Les multiples scandales dans la gestion de logements sociaux en Région wallonne

et ailleurs dans le pays

1991

Les travailleurs PRIME dans la rue, VA 19/12/1991

 

Une cinquantaine de travailleurs occupés sous le statut PRIME (plan de résorption du chômage) ont manifesté hier, devant la gare de Namur pour protester contre les ‘incohérences politiques et la pagaille administrative’ dont ils sont victimes de la part de la région wallonne.  En effet, le FOREM leur réclame un trop perçu, une situation perçue comme le résultat d’erreurs administratives du FORM, conséquence du cumul de décisions politiques maintes fois annoncées par ailleurs.

 

1992

Erler John, L’emploi régionalisé navigue à vue…, LB 12/02/1992

 

Dans son cahier le plus récent (le 148e), la Cour des comptes attire l’attention sur les « interventions financières dues (par l’Etat) aux Régions pour le financement des programmes de remise au travail des chômeurs ».. Le contexte actuel d’accroissement du chômage incite plus que jamais à lire les remarques de la Cour.  De même que la polémique qui agite actuellement le Forem..

Or, que nous apprend la Cour des comptes?  Rien de très réjouissant.  Et, en particulier, qu’en régionalisant, on a, une fois de plus, attelé la charrue avant les bceufs.  La loi spéciale de financement des Régions. et Communautés de 1989 attribue des «droits de tirage » (financés par l’Etat) pour les programmes régionaux de remise au travail.  Ce droit de tirage correspond à l’indemnité de chômage pour chaque emploi équivalent temps plein.

Dès la mise en route du système en 1989, la Cour a signalé au ministre national de l’Emploi que.la loi n’était pas « correctement appliquée ». Pourquoi ? Parce que,d’abord, les entités fédérées devaient fournir les preuves de la remise au travail.  Or, c’est seulement le 3 juillet 1991 que le « Moniteur » a précisé la nature des pièces justificatives à présenter.

 

CONCERTATION?  Deuxième anomalie: le montant de l’indemnité individuelle a été fixé, en 1989, à 203.112 F et n’a pas été revu les deux années suivantes.  Malgré l’article de la loi qui prévoyait expressément cette possibilité.  Cette carence résulte sans doute de la troisième anomalie relevée par la Cour des comptes.  La loi spéciale de financement de 1989, toujours elle, imposait une concentration annuelle Etat-exécutifs pour arrêter le montant global des interventions.  Or, dit la Cour, cette concertation n’a jamais eu lieu.

 

On peut s’étonner, à cet égard, du silence de la Région wallonne prompte, par ailleurs, à souligner les dysfonctionnements du Forem.  Dysfonctionnements qui sont dus partiellement à l’application incorrecte de la loi. –

Désormais, se réjouit la Cour des comptes, les décomptes pourront enfin être établis.  Puisque les Régions connaissent les modalités de preuve à fournir.  En d’autres termes, les programmes de remise au travail qui justifient un droit de tirage.  Ce qui signifie que, depuis 1989, on a navigué à vue.  L’Etat a cependant payé par le biais d’avances trimestiielles fixes de 25,7 milliards.  Ces avances étaient des « approximations ». Et, aujourd’hui, les entités fédérées ignorent encore si elles ont reçu trop ou trop peu… Seule la Région wallonne a pu nous fournir quelques chiff-res.  Elle a reçu 5 milliards en 1991 auxquels, pour la même année, devraient encore s’ajouter 200 millions.  Pour la Wallonie toujours, 5,425 milliards sont espérés en 1992.

 

QUESTIONS.  Dans les cabinets ministériels, on ne discute pas le bien-fondé des objections de la Cour des comptes.  On attribue les retards à la difficulté de prise en compte de la diversité des programmes et à la complexité de mise en place d’une réglementation unique pour l’Etat et les Régions.  Il faut savoir effectivement que certains chômeurs sont remis au travail dans une Région où ils n’habitent pas…

Il n’empêche que les anomalies divulguées par la Cour des comptes méritent réflexion.  Ainsi, le Forem, à qui on fait un peu facilement porter le chapeau, prouve ici, par l’absurde (le terme est bien choisi), qu’il Peut malaisément tenir une comptabilité précise sur base de données imprécises.  Secundo, on doit s’interroger sur l’attitude des Régions.  Comment n’avoir pas exigé la concertation légale et la révision du montant des indemnités?  Et comment, dans le même temps, réclamer, plus ou moins implicitement, une révision de la loi de financement quand on n’a pas épuisé les potentialités de la législation existante ? A ce jour, la question reste sans réponse

Enfin – et ce n’est pas la moindre des interrogations comment avoir pu dans ces conditions mener une véritable politique de remise au travail?  Dans son rapport, le commissaire de la Région wallonne au Forem (LLB du 7.2.92) constatait que la politique, anti-chômage avait été déterminée en fonction des crédits disponibles et non des besoins réels.  Là Cour des comptes le confirme!

 

1994

John Erler, Les (très) bonnes affaires de l’Etat, LB 06/01/1994

 

Un bénéfice de 186.000 à 560.000 F par chômeur remis au travail. Albert Liénard dixit.

PAS DE FANTOMES

Reste le spectre des 3000 fantômes wallons » remis au travail en 1991.  C’était au moment du passage des « Troisième circuit de travail » (TCT) en Prime.  Le cabinet de M. Liénard est formel: il n’y a pas eu de fantôme.  Rien n’a été versé pour des remises au travail fictives.  Alors d’où vient le nombre de 3000?  D’une part,  l’administration aurait indiqué le nombre d’autorisations possibles de remises au travail plutôt que le nombre de ostes occupés.  D’autre part, dans la précipitation du passage à Prime, des doubles comptages ont été détectés. Ils ont fait l’objet de récupération d’indûs.’ Mais, aujourd’hui, l’enquête n’est pas encore terminée…

 

1995

Chômeur du mauvais côté, in: LB, 02/01/1995

 

L’ emploi est encore soumis à d’anachroniques régionalismes.  Ainsi, une lectrice au chômage répondit à l’offre d’emploi: «  ASBL ch. TCT pr animation av. enfants. »  Le boulot et le statut requis correspondent à son profil. Elle n’a pu briguer cet emploi, vu que n’étaient admissibles que les chômeurs dépendant de l’Orbem, l’organisme bruxellois dont elle ne dépendait point.

 

1999

C.D.B., L’avocat du multilinguisme, AL 18/01/1999

 

Ministre du Budget et des Affaires économiques dans le gouvernement bruxellois, Jos Chabert déclare qu’“il y a soixante mille chômeurs à Bruxelles, tous unilingues.”

Pour lui, le multilinguisme est irréversible.

 

2001

Tazribine Lahoucine, Rosetta n’a pas encore de véritable emploi !, Les Cahiers de l’UCEO, 4/2001

 

Rosetta voulait un vrai emploi et notre Ministre de l’Emploi et du travail, Laurette Onkelinx, lui offrit une Convention de Premier Emploi.

Heureuse coïncidence, cette convention sera baptisée « Plan Rosetta ».

Selon les derniers chiffres du cabinet de Madame L.O. (21.03.2001), le plan connaît un succès remarquable, 51.000 jeunes bénéficient d’une C.P.E., au-delà des 45.000 (objectif initial).

(…) Après vérification, seulement 40 % de ces jeunes ont une Convention Premier Emploi !

 

2005

Contrôle du chômage / Les Wallons (sic) rappelés à l’ordre, LB 13/04/2005

 

Contrairement à son homologue flamand (le VDAB), le Forem n’envoie plus individuellement les offres d‘emploi, mais les difuse à large échelle. Il ne peut donc plus déceler les offres d’emploi.

En effet, les organisations syndicales pèsent lourdement sur le Forem.

 

2005

Emplois, DH 30/04/2005

De la poudre aux yeux!

 

De F. D., de Genval:

Après l’élan de générosité que les Bel­ges ont témoigné au cours du Télévie 2005 et les grandes déclarations de toutes parts clamant un manque de chercheurs en Belgique, je dois m’étonner à nouveau de mon statut de… chômeur! Je suis en effet biolo­giste et ne trouve absolument aucune opportunité d’emploi. Que de lon­gues années d’université passées à étudier tous les jours, en ayant l’es­poir de pouvoir exercer une des pro­fessions les plus stimulantes et sur­tout importantes car elle touche l’en­semble de la population mondiale: la santé. Le FNRS et autres instituts de re­cherche réclament plus de chercheurs à coups de grandes déclarations. Mal­heureusement, et avec tout le respect dû au FNRS, force est de constater que tout ceci ne semble être que pou­dre aux yeux car il n’y a aucun débou­ché pour nous biologistes. Toutes mes candidatures auprès des universi­tés sont restées lettre morte. Fort de trois diplômes universitaires, je me de­mande au fond de moi-même ce qui a pu me pousser à faire de si longues études et finis par regretter le choix de la biologie. Je crois qu’il est vrai­ment temps de mettre son hypocrisie de côté: les auditoires universitaires sont occupés par de futurs chô­meurs… Où est donc la clé miracle qui ouvrira la porte de l’emploi aux jeunes chercheurs ? »

 

2006

V.R., Le chômage wallon toujours inquiétant, LB 05/01/2006

 

Les exécutifs régionaux bruxellois et wallon ont beau multiplier les plans et les réformes pour inverser la tendance, leurs efforts tardent manifestement à produire des effets tangibles.

En septembre dernier, le nombre de demandeurs d’emploi n’avait jamais été aussi élevé en Wallonie.

Le taux de chômage est de 8,4 pc en Flandre, de 18,5 pc en Wallonie et de 22,1 pc à Bruxelles. Ces écarts donnent le vertige.

 

2007

Laurent Gérard, Le Forem délaisse l’ébénisterie, LB 06/10/2007

 

» Au terme d’une formation chahutée et avortée, le Forem songe à supprimer la section. Il y a pourtant des débouchés. » « On a perdu un an », se plaint un stagiaire. Récit.

Eté 2006. Alain -appe­lons-le ainsi-, diplômé de l’enseignement supé­rieur, peine à trouver un job. Lassé du chômage, il décide de réorienter sa carrière vers l’ébé­nisterie, via une formation du Fo­rem. Après avoir subi, avec succès, une série de tests en décembre, il est convoqué pour deux semaines d’essais en février 2007, au terme desquelles il apprend qu’il figure parmi les 12 personnes, issues des quatre coins de la Wallonie, repri­ses pour cette formation organisée exclusivement au Centre Forem Formation de Grâce-Hollogne. « Une bonne nouvelle, pensait-on alors », se souvient Alain.

Début mars, la formation com­mence enfin. Les ennuis égale­ment. « Notre formateur était parti­culier, raconte-t-il 77 nous a donné deux heures de cours technique puis nous a laissé nous débrouiller. Heureusement, certains d’entre nous avaient déjà travaillé le bois. On s’entraidait. Mais un lundi, on n’a pas vu le formateur. Le lende­main, non plus. Et ainsi pendant deux semaines. Entre-temps, on nous a donné l’un ou l’autre cours, en informatique, par exemple. Puis il est revenu quatre jours, avant de disparaître à nouveau, couvert par un certificat médical. On nous di­sait de rester chez nous et de télé­phoner pour avoir des nouvelles.

 L’ébénisterie, filière d’avenir ou pas ‘. La réponse à cette question n’est pas claire.

Ça a duré deux mois. Fin juin, le responsable de formation nous a proposé de terminer le premier des trois modules, semblable à celui des stagiaires en menuiserie, avec un formateur en menuiserie, et pro­mis qu’il trouverait un formateur-ébéniste pour les deux autres. « 

 

« On nous a pris pour des cons »

 

Durant l’été, le premier module se passe normalement. « On a réel­lement commencé à apprendre. No­tamment les consignes de sécurité pour l’utilisation des machines. C’est là qu’on s’est rendu compte du danger qu’on avait couru jus­que-là, tonne Alain. Mais à la re­prise en septembre, les stagiaires apprennent qu’on n’a pas pu trou­ver de remplaçant au formateur-ébéniste malade. Et durant la se­maine du 10 septembre, chacun des 9 stagiaires -3 d’entre eux, dégoû­tés, se sont réorientés- a été in­formé, par courrier, que la forma­tion s’arrêtait là. Le 17 septembre, lors d’une réunion avec le responsa­ble formation, on nous a proposé de nous réorienter vers la menuiserie, mais pas avant début 2008 et sans savoir s’il fallait recommencer le premier module. Au total, nous n’aurons reçu que 2,5 mois de for­mation, peste Alain, qui a cessé sa recherche d’emploi durant tout ce temps, est donc toujours au chô­mage et sans formation complé­mentaire. Le pire, c’était le manque de transparence. On nous a pris pour des cons. Pourtant, le Forem savait qu’il y avait un problème avec ce formateur, dont on a appris par la suite qu’il était syndicaliste. » Jugement sévère, que ne par­tage pas le responsable pédagogi­que des formations du Forem de Grâce-Hollogne, Jean-Yves Lo-vens: « Je suis le premier déçu. Nous prenons l’engagement moral d’aller au bout de la formation. Mais l’absence du formateur était indépendante de notre volonté et nous avons tenté de lui trouver un remplaçant. En attendant, notre objectif était que les stagiaires soient occupés le plus souvent pos­sible, qu’ils ne doivent pas rester

chez eux. Nous avons demandé à des ébénistes professionnels de ve­nir, mais ils sont peu nombreux et très occupés. Et les écoles de promo­tion sociale n’ont pas voulu nous « prêter » leurs enseignants. « 

 

Paradoxe

 

Pour Alain et ses compagnons d’infortune, ce n’est pas le moindre des paradoxes. Le Forem, spécia­liste du recrutement et de la for­mation, n’a pas été capable de re­cruter le formateur adéquat. « Je suis également interpellé, poursuit M. Lovens, mats c’est la réalité du marché. Si elle n’est pas en voie de disparition, l’ébénisterie est en tout cas en diminution. De plus en plus, on fait de la pose et du montage de meubles produits en usine et plus du travail d’artisan. Nous réflé­chissons d’ailleurs à l’opportunité de maintenir ou non la section ébénisterie, qui ne garantit pas d’in­sertion professionnelle. »

Pourtant, une étude du Forem, relatée dans son magazine « Re­gards » cet été, pointait l’ébéniste­rie parmi les filières professionnel­les qui « conduisent plus rapide­ment au marché du travail ». Et si, chez Valbois, ASBL de promotion de la filière bois, on partage l’ana­lyse de M.Farber, Eugène Bays rappelle que « l’ébénisterie se rap­proche plus d’une formation artis­tique que d’un métier du bois. Et on aura toujours besoin de passionnés pour fabriquer et restaurer artisa­nalement de beaux meubles ».

Passionné, Alain l’est. Après avoir « perdu un an », il a décroché une nouvelle formation, en alter­nance cette fois, et en ébénisterie bien sûr, pour laquelle il espère une meilleure issue. On touche du bois.

 

2007

M.X. (Bruxelles), TRAQUONS LES PROFITEURS, in : CTR 09/03/2007

 

Comment est-il possible que les CPAS soient aussi peu vigilants ? Un trentenaire de mon quartier, en bonne santé et possédant un certificat d’aptitude professionnelle, perçoit l’allocation CPAS depuis plus de deux ans, bénéficie d’une réduction pour les transports en commun et d’autres dons d’associa­tions diverses. Il m’a avoué qu’il travaille au noir et qu’au total, il a 1.800 euros de rentrées en moyenne par mois ! J’ai bossé toute ma vie et je touche beau­coup moins que ça. C’est simplement scandaleux. Il est grand temps de faire du nettoyage auprès des profiteurs du système !

 

L'absurdité des primes octroyées par la Région "wallonne"(CTR, 09/01/2009)