La régionalisation: une catastrophe dans le secteur des services sociaux

2000s

Endoctrinement des fonctionnaires wallons

 

Les fonctionnaires wallons subissent un endoctrinement lors de leur engagement avec l’apport de documents vantant les mérites de la régionalisation…

 

2002

D.Z., SOCIAL / Le personnel se mobilise – La Province déterre « Lahage » de guerre à Bruxelles, AL 14/02/2002

A Lahage, la menace de fermeture a fait grand bruit. « On se moque de plus en plus du Luxembourg. C’est comme si on voulait nous faire revenir à la réserve d’indiens », nous confiait un éducateur, très désabusé.

 

2004

Valérie Kokoszka (Dr en philosophie, chargée de cours à l’UCL), La démocratie rabotée, LB 16/06/2004

 

Un plafond s’ effondre dans une crèche à Uccle. Une gestion malheureuse des autorités. Un exemple de petite cause où la défiance envers le politique s’installe. Dans l’air du temps….

 

(…) C’est à l’évaluation de ces pratiques démocratiques quotidiennes que je voudrais procéder à partir d’un exemple vécu, banal mais parlant, le traitement de la vétusté des bâtiments scolaires et préscolaires. Je présenterai d’abord l’exemple avant d’analyser l’ action démocratique dans notre pays, son entravement voire sa confiscation qui contribuent l’un et l’autre, par la défiance envers la politique qu’ils inoculent, à l’ affaissement de la démocratie aussi bien dans les actes que dans les âmes.

Il y a un peu plus d’un an, le plafonnage de la crèche de St-Job à Uccle s’effondrait, pour la seconde fois, touchant en cette occasion un enfant endormi. Evacués dans l’urgence, une partie des enfants fut relogée dans les garderies de l’école primaire, l’ autre partie étant recasée dans d’autres crèches, tandis qu’on s’affairait à réparer le plafonnage et à chasser les insectes xylophages que l’humidité des lieux avait depuis longtemps attirés. Dans le même temps, le piteux état de la crèche – agréée par l’ONE – était publiquement (1) révélé par l’interview dans « La Dernière Heure » (2 mai 2003) du pédiatre attaché à l’établissement depuis de nombreuses années : la liste des manquements et des infractions aux normes de l’ONE est à elle seule édifiante. La réaction de l’administration le fut plus encore. Tandis que la commune s’acharnait à taire les difficultés, elle s’empressait de faire taire le loquace docteur, lui rappelant par courrier, non pas les devoirs attachés à sa charge de médecin mais le devoir sacré de ne pas ternir l’image de l’idyllique commune, et incidemment le caractère somme toute temporaire de son contrat… (2) L’administration considéra que la révélation était sans doute d’ordre politique, suscitée par une opposition teigneuse et, rassurée par cette hypothèse, elle ne se préoccupa pas davantage de la mise en conformité des bâtiments.

Sous la pression des parents dont j’étais, l’administration communale accepta, de guerre lasse, d’organiser une discussion, excluant du débat le représentant de l’ONE dont les  recommandations confirmaient les remarques du pédiatre, et bien sûr ce dernier. La réunion fut des plus tendues entre les parents qui avaient obtenu confirmation des problèmes et des exigences de l’ONE et s’indignaient de l’absence de son représentant, et la commune, qui plaidait la mauvaise communication, niait les exigences de l’organisme d’ agréation et refusait, par conséquent, de planifier les travaux de mise en conformité intégrale du bâtiment, à l’exception notable de l’installation avant l’hiver de cache-radiateurs.

Tout juste le bourgmestre songea-t-il à indiquer que, si la confiance dans les installations communales n’ était plus de mise, ma foi, il faudrait songer à voir ailleurs…

L’ exemple évoqué appelle plusieurs remarques touchant aux fondements de notre démocratie, à la gestion des affaires publiques et à la gestion des bâtiments scolaires et préscolaires. Sur le plan précis de la gestion des bâtiments scolaires et préscolaires :

– Il apparaît clairement que l’organisme d’agréation, l’ONE, ne dispose pas des moyens suffisants pour faire respecter les normes infrastructurelles édictées par les élus de la CF ; pire, il ne dispose pas même de la possibilité d’être un acteur-pivot dans la politique d’ accueil

des enfants puisqu’on peut révoquer son expertise et l’exclure du débat;

– Un organisme public qui ne dispose pas d’un pouvoir contraignant suffisant est condamné à accepter les situations de fait, c’est-à-dire à accepter les infractions aux normes démocratiquement édictées qu’il est censé faire appliquer;

– Dans cette situation, l’ONE n’est pas davantage en mesure de protéger les médecins qu’elle charge de veiller, sur le terrain, à la santé des enfants, et les place dans l’inconfortable situation de devoir soit renoncer à la légalité de leur charge (le serment d’Hippocrate), soit de s’y conformer au risque de leur éviction;

Enfin, pris entre la faiblesse de l’ONE et la mauvaise volonté de la commune, les parents sont soumis à une impuissance qui les réduit à vivre, sans recours, le mal-être de leurs enfants.

– Sur le plan de l’action démocratique, l’exemple invoqué met en évidence une érosion des pratiques démocratiques qu’il faut à la fois dénoncer et combattre, car la démocratie se gagne d’abord dans ces petites causes sans envergure où les hommes montrent, plus qu’ailleurs, leur

grandeur et leur bassesse ;

– La démocratie s’érode lorsque tout acte posé par un acteur publique ou non, prend une signification unique : sa capacité de nuisance dans la marche vers le pouvoir ou la préservation du pouvoir acquis. Ainsi, l’interprétation des propos du pédiatre, comme la manifestation cachée de l’opposition, revient à faire prévaloir la réalité du jeu politique sur la réalité de la vétusté des bâtiments et à dissimuler l’objectivité des faits sous la subjectivité des combats idéologiques;

– La démocratie est rabotée lorsqu’un élu se refuse à restaurer les conditions minimales de confiance dans l’action démocratique et invite ses électeurs à « voir ailleurs », confisquant un pouvoir qui ne lui est que prêté pour accomplir des devoirs publics. L’exigence d’une mise en

conformité des bâtiments ne correspond à rien d’autre qu’à l’exigence peu extravagante de concrétiser démocratiquement des normes démocratiquement édictées;

– La démocratie est gangrenée lorsque l’acte politique répond à la sentence des mandarins « taire et faire taire » au mépris de la légalité et de la démocratie, car elle induit une défiance fondamentale dans les acteurs politiques et discrédite l’action démocratique comme telle, en

substituant à l’ élimination des problèmes l’ élimination de ceux qui les dénoncent.

D’après Hegel, un philosophe allemand, les peuples ont les gouvernements qu’ils méritent. Il se trompe, nous méritons mieux que cela. .

 

(1) L’administration communale avait été, dans les mois précédant l’interview, dûment avertie de l’état sanitaire de la crèche. par courriers.

(2) Depuis, l’administration communale a procédé à l’éviction du médecin en motivant explicitement sa décision par la prolixité inopportune du pédiatre.

 

2008

V. Li., Six ministres pour les crèches, c’est trop !, in : DH 06/07/2008

 

Pour Chantal Bertouille (MR): Test un échec ». tout comme les 145.000 femmes qui sont au chômage en Wallonie

 

NAMUR  « C’est un sujet essen­tiel pour les jeunes ménages en Wallo­nie et rien ne bouge. L’insuffisance de places d’accueil est un réel obstacle à l’emploi que rencontrent nombre de demandeurs d’emploi, et majoritaire­ment des femmes, entamant un par­cours d’insertion. » Chantai, députée MR, dénonce cette situation.

Pour rappel, en 2006, 3700 puéri­cultrices diplômées ou assimilées étaient inscrites comme demandeu­ses d’emploi au Forem. « Aujourd’hui, c’est quelque 145.000 femmes qui sont au chômage en Wallonie. »

En 2004, la Communauté fran­çaise comptait 29.742 places corres­pondant à un taux de couverture lé­gèrement inférieure 20 % (19,36 %). « Au 31 décembre 2007, d’après les derniers chiffres à l’ONE, le nombre de places disponibles était de 33.974 pja-ces pour 160.291 enfants de moins de 3 ans, soit une progression d’un peu plus d’une place (1,83) par 100 en­fants à un an de l’échéance. L’objectif de départ impliquait une augmenta­tion de 12,87 places !  Le taux de cou­verture actuel approcherait donc à peine les 21,19%, nécessitant la créa­tion de 11,81 places par 100 enfants à l’horizon 2009 pour atteindre les ob­jectifs fixés par l’Union européenne. »

Pour elle, il y a un autre très gros problème : « Six ministres compétents pour les crèches, c’est trop : Catherine Fonck, Philippe Courard, Didier Don-fût, Marc Tarabella, Jean-Claude Mar-court et André Antoine. »

Toujours selon ses propose, un problème d’infrastructure existe également : « On constate une réduc­tion de 21 % du budget entre 2004 et 2008 et même un budget ramené à zéro en 2005. En outre, la Cour des comptes a épingle une absence totale d’utilisation de ces crédits dans le ca­dre de l’examen de la préfiguration des résultats de l’exécution des bud­gets de la Région wallonne pour 2007. »

Par ailleurs, peu de projets ont été concrétisés dans les zonings : « à peine 137 places fin décembre 2007. »

Pour Chantal Bertouille les minis­tres se renvoient la balle : « La minis­tre Catherine Fonck dit regretter l’ab­sence   de  perspective   quant  au subventionnement  d’infrastructures des milieux d’accueil associatifs en Ré­gion wallonne ou à Bruxelles. Quant au ministre Courard, il dénonce la len­teur avec laquelle la Communauté française ouvre des milieux d’accueil. Triste majorité PS-CDH. Quel avenir pour les enfants dans tout cela ? »

 

2009

in: Delta, 3, 2009, p.24

 

Crèches. Wallonië is zo verpolitiekt dat zelfs crèches er geclassificeerd worden naar hun politieke stroming. Uit een uitgelekt geheim document blijkt dat het Waals parlement in alle stilte politieke etiketten plakt op crèches: 18 zouden een cdH-etiket gekregen hebben, 2 een PS.