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POT-DI-STIN.NERÎYE

Poterie d’étain

J.-M. P., La vaisselle d’étain et les “pots-de-stainers”, EMVW, TII, 17-18/06/1992, p.129-153

 

L’étain était un métal connu depuis l’Antiquité. Son utilisation fut abandonnée au début de la première moitié du 19e s.

Son usage fut abandonné par arrêté royal en 1890 parce qu’il contenait du plomb ou du cuivre.

Le travail des pot-di-stin.nîs (stin en walon: étain) (les postainiers) était contrôlé par les wårdeûs, chargés (à Liège) de poinçonner tout objet d’étain,

Il faut distinguer les pot-di-stin.nîs, coulant les pièces au moule, et les bateûs di stin (batteurs d’étain) qui frappent la matière sur des blocs de cuivre ou de marbre formant matrice.

fabricâcion d' prodwîts di stin (fabrication de produits en étain)

(in: Les postainiers de Huy, in: Panorama, 1970s)

J.-M. R(emouchamps) La vaisselle d’étain et les « pot-de-stainiers », in : EMVW, TII, 17-18, 1928, p.129-153

 

L’étain, qui, pendant tant de générations, fournit à nos ancêtres une vaisselle commode et belle, a connu, au cours du XIXe siècle, un rapide déclin. On peut dire qu’aujourd’hui il a complètement disparu de nos cuisines et de nos tables où, il y a cent ans à peine, il brillait de tout son éclat.

Ce métal, connu des peuples de l’antiquité, était encore considéré comme un objet de luxe au XVIe siècle. En Angle­terre, Henri VIII estimait la vaisselle d’étain « d’un trop grand prix pour servir à l’usage journalier » des gens de sa maison, qui utilisaient communément des assiettes en bois (1). Mais, dans la suite, l’usage de cette vaisselle se généralisa. Au début du siècle dernier, elle était devenue si peu coûteuse qu’on la ren­contrait dans les intérieurs les plus modestes. On la considérait comme « l’argenterie du pauvre », de même qu’au XVIIIe siècle on appelait l’étain le « tiers-métal ».

 

(1) Aug. Hock, Œuvres complètes, t. 2, p. 163- — L’étain, étant un des trois métaux admis par l’Église comme «métal sain», a servi pendant de nombreux siècles à la fabrication des vases sacrés.

(p.130) L’étain présentait plus d’un avantage. Nos aïeules, dont on connaît l’esprit d’économie, appréciaient beau­coup une qualité qu’il est seul à posséder : il peut se déformer, se bosseler; il ne se brise pas. De plus, lorsqu’une pièce d’étain était trop endommagée, c’était une coutume, jadis, de la porter chez le potier ou le marchand, qui la remplaçait par une neuve, du même poids, en se faisant simplement payer le prix de la main-d’œuvre. On discandjîve les vîs stins amon l’ pot-di-stinnî. Ainsi l’axiome « rien ne se perd » était respecté et le léger supplément de dépense consenti lors de l’achat se trouvait largement remboursé dans la suite.

Nos pères aimaient aussi l’antique métal pour son éclat discret qui allumait des taches brillantes dans la pénombre des intérieurs lorsque, le repas terminé, cruchons et assiettes étaient rangés sur les armoires et les rayons des étagères. Et sans doute n’étaient-ils pas non plus insensibles au galbe des anciens pots, auxquels nos vieux fondeurs avaient su donner des lignes toujours simples, mais d’une grande pureté.

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