Li preumî d' maîy en Bèljike walone, picarde, gaumèse / Le premier mai en Belgique wallonne, picarde, gaumaise

PLAN

 

0 Présintâcion / Présentation

1 Tradicions pa réjions / Traditions par régions

1.1 L’ ouwès’-walon / L’ouest-wallon

1.2 Li Picardîye / La Picardie

1.3 Li cente-walon / Le centre-wallon

1.4 L’ ès’-walon/ L’est-wallon

1.5 Li sûd-walon / Le sud-wallon

1.6 Li Gaume / La Gaume

2 Tradicions gastronomikes / Traditions gastronomiques

3 Tradicions musicâles / Traditions musicales

4 Tradicions dès djeûs / Traditions ludiques

5 Scrîjadjes / Littérature

6 Ôte paut en Bèljike, … / Ailleurs en Belgique, …

 

0 Présintâcion / Présentation

Nadine Crétin, Dominique Thibault, Le livre des fêtes, Gallimard, 1991

 

(p.26) Le 1er Mai

 

Le brin de muguet

 

Greffée sur une ancienne fête de la végétation, la coutume française serait partie d’Ile-de-France qu 19e.  Mais certains font cette tradition à Charles IX qui aurait offert du muguet à la cour en 1561.

 

La nuit de Walpurgis

 

La nuit de Beltaine, du 30 avril au 1er mai, les Celtes célébraient le retour de leur été en allumant de grands feux.

Les Germains et les Scnadinaves fêtent encore cette nuit-là, dite de Walpurgis (du nom de sainte Walburge, anglo-saxonne qui a évangélisé l’Allemagne au 8e siècle, pour purifier l’air car les sorcières sont censées se rendre à leur sabbat.

 

Brendan Mc Williams, Watching out for witches, The Irish Times, April 30, 1993

 

The eve of May Day is ‘Walpurgisnacht’.

It was believed that on this night every year witches and other evil creatures of the occult were free to roam the world and cast their nasty spells on poor defenceless people in their villages.

‘Walpurgisnacht’ takes its name from St Walburga, an English nun of the 8th century.  Her involvement is fortuitous, based on the coincidence that her feast day falls on May 1st.

 

A. Varagnac, M. Chollot-Varagnac, Les traditions populaires, PUF, 1978

 

(p.50) MOIS de MAI: MOIS du renouveau de la végétation

(< Maia: vierge féconde, déesse dans le panthéon romain: ou

Ma: placée dans une niche, représentant l’amour fécondant (-19e s.).

Plus tard, les « trimousètes « : la quête de mai pour parer l’autel de la Vierge.

 

A. Varagnac, Marthe Chollot-Varagnac, Les traditions populaires, PUF, 1978

 

(p.50-51) Dans la nuit du 30 avril au 1er mai, l’une celles où les esprits maléfiques se répandaient sur la Tere, les jeunes gens allaienet ce soir-là dans la forêt pour y couper des baliveaux qu’ iils revenaient planter dans le village.  Le plus grand était ébranvché et dressé sur la grand-place du village: c’était le mai communal.

 

Die Nacht vom 30. April auf den 1. Mai, die Walpurgisnacht, nach den Kelten und Germanen

 

Nadine Crétin, Dominique Thibault, Le livre des fêtes, Gallimard, 1991

 

La fête du Travail

 

En 1866, lors d’une grève générale, le 1er mai (date symbolique puisqu’ elle était souvent celle des contrats de travail) pour obtenir la journée des huit heures.  En France, le ler-Mai est une fête légale chômée depuis 1947. En Amérique du Nord, la fête du Travail, le Labour Day, a lieu le premier lundi de septembre.

 

1 Tradicions pa réjions / Traditions par régions

1.0 Jènèrâlités / Généralités

Tradicions d' maîy en Bèljike romane (Traditions de mai en Belgique romane)

(Joseph Defrecheux, Facéties de mai, p.74-78, in Wallonia, 1893)

 

1.1 L’ ouwès’-walon / L’ouest-wallon

Pârin Frèd  (B’zonrî / Besonrieux), in : Èl preumîn d’mé !, in : MA, 5, 1980, p.77

 

À m’ môde què l’ preumîn d’ mé, fièsse dè tous nos-ouvrîs, chène à s’ lèyî daler èyèt min.me roubliyî ! C’ èst l’ vré qu’ avû l’progrès, l’s-otos, l’ télévision, faut ièsse in-acharnè pou moustrer s’-n-opinion. Mi, ç’ djoû-là, d’ fé in saut cinkante ans in-ariére ‘yèt di r’vwa l’ roûdje drapau qu’o n promenoût dins ‘l Louviére. Di r’dèvî in djambot sèrant l’ mangn dè s’ grand-pé qu’ âroût stè à chabots pou fièster l’ preùmî d’ mé. Di n’ di nîn qu’ on m’ cwâra maîs quand d’ intind clakî, fiêr, di r’tire èm capia. C’ èst m’f açon d’ l’ èrmèrcyî. Way, di lî di mèrci pou tout çou qu’ i r’présinte avû les cîs come mi qu’ ont ‘ne saquè dins leû vinte.

Sondjèz què ç’ couleûr-là, du temps qu’ nos stine lès g’vaus, f’soût triyaner l’ bourjwas qu’ a peû qu’ vos montèz trop waut. Pinsèz qu’ c’ èst grâce à li, tèmwin d’ tous nos combats, què l’ monseû, tout come mi, a stè fé sès douze mwas. L’s-ancyins nos-ont quitè maîs i nos d’meûre in d’vwâr : fé preûve d’ in pau d’ rèspèt pou ç’ qu’ il ont s’mè d’ èspwâr. Sans cès vîs militants, ç’ sèroût co l’ èsclavâdje, nos n’ ârine nîn mètenant lès wit’ eûres ni l’ sufrâdje. Quand r’véra l’ preumî” d’ mé, si nos stons co vîvants, d’ èspère nos rincontrer d’zous sès plis, in-avant ! Insi, nos moustèrerons qu’ dins no cwin d’ Walonîye, jamés l’ ouvrî walon n’ abandone èt n’ roublîye !…

 

Robert Dascotte, Les divisions du temps, l’année traditionnelle et les phénomènes atmosphériques de quelques communes du Centre, in : Les Dialectes belgo-romans, 22, pp, 135-182

 

(p.149) Premier mai: on plantait les ‘més’, près de la porte des jeunes filles;

lès ma(w)oumèts.

A Horrues, dès boulomes di strangn ou d’ gôdron su l’ façâde dès mésons (des bonshommes de paille ou de goudron sur la façade des maisons), rapôrt à dès-amoûrs di contrèbande, tout-au mwins supôsès (concernant des amours illégitimes, tout au moins supposés tels). Il y eu des abus et cette coutume pris fin.

 

Robert Dascotte, Trois suppléments au dictionnaire du wallon du Centre, in : BCILL, 28, Louvain-la-Neuve, 1985

 

Au cours de la nuit du 30 avril au 1er mai, on attache un balai au-dessus de la porte de l’étable et on trace une croix avec du goudron sur le mur, ceci afin que le bétail ne soit pas malade (Bellecourt, Godarville).

 

Yernaux E., Fiévet F., Folklore montagnard, s.d.

 

(p.381) LA PLANTATION DU MAI

 

La plantation du mai serait une survivance d’une servitude féoda­le (1). L’arbre de mai était planté devant la maison du seigneur ou de son représentant. On sait qu’à Montignies, le bailli habitait une gros­se maison, située chaussée de Charleroi et que la génération de nos pa­rents a connue sous le nom pompeux de « Château Lepage ». C’est là vraisemblablement que le mai était planté.

N’est-il pas remarquable que c’est précisément à la fête des Trieux, la plus proche de l’endroit que la coutume ait survécu le plus long­temps ?

Elle a eu une autre forme, à la fois offrande amoureuse et marque de dépit ou de colère. Elle se traduisit la nuit précédent le 1er mai par la plantation, devant la porte de l’aimée ou de l’insensible d’un arbuste, d’une branche d’un arbre, parfois orné de rubans et dont l’essence avait une signification connue de tout le monde. Plus tard, on se contenta de placer une branche à la clenche de la porte.

 

 (1)  J. Poueigh. — Le Folklore des pays d’Occident, p. 220.

(p.382)

Ces dictons rimes variaient, à Montigny on disait notamment :

Maîy du bôlî

Dj’ vos vwè voltî.

Maî du hou

Dji m’ fou d’ vous.

Maîy du strin

Feume d’ ârdjint.

La plantation du mai a dû être générale dans le monde chrétien car nous la retrouvons dans de nombreux endroits. En Provence, en Gascogne, dans les Pays Basques elle était observée. Elle se doublait mê­me le 1er mai de l’offrande de fleurs que l’on attachait à la porte des filles. Ces fleurs. symboliques parlaient, exprimaient chacune aussi un sentiment différent.

On devine avec quel émoi les jeunes filles, tôt le matin, le premier mai, allaient se rendre compte si l’on avait planté un mai en face de leur logis ou si l’on avait accroché à la clenche de la porte quelque branche dont la signification allait emplir leur cœur de joie ou de tristesse.

 

Montignî (Montigny-le-Tilleul) - li preumî d' maîy (le premier mai)

(in: Henry Bury, Montigny-le-Tilleul, 1975)

 

1.2 Li Picardîye / La Picardie (co rin trové / encore rien trouvé)

 

1.2 Li cente-walon / Le centre-wallon

Elisée Legros, Quelques notes de dialectologie et de folklore brabançon d’après les papiers de l’abbé Massaux, in : VW, 253, 1951, p.46-50

 

Extrayons encore des dossiers touffus de l’abbé Massaux les précisions sur l’usage des « mais » :

mây, m., litt1 mai (Bonlez, Dion-le-Val, Doiceau, Grez, … ; me [mê/é) à Tourinnes-St-L., Tilly, Wavre, …) :

l) au sens d’à arbre ou branche plantée dans la nuit du 31 avril au Ier mai à proximité de certaines maisons,

soit comme marque d’honneur devant les maisons de notables : un sapin par exemple naguère devant celles du bourgmestre, des échevins, voire du notaire (ainsi à Bossut-Gottechain) ;

soit par dérision : dans beaucoup de cas, ce « mai » consistait en une simple coche « branche » ; par exemple si une jeune fille était jalouse d’une rivale courtisée par celui qu’elle aimait sans succès, on lui plantait un mai pour la faire bisquer davantage encore ; une fille abandonnée par son amoureux rece­vait aussi un mai qu’on plantait dans sa cour, ou qu’on fixait au pignon de sa maison ou sur son toit ; on stampe (dresse) lë mé èl cou (dans la cour] ou on lî pwate one coche à s’ pègnon ; tot 1′ monde savot cë qu’ ça v’léve dîre ; peû (de peur) d’ atraper on mé, n-avot dés cës quë ‘n’ aline né dins leû lét (lit) ; — l’essence choisie avait une signification bien déterminée, comprise de tous ; ainsi une branche de peuplier, plope, signifiait : Djë t’ plote « je te frappe » (Bossut) ;

par extension, mannequin (homme ou femme en paille) suspendu à un arbre, assez souvent à un cerisier, à proximité de l’habitation visée, mannequin appelé aussi mây ou me (Tourinnes-St-L., Dion-le-Val, Chaumont-Gistoux, partie rurale de Wavre) ; on entendait dire : on l’zî a mètë on mây (ou ‘1 ont ië leû mây,), èt on cèréji co bé ! (Dion-le-Val) ; — le choix du cerisier avait un caractère nettement injurieux, équivalant à l’imputation de fille ou de femme publique (Dion-le-Val, Chaumont-Gistoux; on traite à Tourinnes-St-L. une fille publique de cèréji dès pôves ou cèréji d’ comënauté, « cerisier des pau­vres » ou « de communauté ») ; — à Tourinnes-St-L., si une vieille fille n’avait pas de prétendant, on lî è pwartéve onk dë strin (un de paille) ;

par extension encore, silhouette d’homme tracée grossièrement à la brosse, au goudron, sur le crépi blanc du mur ou sur la porte de la maison, c’était le mây le plus redouté : il fallait du temps pour le faire disparaître et, en atten­dant, les passants avaient le loisir de le considérer ; aussi c’est surtout pour préserver leur demeure de ce fâcheux emblème que bon nombre de gens veillaient (Tourinnes-St-L.).

 

Actuellement, la coutume des « mais » a disparu complètement. Il fut un temps peu éloigné encore, de1900 à 1914, où l’on en plaçait beaucoup : à Bossut, la plupart des maisons avaient leur « mai » sous forme de branche ; à Dion-le-Val, on en plaçait de même pour des bagatelles (ainsi, un maigrelet recherchant une fille corpulente, cela donnait lieu à deux mannequins de la taille des amoureux).

 

2) En dehors de ces emblèmes plantés pendant la nuit du 30 avril, on appelle aussi de ce nom ;

a) des sapins plantés, pendant le jour, à l’occasion d’une réjouissance ; ainsi les sapins plantés, le premier dimanche de mai, à la procession de Saint Mar-cou à Grez, laquelle attire Flamands et Wallons : on plante trois mây au son des tchambes (boîtes d’artifices), un au curé orné des couleurs papales, un au bourgmestre avec les couleurs de la ville, et un au président de la confrérie avec les couleurs nationales : c’ èstot one glwêre po cès-omes-là d’ awè (avoir) leû sapé : ë n’a one anêye quë l’ cë qu’ plantéve lès mâys n’ avot r’çu qu’ deûs sapés ; ë ‘nn’ a planté onk à l’ këré (au curé) èt l’ ôte à l’ président dè l’ confrérîye, lë mayeûr n’ ènn’ a ië pont (n’en a eu point) : ël a prin (pris) ça së long qu’ ë ‘nn’ a morë (qu’il en est mort) ; — dans les villages voisins, on désigne cette fête par l’expression à (ou au) mây à Gré : on dit (ou on disait) à Dion-le-Val et Bonlez, à (ou au) mây à Gré, lès blés sont pautiyes, « les seigles sont épiés », ou encore à (ou au) mây à Gré, lès Flaminds vènnenêt avou one paute dins leû bouche, « les Flamands viennent avec un épi dans leur bouche » (ce qui n’est plus vrai aujourd’hui en raison du changement des saisons : lès saisons sont pës taurdèwes (tardives) ; à Tourinnes-St-L., on signale que chake anêye à l’ Sint-Marcout à Gré, ë r’passéve pa Tourëne dès-omes dë Walin (Walhain) èt dès-envërons avou leû casake së leû brès, leûs solés së leû spale, èt one paute dins leû bouche ; — plus rarement on donne le nom de « mai » à une branche plantée le long du parcours d’une procession, mais le nom précis de cette espèce de « mai » est (h)oupia (ainsi à Tilly : témoin né en 1836) ;

 

b) une branche enrubannée et fleurie qui surmonte le dernier véhicule rame­nant la moisson (Dion-le-Val, Dion-le-Mont ; syn. cok à Dion-le-Val et Tourinnes-St-L. : fé 1′ cok, a faire le coq»).

Le vrai nom de ce mây est à Dion-le-Val : mayivau (altération de mây+vivau, « vivat » sans doute). Je n’ai entendu ce nom, désignant aussi la réjouissance qui suit la moisson, qu’à Dion-le-Val. A Tourinnes-St-L., les moissonneurs chan­taient : l’ awous’ èst faît, vivo ! èt cor on côp, vivo !

Quelques moissonneurs entouraient le mây planté sur le chariot, les autres suivaient le véhicule ; une fois le char rentré, on festoyait jusqu’à bien tard, on mangeait des gaufres et on buvait « la goutte ». Vers 1900, à la ferme Delforge de Dion-le-Val, les moissonneurs soupaient à la ferme : on servait de grands saladiers pleins de pommes de terre et de haricots au vinaigre (sauce aus créions) ; il y avait plusieurs tablées pour la vingtaine de participants ; chacun tirait les mets du plat dans son assiette ; puis, en mangeant les gaufres et en buvant, chacun y allait de sa chanson comme à une noce ; on se séparait vers minuit (ou même plus tard ailleurs), certains étant alors passablement gris. Actuellement (1939), chez Thibaut-Nagels, on fait encore le mayivô : on sert de la tarte au lieu de gaufres,

(A noter que le synonyme fé l’ cok s’emploie seul pour la pose du bouquet au haut d’un bâtiment dont le gros œuvre est terminé, c’est-à-dire lorsque la charpente est placée et les chevrons cloués ; le propriétaire paie du genièvre aux maçons et aux charpentiers, et il alloue un bon pourboire).

 

Puisqu’on a cité ci-dessus le substantif (h)oupia, il vaut la peine de signaler aussi un terme apparenté (h)oupète, qui complétera notre documentation sur les « bouquets » traditionnels :

(h)oupète, f., 1) petite houppe ; ë n’ li d’mère qu’ one oupète dë tch’vias, « il ne lui reste qu’une mèche de cheveux » ; — 1′ oupète dè l’ mwêye, touffe de paille qui dépasse le sommet de la meule (Bossut, Dion-le-Val) ;

2)  branche de sapin attachée au-dessus d’une porte pour indiquer qu’on y tient cabaret   (Corroy, Vieusart,  … ; syn.  pèkèt, Bossut, Dion-le-Mont, Dion-le-Val, Grez, …) ;

3)   branche de n’importe  quelle essence qu’ on orne de rubans, de papier, d’étoffe, et qu’on porte à qui l’on veut souhaiter une bonne jeté. On débitait ce naïf compliment :

Petit papillon qui passe au-dessus de ma tête, II m’a appris que c’était votre fête, Qui n’est pas de grande valeur, Mais je le donne de bon cœur.

(D’un témoin de Tilly, né en 1836.) On disait aussi plaisamment (à Tilly, Dion-le-l’., Tourinnes-St-L., Wavre, etc.): Djë vos bistoke  (fête), Djë vos-astoke  (litt. étaie), Tënoz vos bé, Vos n’ tchéroz  (tomberez)  né.

 

L’image du temps qui s’en va, le souvenir des voix qui s’éteignent, le témoignage des vieilles gens de son pays et de leur parler auquel il était passion­nément attaché, c’est tout cela que le bon curé de Dion-le-Val recueillait pour sa satisfaction personnelle d’abord, puis pour ses amis, « les professeurs de Liège », dont la visite était toujours trop rare et trop brève. Pour ma part, en consultant les papiers de l’abbé Massaux, je me rappellerai toujours cet homme simple et serviable qui ne se lassait pas, devant un verre de bour­gogne, de vous interroger sur les problèmes d’étymologie qui le tourmentaient, de deviser de sa documentation qu’il avait quelque peine à ordonner, et de redire sa lointaine et fervente admiration pour le savoir, la clarté et la con­cision de Jean Haust. Hélas ! disait-il, je n’ai pas été favorisé lorsqu’on a distribué ces qualités, aussi dois-je me borner à noter le plus possible d’exem­ples pour que d’autres fassent le tri ; ainsi je servirai la science suivant mes moyens.

Quel est le lecteur qui, après avoir lu l’attachante et minutieuse étude sur les sonneries de cloches dans les Enquêtes du Musée de la Vie wallonne, et après avoir parcouru les notes ci- dessus, pourrait ne pas reconnaître que l’abbé Massaux a bien servi la science ?

 

Jean-Jacques Gaziaux, Parler wallon et vie rurale au pays de Jodoigne, in: BCILL, 38, Louvain-la-Neuve, 1987 C49, p.243-244

 

Au début du XXe siècle, le 1er mai, la jeunesse organisait en outre une série d’activités, dont certaines à caractère satirique. 

Tote lë djon.nèsse aleûve planter l’ mây ‘sorte de grand poteau, souvent un tronc de sapin’ dins l’ cou dè l’ mayeûr èt i payive à bwêre. A l’ copète dè l’ mây, n-avot l’ drapia bèlje èt one courone avou tot p’tits drapias. On tëreûve lès tchambes “on faisait sauter les chambres à poudre’.  Lë dérén d’ mây, lë djon.nèsse aleûve rëqwêr lë mây èt is bèvin’ lë gote ‘du ge­nièvre’ .

 

Pendant la nuit du 1er mai, “des jeunes gens allaient accro­cher des branchages à valeur symbolique aux maisons de jeunes filles ou de femmes et cela très haut, si possible hors de por­tée ; is plantin’ dès coches d’ aube quë corèspondin’ avou l’ sôrte dès djins. On mây dë spëne ‘aubépine’, on v’s-èstëme ; dê plope ‘peuplier’, vîye salope ; dë sau ‘saule’, man.nèt trau (pour une mauvaise ménagère) ; dë saou ‘sureau’, i va qui vout (pour une coureuse; c’èstot one vîye rôleûse, tos lès-omes i brokin’ ‘pénétraient’) (4).  N-a dès cës qu’ avin’ bouté on-ome dë strins ‘mannequin’ avou on-èfant è s’ brès po s’ foute d’ one fème dëdjà pus vîy qu’ èstot en pôsicion ‘enceinte’ (5).  D’autres traçaient des inscriptions ou des dessins à la craie sur les murs. N-a dès cës quê scrijin’ dès mèchancetés, quë markin’ dès canayerîyes së lès pègnons  ‘pignons’ dès maujones avou dè l’ crôye. Ou bén qu’ ës fyin’ dès-omes dë godron ‘goudron’ : ça, c’ èstot crapëleûs !

 

Jules Fivèz, Istwêre di Bièmeréye, èt di vint’-deûs-ôtes viladjes d’ avaurci dispûs noûf cints swèssante-quate, avou l’ concoûrs dès Bièrmèrwès, 1972

 

(p.56) Li Prèmî d’ Maîy.

 

C’è-st-aviè 1910 qui dins 1′ bassin d’ Châlèrwè, on-a cominci pou d’ bon à n’ nin travayi pou fièstè 1′ Premî d’ Maîy. I n’ faut nin crwêre qui ça a stî tôt seû. Bin do contraîre, lès pârtisans ont ieû bran.mint dès rûses nin seûlemint pou mète l’ afaîre dissu pîd, mins ossi èt surtout pou l’ achîr come i faut. Èt pwîs, lès premêrès-anéyes ni conèchint nin in trayin comparâbe au cia di nos djoûs. Di ç’ trèvint-là ça n’ aleut nin tot seû. Mins come i faut in comincemint à tot !…

Il a falu ratinde saqwants-anèyes après 1′ guêre di quatôze pou qui l’ Prèmî d’ Maîy fuche riconu oficiélemint come Fièsse do Travay.  Asteûre, c’ è-st-in daladje di tos lès diâles.

Li djoû d’ audjoûrdu, i gn-a pou insi dîre deûs Fièsses do Tra­vay : li Prèmî d’ Maîy pou tortos, èt « Rerum Novarum » pou lès travayeûs crétyins qui profitenut dè l’ fièsse di l’Ascencion pou manifestè en défilant paujêremint, principâlemint dins lès viles. Dins lès campagnes, i gn-a pont di défilé.

 

Pîtrin (Piétrain) - li preumî d' maîy (le premier mai)

(Armand Pellegrin, in: FB, 9, 1922, p.139)

Grand-Rosêre / Hôtômont (grand-Rosière / Hottomont) - li maîy (le 'mai')

(Paul Coppé, Armand Hanet, in: Notes folkloriques de Grand-Rosière-Hottomont, FB, 109-110, 1939, p.124)

Andène (Andenne) - li vôye di maîy (la 'voie' de mai)

(Dr A. Mélin, Quelques vieilles coutumes d’Andenne, s.d., p97)

 

1.4 L’ ès’-walon / L’est-wallon

Hervé, Malmedy: Lu nut’ du May, in : Ardennes Magazine, 69, 1994, p.53-54

 

Le chant d’amour de la nuit de mai.

 

C’est un chant typiquement wallon que l’on retrouve pratiquement dans tous les Cantons de l’Est.  En effet, c’est en l’an de grâce 1868 que les frères Florent et Olivier Lebierre, Maimédiens de leur état, ont composé en wallon, paroles et musique, la chanson qui accompagne une bien jolie coutume.  C’est cette chanson, traduite en allemand, qui résonne dans tous les hameaux et villages du Sud des Cantons de l’Est, ainsi qu’en version originale à Malmedy, Waimes et les environs durant toute la nuit du 30 avril au ler mai.

 

Que se passe-t-il donc pendant cette fameuse nuit?

 

A l’origine, cette fête pàienne célébrait peut­être le début de l’année météorologique.  En effet le printemps n’est-il pas le renouveau de la nature et, par là même, la fête de tous ceux qui cherchent l’âme soeur … C’est pourquoi les jeunes célibataires se réunissent dans tous les villages pour donner l’aubade à la dame de leurs pensées.  Ils forment des bandes de chanteurs ou de musiciens, préparent une liste de jeunes filles à visiter et, armés de branches de bouleau, ils commencent leur long périple.

Ils chantent sous la fenêtre de chacune des élues pendant que l’un d’eux plante une branche de bouleau dans la gouttière de la maison ce qui suppose parfois des dons d’acrobates.

 

Pourquoi le bouleau?

 

Dans toute l’Europe et jusqu’en Sibérie, le bouleau est un arbre sacré.  En Russie particulièrement, il symbolise le printemps et la jeune fille.  Qui ne connàit la chanson Kalinka (kalinka étant un obier, arbre proche du bouleau) qui célèbre en même temps une jeune fille et la venue du printemps.  D’après Pline, on employait le bouleau à la confection de torches nuptiales, regardées comme porte­bonheur le jour des noces.

 

Mais revenons à nos chanteurs !

Après avoir réveillé la jeune fille par leur chant, plus ou moins juste selon l’heure de leur passage, celle-ci ouvre sa maison pour offrir le verre de l’amitié et éventuellement de quoi se restaurer.  Les aubades et autres sérénades font partie depuis des siècles du folklore amoureux. 

Ces pratiques viennent du Sud de l’Europe, sûrement acheminées par les trouvères et les troubadours.

 

Encore une fois, le brassage culturel a fait sor oeuvre, preuve s’il en est, que nous sommes au coeur de l’Europe.

 

In : Ardenne Web, 7, 2007, p.6

 

/lundi 30 avril au mardi 1er mai/

 

Lieu : Malmedy: ” Lu Nut’ du May ” -” La Nuit de mai “. Ancienne tradition malm-dienne et toujours très vivace; importante dans le coeur des Malmédiens. Ce sont les frères Olivier et Florent LEBIERRE qui ont pour la musique et les paroles com­posé cette merveilleuse chanson. Tous les amoureux, jeunes et moins jeunes s’en vont chanter l’aubade sous la fenêtre de la bien-aimée, par petits groupes ou par sociétés entières. Dès 20h, et jusqu’au petit matin, ils n’arrêteront de chanter cet hymne à l’amour, à 22h : Place Albert 1 er : 1 ère exécution chantée par la Royale Union Wallonne à 22h : Place de Rome : Aubade de la Nuit de Mai – par la Royale Malmédienne. à 24h : Place de Cochem – 2ème exécu­tion chantée par la Royale Union Wallonne

 

Les « Hèyeûs d’ Sovenis » de l’A.R. D’Aywaille, Histoire et traditions de nos vallées, TI, éd. Dricot, 1995   Li nut’ di may

 

Jadis, dans la région de Malmédy, la nuit du 1er mai, le fiancé se rendait devant la porte de chez sa fiancée et y plantait un arbre. Celui-ci était souvent un bouleau. L’homme, de sa voix la plus douce, lui chantait la romance de la nuit de mai. La fiancée, se rappelant que son fiancé lui avait offert des gaufres le jour du “Grand Fouard” (1 semaine avant le carnaval), lui offrait en remerciement une bouteille de pèkèt.

Aujourd’hui, cette tradition appréciée de tous continue. Les sociétés chorales sortent pendant toute la nuit de maison en maison pour aller chanter devant la maison des épouses et des fiancées de leurs membres. Celles-ci offrent à chaque chanteur un verre depèkèt appelé à Malmédy “Henné”. C’est une coutume fort appréciée par les demoiselles et les épouses qui attendent avec impatience cette nuit de grandes émotions.

Voici le premier couplet de la chanson :

 

I fêt tranquile, lu cî èst bê,

Èzès manèdjes, on n’ ôt nous brut

À vos lès tchamps, lès p’tits-oûhês

Su r’pwasèt quékès eûres ossu

Nos-ôtes, nos frohans bwès èt hâyes

Po trover one cohe bèle assez

 

Ref: Ô ! quéle bèle nut’ qui l’nut’ du may,

(p.209)

Quand qu’on-z-a l’honneur d’esse êmé !

O ! quéle bèle nut’ qui l’ nut’ du may

Quand qu ‘on-z-a l’ oneûreur d’ èsse êmé !

 

(Propos de Jeanine Etienne recueillis par Cindy Gillessen)

 

Rien n’émeut plus les Malmédiens que cette superbe chanson. Tous ont l’œil qui se mouille et la voix étranglée dès qu’ils en perçoivent les premières mesures. Si elle est obligatoirement et tant de fois entonnée durant la nuit du 1er mai, elle marque, dans la région, le point culminant de toute fête digne de ce nom : mariage, kermesse de village ou autres festivités. C’est en quelque sorte l’hymne national de la Wallonie malmédienne. Il est vrai pourtant que, dans les villages germanophones voisins, c’est en allemand qu’on la chante à sa bien-aimée.

Le bouleau planté devant la porte de sa fiancée est un geste amoureux riche en

symboles, car, au 1er mai, cet arbre est gorgé de sève, il représente à la fois la richesse de la vie et la force de l’amour. En tout cas, il ne permet pas de se tromper sur les sentiments du jeune prétendant.

 

Lu nut’ du may (paroles et musique composées par Florent et Olivier Lebierre de My: les sociétés locales interprètent ce chant durant le soir du 30 avril au 1er mai.

 

Vîve li nûte (sic) di mây!, AL 07/05/2000

Tradition bien établie dans les cantons de l’Est et dans la région de Stavelot-Malmedy.

Aussi à Salmchâteau.

 

Nicolas Defrecheux, Oeuvres complètes, éd. du Centenaire, 1925

 

In tûsèdje dè l’ Hèsbaye

D’vins lès nut’s qu’aminèt

L’ prumî èt 1′ qwinze di may,

Lès djônes-omes è l’ Hèsbaye

So 1′ teût dès mohones montèt

Èt po chake djône fèye drèssèt,

Disconte li tch’minêye, on may.

C’ èst là qu’ on trouve l’ â-matin

Ine atote, on complumint.

Lès djins v’nèt djoupeler èt rîre.

Is savèt turtos fwèrt bin

Çou qu’ â fond, chake may vout dîre

Èt vos n’ ârez po 1′ savu

Qu’ a lére li rîmèdje qui sût.

May di spène : Amoûr qui d’fène.

May di sawou : î va quî vout.

May di plope : T’ è-st-ine salope.

May di sapin : Dj’ î va djusqu’à l’ fin.

May di tchârnale : C’ è-st-ine macrale.

May di strin : Vât ‘ne feume d’ ârdjint.

May di gngnèsse : Qui t’ ès bièsse !

May di grusalî : On s’ catche podrî.

May di fètchîre : Qui t’ ès fîre !

   May d’ aunê : Dji t’ dilê.

May di frin.ne : Dji t’ arin.ne.

May di pâkî : Dji t’ in.me djusqu’âs pîds.

May di côre : Dji t’ adôre.

On n’ mèt’ nouk dès deûs dièrins

S’ i n’ èst gârni di rubans, di banîres,

Qui volèt a tos lès vints

Èt rindèt 1′ crapôde tote fîre.

Qwand ciste ûsèdje a-t-i k’mincî ?

S’ on vout 1′ savu, fat qu’ on savant 1′ riqwîre.

Qwand çoula finihrè-t-i ? Ci sèreût co pus mâlàhêye a dîre.

Dji sohête min.me qu’ i deûre todi :

Ca dj’ a-st-è l’ îdèye

Qui lès djônès fèyes

Qu’ ont r’çû may di côre ou d’ pâkî

Si k’dûhèt po-z-èspêtchî

Qu’ â bout d’ l’ an.nêye

On n’ veûse à leû tch’minêye,

Qwand vint l’ ponte dè djoû,

May di plope ou bin d’ sawou.

 

Preumî d' maîy, fièsse do travay / Premier mai, fête du travail

Richard Joelants, /À propôs dè prumî d’ mây/

 

On côp d’ clarinète

Papa aveût-st-astiké s’ clarinète come po lès-aubâdes li sèmedi dè l’ fièsse. So s’ pus bê, i m’ aveût loukî èfiler m’ blanke tunike dè l’ société di spôrts « Lès èfants dè peûpe ». Après-avou hoûté lès dièrin.nès rik’mandâcions di Maman et d’ Mèmère, nos-avans r’djondou l’ radjoû d’ nosse sècsion djusse divant

l’ mohone de peûpe di Tîleû.

 

Papa a gangnî s’ plèce è plin mitan d’ 1’ ârmonîye d’ Angleûr-Athus, mi l’ meune â deûzin.me rang d’ nosse société d’ djimnastike. À noûf eûres pètant, nosse groupemint s’ a mètou en route po l’ rowe dè Horlo, èt d’ine trote, nos avans gripé disqu’à l’ Fontin.ne. Tot s’ grohihant dès groupemints d’ Sint-Nicolêy èt d’ Montegnêye, n’s-avans fêt ‘ne prumîre halte à Sint-Djîle. Prumîrès gotes, prumîs-oranjinas ! I fêt bon, mèyeû min.me qui l’ an passé ; tint mî vàt èt

l’ cortèje si r’mèt’ en-alèdje tot d’hindant so l’ vèye.

 

Dji veû l’ rodje binète di m’ Papa qui sofèle tant qu’ i pout è s’-t-instrumint, nos passans po-d’vant Sint-Lorint èt, dès deûs costés dè ‘l vôye, ine longue corote di djins nos-aplaudihèt. On s’ rècrèstêye !! D’vant Sint-Mârtin, lès cis d’G lin vinèt co rècrâhî nosse groupemint èt dji veû m’ mon-n-onke Victôr avou s’ trompète qui m’ fêt dès sènes. So l’ plèce dès Bons-èfant,s li fanfâre atake « l’ Internationale » , nos n’ nos sintons pus. Fêt neûr di djins dispôy li « Paris-Brest » wice qui Françwès Noûvevêye nos raspâme li gosî ‘ne dièrin.ne fêye, disqu’à l’ Plèce Sint-Lambêrt. Li chèrvice d’ ôrde a fwèrt à fé po t’ni lès djins dizos l’ trotwér. Co ‘ne pitite fwèce….vos nos-î chal !

 

Po-d’vant li scanfôr qu’ on-a drèssî po lès discoûrs dès-omes politikes, lès groupemints s’ alignèt come is d’vèt. Nos vèyons v’ni lès cis d’ Djoupêye, di Hèsta, di Fléron…èt d’ on plin côp li plèce èst plin.ne ca lès çis d’  Sèrè, d’ Ougrêye, di Flèmâle èt di Gn’mèpe avou leûs grossès sociétés vinèt dè prinde plèce zèls ossi. Nos nos k’nohons quâsi turtos èt c ‘è-st-ine grande djôye di s’ ritrover èsson.ne po l’ grand rapoûlèdje dè prumî d’ mây.

 

Volà lès-ârmonies qui s’ rasson.nèt po-d’vant l’ tribune so l’ timps qu’ Mèrlot fêt s’ discoûrs. Dès mêyes di mins aplaudihèt l’ orateûr pwîs Robert Djilon èt André Renard* prindèt l’ parole à leû toûr. Come is n’ ont nin leû lin.we è leû potche, is n’ târdjèt nin de fé comprinde à l’ dreûte èt âs patrons qui l’ sindicat rote avou l’ pârti. C’ èst Cools* qui prind l’ micro po fini, Cools pus près dès p’titès djins qui n’ impôrte quél ôte ome politike, Cools qui n’ âreût mây adviné à ç’ moumint-là qui po l’ fé têre on djoû, i l’ fâreût touwer !!!

 

Totes lès fanfâres rassonlêyes djouwèt èsson.ne « L’ Internationale », tot l’monde tchante li pogne lèvé : « C’ est la lutte finale / Groupons- nous, et demain ».

 

Dehousse* dimande à tot l’ monde d’ ènnè raler pâhûlemint. Papa èt mon-n-onke Victôr mi sètchèt come is polèt disqu’à l’ tèrasse dè l’ Populêre. Mi mon-n-onke qu’ a sûr toumé so s’ tièsse mi done vint francs po-s-atcheter dès fritches avou dè l’ mostâde. Lès deûs-omes èfilèt lès plats-cous à ‘ne alûre qui n’ dismintireût nin mi p’tit fré qwand il a tchî è s’ pantalon . Is divenèt rodjes come dès piyaunes…. èt mi dji sètche sins-arèt so l’ vèston di m’ Papa tot d’hant « On-î-va….On-î-va ». Lu, i m’ rèspond chake fêye « C’ èst l’ dièrin / C’ èst l’ dièrin », mins c èst todi l’ avant-dièrin.

 

Dj’ a tant têm’ter qu’ nos-avans fini pa r’prinde li vôye po ‘nnè raler sins qwè, dji creû bin qu’ nos-î sèrîs co po l’ djoû d’ oûy. Nos-avans r’gripé l’ rowe Sint-Djîle pwîs nos nos-avans lèyî rider djus dè vî tièr di Tîleû. Lès feuûmes loukît l’ eûre qwand nos-avans rintré. Fât creûre qui l’ fièsse dè travay rindéve lès djins pus-amistâves di ç’ timps-là ca èles n ‘ont nin hawé come dji m’ î atindéve, mî qu’ ça, èles n’ ont rin dit èt sins fé leû gueûye èco ! !

 

Turtos èsson.ne, nos-avans magnî ine grande jate di clapante sope âs porês èt n’s-avans fini l’ djoûrnêye avou lès vwèsins à l’ mohone dè peûpe wice qu’ on féve bal.

 

Bin dès-an.nêyes pus tard, dj’ a ovré on prumî d’ mây ca lès « Pieux Franki » avît dandjî d’ bèton âs hôts-fornês d’ Ougrêye qu’ on rèparéve. Dispôy ci djoû là, dji n’ a mây pus stu à l’ manifèstâçion ca dj’ a todi wârdé come li sintumint d’ avu trompé m’ pinsêye èt ç’ djoû-là, c’ èst sûr qui m’ Papa n’ âreût nin stu fîr di si r’djèton. Tot m’ mètant è lét ç’ nut’-là, i m’ a toumé ‘ne saqwè so l’ cabu….on côp d’ clarinète mutwè, sét-on mây ?

 

*NDLR :

André Renard : chèf sindicâl qu’ aveûve disfindu à sès-emplwèyés d’ fé … grève (chef syndical qui avait interdit à ses employés de faire … grève)

André Cools : dirigeant socialiste populaire mais magouilleur

Dehousse : dirigeant socialiste, francophile et raciste antinéerlandophone.

Comme quoi les électeurs socialistes se faisaient déjà rouler dans la farine à cette époque.

 

Souvenirs de la vie quotidienne à Gouvy et Rettigny dans la première moitié du XXe siècle, in : GSHA, 19, 1983, p.36-42

 

Une kermesse à Gouvy en 1924

 

A cette époque, les barakîs, comme on les appelait, n’étaient pas si reluisants qu’à ce jour. Maintenant, ce sont des forains élégants. Du vieux temps, ils avaient un carrousel. C’était un petit poney qui servait de moteur. Il tournait en rond pendant des heures. Alors, un homme tournait une manivelle pour faire chanter la musique : toujours le même refrain : « tête as pourries », deux ou trois lampes à pétrole pour éclairage. Le barakî au visage basané et sa compagne aux cheveux en bataille, les gosses sales et déchirés venaient mendier de porte en porte. Leurs boniments ? Souvent mensonge. Sur la fête, Paulette vendait des chiques. Sur la place, on plantait un sapin entouré de savon. En haut pendait un jambon. Les amateurs grimpaient puis retombaient et les badauds rigolaient. Puis il y avait des courses dans des sacs, la course avec un œuf dans une cuiller. Alors, le soir, c’était bal dans le café de la gare. On s’y amusait bien, on dansait le lancier, la valse, le tango et la mazurka.

Tant pis si le dimanche suivant l’abbé Bastin grondait dans son sermon. C’est comme l’ivrogne à sa femme : « Trop tard de gronder après ! »

Plantâcion dès maîys (/ mâys) (Plantation des 'mais')

(R. Warsage, …, Traditions populaires disparues de la province de Liège, Les éd. du Molinay, s.d.)

li lingadje dès mâys (le langage des 'mais')

(in: Cocorico, 30, 2014)

Payis d' Mâmedi (Pays de Malmedy) - lu nut' di may èt lès mâys (la nuit de mai et les 'mais')

( p.192-194, in: Henri Bragard, Le folklore de la Wallonie prussienne, Recherches sur le folklore de Spa, Wallonia, 1899, p.187-196)

 

1.5 Li sûd-walon / Le sud-wallon (co rin trové / encore rien trouvé)

 

1.6 Li Gaume / La Gaume

li pèsadje (le ‘pesage’) (Jean-Claude Servais)

li pèsadje (le 'pesage')

(in: Annonces de l’Ourthe, 30/08/2012)

 

2 Tradicions gastronomikes / Traditions gastronomiques (co rin trové / encore trien trouvé)

 

3 Tradicions musicâles / Traditions musicales: lu nut’ di may (la nuit de mai) (Mâmedi / Malmedy, …)

Sâmtchèstê (Salmchâteau) - li nut' di may (la nuit de mai)

Lu Nut' di May (la Nuit de Mai) (Florent Lebierre & Olivier Lebierre) : pârticion (partition) (1)

Lu Nut' di May (la Nuit de Mai) (Florent Lebierre & Olivier Lebierre) : pârticion (partition) (2)

Lu Nut' di May (la Nuit de Mai) (Florent Lebierre & Olivier Lebierre) : pârticion (partition) (3 - anciène vèrsion))

                                                (in: Mémoire des hautes Ardennes, 1974)

Lu Nut' di May (la Nuit de Mai) (Florent Lebierre & Olivier Lebierre) : paroles (1)

(in: Les Cahiers Wallons, 8, s.d.)

Lu Nut' di May (la Nuit de Mai) (Florent Lebierre & Olivier Lebierre) : paroles (2)

(in: RCWM, La lyre malmédienne, 1974, p.51)

Mâmedi (Malmedy) - Lu nut' di may (La nuitr de mai) a 150 ans.

(in: VA, 30/04/2018)

 

4 Tradicions dès djeûs / Traditions ludiques 

 

cf 1.4 Goûvi (Gouvy)

 

5 Scrîjadjes / Littérature

Andèrlûwe (Anderlues) - Henri Delporte, Pou in mèyeû prèmî d' mé

(in: MA, 1987)

Vèrvî (Verviers) - Alphonse ramet, Prumi (d') may (Premier mai)

(in: Oeuvres d’ Alphonse Ramet, mort /à la guerre/ en 1916, 1921, p.143)

Mâmedi (malmedy) - Baloues (/ Baloûjes) èt nut' du may (hannetons et nuit de mai)

(in: Ârmonak walon d’ Mâmedi, 1936)  

Mâmedi (malmedy) - Lu nut' du may (La nuit de mai)

(in: Lu Vî Sprâwe, déc. 1986)

Wardin - Arthur Schmitz, Sovenance di gamin, Li prèmî d' may (Souvenir de garçon, Le premier mai)

(in: VA, s.d.)

 

 

6 Ôte paut en Bèljike, … / Ailleurs en Belgique, …

Ostkantone (Cantons d' l' Ès' / Cantons de l'Est) - Maiennacht (Nut' du may / Nuit de mai)

(in: Kurier, 24/04/2013)

 

in : Nidrum, 1998

 

(S.374) DIE MAIENNACHT

 

Im 1. Band von Leben und Feiern auf dem Lande berichtet Paul Ludwig Krings: …dass noch Ende der 1930er Jahre während der Maiennacht in Nidrum Streiche gespielt wurden. So schmissen Jugendliche beispielsweise drei Heringsfàsser in einen blühenden Lindenbaum, so dass der Besitzer diese nicht mehr fand. Rechen oder Grasbüschel wurden in einen Kamin gesteckt; auch wur­den nachts Kordeln über die Strasse gespannt. (1, S. 127) Auch das Spielen von Streichen unter dem Namen »Vohssen« bekannt hat es schon sehr frühzeitig gegeben, konnten doch Franziska und Ewald Heck über »Taten« aus der Jugendzeit ihrer Väter berichten. Nach Kriegsende wurde diese alte Tradition in verstärktem Masse weitergefùhrt. In den Vormittagsstunden des 1. Mai war so mancher Zeitgenosse auf der Suche nach seiner Schubkarre, seinem Pferdewagen oder seinem Zaungatter, die fleissige Jugendliche in »harter« Nachtarbeit kreuz und quer durchs Dorf geschleppt hatten. Ich erinnere mich noch genau an einen Sonntag, dem 1. Mai, Anfang der fünfziger Jahre, als ich um 7 Uhr 15 zum Messdienen an der Kirche erschien und dort mit Erstaunen feststellen musste, dass das Seitenportal, in den Nachtstunden von emsigen Händen bis obenhin mit Schubkarren »zugemauert« worden war. Der damalige Pastor Walter Schomus hatte, wie sich an der Lautstärke seiner Predigt unschwer feststellen liess, keinerlei Verständnis fur diese Art von Scherzen. Da in den folgenden Jahren seitens der Bevölkerung am 30. April immer gründlicher alle trag- und fahrbaren Geräte gesichert wurden, musste der Brauch des »Vohssens«, mangels Gelegenheit lautlos zu Grabe getragen werden.

 

Ein weiterer Brauch aus meiner Kindheit gehört heute ebenfalls der Vergangenheit an, es handelte sich um einen ähnlichen Brauch, wie zum 1. April, als versucht wurde die Mitmenschen zu manchem unsinnigen und lustigen Tun zu verleiten, um sie nach vollbrachter Tat, als »Maikalb« bezeichnen zu dürfen.

 

Das fur die Eifel typische »Maiennachtsingen« ist ein noch recht junger Brauch. In Nidrum kam er erst so richtig auf, als Anfang der sechziger Jahre das »Vohssen« unmöglich geworden war. In den ersten Jahren wurde neben der Liebsten, meist den Mädchen aus der Nachbarschaft oder vom gleichen Jahrgang in der Maien­nacht das von den Malmedyer Brüdern Lebierre 1898 gedichtete und vertonte Lied »Lu nut‘ du May«, welches 2 Jahre später ins Deutsche übersetzt worden war, ge­sungen. Als Lohn gab es so manches »Dröppchen«. Auch Musikverein und Kirchenchor zogen und ziehen heute noch durch das Dorf, um den Nidrumern zur Maien­nacht aufzuspielen, beziehungsweise zu singen. Mit zunehmender Mobilität wurde das »Wirkurtgsfeld« nun auf die ganze Eifel ausgedehnt. Dies hat zur Folge, dass oft noch am späten Nachmittag des Maifeiertages stark alkoholisierte Gruppen grölend umherziehen und diesen schönen Brauch mehr und mehr in Verruf bringen. Leidtragende sind häufig die Mädchen, die immer wieder in (S.375) sporadischen Abständen aufstehen müssen um die oft müde und betrunkene Schar zu bewirten. Auch ist es sicherlich äusserst frustrierend, wenn die eine oder andere Maid weniger oder gar nicht besungen wird. Glücklicherweise werden in den letzten Jahren, aus Sicherheitsgründen, die Fahrten mehr und mehr in Kleinbussen durchgeführt. Auch ist der Schnaps fast völlig verschwunden und durch Bier oder alkoholfreie Getränke ersetzt worden. Das Anbringen, von mit Bändern geschmùckten »Maien«, hat sien erst seit Beginn der 1980er Jahre eingebürgert. Obwohl die Maiennacht einen eher schlechten Ruf geniesst, erfreut sie sich dennoch ungebrochener Beliebtheit.(l, S. 132)

der Maibaum in der Eifel

(s.r.)

Schoonderbuken (Scherpenheuvel), Vaalbeek, Haacht - planter l' maîy dins l' Brabant néèrlandofone (planter le 'mai' dans le Brabant néerlandophone)

(in: Le Folklore Brabançon, s.d., p.210-211)