Pauke, tradicion walone, picarde, gaumèse / Pâques, tradition wallonne, picarde, gaumaise

PLAN jènèrâl / PLAN général                                                                                                             

1 Florîye Pauke / le dimanche des Rameaux

2 li Pèneûse Samwin.ne / la Semaine Sainte

3 Pauke / Pâques

1 Florîye Pauke / le dimanche des Rameaux

PLAN

 1.0 Présintâcion / Présentation

1.1 Tradicions pa réjions / Traditions par régions

1.1.1 L’ ouwès’-walon / L’ouest-wallon

1.1.2 Li Picardîye / La Picardie

1.1.3 Li cente-walon / Le centre-wallon

1.1.4 L’ ès’-walon/ L’est-wallon

1.1.5 Li sûd-walon / Le sud-wallon

1.1.6 Li Gaume / La Gaume

1.2 Tradicions gastronomikes / Traditions gastronomiques

1.3 Tradicions musicâles / Traditions musicales

1.4 Tradicions dès djeûs / Traditions ludiques

1.5 Scrîjadjes / Littérature

1.6 Ôte paut en Bèljike, … / Ailleurs en Belgique, …

1.7 Ôtès-afaîres / Divers

 

1.0 Présintâcion / Présentation

 

in: Nadine Crétin, Dominique Thibault, Le livre des fêtes, Gallimard, 1991, p.19

 

 Les Rameaux / Le dimanche avant Pâques

 

La cérémonie des Rameaux commémore l’entrée triomphale de Jésus, sur un petit âne, à Jérusalem, où une foule en liesse agitait des branches d’olivier en criant “Hosanna !”. Une antique tradition orientale voulait qu’on fît honneur aux héros en brandissant des rameaux toujours verts, signe de leur immortalité.

Avant la messe, le prêtre bénit les branchages que lui présentent les chrétiens qui vont ensuite en garnir les maisons et les tombes des défunts.

Ces rameaux ont, pour eux, un effet protecteur pendant un an. Dès le Ve siècle, les chrétiens commencent à célébrer cette fête, mais ce n’est qu’au VIIIe siècle que processions et bénédictions se répandent en Europe.

 

“Pâques fleuries” ou dimanche des Rameaux

 

Dans certains endroits d’ Europe, les rameaux sont décorés.  Soigneusement tressés, fleuris, enrubannés et agrémentés de friandises, ils sont fièrement portés à l’église. Ce sont parfois de grandes perches fleuries : en Pologne, elles peuvent mesurer 10 m.

Les rameaux sont, dans certaines régions, des végétaux qui restent verts toute l’année: palme, olivier, buis, laurier, houx.

 

A. Varagnac, M. Chollot-Varagnac, Les traditions populaires, PUF, 1978

 

(p.47) RAMEAUX

Anciennement, on ornait les temples de verdure le jour de la fête de tel ou tel dieu;  on en plantait sur la tombe des défunts, dans le jardin, …)

Chaque fidèle devait aller cueillir et apporter à l’église un rameau vert, qui était bénit, et qui devait protéger la maison contre l’orage, l’incendie et les maladies.”

 

1.1 Tradicions pa réjions / Traditions par régions

in : Quelques fêtes religieuses, MA, 2, 1982, p.34-35

 

La Passion, èl Passion, èl petite Pâque. C’était le jour des communions solennelles : c’ it ç’ djoû-là qu’ on f’soût ses pâkes ; un communiant, in pâkî ; une communiante, ène pâkiére ; communier, fé ses pâkes.

 

in: Yernaux E., Fiévet F., Folklore montagnard, s.d.

 

LES  RAMEAUX

 

Les Rameaux s’appelaient encore les Pâques fleuries.

Quoique n’ayant pas de rapport avec la coutume des Rameaux, rap­pelons que sous le régime seigneurial, postérieur à la Charte de Godels-calc, le jour des Pâques fleuries, la communauté montagnarde devait remettre au seigneur cinq charretées de bois de clôture et autant de poules qu’il n’y avait de ménages. A cette époque, on ne comptait pas la population d’après le nombre d’habitants mais d’après le nombre de feux.

Ce dimanche, on met le curé à la porte de son église. On ferme ia porte, et le pasteur, pour être autorisé à rentrer dans le temple, doit frapper trois fois avec la croix sur la porte.

L’officiant bénit l’eau lustrale et le buis que notre peuple appelle dè l’ pauke. Le buis béni joue un grand rôle dans notre folklore. Il pro­tège contre la foudre, la grêle et l’orage. Il aide les agonisants. C’est avec le buis trempé dans l’eau bénite qu’on signe les morts. La ména­gère met souvent un brin di pauke à la tête du crucifix qui est toujours exposé sur la cheminée. Les charretiers attachent un brin de buis à l’œillère de leurs chevaux.

Tous les jours de la semaine de Pâques on peut employer la rosée du matin pour faire disparaître les taches de rousseur que l’on appelait les tatches di Judas ou lès pwints d’ Judas. Au jeu de loto et dans le langage enfantin, le nombre 13 est aussi le point de Judas.

 

Robert Dascotte, in : MA, 10, 1976, p.187

 

A propos du buis et du dimanche des Rameaux

 

Les Rameaux : à l’ Pâke Florîye. On bénit le buis dans les églises. Autrefois, à Seneffe (et probablement dans tout le Centre), à l’ Pâke Florîye, après la messe, le fermier et ses ouvriers allaient piquer une ou plusieurs branches de buis, pâke, bénit dans chaque champ ; on disait pâkî l’ têre ou planter l’ pâke. On faisait de même dans les jardins. A Feluy, Godraville et Seneffe, avant de semer les céréales, on aspergeait les graines d’eau bénite et on y mêlait du buis. De nos jours, on plante une branche de cette plante au crucifix et au bénitier, dans la maison. On faisait la même chose aux murs de la grange, de l’étable, de la porcherie, de la bergerie, de l’écurie et sur la cloison du rucher. On voit encore dans les cimetières de vieilles tombes entourées d’une bordure de buis. Une même bordure est plantée de part et d’autre du sentier, dans quelques jardins actuels. On voit parfois des vieil­lards aller déposer une branche de pake sur la tombe d’un proche. Des bou­quets de buis garnissent les autels dans les églises. Lorsqu’il tonne, on trempe un brin de buis dans le bénitier et on asperge la maison ; on procède de même pour asperger un mort ou le cercueil quand on entre dans une mortuaire. A Seneffe, le bétail récemment acheté était également aspergé avec du buis bénit pour le préserver des maladies et assurer sa croissance ; pour plus de certitude, on le faisait entrer à reculons dans l’étable, car en agissant de la sorte, on croyait que l’animal serait exempt de maléfices.

 

Abbé Léon Jous, La quête du buis béni aux Ecaussinnes, in : MA, 10, 1976, p.188-189

 

Deux anciens Ecaussinnois : M. Georges Tassignon domicilié à La Louvière et Joseph Dascotte, ancien clerc paroissial de Lalaing nous ont rappelé une coutume aujourd’hui disparue mais encore bien vivante où tous deux étaient corâls (enfants de chœur ou acolytes) de la paroisse Ste-Aldegonde à Ecaussinnes-Lalaing administrée alors par l’abbé Anseau (1). Nous avons pensé qu’elle intéresserait nos lecteurs.

 

Comme chacun sait, le jour des Rameaux ouvre la semaine sainte et rappelle aux croyants l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem. En souvenir de cet événement, les croyants s’acheminent en procession vers l’église porteurs d’un rameau de buis (pâke), bénit au préalable par le prêtre. A l’issue de la cérémonie, chacun s’en retourne orner sa cuisine ou ses étables avec cette branche de buis afin d’attirer sur eux la protection divine et les prémunir de la foudre.

 

Avant 1914, beaucoup d’Ecaussinnois ou non restaient très attachés à cette tradition sur laquelle s’était greffée au cours des ans une autre tra­dition purement locale, celle de la quête du buis bénit.

En effet, comme tous les Ecaussinnois ne venaient pas nécessairement à messe mais que tous désiraient du buis bénit, les corâls leur en portaient à domicile en échange d’une modeste gratification.

 

Voici comment les « gamins » procédaient :

Le lundi matin, dès la messe terminée soit vers 7 heures 30, les six corâls du p’tit vilâdje (Ecaussinnes-Lalaing) présidés par le plus ancien d’entre eux remplissaient une grande manne d’osier des rameaux bénits la veille. Cette manne était portée par deux d’entr’eux souvent les derniers entrés en fonction.

Devant ceux-ci les porteûs d’ pâke c’est-à-dire ceux qui plus anciens et plus éveillés se présentaient aux fermes et aux maisons particulières aux cris de

« Ô là hé !» avec un rameau à la main. Enfin, noblesse oblige, le chef de la troupe en tête bien entendu et porteur d’une mitre en carton à la dif­férence de ses comparses qui eux avaient la tête couverte d’un canotier d’où pendaient des rubans multicolores, sans doute pour imiter les « tireurs au sort » à l’époque où le service militaire était encore une « loterie ».

 

Bref, ainsi constituée, la petite troupe établissaient son plan de bataille toujours le même car il s’étendait sur 3 jours ! Dame, il fallait tout de même aller à pieds et très loin.

 

Au signal de la crécelle (2) (ragalète), la bande partait donc le lundi afin de « taper » au passage le meunier du château de la Follie et ainsi de rafler indûment aux choraux de l’église St-Remy (Ecaussinnes-d’Enghien) un en direction du hameau de la Dîme en empruntant le sentier des Robinettes pourboire qui normalement leur était dû. La Dîme parcourue, le chemin de Ronquière terminé, ils abordaient fatigués le hameau du Poirier, la maison dite « du Blanc Pignon » au Bois d’Haurrues (3). Il était alors midi et chacun des quêteurs en profitait pour sortir son briquet (dîner) constitué de quel­ques bonnes tartines beurrées et de quelques œufs durs qu’on mangeait chez Laurent, le maréchal-ferrant. C’était évidemment aussi le moment de faire le point, c’est-à-dire de vérifier ce qu’un chacun avait récolté dans l’avant-midi. Et que récoltaient-ils ?

 

C’était surtout des œufs, produits naturels de nos vieilles fermes disséminées dans la campagne, tantôt 4, 6 ou 8 œufs suivant l’importance de la ferme, la générosité de la fermière et… la politesse du petit porteur de buis !

Chez les particuliers, c’était bien sûr de la menue monnaie que l’on comptait et recomptait au fond des poches. Sous les yeux attentifs du chef de troupe, chacun supputait ses chances par rapport à l’année précédente et l’on attendait fébrilement la fin de la randonnée lorsqu’on ferait les parts égales de la recette.

 

Le dîner digéré, la petite troupe reprenait ses pérégrinations de l’autre côté de l’actuel canal de Ronquière. Fourbus mais contents, nos gaillards revenaient au village en faisant bien attention de ne pas faire une omelette monumentale des nombreux œufs mis précautionneusement au fond de la manne presque vide.                                                                                   

Et l’on recommençait ainsi le lendemain matin en direction de Scoufflény et d’Hubersart sans oublier la ferme de la Tassenière, les maisons du rivage de la carrière de Scoufflény et le hameau de Payelle. Ce jour là, le casse-croûte se faisait au « Voûte ». (4).

 

Enfin le mercredi, dernier jour de la randonnée pédestre, la troupe faisait relâche l’avant-midi pour la raison très simple que le circuit à pros­pecter était le centre du village. (Pilori, Place de la Ronce, rue du Moulin, etc…) Or, le mercredi étant jour de marché, il aurait été ridicule de faire du porte à porte alors que les ménagères faisaient leurs emplettes.

C’est donc l’après-midi que les gamins allaient porter le buis. C’était une après-midi faste car à l’exception de la ferme Lemercier où ils rece­vaient des œufs (comme dans les autres fermes d’ailleurs) les petits choraux recevaient surtout des pièces de monnaie. Ainsi s’achevait la triple promenade rémunératrice en attendant… le prochain jour des Rameaux.

 

(1) L’abbé Félicien Anseau, né à Deux-Acren, près de Lessines, le 31-10-1847,  décédé  à Ecaussinnes-Lalaing, le 31-8-1921, exerçait son ministère à Ecaussinnes-Lalaing depuis 1885.

(2) Crécelle : instrument en  bois  faisant  un  bruit aigre  et criard  lorsqu’il  est agité.  Avant la réforme  liturgique, on  l’utilisait durant la semaine sainte pour annoncer les offices… les cloches étant partie à Rome.

(3) Le « Blanc Pignon) aujourd’hui occupé par R. Wysznski  au Bois d’Haurrues  était jadis un cabaret dont l’existence est établie dès 1862.  Il fut occupé par la Veuve Nicolas Soupart puis vers 1870 par la Veuve Lequime.

(4) Ce lieu-dit  semble  assez   ancien. Un très beau linteau de porte s’y   trouve avec le millésime 1777 (à Triboureau, à la frontière d’Ecaussinnes-Lalaing et d’Ecaussinnes-d’Enghien).

 

Florîye Pauke à Montegnî (le dimanche des Rameaux à Montigny-le-Tilleul)

(in: Henry Bury, Montigny-le-Tilleul, 1975)

Naus', Miau (Naast, Mignault) - Florîye Pauke (dimanche des Rameaux)

(Robert Dascotte, Le buis bénit et le dimanche des Rameaux, in: El Mouchon d’ Aunia, 1985)

 

1.1.2 Li Picardîye / La Picardie (co rin trové / encore rien trouvé)

 

1.1.3 Li cente-walon / Le centre-wallon

(bènit paukî / buis bénit)

Bernard Louis, Le temps pascal autrefois, in: CW, 2, 2012

 

À l’ Florîye Pauke – li djoû dè l’ florîye Pauke (les Rameaux)

Le curé bénit les rameaux de buis au début de l’office. On les

distribue aux fidèles présents ou bien les gens vont les chercher

par la suite.

On met one pauke (un rameau, un brin de buis bénit) au bondiè

(crucifix), au bènitî (bénitier dans la maison), au goria (collier) dès

tch’vaus, au vièrna (gouvernail) dès batias, dins li stauve, è corti, su

l’ fosse di ses djins.

Autre expression : on paukîye (du verbe paukî) li bondiè, li stauve, sès tchamps, ses mwârts…). L’action de garnir de buis bénit s’appelle li paukadje.

Le brin de buis du crucifix de la pièce principale servira pour

signer (sègnî) le mort en cas de décès puis reprendra sa place.

Li paukî : le buis (arbuste).

 

Li Florîye Pauke marque le début de la semaine sainte : li pèneûse

samwin.ne.

 

Florîye Pauke

 

On pauketéye lès places dè l’ maujo, li cina, lès stauves et min.me lès tchamps.

 

in: Le folklore au pays de Namur, 1930, Guide-programme de l’exposition de folklore et d’industries anciennes, A.R. de Namur

 

(p.23) DIMANCHE DES RAMEAUX. — « C’est le jour des longs évangiles » ou encore « le jour où l’on met le curé à l’ uch di l’ èglîje.

Il est baptisé Florîye Pauke en raison de la distribution du buis qui est effectuée à l’église : chacun tient à posséder un brin de buis nouveau : les rouliers l’attachent à l’œillière de leurs chevaux, les bateliers au gouvernail de leur barque, les paysans à la muraille de l’étable, les ménagères à leur crucifix. Il est également d’usage d’en (p.24) planter dans les champs (paukî les grins), voire sur les tombes du cimetière.

Le buis, ainsi que l’eau bénite, sont débités contre pourboire, par le sacristain, aidé des enfants de chœur.

 

Jean-Jacques Gaziaux, Du sillon au pain, Le travail de la terre et la culture des céréales, SLLW, Liège, 1988

 

(p.162)  § 35.   Le dimanche des Rameaux, les paysans pratiquants allaient piquer dans leurs champs des branchettes de buis bénit (1).  Lë djou dè l’ Florîye Pauke, lë këré bènët lès paukes. A prandjêre, on-n-aleûve fé l’ toûr dè l’ campagne po pauki sès têres ; on mèteûve deûs, trwès brantches dë paukes bënîyes, ça dèpndeûve dè l’ longueû dè l’ têre. On lès bènëcheûve avou ne auke ; on d’mandeûve lë bènèdëcsion au bon Diè po quë l’ grin n’ flachëche ni aus nulêyes ‘ne versât pas lors des orages’. De nos jours, ceux qui ont gardé la coutume ne se déplacent plus expressément ce dimanche. Asteûre, quand on va à l’ campagne, aus tchèrdons ‘couper les chardons’, dins l’ quénzin.ne dë Pauke, on boute saquants paukes è s’ potche.

De même, les trois jours qui précèdent le jeudi de l’Ascension, mès trwès djous d’vant l’ Acinsion, des paroissiens participaient aux processions des Rogations, aus Rogâcions, à travers le village.  Plus anciennement, on fieûve lë rogâcion Sint-Mârc. (le 25 avril).  Les prières des fidèles visaient à obtenir du beau temps pour les cultures et les récoltes.

 

(1) De même dans les prés et les jardins. Aujourd’hui, on en pique encore sur les tombes des défunts et, plus souvent, on en accroche chez soi aux crucifix.

 

Jean-Jacques Gaziaux, Parler wallon et vie rurale au pays de Jodoigne, LLN 1987, BCILL 38

 

(p.261) § 155. Les Rameaux, lë djou dè l’ Florîye Pauke.

 

Les paroissiens  se procurent du buis bénit. On bènët lès pôkes, lès djins vont

 è qwêre à l’ èglîje. On bouteûve one pauke à l’ bon-Dië (crucifix), à l’ bènëti, … On allait en piquer des branchettes sur les tombes des défunts de sa famille et sur ses champs ; on-n-aleûve pauki sès tombes èt sès têres ; on d’mandeûve lë bènèdëcsion au bon Dië po quë l’ grin n’ flachëche ni aus nulêyes (ne versât pas lors des orages). Quand i v’neûve on-oradje, on bènëcheûve lë maujone avou one pauke èt dè l’ bènëte êwe, on s’en servait aussi pour asperger la dépouille dans la chambre mortuaire. Ajoutons que l’on brûle, p1utôt que de le jeter, le buis bénit, comme tout objet religieux dont on veut se débarrasser ; on brule lès paukes quand on nè ra dè l’ novèle.

 

Joseph Calozet, in : Entre vêpres et maraude, L’enfance en Ardenne de 1850 à 1950, Musée en Piconrue, Bastogne, 2008

 

(p.35) (Les gamins distribuent des rameaux au village)

« Li sèmedi do l’ Florîye Pauke, lès gamins v’nint pa bindes mon lès Matantes quèri on fwè d’ pauke. Insi, (li dîmègne,) totes lès maujons ont leû coché : après grand-mèsse, lès gamins, po-z-avèr on sou, è pwartèt pa-t’t-avau l’ viyadje. Lès djins paukèt leûs dêréyes avou, è tchôkèt one brantche padrî l’ bon-Diu su l’ djîvau, è pindèt one aute o sômî do stauve, ènn’ aurdèt on coché po s’ i-gn-avot on malaude ou on mwârt. »

(Le samedi de Pâques fleuries, les gamins venaient par bandes chez lès Matantes chercher une brassée de buis. Ainsi toutes les maisons ont leur rameau : après la grand-messe – le dimanche des Rameaux-, les gamins, pour avoir un sou, en portent (…)).

 

Vêr-Custène (Ver-Custinne) - Florîye Pauke (dimanche des Rameaux)

(Notes folkloriques sur Ver-Custinne, in: Le Guetteur Wallon, 1935-36)

 

1.1.4 L’ ès’-walon/ L’est-wallon

Coutumes Pascales

 

A Spa, le dimanche des Rameaux, tous les enfants, garçons et filles, arrivent à la grand’messe, portant à l’envi les branches de buis les plus grandes, afin de les faire bénir. Longtemps à l’avance, massés au banc de communion ou aux balustres du chœur, on les voit dès que le prêtre arrive, tendre vers lui les palmes, qu’ils inclinent selon la direction qu’il suit. J’ajoute que le buis n’étant pas, en notre région, un arbuste qui croît spontanément comme en certaines parties du pays, ces enfants pillards vont dévaliser les jardins publics et privés, voire même le cimetière. On affirme qu’ailleurs, c’est le sacristain seul, qui fournit le buis à bénir, et qui a le droit d’en introduire à l’église à cette fin. De même, le Samedi-Saint, toute la mar­maille du bourg arrivant à l’église dès 7 heures du matin emplissait le parvis et occupait les abords des fonts baptismaux, je parle de l’époque de mon enfance, cha­cun des gamins (et parmi eux quelques filles) était porteur de brocs, de pots, de cruches, bref de récipients de toute espèce, en métal, en terre cuite ou en verre, de formes les plus variées, ou même de bou­teilles à bière qui se bouchent à système. Le tout rempli de belle eau claire destinée à être bénite. Il s’agit d’en être pourvu abondamment, car non seulement, on en met dans les bénitiers de la maison, mais au retour on en donne volontiers aux voi­sins ; et l’on en met un tantinet dans l’eau à boire au bétail, aux chevaux, aux chiens, bref à tous les animaux et jusqu’aux oiseaux en cage. Or comme la susdite marmaille croirait la bénédiction du prêtre inef­ficace, si elle n’était donnée dans toutes les formes, chacun de ceux qui la compo­sent élève le plus haut qu’il peut son réci­pient, au-dessus de sa tête, au risque d’on­doyer son voisin, et quitte à laisser choir son broc par suite d’une bousculade. La coutume que signale M. Albin Body comme existant à Spa, et qui consiste à faire bénir du buis à l’église le dimanche des Rameaux, existe également à Roclenge et en général dans tous les villages de la vallée du Geer. C’est à la messe basse seu­lement que le prêtre bénit les branches de buis ; celles-ci sont apportées par tous les fidèles, jeunes et vieux. Les buis bénis sont conservés précieusement dans les maisons où on les attache aux bénitiers, aux christs, etc., pour préserver des mauvais sorts. Les jeunes gens en portent à leurs chapeaux ce dimanche et les filles au corsage ; tou­tefois cette façon de porter le buis tend à disparaître. On attache aussi le buis bénit dans les jardins à la plus haute pîces âs fèves « rame des fèves», pour préserver ces plantes de la grêle, de la gelée, des intem­péries, des insectes nuisibles et des oiseaux pillards.

A Roclenge et aux environs, on porte éga­lement des pots, des vases, etc., remplis d’eau claire que l’on fait bénir. Cette eau bénite sert à remplir les bénitiers et est don­née aux bêtes qu’elle préserve des mala­dies.

 

in : C. Grenson, BSLW, T7, 1966, /en Hesbaye/

 

Le dimanche des Rameaux, les ouvriers vont planter dans les champs des branches de Pâques (buis, pâkî) ; puis ils reviennent à la ferme, où le maître leur donne à dîner; l’après-midi, ils mènent le maître au cabaret, et ce sont eux qui lui payent à boire : le plus ordinairement on mange aussi des œufs durs.

La même cérémonie se répète surtout à l’époque de la moisson, et la bergerie se nomme alors li trimpèdje des fâs (tremper les faulx).

 

Mohe (Moxhe) - Florîye Pauke (dimanche des Rameaux)

(Croquis panoramiquz de Hannut, ouvrage collectif, s.d.)

Payis d' Hêve (Pays de Herve) - Florîye Pauke (dimanche des Rameaux)

                                            (Guy Belleflamme, in: La vie herbagère au pays de Herve, s.d., p.91)

Lâbièrmont (Lambermont) - Florîye Pauke (le dimanche des Rameaux)

(Jean Dourcy, in: Lambermont mon village, Hexachordos, s.d.)

Spå (Spa) - Florîye Pauke (dimanche des Rameaux)

‘in: Recherches sur le folklore de Spa, Wallonia, 1899, p187-196)

 

1.1.5 Li sûd-walon / Le sud-wallon

(paukî / buis)

J.-M. Pierret, Quelques aspects du folklore chestrolais, La Vie Wallonne, 1967, p.165-sv.  

(p.167) Le dimanche des rameaux, on va pauketè, ‘mettre du buis’ sur les tombes, la porte de la maison, les écuries, les champs de seigle et d’épeautre. On garde précieusement chez soi de la bènîe paukète, ‘buis bénit’.  En cas d’orage, on en brûle pour se préserver de la foudre.

 

Le pays de Bastogne au gré de sa mémoire, 1982

 

Le cycle de Pâques est particulièrement riche en traditions. Le dimanche des Rameaux est celui de la bénédiction des bran­ches de pâkî ‘buis’. Les pâkes bénites sont placées dans les mai­sons (aux crucifix), dans les étables, sur les tombes et dans les (p.196) champs. Ce même rameau est déposé à côté du crucifix lorsque le prêtre porte la communion à un malade, et sert d’aspersoir, pour signer le défunt, aux personnes qui viennent dîre leû tchapelèt ‘dire leur chapelet’. Parfois, on jette un brin au feu pour se protéger lors d’un orage (Wardin).

 

Li pèneûse samin.ne, in : Singuliers, 1, 1997, p.17-23

 

Nous publions ci-après les données recueillies lors d’enquêtes menées dans la commune de La Roche par Virginie Borremans, Isabelle Carpe et Sabrina Michel (Institut du Sacré-Cœur) sous la direction de leur professeur Joël Thiry. Nous les félicitons chaleureusement pour cette initiative, qui vient compléter une documentation déjà bien fournie sur les traditions populaires liées à la semaine sainte.

 

Li dîmègne di dvant, c’ èstéve li dîmègne do l’ Florèye Pâke. Avou Papa, nos-avins pâketé totes les pièces do l’ mohon, lès stâves, li cina et min.me lès tchamps. Après ça, nos-avins pris nos râyètes fou d’ 1′ ârmâre po nos-è sièrvi li djoûdi.

 

Omer Marchal, Au pays de mon père en Ardenne, 1936-1945, Hatier, 1990

 

/Ochamps/

 

(p.80) Mon père, l’après-midi du dimanche des Rameaux, nous emmenait, nous les trois petits, dans sa tournée des paukadjes; à la barrière des pâtures, à la borne des champs, à l’écurie, à l’étable, au fournil, au bûcher, à la fontaine, aux cages à lapins mêmes, il plantait le rameau de buis. Nous l’avions cueilli le samedi aux abords de la grotte, aux abords du cimetière. Avant la grand’messe des Rameaux, la plus longue de l’année, précé­dée d’un long temps d’incantation où le curé était mis hors-les-murs et où le prêtre, du porche, et le père Horman, du jubé, se livraient à une longue joute d’oremus à l’issue de laquelle le prêtre, après avoir heurté trois fois à la porte du temple avec la croix était enfin réadmis à l’autel, nous avions posé nos gerbes de buis à l’entrée du chœur. Le curé, en chantant l’ Asper­ges me, leur avait envoyé à plein goupillon l’eau lustrale qui les muait en buis bénit.

Était-ce du fétichisme comme le prétendraient les esprits forts ? Mon père ne se posait pas la question. Nous non plus. L’hosanna au fils de David retentissait au fond de nos âmes, et nous savions que nous entrions dans une dure semaine où le silence de notre clocher mettrait l’inquiétude, et peut-être le doute, au cœur de beaucoup!

 

(p.81) Pour nous les gamins s’ouvrait aussi une huitaine lucra­tive dont les filles étaient hautainement exclues. À la sortie de la messe des Rameaux commençait une course folle. C’était à qui arriverait le premier à la porte des maisons où à cette heure de ce jour les femmes étaient seules. Elles avaient été à messe basse à sept heures. Pour communier. Et pour préparer le dîner du dimanche.

 

p.83) Le dimanche des Rameaux participait des deux. Ce n’était plus l’hiver, même quand Pâques allait tomber tôt, ce n’était pas encore le printemps, même s’il venait tard.

Mais pour nous, avec notre bottelette de rameaux bénits à la main gauche, nous partions toquer pleins d’espoir à la porte des maisons des femmes.

Il y avait des règles, que les garçons comme-il-faut n’enfrei­gnaient pas. Il était convenable de ne frapper à d’autres portes qu’à celles dont les maisons présentent la façade — ou le pignon du corps de logis, dans les fermes ardennaises où celui-ci prime celui-là — à la route par où l’on rentre chez soi. Cela nous rédui­sait, à nous les éloignés de Maubeuge, à la rue des Champs, à la route d’Anloy. Les gens y étaient avenants, et toute l’année, en descendant pour aller à l’église, chez tante Jeanne ou à l’école, nous les avions salués poliment.

 

(p.84) Il y avait un vieux jeune homme, corpulent, à la démarche de canard, toujours coiffé d’un chapeau roussi tout cabossé, le Bébèr des Flamands, qui vivait en autarcie et chez qui l’on ne frappait pas. Il y avait aussi quelques portes qui ne s’ouvraient pas. On y frappait par acquit de conscience avec un brin de malice, pour ne pas faire affront. Certaines s’ouvraient où l’on recevait un sou abandonné dans notre main avec un pincement de nez, et nous quittions leur seuil avec un regret, d’avoir été trop géné­reux avec le buis bénit. Cinq sous était la dringuelle la plus con­nue. Le franc — vingt sous — était exceptionnel. Et pour moi, je n’ai jamais connu l’ivresse d’avoir reçu 100 sous, 5 francs… Il n’y avait pas de pièces de dix sous, mais il y en avait de deux, des pièces trouées comme celles d’un et de cinq sous. Dans cer­taines maisons, nous ne recevions pas d’argent, mais les mères disaient, en français: «Tu viendras chercher tes œufs de Pâques».

Ou, en wallon: «Vous vînrez kèr vos’ pôcadge».

Une année, en manière d’œufs de Pâques, je reçus un œuf frais pondu, avec un fort désappointement.

Être invité à venu kèr se pôcadge, c’était la promesse d’un nouveau pourboire le dimanche de Pâques, ou d’œufs de Pâques, bleus, verts, rouges, roux, pelure d’oignon.

Dans cette phrase s’exprimait toute la poésie concrète des villages de notre vieille Ardenne où «les œufs tombaient au hasard des pacages».

Bien entendu notre tournée se terminait chez l’Albert de Maubeuge. Et là, c’était plutôt une heureuse surprise qui nous attendait. L’Albert y était seul avec la Marie sa fille. La Julia, sa femme, déjà âgée, était le plus souvent partie, depuis le samedi soir, chez son autre fille, la Louise de Maubeuge, la femme du Grosjean, le chauffeur du château, qui habitait à l’entrée du village. Ainsi, la Julia, qui s’appuyait sur une canne au contraire de son vert de mari l’Albert, aurait pu aller à messe le dimanche des Rameaux, ce dont en vertu de son âge elle se trouvait d’ordinaire dispensée par le curé, comme il était dit au mandement de carême. L’Albert, lui, par tous les temps, allait à basse messe, et y communiait.

 

(p.85) La tournée du paukadje, l’après-midi, était une fête. Le père avait mis son costume d’après-messe : un costume qui n’était plus suffisant pour aller à messe, mais allait encore pour les vêpres, le salut, la confesse ou quand il allait dire son chapelet au chevet d’un mort. Il gardait sa cravate et sa chemise blan­che, puisque aussi bien celle-ci, portée depuis qu’il avait fait sa barbe à neuf heures, était bonne pour la lessive. Et il avait aux pieds ses deuxièmes bas souliers, ceux qu’il n’aurait plus mis à la saint André mais que rien ne l’autorisait à porter en semaine non plus.

 

Ce cérémonial-là était pour nous une fête parce que c’était toujours une fête d’aller quelque part avec notre père. Le dimanche, son cheveu lançait des soleils, frais lavé de la veille au soir et que la mère, un samedi sur trois, lui avait retaillé aux petits ciseaux et à la tondeuse, non sans qu’il maugréât : «Mais Titine, pour les couper comme ça, autant les arracher à la main».

Et elle: «Ah! Taisez-vous, Georges, je viens encore d’aiguiser le couteau de la tondeuse».

 

Ce qu’elle oubliait de dire, la mère — qui ne mentit jamais que par souci de paix — c’est qu’entre l’aiguisage et le passage du père sur la chaise retournée dont le dossier servait à reposer les avant-bras pour la durée de la tonte, nous, les petits, y étions tous passés ! Au vrai, on soupçonne le père d’avoir parfois fait (p.86) sa remarque pour réaffirmer sa primauté sur le ménage car, pour dire le vrai, il n’a jamais eu d’autre coiffeur, une fois marié (c’est-à-dire entre sa vingt-deuxième et sa quatre-vingtième année), que sa Titine de femme. Preuve qu’il ne s’en portait pas mal, même si le sens de l’économie entrait pour quelque chose dans son choix.

 

Le dimanche après-midi, papa ne portait pas de casquette. Si pour aller à messe il avait mis son meilleur chapeau, l’après-dîner il allait tête nue. La tête plutôt petite, l’œil bleu, notre père avait le cheveu soyeux, souple, paisible et point touffu. Une raie, à gauche, lui rangeait calmement, sagement, le plus gros du poil à droite. Il ne mettait pas de pommade, comme on appelait alors le gel cosmétique. Ni le dimanche, ni de la semaine. Surtout ce que nous aimions dans sa tenue c’était son corselet de dimanche, soit de même tissu que le veston, soit de laine avec des boutons de cuir. Et de la boutonnière qui était côté cœur à son gousset de l’autre côté, sa belle chaîne d’argent avec ses médailles de notre dame de Beauraing et de saint Chris­tophe formait comme un pont entre sa gauche et sa droite. Bref, le dimanche, il rayonnait, le père. Pourtant, il s’était levé aussi matin que les jours de semaine, sur le coup de la demie de six heures. À six heures et demie il était descendu aux écuries pour

(p.87) avoiner les chevaux. Mais dès son retour vers sept huit heures le dimanche s’était emparé pour de bon de la maison et de la maisonnée. La première avait vibré au grand nettoyage du samedi; la seconde s’était décrassée de la poussière et des impu­retés de toute la semaine dans l’eau chaude de la grande bas­sine. Quand la mère revenait de la messe basse, et que le père se mettait à se faire la barbe, sur le coup de neuf heures, on sentait bien que c’était dimanche. D’ailleurs, la grand-mère met­tait déjà sur la plate-buse du poêle, pour le faire mijoter, le pot-au-feu qui avait subi une première cuisson — et tous nous l’avions goûté encore vert — la veille à la vesprée.

 

S’il est plus cher à mon souvenir, avec quelques autres, que les dimanches ordinaires, celui des Rameaux, c’est parce que nous faisions ce jour-là la première promenade domini­cale avec papa. (…)

 

 

1.1.6 Li Gaume / La Gaume (co rin trové / encore rien trouvé)

 

1.2 Tradicions gastronomikes / Traditions gastronomiques

A Herstal, aux Rameaux, on faisait une entorse au jeûne en mangeant de la tarte aux “côrins” (marmelades de fruits d’automne séchés).

(in: Herstal, un patrimoine pour une nouvelle commune, s.d.)

 

1.3 Tradicions musicâles / Traditions musicales (co rin trové / encore rien trouvé)

1.4 Tradicions dès djeûs / Traditions ludiques (id.)

 

1.5 Scrîjadjes / Littérature

Em.-Jos. PIRET, in : EB, 80, 1956, p.87

 

En fraternel hommage à tous les déracinés de mon village.

 

Florîye Pauke

 

Fén parèy qui l’ djoû dè l’ Toussint,

Florîye Pauke ramwin-ne au vilâdje

toute li binde dès disracinès :

tous lès cias qu’ pou gangni leû crousse

ont stî sauyis aus quatrè-vints.

Fidèles  corne  lès-arondes,

is sont r’vènus tèrtous,

in pau pus vîs, bén sûr,

mais l’ keû télemint binauje

pace qu’ is sinteneut l’ aîr dou  payis!

 

T’t-ànl’ eûre, à mèsse,

is s’ asgligneront tèrtous acheune,

ène couche di pauke didins leûs mwins,

adon, quand l’ pourcèssion ‘nn îra à l’ cimintière,

is l’ chûront, l’ tièsse bachîye,

pièrdus dins leûs sondjerîyes… :

souvenances dè leû djon.ne timps qu’ a stî tèchu d’ bias djoûs;

souvenances dè leûs parints,

souvenances dè leûs soçons qui sont èvoye lauvau,

d’ èyu qu’ on n’ rivént pus…

èt qui dômeneut leû dérin some

drolà padrî lès mûrs,

bèrcis pauzès vwès familiéres

di no p’tit ri d’ Chinèle

èt dè l’ tâye dou Fayis.

 

Maîs v’ci qu’ on mouche au tchamp dès môrts

qu’ on pôreut lomer l’ tchamp dès fleûrs…

On s’ astaudje dissus chaike tombe :

su l’ tère bènîye

qui  rascouve  lès-ochas

dès  cias  qui n’s-avons vu voltîy,

on s’ abache, on faît ‘ne crwès

avou l’ pauke qu’ on va-z-î stitchi…

pwîs on d’mère stambèrnè…

Iongtimps… longtimps…

sondjant… priyant…

èt, tanawète brèyant.

C’ èst qui, vèyèz,

tout r’passe, dès djoûs insi :

lès râres, trop rârès bèlès-eûres

qu’ ont stî si rade, trop rade èvôye;

lès deuys, lès pwènes èt lès rascrauwes

qui compteneut doube come tout ç’ qui drane;

lès crawieûsès pîd-sintes dè l’ vîye

qu’ on-z-a pèstèlè tant dès côps

avou lès cias qui sont ralès

èt qu’ nos v’nons r’vèy dûs côps par an,

pace qui, rén qu’ à r’wéti leûs noms,

gravès su l’ freude pîre qui lès spotche

nos lès r’viyons passer d’vant nos-ouy’s

tout come au timps d’ leû vikaîrîye?…

 

C’ èst tout ça qui nos clawe drolà, pa d’vant leû crwès

li dêrène qu’ il ont ieû, après dès cints èt dès cints-ôtes…

maîs qu’ on-z-a mîs sur zias en signe d’ èspwâr

èt pou qu’ is r’pôseneuche paujèremint

d’zous lès-ouys dou Grand Maîsse.

 

No curé vént d’ fini l’ De Profundis…

Gn-aura d’djà ‘ne bèle apèye qu’ i s’ra ralè

qu’ nos s’rons co là, tèrtous, courant d’ ène tombe à l’ ôte,

ca, si nos n’ v’lons pont-z-è rouvyi,

i gn-a dès mantches à mète…

Lès rivenants qui n’s-èstons

vont s’  ratinde à l’ sôrtîye.

èt nos s’rons là combén…

ène dijène tout-au pus,ca l’ binde discrét faît-à faît qu’ on d’vént vî…

—  Èt mi, dj’ di qu’ c’ è-st-ène tchance

qu’ on n’ s-a rouvyi ‘squ’à ci…

—  Èt qué nouvèle, Oscâr, dispûs qu’ on n’ s’ a vèyu?

— Ô!  ça va bén, mèrci! maîs dj’ sû quand min.me binauje di m’ ritrouver droci!

Èt tous lès dîj, à toûr, ravauderont l’ min.me  ranguène.

Dji vos faîs grâce dès vîyès fauves qui vont chûre sins manker,

tarmètant qui, tèrtous acheune, astampès dé l’ comptwâr da Claire,

 nos stuverons   saquants   vêres…

 

Maîs l’ èwîye toûne… :

Timps di s’ quiter; on-z-a l’ keûr gros…

—  Arvèy tèrtous!… èt bon corâdje!

—  Jusqu’à l’ Toussint, s’ i plaît-st-à Dieu!

In p’tit bondjou, su pîd su foutche,

auzès parints qu’ on n’  riveut qu’ tanawète,

pwîs, chakin di s’ costè,

mitan maugaîy, mitan binauje,

ènn’ r’prinde li goria què l’ ratind,

èt v’là co l’ Florîye Pauke qu’ èst oute!

 

Gérard Baudrez

 

Timps d’ Pauke

 

Dins no vièye cimintiêre

Lès fosses ant sti paukéyes

Èt l’ fîèsse dè l’ grande lumiére

Va tchèssi lès nuwéyes.

Lès broûyes dessus lès voyes

F’jèt roubliyi lès clotches.

Deûs djoûs qu’ èles sant avoye

Dèsqu’au sèmedi qu’ aprotche.

L’ pèneûse sèmwin.ne s’ achève

Aveu l’ solia d’ avri.

Èy in nouvia djoû s’ lève

Plin d’ ieus dins lès courtis,

Èt pis c’ è-st-à l’ voléye

Qu’ èles rèvenèt en sounant.

Lès-èfants pa trikeléyes passèt dins lès maujans.

Il è vant aus mayoles

Ayu-ce qu’ i gn-è dès fîyes.

Èy au nût dins l’ casserole

Lès vôtes f’rant ‘ne bêle cutîye.

 

Alexandre Bodart

 

Florîye Pauke !

 

Il est trop vî po r’prinde li ma,

Flachi su l’ èglume qui stornéye,

Ritchèssî l’ cougnèt do trava

Èt cotaper lès-atèléyes !

 

Il èst d’djà d’ âdje po d’vu candjî

Sès-eûréyes, bourer d’ on côp d’ pôce

L’ eûre di d’mwin… I s’ a trèbuki :

I n’ lî faut pus qu’ si wére di tchôse !

L’ aube s’ aviyit, mins n’ rinôye nin

Sès frûtiadjes maugré sès crèvaudes.

L’ ome d’ ayîr ritoûne si wayin;

I dit s’ patêr come à l’ vîye môde !

 

I cligne sès-ôuys quand c’ èst qu’i faut

Qu’ il advine li quéke qui dit mèsse.

On n’ nanche pus wêre o docsau !

Come si t’t-à faît sèreûve su crèsse.

Patwès d’ adon, do vî Curé,

Do Bon Diè, qui s’ keûr compirdeûve,

Qu’ on-z-a là lèyi po d’viser

Come li monseû qui r’chure sès keûves !

I d’vint Ioute au mitan di s’ bin :
Qué pasia faut-i qu’ il èpronte

Po-z-ariver jusqu’à sès djins

Èt pinde si bèsace à l’ min.me ponte ?

II a ‘nn alé pa l’ racoûrci.

Didins lès rukes, avou do l’ pauke

Dins s’ potche d’ en-d’dins po l’ sicochi

Come ça, sins chôse… Po qué murauke ?

 

Alexandre Bodart  

Florîye Pauke

 

On r’vwèt lès djins avau lès vôyes,

Mwins’ qui l’ ôte djoû èt brâmint d’ pus,

Dès cis qu’ achèvenut d’ fé leûs rôyes,

Dès-ôtes qu’ on n’ataucherè pus !

 

Gn-aurè co dès coches dins l’ rouwale

Èsconte dès cinés qu’ on-a choreté,

Stitchî dins lès crayes dès potales

Èt sus lès d’foncés crèvaudés !

 

Po umer l’ rèstant do l’ saumwâre,

Li brouche qui l’ timps a displumé

Frôye li fond do l’ chèle qui sint l’ mwârt,

Si sgote pa-t’t-avau l’ rèssèré !

 

Po totes lès-âmes, min.me marmouyadje

Qui pèrson.ne n’ a jamaîs compris…

Quand l’ mauvi chufèle si mèssadje,

C’ èst po dîre qu’ il a r’faît on nid.

 

On vwèt poûsseler on blanc saurot,

Dârer èvôye sins prinde lès pwin.nes

D’ atauchî on m’-vét qu’ ènn’ a gros !

Aurîz peû-qu’ i gn-uche onk dins l’ jin.ne ?

 

Dès crwès scayetéyes ou d’ blanc bwès…

I va co falu qu’ on trèwîde

Sès lârmes dins l’ trétwè dès-adiès !

I gn-a bin d’ trop d’ Bondiès… li wîde !

 

Et tot-à l’ eûre, on-z-èrîrè.

Li dêrin qui r’claperè l’ baurîre

Aurè co one miète pus frèd.

Ça faît mau, do l’ pwin.ne sins sorîre !

 

Alexandre BODART, in: Un siècle de littérature dialectale au pays d’entre Bocq et Samson, CAIAC asbl, 2008

 

Florîye Pauke

 

On-a spiyî lès crosses

À côps d’ hawe èt d’ locèt,

Faît tot l’ toûr au sauclwè

Po-z-aplani lès bosses.

 

On-a rabiasi l’ fosse,

Ridauboré l’ crwès d’ bwès,

Ripiké l’ brôye-di-tchèt,

Ristampé l’ pîre qui osse.

 

Si on crwèt au murauke,

On stitche on cocha d’ Pauke

Bin fond dins l’ craye qu’ èst là !

 

Gn-a-t-i co dès vachas

Ou ç’ qu’ i crèche dès tchinis’ ?

Gn-a-t-i co dès rovis’ ?

 

Explications :

awe : houe  / ristampé : redressé / cocha : branche feuillue /vacha : cercueil / sauclwè : sarcloir / brôye-di-tchèt : primevère / craye : fente / rovis’ : oublieux

 

D. Nihoul (Bièmeréye / Biesmerée), in: CH. & P.,  202, 1950

 

Florîye Pauke

 

(…) Pusqui vos causez d’ Flrorîye Pauke, dji vos va raconter ç’ qu’ i s’ pas­se à Bièmeréye ci djoû-là.

Dèdjà l’ sèmedi au nût ou tout tim­pe au malin do dîmègne, ci n’ èst qu’ ène convôye di djins qu’ pwatenut dès potéyes di fleûrs à l’  cimintiére; gn-a dès tcbambaréyes, dès jacintes, èmon « les p’titès djins » maîs ossi gn-a dès jolis bwès èt dès crisantin.mes, qui vègnenut dè l’ vile, po lès pus ritches.

Si vos èstîz d’ passadje, intrèz au « champ du repos » èt vos dîroz come mi : « C’ è-st-in vraî pârtêre di fleûrs.. On n’ vèt pus lès fosses; gn-a dès bèlès djaubes qui s’ drèssenut auzès crwès d’ pîre, dès rampioules si coutwadenut autou des cènes di fiêr ou bén dès p’tits boukèts, qu’ ont l’ aîr di dîre, c’ èst li p’tit dérin qu’ m’ a apwartè pou s’ frère qu’ èst ci coûtchi.

Vènez vèy li monumint dès combatants, vos dîrîz l’ ayenâdje d’ in florisse. Mais, gn-a nén qu’ à l’ Florîye Pauke qu’ i gn-a dès fleûrs à l’ cimintière. À toutes lès grandès fièsses di l’ anéye, c’ èst l’ min.me daladje.

Lès mwârts sont toudi à l’ fièsse avou lès vikants, à Bièmeréye èt l’ cén qu’ a scrjt : « Vous qui passez cet­te grille, quittez toute espérance », ni l’ a nén scrît pou Bièmeréye.

Dès djins r’vènenut d’ en France, d’ Anvèrs’, di Lîdje, di Chàrlèrwè deûs ou trwès côps par an pou v’ni flori l’ fosse d’ in-ome, d’ ène feume, d’ in pére, d’ ène mére on d’ in-èfant.

Ossi rade diskindu dou trin ou d’ è­ne auto, li prèmêre entrèvuwe e-st-à l’ cimintière. lès-ôtes vènenut après.

— Bondjoû  Djosèf,   Djâke  ou  Zirè !
Qué nouvèle?

« Dj’ aî stî à l’ cimintière su l’ fosse da X…, ça va bén, mèrci èt vos, Louwis? « Tén, dj’ aî vèyu qu’ on-z-aveut ètèrè nouvèlemint. quî èst-ce, ô? »

— C’ è-st-in tél, c’ è-st-in maleûr, il a bran.mint soufru, ou bén, — c’ è-st-in tél, il a tcheû mvârt en bourant s’ pupe.

Contints d’ awè stî su l’ fosse qu’ is r’vèyenut voltî, il èvont rabrèssî des parints d’ méres au viladje.

(…)

 

Jules Fivèz, Istwêre di Bièmeréye, èt di vint’-deûs-ôtes viladjes d’ avaurci dispûs noûf cints swèssante-quate, avou l’ concoûrs dès Bièrmèrwès, 1972  

Li Florîye Pauke  

 

Ci côp-ci, nos-aprotchans oudôbin nos-astans d’djà au prétimps. Dins l’ timps, à Bièmeréye, Mossieû l’ curé avou saqwants corâls ènn’ alint côpè dès paukes do costè d’ Antéye pou lès ramwinrnè à tchaur, èt lès bèni l’ dimègne au matin d’vant l’ grand-mèsse. C’ èst l’ djoû qu’ on mèt l’ curé à l’uch di l’èglîje. I faut qu’ i toke trwès côps avou l’ mantche dè l’ crwès pou-z-î r’moussi. Li ci qu’ a stî corâl ni rouvîye jamaîs ça. Tot d’ chûte après mèsse, li curé faît l’ distribucion dès paukes (p.53) bènîyes qui lès djins è vont qwê au banc d’ comunion pour zèles è mète aus bondiès, dins lès grègnes, dins lès stauves, dins lès djârdins èt dins lès campagnes. Di l’ àprès non.ne, tot tchûte après vèpes, on faît l’ pôrcèssion à l’ cimintiére èt chakin va pauki lès tombes dès mwârts di s’ famile.

Voci in p’tit souv’nîr di corâl : à l’ Florîye Pauke, quand on mèt ène fouye di pauke bènîye dissus l’ couviète di li stûve qu’ èst bin roudje, èle faît dès rigodons qui n’ arètenut nin ossi longtimps qui l’ fouye ni copète nin. Adon, èle brûle sins fumêre ni odeûr. Si vos ‘nn’ avoz l’ ocâsion, sayoz èt insi, vos l’ vièroz bin … C’ è-st-ossi l’ djoû qu’ on comince li pèneûse samwin.ne.

 

in: Lë Sauvèrdia, 294, 2012

 

Florîye Pauke

 

On-z-a spiyî lès crosses

À côps d’ hawe èt d’ locèt

Faît lès cwanes au sauclwè

Po-z-aplanë lès bosses.

 

On-z-a rënëti l’ fosse

Rëdauborè l ‘ crwès d’ bwès,

Rëpëké l’ brôye-dë-tchèt

Rastampè l’ pîre quë osse

 

Së on crwèt au mërauke

On stëtche on cocha d’ Pauke

Bén fond dins l’ crâye qu’ èst là!

N-a-të cor on vacha

 

Où-ce qu’ ë crèche dès tchënës’?

N-a-të co dès roviës’?

 

Maujeni

 

crosse = croûte – awe = houe – locèt = bêche – sauclwè – sarcloir – rudauborer = repeindre grossièrement – brôye-dë tchèt = primevère – ossi = hocher, branler   cocha d’ Pauke = brin de buis béni – crâye = fente – vacha = cercueil – tchënës’ = fouillis – rovyis’ = oublieux

 

Joseph Houziaux (Cêle / Celles (Houyèt /* Houyet))

 

Florîye Pauke

 

Vo-me-ri-ci (*) cor on  côp dissus l’ tère di mès mwârts.

Audjoûrdu l’ cimintiére a pris one aîr di fièsse :

Lès djârdinîs d’ nos djins lî ont rindu bon d’vwâr

Et po  l’ djoû do l’ sovenance, il a r’trouvé s’ djon.nèsse.

 

Su lès fosses riniètîyes, su lès paukîs tondus,

Li noû solia d’ avri aclape si preumîre bauje ;

Lès p’titès brôyes-di-tchèt qui s’-t-alin.ne a djondu

Ridouvièt leûs bias-ouys. On s’ sint quausu binauje…

 

Su l’ gravî dès-aléyes, oyoz lès pas chiyetè ?

Èt dins lès strwèts pasias, c’ èst dès clérès twèlètes

Qui s’ porsiyèt tofèr su l’ vôye di l’ amistè ;

Lès djon.nès veuves zèles-min.mes ont rovyi leûs vwèlètes !

 

On-èspwâr sôte di têre èt monte aus brès dès crwès.

Lès mwins sont totes lèdjîres po plantè l’ bènîye pauke.

Dès vikants èt dès mwârts tos lès keûrs trèssinèt

Ca lès clotches èt l’ prétimps vont r’tchantè l’ Grand Mirauke.

 

* Vo-me-rici : me revoici ; brôye-di-tchèt : primevère.

 

Louis Loiseau, in: Fleûrs di Moûse, 1942

 

Florîye Pauke

 

On doûs solia d’ prétimp lut pa t’t-avau lès tchamps,

Voci I’ têre qui s’ dispiète èt I’ campagne radjon.nîye,

Avou I’ cloke di l’ èglîje, qui sone po Paukes Florîyes,

Èt tos lès p’tits mouchons, va comèler sès tchants.

 

Su totes lès coches on vwèt d’djà sourdi lès djètons,

Saquants d’ zèls si douvenut, lèyant d’djà quékès foûyes,

V’nu mostrer leû vèrdeû pâle èt frisse à nos-oûys.

 

Lès mwaîs djous sont-st-èvôye èt, dès fleûrs, c’ èst I’ florejon.

Florîye Pauke !  C’ è-st-adon qu’ on vwèt lès payisans

S’ asgligni su I’ campagne, è v’nant pauki leûs têres,

Is féyenut I’ sine dè I’ crwès, fafouyant leûs priyéres

Po qui I’ bon Diè bèniche totes leûs pwin.nes èt leûs tchamps.

 

On lès pout vôy tortos nn’ aler bin paujêremint

Aviè l’ ête qu’ èst vêla tot-au bout do viladje;

Is-î vont tos lès-ans anoyeûs do visadje

Po v’nu pauki lès fosses où dwamenut leûs parints.

 

On spaugne one pitite coche po mète adlé I’ bon Diè,

Qu’ èst mètu su I’ djîvau dè I’ grande nware tchiminéye ;

Èlle î èst, dit I’ cwrèyance, po wéti su l’ aîstréye,

Èt mète è bénite éwe, s’ on maleûr arivèt.

 

Po-z-afranchi lès bièsses d’ èsorcèladje èt d’ maus,

Gn-ènn’ a su l’ uch do stauve, èt machîye è foûradje

On-z-è mèt saquans fouyes. C’ èst bin sûr è viladje

Po prévenu lès maleûrs, on faît bin « tot c’ qu’ i faut ».

 

Insi, peû do tonwâre, on-z-è boute dissus I’ twèt,

D’zos I’ mossèt, d’zos lès scayes, èt pa lès timps d’ oradje,

Li pus franc dè I’ maujone, po bin mostrer s’ coradje,

Li trimpe à bénite éwe èt-z-è tape aus parwès.

 

Maîs tos lès vîs-usadjes ènn’ èvont di nosse timps.

Nos-èstans, come on dit, dins I’ grand siéke dè I’ lumiére

tant dès djins riyenu dès-idéyes di leûs péres !

« On-èst bin pus mwés qu’ zèls, tot s’ dijant pus malins. »

 

li Hèsbaye (la Hesbaye) - Florîye Pâke (dimanche des Rameaux)

(Léonie Pierre, A l’ Florîye Pâke, in: Retrouvons nos racines, La Wallonne, s.d.)

 

1.6 Ôte paut en Bèljike, … / Ailleurs en Belgique, …

in : Nidrum, 1998

(S.374) PALMSONNTAG

 

Der Palmsonntag wird zu Beginn der Karwoche, in Erinnerung an den feierlichen Einzug Jesu in Jérusalem, gefeiert. Fur Nidrum erfahren wir so, daK der gesegnete Palmzweig anjedes Kruzifix des Hauses gesteckt wird, an eine Stelle (meist Krippe) im Stall, beim Säen in den Acker. Hiermit sollen Haus und Bewohner geschützt wer­den, die Saat soll gut gedeihen. (1, S.99)

(S.375) Vor rund 10 Jahren hat Pastor Pankert die Palmweihe aus der Kirche zum Kreuz in der Bermicht verlegt. Anschliefend ziehen die Christen singend und betend mit Palmzweigen in den Händen zum Gotteshaus, wo das Hochamt gefeiert wird.