4 questions à 5 historiens, in: LB, 3/1980

 

Jacques Stiennon (prés. de la Commission d’ Histoire pour le ministère de l’ éducation nationale)

‘Le cours d’histoire devrait comprendre l’éducation sociale et civique, avoir pour objet l’histoire globale – ce qui implique la pratique de l’histoire locale autant que régionale, nationale ou internationale.’

 

Jacques Willequet (ULB)

“L’histoire doit former le sens critique afin de résister au totalitarisme: … il faut connaître les enrichissements du passé pour comprendre ceux du présent, relativiser les choses, apprendre à penser, apprendre à penser par soi-même en toute liberté.”

 

G.-H. Dumont (ICHEC)

“L’histoire apprend le mieux à se garder des passions idéologiques.”

“ Et ces racines (= celles des jeunes), c’est essentiellement l’histoire qui peut les révéler. Non seulement l’ histoire de notre pays et de notre identité culturelle, mais également celle de l’ Europe à laquelle nous participons.”

 

Léo Moulin (anc. prof. au Collège de l’ Europe à Bruges)

Dans le ‘Syllabus d’histoire des temps modernes’ que j’ai publié en 1941, j’écrivais: “M’adressant à des petits Belges, je n’ ai pas manqué d’attirer leur attention, chaque fois qu’il convenait, sur les événements qui bouleversèrent les provinces belges, ou sur les progrès des arts, des lettres et des sciences qui pouvaient illustrer leur histoire. J’espère qu’ils puiseront, dans ces leçons du passé, un juste orgueil de ce qu’ont fait leurs ancêtres, une profonde pitié pour ce qu’ils ont souffert, un grand amour pour ce qu’ils ont espéré et voulu faire.”

Telles sont encore, à mes yeux, les raisons belges d’enseigner l’histoire.