LÈS 40 MOLONS D’ NAMEUR
LES 40 MOLONS DE NAMUR
Nameur / Li sôcièté rwèyâle Moncrabeau (Lès quarante Molons) / NAMUR – LA SOCIETE ROYALE MONCRABEAU (LES QUARANTE MOLONS)
- COORDONNEES
Société Folklorique de musique (orchestre des Quarante Molons) à but philanthropique.
- DESCRIPTION
Pas de fête un peu importante à Namur sans que les Quarante Molons n’apparaissent sur leur char où ils s’étagent sur une estrade ayant la forme d’un trapèze isocèle. Leur costume, très spectaculaire et haut en couleurs, fut créé en 1848 par l’artiste peintre Nicolas Jomeuton. Il marie les couleurs belges et françaises: souliers et chaussettes noirs, guêtres de cuir rouge ornées d’arabesques d’or; culottes cavaliers noires portant sur chaque jambe deux losanges dorés, l’un dans l’autre; juste au corps de cuit noir, arborant sur la poitrine le blason de la société; ceinture blanche frangée d’argent; manches de chemise garnies de manchettes de cuir rouge, décorées à la façon des guêtres; cape bleue à la mousquetaire, bordée de deux galons dorés et doublée de soie blanche; collerette blanche tuyautée sur trois rangs chapeau noir en forme de cône tronqué, garni de rouge et or, portant le chiffre “40” et le sigle “M”. Authentiques oeuvres d’art, les costumes des Molons sont précieusement rangés dans des malles spéciales, après chaque sortie.
L’orchestre, de la plus haute fantaisie également, fut constitué par le musicien aveugle Nicolas Bosret. Des instruments anciens y voisinent avec des mirlitons aux formes les plus bizarres, des instruments cocasses (notamment une petite vache), sans parler de quelques instrument modernes. Nicolas Bosret écrivit des partitions adaptées à cet orchestre d’un genre inusité. Le répertoire s’est enrichi au cours des ans par des oeuvres écrites par les directeurs successifs: François Liégeois, Charles Van Hoye et Ernest Montellier.
Cet orchestre exécute également des airs folkloriques appropriés aux combats d’échasseurs, pendant le jeu du drapeau et la danse à l’épée, dite “macabre”. Mais la pièce principale de son répertoire est “Li Bia Bouquet”, chant officiel de la ville, également composé par Nicolas Bosret.
Le char des Quarante Molons ferme traditionnellement la marche de tous les cortèges historiques ou folkloriques.
L’orchestre donne également un concert de gala annuel au parc Marie-Louise.
Chaque année, lors des fêtes de Wallonie, se déroulent en public les péripéties du fameux “examen de minteûr” (menteur). Les candidats viennent s’asseoir sur la “Pierre de Vérité”, au pied de la statue de Nicolas Bosret, face au théâtre communal. Ils doivent raconter avec tout l’art désirable une bonne et authentique “minte” (blague) en wallon, donnant le droit de mentir à tout le monde sauf à sa femme et à sa belle-mère. “L’Académie des Quarante Molons” forme le jury. Un diplôme, rédigé en wallon, est octroyé au postulant ayant fait ses preuves dans le domaine du mensonge joyeux.
- HISTORIQUE Origines
La Royale Moncrabeau est probablement la société folklorique la plus ancienne de Wallonie. Fondée officiellement en 1843, ses origines remontent cependant à la fin du XVIIIe siècle.
Vers 1788, le “Cercle des Canaris” prit naissance au Faubourg de la Plante. C’était une sorte de cabaret littéraire a l’imitation du “Caveau” de Paris. Il était animé par de joyeux compagnons qui cultivaient la chanson wallonne; ils s’occupaient également de philantropie et organisaient des collectes pour secourir les malheureux, payant aussi de leur personne à l’occasion de calamités (choléra, etc…)
Pendant les événements de la fin du siècle (Révolution brabançonne, Occupation française, guerres de Napoléon), il n’est plus fait mention du “cercle, mais il reparaît sous un autre nom:”Le Cercle des Minteûrs” (menteurs) sous le régime hollandais. Après une nouvelle éclipse, on ‘ trouve, peu après 1830, “Li cabinet des mintes” établi dans un cabaret de La Plante.
Evolution
En 1835, un groupe fait sécession et s’établit à Namur : il choisit le nom de Moncrabeau, nom d’une localité gasconne dont les habitants ont la réputation d’être les plus déterminés menteurs de la région et avaient constitué une “Diète générale de la blague” qui délivrait des diplômes de menteurs, après examen sur la “Pierre de Vérité”. Se considérant comme une filiale de Moncrabeau de Gascogne, le nouveau groupe adopta son nom. Il abandonna le nom de “minteûr” pour celui de “molon” (au sens propre : larve du hanneton; au sens figuré : un homme un peu toqué, mais dans le meilleur sens du terme, quelqu’un qui sort de l’ordinaire dans le domaine de la fantaisie).
La Société fut réorganisée sur des bases nouvelles: c’est ainsi que naquirent les “Quarante Molons”, quarante, comme à l’Académie française !. Son premier directeur fut Nicolas Bosret. C’est à lui que revient l’idée d’avoir présenté ses musiciens suivant des rites particuliers.
Le succès des concerts organisés par Moncrabeau permit à la société de réaliser les buts philantrhopiques que lui assigne sa devise: “Po les Pôves” (pour les pauvres).
Dans le domaine de la littérature dialectale également, Moncrabeau a joué à Namur un rôle de tout premier plan: Charles Wérotte y a été l’âme d’une équipe d’excellents littérateurs vallons.
Tout ceci explique la popularité dont jouissent à Namur les “Quarante Molons”. Mais leur réputation dépasse le cadre local: jumelés avec Moncrabeau de Gascogne, ils se sont rendus en France où ils sont bien connus. En 1973, à l’occasion de leur 130e anniversaire, ils ont accueilli à Namur une importante délégation de “menteurs gascons”. Un-programme particulièrement fastueux a marqué cet événement. La Société Royale Moncrabeau (des 40 Molons) plus vivante que jamais, sous la direction de son Président-Directeur Ernest Montellier, membre de la Commission Royale Belge de Folklore, a participé à de nombreux cortèges et concerts folkloriques en Belgique et à l’étranger (France-Italie- Grand-Duché de Luxembourg).