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FRANZ DEWANDELAER

PA JEAN GUILLAUME

Par Jean Guillaume

(p.5) INTRODUCTION

 

 

Franz Dewandelaer, « passant considérable » s’il en fut, entre de plain-pied dans la galerie de nos classiques.

Les Å“uvres ont été, d’après leur genre, réparties en trois groupes (recueils, poèmes majeurs, choix d’autres pièces) ; autant que possible, nous suivons pour chacun d’eux l’ordre

chronologique de composition. – Les chÅ“urs parlés n’ont pas été retenus ; relevant du théâtre, ils pourraient faire l’objet d’une publication séparée.

Il n’entre pas dans nos intentions d’étudier ici la vie et l’Å“uvre de l’écrivain : Maurice Piron a, sur le sujet, exprimé l’essentiel (1).

Rappelons seulement, pour le lecteur non initié, que Dewandelaer est né à Nivelles en 1909, dans un milieu modeste. Après quelques études moyennes, il commence à Bruxelles, et poursuit dans sa ville, une carrière de fonctionnaire qu’interrompt, en 1939, la mobilisation. – 1940 : c’est la guerre, et le début d’une épuisante captivité en Silésie. Miné par la maladie, Dewandelaer rentre au pays en 1942. Il ne se (p.6) remettra qu’en apparence, ajoutant d’ailleurs à ses anciennes activités celles d’un infatigable publiciste. Mais si l’esprit veille plus que jamais, l’organisme est à bout. En 1950, le poète doit s’aliter. Deux ans plus tard, c’est en vain que sera tentée une intervention chirurgicale : Dewandelaer s’éteint, le 23 août 1952, à l’hôpital de Bruges. Ainsi s’achève

une destinée infléchie par l’épreuve.

Telle a été, précisément, l’angoisse majeure du poète : pourquoi le mal? Etonnamment accordé à la peine des autres, il l’a chantée et même parfois hurlée. Son tempérament, tout en force généreuse, rejette la mesure et la nuance. Ce refus de la concession, ce simplisme fait tout ensemble la grandeur et la faiblesse de l’homme. Car si la vibration est pure, si la loyauté de la plainte n’est pas en cause, on n’oserait toujours en dire autant de sa maturité. Job, il est vrai, a

crié plus fort, avant de comprendre, de s’enrichir, d’accepter. Et peut-être y aurait-il lieu, pour saisir dans sa totalité le message du poète, de ne voir L’ome qui brét qu’à la lumière, bien plus tard venue, de l’admirable et trop modeste Man : ici enfin la souffrance, longtemps odieuse, est assumée, – et aide à vivre :

 

Vos f’sez ‘ne cwès su du pin, Man, yèt l’ târtine ès’ taye.

 

(1) Maurice PIRON, Clartés sur les lettres wallonnes contemporaines, 2e édition, Casterman, Tournai-Paris, 1944, p. 50-57 ; ID., Franz Dewandelaer et son œuvre, in : La Vie Wallonne, 1953, p. 118-140.

(à complèter / à compléter)

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