 1.

(Legros 1948, 157)

(p.157) a) Scier à longueur. — La première opération consiste à scier les pièces brutes à la longueur voulue, soyi à lon­gueûr. Naguère la douve, maintenue horizontalement de la main gauche sur un tonnelet, était sciée avec une scie à main ordinaire, suivant la mesure recherchée. Aujourd’hui ce travail se fait mécaniquement, à la scie circulaire qui produit des tranches bien d’équerre.

b) Pour le façonnage proprement dit, celui des longs côtés, l’ouvrier coince la pièce de bois à travailler sur un chevalet spécial, dj’volèt (dj’valèt ou plus souvent bâdèt pour notre tonnelier liégeois) (1), muni d’une pédale,

 

(1) A. Body, dans le Bull. Soc. Litt. wall., 10, 1868, p. 265, ne donne que dj’volèt.

(Legros 1948, 158)

(Legros 1948, 159)

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