Sint-Antwin.ne dins l' culture walone, picarde, gaumèse / Saint Antoine dans la culture wallonne, picarde, gaumaise

PLAN

 

0 Pr√©sint√Ęcion / Pr√©sentation

1 Tradicions pa réjions / Traditions par régions

2 Tradicions gastronomikes / Traditions gastronomiques

3 Tradicions music√Ęles / Traditions musicales

4 Tradicions d√®s dje√Ľs / Traditions ludiques

5 Scr√ģjadjes / Litt√©rature

6 √Ēte paut en B√®ljike, … / Ailleurs en Belgique, …

 

0 Pr√©sint√Ęcion / Pr√©sentation

Bernard Louis (17/01/2013)

 

Aujourd’hui saint Antoine l’ermite (et non saint Antoine de Padoue f√™t√© le 13 juin). N√© dans la r√©gion du Caire, il fonde le monachisme ou la vie monastique. V√©cut 105 ans : de 251 √† 356. D√®s le XII√®me si√®cle, les Antonins, moines hospitaliers se r√©clamant de saint Antoine, ont le privil√®ge d’√©lever des cochons pour le ravitaillement de leurs h√īpitaux.

 

Wallon : sint-Antwin.ne, sint-Antw√®ne, sint-z-Ant√īne. De l√† : sint-z-Ant√īne au pourc√™ ; sint-Antwin.ne n’ √® va nin sins s’ pourcia (2 personnes ins√©parables).

 

Mais retenons pour aujourd’hui :¬†

√Ä l’ Sint-Antwin.ne,

l√®s djo√Ľs cr√®chenut do pas d’on mwin.ne ;

 

√Ä l’ Sint-z-Ant√īne,

l√®s djo√Ľs cr√®h√®t d√® pas d’ on mon.ne.

 

On dit ossi : come li r’pas d’on…

 

1 Tradicions pa réjions / Traditions par régions

”√†

(in: M.A., 1969)

Ch.V., Remouchamps-Nonceveux / La Fête des Pains de Saint-Antoine, in : Clio 70, 1974

 

La fête traditionnelle des pains de Saint-Antoine a lieu chaque année à Remouchamps-Nonceveux le dimanche qui suit le 17 janvier, fête de Saint-Antoine.

Au si√®cle pass√© avait lieu √† Nonceveux une foire annuelle aux bestiaux, des porcs surtout. A cette occasion, on vendait une galette sp√©ciale dont le secret est aujourd’hui encore jalousement gard√©.

On l’appela galet de Saint-Antoine en raison du fait que le saint populaire est souvent repr√©sent√© avec un cochon.

Aujourd’hui, l’association La Renaissance de Nonceveux a repris la tradition qui s’√©tait perdue apr√®s la disparition du march√©. Le premier dimanche qui suit le 17 janvier, le cur√© b√©nit √† la sortie de la messe les galets que les habitants en costume folklorique vendent durant la journ√©e. La salle de La Renaissance reste ouverte toute la journ√©e; on peut y d√©guster des galets au son d’un accord√©on.

 

La Saint-Antoine à Nonceveux, in : AO, /01/2011

 

 

Parmi les traditions ancestrales, la f√™te de la Saint-Antoine √† Nonceveux (Remouchamps) trouve une place de choix. En effet, cette f√™te traditionnelle existe depuis plusieurs si√®cles. Elle rassemblait, chaque 17 janvier, tous les petits √©leveurs de la contr√©e et ils √©taient alors tr√®s nombreux. La petite √©glise √©tait bien troc petite pour accueillir tout ce monde qui, d√®s l’office termin√©, se ruait sur les petites √©choppes qui vendaient les gal√®ts b√©nits durant la messe.

Certes, ils devaient d√©j√† √™tre d√©licieux, mais il faut savoir que jadis, ces galets n √©taient pas destin√©s au fermier ou √† sa famille mais exclusivement √† ses b√™tes. En effet, ces p√Ętisseries b√©nites par le pr√™tre officiant ce jour ont la vertu de prot√©ger le b√©tail, une ann√©e durant, des maux de ventre et des coliques. Les √©leveurs, s‚Äôils ne consommaient donc pas les gal√®ts, ne crachaient, en cette f√™te de Sint-Anton.ne √Ęs Pourc√™s, sur le p√®k√®t qui coulait en abondance.

La tradition a toujours √©t√© respect√©e dans le village, mais √©vi¬≠demment, quelques changements sont apparus. Ce n’est plus le be ai qui d√©guste les galets. Il est plus que vraisemblable qu’un jour I un de ces fermiers se soit dit ¬ęSi c’est bon po l√®s bi√®sses, c‚Äô √®st bon po nos-√ītes avou¬†¬Ľ

a manifestement √©t√© entendu… C‚Äôest le seul v√©ritable changement car, heureusement le peket coule toujours aussi g√©n√©reusement en ce jour festif

La f√™te commence toujours par une messe, dite et chant√©e en wallon, durant laquelle sont b√©nits des tas et des tas de gal√®ts (‚Ķ). A la fin de l’office, les ministres de la R√©publique Libre de Nonce¬≠veux, rev√™tus de leur costume d’apparat, offrent le p√®k√®t √† l’assis¬≠tance qui, tr√®s vite, se rassemble sur le parvis de l’√©glise o√Ļ se dres¬≠sent les √©choppes offrant √† la vente et les gal√®ts et le p√®k√®t C’est une ambiance incomparable dans laquelle se c√ītoient les costumes traditionnels de chez nous, ceux des ministres de la R√©publique et ceux des membres de la Confr√©rie des Traditions Gauloises de Nonceveux.

 

Jeannine Xhenseval, Li fi√®sse di sint-z-Ant√īne, in: La Wallonne, 2, 2012

 

Totes l√®s-an.n√™yes, li R√©publique l√ģbe di Nonc√®ve√Ľs √† l’ sint-z-Ant√īne, li d√ģm√®gne di d’vant ou 1′ ci d’apr√®s, √īrganis√™ye ine b√™le djo√Ľrn√™ye di fi√®sse.

Timpe √• matin, l√®s confr√™r√®yes si rassonn√®t √® l’ s√•le d√® viy√®dje (t√©lef√®ye √®n-on chapitau) po be√Ľre ine jate di caf√® √®t, po r’√ß√Ľre l√®s camar√•des d’ ¬ę C√•v√• L√ģdjw√®s ¬Ľ.

Tos-√®ssonle, en p√īrc√®chon, is s’ rind√®t-st-√† l’ √®gl√ģse wice qui l√®s djins d√® viy√®dje √®t d’ √Ę-d’fo√Ľ l’z√®s ratind√®t.

Nosse bon cur√© Tribol√®t pout c’minc√ģ 1′ m√®sse √® walon. Li cor√Ęle atake :

” Vinez √† l’ fi√®sse, li t√•ve √®st pr√®te”.

√Ä l’ fin d√® l’ m√®sse, li cur√© b√®nih l√®s gal√®ts qu’ on f√™t √† ciste oc√Ęsion (par√®tere√Ľt qu’ il apw√®rt√®t 1′ bone√Ľr √®t 1′ sant√©).Vos ‘lz√®s p√īrez atcheter qwand m√®sse s√®r√® fou √®t apr√®s-ave√Ľr tchant√© avou tot 1’ monde “Li tchant d√®s Walons”.

A l’ ouh nos ratind on p’tit h√®na d’ fris’…po nos r√®stch√Ęfer. Adon-pwis, on rinte√Ľre √® l’ s√•le po magn√ģ ‘ne bone pot√™ye √† l’ djote √®t, ci s√®r√® co l’ oc√•sion d√® m√®te √† l’ one√Ľr l√®s nov√™s citw√®yins. (…)

Longue v√®ye √† l’ confr√™r√®ye d√®s ¬ę tradicions gaulw√®ses ¬Ľ √®t √† l’ R√®publike libe di Nonc√®ve√Ľ.

 

 

li Sint-z-Ant√īne √† Nonc√®ve√Ľ (la Saint-Antoine √† Nonceveux)

(in: Les Annonces de l’ourthe, 13/01/20210)

H√®sbaye / Hesbaye - Bl√®hin (Bl√©hen) - li Sint-z-Ant√īne (la Saint-Antoine)

(in: VA, 22/01/2001)

(in: VA, 13/02/2013)

 

2 Tradicions gastronomikes / Traditions gastronomiques

(cf Nonc√®ve√Ľ au-d’ze√Ľ / Nonceveux ci-dessus)

 

3 Tradicions music√Ęles / Traditions musicales

A sint-Antwène (ce saint est fêté le 13 juin - il s'agit d'Antoine de Padoue)

Edgard Lambillon, in : Blanchès tchapèles, 1942

 

A¬†¬† SINT-ANTW√ąNE…

 

Pou insi¬† d√ģre,¬† dins chake m√©so,

av√® ‘ne¬† pot√©ye¬† de¬† fleurs¬†¬† asto,

on vwèt, d’zous globe, vo tièsse pèléye

√®t vo courone d√® tch’ve√Ľs blonds toute crol√©ye

√®y√®t ¬†‚Äėne¬† bander√īle¬† scr√ģje :¬†¬† ¬ę¬† Priez¬† pour nous¬†¬Ľ,

√ī, no¬† bon¬† sint-Antw√®ne d√®¬† Pado√Ľe…

II

Su l’¬† l√ģve qu√® vos t√®nez¬† bin haut,

in¬†¬† P’tit J√©sus¬† √† p√ģds¬†¬† d√®scaus,

ach√ģ¬† ‘ne¬† mi√®te √†¬† scapouy√®te,

vos w√©te, √Ęrsouye, √®t vos f√©t d√®s ris√®tes,

pr√®s‚Äô √† spiter tout come in spirou…

√ī, no¬† bon¬† sint-Antw√™ne de¬† Padoue !

III

On vos  trouve dins lès magasins,

pa t’t-avau l√®s dinr√©yes qu‚Äô on vind,

pou qu‚Äô vos satch√ģje¬† drol√† l‚Äô pratike,

pou qu’ vos f√®y√ģje¬† rauvelr rademint l’ boutike.

√ąt on vos r’to√Ľne conte √®l mur,

l√®s djo√Ľs qu√® l√®s vind√Ędjes vont cu d’ze√Ľs, cu d‚Äôzous.

 

IV

On vos soye lès-orèyes èl pus,

C‚Äô √®st pou r‚Äôtrouver √ß’ qu’ on-a pi√®rdu ;

au lieu d’ cach√ģ, s‚Äô f√© ‚Äėne masse d√®pw√®ne,

on dit rademint ‘ne priy√™re √† sint-Antw√®ne.

On r‚Äôtrouve l‚Äô af√™re √† chake c√īp, surtout

si on vos-a promis quate gros sous…

                                  V

I gn-a bran.mint dès p’titès djins

qui vos pr√ģyeneut √®t n‚Äô saveneut rin

d√® vo syince ni d‚Äô vo vik√©r√ģye

√®t vos p√Ęleneut sins trop d’ c√®r√®mon√ģye…

Més-i faut crwère què c’ è-st-à vo gout

pwisquè vos lès-ègzaucèz  t-tèrtous.

VI

Pourtant, dins vo bia paradis,

tout √ß’ rotindje-l√† dw√®t vos scrandi

√®t vos r’m√®tr√ģz d‚Äô √®l cliyent√®le

volt√ģ, aus sints qui l‚Äôont bran.mint pus b√®le…

M√®s, qw√®-ce qu√® c’ √®st qu’ nos d’v√©rins sins vous,

O, no bon sint-Antw√®ne d√® Pado√Ľe ?…

VII

D‚Äômandez au P‚Äôtit J√©sus r√īselant

qui vos stind sès bras en djuglant

pou qu’ i rapauje toutes  lès miséres

√®y√®t tous l√®s to√Ľrmints d√® no pauve t√™re…

Nos vos l‚Äô dijons su nos de√Ľs dj‚Äônous,

O, no bon sint-Antw√®ne d√® Pado√Ľe…

 

in: Maurice Piron, Anthologie de la littérature wallonne, éd. Pierre Mardaga, 1979, p.184

PIERRE MOUTRIEUX  (1824-1908)

 

N√© et mort √† Mons, fils d’un sergent de ville, Pierre Moutrieux, apr√®s ses humanit√©s au coll√®ge communal, occupa quelque temps des emplois de commis et devint, tr√®s jeune encore, professeur dans des √©coles priv√©es de sa ville natale, notamment √† l’Institution Moneuse. Puis il s’√©tablit comme professeur particulier en vue de pr√©parer les candidats aux examens organis√©s par les administrations publiques, t√Ęche qu’il n’abandonna qu’√† l’√Ęge de 78 ans.

Comme J.-B. Descamps, il partagea ses loisirs litt√©raires entre le fran√ßais et le montois. A la diff√©rence de son a√ģn√©, les chansons fran√ßaises qu’il √©crivit (la plupart parurent au cours de l’ann√©e 1855 en livraisons mensuelles) √©chap¬≠pent en partie aux st√©r√©otypes du romantisme belge : si le prosa√Įsme les entrave, leur accent est celui d’un esprit ind√©pendant, parfois r√©volutionnaire ‚ÄĒ on dirait aujourd’hui progressiste ‚ÄĒ et l’emphase d’une pi√®ce telle que A mon fils qui n’est pas n√© ne parvient pas √† en d√©naturer la port√©e huma¬≠nitaire.

Mais c’est en dialecte que Moutrieux a le mieux exprim√© une personnalit√© faite d’esprit caustique et de philosophie r√©sign√©e. Il avait 25 ans lorsqu’il inaugura avec Des contes de ki√©s (Des balivernes) une s√©rie de trois plaquettes montoises qui parurent en 1849, 1850 et 1851. Une nouvelle fourn√©e vit le jour de 1873 √† 1876 dans une sorte d’almanach intitul√© El canyon d’ Mont et c’est √† la gazette dialectale El Rop√Įeur, fond√©e √† Mons en 1895, qu’il donna la production de ses derni√®res ann√©es.

Chansonnier accompli, Moutrieux fut aussi un prosateur dont la verve ne le c√©da en rien √† celle de l’abb√© Letellier (il collabora d’ailleurs √† son Armonaque), comme le prouvent des pages telles que √ąl cat√©chisse d√® m’ p√©re ‚ÄĒ un cat√©chisme tout en proverbes ‚ÄĒ ou l’√©loge du patois dans l’¬ę adv√®rtance ¬Ľ du Canyon d’ Mont pour 1875. Un choix de ses Ňďuvres fut r√©uni apr√®s sa mort en 1912 par les soins de Gaston Talaupe.

 

 

59                                                                                                 [Mons]

El canson d’ Sint-Antw√™ne

(Air : Te souviens-tu, disait un capitaine)

 

Tout in m’ couchant, √®j’ diswa hier √† m’ reine :

¬ę Ej’ t’aime surtout quand tu ronfles d√®dins t’ lit.

Eh b√©, pourtant, j’aime co mie√Ľs Sint-Antw√™ne,

4¬† c’ √®st-√† √ß’ temps-l√†, f√ģe, qu’on a du pl√©si ! ¬Ľ.

El v√®ye, chez Brock, √®l soci√©t√© s’ rassembe,

on bwat in pot pou √®rb√©ni 1′ drapeau,

on trinque, on rit, on cante t√®rtout’ insembe.

8¬† W√™, Sint-Antw√™ne √®st-in jour qu’est b√© biau !

 

Ces grands monsie√Ľs qui blaguent su no jeu d’ croche,

√ßa n’ rit jam√©s, √ßa n’ set que s’imb√©ter.

Ergardez-l√®s au fond de le√Ľ caroche :

12   i foutent ène gueule à vos fére insauver !

Qu’ je m’ fous, hon, mi, d’ √©te riche come √®ne alt√®sse

et d’avwa 1′ cŇďur aussi gai qu’in cay√ī !

Contint’mint, fie√Ľ, vwayez b√©, passe richesse…

 

16¬†¬† W√™, Sint-Antw√™ne √®st-in jour qu’ √®st b√© biau !

Nous-autes, ourviers, rabourant tout 1′ semaine,

nos n’ avons gu√®re √®l temps d’ nos-am√Ľser.

Ainsi, √† m’ mode que pou √®rprinde haleine,

20¬†¬† de temps-in temps, on peut b√© s’in r’passer.

(p.186)  Pou roubliyer tous nos jours de carême,

¬†on s’ fout ‘ne bone purge, √ßa vos r’lave l√®s boyaus !

F√©s come tu ve√Ľs, i faut mori tout √† m√™me…

24¬†¬† W√™, Sint-Antw√™ne √®st-in jour qu’√®st b√© biau !

 

Louwis-Filipe, au miye√Ľ de tout s’ clike,

n’√©twat ni√© mie√Ľs, ni pus contint surtout,

que l’ rwa d’ nous-autes quand il a √®ne bone chike,

28 fle√Ľr √† s’ capiau √®y√®t m√®daye √† s’ cou.

A tous moumints, corne si c’√©twat √®ne bi√®te,

su l’ pauve rwa d’ France, on tire √† fi√™r √† clau :

no rwa du mwins en’ risque qu’ √®ne soule √† s’ ti√®te…

32 W√™, Sint-Antw√™ne √®st-in jour qu’ √®st b√© biau !

 

C’ √®st tout, z-infants, aste√Ľre qu’on m’ baye √† bw√Ęre !

J’ √© l‚Äô goy√© s√®c, j√© n’ sarwa pus canter.

Come diswat m’ p√©re (qu√® l‚Äô bon Dieu l‚Äô m√®te in glw√Ęre !),

36  èl trop, èt-i, finit par imbéter.

A vote santé ! Faites què l’ anéye prochaine

èt co lès-autes vos consèrviez vo piau

pou co minjer du pourciau d’ sint-Antw√™ne,

40¬† car, mi j’ vos l‚Äô dis, c’ √®st-in jour qu’ √®st b√© biau !

 

 

Paru dans ¬ę D√©s contes d√© gui√©s, tiens ! pa Titisse’ Lad√©routte, dit Louftogne ¬Ľ, Mons, [1849], pp. 14-16 et reproduit dans les Ňíuvres choisies de P. Moutrieux, Mons, 1912, pp. 277-278.

 

 

LA CHANSON DE [LA] SAINT-ANTOINE. ‚ÄĒ La f√™te de saint Antoine, le 17 janvier, √©tait marqu√©e √† Mons par les assauts √† l‚Äô croche, ou parties de jeu de crosse, sorte de jeu du mail, qui se pratiquait pendant l’hiver. C’est √† la Saint-Antoine que le vainqueur ‚ÄĒ le roi, ‚ÄĒ d√©cor√© de la m√©daille du concours, √©tait reconduit en cort√®ge avec musique; un souper g√©n√©ral √©tait organis√© par la soci√©t√© qui groupait les adeptes de ce sport, autrefois en honneur parmi la classe ouvri√®re de la r√©gion.

 

1. √† ma reine, c.-√†-d. √† ma femme. ‚ÄĒ 5. La veille, chez Brock (nom du caf√© o√Ļ se r√©unissaient les joueurs). ‚ÄĒ 6. … pour ¬ę reb√©nir ¬Ľ le drapeau de la soci√©t√©.

13. Qu’est-ce que je me fous, donc, moi… ‚ÄĒ 14. cayau, caillou, pierre. ‚ÄĒ 15. Proverbe fran√ßais : Contentement passe richesse.

17. … ouvriers, peinant toute la semaine; rabourer est une variante de rabouter, abattre de la besogne. ‚ÄĒ 20. s’in r’passer, s’en accorder (du r√©pit ou du plaisir). ‚ÄĒ 22. La ¬ę purge ¬Ľ ici consiste √† faire le vide par l’exc√®s de boisson. ‚ÄĒ

23. La résignation des petits devant la destinée est contenue dans ce vers simple et admirable.

25. Allusion tout au long de la strophe √† la r√©volution de 1848 qui co√Ľta son tr√īne √† Louis-Philippe, dont la royaut√© est malicieusement mise en parall√®le avec celle du vain¬≠queur au jeu de crosse. ‚ÄĒ 27. … quand il a une bonne cuite (ce qui arrive √† la Saint-Antoine, comme l’indique le vers suivant). ‚ÄĒ 28. capiau, chapeau; √† s’ cou : on attendrait en montois √† s’ cu. Aussi bien pour la forme que pour le sens, l’auteur sacrifie ici √† la rime. ‚ÄĒ 30. √† fier √† clau, ici avec le sens de : durement, sans rel√Ęche. L’expression fran√ßaise √† fer et √† clou, attest√©e entre autres chez Calvin et Mme de S√©vign√©, se dit de ce qui est solidement fix√©. ‚ÄĒ 31. so√Ľle, boule de bois que l’on chasse avec une crosse ferr√©e.

35. … le mette en gloire, c.-√†-d. en paradis. ‚ÄĒ 36. le trop (= l’exc√®s), disait-il… ‚ÄĒ 39. pour manger encore du porc de Saint-Antoine. Allusion probable √† l’un des plats traditionnels du banquet final, en souvenir de la l√©gende de saint Antoine et de son cochon.

 

 

Picard√ģye / Picardie: tchanson √† l’ oc√Ęsion do crossadje √† l’ Sint-Antwin.ne (√®l canson du croch√Ęje √† l’ Sint-Antrw√®ne) (la chanson √† l’occasion du jeu de crosse √† la Saint-Antoine): cf 4 (Geert et Sara Nijs, p.229-231)

 

4 Tradicions d√®s dje√Ľs / Traditions ludiques

√®l croch√Ęje en Picard√ģye (le jeu de crosse en Picardie): sint-Antw√®ne, patron d√®s croche√Ľs (saint-Antoine, patron des joueurs de crosse)

(in:¬†Geert & Sara Nijs, Jeu de crosse, Crossage √† travers les √Ęges, √©d. Choullaet Clava, 2013, p.27)

 

(Choullaet Clava, 2013,136)

(Choullaet Clava, 2013,137)

(Choullaet Clava, 2013,138)

(Choullaet Clava, 2013,139)

(Choullaet Clava, 2013,140)

(Choullaet Clava, 2013,141)

(Choullaet Clava, 2013,142)

(Choullaet Clava, 2013,229)

(Choullaet Clava, 2013,230)

(Choullaet Clava, 2013,231)

 

5 Scr√ģjadjes / Litt√©rature

Henri Van Cutsem, in : Tchabaréyes, Couillet, 1936

 

SINT-ANTW√ąNE

 

Grand sint-Antwène, fuchèz djinti !.

Dji vos prom√®t di f√© ‘ne neuv√®ne ;

√®y√®t l’ m√Ęrdi, toutes l√®s samw√®nes,

dji d√ģr√© √† m√®sse, sins minti !

 

Sint√®z m’ ke√Ľr, come il assotit

chaque c√īp qui l’ g√Ęr√ßon d’ √®l vij√®ne

rap√®le qui nos djouw√ģs √®ch√®ne

√† min.n√Ędje, quand nos-√®st√ģs p’tits !

 

Si vos voul√ģz… lyi d√ģre… qu√©kef√ģye,…

qu’ i pout d’viser,… qui dji m’ raf√ģye,…

qu’ il a t√īrt di i√®sse onbradje√Ľs,…

 

quand dji passere√Ľ d√© vo tchap√®le,

vos pouvez m’ cw√™re, n’ e√Ľch√®z n√©n pe√Ľ

dji vos alumere√Ľ ‘ne grosse tchand√®le.

 

6 √Ēte paut en B√®ljike, … / Ailleurs en Belgique, …

Iddergem (Denderleeuw) - de Sint-Antoniuskermis (li dicauce Sint-Antwin.ne / la kermesse Saint-Antoine)

(in: HLN, 21/01/2013)

La vénération de saint Antoine dans la région de la Dendre, in : LB , s.d.

 

Depuis de nombreuses ann√©es la deuxi√®me quinzaine du mois de janvier est plac√©e, dans certaine r√©gions de la Flandre orientale et du Brabant occidental, sous le signe du culte de Saint-Antoine. eL centre de la r√©gion de la Dendre de cette v√©n√©ration est situ√© Borsbeke (entre Alost et Herzele); pour le Brabant, √† Esseme, le folklore rejoint le culte et l’on peut assister, le dimanche √† l’issue de la grand-messe, √† la vente aux ench√®res des dons, don des t√™tes de porcs, et distribution de tranches de pain fourr√©es de t√™te press√©e.

Le culte de Saint-Antoine remonte √† plusieurs si√®cles dans le sud de la Flandre orientale;¬† bien que √† Herdersem, sur les rives de la Dendre, le saint soit aussi invoqu√© contre le ¬ę feu¬† sacr√© ¬Ľ¬† ap¬≠pel√© plus tard ¬ę feu de saint An¬≠toine ¬Ľ et¬†¬†¬† attire beaucoup de monde.

Selon une tradition le jour de la f√™te du saint, les pr√™tres pla¬≠cent sur l’autel deux √©cuelles en bois, oft l’on vient d√©poser de l’ar¬≠gent ou autres offrandes; puis les p√®lerins font trois fois le tour de l’√©glise.

Saint Antoine a √©t√© pour la premi√®re fois l’objet d’un culte particulier √† l’apparition des √©pi¬≠d√©mies de peste. C’√©tait au Xle si√®cle. Plus tard, des hospices Saint-Antoine recueillirent des porcs en guise d’offrande. Pen¬≠dant plusieurs mois les porcs avaient la facult√© de d√©ambuler dans les rues sans que personne ne songe √† leur faire le moindre mal. Plus tard, les hospitaliers de Saint-Antoine dress√®rent m√™me des porcelets qui, avec une sonnette autour de leur cou, les accompagnaient lorsqu’il allaient collecter.

Au Moyen Age, les √©chevins de Gand et d’Alost condamnaient parfois des malfaiteurs √† faire p√®lerinage au ¬ę Saint-Antoine de Borsbeke ¬Ľ. A l’√©glise de Borsbeke, le vitrail vient d’√™tre plac√© √† la m√©moire du R.P. De Vuyst. missionnaire d√©c√©d√© au Za√Įre, le 21 novembre 1972, fils de M. De Vuyst, bourgmestre.

A Grimminge, la statue du saint est sculpt√©e en ch√™ne; un vitrail a √©t√© offert en 1952 par la gilde paysanne; le p√®lerinage a lieu le 17 janvier; le dimanche, apr√®s le 17 c’est le ¬ę jour de la famille ¬Ľ. Un porcelet en argent est attach√© au bras de la statue plac√© au milieu de l’√©glise. Sur les chaises r√©serv√©es aux membres de la confr√©rie est plac√©e une bougie avec un porcelet en carton; cette chandelle est port√©e √† la ferme et allum√©e quand les b√™tes sont malades. Jadis avait ieu aussi une vente aux ench√®res des offrandes.

√Ä Dikkele, le p√®lerinage a lieu du 17 au 25 janvier; apr√®s l‚Äôoffrande, les p√®lerins font trois fois le tour de l’√©glise; jusqu’en 1925 subsista la coutume d’offrir de la ¬ę viande vivante ¬Ľ.

A Zarlardinge, o√Ļ on admire me statue remarquable due au sculpteur de Cooman, se maintint jusqu’en 1920 la coutume d’offrir Les porcelets ou des t√™tes de porcs. Jusqu’√† cette date, les p√®lerins de la r√©gion wallonne √©taient fort nombreux.