Maîy, li mwès da Marîye en Bèljike walone, picarde, gaumèse / Mai, le mois de Marie en Belgique wallonne, picarde, gaumaise

PLAN

0 Jènèrâlités / Généralités

1 Tradicions en Bèljike walone, picarde, gaumèse / Traditions en Belgique wallonne, picarde, gaumaise

2 Scrîjadjes / Littérature

3 Ôte paut / Ailleurs

0 Jènèrâlités / Généralités

in: Nadine Crétin, Dominique Thibault, Le livre des fêtes, Gallimard, 1991, p.26

La Belle de mai

Dans certaines régions, une jeune fille ou une enfant, parée de fleurs et de feuillages, quête.

Elle évoque le passage à la belle saison et la pureté.

(Mâriéye di maîy / Mariée de mai, in: Agenda de Jean-Claude Servais)

 

1 Tradicions en Bèljike walone, picarde, gaumèse / Traditions en Belgique wallonne, picarde, gaumaise

Ouwès'-walon / Ouest-wallon - Souvrèt (Souvret) : li mwès da Marîye (le mois de Marie)

(in: Jean-Baptiste Marcelle, Mon vieux Souvret, 1980, p.107)

Cente-walon (Centre-walon) - li mwès da Marîye (le mois de Marie)

Jean-Jacques Gaziaux, Parler wallon et vie rurale au pays de Jodoigne, LLN 1987, BCILL 38

 

(p.263) § 156. Lë mwès d’ mây, c’ èst l’ mwès d’ Marîye. C’ èstot salët  (salut) tos lès djous à l’ nêt à yut-eûres à l’ èglîje. Lès-èfants qu’ aline fé leûs paukes (leur profession de foi) d’vine i aler. N-a dès cës quë s’ rafiyin’ (se réjouissaient (à l’avance)) d’i aler po fé dès fârces : (par exemple) lachi dès baloujes (hannetons) dins l’ èglîje. Après l’ salët, on d’mëréve à l’porète (à la brune), on balouchive (allait et venait, traînait) o miète.

 

Alzir, Gilbert et André Noël, Onhaye et ses environs, 1984

 

(p.129) Avec le mois de mai, arrivait le mois de Marie. Chaque soir, il y avait un salut à l’église d’où partait une petite procession, animée par le chant « Ave, Ave Maria » allant à la petite chapelle consacrée à la Vierge, située au carrefour au-delà de la ferme d’ à l’ Sicaye.

 

 

in : CW, 6-7, 1972

 

Quoi qu’il en soit des uns et des autres, terminons cette présen­tation de l’étude de R. Pinon, en citant un couplet connu à Annevoie, chanté sur l’air « C’est le mois de Marie » :

C èst li mwès dès baloûjes,

C’ èst li mwès li pus bia.

Courans cheûre totes lès couches :

Il è tchaît dès moncias.

Ce florilège wallon se rapporte au hanneton (baloûje).

Sûd-walon (Sud-wallon) - lès trimousètes (les mariées de mai)

(Charles Dubois, in: Folklore Stavelot-Malmedy-St Vith (mais l’analyse concerne le sud de la province de Luxembourg, dont l’Arelerland (pays d’Arlon)), T8, 1938)

Longlier / Clio 70, 1974

 

Lès trimousètes

 

Cette coutume est demeurée vivace dans la région de Neufchâteau, spécialement dans les hameaux (Tronquoy, Massul et Molinfaing) de la commune de Longlier.

Ces localités sont situées a courte distance de Neufchâteau, en direction de Bastogne. Ce témoignage d’un folklore authentique se déroule les dimanches de mai.

Il s’agit d’une tradition répandue en Champagne, en Lorraine et dans

le sud de la province de Luxembourg. La Gaume et l’ Ardenne méridionale ont longtemps conservé cette coutume, mais aujourd’hui, seules quelques localités la connaissent encore.

Les trimousètes ou mariées de mai sont des petites filles qui s’en vont

chanter de maison en maison, recuei1lant de l’argent pour l’autel de la Vierge de l’église paroissiale. Les fillettes choisissent celle qui sera la mariée ou la vierge. C’est généralement la plus jeune. Un voile blanc et une couronne de fleurs sur la tête, un petit bouquet à la main, elle marche devant les autres. Après la grand-messe, le cortège arpente les rues du village. Les enfants entrent dans les demeures et y chantent un cantique. Chaque fois qu’est prononcé le nom de Jésus ou de Marie, la petite mariée s’incline cérémonieusement. L’offrande est accueil1ie par une nouvelle révérence dont la profondeur se calque sur l’importance du don. Au moment de prendre congé, elles chantent : ” Nous vous remercions, Monsieur, Madame, de la bonté que vous avez envers Jésus, envers Marie “.

 

Marylène Foguenne, Petites chroniques d’une vie de campagne, Souvenirs de la Haute-Sûre, Vaux-lez-Rosières 1930-1950, éd. Eole, 2003

 

Le mois de mai consacré à la Vierge Marie comportait de nombreux moments de prière réservés à son intention. A cette occasion, le dimanche après-midi, les filles de l’école qui le désiraient, allaient se recueillir et collecter dans les maisons du village. «On n’ alot hêchèn qu’ on djét », « on allait quémander, mendier, disait-on ». Chacun attendait le passage des « hêcheûses », « quémandeuses ». L’une d’entre nous s’habillait en vierge, robe blanche et couronne, une deuxième jouant le rôle de l’ange portait une corbeille et les

autres les accompagnaient. Dès que la porte s’ouvrait, la vierge, tenant un bouquet dans ses mains jointes, s’avançait à petits pas à l’intérieur de la maison. L’ange entrait aussi en tendant la corbeille tandis que les autres, restées sur le seuil, commen­çaient à chanter :

« C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau;

À la vierge chérie, chantons un chant nouveau».

Les gens déposaient quelques pièces de monnaie dans la corbeille, parfois des œufs puis nous continuions à chanter :

« Nous vous remercions au nom de Marie, de votre bonté et de vos pieux dons. Que la sainte paix soit en votre maison, nous le souhaitons au nom de Marie ».

Avant de partir, nous ajoutions encore poliment: « Au revoir ».

Quand l’heure des vêpres sonnait, nous déposions le panier dans la maison où nous nous trouvions et partions à l’office. Nous venions le reprendre après ce temps de recueillement et poursuivions le tour du village. Le moment du retour venu, nous ramenions ledit panier à la sœur ou au curé et nous recevions chacune une babelutte. Nous renouvelions cette démarche les autres dimanches du mois en parcourant aussi les villages alentours.

Voici ce que curé Nicolay écrivit dans le journal paroissial pour encourager « les collecteuses de mai » :

« Avec beaucoup de cœur et de générosité, nos petites filles, chaque dimanche, vont de porte en porte, chantant leurs beaux cantiques et recueillent ainsi des offrandes pour l’orne­mentation de notre autel dédié à de la Sainte Vierge. Le suc­cès obtenu par ces braves petites filles est encore plus grand que les années précédentes, puisque à ce jour, elles ont recueilli la belle et coquette somme de 1667 francs. Nul doute que ces enfants recueilleront encore beaucoup d’argent pour la Sainte Vierge les dimanches 24 et 31 mai. Je félicite ces enfants et aussi les familles qui se sont montrées généreu­ses. C’est là une nouvelle preuve de notre affection envers la Sainte Vierge Mari e».

 

Marie-Thérèse Pipeaux, Anloy, un siècle d’histoire 1900-2000, éd. Weyrich, 2004

 

Le trimosèt

 

Chaque année, le mois de mai était consacré à la Sainte Vierge et je me souviens d’une coutume, à laquelle j’ai participé autrefois.

Toutes les petites filles du village formaient un cortège ; à leur tête, la plus jeune était habillée de blanc et portait un bouquet de fleurs.

Ce petit groupe allait, de porte en porte, chanter un cantique à la gloire de la

Vierge Marie et la benjamine saluait d’une révérence chaque habitant de la

demeure.

Ceux-ci offraient une obole de quelques pièces qui serviraient à garnir l’hôtel

de la Vierge à l’église. Un dernier chant de remerciement était entonné par le petit groupe qui ensuite poursuivait sa tournée.

Tous les dimanches du mois de mai étaient ainsi consacrés aux différentes rues

du village.

 

J.-M. Pierret, Quelques aspects du folklore chestrolais, in : La Vie Wallonne, 1967, p.170-171

 

Lès trimousètes (St-Pierre) = lès mariées (Tronquoy) = lès vièrjes (Massul / Molinfaing)

 

Chaque dimanche de mai, l’après-midi, les fillettes vont de maison en maison pour recueillir de l’argent au profit de l’autel (p.171) de la Vierge. Jadis, c’étaient des œufs ; elles les vendaient dans le magasin du village [Massul et Molinfaing, jusqu’en 1940]. Aujourd’hui, elles ne sortent plus guère de leur paroisse. Il n’en était pas de même autrefois : Verlaine (paroisse de Longlier) était visité par les fillettes de Longlier, de Martilly, de Saint-Pierre et de Tournay. A Léglise, on ne se souvient plus de la coutume ; elle a disparu à Neufchâteau en 1907 (1) ; à Longlier, il y a environ trente ans ; à Grapfontaine en 1963 et à Namous-sart en 1965. Dans les autres villages, elle est bien vivante. On appelle ces petites filles lès mariées (2), sauf à Longlier, à Neufchâteau (3) et à Verlaine, où ce sont lès trimouzètes (comme à Saint-Pierre (4)). A Massul et à Molinfaing, je n’ai relevé que vièrjcs (5) ; ce vocable tend à évincer les dénominations tradi­tionnelles dans les communes de Grandvoir et de Longlier et à Verlaine.

Les fillettes choisissent celle qui sera la ‘mariée’ ou la ‘vierge’. C’est généralement la plus jeune. Un voile blanc et une couronne de rieurs sur la tête, un petit bouquet à la main, elle marche devant les autres. Dans certains villages, une fillette se détache du cortège pour aller demander :

Voulez-vous bien recevoir note vierge? [Narnoussart].

Voulez-vous recevoir la mariée? [Assenois].

Puis toutes entrent dans la maison et chantent un cantique à la Vierge : « C’est le mois de Marie », « Chez nous soyez reine », etc. Chaque fois que ses compagnes prononcent les noms de Marie et de Jésus, la ‘vierge’ fait une révérence. Lorsque l’obole a été déposée dans la boîte de quête, les fillettes remercient :

M. (Mme, Melle), nous vous remercions de la bonté que vous avez pour nous et pour la Vierge Marie et l’enfant Jésus.

Ce n’est pas pour nous que nous demandons, c’est pour la Vierge et son enfant Jésus, c’est pour Marie, mère de Jésus [Mellier] (6).

Le dernier dimanche de mai, les mariées de Mellier ajoutent encore :

 

(1) D’après Geubel-Goubet, p. 408.

(2) Terme archaïque à Tronquoy.                                                ‘

(3) D’après GEUBEL-GoTmDET, ibidem.

(4) La cérémonie est appelée le trimouzèt dans cette commune.

(5) D’après les Enquêtes du Musée de la Vie wallonne, t. VIII, p. 11, trimousète serait employé aussi dans ces deux villages. Je ne l’y ai jamais entendu.

(6) Formules qui varient légèrement de village à village. A Namoussart, à Rossart, à Tournay et à Verlaine, les fillettes chantent seulement la première partie. Voir aussi Geubel-Gourdet, p. 409 : formule qui comprend trois parties (sans localisation).

 

(p.172) L’année prochaine, si nous vivons, nous reviendrons vous visi­ter encore. / Sainte Marie, mère de Dieu, Jésus.

 

 

Au mois de mai, les jeunes gens de Mellier ‘pesaient’ les jeunes filles. Cet usage curieux, l’pèzadje, a disparu il y a environ trente-cinq ans. Chaque soir, les jeunes gens se réunissaient près du pont pour attendre les jeunes filles qui revenaient du salut. L’un d’eux en saisissait une aux aisselles ; un second la prenait aux pieds. Tandis qu’ils la soulevaient et la faisaient sauter, un troisième passait sous ce pont vivant. Bien sûr, certaines jeunes filles ne se laissaient pas faire mais on les ‘pesait’ de force (2).

 

Etienne Wanlin, Fays-les-Veneurs – Le trimosèt, une tradition séculaire, AL 08/06/2004

 

Autrefois, dans la plupart des églises de nos régions, une représentation de la Vierge était habillée par les fidèles qui venaient s’agenouiller au pied de l’autel. Généralement, le bras droit de la madone tenait un bouquet de fleurs artificielles et celui de gauche portait l’enfant sur la main étendue à plat.

Les jeunes filles du village participaient jusqu’à la fin de leur scolarité primaire (14 ans). Elle faisaient le tour du village chaque dimanche de mai et le jour de l’Ascension. Elles éraient revêtues de leurs plus habits et entouraient la Mariée de Mai.

C’était d’ordinaire la plus jeune ou l’une des communiantes de l’année. Elle était vêtue de blanc et portait un bouquet de fleurs à la main. Elle saluait toutes les personnes de chaque maison pendant que les autres chantaient. L’une d’entre elles portait une aumônière ou une tirelire pour récolter l’argent.

De nos jours, le trimosèt existe toujours dans ce petit village de l’entité paliseuloise.

 

                                                                                                       lès trimousètes à Mâssu (les mariées de mai à Massul)

Mâssu-Molîfè (Massul-Molinfaing) - trimousète (mariée de mai)

1992

Anliè, P'héme, Loftêmont, Vlèssât (Anlier, Behême, Louftémont, Vlessart) - trimousète (mariée de mai)

(in: Une clairière dans la forêt, s.d., p.102)

Hoûlemont (Houdemont) - courone di trimousète èt boukèt en tissu / couronne de petite mariée et bouquet en tissu

(dèviè 1950 / vers 1950)

Strintchamp (Stainchamps) - trimousète (mariée de mai)

(in: André Lebeau, Strainchamps à travers 20 siècles, 1970-

Gaume

Sinte-Maro (Sainte-Marie-sur-Semois) - trimousète (mariée de mai)

(“Danse de la mariée”, da / de Félicien Jacques)

Fred Leroy, Chiny se souvient, éd. Eole, 2004

 

/ Les « Danses de Mai » ou « Trimasots » /

 

(p.147) Voici quelques-unes des chansons naïves et cantilènes exécutées par le chœur des jeunes filles :

(…) Jésus s’en va parmi les champs (bis)

Sa Mère Le suit tout en pleurant

Jésus, Sainte Marie, Mère de Dieu!

Sa Mère Le suit tout en pleurant (bis)

Où allez-vous mon cher Enfant?

Jésus, Sainte Marie, Mère de Dieu!

(p.148) Où allez-vous mon cher Enfant? (bis)

Je m ‘en vais à Jérusalem

Jésus, Sainte Marie, Mère de Dieu!

 

Je m’en vais à Jérusalem (bis)

N’y allez pas mon bel Enfant!

Jésus, Sainte Marie, Mère de Dieu!

 

N’y allez pas mon bel Enfant! (bis)

Les Juifs y sont, Vous trahiront!

Jésus, Sainte Marie, Mère de Dieu!

 

Les Juifs y sont, Vous trahiront! (bis)

A la Croix Vous attacheront

Jésus, Sainte Marie, Mère de Dieu!

 

A la Croix Vous attacheront! (bis)

Les pieds, les mains Vous cloueront

Jésus, Sainte Marie, Mère de Dieu!

 

Les pieds, les mains Vous cloueront (bis)

Le côté droit Vous perceront

Jésus, Sainte Marie, Mère de Dieu!

 

Le côté droit Vous perceront (bis)

De Votre corps, ils mangeront

Jésus, Sainte Marie, Mère de Dieu!

De Votre corps, ils mangeront (bis)

De Votre sang, ils en boiront

Jésus, Sainte Marie, Mère de Dieu!

 

etc, etc.

 

lu trimosèt (fête de la mariée de mai (trimo(u)sète)) à Tchèssepîre (Chassepierre)

 

2 Scrîjadjes / Littérature

Henry Matterne, Lès cias do richot, lès sovenances d’ on-aplopin di d’vant l’ guêre, s.d.

 

Lès saluts do mwès d’ maîy

 

C’ èst l’ mwès d’ la Vièje, c’ èst l’ mwès l’ pus bia !

Vinoz, acouroz tortos ! dijeut-èle, Denîse, li p’tite cloke, à tos lès vints.

Tos lès djoûs à l’ nêt, aviè chîj eûres, one quarantin.ne di djins si dispêtchint po-z-aler è l’ èglîje.

 

Nos-ôtes, lès mwin.ne-brût, nos l’ trossins à dadaye po ièsse lès prumîs su lès bancs. Nos-èstins todis co-igne co-agne avou lès cis do Cente po-z-intrer è l’ èglîje mins on s’ arèteut d’ on plin côp quand on tchèyeut buk à buk avou nosse curé.

 

Il èsteut sovint astampé su l’ pwate. On grand fwârt ome, li curé Hanoul ! I nos t’neut à gougne, sins boudjî, lès mwins èfoncîyes dins lès potches di s’ grande nwâre soutane.

 

Taudje, ê ! On n’ mousseut nin è l’ èglîje come dins on molin ! Gn-a mwint’ qui n’ ont nin intré pace qu’ is n’avint pont d’ tchausses. Maleûr ossi à l’ cine qui n’ catcheut nin ses tch’vias pa d’zos on tchapia ou on mouchwè.

 

Lès feumes si mètint à gauche, lès-omes à drwète, lès marayes su lès bancs.

Sint Dènis, li patron dè l’ parotche, tot stèk dizeûs s’-t-autél, riwaîteut tot I’ monde di tote si wôteû. On s’ taîjeut. T’aureus ètindu couru one tchîperète.

 

Nosse curé ènn’aleut è l’ sacristîye. I s’ mousseut avou one saqwè qui r’choneut à on blanc saurot. I s’ mèteut à gngnos au pîd d’ l’ autél èt bacheut s’ tièsse. Ça dureut, dureut… Pwis, i s’ rilèveut èt tot bèlote, i v’neut padrî nos-ôtes.

 

Li salut cominceut.

 

Di s’ grosse vwès, li curé rèciteut l’ prumêre pârtîye do « Je crois en Dieu », do « Notre Père » et do « Je vous salue, Marie ». Lès djins ripurdint l’ ôte.

Gn-aveut dès cines come lî vîye Dalîye qui pèdalint èt dès-ôtes come li bèguiaud qui fyin.n li long cu…

Après l’ tchapelèt, c’ èsteut lès litanîyes d’ la Vièje. Adon, nosse curé monteut lès d’grés d’ l’ autél èt i tchanteut l’ « Tantum Ergo » I bènicheut totes lès djins. Lès coraules cochoyint leû sonète èt l’ maîsse-coraule balonceut l’ encenswâr. On tchanteut cor on can­tike,. Au pus sovint, c’ èsteut « Chez nous, soyez reine » ou bin « J’irai la voir un jour ».

Ça n’ èsteut nin co tot. Nos rècitin.n l’ Anjèlus’. Nosse curé nos fieut alignî onk padrî l’ ôte. I tapeut dins sès mwins po l’ jènuflècsion, pwis i nos lèyeut ‘nn’ aler.

 

On côp, li Gusse èt l’ Djôzî ont manké l’ tchapelèt mins is n’ èstint nin lon. Is s’ avint catchî dins lès grandès-ièbes do pré Sintroûle, à saquants ascauchîyes di l’ èglîje. Is-ont ratindu one bone dimèye eûre pwis is-ont avancî sins fé chonance di rin. Li Gusse aveut on solide sicayon d’ chaule pa d’zos s’t èchu. Passé l’ pwatche, li Djôzî a r’waîtî par one craye di l’ uch d’ intréye. C’ èsteut on-uch à deûs bâtants avou dès-anias en fiêr fwardjî.

—  Nos tchèyans bin, Gusse, il è-st-à djok èt i c’mince à tchanter l’ « Tantôt mon gros », dispêtche-tu, sés-se.

Sins pont fé d’ brût, li Gusse a glissî si scayon dins lès deûs-anias èt is l’ ont lèvé tos lès deûs.

 

Quand l’ salut a stî faît, lès djins ont v’lu sôrti.

L’ uch ni s’ douvieut nin. On-ome a sayî ossi. Il a ieû bau cocheûre lès deûs batants, gn-a rin ieû à fé. Lès-omes èt lès feumes èstint rachonés addé l’ pwate come dès moches d’ api sur on bolèt d’ suke. Gn-a saquantes qu’ ont c’mincî à bèrdèler. Li curé lès-a adouyî d’ on côp. Il ariveut d’djà à grandès-asplanes. Si visadje èsteut quausu come on bolia d’ feu.

—  Qui gn-a-t-i, vêci ?

Li dwèyène, li vîye Dalîye, a wasu lî rèsponde :

—  Mossieû l’ curé, nos-èstans èssèrés. Nosse curé a adviné tot d’ swîte.

Di rodje, si visadje a divenu tot bleuw èt pwis tot violèt. Lès djins bachint l’ anète. Is ratindint l’ acheléye.

 

Ça a tchèyu d’ on côp, èt ça tchèyeut fèl, à make, ossi frèd qu’ on via d’ mârs’. Dji n’ mi sovin qui d’ saquants bribes : scandale dins l’ maujone do Bon Diè, èfants mau élèvés, afrontés,… Ci djoû-là, tot I’ monde a moussî foû pa l’ sacristîye.

 

Li samwin.ne d’après, nosse curé a trové qui ci sèreut brâmint mia do dîre li tchapelèt autoû dès potales èt dès tchapèles do viladje. Tot l’ monde èsteut binauje. Lès potales ont stî rinètîyes, rimètûwes è coleûr, florîyes su on

rin d’ timps. Chale rouwale sayeut do copier l’ ôte.

 

Qui ç’ seûye à Notrè-Dame dès Champs, aus Cwanes, à l’ cinse de l’ Coû, è Notre-Dame di Hal ou à la Vièje dès Voyadjeûs, au Bwès d’ Ausse, gn-aveut one bone pèkeléye di djins tos lès djoûs. Chakin dijeut ses pâtêrs do mia qu’ i p’Ieut. Mins dji vou bin wadjî qu’ la Vièje a chachzlé d’pus d’on côp avou nosse binde d’ârsouyes.

 

Lès djins ratindint l’ curé. Is causint di totes lès sôrtes : dès canadas qui moussint fou d’ têre, dès sèmadjes, dès vatches, dès vias et dès covéyes.

 

Lès-èfants si chakinint. Lès pus grands courint après lès bauchèles po l’z-î foute dès botons d’ sôdârt dins leûs tch’vias ou po l’z-î carèssî leûs bodènes avou dès-ôrtîyes. Quand l’ curé ariveut, pèrson.ne ni waseut pus moufter.

On fieut on d’méy rond autoû dè l’ potale. Li Fèné s’ arindjeut todi po s’ mète ètur lo vîye Dalîye (elle ètindeut fwârt deur) èt l’ grande Jèté, one fèye longûwe et maîgue come one pièce aus manje-tout èt qui pèteut d’ rîre po on rin. On p’tit vint èpwârteut bin wôt dins l’ ciél, lès « Je vous salue, Marie », lès dêrènès fleurs di cèrîjîs èt lès sinteûrs dès-ièbes à mitan meûres. Lès vatches abisint au-d-dilong dès clotures. On vaurlèt ramecheut dès sayas èt dès couchèts grûlint à l’ cinse. On tchin satcheut su s’ lache, vêla, bin lon. Li solia ènn’ aleut tot doûcemint padrî lès sapins do bwès d’ Dauve. Dès-èchêrpes di

brouyârd si daurint sins brût ètur lès vîs plopes.

Li nêt dichindeut paujêre èt douce su l’ viladje.

 

Li curé rèciteut  lès lîtanîyes, li Fèné boureut lès cènes. Il adouyeut l’ grande Jeté, lî fieut dès gros-ouys èt s’ toûrneut do costé dè l’ vîye Dalîye. Avou s’-t-aîr di deûs-aîrs, i lî sofleut : « Laîde rossète, vîye surale, vèsse-di-leup, guèrnouye di bènitî, punaîse di cofèssional… Sins bambî, li dwèyène rèspondeut : priez pour nous.

 

Li grande Jèté si cochoyeut, agneut dins ses lèpes, paumeut tot doûcemint, bèguieut èt pwis d’ on côp s’ pèteut à rîre padrî s’ mokwè d’ potche.

Li Fèné li r’waîteut tot sbaré èt fieut l’ ci do ièsse mwaîs. On-ôte côp, i s’ aveut acoveté padrî l’ Brole, conte on pikèt d’ cloture. Il aveut faît chonance do ranuker l’ lacète di s’ solé mins il aveut loyî l’ djambe do vî ome avou l’ fil à ronches. On s’ plaîjeut surtout bin è rivenant do tchapelèt. On sèmedi, on l’ aveut récité pa-d’vant l’ tchapèle di Notrè-Dame di Lourdes, nin lon dè l’ gâre.

I fieut stofant. Li ciél èsteut fin nwâr, vêla, do costé dè l’ cinse Morimont.

 

Chakin trosseut l’ guète po r’gangnî sès nanches divant qu’ ça n’ tchèyiche.

Li Fèné, li, aveut bin l’ timps. I ‘nn’ aleut piyâne-piyâne do costé dè l’ gâre. Tin ! i cléricheut è l’ cauve. D’ on côp d’ ouy, il a trèvèyu l’ chèf di gâre ou pus jusse, li d’zeûs di s’ tièsse rilûjeut jusse pa-d’vant l’ laurmî. Noste ome brichôdeut avou sès-ostèyes come d’ abitude. I causeut tot seû.

— Nom d’totute ! Qu’ i faît tchôd ! Por mi, il è va tchaîr, one fèle !

Li waléye a tchèyu d’ one trake : tiène, à make, mins coûte.

Li Fèné s’ aveut soladjî su l’ tièsse do brâve chèf di gâre…

 

Quand i fieut bia, nos trin.nin.n dins lès pîd-sintes ou l’ long do richot jusqu’à l’ anêti.

C’ èsteut l’ mèyeû momint po tchèssî lès baloûjes. Di ç’ timps-là, gn-aveut à flache dins lès-aubes èt dins lès bouchons. Nos lès ratindins, à cu d’ pouyon su l’ vôye, avou one bone sitièle di pwès è nosse mwin. Pa dîjin.nes, èles passint dizeûs nos avou leûs dobès-éles grand au laudje. Quand gn-aveut one à pwartéye, nos potchins avou li stièle lèvéye bin wôt. Li pôve bièsse s’ èmacrleut dins lès fins cochas. Sur one pitite dimèye eûre, nos ‘nn’ atrapins chakin one bone vintin.ne.

 

Si l’ timps èsteut grigneûs ou s’ i gn-aveut one grosse comande, nos-alins li djûdi après non.ne, cocheûre lès balivaus d’ tchin.ne dins l’ bwès do Noû Pont. Lès baloûjes èssoketéyes pa d’zos lès fouyes tchèyint à l’ têre come dès grusias au mwès d’avri. Qu’ ènnè fyins-ne ?

Nos n’ lès-aurdins nin. Li jubier èsteut rade èvôye… dins lès car­nassiéres, lès musètes, lès tch’vias, dins k’ craye d’ one finièsse, qui sé-dje ?

 

On côp, k’ Djôsî ènn’ a lachî d’ pus d’ deûs cints dins l’ sale d’ atente dè l’ gâre. Quéne afaîre li  lendemwin quand lès prumîs voyajeûrs ont douviè l’ uch ! Gn-aveut one convôye di tos lès diâles. Dès baloûjes si pormwinrnint dins tos lès cwins. Lès pus prèsséyes si ramèchenint divant l’ guichçt, lès couyones si daurint conte lès câraus tot man.nèts, lès djan-foute èstint montéyes su li stûve maugré qu’ l’ èsteut marké d’ssus : Etat bèlje ; èt deûs ou trwès sins jin.ne s’ avint lèyî clouper dins l’ rodje kèpi do chèf di gâre. Di mwaîs pwèl, cit’-ci a tot raconté au maîsse. Li Gusse a binrade ieû trové ôte tchôse. Noste ome passeut su l’ pavéye divant one maujone, s’ arèteut pa-d’vant l’ uch. I toketeut ou soneut on bon côp pwis i l’ lèveut bon-z-èt rwèd po s’ catchî au pîd d’ one aye ou padrî l’ angléye d’ on meur.

Di-d-là, i riyeut d’ bon keûr è-z-ètindant lès djins qu’ avint stî disrindjîs dins leû mougnadje, leû paurt aus cautes ou bin leû d’vise.

—  Taudje one miète ! Quand dj’ tchaîrè d’ssus ç’ vaurin-là, djè lî tanerè s’ pia avou m’ baston !

—  Taîjoz-vos ! Ci n’ èst qu’on-èfant !

—  Vos-ènn’ avoz faît ostant.

—  Dji wadje qui c’ èst co li p’tit Gusse da Mâria. Il a bau ièsse ossi subtil qu’ on colèvrot, djè l’ aurè.

Li Gusse s’ è fouteut d’ ièsse man’cî. Il aureut falu ièsse fwârt po l’ racsîre…

Mins… pout-mau a tchèyu l’ cu è l’ êwe.

 

On djoû à l’ nêt, i s’ a avancî franc batant èmon Emile Fery. I lèveut d’djà s’ mwin… èt l’uch s’ a douviè : li nèveû da Emile mousseut justumint foû. Is s’ ont r’waîtî come deûs bauyaus.

 

Gusse a potchî lon èri èt a pèté èvôye do costé dè l’ pîd-sinte. Misére ! One saquî avanceut è l pîd-sinte avou one bèrwète ! Nin moyin d’ passer. Gusse s’ a ènondé èt d’on bond, il a volé au-d-dizeûs d’ l’ aye. Dins l’ nwâreû, il a trèvèyu on-uch au laudje èt il î a moussî d’ on lan…

—  Nos l’ tinans. Il è-st-intré dins l’ ran dès couchèts ! Li nèveû da Emile a r’clapé l’ uch èt mètu l’ vèra.

—  Mononke, li raculot èst rintré. Dji vin do sèrer l’ uch.

—  Vos-avoz bin faît, come ça i n’ coûrrè pus èvôye. C’ è-st-adon qu’ nosse Gusse s’ a rindu compte qu’ il èsteut prîjenî avou lès couchèts.

Il î a d’moré one bone eûre èt pwis on l’ a r’lachî…

3 Ôte paut / Ailleurs - France / Lorin.ne romane / Lorraine romane

(in: Pascal Curin, Langues en Lorraine, T1, s.d., p.102)

Bèljike / Belgique / Belgien – Ostkantone

MAIANDACHT UND MAIALTAR, in : Nidrum, 1998, S.374

 Die Verehrung der Mütter Gottes hat in der Eifel Tradi­tion. Die in der Volksfrömmigkeit weit verbreitete Gewohnheit, sich besonders in schweren Stunden, vertrauensvoll an Maria zu wenden, gehört seit jeher zu den Gepflogenheiten der Bevölkerung. Der Monat Mai war und ist in besonderer Weise der Mütter Gottes geweiht. In der Kirche wurde der Maialtar aufgestellt und mit Blumen geschmückt. Während des ganzen Monats wurden die Gläubigen allabendlich durch Glockengelaut zur Maiandacht gerufen. Zudem befand sich in den meisten Häusern ein geschmückter Maialtar. Es gehörte zu den angenehmen Pflichten der Kinder die Blumen für diesen Muttergottesaltar zu besorgen. Von dieser Tradition ist in unserem Dorfe nicht sehr viel übriggeblieben. Zwar befindet sich der Maialtar nach wie vor in der Kirche, die Maiandacht gehört allerdings, wie so viele andere religiöse Bräuche, der Vergangenheit an. Kaum anders dürfte es sich in den meisten Fa­milien mit dem Errichten der Maialtäre verhalten.

Alemagne / AllemaGne / Deutschland

(in: Joachim Schröder, Brauchtumslandschat Eifel, Helios, s.d.)