Tir aus cambes

TIR AUS CAMBES

Tir aux chambres

En Bèljike walone, li tir aus cambes

le tir aux “chambres (remplies de poudre)” (picard: cambes /-p/)

pour le wallon “tchambe” /-p/; aussi écrit erronément ‘campe’)

PLAN

0 Jènèrâlités / Généralités

1 Li tir aus cambes pa réjions / Le tir aux « chambres » par régions

1.1 L’ ouwès’-walon / L’ouest-wallon

1.2 Li Picardîye / La Picardie

1.3 Li cente-walon / Le centre-wallon

1.4 L’ ès’-walon/ L’est-wallon

1.5 Li sûd-walon / Le sud-wallon

1.6 Li Gaume / La Gaume

2 Scrîjadjes / Littérature

3 Ôte paut en Bèljike, … / Ailleurs en Belgique, …

4 Ôtès-afaîres / Divers

 

0 Jènèrâlités / Généralités

cambes (n. f pl.) : pétards que l’on fait exploser à l’occasion d’une réjouissance: mariage, succès électoral

in: François Twiesselman, L’ patwas d’ Bouyon, ULB,  Ecomusée de Treignes, éd. D.I.R.E., 1994

NB L’orthographe ‘campe’, souvent rencontrée, est dès lors erronée.

 

tirer lès cambes (n.f.pl.)

1 faire exploser les boîtes d’ artifice (arch.);

2 faire une pétarade (de coups de fusil, de pétards) à l’occasion d’une noce

(var. de tchambe, empr.au picard)

in: Michel Francard, Dictionnaire des parlers wallons du pays de Bastogne, éd. De Boeck Univ., 1994

 

fêre pèti lès cambes (Languiè / Longlier)

in: Jean Haust, Glossaire chestrolais, (manuscrit), s.d.

 

Françoise Lempereur, Les"cambes", gros pétards de fête

(in: Le Soir, 31/12/1997)

fé bouchî lès tchambes

1 Li tir aus cambes pa réjions / Le tir aux « chambres » par régions

1.1 L’ ouwès’-walon / L’ouest-wallon

in : Tradition wallonne, 6, 1989, Hainaut I, p.63-118

LE TOUR SAINT-VINCENT DE SOIGNIES OU L’HISTOIRE INSCRITE DANS LE PAYSAGE

Signification et évolution topographique d’une dévotion populaire d’origine médiévale (Gérard Bavay)

 

(p.100) On peut encore parler à ce propos de «cambes» (du mot «chambre» qui désigne aussi la partie du canon où la poudre est amenée à exploser). «Tirer les campes» ou «les cambes» (en fait : faire exploser la poudre des chambres) se pratique toujours aujourd’hui à l’occasion des mariages. Ainsi se perpétue une pratique ancienne généra­lement associée à toutes les manifestations de réjouissance collective. C’est de cette manière que l’on accueillait les souverains de passage ; de cette manière également que la «Jeunesse» annonçait et célébrait les mariages ou soulignait les grandes fêtes religieuses.

Le «Feu» (décharge collective) est également une manière de jouer avec les nerfs du public. Les enfants pleurent, les «grands» s’excitent un peu. Plus il y a de bruit, plus il y a de fumée… et plus le «Feu» est réussi. Nos «feux d’artifices» se situent bien dans le droit fil de cette vieille tradition.

L’élection du “mayeûr, d’Ansuelle à Anderlues, in : MA, 2, 1978, p.30-31

 

On s’interroge souvent sur l’origine du blason populaire via qui dési­gne les habitants du hameau d’Ansuelle, Answèle, à Anderlues. Selon notre ami Georges Cambier, né voici 82 ans à la Ferme de Bourgogne en plein cœur d’Ansuelle (qu’il n’a d’ailleurs jamais quitté), il faut remonter fort loin sous l’Ancien Régime pour la trouver. C’est du moins ce qu’il a toujours entendu raconter par son père et son grand-père qui, eux-même, le tenaient de leurs aïeux. Ce sont là les seules sources dont nous disposons.

A défaut de documents, nous devons donc faire confiance à la seule tradition orale et aux précieux souvenirs de notre informateur pour rapporter à notre tour la curieuse élection du Mayeûr dèl ducace d’Answèle qu’un autre Anderlusien, feu le peintre naïf Fernand Joris (1885-1966) a d’ailleurs fixé à sa façon (1) sur toile.

Précisons tout de suite que cette élection — unique en son genre — était essentiellement folklorique, la nomination du mayeûr officiel étant, en vertu du droit seigneurial, une prérogative du Comte de Hainaut, « seigneur haut justicier de la terre d’Hannesuel ». Elle n’en est pas moins considérée aujourd’hui encore, bien que disparue depuis l’invasion française, comme la plus importante manifestation ayant jamais existé à Ansuelle.

Elle se déroulait le 1″ décembre. Ce jour-là, après la messe en l’hon­neur de saint Eloi, les hommes, à la « semonce » du mayeûr en titre, se retrouvaient in face dèl viêye cinse de Bourgogne pour choisir celui d’entre eux à qui incomberait la charge d’organiser les festivités de l’année à venir. Ils se disposaient tout d’abord autour de la place, de façon à former un cercle, chacun d’entre eux tenant ène tortchète de foûrâdje qui constituait, en quel­que sorte, le… bulletin de vote, l’unique ~ électeur » étant un jeune veau, in djon.ne via, né dans une étable d’Ansuelle et fraîchement sevré. Une fois le cercle bien fermé et que le mayeûr en avait terminé de rappeler les règles

 

à respecter, on amenait le veau au milieu du cercle. Au préalable, on lui avait recouvert la tête d’un sac, ce qui augmentait encore sa réticence à jouer le rôle qu’on en exigeait. Au signal donné — en l’occurrence l’explosion d’une campe — l’animal était libéré de ses entraves : l’élection commençait alors au milieu d’une tempête de cris, de rires, de vociférations et de quolibets. On peut deviner ce que cela pouvait donner surtout si l’innocent animal, effarouché par un tel vacarme entamait une course folle ou préférait se cou­cher, parfaitement indifférent à tout ce qui se passait autour de lui. Quand, enfin, tenaillé par la faim, il se décidait à saisir une torchette de paille, il désignait du même coup le mayeûr dèl ducace d’Answèle.

La journée s’achevait par une joyeuse sortie dans le village avec de temps à autres un cornâdje (2) devant la maison de ceux qui avaient boudé l’élection ou de ceux qui n’avaient rien offert pour la ripaille du soir.

Telle est, comme elle nous est parvenue jusqu’à nous et toujours vivace à Ansuelle, la légende des vias de ce hameau et l’élection originale du mayeûr d’Answèle.

 

Willy GUERLEMENT

 

(1)   Selon ce tableau, l’élection avait lieu dans une prairie clôturée et c’est un âne qui… élisait le mayeûr parmi un groupe de candidats qui avaient

attaché une torchette de paille à leur braguette. Notre témoin dit qu’il s’agit d’une variante de sa version mais il ajoute que son père ni son grand-père ne lui ont jamais rapporté cette version illustrée par le peintre.

(2)   Cornâdje est la forme régionale par laquelle on désignait jadis un charivari. Il était une véritable justice populaire vouant à la vindicte ceux qui, par exemple, avaient enfreint aux lois du mariage. Cette coutume con­sistait donc à ridiculiser un individu par un tintamarre où se mêlaient cris, beuglement et bruits de toute espèce.  La période se  prêtant le mieux à ce genre de chahut public était celle du carnaval parce qu’elle permettait d’exercer les cornâdjes sous l’anonymat du masque et le plus souvent la nuit. Il n’empêche cependant que  l’on  organisait également des cornâdjes en d’autres occasions, à la ducace, par exemple ou lors de l’élection qui fait l’objet du présent article. Dans ces derniers cas. les cornâdjes s’exerçaient généralement au grand jour, à visage découvert. Les mobiles qui les provoquaient n’ayant pas le même caractère de gravité que les « accros à la vie conjugale », ils étaient de loin bien moins cruels que   les   véritables   expéditions   punitives   qui   sanctionnaient   ceux-ci ; leur but étant de faire monter la fièvre lors d’une festivité, ils conser­vaient cependant une certaine résurgence vindicative.

réjion do Cente (région du Centre) - tirer lès cambes & bate èl bindâdje

(René Painblanc, Bate èl bindâdje, in: Èl Mouchon d’ Aunia, 1971, s.p.)

Joseph-Emile Piret (Frantchimont / Franchimont), in : CW, 5, 1959, p.104-106

 

Li Sint-Elwè

 

On fieut d’djà bouchi lès « tchambes »

Li chîje di d’vant l’Sint-Elwè…

On n’ campeut pus su sès djambes

Télemint qu’ on  tûteut l’ pèkèt.

 

Robert Dascotte, L’Epiphanie, in : EM 3/1982, p.44-48

 

La veille de l’Epiphanie : èl djoû de d’vant lès Rwas ; les villageois faisaient buskî lès campes, les possesseurs d’un fusil sakinetèt twâs coups d’fusik in.n-ér.

 

campe : boîte d’artifices

 

in: Robert Dascotte, L’Epiphanie, EM 3/1982, p.44-48

 

(p.44) la veille de l’Epiphanie (èl djoû dè d’vant lès Rwas), les villageois faisaient ‘buskî lès campes’, les possesseurs d’un fusil ‘sakinetèt twâs coûps d’ fusik in.n-ér.  (cf Palèstinyins, mârches)

 

Thuin – Marche de Saint-Roch, Touring, avril 1999, p.31

 

Samedi soir: rassemblement dès 20.30 sur la place de la Ville haute; sur la place du Chapitre: allumage du bûcher avant le ‘tir aus cambes’ (gros pétards en chapelets) sur les remparts du Nord.  Distribution des torches à la population pour la retraite aux flambeaux à travers la ville.

Le dimanche, départ à 13 heures, au ‘Chant des oiseaux’ pour le départ de la procession.

Le lundi, vénération des reliques et grand-messe militaire avant le dernier cortège vers la chapelle Saint-Roch et la Maladrie.

 

E. Yernaux, F. Fiévet, Folklore montagnard, s.d.

 

(p.304) LES DICACES

La « musique » circulait dans toutes les rues, après qu’on eût an­noncé la fête par 101 coups de canon. Il n’y avait pas de canon, et les 101 coups se réduisaient parfois à dix cambes bien tassées.

 

LE  MARIAGE

Le jour du mariage, dans les familles aisées, on faisait tirer les cambes, parfois on se contentait de coups de fusil. Cette coutume était loin d’être générale.

 

sèmedi d' Sint-Tock (Twin) : tir aus cambes / samedi de Saint-Roch (Thuin) : tir aux "chambres"

1.2 Li Picardîye / La Picardie

(in: Le picard du Pays d’Ath, Glossaire, Cercle … d’histoire … d’Ath …, t.16, 2000)

1.3 Li cente-walon / Le centre-wallon

nm ignote (f), rèchaud; «Nos l’ riwaîtin.n bourer lès tchambes avou dè l’ poûre, dè l’ sôyewêre èt do papî èt adon bouter l’ feu avou on fiêr èmantchî au d’bout d’ on bwès èt rodji dins one ignote. » (L. Maréchal)

(Chantal Denis, Lîve di mots d’après Nameur èt avaur-là, 2002)

 

Jean-Jacques Gaziaux, Parler wallon et vie rurale au pays de Jodoigne, in: BCILL, 38, Louvain-la-Neuve, 1987, p.243-244

 

Au début du XXe siècle, le 1er mai, la jeunesse organisait en outre une série d’activités,dont certaines à caractère satirique. 

Tote li djon.nèsse aleûve planter l’ mây ‘sorte de grand poteau, souvent un tronc de sapin’ dins l’ cou dè l’ mayeûr èt i payive à bwêre. À l’ copète dè l’ mây, n-avot l’ drapia bèlje èt one courone avou tot p’tits drapias. On tireûve lès tchambes “on faisait sauter les chambres à poudre’.  Li dérin d’ mây, li djon.nèsse aleûve riqwêr li mây èt is bèvin’ li gote ‘du ge­nièvre’

 

Léopold Génicot, Calme Hesbaye, Hatier 1992

 

(p.131) La kermesse se situe au seuil de l’automne, lorsque le regain a été fané et que les prunes de Namur [on les appelle maintenant de Hongrie, sans doute pour en tirer un meilleur prix], sont violettes, à point, ni croquantes ni blettes, à la fête du saint patron de Forville, Lambert. On l’annonce la veille au soir en bouchant les cambes, en faisant sauter des pétards. Plus tôt déjà dans la journée, on a cuit les tartes. Cinq fournées de dorées de 35 centimètres de diamètre: au côrin, aux pruneaux, au riz, au sucre, aux prunes, à la crème. C’est beaucoup. On attend des parents et des amis, certes mais ils n’avaleront pas tout. Aussi mangerons-nous de la tarte la semaine entière.

 

Le folklore au pays de Namur, 1930, Guide-programme de l’exposition de folklore et d’industries anciennes, A.R. de Namur

 

(p.38) FETES, JEUX ET COUTUMES POPULAIRES

 

Ainsi que nous l’avons dit en parlant du folklore religieux, la Kermesse ne se célèbre pas le jour de la fête du patron de la paroisse, mais bien le dimanche fixé pour célébrer l’anniversaire de la dédicace de l’Eglise.

Le mot wallon « dicauce », déformation évidente du mot français « dédicace » en est du reste le témoignage.

Pendant les jours qui précèdent la kermesse, c’est grand branle-bas au village : on blanchit les murs au lait de chaux, on repeint portes et fenêtres, on nettoie à grande eau ; bref, on se prépare à recevoir les invités. Ce jour-là, en effet, tous les membres de la famille que leurs occupations ou les nécessités de l’existence ont appelé à se fixer au dehors, rentrent au foyer paternel, souvent en compagnie de quel­ques amis.

(p.39) Aussi, la ménagère qui veut faire convenablement les honneurs de son toit et remplir dignement les devoirs de l’hospitalité, s’appli­que-t-elle aux préparatifs du repas. Le point le plus important da programme est, sans contredit, la préparation des tartes qui s’entas­sent par dizaines dans tous les coins de la maison.

A la soirée, on tire « les cambes » prélude de la fête.

 

Jacques Mombaerts, A Profondeville, éd. Héraly, 1947

 

(p.113) La grande fête à laquelle on se préparait à loisir pendant douze mois de l’an, c’était la ducasse d’octobre, le dimanche de la Saint-Remy, annoncée par les « tchambes » dont le fracas roulait de rocher en rocher.

 

Roger Cochart, Un tam-tam explosif, in: Durnal, 1992

 

L’annonce d’une fête, en ces temps d’indigence médiatique remarquable, passe par les archaïques moyens d’époque. Ainsi, la veille des grandes fêtes religieuses, le curé fait carillonner les cloches, afin de rappeler l’événement à ses ouailles.

Hélas! les cloches ne se prêtent pas à l’organisation de fêtes profanes; comment, dès lors, faire savoir aux villages voisins que demain la populace s’adonnera à ses légitimes réjouissances populaires ?

 

Tout simplement en tirant les tchambes (tirer les ‘cambes’).

(p.361) La production de ces assourdissantes salves annoncia­trices est des plus aisées: bourrer de poudre noire des casseroles de fonte prévues à cet effet; y bouter le feu, après, bien entendu s’être abrité derrière un rempart efficace.

Le paquet de décibels ainsi libérés est renversant. C’est d’ailleurs ce qui arriva au Grand Narcisse en 1928, en le brûlant grièvement sur tout le corps; sa témérité innée, jointe à d’autres circonstances, venait de lui jouer un bien mauvais tour, et de mettre un terme définitif à ces messages aussi tapageurs que meurtriers.

 

"bouchi" pour un mariage à Zétrud-Lumay

(in: Hubert Fouyn, Zétrud-Lumay, portail de la Wallonie, s.d.)

On tire lès tchambes à Djé-Djèrompont / On fait sauter les chambres de poudre à Geest-Gérompont

(Li fièsse à Djé-Djèrompont, in: C’ èst l’ fièsse, Province de Liège, MVW, s.d.)

Uwâr - On bouche lès tchambes / Yvoir - On fait sauter les chambres de poudre

(in: Jacques Bulot, L’entité d’Yvoir au 20e siècle, s.d.)

Auve / Wavre - le tir de "cambes"

(P. Gusbin, in: Wavriensia, sept.-oct. 2009, p.223-2321; 238-239)

1.4 L’ ès’-walon/ L’est-wallon

Le temps de Noël, Tradition wallonne, Liège, 1992

 

(p.31) Manifestations de liesse

 

À Liège, ville au long passé armurier, et dans toutes les campagnes environnantes, des détonations d’armes à feu partaient de toutes parts pour saluer les douze coups de minuit. Sous l’Ancien Régime, c’était le ca­non de la citadelle qui officiellement don­nait le coup d’envoi (38).

Les incidents causés par les armes étaient tellement nombreux que les pétarades fini­rent par être sévèrement interdites (39). Elles furent remplacées par les méthodes moins dangereuses, mais tout aussi bruyantes, des boîtes et des tirs de « cambes » qui éclataient en longues rafales.

Cette tradition s’est maintenue jusqu’à nos jours et n’a rien perdu de sa vivacité. Explosions de pétards et fusées d’artifice que les plus impatients font éclater dès la mi-décembre culminent les soirs de réveil­lon.

À présent, ces manifestations sont consi­dérées comme une simple extériorisation de la joie populaire, mais leur fondement les fait remonter à des croyances beaucoup plus anciennes.

 

(38)  A. Gittée, Coutumes liégeoises, les coups de feu pendant la Nuit de Noël, dans La Revue du Vieux Liège, 1896, t. II, col. 817 et suiv.

(39)  Divers articles de journaux relatent ces acci­dents : voir notamment La Meuse des 24 et 25 décem­bre 1907.

 

Lîdje / Liège- Notre-Dame du mois d’août (15)

 

tir di cambes

 

(s.r.)

(in: Jean Jour, Ceux d’Outremeuse, …, 1979)

Hêve / Herve – lès tireûs d’ cambe / les “tireurs” de chambre de poudre

 

in: Folklore wallon en bulles, éd. Dricot, 2010

(p.10) LES CARILLONNEURS HERVIENS

 

Le tir de cambes, coutume vieille de plusieurs siècles, avait pour but d’éloigner les mauvais esprits lors des processions et plus particulièrement lorsque celles-ci rentraient dans les murs des cités fortifiées de l’époque, au 16ème siècle.

C’est en 1980, à la demande du comité des Processions de Herve que quelques mordus de folklore reprennent l’activité des « Tireurs de Cambes». Reprise d’activité uniquement pour les Processions de Herve ; celle de la Pentecôte dite « Céqwème ». De nos jours, les « Tireurs de Cambes » se rendent dans bien d’autres Manifestations folkloriques à caractère magistral ; condition péremptoire : l’endroit doit être sécurisé !

 

ASPECT TECHNIQUE

 

Un tir aus cambes est constitué d’une série de boîtes (cambes ou tchambes) en acier, creuses. Un  bouchon de fils au trou d’amorçage permettra d’exécuter le bourrage sans danger, après remplissage de poudre noire. Un « Remplisseur» s’occupera du vide restant ; de l’argile pulvérulent sera utilisé, puis le « Bourreur » à l’aide d’une bourre en acier et d’une grosse massette, comprimera très fortement le tout afin de rendre l’ensemble, explosif et détonant. Suivra alors l’« amorceur » qui remplacera le bouchon de bois par une amorce de fine poudre noire. Les cambes seront alors disposées par| cinquante dans des caisses en bois.

 

TIR

 

Le lieu du tir est d’une importance capitale soumis à des critères assurant la sécurité des spectateurs mais aussi des carillonneurs. De 150 à 1800 campes placées en alignement sur un sol revêtu d’une couche de sciure afin d’éviter les remontées d’humidité, raccordées par une traînée de poudre noire qui vient en contact avec les amorces, constitueront un tir. Au moment voulu, le « Boute-feu » allumera le début de traînée, produisant ainsi une pétarade extraordinaire dans un immense nuage de fumée blanche. A la fin de la traînée, plusieurs grosses campes exploseront dans un bruit assourdissant mettant ainsi fin au spectacle.

 

 

(op. citat., Dricot, 2010)

(op. citat., Dricot, 2010)

Souvré (Vîsé / Visé) - carilion d' tchambes (carillon de chambres de poudre)

(in: C’ èst l’ fièsse, Province de Liège, MVW, s.d.)

1.5 Li sûd-walon / Le sud-wallon

Une coutume similaire: le tir au fusil

Aline Octave, Porte ouverte sur … Bourcy, 1973 (1ère mise à jour par Johan Viroux, 2009)

On « tirot âs nwèces ». (On « tirait aux noces ».)

A Bourcy, des personnes comme Alfred Laukes et Félix Maquet ont bien sou­vent rempli ce rôle. Les voisins et amis manifestaient ainsi leur joie avec les mariés.

Comme disait quelqu’un : « Plus on mouillait le gosier du tireur, plus la poudre était sèche ».

 

Léa Nivarlet, Souvenirs de la vie quotidienne à Gouvy et Rettigny dans la première moitié du XXe siècle1, in : GSHA, 19, 1983, p.36-42

 

Vieilles coutumes jusqu’en 1940

Et bien oui, voici. Quand c’était le jour de Saint-Joseph, Saint-Albert, Saint-Nicolas, ce jour-là au soir, on fêtait le chef de famille.

Les enfants, les voisins astiquaient un bouquet en cachette avec une branche de sapin piquée dans un bloc de couque et garnie de caramels, une pipe, des rubans en papier. Après le souper, on entrait en bande en criant : « vive Saint-Joseph, vive Saint-Joseph ! » et au dehors, un voisin tirait des coups de revolver. On buvait, on chantait et la maman avait fait la veille, en cachette, une manne de galettes avec de la pâte, spécialité de nos chères grands-mères. Avec la guerre de 1940, les vieilles coutumes ont disparu. Aux noces, dans les villages, on tirait des coups de revolver. Il y a eu des accidents et alors, cela finissait dans les larmes.

 

 

Lu Rotche - tir au canon / Laroche - tir au canon

(AV, 16/06/2012)

1.6 Li Gaume / La Gaume

(aucun document à ce jour)

2 Scrîjadjes / Littérature

E. J. Piret (Romèdène / Romedenne), Li Sinte-Bârbe en 1900, in: CW 10, 1953, p.172-174

 

On bistoke (On (fait la) fête)

 

L’ djoû di d’vant on fieut « toubak »

À l’ ûlau d’ midi sonant ;

Lès-omes brokint dins l’ barake

Èt buvint l’ goute en bauyant :

Vîve sinte Barbe !

Èt cor in côp, héy !

Vîve sinte Barbe !

Qu’ èle vîve à jamaîs !

On flûteut, chakin pou s’ paurt,

Cénk, chîs lites di bon pèkèt,

Lès « tchambes » bouchint ‘squ’à bin taurd

À l’ coupète dès grands remblès.

Eugène Gillain, Sovenances d’on vî gamin, éd. Duculot, 1932

(p.13) Èt l’ sèmedi à l’ nêt, Jules Dènis sôrte dè l’ fwadje avou one grande baguète di fiêr tote rodje po fé bouchî les tchambes… C’ èst l’ dicauce dimwin !

 

3 Ôte paut en Bèljike, … / Ailleurs en Belgique, …

/Recht (Sankt Vith)/ Schieferstein und Schwarzbrot, Aktuell Verlag, 1983, S.247

 

Böller

 

In früheren Zeiten wurde bei festlichen Ereignissen der Böller geschossen. Es wur­den jeweils drei Salutschüsse abgefeuert. Dazu wurde in die drei dafür vorgesehenen Löcher Pulver eingefüllt, mit Werg und Papier verschlossen und mit Zundschnüren gezündet. Das wurde von Heinrich Meyer, der auch den Boller aufbewahrte, fachmännisch ausgeführt. Bei der Einführung von Pfarrer Borgerhoff im Jahre 1946 wurde dieser schone und beliebte Brauch zum letzten Mal ausgeführt.

Böller

das Böllern in Eupen

(in: Guido Thomé, Ostbelgien, 1997)

canonî one sadju dins l' nôrd do payis ... / canonnier quelque part dans le nord du pays...

(in: Henri Liebrecht, Quelques traditions et coutumes du folklore belge, 1947)

4 Ôtès-afaîres / Divers

Hêve - dès miles di spreuwes sont cotchèssîyes / des milliers d'étourneaux sont pourchassés

(AV, 09/10/2013)

Tir aus cambes

Tir aus cambes

Arlon (Arel en arlonais1 et en allemandn 1) est une ville francophone de Belgique située en Wallonie. Il s’agit du chef-lieu de la province belge de Luxembourg, elle est également chef-lieu de son arrondissement administratif. L’ancienneté de la ville remonte à la période gallo-romaine. La langue luxembourgeoise y a longtemps été traditionnelle2,3. La ville est aujourd’hui un grand centre administratif et commercial dans la région. C’est l’agglomération la plus peuplée du Pays d’Arlon. Le secteur tertiaire, notamment l’enseignement, y développe ses activités (faculté universitaire et enseignement secondaire). Arlon (Arel en arlonais1 et en allemandn 1) est une ville francophone de Belgique située en Wallonie. Il s’agit du chef-lieu de la province belge de Luxembourg, elle est également chef-lieu de son arrondissement administratif. L’ancienneté de la ville remonte à la période gallo-romaine. La langue luxembourgeoise y a longtemps été traditionnelle2,3. La ville est aujourd’hui un grand centre administratif et commercial dans la région. C’est l’agglomération la plus peuplée du Pays d’Arlon. Le secteur tertiaire, notamment l’enseignement, y développe ses activités (faculté universitaire et enseignement secondaire). Arlon (Arel en arlonais1 et en allemandn 1) est une ville francophone de Belgique située en Wallonie. Il s’agit du chef-lieu de la province belge de Luxembourg, elle est également chef-lieu de son arrondissement administratif. L’ancienneté de la ville remonte à la période gallo-romaine. La langue luxembourgeoise y a longtemps été traditionnelle2,3. La ville est aujourd’hui un grand centre administratif et commercial dans la région. C’est l’agglomération la plus peuplée du Pays d’Arlon. Le secteur tertiaire, notamment l’enseignement, y développe ses activités (faculté universitaire et enseignement secondaire). Arlon (Arel en arlonais1 et en allemandn 1) est une ville francophone de Belgique située en Wallonie. Il s’agit du chef-lieu de la province belge de Luxembourg, elle est également chef-lieu de son arrondissement administratif. L’ancienneté de la ville remonte à la période gallo-romaine. La langue luxembourgeoise y a longtemps été traditionnelle2,3. La ville est aujourd’hui un grand centre administratif et commercial dans la région. C’est l’agglomération la plus peuplée du Pays d’Arlon. Le secteur tertiaire, notamment l’enseignement, y développe ses activités (faculté universitaire et enseignement secondaire).

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