VIKADJE DO PASSÉ
MANIÈRES DE VIVRE DU PASSÉ
CWAMEJÎ
CORDONNIER

on cwamejî / on cwèpî - un cordonnier
(in:; Les Amis de Logbiermé, 1989-1990, p.76)
Jules MORSOMME, in : SOUVENIRS DE L’ENTRE-DEUX-GUERRES (1920-1930) A TAVIGNY (HOUFFALIZE), GSHA, 27, 1987, p.27-33
LE CORDONNIER
Dans notre région comme ailleurs, les cordonniers sont devenus bien rares. Aussi, n’est-il pas inutile de souligner les mérites de nos artisans du cuir d’autrefois.
(p.33) Nul n’ignore que ce métier connut des hauts et des bas au cours des dernières décennies. La période des vaches maigres s’exprima surtout lorsque les chaussures à bas prix furent lancées sur le marché. Au début, séduits par leur prix modique, beaucoup en firent l’acquisition. Inutile de préciser qu’une fois abîmées, ces chaussures passaient rarement chez le cordonnier. On s’en débarrassait plutôt. Mais la bonne chaussure, la chaussure de prix, on se donne encore la peine de la faire réparer. On ne se débarrasse pas d’une chaussure souple qui coûte de 2.000 à 4.000 F, sous prétexte qu’il faille la faire ressemeler ou remplacer un talon.
Assis à sa table basse, couverte de zinc, devant son pied de fer à trois branches, le cordonnier de jadis vous dira qu’autrefois, les cuirs macéraient jusqu’à trois ans, dans les fosses avant d’être utilisés. Il fallait, en effet, qu’ils fussent durs pour mieux résister à l’usure. Puis, ils étaient traités à la machine à battre pour devenir plus durs encore. A cette époque, le cordonnier prévoyait même, sous son établi, un seau rempli d’eau dans lequel il trempait la semelle de cuir prête à être cousue avec du fil de lin. Les clients d’alors étaient friands de souliers qui duraient. Parfois, et particulièrement vis-à-vis de sa nombreuse et fidèle clientèle campagnarde, le cordonnier cloutait, ferrait bouts et talons des semelles afin d’en prolonger encore la vie. Aujourd’hui, la mode est aux chaussures légères. On ne cloue plus les semelles, on les colle. On prend alors la précaution de les carder pour que la colle forte produise son effet maximum.
Ceci dit, tout respire encore l’artisanat dans les rares ateliers de nos cwapîs d’autrefois : des patrons de semelles, de tiges et d’empeignes sont épingles au mur, entre l’antique machine à coudre, la finisseuse et, parfois même, le vieux poêle à bois.

atèlier do cwamejî / atelier du cordonnier
(Musée Gaumais, Virtan / Virton)