Pauke en Bèljike walone, picarde, gaumèse / Pâques en Belgique wallonne, picarde, gaumaise

PLAN

 

3.0 Présintâcion / Présentation

3.1 Tradicions pa réjions / Traditions par régions

3.1.1 L’ ouwès’-walon / L’ouest-wallon

3.1.2 Li Picardîye / La Picardie

3.1.3 Li cente-walon / Le centre-wallon

3.1.4 L’ ès’-walon/ L’est-wallon

3.1.5 Li sûd-walon / Le sud-wallon

3.1.6 Li Gaume / La Gaume

3.2 Tradicions gastronomikes / Traditions gastronomiques

3.3 Tradicions musicâles / Traditions musicales

3.4 Tradicions dès djeûs / Traditions ludiques

3.5 Scrîjadjes / Littérature

3.6 Ôte paut en Bèljike, … / Ailleurs en Belgique, …

3.7 Ôtès-afaîres / Divers

 

3.0 Présintâcion / Présentation

A. Varagnac, M. Chollot-Varagnac, Les traditions populaires, PUF, 1978

 

(p.49) PAQUES (= le passage) existait déjà avant le Christ et symbolisait la victoire de l’esprit sur la matière, qui sera concrétisée par la résurrection du Christ.

 

Guigui Albert, Grand Rabbin de Bruxelles, Pourquoi Pâque(s) n’a pas de date fixe ?, LB 13/04/2006

 

Les Pâques chrétiennes tombent le premier dimanche qui suit le 14 Nissan, jour de Pessah, la Pâque juive. Lié à la lune mais aussi aux saisons et donc au soleil, le calendrier hébraïque est complexe mais enseigne que le temps est confié à l’homme par Dieu.

 

La fête de Pâque (Pesah) a une date fixe. Elle tombe le 14 Nissan. Et les Pâques chrétiennes tombent en général le premier diman­che qui suit le 14 Nissan.

Tout le problème réside dans cette cor­rélation qui existe entre la Pâque juive et les Pâques chré­tiennes. Le 14 Nis­san ne tombe pas toujours à la même date civile en raison de la complexité du calendrier hébraï­que qui, tout en étant un calendrier lunaire, doit tenir compte des saisons qui, elles, dépen­dent du calendrier solaire. •

Pour comprendre la mobilité des fêtes de Pâques, voyons comment fonctionne le calendrier juif. Comme le calen­drier civil, le calen­drier hébraïque con-naît la division du temps en jours et en semaines, en mois et en années. Mais alors que le jour ci­vil commence et fi­nit à minuit, la jour­née dans le calendrier hébraïque commence et finit à la tombée de la nuit. C’est ainsi que le shab-bat débute à la tombée de la nuit du ven­dredi et se termine le lendemain à la même heure. La semaine comporte sept jours, qui sont comptés à partir du dimanche. Le shabbat est le septième jour de la semaine. Les jours de la semaine sont désignés non par des noms propres mais par des chiffres de 1 à 6 (premier jour), le shabbat faisant exception.

Le mois, quant à lui, est un mois lu­naire. La Tora demande de contempler la lune pour fixer le nouveau mois. Pour­quoi cette obligation de scruter la nais­sance de la lune ? A l’instar de cette lune qui se renouvelle chaque mois, la Torah veut rappeler que nous avons le devoir de nous renouveler constamment. Nous devons refuser de tomber dans le piège de l’embourgeoisement et de l’habitude. Il nous faut continuellement renouveler notre table de valeur et secouer nos certi­tudes. Le cinquième livre de Moïse nous parle du danger de vieillissement, de cet état d’esprit qui s’enlise dans un bien-être matériel, et qui y subordonne toutes les aspirations spirituelles.

Ainsi, une année religieuse dépend es­sentiellement du mouvement de la lune autour de la terre. Pour tourner une fois autour de la terre, la lune met 29 jours,

12 heures et quelques minutes. Les mois du calendrier hébraïque devraient ainsi tous avoir 29 jours et demi environ. Pour éviter de changer de mois au milieu de la journée, les mois ont les uns 29 jours et les autres 30 jours. Le premier jour de / chaque mois s’appelle en hébreu roch hô’ dech, c’est-à-dire au commencement du mois. On obtient une année lunaire en multipliant la durée de chaque rotation de la lune autour de la terre par douze, soit trois cent cinquante-quatre jours en­viron (6 x 30 jours = 180 jours + 6 x 29 jours = 174 jours. Le tout fait 354 jours). Mais si les mois de l’année dépendent essentiellement du mouvement de la lune, les fêtes, quant à elles, sont liées aux saisons, ainsi qu’il est écrit : “Prends garde au mois du printemps” (Dt 16,1). De ce verset, les rabbins déduisent que la fête de Pessah (la Pâque) doit tomber impérativement au printemps. Ainsi, pour l’établissement du calendrier hé­braïque, l’année solaire doit également être prise en compte. Or, l’année solaire comprend trois cent soixante-cinq jours. Il y a donc une différence de onze jours entre l’année lunaire et l’année solaire (365 jours – 354 jours = 11 jours). Sans te­nir compte de cette différence, l’année juive serait en retard chaque année de onze jours envirn sur l’année écoulée. De ce fait, lees fêtes parcouraient toutes les saisons et la fête de Pâque serait parfois célébrée en hiver (comme le ramadan dans le calendrier islamique qui est purement lunaire).

Pour remédier à cet état de fait, on in­tercale, certaines années, un mois en­tier. Ce mois intercalaire est placé juste avant le mois de Nissan et s’appelle Adar 2. Ainsi, sur une période de dix-neuf ans, sept mois intercalaires sont ajoutés respectivement aux troisième, sixième, hui­tième, onzième, quatorzième, dix-sep­tième et dix-neuvième années. Ces an­nées, qui ont treize mois, portent le nom d’années “embolismiques” (du grec embo-lismos, “ajouté”). Pour savoir si une an­née est embolismique ou non, il suffit de diviser le millésime de cette année par dix-neuf. Si la division donne un reste de trois, six, huit, onze, quatorze, dix-sept ou zéro, l’année est embolismique. Pour trouver la date civile correspondant à une année juive, on retranche de cette dernière quatre mille puis on ajoute deux cent quarante. Exemple : 5766 -4000 = 1766 et 1766 + 240 = 2006.

Un tel système n’est pas évident. Aussi, est-il important de saisir l’ensei­gnement véhiculé par ces règles appa­remment compliquées : le temps est confié à l’homme.

Le temps juif n’est pas lié au destin. Nous sommes loin des conceptions anciennes du temps mythique où le temps est défini par des choses qui ne changent pas, à savoir le mouvement des planètes, le cycle des saisons, l’éternel retour de la naissance, de la croissance et de la mort : le temps où toutes les choses retournent à leur source et recommencent; le temps cyclique décrit par les mythes païens. Le temps dans la tradition juive est un temps qui se trouve entre les   mains   de l’homme. Nous pensons. Nous créons des concepts. Nous pouvons imaginer et construire un monde différent de celui qui existe. Etre juif signifie être libre, capable de choisir entre le bien et le mal. La faculté de dé­terminer le temps est confiée à l’homme, malgré ses imperfections, malgré ses la­cunes. Dieu a chargé le Tribunal rabbinique de fixer les mois selon ce qu’il consi­dère le plus juste. Et la décision hu­maine est agréée par Dieu.            

Nous compre­nons, dès lors, pour­quoi le Talmud comence par la question relative au temps “Mé’êma-tay ?” “A partir de quand? A partir de quel moment doit-on lire le Chema (Ecoute Is­raël) du soir?” La ré­ponse donnée par la Michna à cette ques­tion est étonnante. “Dès que les prêtres rentrent pour man­ger les nourritures provenant des of­frandes jusqu’à la fin de la première veille”, selon Rabbi Eliezer. Pourquoi la Michna ne donne-t-elle pas directement une heure précise? Pour­quoi cette réponse énigmatique “dès que les prêtres ren­trent pour manger la nourriture prove­nant des offran­des”? Pourquoi la Michna ne dit-elle

pas “dès que se lèvent les étoiles”!

L’objectif de la Michna est de refuser une perception du temps qui ne soit pas humaine. Se référer aux étoiles revient tout simplement à se soumettre au temps purement astral, temps sur lequel nous n’avons aucune emprise. La Mi­chna préfère se référer à un temps hu­main. Un temps que nous pouvons con­trôler. La Michna donne une réponse im­précise mais une réponse qui a trait à l’action humaine. Et c’est bien en raison de l’importance de cette prise de respon­sabilité de l’homme que le Talmud com­mence par une question ayant trait au temps. •

» Pour une étude plus approfondie de cette thématique, vous pouvez vous référer au livre “Le judaïsme : vécu et mémoire” (Ed. Racine) au chapitre consacré à la “ges­tion du temps”.

 

Nadine Crétin, Dominique Thibault, Le livre des fêtes, Gallimard, 1991

 

(p.20) La Pâque juive

 

Le haroseth du seder

Une compote d’ amandes, de pommes et de noix symbolise le mortier que les Hébreux employaient pour faire des briques, lors de leur esclavage en Egypte.

 

Du 15 au 22 du mois de Nissan (mars-avril)

Pessah (passage) ou fête des Azymes commémore la sortie d’Egypte des Hébreux, il y a près de trente-cinq siècles, la libération de l’esclavage et la naissance d’ Israël. Cette fête très  ancienne semble liée aux premières récoltes du printemps.

 

(p.22) Pâques

 

Le cierge pascal

 

Les rites de la lumière et de l’eau

Lors de la veillée pascale, le soir du samedi saint, on bénit le feu nouveau. La lumière et le feu sont des symboles qui renvoient à la naissance de l’humanité. On bénit également l’eau  nouvelle qui possède un pouvoir purificateur.

 

Premier dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe du printemps

La date des pâques chrétiennes est mobile : déterminée en 325 au 1er concile de Nicée, elle se situe entre le 22 mars et le 25 avril dans le calendrier grégorien.

Pour les orthodoxes qui suivent le calendrier julien, Pâques a toujours lieu treize jours plus tard par rapport

au calendrier grégorien.

 

Victoire et renaissance

 

Pâques commémore la résurrection de Jésus-Christ, mort sur la croix. A l’origine, la fête, célébrée depuis le IIe siècle, se déroulait pendant toute la semaine qui suivait.  De nos jours, seul le lundi de pâques est férié.

Dans l’Antiquité, on vénérait cette période la résurrection de dieux païens liés à la végétation, tels Adonis en Syrie, Attis en Asie Mineure ou Dionysos en Grèce.

 

L’oeuf, symbole de vie et d’éternité

Très tôt, les légendes sur la création du monde se sont servies du symbole de l’oeuf.  On en retrouve dans les

tombes préhistoriques, faits en argile.

Offerts aux enfants qui quêtent, c’est à partir du XVle siècle que se généralise la coutume de les décorer et les peindre (dessins gravés, collés ou faits à la cire).

 

Les jeux d’adresse avec les oeufs

La “ toquée ” est un jeu grec et afghan : chaque joueur muni d’un oeuf tente de briser celui de son adversaire. Pour la “ roulée ”, pratiquée en Russie, en Angleterre, en Allemagne, en France et aux Etats-Unis, l’ oeuf, poussé comme une bille. doit rouler sans se casser sur un terrain plat ou en pente.

 

Agneau alsacien, campanili corse, colombe italienne, …

 

Les gâteaux pascaux

Les nombreuses pâtisseries du jour permettent d’écouler les réserves d’ oeufs accumulées pendant le carême.

 

Les surprises du matin

Les cloches de Pâques parties trois jours à Rome, selon la légende, rapportent des friandises aux enfants. Le lièvre, ou le lapin, connu en Europe du Nord et aux Etats-Unis, distribue également des cadeaux :

cet animal nocturne, complice de la lune, est investi d’ un pouvoir surnaturel.

Ce rôle est aussi joué par l’âne, le renard, le coq ou la cigogne.

 

NB

Pâques (en wallon: Pauke)

En allemand, Ostern (mhd (mittelhochdeutsch): österen; ahd (althochdeutsch): ôstarûn (pl), déesse germanique du printemps (cf ahd : ôstar = oriental; im osten (à l’est), c.-à-d. dans la direction du soleil levant, de la lumière (du matin).

 

D’où vient le coq pascal?

La tradition qui consiste à colorer les oeufs avec des morceaux de carottes et d’épices est millénaire et provient de Chine et de Grèce.

 

 

OSTERN. Wie kam das Fest zu seinem Namen?, in: ?&!, S.54, -/2004

 

WANN GENAU dieses Fest entstand, kann niemand sagen. Es muss irgendwann in vorchristlicher Zeit gewesen sein. ln seinen Anfangen soli te es wohl die Freude über den Frühling und das Erwachen der Natur ausdrücken. Unge­kHirt ist auch die Herkunft des Namens. Man bemüht Germanen und Kelten und nennt den Namen einer Göttin »Eostra« oder »Ostara«. Diese Theorie er­hielt durch den Marchensammler Jacob Grimm und die Germanentümelei des 19. Jahrhunderts Auftrieb. Die Quelle dieser Deutung war der englische Monch Beda (674-735), der mit dem Vergleich Ostara = Ostem versuchte, den Namen zu erklaren. Aber wie gesagt: alles Theorie. – Das Osterfest liegt auch im jüdi­schen Passahfest begründet, das zur Erinnerung an die Befreiung aus der agypti­schen Knechtschaft bis heute alljahrlich gefeiert wird. Für die Christen ist Ostem (nicht etwa Weihnachten) das bedeutendste Fest im Jahr, gefeiert wird die Aufer­stehung Jesu als zentrales Ereignis. Der Tod Christi wird nicht als Ende, sondern als Neubeginn des Lebens begriffen. Festgelegt wurde der genaue Ostertermin rur die christliche Kirche im Jahre 325 n. Chr. auf dem Konzil von Nicaa: Seitdem wird es jedes Jahr am Sonntag der ersten Vollmondnacht nach Frühlingsbeginn (21.3.) gefeiert. An Ostem endet die 40-tagige Fastenzeit, die am Aschermitt­woch nach  Kameval beginnt. Die Osterzeit dauert 50 Tage bis Pfingsten.

 

pessah: le passage ( = sauter une page: passage de l’ange exterminateur, commémorant le départ des Hébreux d’Egypte; il tue les aînés des enfants égyptiens, mais passe (sans entrer) devant les portes des hébreux qui en ont peint le linteau avec le sang d’un agneau)

 

li date di Pauke (la date de Pâques)

(Albert Guigui (rabin / rabbin), Pourquoi Pâque(s)s n’a(-t-il) pas de date fixe?, LB, 13/04/2006)

Vocabulaîre èt èsprèssions autoû dè l' fièsse di Pauke (Vocabulaire et expressions wallonnes autour de la fête de Pâques)

(Bernard Louis, in: Les Cahiers Wallons, s.d.)

 

3.1 Tradicions pa réjions / Traditions par régions

3.1.1 L’ ouwès’-walon / L’ouest-wallon

in : MA, 3, 1982, p.56-57

 

Pâques = Pâke ; lès Pâkes, èl grande Pâke, èl djoû dès Pâkes.

 

Robert DASCOTTE   Quelques fêtes religieuses, in : EM 2/1982, p.34-35

 

La Passion (le soir du Vendredi Saint), èl Passion, èl pètite Pâke. C’était le jour des communions solennelles : ç’ ît ç’djoû-là qu’on f’soût ses pâkes ; un communiant, in pâkî ; une communiante, ène pâkiére ; communier, fé ses pâkes.

Le dimanche de la Quasimodo (le dimanche après Pâques), djoû dès mon.nîs (meuniers). A Godarville, on nomme ce jour djoû dès mon.nîs parce que ceux-ci (les meuniers) ne se pressent guère de fé leûs pâkes, et attendent toujours le dernier moment pour se mettre en règle avec leur conscience et communient le dimanche de Quasimodo, car les meuniers ont, à tort ou à raison, la réputation d’être quelque peu voleurs.

 

Robert DASCOTTE

 

Une ancienne coutume pascale à Braine-le-Comte, in: EM 4/1976, p.80

 

Autrefois, à Braine-le-Comte, l’éclosion des œufs de Pâques donnait lieu à un charmant usage. Au lundi de cette grande fête, vers une heure de l’après-dîner, des bandes joyeuses de parents et d’enfants se dirigeaient vers une prairie située près de l’ancienne chapelle Saint-Roch. Les enfants y étalaient le contenu de leurs petits paniers et s’amusaient, selon l’expression locale, à bouler leurs œufs de Pâques sur l’herbe de la pelouse. Nos aînés se rappellent avec émotion l’innocent plaisir de ce jour de fête, les cris de joie de la troupe enfantine lorsqu’un accident, parfois voulu, brisait la faible écaille.

A l’heure des vêpres, tout le monde prenait le chemin de l’église, non sans avoir fait quelques doux échanges et l’enfant du pauvre qui, lui, n’avait pu montrer ses œufs de Pâques, faisait sur la prairie de Saint-Roch une abondante cueillette.

Pour .rappeler ce souvenir, la toponymie locale a conservé à la rue du Moulin l’appellation de Sentier du pré aux œufs ; il reste aussi cette expression du Brainois éconduisant gracieusement un importun : « Aléz bouler vos-ûs su l’ pachî Sint-Rok ! »

 

NB

G. Tondeur, Glossaire en wallon de Braine-le-Comte, p. 24, signale qu’on dit aux gamins qui se roulent dans l’axe de la longueur du corps, de haut en bas d’un talus qu’is bouletèt leûs ûs.

 

Yernaux E., Fiévet F., Folklore montagnard, s.d.

PAQUES

 

Il y a peu de chose à signaler sur le dimanche de Pâques du point de vue folklorique. Cependant les anciens Montagnards èstrinîn’ leûs bèlès lokes, leurs chaussures et sortaient leur chapeau de paille. Ne faut-il voir dans cette coutume un des rites des cérémonies du renou­veau ? Il y avait dans le Pays de Liège, dont nous faisions partie, un dicton qui disait : « L’ cén qui n’ sitreume nin à Pâke èst d’hité dès-arondjes ». Ce qui veut dire : celui qui n’étrenne pas à Pâques est en-fienté par les hirondelles.

C’est la fête de Pâques qui règle toutes les autres fêtes mobiles. Le Concile de Nicée, tenu en 325, détermina que la fête de Pâques serait célébrée après le quatorzième jour de la lune de mars. Il résulte de cette décision que la solennité pascale doit toujours tomber entre le 22 mars et le 25 avril.

C’était la seule fête chômée dans les usines, ainsi que le lundi. Cette coutume qui a survécu, aux temps du capitalisme tout puissant, est la preuve que les fêtes pascales étaient les plus importantes aux yeux de nos pères.

 

Yernaux E., Fiévet F., Folklore montagnard, s.d.

LE LUNDI DE PAQUES

 

Le lundi de Pâques était un jour d’amusement. Jadis, se pratiquait chez nous, après vêpres, dans les granges, le jeu du bèroulemint dès-oûs. Il nous fut conté il y a un demi-siècle par des vieux. Il se pratiquait par des jeunes filles et des jeunes gens qui, d’un pas marqué à la craie, faisaient rouler une balle dure vers des œufs qui se trouvaient placer (p.144) sur une autre ligne. Tout œuf déplacé devenait la propriété de celle ou de celui qui l’avait touché.

Cet usage, depuis longtemps disparu, se retrouve un peu partout, avec des variantes, même au fin fond de la Russie. Le cycle de Pâques, se terminait, du moins la semaine sainte, par des jeux d’œufs. En voici un, que nous reproduisons bien qu’il n’intéresse pas notre localité, mais pour donner un exemple de plus de l’influence de l’œuf sur la période traitée. Il s’agit de la danse des œufs, qui s’exécutait le lundi de Pâques à Brou, dans l’Ain, en France. Cette danse aurait disparu au cours du XVIIe siècle. En 1498, elle fut dansée lors du mariage de Marguerite d’Autriche et de Philibert le Beau.

Une centaine d’œufs étaient éparpillés sur le sable. Deux couples exécutaient une danse du pays. S’ils réussissaient à terminer la danse sans avoir cassé d’œufs, la jeune fille était fiancée au jeune homme, mê­me contre la volonté des parents. Mais si ceux-ci s’opposaient à l’union, l’épreuve devait être réussie trois fois.

Le lundi de Pâques, on allait à la foire de Charleroi. Mais cette coutume doit être assez récente puisque l’Almanach de Liège, de 1852, ne signale pas cette foire. Les vieux Montagnards se rendaient à la ville, vêtus d’un pantalon blanc, d’un sarrau, du mouchoir rouge et de la haute casquette de soie noire. Un oncle du secrétaire communal F. Dangotte a respecté cet usage aussi longtemps qu’il vécut.

 

Andrée Gos (Tchèslinia / Châtelineau), in: EB, 476, 1995

 

Pauke 1932

 

Audjourdu, tout çoula, c’ èst bén fini!

Mins, Pauke 1932, dji n’ l’ é jamés rouvyî!

Lès p’tits tchènas, pindus aus couches dès vîs lilas,

Rimplis d’ pouyes avou leûs-oûs d’ chocolat…

Lès vrés-oûs, ieûs’, èstît cûts deûrs

Èt machurès d’ toutes lès couleûrs

À l‘ rawète, dès boubounes di massepin!

Gn-aveut branmint d’trop pou mès p’titès mwins.

Pou leû fîye, mès djintis parints èstît toudi là:

Is criyît: “Abîye, mi p’tite! V‘là co yink, Didine, drolà!”

Lès vijins wétît, ieûs’ ètou, di leû djardin,

Tèrtous, nos-èstîs tafètemint contints.

Di-d-lon, on-ètindeut lès clotches barlondjî

Pou l‘ mèsse, à l’ èglîje di Sint Bartélémi.

C’ èst l‘ pus bèle Pauke di m’ vîye…

Moman, Popa, dji vos vèyeu si voltî…

 

Brin.ne (Braine-le-Comte) - fé bouler dès-ûs (faire rouler des oeufs)

(Robert Dascotte, La roulée des oeufs à Braine-le-Comte, in: El Mouchon d’ Aunia, 1985, p.70)

Nivèle (Nivelles) - Pauke (Pâques)

(Aimé Brûlé, Fête de Pâques au XVe à Nivelles, in: Le Folklore Brabançon, 93-94, 1936-37)

Montegnî (Montigny-le-Tilleul) - londi d' Pauke (lundi de Pâques)

(in: Henry Bury, Montigny-le-Tilleul, 1978, p.177)

Naulène (Nalinnes) - tchèsse aus-oûs (chasse aux oeufs)

(VA, 09/04/2013)

 

3.1.2 Li Picardîye / La Picardie

Tournè  / Tournai – La “marche à bâton” à l’assaut de l’Everest tournaisien, LS 06/04/1999

 

Le lundi de Pâques, au Mont-Saint-Aubert, pèlerinage depuis le 14e s. Ce mont était autrefois appelé le mont Minerve ou Mont de la Trinité.

Mont-Borinâje (Mons-Borinage) - lès comunions (les communions)

(in: Alain Audin, Mons-Borinage, s.d.)

3.1.3 Li cente-walon / Le centre-wallon

in: Charles Massaux, éd., Li gazète do payis d’ Nameur d’ on Noyé à l’ ôte, PAC 1990s

 

Lès-ûsances dès cocognes

 

Po tos l’s-èfants, Pauke sins-ous ni sèreûve rin.

C’ èst là one ûsance fwârt ritche qui r’monte au timps d’ Godfrwèd d’ Bouyon.

Lès crwèsés sont rivenus avou lès-ous dè l‘ résurècsion en-Ardène èt en-Alsace.

Dins l’ vî timps, Pauke esteûve surtout fièstéye dins lès campagnes. C’ èsteûve li fin do Carème qu’ on ratindeûve avou do laurd èt dès-ous.

En Provence come en Bretagne, on fiesteûve li “décarémage”.

C’ èsteûve li “dimègne dissalé”.

Louis XIV li-min.me fieûve bèni dès panis rimplis d’ ous, po l’s-ofri à tot l’ monde, ossi bin aus courtisanes qu’ aus lakaîs.

L’ ûsance a couru dins tote li France. Èlle a arivé à Lidje. Vêla, lès-ous ont stî cûts deurs et on l’s-a lomé “cocognes”.

Ci qu‘ vos n’ savoz nin, c’ èst qu’ lès cocognes èstin.n on mirauke dè l‘ résurècsion: c’ èsteûve dès-ous d’ coks. C’ èst todi on plaîji d’vôye, li dîmègne au matin, lès p’tits-èfants couru avou on pani dins tos lès cwins do dj$ardin po ramèchener lès-ous.

Mins avou l’ timps, lès cocognes ont bin candjîs. Dj’ ènn’ a conu dès fins bruns à cause dè l‘ chicoréye ou dès pèlakes d’ agnons. Asteûre, il ont totes lès coleûrs, totes lès dècorâcions possibes po taper è 1′ ouy di nos p’tits pouyons. Sins compter su lès-ous et lès p’ tits lapins en chocolat.

Asteûre, en riv’ nant d’ Rome, lès clotches sont bin tchèrdjîyes.

Èlle ont co bin dès p’tits vélos, dès djouwèts élèctronikes èt dès moncias d’ tchinis’ qui n’ ont pu rin à vôye avou lès-ous.

Dijoz-me ci qu‘ tot ça vint fé là-d‘dins.

 

Jean-Jacques Gaziaux, Parler wallon et vie rurale au pays de Jodoigne, LLN 1987, BCILL 38

 

Pâques = Pauke : c’ èst mèsse avou l’ alélouya.

 

Le lundi de Pâques, lë londë d’ Pauke : lès mounis ‘meuniers’ v’nin’ avou leû tchèna ‘panier’ po ië dès-ous. Des villageois (de Jauchelette) se rendaient en pèlerinage à Hakendover (près de Tirlemont) (Kèdeûr (dilé Tienen)), à Sint-Sauveûr, et repassaient par la foire de Jodoigne.  (NB Aussi pèlerinage à Lovin (p.246): li londi d’ Pauke (p.262) ; à Montaguë, à Tongue, à Avèrbôde, p.285))

D’ autres jardinaient.

 

Pâques closes, lë dimègne d’ après Pauke : dernier délai pour la communion pascale, po fé sès paukes. Celui qui attendait ce jour fieûve sès paukes avou lès mounis.

 

C’ èstot-on évènemint dè ni fé sès paukes. N-a dès cës quë n’ alin’ jamês à mèsse dë l’ anêye, mins qu’ alin’ fé leûs paukes, don. N-avot jësse lès libe-penseûrs (qui n’y allaient pas).

N-arot ië onk quë lès fiéve d’ abëtëde quë d’mëréve sins lès fé, tot l’ monde èl dëjéve, don : “ç’të-là n’a ni fêt sès paukes cëte anêye-cë “, Lès djins s’ vèyin’ dëpës. Il y avait parfois affluence le jour où venaieà l’ comënion qu’ on côp par an, è bén, i v’néve à cofèsse quand v’néve dès confèsseûs ètranjers. È bén , lès djins alin’ à cofèsse. Â bén, dj’ a toumé avou ‘j’étais là en même temps que’ ç’të-ci, dj’a toumé avou ç’të-là.” Èt l’ lendemwin au matén, l’ këré donéve lë

comënion à chij eûres èt tos lès cës quë n’ alin’ ni à mèsse pës

taurd ‘plus tard (dans la journée)’, è bén , ‘1 èstin’ la tourtous èchone èt on d’jéve : “Nom dë djous’, ç’te anêye-cë ç’të-là n’ a ni v’në fé sès paukes, sés-se”. Èt tot l’ monde savot qui-ce quë n’ avot ni fêt sès paukes. Cela se disait, mais sans réprobation.

Durant la quinzaine de pâques, on disait que l’ këré fiéve së-t-aous’ ‘sa moisson’. On le voyait parcourir les rues de saparoisse pour préparer ses ouailles à faire leurs pâques, i rotéve po fé fé lès paukes a sès djins. C’était donc sa grande période d’activité au cours de laquelle il récoltait les fruits de la bonne Parole.

 

Jules Fivèz, Istwêre di Bièmeréye, èt di vint’-deûs-ôtes viladjes d’ avaurci dispûs noûf cints swèssante-quate, avou l’ concoûrs dès Bièmèrwès, 1972

 

Li djoû d’ Pauke

 

A Pauke, l’ iviêr è-st-à peu près iute.

Pou lès crétyins, lès fièsses di Pauke riprésintenut ène saqwè d’ bin èt d’ vikant. Dins 1′ timps, quand lès mèsses astint tchantéyes è latin, li prôse « Victimae Paschali » tchantéye à plusieûrs vwès èt avou acompagnemint asteut ène saqwè d’ bia à-z-oyu pace qui ça résoneut agrèyâblèmint. (…)

(p.55) Dins 1′ timps pou lès-èfants lès fièsses di Pauke, surtout 1′ dîmègne èt 1′ londi, astint deûs bias djoûs ratindus pa zèls pou ‘nn’ alè fè bèroulè lès-ous deurs, tindus. Dipus, pour zèls, i gn-aveut lès p’titès vacances come on d’jeut adon.

Pou-z-è riv’nu aus-ous i gn-aveut tanawète iunk qui n’ casseut nin aujîyemint, min.me lanci au rwèd brès oudôbin à 1′ tachelète. I gn-a ieû saqwants-anéyes qu’ on-a faît bèroulè lès-ous à 1′ nîve èt il at d’djà arivé qui ç’tèle-ci rascouvieut lès p’titès violètes. Adon lès-èfants ènn’ alint fè bèroulè lès-ous dins 1′ pré dè 1′ cinse do Tchèstia, li lon dès 1′ dréve. Di ç’ timps-là, Noyé Coster n’aveut nin co fait bâti dins ç’ pré-là. Ça vout todi bin dîre qu’ adon, pou lès-èfants, ç’ asteut l’ bon timps èt qu’ is s’ amusint fwârt bin au d’zeû do martchi.

 

Li lundi d’ Pauke

 

Nos conèchans d’djà 1′ passe-timps dès-èfants. Quand lès Pau­kes astint taurdûwes èt qui 1′ timps asteut au bia, lès pus grands duvint ‘nn’ alè mète lès canadas dins lès rotes qui leû popa fèyeut à l’ awe. Li mèseure inte chake simince ou plant asteut 1′ longueû do pîd avou dès gros sabots, min.me ène miète dipus si lès pîds n’ astint nin grands assez.

Jènèralemint, lès parints travayint o djârdin si 1′ timps asteut propice. Ç’ asteut 1′ momint d’ plantè lès cwanes-di-gade pou-z-ènn’ awè au Sint-Pîre.

Deûs, trwès-ans d’vant 1′ guêre di quatôze, i gn-aveut co bin saqwants djon.nès djins qu’ ènn’ alint à 1′ cavalcâde d’Auvelès, au trin oudôbin à vélo. Di ç’ timps-là, pa-t’t-avaurci, lès-autos astint râres, à paurt 1i cène dau comte di R’mèton. Maugrè qu’ on l’ oyeut v’nu di-d-lon télemint qu’ èle mwinrneut in brut di tos lès diâles, li tchaufeû cwârneut co – adon, i gn-aveut pont d’ klacson come lès cis qu’ nos conèchans asteûre, ç’ asteut ène cwane avou ène pwâre di cawoutchou — totes lès pouyes courint èvôye au pus rade en codaussant tortotes au pus fwârt et en batant leûs-éles come s’ on-z-aureut v’lu lès-atrapè pou l’zeû twade li cô — avou in brût parèy, lès coméres èt lès-èfants acourint rademint d’ssu 1′ sou d’  l’ uch pou vèy l’ auto dau comte disparète didins in nuwadje di poûssêre. Lès vôyes d’ adon n’ astint nin come lès cènes d’ audjoûrdu.

 

La vente de l’eau bénite le lundi de Pâques, in : VA 11/04/1998

 

« Achetez de l’eau bénite ! Qui veut de l’eau bé­nite ? » Ces cris, on pouvait les entendre dans tou­tes les rues du village le lundi de Pâques. C’était le moment où les enfants de chœur se faisaient leur argent de poche pour les kermesses à venir.

Le« achetez de l’eau bénite ! » était formellement interdit puisque celle-ci devait être dis­tribuée gratuitement dans tou­tes les maisons. Bien sûr, les gens n’étaient pas dupes et une piécette était souvent, si pas à chaque fois, glissée dans la main du gamin qui remplissait une ou deux bouteilles avec son cruchon.

Avant la distribution, tout le petit monde « bénévole » de dis­tributeurs était rassemblé au presbytère en une sorte de « con­seil de guerre ». Le vicaire, chargé de l’opération par le Doyen, avait ses sous-fifres, en l’occurrence, les plus vieux en­fants de chœur qui devaient avoir entre quatorze et seize ans. Ils découpaient le village ou la ville en quartiers qu’ils se partageaient et alors, il n’était pas question qu’un groupe dé­passe ses limites pour aller sur les plates-bandes d’un autre.

 

Du sel dans l’eau

 

Tout était calculé pour que le gâteau soit plus ou moins ré­parti de manière équitable. Cha­que bande avait son fermier atti­tré qui, pour une journée, vou­lait bien prêter ses cruches à lait et la charrette qui permet­tait de les tirer. Une fois la chose acquise, rendez-vous était donne à l’église où une lie d’eau at-

L’eau était alors bénie par le prêtre. Il y ajoutait le sel pour la purification et surtout de l’eau bénie lors de la veillée pas­cale (1).

Après les prières d’usage et un signe de croix de l’officiant,

les enfants n’avaient plus qu’à remplir leurs cruches au grand récipient et partir ensuite vers leurs quartiers respectifs.

 

Maurice VANDEWEYER

 

(1) On laissait volontiers croire aux enfants et aux adul­tes aussi, je crois, que l’eau étant bénite, elle pouvait rester enfermée dans une bouteille toute une année, sans s’altérer. Ce n’est que plus tard que les propriétés du sel et de sa pro­priété de conservation me sont venue à l’esprit. Mais c’est si beau de croire sans rien com­prendre…

 

Le folklore au pays de Namur, 1930, Guide-programme de l’exposition de folklore et d’industries anciennes, A.R. de Namur

 

(p.24) LUNDI DE PAQUES. — C’était ce jour qu’autrefois, à l’Hermitage St-Hubert, accroché au flanc des rochers des Grands-Malades (ancienne léproserie), une solitaire faisait « tourner » la Passion, c’est-à-dire représentait à l’aide de marionnettes, grossièrement articulées, les scènes principales de la vie et de la mort du Sauveur.

 

(p.24) QUASIMODO. — Dans de nombreux villages a lieu, à la grand’ messe, la cérémonie de la bénédiction des enfants.

 

CLOSES PAQUES. — C’est le dernier jour utile pour remplir ses devoirs religieux annuels : confession et communion. On dit de ceux qui attendent cette limite, qu’ils vont « fé leus Paukes avou lès mon.nîs ». Le peuple, ennemi des meuniers qu’il accuse volontiers de tromperie, se venge, en prétendant que leur conscience est tellement noire qu’ils retardent indéfiniment leur comparution au tribunal de la Pénitence.

 

Marches de Florennes Centre, 1996

 

LA MARCHE SS. PIERRE ET PAUL DE FLORENNES

 

Le lundi de Pâques est une date historique pour toute la population de Florennes. Dès 14 h. les trois Corps d’office de la Marche se concentrent sur la place de l’Hôtel de Ville pour y recevoir leurs étendards. M. le Bourgmestre remet à chaque officier porte-drapeau son emblème. Cet officier en aura la respon­sabilité pendant toute la durée de la Marche.

Cette cérémonie a également pour objet de nommer tous les officiers au grade qui leur a été attribué.

Il faut dire qu’à Florennes, contrairement à certaines habitudes dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. il n’y a pas de passage de places ni de cassage de verre. Les nominations se font uniquement par candidatures remises aux Comités des Compagnies suivant des règles immuables très précises. Après approbation par lesdits Comités, les anciens officiers réélus et les nouveaux promus sont pré­sentés à l’Administration communale le hindi de Pâques afin que M. le Bourgmes­tre les intronise pour un an.

Cette formalité accomplie, les Officiers défilent dans les rues de la Cité, accompagnés des tambours, afin que tous les citoyens voient les hommes qui vont les commander à la Marche SS. Pierre et Paul.

Ces nouveaux Etats-Majors ont également pour mission, ce lundi de Pâ­ques, de visiter les établissements qui se feront un plaisir d’alimenter la caisse devant servir au bon déroulement des fastes.

 

Maurice Gauchez, L’Entre-Sambre-et-Meuse, Office de Publicité, Bruxelles,  1949, p.18

 

A Thy-le-Bauduin, le premier dimanche après Pâques, à la Quasimodo, on organisait la course des œufs, en wallon le « couradje dès-oûs ». Le matin, les chefs de la jeunesse avaient recueilli des œufs dans trois ou quatre paniers. A la sortie des Vêpres, venus de Laneffe, Hanzinne, Hanzinelle, Morialmé, Somzée et de plus loin encore, des curieux se rangeaient sur les côtés longitudinaux de la place au centre de laquelle on plaçait une cinquantaine d’œufs en ligne droite de cinq en cinq mètres, les chefs de la jeunesse se tenant au bout de chaque ligne ainsi constituée. Alors, partant du poste d’un de ces “plantons”, une jeune fille enlevait le premier œuf de sa « file » et courait le déposer dans le panier placé au pied du deuxième chef avant de revenir à son point de départ en évitant tous les œufs posés à même le sol. A cet instant, la deuxième jeune fille quittait le deu­xième œuf, répétait le jeu de la première de ses compagnes et ainsi de suite. La musique, durant ces « courses », ne cessait de jouer, tandis que, laissant se déplacer les « coureuses », deux jeunes gens se hâtaient jusqu’à un bois sis à vingt minutes de la place; ayant cueilli, au long de la route de Fraire, une branche de hêtre, ils devaient réussir à rejoindre la place avant l’enlèvement de tous les œufs : resté dans le bois, un témoin empêchait toute fraude. Immé­diatement après cette première « course », on renversait les rôles entre concurrents de sexes différents, et, après, le groupe vainqueur recevait les œufs; cuits immédiatement, ceux-ci étaient offerts aux étrangers. Un jeu analogue avait lieu également à Ham-sur-Heure, au quartier de la Station, le lundi de Pâques…

 

in : Félix Rousseau, Légendes et coutumes du Pays de Namur, Trad. wallonne, 2006

 

Pâques

 

Il est probable que jadis la première communion des enfants avait lieu le jour de Pâques, ou tout au moins durant le temps pascal. En effet, faire sa première communion se dit en wallon fé sès paukes.

 

NB

1) Les enfants appellent “paukadje” leur part d’œufs de Pâques.

2) Selon Melchior Barthélémy, sacristain de la cathédrale de Namur pendant 43 ans, mort octogénaire en 1917, pour désensorceler une écurie à Alle(-sur-Semois), on enfonça trois clous du cierge pascal dans le châssis de la porte d’entrée. (in: Th. DELOGNE, L’Ardenne méridionale belge, p. 148)

 

Faumène - Condro / Famenne - Condroz - lès-oûs d' Pauke (les oeufs de Pâques)

(in: Des gens d’ici racontent, 12 villages entre Famenne et Condroz au début du /XXe/ siècle, s.d.)

Vêr-Custène (Ver-Custinne) - Pauke (Pâques)

(in: Notes folkloriques sur Ver-Custinne, Le Guetteur Wallon, 1935-36)

3.1.4 L’ ès’-walon/ L’est-wallon

A Pauke, lès cocognes (=oeufs de Pâques) (à Lîdje).

 

Les enfantines liégeoises, d’après Joseph Defrêcheux, Supplément, pp.1-8, in: La Wallonne, 1/2005

PÂQUES

 

On faisait croire aux enfants que, la veille de Pâques, à midi sonnant, arrivait, quai de la Batte, on batê d’ wèsîre rempli d’œufs que l’on distribuait gratuitement. La coutume de manger des oeufs, le jour de Pâques, a donné naissance à la satyre que voici :

Vochal Påke,

li ci qu’ a dès-oûs, lès fricasse,

ci qu’ ènn’ a pont, s’ ènnè passe.

C’est un usage général de donner aux enfants, pendant le temps de Pâques, des oeufs durcis et teints en rouge, en jaune, ou bariolés. On les nomme cocognes. Autrefois, les enfants s’amusaient à caker lès-oûs, c’est-à-dire qu’ils les heurtaient l’un contre l’autre et tout oeuf brisé devait être cédé à celui qui avait été assez heureux ou assez adroit pour l’entamer avec le sien.

 

Mâmedi (Malmedy) - lès-ous d' Pâke (les oeufs de Pâques)

(in : Ârmonak walon d’  Mâmedi, 1936)

 

3.1.5 Li sûd-walon / Le sud-wallon

Nicole Schleich, éd., Bastogne pittoresque, gazette de la petite histoire de Bastogne, 1982, p.25

 

Pauke

On fiot l‘ toû do viyadje po v’nu quèri dès-oûs.

 

in : VW, 2, 1937, p.59-64

Joseph meunier, Par les Chemins d’Ardenne (région de bastogne)

 

La jeunesse a ses plaisirs traditionnels, tel le Pâkadje du lundi de Pâques. Ce jour-là, les jeunes gens rassemblés en bandes joyeuses s’en vont chez leurs « promises ». Selon la coutume, ils disent en entrant : « Nos v’nans quèri nosse pâkadje » (Nous venons chercher nos Pâques.) et ils reçoivent des œufs frais.

 

 

Le pays de Bastogne au gré de sa mémoire, 1982

 

Au lende­main de Pâques, à leur réveil, les enfants trouveront remplis d’œufs les nids qu’ils ont amoureusement confectionnés. Parfois même, les cloches n’ont pas respecté le point de chute obligé, et la chasse s’organise dans tout le jardin. Mais d’autres pâkèdjes, -adjes ‘cadeaux de Pâques’ attendent, chez les voisins et chez les parents: c’est la tournée pour aller chercher ses oûs d’ Pâke ‘œufs de Pâques’, d’où l’on reviendra le cœur léger et l’estomac rempli!

 

Maria Dombois

 

Pâke

 

On-z-avét treûs djoûrs po s’ préparer.

Li djûdi sint, li vinrdi sint èt l’ sèmedi sint, on-z-alot âs-ofices.

 

Quand lès clotches ann’ alint li djudi à l’ nut’, ç’ astét lès griyales qu’ invitint lès djins à-z-aler à l’ èglîje. Lès sièrveûs alint avâ l’ viadje po-z-anoncî qu’ lès-ofices alint c’mincè jusqu’à dîmègne â matin.

 

Lès clotches rivenint sèmedi d’ à l’ nut’.

 

Quand on-z-avét lès-èfants qu’ astint p’tits, on tindét lès-ûs divant qu’ is n’ si lèvinche avou do l’ pèlate d’ ognon, dès chalotes èt do l’ chicorée ou bin dès minous’ (chatons de saule, de noisetier, …).

Et on-z-alot lès pwarter o corti.

Et lès parints dijint : « Alez vèy o corti si lès clotches ont passè.

 ! Bon Diè ! come is chârint ! Is ‘nn’ alint so lès pâkîs, so lès purnîs, … tos costès, don!

Et is ramassint lès-ûs come ça.

Et pwîs alôrs’, quand ç’ astét dîmègne, il alint co bin pa tot l’ viadje ramasser dès-ûs. Lès djins l’zî d’nint dès-ûs.

 

Nicole Schleich, éd., Bastogne pittoresque, gazette de la petite histoire de Bastogne, 1982

 

(p.25) Pâke

 

On fiot li toû do viyadje po v’ni quèri dès-oûs.

 

El grand nètiadje dè Pâke

 

On c’mincét pa lâvè lès plafands.  On r’mètét lès plintes en couleûr. On pèrnét lès poûssières su l’ armé, la tâle, lès bayons dès tchèyîres. On lâvét l’ plantchî,   on lâvét lès f’nésses, on tchindjét lès ridaus, on nètiét lès bûses do forné èt on  chourbét lès (…) pougnées dès-uchs.

Èt po fini, on cirét l’ plantchî.

 

Dès mots po comprinde

1 pèrnét : prenaît

2 tâle: table

3 chourbét: essuyait

 

Yves  GILLES

13 ans (Traimont) 

 

Pierret, J.-M., Quelques aspects du folklore chestrolais, La Vie Wallonne, 1967

 

(p.170) Pendant la nuit pascale (naguère, le samedi saint au matin), les cloches reviennent de Rome.

 

Les enfants ont pris soin d’aménager des nids douillets dans le jardin; les cloches y déposent les oeufs qu’elles rapportent (oeufs bruns: teints à la chicorée).

Les enfants reçoivent encore leur ‘paukadje’ (cadeau de Pâques (des oeufs cuits durs et teints) auprès des parents et des voisins, àPâques et pendant toute la semaine qui suit.

Le jour de la ‘blanche Pâques’ (= dimanche après Pâques), on recevait des oeufs blancs (non teints) /à Massul, Molinfaing, Verlaine; Assenois/.

 

 

 

3.1.6 Li Gaume / La Gaume

Tinteni (Tintigny) - lès roudjes-ûs (les oeufs rouges)

(in: Tintigny jadis et naguère, 1900-1940)

 

3.2 Tradicions gastronomikes / Traditions gastronomiques

Marie-Hélène Dourte, Guy Vanderheyden, Cuisine traditionnelle du terroir (2, ASBL  Val du Glain, Terre de Salm, 2001

 

Les œufs teintés de Pâques

On peut teinter les œufs avec au marc de café : cuire les oeufs dans ae l’eau fortement additionnée de marc de café.

Ma grand-mère donnait la préférence aux œufs teintée avec dos épluchures d’oignons (rouges ou autres) : avant de plonger ceux-ci dans de l’eau agrémentée d’une grande quantité d’épluchures d’oignons, elle passait une bougie sur ceux-ci et dessinait des petits cercles ou des traits.    Ces «dessins» ne se révélaient que lorsque les œufs cuisaient.   Pour nous faire plaisir elle dessinait également les initiales du prénom de chacun de ses petits-enfants : quelle joie de manger un œuf ainsi personnalisé !

(On peut également ajouter quelques oignons frais dans l’eau de cuisson, ainsi les oeufs en prennent un peu le goût. C’est sublime !)

 

Benoit Lebeau,14 ans (Lu Tcuèstê / Neufchâteau)

 

La soupe aus-ugnans

 

Dju m’ sovin, ç’ astét à Pauke, on-avét fêt d’ la soupe aus-ugnans. Ma mére avét cût eune pèle d’ ugnans qu’ èle rutoûnét avu eune kiliè.

Pus, èle è mis lès-ugnans dins eune casserôle avu dès trukes èt d’ 1′ êwe, pus èle lès-è mèlanjè.

Ele è fêt monté l’ êwe à swassante dègrés, pus èle è mètu la soupe dins eune soupière.

I la vûdant, come èle nu r’wêtét ni à lîe, èle è sclaubutchè d’ la soupe su sa bêje cote.

 

pèle = poêle

kiliè = cuiller

sclaubutchè = éclabousser

 

Po mète sès-oûs d’ Pauke en couleûr,  in : Singuliers, 1, 1998, p.24

 

1 Po tinde lès-oûs en brun

 

Mète boulu l’ êwe dins ène grande casserole ; i faut mète assez d’ êwe, pou qu’ lès-oûs soyinche tout à fwêt r’covrus ; si in d’bout d’ oû passe ou d’zeû d’ l’ êwe, i n’ s’rè nin bin tindu. Quand l’ êwe boût, mète ène pougnêye du chicorêye dudins. Prinde du l’ fine chicorêye, èle dène dupus d’ coleûr quu la grosse. Léchez cûre in moumint, quu la chicorêye oye bin d’né s’ brun à l’ êwe (i faut bin cink minutes).

Prinde dès-oûs d’ quékes djoûrs, pou qu’ la scraufe soye aujî à pèler. Bin r’nètyi lès-oûs, pou qu’ li scraufe prinde la couleûr partout l’ min.me. C’ è-st-aujî d’ lès froter avu ène vète èponje in pont rèche. Lès passer dins l’ vinêgue, pou qu’ i prindinche mî li couleûr ; ça lès rind ossi pus aujî a pèler.

Mète lès-oûs à cûre dins l’ êwe qui boût, noûf minutes dèrant, dîj minutes pou lès pus gros, nin d’pus, sinon is pètèt ou is s’ findèt. Adon, ça lèche dès rôyes du coleûr dins l’ blanc d’ oû, èt lès-èfants n’ wèyèt nin ça vlètî. Quand on lès lèche cûre trop lontimps, lu blanc qu’ è-st-autoûr du djône duvins vèrt, ça n’ plêt nin non pus aus-èfants.

Quand v’ lès r’tirez foû d’ l’ êwe boulante, lès mète du côp dins du l’ frède êwe, is sont adon ossi pus aujî à pèler. Pou qu’ i soyinche pus loûjant, vous p’lez lès froter avu in bokèt d’ craus laurd.

 

2 Po lès tinde d’in bê foncé roudje

 

Prinde lès pèlètes du roudje ougnon. On c’mèce à lès-aurder quékes sumwin.nes duvant Pauke, pou ‘nn’ awèr assez l’ djoûr qu’ on tind lès-oûs. (On put ossi prinde lès pèlètes dès blancs-ougnons, qui dnèt zèles ène couleûr on pô djône, mes adon lès-oûs n’ sont nin si bês qu’ en roudje).

Mète ène oû deûs pougnêyes dins la casserole du boulante êwe come dins l’ prumî pont, avu la chicorêye, èt chûre la min.me rucète. Mês ç’ côp-ci, pou qu’ lès-oûs prindinche ène bèle couleûr foncée roudje, on pus lès lécher rafrèdi dins l’ êwe qu’ on lès-è cût.

I n’ vous d’meûre pus qu’ à bin lès catcher l’ djoûr du Pauke en v’ lèvant èt ratinde lès-èfants qu’ auront bin du plêji à lès trovu.

 

(Texte établi d’après les recettes de Madame Andréye BACQ)

 

Tchîvrimont (Chèvremont) - li fricassêye

(Pascal Collinet, in: Djâzans walon, 1, 2013)

 

3.3 Tradicions musicâles / Traditions musicales

Georges Beauraind, H. Sonon: Bounès Paukes !

Bonès Paukes

 

I Come on vaurin, inte deûs voleûrs,

Jésus a faît s‘ dêrin sospir.

Pa s’ costé, l‘ song coûrt dju di s’ keûr,

Sès brès rabrèssenut 1′ têre ètîre.

Mins il èst scrît qu’ au d’ bout d’ trwès djoûs,

D’ on côp d’ rins, I solèvreut s’ pîre…

Rèfachî dins on blanc linçoû.

Si pôve visadje saye do sorîre !

 

Rèspleû

 

Lès clotches, avou leûs grossès vwès,

À tos lès vints dîjenut 1′ mirauke.

One tchanson driguèle su lès twèts,

Ding…  Dung…  Dong…  Fioz  dès bonès  Paukes !   (bis)

 

II On v’ s-a vindu trinte places d’ ârdjint.

Jamaîs, Sègneûr, nos n’ frans parèy.

Dins 1′ nwâreû, s’ nos purdans l’ mwaîs tch‘min,

Douvioz nos-ouys èt nos-orèyes.

Mins nos-èstans come Sint Toumas,

Nos pèstèlans, li boneûr passe…

Il est tot près, à saquants pas,

Jésus, vinoz r’trimper nos fwaces !

 

III Pa vos, Sègneûr, nos-avans l‘ fwè,

Mèrci, c’ èst 1′ pus bèle èritance.

Come Simon, nos pwârtans vosse crwès,

Nos v’lans one paurt di vos sofrances.

Li tchant dès clotches nos rimplit d’ djwè,

Noste âme èvole dins lès nûléyes…

Voste amour apaujerè nosse swè,

Vos lwès maîstriront nos pinséyes !

 

3.4 Tradicions dès djeûs / Traditions ludiques

Yernaux E., Fiévet F., Folklore montagnard, s.d.

LE LUNDI DE PAQUES

 

Le lundi de Pâques était un jour d’amusement. Jadis, se pratiquait chez nous, après vêpres, dans les granges, le jeu du bèroulemint dès-oûs. Il nous fut conté il y a un demi-siècle par des vieux. Il se pratiquait par des jeunes filles et des jeunes gens qui, d’un pas marqué à la craie, faisaient rouler une balle dure vers des œufs qui se trouvaient placer (p.144) sur une autre ligne. Tout œuf déplacé devenait la propriété de celle ou de celui qui l’avait touché.

Cet usage, depuis longtemps disparu, se retrouve un peu partout, avec des variantes, même au fin fond de la Russie.

 

Gauchez, L’Entre-Sambre-et-Meuse, Office de Publicité, Maurice Bruxelles,  1949, p.18

 

A Thy-le-Bauduin, le premier dimanche après Pâques, à la Quasimodo, on organisait la course des œufs, en wallon le « couradje dès-oûs ». Le matin, les chefs de la jeunesse avaient recueilli des œufs dans trois ou quatre paniers. A la sortie des Vêpres, venus de Laneffe, Hanzinne, Hanzinelle, Morialmé, Somzée et de plus loin encore, des curieux se rangeaient sur les côtés longitudinaux de la place au centre de laquelle on plaçait une cinquantaine d’œufs en ligne droite de cinq en cinq mètres, les chefs de la jeunesse se tenant au bout de chaque ligne ainsi constituée. Alors, partant du poste d’un de ces “plantons”, une jeune fille enlevait le premier œuf de sa « file » et courait le déposer dans le panier placé au pied du deuxième chef avant de revenir à son point de départ en évitant tous les œufs posés à même le sol. A cet instant, la deuxième jeune fille quittait le deu­xième œuf, répétait le jeu de la première de ses compagnes et ainsi de suite. La musique, durant ces « courses », ne cessait de jouer, tandis que, laissant se déplacer les « coureuses », deux jeunes gens se hâtaient jusqu’à un bois sis à vingt minutes de la place; ayant cueilli, au long de la route de Fraire, une branche de hêtre, ils devaient réussir à rejoindre la place avant l’enlèvement de tous les œufs : resté dans le bois, un témoin empêchait toute fraude. Immé­diatement après cette première « course », on renversait les rôles entre concurrents de sexes différents, et, après, le groupe vainqueur recevait les œufs; cuits immédiatement, ceux-ci étaient offerts aux étrangers. Un jeu analogue avait lieu également à Ham-sur-Heure, au quartier de la Station, le lundi de Pâques…

 

Jules Fivèz, Istwêre di Bièmeréye, èt di vint’-deûs-ôtes viladjes d’ avaurci dispûs noûf cints swèssante-quate,

avou l’ concoûrs dès Bièrmèrwès, 1972

Li djoû d’ Pauke

 

(p.55) Dins 1′ timps pou lès-èfants lès fièsses di Pauke, surtout 1′ dîmègne èt 1′ londi, astint deûs bias djoûs ratindus pa zèls pou ‘nn’ alè fè bèroulè lès-ous deurs, tindus. Dipus, pour zèls, i gn-aveut lès p’titès vacances come on d’jeut adon.

Pou-z-è riv’nu aus-ous i gn-aveut tanawète iunk qui n’ casseut nin aujîyemint, min.me lanci au rwèd brès oudôbin à 1′ tachelète. I gn-a ieû saqwants-anéyes qu’ on-a faît bèroulè lès-ous à 1′ nîve èt il at d’djà arivé qui ç’tèle-ci rascouvieut lès p’titès violètes. Adon lès-èfants ènn’ alint fè bèroulè lès-ous dins 1′ pré dè 1′ cinse do Tchèstia, li lon dès 1′ dréve. Di ç’ timps-là, Noyé Coster n’aveut nin co fait bâti dins ç’ pré-là. Ça vout todi bin dîre qu’ adon, pou lès-èfants, ç’ asteut l’ bon timps èt qu’ is s’ amusint fwârt bin au d’zeû do martchi.

 

Payis d' Mâmedi (Pays de Malmedy) - lu kètchèdje / kètchî (lès-oûs) (litt. casser / cassage (des oeufs))

(Henri Bragard, in: Le folklore de la Wallonie prussienne, Les oeufs de Pâques, in: Wallonia, 1899, p.65-67)

Spå (Spa) - caker lès oûs

(Albin Body?, in: Recherches sur le folklore de Spa, Wallonia, 1899, p.187-196)

 

3.5 Scrîjadjes / Littérature

Arthur Masson, Li clotche qu’ aveut d’zârtè, in : CW, 4, 1967, p.81-86

 

Dou payis d’ Mauzéye (li 3 d’ octôbe 1966)

 

Cite anéye-là, Mardjo Lârdinwèse, li clotche di Clotchârdène, aveut décidé qu’ èle profitereut dou grand voyâdje à Rome pou d’zârtè. Elle ènn’aveut s’ sô d’ Clotchârdène. Qwè-ce qui t’ veus…: èlle î asteut dandjereûs trop bén.

À Rome, après l’ bènèdicsion dou Sint-Pêre,èelle aveut pris toute si kèdje d’ ous d’ Pauke èt, à dadaye, li p’tite soûrnwèse s’ aveut avolè aveu toute li binde dès-ôtès clotches, dou costè dou Nôrd.

Seûlemint, au d’zeûs dès-Alpes, come li voléye monteut bén wôt pou n’ nén riskè di s’ pètè d’ssus lès rotches dins l’ brouyârd, Mardjo, lèye, aveut faît s’ mwaîs côp. Èle s’ aveut catchi dins in nuwâdje pou lèyi bizè l’s-ôtes èt èlle asteut v’nûwe si pôsè, tout-en riyant dè l’ bèle quinte, dins in p’tit bos d’ pins-parasols, come on dit pâr là, nén bén lon dè l’ mér.

Èlle aveut passè là-d’dins s’ preumiêre nût di d’zârteûse, ène nût vraîmint plaîjante. Pou n’ vous rén catchi, èle sinteut bén dou costè dé s’ keûr ène saqwè qui l’ agneut pacôps, come in r’môrd qu’ on-z-aureut ieû dit ; maîs li p’tit bos sinteut si bon l’ encens, i gn-aveut dins l’ aîr ène saqwè qui rapeleut si bén ç’ qu’ on sint dins lès courtis d’ curès, èt lès stwèles fèjét dè l’ mér in vitrau si grand èt si bia qui Mardjo s’ aveut dit : « Dj’ aî bén faît. Dji faî come lès ritches, dji candje d’ aîr, là tout ! Ci payis-ci, d’ alieûrs, ni manke nén d’ clotchîs. Dji sièrviraî ossi bén droci qu’ à Clo­tchârdène, ayu-ce qu’ i faît freud sèt’ mwès su l’ anéye…, qui lès rôses di no curè n’ sont nén co florîyes qu’ èles sont d’dja foutûwes. Et dj’ aîme télemint, mi, di vèy lès stwèles si r’waîti dins l’ mér… Ça m’ a toudi mankè dins leû fayé Clotchârdène !

Lès p’tits-èfants d’ Clotchârdène ont brâmint braî ç’t-anéye-là. Is-ont ieû bau cachi dins lès bouchons d’ paukîs, dins lès broyes-di-tchèt, dins lès guèrzèlîs, dins lès-ièbes dès pachis dèdja brodéyes di p’titès marguèrites : i n’ î ont rén trouvè, nén min.me in-n-ou d’ Pauke gros come in guèrzia.

 

Li vî curè, tout pèneûs, leû-z-a èsplikè qui, à s’-n-idéye, li clotche aveut ieû in-n-acsidint, ou bén qu’ èlle aveut pièrdu s’ vôye. Il a co dit qu’ i n’ faleut nén s’ lèyi alè à l’ disbautchance èt qu’ i d’vét s’ moustrè raîsonâbes, pace qui l’ bon Dieu, quékefîye bén qu’ i l’zeû avouyeut ç’ pwin.ne-là pou l’ bén d’ leû-n-âme.

Pôves pètits tout l’ min. me ! Alouz-è, vous-ôtes, dimandè dè l’ « rèsignâcion » à dès-èfants qui crèyét à leûs-ous d’ Pauke come à leû bon-andje…, qui n’ causét pus qui d’ ça dispû dès samwin.nes èt dès samwin.nes. Is-avét min.me faît d’ leû mia, lès brâves pitits, pou d’meurè bén sâdjes tout l’ timps dou carème. Èt lès djoûs dè l’ samwin.ne sinte, is-avét faît toûrnè leûs rakètes à s’ mète au d’bout.

Et v’là qu’ asteûre on v’neut co leû causè d’« èpreûves » èt d’ « sacrifices » !

Quand is-ont ieû braî tout leû sô, i s’ ont d’mandè si leû curè èt leûs propes parints ni lès-avét nén couyonè aveu leûs bèlès-istwâres. Èt lès pus malins dè l’ binde s’ ont mis à tûsè, brâmint…, brâmint d’ trop, pou bén fé.

Èt dins l’ aîr dè l’ fièsse di Pauke, maugrè l’ solia, i gn-aveut ène saqwè d’ pèsant èt d’ amér.

Su l’ timps qu’ lès p’tits-èfants d’ Clotchârdène brèyét èt qu’ i tûsét ; li d’zârteûse, lèye, qui v’neut d’ sèmè sès-ous à s’ quo­libèt’ (1) dins lès rôsîs èt l’s-oranjers dè l’ Côte d’Azur, èle waîteut, l’ Mardjo, d’ trouvè in clotchi pou s’ î rachîre èt gangni sès crousses. Pace qu’ ène clotche — tout l’ monde sét bén ça — ça deut sonè ; ou bén èlle atrape li maladîye dou vêrt-di-gris èt èlle èst bén rade foutûwe. Èt, pou sonè, i lî faut in clotchî pou s’ mète à iute, èt in soneû pou satchi l’ code.

V’là qu’ èlle avise in p’tit clotchî rascouvru aveu dès panes èt qu’ èle dimande à l’ clotche qu’ î fieut s’ nikèt : (2)

—  « Vos n’ vôréz nén ène aîdante ? » L’ ôte li r’waîte èt lî r’clapè en l’ chinant :

—  « Avè un asseng pareil, pôvre, tu ne ferais rieng de bong par ici. Les paroissiens croiraient que tu sonnes le carnaval, pas moinsse ! »

Sins dîre in mot d’ pus, Mardjo a stî vèy pus lon. Dèdja, dissu s’ cote, i gn-aveut dès vètès tatches qui n’ avét nén bêle aîr.

Pa tous costès, èlle a r’çû l’ min.me rèsponse, pacôps aveu dès mots fôrt displaîjants :

—  « Li place èst prîje ! »

—  « I gn-a rén droci pou lès roûleûses èt lès coureûses di clotchîs ! »

— « On n’ vèleut pus d’ twè, dins t’ payis ! »

Min.me, in djoû au nût, dins in p’tit vilâdje di bièrdjîs èt d’ gadelîs, ène rogneûse pètite clotche di cacaye, dins s’ bokèt d’ clotchî d’ èglîje di montagne, lî à criyi :

— « Va-z-è, é, d’zârteûse ; rén du tout qu’ t’ ès ! »

Ci nût-là, li clotche di Clotchârdène, toute racrapotéye dins in fossè, a faît conechance aveu l’ disbautchance dès-abandonès. Èlle a r’conu qui s’ péché asteut gros. Èlle a sondji aus p’tits-èfants qu’ avét tant braî, li sèmedi d’ Pauke… Èt au pôve vî curè qu’ aveut stî si anoyeûs pace qui lès p’tits-inocints dou catrèssime avét d’dja pièrdu d’ leû crèyance.

Èle si dit qu’ èle freut bén di s’ è ralè à Clotchârdène èt di d’mandè pârdon à tèrtous : au curè, aus-èfants, à tous lès cias qu’ èlle aveut trompé. Ça sèreut si bon di r’prinde si p’tite vîye di clotche onête dins s’ vîye gayole couvrûwe di scayes, pèrcéye pa l’ bîje èt vièrmoulûwe, maîs si tranquile èt si douce, èt jusse à s’ mèseure da lèye.

 ! on peut dîre qu’ à ç’ momint-là, l’ pôve Mardio, èlle a r’grètè s’ parwèsse di p’titès djins. Come dins in rève, èlle a r’vu tout ç’ qu’ èlle aveut abandonè d’ bia : li stindéye, tot-autoû d’ lèye, dès gripètes, dès tiènes èt dès fonds, pus bleuw aus vièspréyes d’ è l’ èsté qui l’ mér lèye min.me… Lès grands bos, lès grands tchènes d’ avaur-là, dreuts come dès grènadiers dizous leû démonéye tignasse…, fiérs do p’lu t’nu tièsse aus côps d’ vint èt au tonwâre…, bén pus fiérs qui cès fayés parasols-là, tot cotôrdus èt mau foutus.

Lès rôses, on l’ sét bén, ça n’ vikeut wêre à Clotchârdène, maîs l’ odeûr dès bruyêres, on l’ î sinteut dou bon timps à l’ âriére-saîson. Èt d’ l’ iviêr, lès feumiêres sôrtét dès p’titès maujons aveu dès sinteûs di feu d’ astèles, di lacia boulant, di gaufes au sarazin èt d’ soupe à l’ crosse di djambon.

Qui nos-astons bièsses ! Au mwins, si on fieut çu qu’ i faut pou r’mète lès-afaîres t’ ossi rade qu’ on wèt qu’ on-a faît ène boulète, ça îreut co à mitan. Maîs non ; on r’mèt co là-d’ssus l’ péché d’ grandeû èt c’ èst ça qu’ apwèsone tout. Èt Mardjo, au r’pinti, maîs grandiveûse, a faît l’ tièstûwe.

 

Quékefîye bén ossi qu’ èlle aveut peu d’ rintrè èt d’ ièsse ratindûwe à côps d’ cayaus ? Li vî curè n’ asteut-i nén capâbe di r’fusè dè l’ rivèy ? Va-z-è vèy, min.me, si ène aute clotche n’ aveut nén pris s’ place ?…

*

Coutchèssîye  dès  clotchis d’ vilâdje, èlle s’ a stî asârdè  dou costè dès catèdrâles. C’ èst là qu’ èlle a stî bin r’çûwe ! In bour­don, gros come ène moye, aveu one vwès come li tonwâre, s’ a mîs, rén qu’ à l’ vèy, dins ène si tèribe colére qu’ èlle a spitè avoye aveu ène bèle vènète.

Ène nût qu’ lès clotches astét adôrmûwes dins tout l’ payis, èlle a parvenu à s’ pôsè dins in clotchî bén wôt. À li tout seû, i ramoncetèleut quarante clotches di toutes lès sôtes. Mardjo s’ a faît toute ratchitûwe èt s’ a stitchi dins in p’tit cwin tout nwâr. Dins ène parèye binde, on n’ a rén r’markè su l’ momint. Maîs, deûs djoûs pus taurd, v’là tout l’ clicotia qui s’ ravèye pou in concêrt. Istwâre di s’ donè ène miète di mouvemint, Mardjo veut-z-î alè di quékes notes ossi. Nom di dio, vous-ôtes ! Èle n’aveut nén pinsè, l’ inocin.ne, à s’-n-acsent d’ Clotchârdène… Oyi, s’-n-acsent d’ clotche dou Nôrd, ossi fèl qui l’ vint d’ bîje, èt qui soneut come lès fiêrs di nos gros tch’vaus su lès cayaus… D’ in seûl min.me mou­vemint, lès quarante clotches dou Midi s’ avét r’toûrnè sur lèye, leû batant l’vè corne in martia. Mardjo n’ aveut ieû qui l’ timps d’ foute si camp. Èt dins l’ wôt nuwâdje ayu-ce qu’ èle s’ aveut stî catchi, longtimps èlle aveut atindu lès laîds mots dès clotches dou Midi qui l’ pourtchèssét…

Dès samwin.nes èt dès mwès au long, li clotche sins clotchî s’ a r’mîs à volè d’ èglîje à catèdrâle èt d’ tchapèle à basilike. Dins tous lès cwins on l’ a r’poûssè.

Èle n’ asteut pus qu’ ène plaîye di vêrt-di-gris èt li r’môrd nè l’ lacheut pus.

In djoû d’ nôvimbe — là d’dja dou timps qu’ èlle î tûseut — elle a r’pris l’ vôye dou Nôrd.

C’ è-st-à n’ nén crwâre, maîs èlle a ieû in vraî plaîji quand èlle a sintu lès bonès plouves d’ amon nous-autes lî tchèy dissus s’ chine. Elle a min.me tchante dins lès rafales di nîve. Èt quand èlle a r’vu nos grands bos fèstonès d’ leûs p’tits ris, lès p’titès maujons d’ grès cwèféyes di scayes violètes èt lès clotchîs pikès dins l’ breume, èlle a cru qu’ èlle aleut tchèy fwèbe.

Maîs c’ èst quand lle a r’vu s’ parwèsse t l’vî cok, tout-arouyi èt d’ triviès su s’ clotchî vûde ; oyi, c’ èst ç’ côp-là qu’ èlle a bén cru mori. Èle n’ a nén ôsu diskinde èt èlle a raudayi in momint autoû dè l’ cure. Quand min.me, pou fini, èlle a voletè dins 1′ courti dou vî curè pace qu’ èlle aveut vu ène miète di cléreû dins l’ tchambe dou brave ome.

A gn.nous, tout voûssè èt l’ aîr fort trisse, i priyeut tout wôt : « Sègneûr, li doutance è-st-intréye dins l’ keûr dès-èfants, èt dji su trop pôve pou-z-achetè ène nouvèle clotche… Dins saquants samwin.nes, dji divraî fièstè l’ Noyé dins ène èglîje qu’ on n’ î sintira qui l’ glace, come quand on n’ creut pus… Après l’ iviêr, ça sèra co in côp Pauke, èt lès p’tits-èfants, in côp d’ pus, n’ trou­veront nén in seul ou d’ Rome dins lès courtis èt lès pachis… Pou l’zeû rinde leû fwè pa in p’tit mirake di suke èt d’ chocolat, dji veu bén vos-ofri m’ vîye, Sègneûr… »

Dèdja, li clotche di Clotchârdène aveut r’pris s’n-avoléye. Dins 1′ nût freude, èle monteut èt toudi montè, toûrnant in momint autoû di s’ vî clotchî vûde. Tout d’ in côp, batant dès-éles come in pidjon, èlle a filè tout dreut, dou costè do bon vint.

Longtimps, longtimps, èlle a volè come ça à piède l’ alin.ne èt èlle a fini pa r’vèy lès copètes toutes blankes dès-Alpes, lès teuts couvrus d’ panes, lès oranjers èt lès palmiers, èt lès p’tits bos qui r’chonét à dès c’mintiêres. Maîs èlle a passè oute èt n’ s’ arètè qu’ à Rome, scranse à tchèy môrte.

Èt là, èlle a vu l’ Sint Pére, bén awarè di discouvru dins s’ grand courti ène clotche d’ Ârdène à parèye saîson. Brèyant toutes sès larmes, èlle s’ a spikè come èlle a seû, èt pus, a d’mandè l’ absolucion po s’ laîd pètchi di d’zârteûse. Dè l’ vèy si anoyeûse, ça chèneut si bia qui l’ Sint Pére a pârdonè t’ ossi rade. Mia qu’ ça, il a donè l’ permission à Mardjo di pûji dins l’ magasin aus-ous d’ Pauke ; oyi, en plin mwès d’ décembe… èt i n’ a nin falu lî dîre deûs côps. Èlle ènn’ a pris ène kèdje à s’ dranè, èt min.me ènn’ agritchi à s’ batant.

Sins taurdji ène minute, èlle a r’pris l’ voye dou r’toûr. Pèsante come èlle asteut, èt surtout afwèblîye pa lès miséres qu’ èlle adeureut dispûs dès mwès, vos viouz ça di-d-ci qui l’ voyâdje a stî deur. Divant lès-Alpes, èlle n’ è pleut d’dja pus. Pus-ce’ qu’elle avanceut, pus èst-ce qu’ èlle aveut mau.

Enfin, après dès djoûs èt dès nûts d’ angouche, èlle a r’vu l’ payis dès tchènes èt dès bôlîs. Li nîve s’ a mîs à tchèy. Pa ène nût plène di stwèles, di bîje èt d’ djaléye, èlle a r’vu s’ clotchî. Dins toutes lès parwèsses, lès clotches sonét. Dissus lès voyes toutes blankes qui mwin.nèt aus-èglîjes, gn-aveut dès convôyes aveu dès lantiènes èt dès lumerotes. Èt on-atindeut tchantè lès p’tits-èfants èt leûs parints, èt min.me lès vîyès djins.

 

Aveu s’ kèdje d’ ous d’ Pauke, li d’zârteûse rintreut au payis tout jusse li nût d’ Noyé.

Gn-aveut qui l’ clotchî d’ Clotchârdène qui n’ soneut nén. Dins l’ èglîje, luméye seûlemint pa dès fayéyès tchandèles, on n’ atindeut nén tchantè. Dissus lès voyes, on-aureut pu comptè lès lantiènes rén qu’ su lès deuts d’ ène seule mwin. Èt l’ Èfant Jésus, tout seû dins si staule aveu sès pôves parints, triyaneut dins sès lokes.

Dou côp, Mardjo a rouvyi si scrandichûre, toutes sès miséres èt sès pwin.nes. Èlle a sèmè dins I’ nîve, divant lès-uchs dès maujons, dissus lès pîsintes èt min.me dissus lès grandès voyes toute si kèdje di suke èt chocolat… Èt la-d’ssus, toute lidjêre, èlle a r’brokè dins s’ clotchî… Dè l’ min.me anondéye, èlle s’ a mîs à sonè… come èlle ni l’ aveut jamais faît.

Ô Bone Notrè Dame ! Ô Mèlkiyôr ! Ô Baltazâr ! Quéne émôcion èt qué boneûr !… Tèrtous achone, lès-uchs si drouvét èt lès djins sôrtét. Lès pus vîs brèyét à tchôdès larmes en r’conichant l’ tchanson dès batèmes èt dès-acôrdayes. Dès-ôtes si rapèlét leûs deuys. Lès p’tits-èfants spitét d’ leûs lits… à pîds d’tchaus, en rôbe di nwît èt min.me à pans volants, î courét dins l’ nîve. Il î r’léjeut dès bias-ous di toutes lès couleûrs, nowés dins dès rubans… Is n’ avét nén freud, pace qui leû fwè asteut r’vènûwe èt lès r’tchaufeut. Leûs parints, zèls, binaujes au d’là, riwaîtét toudi l’ clotchî sins dîre in mot… Is choûtét l’ clotche qui ratrapeut tout l’ timps pièrdu.

In côp finîye li rècolte dou mirake, on s’ a dispêtchi d’ s’ alè abiyi pou couri à l’ èglîje. Lès vitraus fèyét l’ min.me èfèt qui si l’ solia asteut diskindu dins l’ nèf.

Sèrès autoû dè l’ crèche dou p’tit Jésus, tous lès-èfants s’ ont mîs à tchantè èt leûs parints èt leûs grand-parints, tèrtous.

Èt pou fini, l’ vî curè, tout triyanant, s’ a toûrnè dou costè d’ sès djins pou l’zeû fè in bia prétchemint.

Maîs lès mots si stran.nét dins s’ gôdje, èt il a dit, tout simplèmint :

—    Mès-èfants… Mès p’tits… I n’ faut pus jamaîs doutè… Pus jamaîs !

 

 

(1)   à s’ quolibèt’, à sa fantaisie. (2) fè s’ nikèt, faire sa méridienne.

 

Dominique France, in : EB, 80, 1956

CLOKES

 

Cite anéye-la, Pauke avèt tcheû tot timpe : li preumî d’ avri ; ossi, saquants djoûs d’vant, totes lès clokes di Walonîye èt d’ ôte paut, s’ aprèstén’ po 1′ grand voyadje à Rome. Et dji m’ richure, èt dji t’ rabistoke, èt dji t’ fé r’lûre, tot 1′ monde s’ aprèstèt dins lès clotchîs. Mins dins in tot ptit viladje, dès céns qu’ èstén’ bén embêtés, c’ èstèt papa èt moman Cloke; is-avén’ ieû po leû bounan, ène bèle pitite fîye Cloke, is-î tén’ come à 1′ purnèle di leûs ouys, èt is s’ dimandén’ si èle supwateréve bén in parèy voyadje ; pinsez, vos, si djon.ne, èt voler t’avau lès nûléyes, vèyoz qu’ is rèscontèrenut èn-oradje, qwè fé avou èn-èfant su lès éles ? Mins li p’tite sonèt si bén mau, di pwin.ne, à l’ idéye di d’meurer tote seûle, qu’ is dècidenut dè l’ prinde avou zèls, arive çu qui pourè. On lî fét dès r’comandâcions : « Dimeuréz bén ètur nos deûs, si vos-èstoz naujîye, dijoz-le; n’ aloz nén trop rade èt surtout, fuchîz bén sâdje, oudoûbin vos n’ véroz pus ! — Oyi, man, dji vos l’ promèt ».

Li djoû do blanc djudi arivé, volà li p’tite famile è l’ ér po Rome; c’ èst qu’ i s’ faut dispétchî, gn-a tant dès-ôtes èt èn-acsidint èst si rade là, pacôps. Au comincemint, li ptite ni crankîye nén d’ ène éle, èle chût s’ pa èt s’ man come ène bin-in.méye qu’ èlel èst, mins on n’ ètind dès-èsclamures : « Qu’ i faît bia, man ! Quén bèle musike, d’èwou-ce qui ça d’vént, pa ? — C’ èst lès-andjes qui tchantenut au là-wôt ». Quand is passenut d’zeû l’ Swisse, èle n’ è r’vént nén di vôy ostant d’ biatés au côp : « Man, wéz quèn bèle eûwe, come èlle èst bleuwe, diskindans ène miète, po vôy pus près, ô! s’ i vos plét ? — Non.na, nos n’ avans nén 1′ timps, i faut ièsse au viladje po sèmedi, savoz, sinon, qwè-ce qui lès p’tits-èfants dîront di n’ pont awè d’ oûs dins leûs potelés? — Mins li p’tite glawène a s’-t-idéye : « Dj’ îrè vôy en r’passant ».

À Rome, nos clokes si kèdjenut come dès baudèts, pwis lès v’là r’mètus en route avou ène famile do viladje vijén do leûr. Come li p’tite a stî sâdje en v’nant, on n’ fét pus si atincion à lèye èt arivéye dizeû in grand lak, là noste arsouye qui fout l’ camp. Su l’ momint, on n’ a rén rmârké, mins ène miète pus lon, li pére arète tot pièrdu : « Dji n’ ètind pus li ptite soner ! » On crîye après, on cache, on r’toûne lès nûléyes, rén à fé, pont d’ cloke à r’trover. V’là lès parints ralès tot s’ engueû­lant : « C’ èst d’ vosse faute, vos n’ avoz nén dandjî dè l’ tant gâter ! — Èt vos, qu’ èle sone come èle vout, c’èst todi bén fét, min.me s’ èle triboule à batème po in mwârt! — Va-z-è vôy asteûre où-ce qu’ èlle èst ! »

Où-ce qu’ èlle èst? Èlle a d’chindu vôy li bèle eûwe qu’ èstèt si bleuwe, mins en v’lant r’monter, èlle a aroké in vî léd oradje qui mûsenèt pâr la, èlle a ieû bau supliyî qu’ i s’ djoke, qu’ i n’ bouche nén si fwârt, il a r’doublé 1′ moudrèle, rén qu’ po l’ fé awè peû.

 

Eûreûsemint por lèye, l’ Andje Ga­briyèl qu’ èstèt d’ toûrnéye dins ç’t-amia-là, l’ a ratrapé à l’ vole èt l’ a achid su ène bèle nûléye, bén tiène, èt tote rôse; pwis, quand èlle a stî ène miète rapaupîye, èle l’ a rèvoyî à s’ viladje, a tch’vau su in bia p’tit rèyon d’ solia. Mins po 1′ pûni, il avèt candji totes sès clokes en gouvions. Èt c’ èst come ça qui l’ djoû d’ Pauke, lès gamins, come lès fèyes, ont trouvé dins 1′ djardén, chake, in bia ptit pèchon en chocolat ! Pèchon d’ avri !

 

in : EB, 44, 1953

Baron d’ Fleûru (Henri Pétrez)

Clokes di Rome

 

Folklore

 

« Lès  clokes di Rome sont-st-èvôye à Rome.

Èles rivéront sèmedi matin ! »

Deûs pâr deûs, come dès-omes,

Vos wèyoz, pa tous timps,

Lès crin.neûs  li  long dè l’  pavéye,

Qu’ è vont, fiérs,  en colones  sèréyes,

Crin.nète en mwin

Tchantant li r’frin :

« Lès clokes di Rome sont-st-èvôye à Rome.

Èles rivéront sèmedi matin ! »

Lès chèfs,  mésse crin.neûs  qu’on  lès  lome,

Avou su leû tièsse in bobo d’ lancier

Rotenut su 1′ costé  come  dès-oficiers.

Is-ont dins leû pougn, in baston, ène bwache

Qu’ is-ossenut dins l’ ér en tchantant sins r’lache:

« C’ èst  d’mwin  qu’ on lève lès-oûs

À l’ since di Maurtinroû ! » «

Marîye èt Marguèrite ont stî lèver lès-oûs

Dins l’ ruwale Brascoûp ! »

Pou-z-animer lès p’tits,  on lieû fét dès promèsses :

Èn-oû pou lès céns qui tchantenut li d’pus,

Pou 1′ cén qui n’ dit rén, èn-oû d’ rabatu;

Alôrs’ is tchantenut

Sins djoke, à tûwe-tièsse :

«  Crin.né,  crin.né, au  sèrvice Djeû

C’ èst li d’vwèr des crin.neûs.  »

Mins là l’ mésse qui crîye tout en fiant dès djèsses,

Bén seûr is vont ièsse atakés

Pauzès crin.neûs d’ ène reuwe vwèsine.

Lès p’tits s’ ont mètu su 1′ costé

Èt l’  bataye  comince.  Pine…   Pène…   Pine…

À côps d’  bastons,

Avou leûs pougns,

A côps d’ burtons

On s’ racabougne;

Gn-a dès céns qui bréyenut pace qu’ is-ont des boûrsias,

Dès-ôtes pètenut èvôye peû d’ frèchi leû pania.

Mins là lès parints qui s’ mètenut d’ l’ afaîre,

Èt non di skètwêre,

Saquants bons pètârds, tout-èst rapaujî.

Lès bindes sont r’fôrméyes, lès rangs rarindjîs:

«   Gn-a pont d’  si grande misère

Què la guêre; què la guêre,

Gn-a pont d’ si grande misére

Qu’  la guère au réjiment

Plan, plan, plan.  »

Bréyenut lès batus, l’ orâye rabateuwe,

Du timps qu’ lès gangnants, fiéremint dins leû reuwe,

Tchantenut sins s’ lassî

A tout spiyî :

« Marchons sans bruit, is-ont stî racassîs (Bis)

Halte-là ! on n’ passe pas (Bis)

Timps qui l’ reuwe Delvaux est là ! »   (Bis)

Dins 1′ reuwe d’ à costé

On  l’s-ètind tchanter :

I gn-a rén d’ si comike

Qu’ ène feume,  qu’ ène feume,

I gn-a rén d’ si comike

Qu’ ène feume en-élastike, tike, tike ! »

Ene miyète pus lon,

C’ è-st-ène ôte tchanson :

« À douze eûres dj’ ajoute, à sèt’ eûres au Stabat,

À  quatre eûres au pwin sètchi, Marîy Soyète

Fijine madjète.  »

Après  tout  ça,

Quand arive li sèmedi, qui  lès clokes sont ruveneuwes,

On wèt lès mésses crin.neûs, pa-t’t-avau toutes lès reuwes

Ènn’ aler d’ uch à uch, ci bouchî, là soner,

Riçuvwèr,  tout bunauje, çu qu’ on  vout  lieû doner ;

Yink ou deûs-oûs cûts deurs, in d’mi franc, ène mastoke,

Tout ça dèpend dès djins. I gn-a min.me, pou leûs clokes

Qui sins pus d’ embaras, lieû clapenut l’ uch au nez.

Quand l’ toûrnéye èst finîye,

On fét l’ pârtadje dès béns.

Mins c’ èst là come dins 1′ vîye

L’  cén qu’ prind prèmî, prind bén ;

Ossi vos wèyoz  lès mésses

È raler  bén  kèrtchîs

Timps qu’ lès ptits, disbautchîs,

S’ partadjenut l’ fond dè 1′ késse…

Dins 1′ djârdén, mès-èfants

Zèls oussi sont-st-à l’ fièsse

Riyant, tchantant, sautelant, criyant,

Is ont l’ ér d’ awè pièrdu 1′ tièsse,

Timps qu’ lès clokes di  l’èglîje sonenut

A r’lâye lès clokes di Rome tchéyenut…

Mins v’là qui tout d’ in côp, dji wè mi p’tite dérène

Lès brès tindus au ciél, qui ratind sins boudjî.

—  «  Qwè fions là, mi ptit tchèt ? —  I gn-aurè quékefîye iène

Qui tchérè dins mès mwins ! — I n’ faut nén-z-î sondjî.

—  Èt pouqwè nén d’abôrd » di-st-èle, moustrant toute fiére

Li  drénguèle qu’ in mouchon a l’yî tchér en passant.

Dji  lyi rèspond, riyant :

« C’ èst dè 1′ crin.me, du fondant. »

Mins l’ èfant wèyant qwè,  mi rèspond, près’ à brére :

Ça fét qu’ insi  papa, i gn-a dès-oûs poûris

Dins 1′ paradis ?  »

 

J. Soupart (Tchèslinia / Châtelineau), in: EB, 365, 1984

 

Lès pauscâdjes

 

(…) Djè lès wè co lès bias pauscâdjes

Qui nos dalîs cachî, li sèmedi

D’ Pauke, dins lès fouyâdjes

Di nos djârdins, di nos pachis.

 

Nos n’ pouvîs nén, à l’ uch sôrti

Avant d’ ètinde tchanter lès clokes

Mis l’ prèmî son wôrs du clotchî

Nos fieut couru bèrlike bèrloke.

 

Dès-oûs, nos-èstîs à l’ cache,

Qu’ lès clokes di Rome avît lachî;

Dins lès bouchons, lès flepurs, sins r’lache,

Nos skeûjîs min.me lès gurzèlîs.

 

Nos dè wèyîs d’ toutes lès couleûrs,

Dès-oûs cûts dur, dès bleûs, dès roudjes,

Dès chôcolats avou dès fleûrs,

Dès p’tits tchènas pindus aus couches.

 

Nos-èstîs là à bauyî d’ auje,

A r’wétî, à compter nos-oûs;

Lès pus goulus èstît binaujes

Pou lès mindjî tous su l’ min.me djoû.

 

(…)

 

J. Soupart, Souvenîr di djônèsse, in: EB, 282, 1976

 

Mès Pauscâdjes (1)

 

Vos souvént’-i mes bons amis

Des pus bias djoûs di vo djônèsse ?

Pour mi, i m’chène qui dj’wè toudis

Les saquants djoûs qu’dj’èsteûs à l’fièsse.

Dji les wès co les bias pauscâdjes

Qui nos d’alîs cachî, li sèm’di d’Pauques,

 dins les fouyâdjes

Di nos djardins, di nos pachis.

Nos n’pouvîs né, à l’uche sorti

Avant d’ètinde tchanter les cloques

Mins l’premî son wôr du clotchî

Nos  f’yeût couru bèrlique,  bèrloque.

Dès’ oûs nos èstîs à l’cache,

Qu’les cloques di Rome avis lachî ;

Dins les  bouchons,  les fleurs,  sins r’iache,

Nos skeûjîs min-me lès gurzèlîs.

Nos de wéyîs d’toutes les couleurs,

Dès oûs durs, des bleus, des routches,

Des chocolats avou des fleurs,

Des p’tits tchènas pindus aux couches.

Nos èstîs là, a bauyî d’auje,

A r’wétî, à compter nos oûs ;

Les pus goulus èstîs binaujes

Pou les mindjîs tous su l’niin-me djoû.

Pitits èfants di no payis,
Vos n’avè pus vos bias pauscâdjes.
Vos nos wèyè tout disbautchîs,
C’est l’dcrin cô, euchè   courâdje. (2)

 

1)   Pauscâdjes = œufs de Pâques.

2)   Dernière fête de Pâques de la guerre 40-45.

 

Louis Marcelle (Coûrcèle / Courcelles), in : MA, 5, 2005, p.23-24

Quand èles-èrvènenèt d’ Rome

 

A lÈs clokes qui r’vènenèt d’ Rome in tout clikotant, in tout bèrlondjant.

Èrvènenèt-èles, su lès voyes dè Rome, d’ awo tant vu, tant ètindu, d’ awo ètou télemint sintu, èrvènenèt-èles avè ‘ne nwôre loke àleûs bias grands pènas stindus?

Arin’-t-èles vu, su lès voyes à tchôd vint, su lès voyes à bia vint, lès bias coulons mayetès du vî copin Milot, moûrt en tindant après?

Arin’-t-èles intindu trompèter lès-auwes?

Ça vole si bén, ça crîye si foûrt, ça tchante si mau, lès-auwes d’ èm’ coumarâde Maurice, qui lès-avoût pièrdu èt qu’ èst moûrt en brèyant après?

À lès clokes qui r’vènenèt d’ Rome, seûr, c’ èst su vo voye, n’ avèz nén sintu lès bounès-érs, dins 1′ grand cièl bleû, lès bounès-érs d’ Italîye què m’-n-amis’ Frèdo, èl vî fossetî Frèdo, è-st-èdalè en s’ agripiant après?

Asteûre, lès clokes qui r’vènenèt d’ Rome in tout clikotant, in tout bèrlondjant, in tout ridondelant, foutez 1′ nwôre loke èvoye, fèyèz fièsse au bon temps qui r’vént, qui fét tchanter d’ amoûr lès mouchons dins lès-ayes, qui fét r’glati d’ pléji lès minous su lès saus, qui djète dè l’ oûr dins lès fwôdès-eûyes dè l’ iviêr.

 

Asteûre, lès clokes, fèyèz rîre lès-èfants, fèyèz l’zè s’ ècouri come dès p’tits vias, sè skeûre à trimouyas, ès’ ramonceler à monchas vèrkinants dins lès grands pachîs à pichoulits cafleuris.

Lès clokes, lès clokes à grands pènas stindus, èrvènèz avè dè l’ vîye pou l’s-èfants, lès p’tits èt lès grands, lès nwôrs èt lès blancs, avè du bouneûr èt dè l’ vîye, dè l’ vîye qui wèspîye, dè l’ vîye qui r’glatit, pou toute leû vikérîye à v’ni.

 

Lucia Randour (Èl Louviére / La Louvière), in : MA, 3, 1997

Clokes dè Rome

 

Dju vîn dè m’ rinvèyî, m’ chambe tout-insolèyéye

ça n’ arîve nîn souvint què l’ cièl fuche si djoli

‘yèt lès clokes dè l’ èglîje sonetèt à toute voléye

pou no dîre : “nos-astons èrvènûyes au payis”.

 

Dji mè r’mèt à pinser au bon temps dè m’-n-infance

Quand à Pâke, vènant d’ Rome, lès clokes s’ in vont canter,

dèspû èl mâke vèrdi ç’ astoût èl grand silence

lès scalèts, cès djoûs-là, d’vinetèt lès rimplacer.

 

Sans bronchî, dins l’ cwisine, m’ seûr èyèt mi, d’vins l’ cwin,

on s’ dèmandoût si l’ cloke daloût bîn rade souner

ç’ ît l’ signal pou povwâr s’ incouri au gardin

vîr s’ il-avoût dès clokes èyèt l’zès ramasser.

 

Dès-us durs, verts, bruns, roudjes, gaunes, violèts ou bîn bleûs,

dès-oranjes, dès-us d’ suke, come on-astoût eûreûs.

Inocince dè l’ djon.nèsse, ayu-ce què vos-astèz ?

Dju vos r’ssin dèvins m’ keûr tout come au temps passè.

 

Il avoût là dès clokes, dins l’ pouliu, dins lès brèles

pacoûps min.me su lès couches, lès brankes dès p’tits pronîs

padrî ‘ne choke, dins lès fleûrs, lès foyas, lès surèles,

faloût pa tous costès daler lès dèsnichîs.

 

M’ papa èyèt m’ mouman avinetèt du plési

nos vèyant farfouyî cachant dins tous lès cwins.

Quand-on d’in trouvoût ieune, on d’zoût au cièl mèrci,

contints qu’ ça n’ ît nîn keû dins l’ gardin du visin.

 

Cès coustumes-là sont mètenant ène bèkéye dèspasséyes

lès-èfants d’ audjordû ‘ne cwatetèt pus à tout ça.

Dè no vîye c’ ît pourtant lès pus bèlès-anéyes :

nos n’ avin’ nîn d’ soucis, nîn d’ chagrin, nîn d’ tracas.

 

Simone d’ èl Goulète (Olwè / Olloy-sur-Viroin), in : CW 4, 1978, p.50

 

Pauke à no pachi

 

L’ solia d’ avri a ravèrdi

Lè vèrt wazon dè no pachi,

‘Nè fèjant l’ pus bia dès tapis.

 

Aveu dès marguèrites tout dru ;

Bôrdé d’ nwârès spènes qui pikenut,

Aveu dès mouchons tant-èt pus.

 

Èt, dèlé l’ baye, si bén flori

Qu’ on-a plaîjî à lè r’waîti

Lè joli-bwès…

 

Choû lès clotches soner su l’ vilâdje

C’ èst Pauke,… Abîye, va quê t’ pauscâdje

À no pachi…

Si bén flori.

 

Simone dè l’ Goulète

 

Pauke à no pachis

 

Li mwès d’ avri a ravèrdi

Li vèrt wazon dè no pachis

È fèyant l’ pus bia dès tapis.

Tout picoté d‘ pâkèrètes

qu’ont mètu leûs nouvès twèlètes

aveu dès blankès colorètes.

Wètéz lès bêles brâyes-dè-tchèt

Toutes floriyes dèlé l’ joli-bwès

Aveu dès violètes qui s’ catchèt.

Mais choûtèz don l‘ grand dalâdje

qui fiyèt lès clotches su no vilâdje

Pauke lès ramwin.ne  dè leû wèyâdje

Èt su l‘ wazon come dès fleûrs,

gn-a dès-oûs di toutes lès couleûrs

qui vont fé mès p’tits, vo boneûr !

 

Cèrfontène (Cerfontaine) - Arthur Balle, Clokes dè Romes (Cloches de Rome)

(in: Poésies en dialecte de Cerfontaine, éd. Vie Wallonne, 1939)

 

3.5.2 li Picardîye / la Picardie (co rin trové / encore rien trouvé)

 

3.5.3 Li cente-walon / Le centre-wallon

A. Henin

 

Li mèsse di Pauke

 

… D’on plin côp, dji n’ se nin qwè, mi : gn-a tôt qui ramechîye dins l’èglîje. Li curé si va moussi tôt blanc. Nos-ôtes, lès sièrvants, on vore tos costès po-z-alumer lès lampes, lès cièrjes et lès tchandèyes. Lès djins s’lèvèt en r’tournant leûs tchèrîyes. Au docsâl, i s’rawièt ossi. Lès-orgues tût’lèt on côp ou deûs pp saye.

Et quand l’curé a tenante « Gloria » c’est tote li musique qui roufule à 1′ valéye. Li grosse vwès da Djôsèf Pauquèt qu’on n’a pus oyu dis-pôy lès djoûs, rèspond pp tôt 1′ monde. Lès coméres ossi. Eles kwinkièt corne èle p’ièt po s’ fè ètinde. Nos-ôtes, on dâre su lès clotchètes et lès sonètes, et lès fè drom’tinè di tos ses pus fwârt. Corne si on-z-èstot dislachis.

Quand on s’arète, gn-a corne one lumière qui tume dins l’èglîje. Lès djins sorièt corne s’il èstint chapes. A l’uch, c’est l’drigléye dès gros­ses clotches qui s’kichoyèt ; qui n’ si téjèt pus. Là lès cèles di Steigne, di Bèlvaux, d’Eprâve qui r’passèt ossi. Lès p’tits-èfants bauket pa lès finièsses po l’s-avisè. Tot-a l’eûre, quand messe sèrè faîte, dji courrans avou zèls rascoude aux-ous.

On grand côp d’aîr pète su l’viyadje corne on côp di scorîye. Li bé noû sole d’ Pauque fait tenante lès teuts, lès rouwales et lès dérins potes.

C’è-st-adon qu’ djaî compris : « Rèssussitè », çu qu’ ça vout dire !

 

Alexandre Bodart, in: VA, 21/03/1967

 

Pauke

 

Est-ce di bon qu’I n’est pus sus 1′ Crwès,

Qu’I n’ soûwe pus si song gote à gote

Et qu’il a ridivenu Bon Die ?

Qui nos-avans r’trouvé ses rotes ?…

Méye-naît ! Do disdu o clotchi

Et pont d’ clareté dins les finièsses,

Person-ne d’à mutan abyi…

Li maurli aurait pièrdu 1′ tièsse !…

C’est Paûque, dist-on avau lès d.jins :

Ci n’est pus V tinips dès vyiès eûres.

On n’a pus qu’ fer do l’d.mbe di strin :

On chochenéye divant qu’ça n” fuche meûr !

 

Et pupont d’ djôye dins lès cortis,

Di rodje sicaugne li long do l’aye !…

Lès clotches d’asteûr, comint s’ fait-i

Qu’èles passenut pas lès p’titès crayes ?…

 

Eles sont londjin-nes à soude, lès fleurs !

Do 1′ chije. totes lès coleùrs sont swasses

Et pus, flori po que bouneûr ?

L’anéti ? On’ aveûle qui passe !

Sus s’soû. li vi djin n’sait pus qwè !

Ni sèreu-ce nin po one riséye ?

Si rabyi d’ noû… qu’i fait spais !

C’est do djoû qu’on r’ blanqui 1′ bouwéye !

 

Lès-auriz r’vèyu. lès deûs m’vés

Disbautchis rapôrt à leû Messe

Qui lès ratindeûve, po soper.

Dins 1′ cassine esconte do mèlésse ?…

 

 

Andrée Flesch (Pèrwé / Perwez), in : Lë Sauvèrdia, 285, 2011

 

Pauke èst taurdë

 

Pauke èst taurdë, may èl cotchèsse*.

L’ ëch èst d’djà drouvië au bon timps.

Avrë, avou mëlès promèsses,

Staure lès coleûrs dë sès deûs mwins.

 

Lë tène* solia, dins lès grands tchin.nes,

Faît dès clëgnètes à nosse bouli*,

Èt l’ sauvèrdia tchipèle sès pwin.nes,

Là, dëssës l’ coche d’ on vî pomi.

 

Lë vîye, lèye, èle rëprind todë,

Tant pis së Pauke, lë èst taurdë !

 

Tot ravèrdët èt l’ mouchon tchante,

On dirot qu’ lès djins ravëkenët.

Qui-ce quë l’zi done l’ ëmeûr plaîjante ?

Sèrot-ë Pauke, èstant taurdë ?

 

 

cotchèssi, pourchasser, harceler

tène, léger

bouli, bouleau

 

Jean Flesch (Pèrwé / Perwez), in : Lë Sauv., 264, 2009

 

Pauke

 

Qu’ avoz don fait, pôve vi bon Dië,

Po-z-oyë sti clawé së 1′ crwès ?

Ariz sti fé dè l’ polëtëke ?…

I n-a pës qu’ avou ça qu’ on vëke.

 

Ou bén n’ èst-ce nén d’ oyë sayi

Dë dîre lë vraî, dë v’lë r’drèssi

Lès faus Pëlâtes* èt lès mau fiants* ?

D’ oyë ië lë keûr d’on-èfant ?

 

Djë sé ç’ quë c’ èst quë v’s-a clawé :

C’ èst p’tète quë vos n’ voliz quë 1′ Bén ?

I n’ faut pës ça, l’ eûre d’ audjourdë.

Faut ièsse minteûr, c’ èst më qu’ vos 1′ dët.

 

Quand djë vos r’waîte, tot mèsbrëdji*,

Dès claus dins vos mwins, dins vos pids…

Dë ç’ timps-là, n-avot dès canâyes.

S’ on pourot lès mète à 1′ mërâye !

 

L’zi trawer 1′ pia po ç’ qu’ ës v’s-ont fait !

–    Qu’ è d’joz ? N’ faut nén fé ça…

Bén vraë! Faut veûy volti ! …

C’ èst ça qu’ vos d’joz

Faut rabate* ça … èt rovi tot ?…

 

 

faus Pëlate, hypocrite , traître

mau fiant, méchant, malfaisant

mèsbrëdji, amocher    

rabate, supprimer

 

(auteûr ?)

Formules po dès sovenîrs di Pauke

 

Li djoû di m’ preumêre comunion,

Dji vos d’mande, Jésus qu’ èst si bon   

Di garanti tote mi famile                     

Fuche-t-i do viladje ou d’ à l’ vile

 

Ripurdant l’ sèrimint da m’ pârin èt m’ mârine,

Doûs Jésus, dji vos-acêrtine,

Vêci d’vant vos, au pîd d’ l’ auté

Qui dj’ vos sièvrè sins lanturner.

 

O, doûs Jésus, vos qui sét totes lès langues

È walon dj’ vos promèt, sins manke,

Di vos d’mèrer fidéle.

Bènichoz mès parints,

Tos mès soçons èt mès vijins !

 

Guy Brener, Li grand Jène, p.113-115, in : CW 7-8/2001

 

(…) ç’ qu’ is vèyin.n’ voltî èto, c’èsteûve lès saquants djoûs d’après Pauke… Is rotin.n aus-uchs èt fé l’ distribucion dè l’ bènite êwe aus brâvès djins què lès atindin.n. Il èstin.n todi bin r’çûs, min.me pa lès cias qui n’ alin.n jamaîs à mèsse : one bouboune vêci, on franc ou deûs vêlà èt au coron dè l’ djoûrnéye, on fieûve paurts di fréres avou ç’ qui d’meureûve do «magot».

Ci djoû-là, Gène s’ aveûve lèvé tot timpe au matin èt-z-apontyî sès-afaîres : one pitite musète di twèle, saquants mitches di gris pwin po mougnî su l’ côp d’ doze eûres, on p’tit bidon d’ cafeu èt deûs, trwès bokèts d’ suke qui s’ maman aveûve plu trover au botike. Is s’ rachonin.n à zèls quate à l’èglîje èwou ç’ qui l’ curé lès ratindeûve èt tot l’ monde èsteûve à l’ eûre, vormint !

 

Come tos l’s-ans, Monsieû Blandî aveûve sôrti li p’tite tchèrète èt-z-î mète deûs sayas rimplis d’ bènite êwe èt quate quèwèts po l’ wîdî dins lès djusses dès parotchins.

I c’mincin.n todi pa l’ place do viladje èt fé quate maujones au côp, chakin l’ sène. Au pus sovint, il avin.n one miète peû… Nè l’s-aleûve-t-on nin r’baurer èt lès brûtyî ? Saquants places pus lon, i vèyin.n bin qwè . Lès-afaîres sèrin.n co bones cite anéye-là.

“Bondjoû, Madame Grolèt, c’ èst po l’ bènite êwe…”

“Oyi m’ fi, dji vos ratindeûve… Wîdoz l’ là, tènoz, dins m’ pêlon… Tot-à l’eûre, djè l’ mètrè dins m’ botèye !”

Jène sayeûve di n’ rin spaude à l’ têre èt n’è nin piède one gote…

“Volà, po vosse pwin.ne… N’ auroz qu’ à vos payî dès caramèls avou…” èt l’ brâve feume lî stitcheûve one pîce didins si p’tite mwin qu’ i r’ssèreûve raddimint.

“Vos froz mès complumints à vosse papa èt à vosse maman, don ! Is vont todi bin, oyi ?”

“Oyi, Madame Grolèt… Mèrci, Madame Grolèt… À r’veûy, Madame Grolèt…”

“À r’veûy, Jène, èt à l’anéye qui vint… èt surtout, boutoz bin è scole savoz, m’ fi…”

Maîs Jène n’ ètindeûve pus rin ; c’ èst qu’ il èsteûve prèssé èt qu’i boucheûve dèdjà à on-ôte uch.

One pîce di cink francs qu’ èle lî aveûve doné, Madame Grolèt, li pus gros côp dè l’ matinéye…

 

Durnal - Anatole Marchal, Lès clotches èvoléyes (Les cloches envolées)

(in: Le Guetteur Wallon, 159, 1936)

(in: Maurice Vandeweyer, Histoires de Sambre et Meuse, éd. Racines, s.d.)

 

3.5.4 L’ ès’-walon/ L’est-wallon

Elgé

 

Pâke o l’ Frantchevèye duvant 1940

 

O l’ Frantchevèye, qwand dj’ èsteû gamin

Pâke mu rapèle quékes bês moumints.

Lès clokes èstint rèvôyes so Rome

Èt nos-ôtes, c’ èsteut on pô come

Si on lès voléve remplacer.

Nos-alins en ban.ne claboter (1)

Lu samin.ne sinte avâ l’ viyèdje,

Nos deûs plantchètes minant d’ l’ arèdje

Qwand qu’ on lès makéve one conte l’ ôte.

C’ è-st-insi qu’ on sûhéve lu môde.

 

Lu sèmedi d’ Pâke, lès clokes rumenint

Timps du l’ grand mèsse quu nos sièrvins

Èt qu’ on tchantéve lu Gloria.

On sierveû, à ci moumint là,

Aléve sètcher podrî l’ âté

À one cwède po lès fé soner

Èt anoncer l’ résurècsion.

Nos-ôtes, gamins, nos-avins bon

Après l’ grand mèsse du rècouri,

D’ aler qwèri après dès nids

Ci qu’ nos parints avint catché

Dès-oûs qu’ avint stou rapwèrté

Par lès clokes, nos-aveût-on dit,

Qu’ èstint colorés ou vièrnis.

 

Duvant l’ èglihe, sèmedi à l’ nut’,

On f’séve on feû avou come but’

Tchâfer dès clâs po, sins èhale (2),

Lès-èfagner o cièrje pascal

So l’ foûme d’ one creûs, par tradicion

Markant d’ on côp l’ résurècsion

Pâke dumonéve on tot grand djoûr

Lès vîs alint fé leû bondjoûr (3)

Lès djônès djins è profitant

Po strimer (4) dès novês moussemints.

 

(1) claboter: tambouriner

(2) èhale: embarras

(3) fé s’ bondjoûr: communier

(4) s(u)trimer: étrenner

 

Georges Meurisse (Èrèzé / Erezée)

 

Pâke

 

Li tère s’ a dispièrté doûcemint

Li sève a courou d’vins lès cohes ;

On-z-a vèyou voler dès sohes ;

Li solo tchâfe : vo-r’ci 1′ prétimps.

 

Lès clotches ont soné bon-z-èt reûd

Po-z-anoncer, di tote leû fwèce,

Qu’ avou Pâke, c’ èst tos costés fièsse

Et qu’ on roûvèye li mâvâ freûd.

 

On s’ a porminé d’vins lès tchamps

Po-z-î planter 1′ bènèye pâke

Èt si 1′ Bon Dju fêt-st-on mirâke

Èle ridjèterè come dès-ahans.

 

Lès-èfants, avâ 1′ monde ètîr

Come on tropê d’ bikèts qu’ on d’lahe

Qwèrèt, fîvreûs, d’vins tote lès nahes

Dès-oûs coûts dors, toûrnés d’ â cîr.

 

Is ‘nnè rimplihèt leû tchèna

Tot mèhenant dizos chake bohèye.

À l’ fine bètchète d’ one djon.ne mèlêye,

On-ouhê tchante : « Alélouya ! »

 

in : Maurice Piron, Anthologie de la littérature wallonne, éd. Pierre Mardaga, 1979

 

LEON WARNANT

 

Påke

 

È l’ blanke loumîre dè clér di leune,

li toûr di l’ èglîse a mètou s’ clokîy so l’ costé,

4  come li blanke calote d’ on mônîy.

 

Èt n-a tot 1′ rèsse dè batimint

qu’ pind’ so sès rins

come on sètch di brikes èt d’ mwèrtî

8  bouré d’ pètchîs.

Lès confèchonåls qu’ont craké

ont laché l’ flouhe di leûs miséres

èt l’ Bon Diu s’a catchi d’vins ‘ne cwène

12  dè l’ såcristîye.

 

Moncheû 1′ Notêre èt Moncheû 1′ Comte,

Moncheû 1′ Mayeûr, Moncheû 1′ Voleûr,

èt 1′ Bankîy qui prind’ sès vacances

16  fèt bombance.

Il ont l’åme lèdjîre :

‘1 ont-st-invité Moncheû l’ Curé !

 

Quand 1′ grosse ôrlodje,

20  avou si p’tite cloke qui toûne sote,

pète sès dî côps, onze, doze, traze côps,

pète co traze côps,

24  li vî mônîy qui sowe à gotes

èt qu’ f’rè sès påke on djoû ou l’ôte

tape on riya… Pwis djeure tot hôt

28 pace qu’è sètch qu’i hine djus d’ sès rins,

n-a l’ grin qu’est fèrou è mohètes.

 

PAQUES

4. mounîy, meunier. 9. … qui ont éclaté.

14. mayeûr, maire, bourgmestre. — 15. banquîy, banquier.

20. … qui tourne folle, c.-à-d. qui est déréglée. — 21. pète, fait retentir. — 25. La tradition veut que le meunier soit le dernier à remplir son devoir pascal (je ses påkes). — 6. riya, rire (subst). — 28-29. … dans le sac qu’il jette bas de son dos, / il y a le blé qui est frappé en mouchettes, c.-à-d. infesté de charançons.

 

 

Jeannine Lemaître, in : La Wallonne, 2, 2009, p.3

 

Påke

 

Abèye ! Abèye ! N’ pièrdans nou timps,

lès clokes ont v’nou è nosse djârdin !

Qwèrans lès-oûs qu’ èles ont hinés,

riloukans bin po ‘lzès trover !

Vochal onk à carimadjôyes !

Eco in-ôte volà ! Quéle djôye !

Lès-èfants nahetèt tot-avâ

po trover lès-oûs d’ chocolat

èwalpés d’vins dès bês papîs !

Là, n-a co onk dizos l’ grusalî !

Qui c’ èst plêhant l’ djoû dès cocognes !

Loukîz ci-là, quéle drole di cogne !

Ç’ n’ èst nin in-oû, c’ è-st-ine robète !

Sûr qu’on trouverè totes lès catchètes !

Lès-èfants âront bin-n-ovré

ca 1′ corti ârè stou r’toûrné,

sins fé ‘ne ahote, di lâdje èt d’ long !

Èt leûs-oûys riluhèt d’ plésîr

tot mostrant leûs tchènas d’ wèsîre

rimplis d’ oûs, d’ robètes èt d’ poyons !

L’ djoû dès cocognes, come on-z-a bon !

 

 

L. Noiset (Héron)

 

Les clokes di Pauke

 

Les clokes, li Djudi-Sint èvont

A cavaye dissus les noulias.

Po-z-aler à Rome, nos di-st-on,

Mins, on ‘nn’ èst nin pus sûr qui ça.

 

Si les clokes si taîhèt-st-insi

N’ èst-ce nin câse di leû tristèsse?

Jésus èst mwêrt li Sint Vinrdi

Èt ci djoû-là i n-a noule mèsse.

 

Mins, binrade, èles nos r’vinront

Avou des cocognes di coleûr,

Qu’ èles laîront toumer d’vins lès fleûrs,

Po l’ grond boneûr dès p’tits-èfonts.

 

Èt c’ èst sûr leû pus bia bokèt

Qui turtotes èssonle èles djoûweront.

C’ èst totes djoyeûses qu’ on lès-ôrè.

Tchanter Pâke, li Résurècsion !

 

Payis d' Lîdje - Henri Philippet, Lès cocognes (Les oeufs de Pâques)

(in: Annonces de l’Ourthe, 3, 2016)

Bêmont (beaumont) (Stâveleû / Stavelot) - Elgé, Pâke duvant 40

(in: Elgé, One porminâde di rimes èt d’ ârimés, O viyèdje du Bêmont, s.d.)

Lîdje (Liège) / Djus d'là Moûse (Outremeuse)

(in: Pol-Henri Thomsin, Florilège, Amon nos-ôtes, Djus dlà Moûse, 2004)

Mâmedi (malmEdy) - Pâke (Pâques)

(in: Lu Vî Sprâwe, déc. 1986)

Quawe-dès-Bwès (Queue-du-Bois) - Jean Defaweux, Djoû dès Pâkes

(in: Retrouvons nosracines, éd. La Wallonne, s.d.)

 

3.5.5 Li sûd-walon / Le sud-wallon

Lu Skiran (litt. l’écureuil)

 

Lès-ieus du Pâke

 

Longtimps dj’ â ratindu après lès clotches, plin.nes d’ ieus.

Dju n’ mu souvyin pus byin du leûs couleûrs : c’ èst Moman qui lès-avot tîdu, avu d’ la tîteure, û qui lès-avot macheurè avu d’ la tchicorée èt dès pelâtes d’ ougant.

Come dj’ astiès binâjes du nalè lès glènè ou courti, qui tout spotchè pa l’ ivêr, ruc’minçot à vikè. Toutes les tokées quu la djalée n’ avot ni trop fat soufri, sèrvièt du nid… merci !

A m’ toûr, dju vôro byin bayè dès-ieus d’ Pâke aus djens d’ aneût qui vikant maleûreûs,  û

mêrseûs.

Si lès-aveûles plièt goustè lu bé cièl bleû,

Si lès choûrds plièt atinde la sinfonîe dès-oujés, du vint,

Si lès châles plièt martchè drwèt,

Si lès-achôrès èt lès-awarès plièt s’ calmè,

Si lès monieus èt lès nichereûs avièt ène fontin.ne pou su r’nètiè,

Si lès chômeûs plièt s’ocupè,

Quand lès vîes s’rant toudi aradjès d’ vikè,

Quand lès grandiveûs dèrant bondjoû à tourtous,

Quand lès pôves arant ossi î bé atêremint

Quand lès vîreûs f’rant bon ménadje avu lès choûs qui p’lût,

Dju crwè quu cès-ieus d’ Pâke

aderant à mieu vikè.

 

3.5.6 li Gaume / la Gaume

Justin Boinet, in : Singuliers, 1, 2002, p.10

 

À Pâke

 

La feume du p’tit Nènèsse,

Pou sès Pâkes, à confèsse,

Racantout au keurèy

Tous sès péchés,

Ca à Pâke, faut tout lèssivèy.

Après, an.n-èst bin pus lèjé !

– Mon pêre, dit-èle, dj’ a bin péché,

Ca mu Nènèsse, dju l’ a trompé.

– Bin, l’ varat, qu’ i lî dit 1′ keurèy,

Çu n’ èst m’ possibe, qué âdje quu v’ éz ?

– Dj’ a sèptante-neuf ans bin soûnèy.

– Çu n’ èst m’ possibe, vous dèrayez !

– Â, non, ç’ côp-là, Mossieû 1′ keurèy,

Ça fat pus d’ quarante ans.

Mès ça fat bin du bin.

Si v’ savinz,

D’ a cauzèy du temps-en temps !

 

 

Glossaire

éz = avez (ind. prés. 2 p.pi.)

keurèy = curé

racantëy = raconter

varat = litt. ” verrat ” ; t. d’adresse populaire (mais non injurieux)

 

3.6 Ôte paut en Bèljike, … / Ailleurs en Belgique, …

Charles Dubois, Vieille choses d’Ardenne, Cercle d’Histoire et d’Archéologie de la Haute Sûre, éd. Eole, (1932) rééd. 2002

 

/Bodange, Wisembach/

(p.71)  LES ŒUFS DE PÂQUES

 

Alleluia ! Pâques ! Jour joyeux que le Seigneur nous a fait ! Venez, réjouissons-nous et sautons d’allégresse ! Alleluia ! Haec aies, quam fecit Dominus : excultemus et laetemur in ea !

Cette invite de l’Eglise à ses fidèles, les enfants l’entendent à la lettre. Tout pénétrés qu’ils sont des leçons du catéchisme et de l’histoire sainte, le grand drame de la Passion a fait sur eux une impression, si pas durable, du moins profonde, et c’est avec une émotion presque sensible qu’ils ont suivi les offices liturgiques de la Grande Semaine. Pâques apporte une relâche à cette tension, trop forte pour leurs jeunes âmes. On les convie à la joie : ils s’y donnent de tout cœur.

Le soleil — c’est un fait d’observation — si maus­sade les jours précédents, flamboie clair et gai ; les vacances font miroiter une grande semaine de congé (que d’expéditions en perspective) ; les piécettes de monnaie récoltées la veille, à la quête des crécelles, tintinabulent au fond des poches. Et puis il n’y a qu’un jour de Pâques par an… Pour s’amuser, ils ont les œufs.

Le Carême était autrefois bien plus rigoureux que de nos jours. Les œufs aussi bien que la viande, ne figuraient pas sur la table, en dehors des dimanches.

(p.72) Forcément, la provision allait s’accumulant, et pour les conserver, on prit l’habitude de les cuire. Et, lorsqu’au jour de la Résurrection, les cloches vibrantes et les «Alléluia» triomphants faisaient tomber les lourdes chaînes de la pénitence et invitaient à se réjouir, on s’empressait de faire bénir les œufs conservés, pour en manger en famille et en distribuer comme cadeaux aux voisins et aux amis. C’est là l’origine de cette déli­cieuse coutume de s’envoyer des œufs de Pâques, lointain souvenir des eulogies de la primitive Eglise.

Sous Louis XIV, raconte Saint-Simon dans ses Mémoires, un marchand de Paris eut la fantaisie de les teindre en rouge. Cette innovation eut un succès extraordinaire. De véritables pyramides d’œufs coloriés garnirent le cabinet du Roi Soleil, et chaque année, pendant près de deux siècles, au sortir de la grand’messe de Pâques, les grands du royaume offrirent au roi de France des corbeilles d’œufs dorés ou décorés par les meilleurs artistes. De la cour, l’usage se répandit jusque dans les coins les plus retirés du pays. La Révolution Française, qui jeta bas tant de bonnes choses de l’ancien régime, ne put rien contre les œufs de Pâques. A notre siècle de faux luxe était réservé le triste honneur de remplacer les naïfs œufs de couleur, que s’envoyaient nos pères, par de prétentieuses contrefaçons en chocolat et en massepain.

De mon temps, à Bodange, c’étaient encore de vrais œufs, des œufs de poule, des œufs teints et enluminés par nos mamans, que les bonnes cloches laissent tomber dans les bois du jardin, en revenant de Rome. Chose merveilleuse, lorsque nous étions sages — et nous étions toujours sages à Pâques — tous les (p.73) jardins en contenaient. Il y en avait des rouge-carmin, des rouge-écarlate, des bleus, des violets, des jaunes durcis dans du marc de café, des bruns cuits dans une décoction de pelures d’oignons, des bigarrés, décorés de stries pâles à l’huile d’olive.

Des concours de dureté s’organisaient : on entre­choquait les coques fragiles. Les œufs pointus faisaient prime : ils brisaient invariablement les bouts larges des œufs trop ronds, sauf lorsqu’on trichait… et l’on trichait souvent. Dame ! l’œuf cassé revenait de droit au gagnant ! C’étaient dix, douze, quinze œufs durs que l’on mangeait au cours de la journée. Pierre avalait les jaunes tout ronds en faisant clap ! des lèvres et de la langue ! Il y avait aussi des œufs enrubannés de brèves sentences, de prénoms, d’alléluia ; d’autres étaient illustrés de mouchetures multicolores obtenues à l’aide de papiers de teinture rapportés d’Arlon ou de Bastogne. Un de ces phénomènes valait quatre autres. On les collectionnait jalousement et lorsque, quelques semaines plus tard, on se décidait à les briser, ils n’étaient plus mangeables.

Le grand art était d’enrichir sa provision au jeu de la galoche. Les œufs sont douillettement dressés sur la pointe, en ligne horizontale, dans l’herbe d’un pré. Ils brillent au soleil, et leurs couleurs vives semblent de grosses fleurs fraîchement écloses dans la verdure printanière. Les mouchoirs sont roulés en pelote et le jeu commence. Tout œuf culbuté entraîne le gain de ceux qui le suivent et lorsqu’un coup heureux vient à abattre le chef de file, — le coq comme nous l’appelions, — c’étaient des cris, des gambades, des chamailleries à rendre jaloux les pierrots perchés sur les gouttières.

(p.74) Aujourd’hui que les œufs se vendent presque dix francs la douzaine sur le marché (1) enfants de Bodange, jouez-vous encore à la pelote dans les clos, au beau jour de Pâques ? L’amour du lucre n’a-t-il pas tué vos jeux innocents ? Je le crains.

 

(1)   Il s’agit évidemment des années d’avant-guerre.

 

(p.136)  «Il est certain que les Gitanes montrent à leurs maris un dévouement extraordinaire. Il n’y a pas de danger ni de misère qu’elles ne bravent pour les secourir en leurs nécessités. Un des noms que se donnent les Bohémiens «Rome» ou «les époux», me paraît attester le respect de la race pour l’état de mariage. En général, on peut dire que leur principale vertu est le patriotisme, si l’on peut ainsi appeler la fidélité qu’ils observent dans leurs relations avec les individus de même origine qu’eux, leur empressement à s’entraider, le secret inviolable qu’ils se gardent dans les affaires compromettantes…

» Malgré leur misère et l’espèce d’aversion qu’ils inspirent, les Bohémiens jouissent cependant d’une certaine considération parmi les gens peu éclairés, et ils en sont très vains. Ils se sentent une race supérieure pour l’intelligence et méprisent cordialement le peuple qui leur donne l’hospitalité…

» L’histoire des Bohémiens est encore un problème. On sait, à la vérité, que leurs premières bandes, fort peu nombreuses, se montrèrent dans l’est de l’Europe vers le commencement du Ve siècle ; mais on ne peut dire ni d’où ils viennent, ni pourquoi ils sont venus en Europe, et, ce qui est plus extraordinaire, on ignore comment ils se sont multipliés en peu de temps d’une façon si prodigieuse dans plusieurs contrées fort éloi­gnées les unes des autres. Les Bohémiens eux-mêmes (p.137) n’ont conservé aucune tradition sur leur origine, et si la plupart d’entre eux parlent de L’Egypte comme de leur patrie primitive, c’est qu’ils ont adopté une fable très anciennement répandue sur leur compte. La plupart des orientalistes, qui ont étudié la langue des Bohémiens, croient qu’ils sont originaires de l’Inde. En effet, il paraît qu’un grand nombre de racines et beaucoup de formes grammaticales se retrouvent dans les idiomes dérivés du sanscrit. On conçoit que, dans leurs longues pérégrinations, les Bohémiens ont adopté beaucoup de mots étrangers… en sorte qu’il serait impossible à un Bohémien de la Forêt Noire de converser avec un de ses frères de l’Andalousie bien qu’il leur suffit d’échanger quelques phrases pour reconnaître qu’ils parlent tous les deux un dialecte dérivé du même idiome. Les mots d’un usage très fréquent sont communs à tous les dialectes».

C’était toujours un gros événement quand une bande de ces nomades s’abattait sur le village. Ils arrêtaient presque toujours au même endroit, en dehors de l’agglomération, — comme si, en partant, ils laissaient un signe mystérieux pour ceux qui devaient venir après eux — leurs roulottes peinturlurées ou leurs chariots couverts d’une toile blanche. C’était à proximité d’un ruisseau, au pied d’une colline boisée, pour trouver à la fois l’eau, le combustible et la pâture de leurs maigres haridelles.

Aussitôt le feu était allumé, et, pendant que les femmes cuisaient la popote, que les hommes fainéan­taient, couchés sur l’herbe des accotements, les garçons et les filles couraient le village, en quête d’un bon coup à faire sous prétexte de vendre des volettes d’osier et des jardinières de fusain noir. Les enfants, déguenillés, mendiaient et harcelaient les passants.

(p.138) Parfois, ils entraient effrontément dans les cuisines et demandaient du lard, du tabac et des pommes de terre. Nul ne s’avisait de les repousser : on les savait très vindicatifs et les paysannes superstitieuses craignaient leurs maléfices…

La gendarmerie pourchasse impitoyablement tous ces pillards et les rejette par delà les frontières. Seuls circulent encore quelques roulottiers à demi européanisés qui ont un état civil et vivent d’un métier reconnu honnête.

Je ne regrette pas tous ces gens-là. Mais combien je déplore que l’on ait confondu dans la même réproba­tion deux autres catégories de nomades qui, eux, n’appartenaient pas à la race maudite des «Calés». Je veux parler des montreurs d’ours et des musiciens du Tyrol.

Les montreurs d’ours nous venaient de la Bulgarie et de la Moldavie. C’étaient de pauvres hères, pas méchants, courant le monde en faisant danser, aux sons du tambourin, leurs ours bruns, gris ou noirs. Quand ils avaient amassé un petit pécule, ils rentraient dans leurs montagnes. Je me souviens d’une famille de vingt individus, des Bulgares authentiques, campés durant plusieurs semaines dans une prairie de Martelange, gardés à la fois par la gendarmerie belge et par la gendarmerie grand-ducale, celle-ci ne les voulant pas recevoir, celle-là essayant de s’en débarrasser. Ces pauvres diables eurent recours à leur consul de Bruxelles qui leur octroya un subside et leur fit envoyer de Sofia des passeports réguliers pour les rapatrier.

 

in : Nidrum, 1998

(S.374) OSTERN

 

Ostern war und ist das wichtigste Fest des Kirchenjahres. Dies kam früher in besonderer Weise durch die häufigen Kirchgänge an den Ostertagen zum Ausdruck. So wurde das 40-stündige Gebet abgehalten; neben den Messefeiern gab es um 12 Uhr die Armenseelenstunde, um 15 Uhr die Vesper und um 20 Uhr die Komplet. Ausserdem wurden Betstunden fur Kinder, Männer, Frauen, sowie abwechselnd fur alle Gläubigen von jeweils 15 Häusern durchgeführt.

Unverzichtbarer Bestandteil der Osterfestlichkeiten ist zweifelsohne das Osterei. In den Tagen der Karwoche sammeln die Kinder Stroh und Moos um ihr Osternest herzurichten, damit der »Osterhase« in der Osternacht die Eier dort ablegen konnte. Am Ostermorgen werden die bunten Eier eingesammelt. In früheren Jahren bestand ein beliebtes Spiel, im »Köppen« der Ostereier.

Dabei wurden die Spitzen von zwei Ostereiern aneinander geschlagen. Gewinner war das Kind dessen Ei den Stoss heil überstanden batte. Am Ostermontag machen sich die Kinder auf den Weg um bel Nachbarn und Verwandten die Ostereier »holen zu gehen«. Dieser Brauch besteht in Nidrum seit Menschengedenken. Ein weiterer Osterbrauch war in der Vorkriegszeit das Sammeln er bunten Eier durch die mànnlichen Jugendlichen bei den jungen Damen. Bei dieser Gelegenheit konnten diese ihre besondere Zuneigung fur den einen oder andere jungen Mann dadurch kundtun, dass sie ihm ein zusätzliches Ei in die Hand drückten.

In neuerer Zeit sieht man in vielen Wohnungen wunderschöne Ostersträusse als Dekoration.

 

Woher kommt der Osterhase?, in: ?&!, S.55

 

SCHON bei den alten Griechen und Römern hatte der Hase eine besondere Bedeutung: Weil er das Tier ist, das schon zei­tig im Frühjahr Junge bekommt, wurde er zum Symbol für ein neues Leben nach der Winterzeit und damit zum Bild für die Aufer­stehung. ln der byzantinischen Liturgie steht der Hase für Christus: Da das Tier keine Augenlider hat, scheint es, als schlafe es nie ­dieses Bild wurde zur Parallele zu Jesus, der nicht wirklich stirbt (da er wieder aufersteht). Bereits um Christi Geburt galt das Langohr als Sinnbild für Fruchtbarkeit, Leben und Wachstum – die gleichen Symbole, für die auch das Ei steht, das er angeblich zu Ostern austragt. Und noch eine Verbindung gibt es zwischen Ei und Hase: Das Ei war, ebenso wie der Hase, steuerliche Abgabe der Bauern an ihren Grundeigentümer oder an die Kirche. Auch der Termin, an dem die Zinsen gezahlt werden mussten, war jedes Jahr der gleiche: Ostern. Auch der Zeitpunkt des Osterfestes führt zu Meister Lampe: Der Hase ist rund um die Welt als Mondtier bekannt und das Osterfest fällt jedes lahr auf den ersten Voll­mond-Sonntag im Frühling. lm deutschspra­chigen Raum wird der Osterhase zum ersten Mal 1682 vom Heidelberger Arzt Georg Frank in seiner Abhandlung »De ovis paschalibus« erwahnt. ln einer Übersetzung heisst es dort: »… im Elsass und den angrenzenden Gegenden nennt man diese Eier Haseneier aufgrund der Fabel, mit der man Einfaltigen im Geiste und Kindern weismacht, der Osterhase lege solche Eier und verstecke sie in den Garten im Grase, damit sie von den Kindem zum Er­gôtzen der lachelnden Erwachsenen desto eif­riger gesucht werden«. Übrigens, bevor sich der Osterhase in den deutschsprachigen Lan­dern als Eierbringer durchsetzte, brachten in

einigen Regionen ganz andere Tiere die reich verzierten und gefarbten Eier: In der Schweiz war es der Kuckuck, in Thüringen der Storch.

In Osterreich, Oberbayem, Sachsen und Schles­wig-Holstein schliesslich kam der Hahn mit der Kiepe und im westfalischen und hannover­schen Raum der Fuchs.

 

Lucsembourg / Luxembourg / Lëtzebuerg / Luxemburg - am Weissen Ostersonntag

(Luxemburger Wort, 16/04/2012)

Ukrin.ne / Ukraine / Ukraïna - "Natte Pasen"

(s.r.)

 

3.7 Varia

(Lucien Léonard, Jean Guillaume, Lexique namurois, 1969)

Au cia qu’a dès caurs à payî à Pauke,

Cwarème èst sovint trop coût! 

(pour celui qui a une dette à …)

 

En wallon, faire sa communion se dit fé sès paukes, en étant communiant, communiante, paukî, paukerèsse. Cette tradition débuta à Rome.

 

in : MA, 3, 1982, p.56-57

 

Pâke ; lès Pâkes, èl grande Pâke, èl djoû dès Pâkes. S’il fait de l’orage, on recueille l’eau de pluie qui a le don de chasser les mouches des maisons.

 

Dictons :

vèrt Nowé, blankès Pâques ; blanc Nowé, vèrtès Pâkes ;

c’ èst dès figues d ‘après Pâke, ce n’est plus de circonstance ;

c’ èst l’ lundi d’ Pâke qu’ on rin.mote, butte, lès pètotes timprîjes, pommes de terre hâtives, dè twâs leunes. Ce jour est aussi recommandé pour planter les pommes de terre.

 

Robert DASCOTTE