Mononke Simpèloûrd à Sougnîye ("Mononke Simpèloûrd" à Soignies)

Soignies / la fête, en attendant Simpélourd / Cocu magnifique, de père en fils, LS 18/10/2001

 

Aux environs du 3e week-end d’octobre (…), tous attendent l’arrivée du cortège de Mononke, à la gare de Soignies (à 19 h) et sa traditionnelle distribution de bonbons, les carabibis.

Mononke Simpélourd se fait acclamer cocu par la foule.

Fr. V., Soignies / Folklore – Vîve Sougnî, vîve Sougnî, Simpèloûrd è-st-à s’  guèrnî !, Sud Presse 20/10/2003

 

3e samedi d’octobre

Ainsi, la population acclame Mononk à son arrivée sur le pas de la gare .

Auparavant, pendant tout le trajet, il lance à la volée les carabibis .

La procession se termine par la dégustation de la ‘tarte à prones’.

 Simpéloûrd se retire et un mannequin le remplace à la fenêtre du ‘Coq wallon’ pour 3 jours. Il finira mardi soir sur le bûcher.

« Simple et Lourd » à Soignies in : Commission Royale Belge de Folklore, 1956-1961, T9-14, p.144-150

 

Chaque année, un troisième dimanche d’octobre, à l’occasion de la clucasse, « Mononke Simpe-èt-Loûrcl » revient à Soignies, et c’est l’occasion rêvée par ses concitoyens pour célébrer sa fête par des beuveries sans fin ; celles-ci durent parfois quatre ou cinq jours.

C’est le samedi que ce sympathique personnage arrive dans sa vieille cité. Il est représenté par un habitant de la localité. Ce dernier se rend, seul, le soir, à la station de Soignies, où il change de toilette, habit de cérémonie, chapeau « buse », gants, etc… Vers 20 heures, il profite de l’arrivée d’un train pour sortir de la gare avec ses valises comme s’il revenait d’un voyage. Aussitôt, il est acclamé. Les autorités locales, le comité des fêtes, et une imposante foule sont là pour l’attendre et l’escorter. Les musiques locales sont également présentes. Un cortège ne tarde pas à se former. « Mononke Simpe-èt-Loûrd » prend place dans une charrette toute simple, attelée d’un fort cheval brabançon. Jadis c’était dans un landau que la promenade s’effectuait. Les cuivres se font entendre et le groupe se met en marche, accompagné d’une ribambelle de gamins porteurs de lanternes vénitiennes attachées au bout d’un bâton. En cours de route, notre héros salue à la ronde. Après avoir déambulé dans toute la ville, « Mononke Simpe-èt-Loûrd » se montre à la fenêtre de l’étage du café de la « Sotte Noé », place Verte. Profi­tant d’un moment d’inattention de la foule, « Mononke Simpe-èt-Loûrd » se retire et est remplacé par un mannequin qui restera exposé les trois jours de la fête, un morceau de tarte en main. Par l’entremise du « mayeur » du quartier de la place Verte, il fait le récit de ses déboires conjugaux et chante les couplets qui ont été spécialement composés à son sujet. Le mardi soir, le mannequin est brûlé sur la place communale.

Certaines années, la politique parvient à s’infiltrer dans    ce    populaire    divertissement.    Quelqu’un   a-t-il (p.145)  « tourné casaque » (changé d’opinion politique) ou a-t-il commis une mauvaise action , on s’arrange pour que le mannequin personnifiant « Simpe-èt-Loûrd » ressemble le plus possible à celui qu’on veut critiquer, tout le monde le reconnaît et on s’en gausse.

Certains auteurs et journalistes (1) nous parlent de Saint-Pèlourd. C’est une erreur. Leur méprise est due au fait que les Sonégiens, en parlant de cet énigmatique personnage, prononcent « Sim-pè-Loûrd ». Les non-initiés, en entendant ce vocable, se figurent qu’il s’agit d’un saint.

Contrairement à ce qu’a écrit Rod. de Warsage (2) Saint-Pèlourd est totalement inconnu au Roeulx (Hainaut). Le fait m’a été confirmé par M. Joseph Faucon dont les parents et grands-parents, tout comme lui-même, étaient originaires de cette ville. L’auteur du « Calendrier wallon » a confondu Le Roeulx avec Soignies. D’autre part, il fait également erreur en disant que Saint-Pèlourd est accom­pagné de sa femme et qu’ils sont brûlés ensemble.

Vous chercheriez d’ailleurs vainement le nom de saint Pèlourd au calendrier. Il s’agit pourtant d’un martyr authentique, ainsi que nous allons le voir. Voici d’ailleurs son histoire :

C’était un brave savetier, aimant ‘son intérieur, que su femme, une « chipie » de premier ordre, malmenait clé belle façon. Abreuvé de chagrin, le pauvre savetier s’abreuva d’alcool. Un jour qu’il était saoul comme toute la Pologne, il battit tant et tant sa femme que les voisins s’interposèrent. L’un d’eux pour prévenir toute récidive, prit sa place au foyer, et le « pauvre fieu » conspué par la belle, traité de simple par les uns, de lourd par lès autres, fut condamné par la justice locale à être exposé deux jours ‘es fenêtres de la place (3).

 

(1) Par exemple H. dans le Journal de Charleroi du 24-X-1946 L.P. dans La Gazette de Charleroi du 12-X-1936, etc.

(2) Le Calendrier populaire Wallon, Anvers, 1920, p. 107.

(3) Jules  SOTTIAUX : l’Orginalité  Wallonne.  Paris-Liège   1906, pp.345-346 ;  J. DESMETTE : Soignies.  Guide du Touriste. Ath   1930, HV 27-28 ; AHASVERUS, dans la revue « Notre Hainaut » 1937, p. 112. Variantes dans la Gazette de Cbarleroi du 12-X-1936 : il s’agit d’« un homme simple et ingénu qui avait épousé une femme aux moeurs plutôt légères ». !•* voisin devient un « protecteur bénévole ».

 

(p.146) Il existe une autre version de l’origine de cette coutume qui daterait, dit-on, du XVIIIme siècle ; elle diffère sensiblement de la précédente.

« A la suite d’une querelle de ménage, l’épouse d’un Sonégien n’ayant pu conserver le haut-de-chausses dont elle s’était emparée, quitta le toit conjugal, et le mari se voyant seul, aurait voulu se venger de ses amis qui lui avaient lancé quelques propos satiriques. Comment s’y prit-il ? On raconte qu’il les pria à un repas où le jambon fumé, toujours si recherché par les citadins, devait tenir la place principale. Les convives, qui s’étaient mis en appétit, se rangent autour de la table, et l’un d’entre eux renommé pour sa dextérité, plonge les instruments dans les mets que chacun dévore des yeux en attendant sa portion. Mais, ô surprise ! Le jambon résiste aux coups qui lui sont portés et les goulus s’apercevant de la farce, se lèvent rapidement avec la rage dans leurs estomacs affamés. Au lieu d’un mets délicat, ils reconnaissent qu’on les a servis d’un morceau de bois présentant l’aspect d’une belle cuisse de porc. Se voyant joués de la sorte, ils se retirèrent et leur amphytrion qui se pâmait de rire, leur déclara qu’il n’était ni si simple ni si lourd de leur offrir un régal après avoir été l’objet de leur raillerie. A peine furent-ils dans la rue qu’ils se concertèrent pour prendre leur revanche ; ils n’imaginèrent rien de mieux que de promener le farceur en effigie parmi toute la ville, au milieu d’un tintamarre horrible. Depuis lors, Simple-et-Lourd est porté processionnellement à Soignies, suivi d’un tumultueux et bruyant cortège, et quelques jours après, on fait un autodafé du mannequin » (4).

C’est la même version que nous donne un Sonégien dans un poème wallon de 46 alexandrins (5). Elle a été confirmée en 1947 par plusieurs témoins âgés à Monsieur Arille Lagneau, trésorier du Cercle Archéologique de

 

(4)  Théophile LEJEUNE : Mémoires historiques sur l’ancienne l’illt de Soignies, dans « Mémoires et Publications de la Société des Arts et dcl Lettres du Hainaut », année 1868-69, p. 268. Reproduit dans P. RICHE : Vie à Soignies, hier et aujourd’hui… Mouscron, Vanbraekel, 1947, pp. 146-147.

(5)  Ursmar FIERA1N : Em’ petit gardin, Soignies, [1947], pp. 10-11.

 

(p.147) Soignies, notamment par une dame de 78 ans qui tenait le récit de sa grand’mère, et par M. Josse Plankaert, dont l’aïeul, de Soignies avait participé à la révolution de 1830. Ce dernier ajouta qu’au XIXmc siècle, à un moment qu’il ne voulait pas préciser parce que des descendants du héros vivent encore à Soignies, le mannequin fut remplacé, pour figurer plus fidèlement l’original de Simple-et-Lourd, par un homme qui accepta de se poster al bomte du café de la Sotte Noé pendant les trois jours de la dttcace, et ce en tenant un morceau de tarte en main. On ne sait combien de temps dura cette forme de la coutume, mais elle donna naissance à une troisième version de la légende, contée par les parents de ce même Arille Lagneau, âgé de 80 ans en 1947 :

«Un homme avait fait le pari de rester debout, pendant trois heures, à la fenêtre de l’étage du cabaret de la « Sotte Noé », en tenant un morceau de tarte en main et sans faire aucun mouvement. Il gagna son pari. Pour ce fait, il fut traité de simple et lourd. Ce serait, pour cette raison, que le mannequin tient encore, en main, un quartier de tarte aux prunes ».

 

(p.147) A l’occasion du « Gala du Folklore Wallon » du 29 septembre 1945, le Cercle « Les Wallons du Bassin du Centre », à Bruxelles interpréta « El Ducasse de Simple et Lourd », suivant un scénario de M. l’avocat A. Hom-brain. Les déboires conjugaux de « Mononke » furent rappelés, ainsi que sa condamnation par un juge de paix, à rester pendant deux jours, exposé à la risée du public. Comme il n’y avait plus de pilori à Soignies, c’est à l’ancienne « bowète dèl Sote Noé » que notre lourdaud purgea sa peine (6).

Le poète dialectal Camille DUSOËVOIR composa sur cette légende une chanson que voici (7) :

 

(6)  El Mouchon d’Aunias (La Louvière), août 1945, pp. 10-11.

(7)  Traduction 1. Mon Oncle Louis a chanté l’homme de fer, — 11 a chanté Jules Dufour et Catî (sobriquet) — II a chaire le faubourg, la carrière, — Tl a chanté la lucarne du clocher, — Le vieux Lolo (sobriquet), les soldats de la Pentecôte [allusion au tour Saint-Vincent], — L’un après l’autre tous ont eu leur tour. — Moi je vais chanter, mais pour cela [il faut] qu’on m’écoute, — Un petit couplet sur notre vieux Simple-et-Lourd.

Sur l’air : Le coeur ne vieillit pas

 

(p.148)

I

Èm’n-onke Louis a canté l’ ome dè fièr,

Il a canté Jules Dufour èt Catî,

Il a canté èl fauboûrg, èl cariêre,

Il a canté èl bowète du clokî,

Èl vieu Lolo, lès sôdârs d’ èl Pintecoute,

L’ un après l’ aute ont ieû tèrtous leû toûr.

Mi, d’ va canter, mins pou ça, qu’ on m’ ascoute,

In p’tit couplèt su no vieu Simpe-èt-Loûrd.

 

II

Dèspûs toudi, rècta à l’même époke,

Aussi fidèle què l ‘iviêr èt l’ èsté,

Il è-st-au posse avû sès bèlès lokes,

Fiêr à l’ anciène bowète d’ èl Sote Noé.

C’ èst pou v’ni l’ vîr qu’ on-n-akeûrt d’ èl Cariêre,

D’ Horûe, dè Brêne, dè tous lès-alintoûrs.

Èt si ç’ djoû-là, on bwat bran.mint d’ èl biêre,

C’ è-st-à ‘l santé dè no vieu Simpe-èt-Loûrd.

 

III

Quand il arive, c’ èst vêrs èl fin d’ autone,

Lès djins d’ Sougnî, lès grands come lès p’tits,

Sont seûrs qu ‘is vont mindjî d’ èl tarte à prones

D’ èl tarte à puns èyèt d’ èl tarte au riz.

Lès-infants s’ lancetèt avû ‘ne jwa sans parèye

Su lès quartis sans tauster alintoûr ;

Dou ramplumu djusqu’à d’vins leûs-orèyes,

Is s’ in vont vîr ç’ què c’ èst, Simpe-èt-Loûrd.

 

// Depuis toujours pile à la même époque, — Aussi fidèle que l’hiver et l’été, — II est au poste avec ses beaux vêtements, — Fier à l’ancienne lucarne de chez la Sotte Noé, — C’est pour venir le voir qu’on accourt de la Carrière, — D’Horrues, de Braine, de tous les alentours ; — Et si ce jour là, on boit beaucoup de bière, — C’est à la santé de notre vieux Simple-et-Lourd.

/// Quand il arrive, c’est vers la fin de l’automne, — Les gens de Soignies, les grands comme les petits, — Sont sûrs qu’ils vont manger de la tarte aux prunes, — De la tarte aux pommes et de la tarte au riz, — Les enfants se lancent avec une joie sans pareille, — Sur les quartier» [de tarte] sans tâter alentour ; — De la compote jusqu’aux oreilles, — Ils s’en vont voir ce que c’est Simple-et-Lourd.

IV 11 ne s’est jamais occupé de politique, — 11 préfère vivre avec tous les partis, — Comme Touctouc (sobriquet) au temps où il faisait de la musique, — Les « Rouges », les « Blancs », tout était bon pour lui I —

 

(p.150)

IV

I  n’ s’ a jamés ocupé d’ politike,

Il a bî vive avû tous lès partis ;

Come Touktouk, au temps qu’i f’soût musike,

Lès Roudjes, lès Blancs, tout èstoût bon pour li !

Vous, si jamés vos crôyîz dins vos botes,

In politike ou bî dins vos-atoûrs,

Seûr, vos dirèz à ‘l bowète d’ èl Sote,

Èt on rîra d’ vos vîr Simpe-et-Loûrd.

 

V

Dins l’ temps, Sougnî èstoût bî pus onête ;

Pou l’ èrcevwâr, i mètoût pus d’ façons.

Tout l’ monde daloût cantant, musike in tête,

Èl pourmèner avû ‘ne masse dè lampions !

Mès l’ politike a si bî tout dèstrût,

Què l’ bon vieu temps est parti sans reutoûr.

On n’ intind pus jamès d’vins nos rûes

Lès djins d’ Sougnî criyer :  « Vîve Simpe-èt-Loûrd » (8).

 

Cette chanson, en 1936, n’était pas « toute neuve », et existait «depuis quelques lustres déjà ».

Et un collaborateur de La Gazette de Charleroi de se lamenter sur la disparition prochaine de « Saint Pèlourd », « si on ne lutte pas pour sa cause », car « il est tellement efficace contre la mauvaise humeur » !

Le pessimisme du poète, comme celui du journaliste, ne s’est pas confirmé après la guerre de 1940-45. Dès cette année, les fêtes de « Mononke Simple-et-Lourd » repre­naient. La presse en donna des comptes-rendus. Il est typique de voir évoluer ce personnage de ducace vers le type populaire, palladium de sa cité :

 

——————

Vous, si jamais vous posiez dans vos bottes, — En politique ou dans vos atours, — Certainement vous irez à la lucarne de chez la Sotte Noé, — Et on rira de vous voir Simple-et-Lourd.

  1. Dans le temps [c-à-d. autrefois], Soignies était bien plus honnête, — Pour le recevoir il faisait plus de façons, — Tout le monde allait, chan­tant, musique en tête, — Le promener avec quantité de lampions ! — Mais la politique a si bien tout détruit, — Que le bon vieux temps est parti sans retour ! — On n’entend plus jamais dans nos rues, — Les gens de Soignies crier : « Vive Simple-et-Lourd ».

 

(8) La Gazette de Charleroi du 12-X-1936 ; les couplets II et V sont cités dans Le Soir du 7-XI-1940. Voir J. DESMETTE : Soignies, Guide du Touriste, 1930, pp. 74-75.

 

(p.150) « No mononke est reuvenu ! » Ces mots ont retenti à nouveau dans notre petite ville.

« Le samedi soir une nombreuse affluence attendait notre célèbre Sonégien. Une foule non moins nombreuse bordait toute la rue de la Station. Un cortège formé de gosses portant des lampions et d’une vétusté charrette portant un maïeur de quartier suivi de [son collège] descendit la rue de la Station à la rencontre de la « Fanfare Socialiste ». Les deux cortèges fusionnèrent…. et on partit chercher le camion d’honneur qui allait recevoir Simple-et-Lourd. Un imposant cortège se mit en marche vers la gare. Au milieu des acclamations, Simple-et-Lourd fut installé dans son camion, le cortège se remit en route au milieu des rires et des chants tandis que la jeunesse faisait des farandoles monstres. Arrivé sur la place Verte, le cortège s’immobilisa, on installa Simple-et-Lourd à une fenêtre et là, par l’entremise de M. Deroyer, notre grand concitoyen nous fit le récit de ses déboires et nous chanta sa chanson. Après quoi, la [fête] fut ouverte…

«Les jours qui suivirent, on donna plusieurs bals… et le jeudi soir,… un grand feu d’artifice fut donné en l’honneur de notre mascotte…                                

Ensuite on procéda à la mise à mort de Simple-et-Lourd et on le brûla sans plus de cérémonie…..» (9).

 

Jules VANDEREUSE et Roger PINON

 

(9) Le Journal de Charleroi du 29-X-1945

Mononke Simpèloûrd (Sougnîye / Soignies)

G.B., Soignies / Simpélourd, personnage de la ducasse, Clio 70, 197(4)

 

Simpélourd est la forme wallonne correspondant au français Simple et Lourd. On peut résumer la vie annuelle et éphémère de ce personnage comme suit.

 

Simpélourd, que les Sonégiens ont également appelé Mononke (mon oncle), apparaît à Soignies le soir du samedi précédant le troisième dimanche d’octobre. C’est à ce moment une personne bien réelle, qui l’incarne et que l’on a fait monter dans une voiture décapotable des années ’30. Tandis qu’il salue la foule, son chauffeur le conduit à travers la ville jusqu’à la Place Verte. Au cours de ce trajet, des majorettes, des fanfares et des groupes folkloriques l’accompagnent. En outre, des bandes de jeunes gens se forment qui parcourent les rues en organisant des farandoles et en lançant des pétards.

Arrivé à destination, Simpélourd est hissé à une fenêtre, en effigie cette fois, Sous ses yeux, les festivités de la ducasse vont durer jusque tard dans la nuit.

Quelques jours plus tard, quand se termine la dernière ducasse de l’année à Soignies, l’effigie de Simpélourd est brûlée en autodafé. Au fil des ans, on a différemment interprété et compris ce personnage, Aujourd’hui, on le considère

surtout comme le mari trompé et battu qu’une foule débridée, en une sorte de charivari, accompagne tout au long de ses déplacements.

A la fin du siècle passé, cette manifestation était très vivace mais aussi quelque peu différente de ses éditions actuelles. Parfois Simpélourd caricaturait un politicien local déconfit. Mais souvent, il avait un visage cireux, barré de longues moustaches. On brûlait son effigie au milieu de rondes et de chants et l’on jetait ensuite ses cendres dans la rivière.

Simpèloûrd

(Dricot 2010)

Simpèloûrd

(in: Julien Remoortere, Le Guide des Fêtes, Lannoo 1995)

Simpèloûrd

(in: Le Soir, 18/10/1991)

èl fièsse dè Simpèloûrd à Sougnî (la fête de Simpèloûrd à Soignies)

(in: èl Mouchon d’ Aunia, 10, 2013)

'Simple et lourd' à Soignies

(in: M.A., 1974, p.222-228)

Afiche / Affiche : Simpèloûrd (Sougnîy / Soignies)