Li tradicion d' Djan Pansaud (La tradition de "Djan Pansaud" en Belgique wallonne)

Tchanson da “sint (ou Djan) Pansaud”

 

La chanson de “Saint Pansard“, J. Vandereuse, R. Pinon, in: EMVW, 1962, n°105-108

 

Les chefs de jeunesse faisaient le tour du village le mardi-gras dans beaucoup de localités de l’ESM.

A chaque maison, ils recevaient des oeufs, du lard, du jambon ou un peu de monnaie.

(à Villers-les-deux-Eglises, Frasne, Berzée, Cour-sur-Heure, Olloy, Hanzinelle, Pétigny, Gourdinne, Rognée (Ph11), …)

Dans leur fournée, ils chantaient en règle générale, en se présentant chez l’habitant, une espèce de chant dans lequel il était question de saint Pansaud (saint apocryphe).

Cette quête de Saint Pansard se rencontre en Wallonie du Sud, d’OUest, Picardie, Champagne et Lorraine.

 

Ailleurs, les enfants faisaient de même en chantant de porte en porte, comme à Beauraing:

“Sint-Pansaud n’a nin co sopè

S’ vos plèt, donèz, donèz!

Tayoz bin, tayoz mau,

One bone pîce di pwin èt d’ tchau!”

 

Robert Dascotte, Trois suppléments au dictionnaire du wallon du Centre, in : Bibliothèque des Cahiers de l’Institut de Linguistique de Louvain, 28, Louvain-la-Neuve, 1985

 

Panchârd (sint –), à Carnières, le mardi de la Semaine Sainte, les pauvres se rendaient devant les maisons des fer­miers et des personnes aisées qui leur abandonnaient les re­liefs du dernier repas gras du Carême. A Colarmont, hameau de Carnières, et à Morlanwelz où cette coutume subsistait encore à l’époque de la Révolution de 1830, les pauvres chantaient: Saint Panchârd a-t-i din.nè ?// S’i d’in reste, vos m’ in donerèz.// Tarez gras et tayèz gros,// tout-èst . on pou mète à m’ saclot (“Les Feuillets carniérois”, n° 37, février 1982, p. -4).

 

in : DW, 112, 1995, p.14

 

Fagnolles, la ‘monocellulaire’

 

Quand surgit Djan Pansârd!

 

Les enfants du carnaval dévalent la petite rue entortillée en lézard ; ils frappent aux portes. La motte de beurre, la farine ou les oeufs les attendent à chaque habitation : c’est la coutume; et, pour les obtenir, ils chantent cette rengaine venue de la nuit des temps:

 

« Djosèf èst couroné,

Èst batisé,  

Plin d’ tchaud pasté,

Dè laît buré.

 

Tayez bin, tayez mau.

 

Dj’ aî in cu d’ vêre,

Djè n’ sé pus m’ achîr,

Dj’ aî dès djambes dèsfét,

Djè n’ sé pus router.

 

In boukèt d’ lârd

Pou Djan Pansârd,

Djan n’ a nin co souper,

Ène pètite crousse pou Djan,

Madame, s’ i vous plaît… »

 

Roger Pinon, Jules Vandereuse, in : GW, 1, 1960, p.115-122

 

(p.121) UNE QUETE ORIGINALE

Jean Pansard à Ham-sur-Heure

 

On se fera une idée plus précise de la variété des tournées du Mardi Gras dans l’entre-Sambre-et-Meuse, bien que leur schéma soit assez uniforme, en prenant connaissance de la quête de Jean Pansard à Ham-sur-Heure.

Première originalité : elle a lieu le Lundi Gras !

Il y avait au Bourg’ — ainsi désigne-t-on Ham-sur-Heure en dialecte — trois groupes de quêteurs : la Jeunesse (entre 20 et 30 jeunes gens) soutenue par des tambours ; le groupe des mu­siciens « Les Caracoles » (entre 7 à 10 participants) et son rival « Les Lumeçons », d’égale importance.

 

Les trois chefs de la Jeunesse provoquaient par voie d’affiche une réunion préparatoire au carnaval, généralement à la Croix Blanche, un café.

Les postes honorifiques étaient mis aux enchères, et certains n’étaient acquis que contre paiement d’un nombre respectable de « pots » de bière.

Parmi ces postes, on distinguait dans l’ordre du cortège des quêteurs :

le « courrier habillé d’une chemise et d’un pantalon blancs, d’une petite jupe en mousseline de couleur bien propre et bouffan­te, d’un chapeau rond garni de dentelles avec un large ruban rou­ge qui descendait en s’arrondissant jusqu’au milieu de la poitrine, celle-ci barrée d’un baudrier rouge ; dans la main droite, il tenait une petite badine enrubannée avec un chou de différentes couleurs à ses extrémités. Le courrier avançait en dansant un pas de polka du pied droit suivi de deux pas ordinaires, puis un pas de polka du pied gauche suivi de deux pas ordinaires. Il est arrivé qu’il y eût

plusieurs « courriers » ;

le « tambour-major », qui est en même temps le capitaine de la Jeunesse dans le groupe principal, manœuvrait sa canne, di­rigeait le cortège réglait le pas pour le tambour tantôt sur une marche à pas menus, tantôt sur un piétinement sur place, notam­ment au moment d’attendre le retour du courrier ; (p.122) les musiciens ou les tambours, ou bien les musiciens et le tambour, selon l’année ; les « masques », lesquels bourraient de foin leur pantalon pour éviter de souffrir des coups de fouets que leur administrait le pourtchî (porcher). Ils se tenaient bras dessus, bras dessous, chantaient des airs à la mode et dansaient. Leur costume était le sarrau bleu, une casquette de soie noire, un mouchoir rouge noué autour du cou et une paire de bonnes guêtres ;

le pourtchî : il frappait de son fouet les « masques » qui quit­taient les rangs et ramenait les traînards. Il était vêtu d’une che­mise blanche, d’une culotte grise de chanvre et porteur de guê­tres. Il tenait en mains un fouet spécial, selon F. Bosseaux (6). Il y avait parfois plusieurs pourtchîs ;

le « porteur de hotte », lequel reçoit les victuailles. Il était surveillé, du moins selon F. Bosseaux, par 2 « gendarmes ». II arrivait aussi que le porte-hotte vint après les tambours.

 

Cette bande de joyeux drilles, appelés les Djan-Pansauds, al­lait de ferme en ferme. Le courrier se détachait du groupe en cou­rant et allait demander si le fermier voulait bien recevoir la Jeu­nesse. L’autorisation reçue, il courait reprendre la tête du cortège et, toujours dansant, le cortège suivant, il faisait un tour à l’intérieur de la maison. En beaucoup de fermes, les tables étaient garnies de verres de bière, de pèkèt (genièvre), de « goutte de France » (eau-de-vie) que l’on offrait à cette jeunesse joyeuse et exubérante. Une petite aubade saluait spécialement les héritières bonnes à marier des familles les plus généreuses. En outre, ils re­cevaient, après la chanson de Djan Pansaud, de menues pièces d’argent, des victuailles, de la farine, des œufs…

 

Le soir, les quêteurs faisaient un repas pantagruélique de ce qu’ils avaient reçu, en préparation des réjouissances du cras mar­di.

 

Chanson de Djan Ponsaud

 

Djan Pansaud n’ a né co soupé :

 

S’il vous plaît de lui en donner,

Taillez ci, taillez là

Mètouz-le au mitan du plat,

In p’tit bokèt d’ pwin, in p’tit bokèt d’ tchau,

 

Pou Djan Ponsaud.

Dj’ é dès djambes di fiêr,

Djè coûr come in ciêr;

Dj’ é dès djambes di fistu,

Djè d’mère toudi ascroupu d’ssus.

 

Roger Pinon, Analyse  Morphologique des Feux de Carême dans la Wallonie Occidentale,  in : Commission Royale belge de folklore, T9-14, 1956-1961, p.81-183

 

(p.156) 5 APRES LA COMBUSTION

 

A Fagnolle les enfants qui reviennent du grand feu chantent devant chaque maison la complainte de : « Joseph est couronné », qui n’est autre que la chanson de Sint Pansârd. Pour les récompenser, on leur donne de la farine, du lard, des œufs ou de l’argent; ils achèvent la journée chez un particulier où la femme veut bien leur faire des galettes,avec le produit de leur quête. Aujour­d’hui la complainte est entonnée par tous autour du bra­sier en flammes.

 

Yernaux E., Fiévet F., Folklore montagnard, s.d.

 

LES  RWES

 

M. Jules Lemoine, l’ancien directeur des écoles de Marcinelle, a consacré de longs travaux au folklore de notre région. A l’époque, où il écrivit ses études, c’est-à-dire vers 1890, il constatait déjà que l’an­cienne coutume de tirer les Rois, soit par une « trairie », soit par la fève avait presque disparu. Voici comment M. Lemoine raconte la fête de l’Epiphanie chez nous (1) :

 

(p.131) LE  JOUR  DES  ROIS

 

Huit jours après la fête des Rois, c’était un usage pour les pauvres de parcourir la localité vers le soir, de s’arrêter aux portes des gens aisés en chantant, sur un rythme monotone, un couplet qui se termine ainsi :

 

Sint Pansau n’ a nén co soupè

S’ i vos plaît, vos lyi in donerèz.

 

(p.132) Et chacun s’empressait, selon sa générosité, de donner un quignon de pain ou de faire asseoir à table un de ces déshérités de la fortune et de lui servir copieusement à souper. »

Le boulanger, le jour des Rois, offrait à ses clients un cramique. Cette coutume était encore observée par certains boulangers, au lende­main de la guerre 1914-1918, notamment par Constant Genicot, de la rue Bayemont. Ce cramique remplaçait le traditionnel gâteau des Rois.

 

“L’histoire de Djan Ponsaud ça se chan­tait le soir après le grand-feu: les jeunes gens collectaient des victuailles et des pièces de monnaie pour le souper”. C’est en ces termes que monsieur Raymond Marchand, de Vireux-Wallerand, dans le département français des Ardennes, décrit la quête pour Saint-Pansard, facé­tieux et apocryphe. Les donateurs apitoyés et les

 

in : EMVW, 1931-48, p.172-173

 

La chanson de « Saint Pansard » ou de « Djau Pansau »

 

La chanson de Saint Pansau qui na pas soupe a été signalée en 1863 par taree dans son Romancero de Champa­gne. Eu 1890, meyrac, dans son ouvrage sur les Traditions des Ardennes, p. 64 et 71, on donne des variantes chantées par la jeunesse dans sa tournée de cabaret en cabaret au carnaval ; voyez aussi p. 5, où elle est chantée par les enfants réclamant leur part lors d’une noce.

waslet, dans le Dictionnaire wallon givetois, fier, parle de Djan Pansau comme d’ « une sorte de gueux légen­daire qui personnifie les mendiants réclamant la part de Dieu dans les repas de noces, les fêtes et les festins :

 

Djan Pansaud n’ a nin co soupè ;        Jean Pansard n’a pas encore soupe ;

s’ i nos plêt dè li en donè;                 s’il vous plaît de lui en donner;

Tayoz wôt, tayoz bas,                     Taillez haut, taillez bas,

tayoz au mitan dou plat.                  taillez au milieu du plat.

Dj’ aî dès djambes di fièr,                j’ai des jambes de fer,

dji coûr come in cièr ;                     je cours comme un cerf ;

dj’ aî dès djambes di fustu,              j’ai des jambes de fétu,

dji tchê toudi su m’ cu. »                 je  tombe  toujours sur mou c…

 

(1) Traduction : Ne sais-tu [rien] par oui-dire au sujet de Salazâr, ; qui est venu surprendre les Flamands / ainsi que lit [== surprit] Dieu au Jardin [des Oliviers] / ce Judas qui vint le baiser ? / Mais il fut puni do son péché : / il alla se pendre à un sureau. / Salazâr peut le faire, s’il veut… (J. haust, Quatre dialogues de paysans, p. 45 ; Coll. Nos Dialectes, n° 9, 1939).

 

(p.173) Dans le Bulletin du Comité du Folklore champenois (1), notre confrère et correspondant J. massiet de biest, archiviste départemental des Ardennes, a étudié les variantes du texte et de la mélodie, telles qu’il les a recueillies dans une enquête fort poussée dans les Ardennes françaises et le Nord de la Marne.

Il fait un appel à nos folkloristes pour poursuivre la recherche dans les contrées belges voisines ; appel que nous transmettons à nos amis du Sud de l’Ardenne et du pays gaumais : connaît-on la chanson ? dans quelles circonstances se chante-t-elle ? quelles en sont les paroles et la mélodie ?

A titre d’exemples, citons le témoignage de Th. delogne, pour la Basse-Semois (Allé et environs) (2) : Le Mardi-Gras « était dit aussi la Saint Pansau.’.. La jeunesse, masquée et travestie, quêtait de porte en porte des œufs, du lard ou de l’argent, en chantant une espèce de complainte :

Saint Pansaud, qui n’a pas soupé,

s’il vous plaît de lui en donner.

Coupez haut, coupez bas,

coupez de haut en bas. »

Et celui d’E. liégeois, dans le lexique gaumais de Tintigny (3) : « Sous les fenêtres d’une maison où se fait une noce, les enfants vont crier :

Sint  Pansârd  n’ a pas  soupé ;

s’il vous plaît,  lui en donnez :

 un morceau de chaud pâté

et   un   verre   de  vin

comme   au   père   capucin. » (4)

 

(1)  6e année, 1935, p. 265-274.

(2)   L’Ardenne méridionale belge,  1914, p.  173.

(3)   Bullet. de la Soc. de Littér. Wallonne, t. 37, 1897, p. 354.

(4)   R. de waRsage, Calendrier popul.  wallon (1920), p.  85, reproduit, à  propos   du   Carnaval,  une  version  wallonne  non localisée et pas très sûre : Sint Pansa n’a nin sopè…., avec une variante picarde : Saint Panchard n’a pas soupé…, et une vosgien-ne : Carnaval n’a pas soupe… — Comparez labourasse, Ane. us… du départ, de la Meuse, 1902, p. 45 : Saint Panseaux n’a pas à souper… (aux noces), et de westphalen, Petit Dict. des Tradit. popul. messines, 1934, p. 445-6 : Mardi gras n’a pas soupé…

 

Maurice Piron, Anthologie de la littérature wallonne, éd. Pierre Mardaga, 1979

 

Willy Bal

 

Èl complinte dè Djan Pansaud

 

« Djan Pansau n’ a nin co soupè,

i d’mande in p’tit boukèt,

tayèz bin, tayèz mau,

4   in p’tit boukèt pou Djan Pansaud !

 

Djan Pansaud n’a nin co soupè,

ni co din.nè, ni co d’djènè.

8  I d’mande in p’tit boukèt.

Tayèz bin, tayèz mau,

in p’tit boukèt pou Djan Pansaud !

 

LA COMPLAINTE DE JEAN PANSARD. — Pansaud (pansard) a ici le sens de glouton par dérision. Djan Pansaud « sorte de gueux légendaire qui personnifie les mendiants récla­mant la part de Dieu dans les repas de noces, les fêtes et les festins » (J. Waslet, Dict. wallon-givetois cité dans EMVW, 4, 172) est connu par une chanson de quête du Carnaval attestée naguère dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, les Ardennes et la Champagne où elle pré­sente un incipit à peu près invariable qui forme le début de la complainte de W. Bal (vers 1-4). De type folklorique un tantinet grotesque, le minable Djan Pansaud s’élève ici au symbole de l’enfance malchanceuse qui pleure son abandon et sa faim.

 

2. boukèt, morceau.

 

(p.573)

— Passèz vo tch’min, crèkion !

12 In djoû d’ Carnaval, nos n’avons

nin 1′ timps d’ fé toutes vos misaumènes.

Nos mindjons dès rèstons,

riyons plin no boudène,

16  pètons saquants fèrdènes.

Passèz vo tch’min, crèkion !

 

— Vos n’avèz nin 1′ timps,

mès bounès djins,

20 çoula s’ comprind :

faut fé dès vôtes

en racontant dès prautes,

danser dès rigodons,

24 tûter saquants canons

èt cakyî lès grossès dondons !

 

Èt mi, dj’ seû Djan Pansau,

Djan qui sint mwés come in vèssau,

28 Djan qu’ è-stossi blanc qu’ in nîyau,

Djan qu’ è-st-ossi léd qu’ in bwègne-clau.

Si dj’ seû Djan Pansaud, c’ èst d’ fé djène

t’ au-d-dèlon dè l’ samwène,

32 iviêr, campagne, toudi carème.

 

Si dj’ seû-st-in Djan Pansaud,

c’ èst què dj’ n’ é jamwés mougni m’ sô,

in seul côp dè l’ samwène !

36 Èscusèz-me don, mès djins !

 

Si dj’ seû-st-in Djan Pansaud,

c’ èst què dj’ n’ é jamwés mougni m’ sô

 

 

11. crèkion, gringalet, avorton. — 13. misaumènes, mômeries. — 14. rèstons, crêpes légères, pâtisserie traditionnelle du Mardi-gras; on en mange pour ne pas être mordu des mous­tiques. — 15. Rions plein notre bedaine; boudène, nombril, p. ext., ventre. — 16. Le sens est : faisons le fou; fèrdène, litt. : fredaine.

21. vôte, crêpe ordinaire. — 21. prautes, plaisanteries. — 24-25. lamper quelques grands verres et lutiner les grosses donzelles.

27. qui sent mauvais comme un péteur. — 28. nîyau, œuf de craie. — 29. bwègne-clau, bouton de fièvre.

30. fé djène, jeûner. — 34. mougnî (péj.), manger, en parlant des bêtes; le terme relevé est mindjî.

 

(p.574) dèspûs bin dès samwènes !

40 Èscusèz-me don, mès djins !

Èm’ mame è-st-ène putin,

èm’ pa, c’ è-st-in vaurin

èt mi, dj’ seû tout crombin

44 pou payî leûs fèrdènes.

 

Dj’ seû 1′ djon.ne qu’ on n’ a nin fét èsprès,

vûdi d’ ène boutêye dè pèkèt.

Dîrîz bin comint dj’ é scapè,

48 comint-ce què dj’ n’ é nin stî span.mè ?

èm’ mame a tout asprouvè…

 

Èrsuwè au vint d’ bîje,

pus souvint cu tout nu qu’ en tch’mîje,

52 dîrîz bin comint dj’ é scapè ?

Èspani avou dè l’ lapète,

embèrnè quand dj’ î-st-à l’ fachète,

diriz bin comint dj’ é scapè ?

56 Faut crwêre què dj’ tèneû dins m’ cossète !

 

Pus sovint docsinè

què dodinè, pus souvint maclotè

60 què bètchotè,

djè seû iun qu’ on n’ wèt nin pus voltî

qu’ ène èrèsse dins s’ goyî,

qu’ in cras moulon

64 dins n-in djambon.

« In djon.ne parêy, qui-èst-ce qui m’ l’ a tchî !

ça n’ a qu’ dès léds vices à l’ boudène ! »

Èl ragoutâdje dè leûs fèrdènes !

 

43. crombin, tordu, contrefait.

47. Diriez-vous bien comment j’ai réchappé (allusion ici et dans les deux vers suivants aux pratiques abortives de la mère). — 48. span.mè, rincé. — 49. … a tout essayé.

53. Sevré avec de la lapète : breuvage insipide ou trop léger. — 54. embrené quand j’étais au maillot. — 56. cossète, étui, gaine; tèni dins s’_, être bien accroché (là où on est).

57. docsinè, frappé, battu. — 58. dodinè, cajolé. — 59. maclotè, qui a reçu une « danse ».

— 60. bètchotè, embrassé (t. affect. et enfantin). — 62. qu’une arête dans son gosier. — 63. moulon, ver. — 65-66. Le monologue de Djan Pansau est ici interrompu par les propos qu’on rapporte de la mère indigne. — 67. ragoutâdje, action de recueillir les dernières gouttes d’un liquide qu’on extrait; ici, au fig. : la séquelle de leurs turpitudes.

 

(p.575) 68    On m’ rabîye « Au Pania Trawè »,

on m’acrache « Au Clér Bruwèt ».

Dj’é pus d’ grésse su lès pans dè m’ frake

què dj’ d-é su mes rognons,

72 à fôce d’ atraper dou plom’zak

èt dou rocheton pus souvint qu’ d’ awè dès restons.

Èt pus d’ ranchenéyes

76 què d’ fricasséyes.

Mwins’ dè bètch què d’ mouzons

èt pus souvint dès « pète au diâbe ! »

què l’ fauve dou mârtchand d’ sâbe.

 

80 Djan Pansaud n’a nin co soupè,

i d’mande in p’tit boukèt.

Tayèz bin, tayèz mau,

in p’tit boukèt pou Djan Pansau !

 

84 — Ô, soye soyète !

passe èt’ tchèmin,

tu r’véras d’mwin.

Audjoûrdu, vive lès-amûsètes ! »

 

Carniére / Marlan.wè (Carnières / Morlanwelz) - Sint Panchârd

(in: El Mouchon d’ Aunia, 1985)

Bingnêye (Beignée) - Djan Pansaud

Harnîye (Hargnies ) (Payis d' Djivèt / Pays de Givet) - Djan Posson

(in: Paul Lotterie, Regard sur Hargnies, s.d.)

Payis d' Djivèt (Pays de Givet) - Djan Pansaud

(in: Ardenne wallonne, 783, s.d.)

Djan Pansaud (pârticions / partitions)

"Djan Pansaud" ôte paut (ailleurs)

Trélon (France) / Saint Pansard (in: Pier Giovanni d’Ayala, Martine Boiteux, Carnavals et mascarades, éd. Bordas, s.d.)

(s.r.) 

Ârdènes francèses (Ardennes françaises) - Jon Pousse Ronde, ...

(in: Jacques Lambert, Campagnes et paysans des Ardennes 1830-1914, éd. Terres ardennaises, Charleville-Mézières, s.d.)

Euskadi (Payis baske / Pays basque) - San Pançar

(in: Olivier de Marliave, Fêtes et traditions du Pays Basque, éd.Sud-Oues, 1998)