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WAURDADJE DO MINDJÎ

Conservation de la nourriture

discôpadje à l' mwin dè l' glace en 1912 / découpe manuelle de la glace en 1912

(s.r.)

glaciére d' Hanzinèle / glacière d'Hanzinelle

(s.r.)

LA GLACIERE DE HERMANMONT, in : AO 14/04/2011

 

(…) voici quelques précieuses informations sur la glacière de la propriété de Rosée à Hermanmont, Vielsalm. Merci à Monsieur Robert Nizet grâce à qui je puis vous transmettre ces informations que, tout d’abord, je puise dans une étude rédigée par M. Charles Legros à l’occasion de l’inau­guration de la glacière restaurée lors dès Journées du Patrimoine en septembre 1995.

«La cuve de la glacière de Hermanmont est assez particu­lière. Elle est cylindrique, ce qui est inhabituel, mais le fond n’est que partiellement maçonné: après un rétrécissement du pourtour, nous trouvons simplement de la terre battue, sans aucun aména­gement.

Le plafond dé la cuve est formé de voussettes dé briques sou­tenues par des poutrelles d’acier.

Le mur cylindrique est en moellons de schiste salmien et les briques ont été façonnées à Rencheux: des matériaux typiquement locaux.

La hauteur totale est de cinq mètres, le plafond se situant à 2,5 m. au-dessus du seuil de la porte. La capacité totale est de 55m1 dont 25 sous le seuil de la porte.

(…) la glace à conserver était prélevée sur les étangs de la vaste propriété de Hermanmont. Elle était découpée avec de grandes scies. D’après des témoignages oraux, l’étang du Tiennemesse était le plus exploité : il est peu profond (à peine plus d’un mètre); le fond en est garni de «jetées» parallèles de gros moellons qui le traver­sent de part en part (…) De tradition, ce sont les gens de Ville-du-Bois qui assuraient le transport par tombereau à cheval,

La glace était utilisée pour rafraîchir des préparations diverses.

Elle n’était toutefois pas mélangée directement aux boissons, par exemple. N’oublions pas que c’était l’eau d’un étang! Parfois, un Salmien malade, pour atténuer ses souffrances, recevait des gla­çons: on m’a cité un cas de péritonite soulagé de cette manière. La meilleure «procédure» était de «demander à Madame la Baronne». Cet épisode se passait en 1920.»

Monsieur Nizet dans un article intitulé «La propriété de Rosée à Hermanmont (Vielsalm): grandeur et décadence» publié in Glain et Salm, Haute Ardenne n°35, nous apprend que:

«Le principe de la glacière était simple et on en trouvait presque partout en Belgique, en général à proximité des châteaux ou, comme à Spa, des hôtels. Il s’agit d’une construction, enterrée et isolée le mieux possible. Dans le fond, un système d’évacuation des eaux vers un puits perdu permet de conserver la glace prélevée aux étangs voisins jusqu’en été. La glacière permettait de présenter à table glaces, sorbets ou autres préparations et se montrait utile pour l’éla­boration de compresses médications diverses.

La Baronne de Rosée écrivait le 6 août 1914: «J’ai été inter­rompue par les dames Beaupain qui venaient voir si j’avais encore un peu de glace pour une pauvre dame qui vient d’avoir une attaque d’apoplexie» L’auteur rapporte que cette glacière a été prise pour une chapelle par des Allemands qu’on y vit s’agenouiller et prier, en 1918,…

 

ET CELLE DE MARCHE …

 

Monsieur Francis Roufosse, quant à lui, évoque, d’après un texte de M. Jacques Rossignon, la glacière de Marche-en-Famenne.

«Dans la rue des Tanneurs à Marche-en-Famenne (ancienne rue des 3 Bombes), on peut encore apercevoir aujourd’hui un ancien bâtiment en briques portant sur sa façade une inscription à moitié effacée : «aplatisseur d’avoine». Cet ancien moulin à eau fut vendu en 1929 à M. Rouffin, lequel le transforma en glacière, y fabriquant des blocs de glace de trente kilos qui étaient ensuite utilisés par des restaurateurs, bouchers, poissonniers, cafetiers, fermiers, mar­chands ambulants de crème glacée pour assurer la bonne conser­vation de leurs produits. A la mort de M. Rouffin en 1939, la suc­cession de l’entreprise fut assurée par M. Déom, propriétaire de l’Hôtel de la Cloche. Après la seconde guerre mondiale, Félix Larondelle et son épouse, surnommée « la petite Maria », vont repren­dre la glacière et la moderniser.

C’était devenu une véritable petite industrie, équipée d’un gros compresseur à ammoniac des Ets Lebrun de Nimy, mû par un puissant moteur électrique. Le gaz obtenu était amené par des tuyaux vers un grand bac métallique rempli de saumure qui était ainsi main­tenue à une température de -18°C. De grands moules en métal épais, hauts d’un mètre et remplis d’.eau, étaient amenés dans le bac de saumure grâce à un palan accroché à un rail, lequel pouvait trans­porter huit moules à la fois. La cuve de saumure recevait ainsi 150 moules qui y trempaient pendant une douzaine d’heures. Deux démoulages étaient opérés chaque jour: à 5 heures du matin et dans l’après-midi à 17 heures. Les blocs étaient alors transportés sur l’épaule, emballés dans de la jute, jusqu’à la camionnette de Félix qui les attendait pour entreprendre sa tournée. Selon leurs besoins, les clients achetaient plusieurs blocs, mais souvent aussi un demi-bloc. Un pic permettait de couper la glace pour l’amener à la dimension souhaitée. Félix Larondelle s’était constitué une très belle clientèle. Au volant de sa camionnette, il livrait de nombreux commerçants marchois, mais également de Jemelle, Saint-Hubert, de toute la vallée de l’Ourthe, de Barvaux à Houffalize et à Bastogne, dont la laiterie consommait régulièrement de 60 à 70 blocs. Toutes les petites laiteries de la région comptaient d’ailleurs parmi sa clientèle. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes… Et puis, vers 1963, avec l’arrivée sur le marché des frigidaires et autres appareils électriques de refroidissement, Félix Larondelle sentit le vent tourner et, en bon visionnaire, il prit la décision de ces­ser son activité « avant d’y perdre ses culottes »!

Et les années sont passées, mais encore aujourd’hui, tous se souviennent de «la petite Maria » qui tenait une petite épicerie der­rière l’Hôtel de Ville. Son rayon friandises était en permanence assailli par des bandes de galopins en manque de bonbons et de « chiques » ou encore de « babeluttes ».

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