La régionalisation: une catastrophe pour l’environnement…

1986

Michel Claessens, Même la pollution est régularisée!, LB 12/05/1986

 

« L’Espierres, qui se jette dans l’Escaut, constitue en effet la « poubelle industrielle » du nord de la France, « l’égout de Lille. » … « Il détient le record européen de la pollution par le chrome et les trois quarts du cadmium présent dans l’Escaut proviennent en réalité de l’Espierres (donc de France). »

« Depuis 150 ans, les négociations avec la France concernant l’exportation de sa pollution se sont toujours soldées par un échec! »

 

1987

Mireille van Wilderode, La Wallonie croule sous les déchets, LB 13/02/1987

 

« Les Pays-Bas déversent chaque année un million de tonnes de détritus, le plus souvent par des filières illégales. »

Selon l’OVAM, l’Openbare Vlaamse AfvalstoffenMaatschappij, il ya 22 décharges non autorisées dans le Brabant wallon, 34 décharges illégales dans le Hainaut.

« Quant à la destruction des déchets, qu’ils soient toxiques ou non, elle est fréquemment effectuée dans les fours de cimenterie, bien qu’ils ne disposent pas de l’équipement nécessaire. »

 

1992

Matgen Jean-Claude, Mellery : pourquoi ces troubles génétiques ?, LB 7 juin 1992

 

La Région wallonne a pris es mesures qu’elle estime adéquates. Sont-elles sufisantes ? Hypothèses et motifs d’inquiétude.

Les familles des onze enfants de Mellery soumis à analyses sanguines par l’Institut d’hygiène et d’épidémiologie vivent dans l’angoisse : leurs fils et leurs filles ont vu leur état de santé se détériorer entre la première analyse, en 1990, et la seconde, effectuée en janvier 92 et dont les géné­ralistes de la région ont pu récemment prendre connais­sance (LLB du 15/6).

 

UNE TIRETTE.  Les échanges interchromatidiens à l’intérieur de leurs cellules

sont plus que jamais anorma­lement élevés.  De quoi s’agit­-il? D’une façon très schéma­tique, on peut écrire que les chromosomes qui peuplent le noyau de la cellule sont compa­rables à une tirette à double face.  Lorsque, sous l’effet de facteurs génotoxiques, il y a lésion du matériel génétique, des échanges anormalement nombreux s’opèrent entre les deux faces, des morceaux de l’une se collent sur la surface de l’autre et vice-versa.  Le risque ? Les sujets atteints par ce type d’anomalies sont plus que d’autres à développer des cancers.

Faut-il considérer, comme l’ont fait les responsables du comité de défense des habitants de Mellery, le CADEV, que la Région wallonne et son ministre compétent en matière d’environnement, Guy Lutgen, n’ont pas fait leur boulot ?  Ce n’est pas aussi simple que cela.  M. Lutgen a rappelé que son département a depuis long­temps interdit l’accès à la dé­charge responsable d’une très grave pollution (elle a été fer­mée en septembre 89) et’a dépensé- jusqu’à présent 120 millions pour la neutraliser.

 

TORCHERES  Des mesures ont été prises, notamment, pour éviter la dispersion des

gaz produits par les déchets et pour les brûler.  Deux torchères ont été mises en service, l’une en été 90, l’autre (qui brûle les gaz à une tempé­rature de 1.200 degrés) en jan­vier de cette année.  Des apa­lyses de l’air faites la semaine passée en divers endroits du village ont pu établir que la teneur de l’air en gaz de toutes sortes (du benzène au toluène’ en passant par l’ethylbenzène, ou le xylène) avait, dans tous les cas, été ramenée à des normes inférieures à celles ad­missibles en milieu rural.  Exemple: il y avait 0,8 mg / m3 de benzène alors qu’on en tolère 2 et qu’il y en avait… 22,1 en décembre 89.

Pourquoi, dans ces condi­tions, les résultats des ana­lyses sanguines des enfants du village sont-elles toujours aussi mauvaises?  Première hypothèse: lorsqu’elles ont été faites, les mesures prises par le cabinet Lutgen n’avaient pas encore toutes sorti leurs effets.  De futurs examens pourraient se révéler plus ras­surants, même si l’irréversibi­lité du phénomène n’a pas été exclue par certains médecins.

 

ANILINES.  Deuxième hypo­thèse : il y a autre chose qui pollue l’atmosphère de Mellery et menace la santé de ses habi­tants.  Des traces d’anilines ont été relevées en divers endroits du site.  Récemment on a dé­couvert dans la décharge un – lac » de… 25.000 tonnes de ce produit considéré comme un génotoxique virulent.  Les me­sures prises pour éliminer cette substance n’ont pas en­core été toutes menées à leur terme.  On a notamment pro­posé aux habitants de cinq maisons de remplacer la terre de leurs jardins mais le combat est loin d’être terminé

Et si l’aniline était respon­sable ? Cette question, hélas, en appelle d’autres. des éma­nations de vapeurs nitreuses ont été relevées dans le coin., Elles pourraient jouer un rôle. Seulement, dans ce cas, la dé­charge de M. Heremans pour­rait n’être pas seule en cause.  Il faudrait alors envisager qu’il y a d’autres sources de pollu­tion grave dans la région et des villages voisins devraient s’in­quiéter.  C’est pourquoi l’initia­tive prise pa Mme de Galan, ministre de la Santé de la Communauté française, d’étendre les analyses àd’autres habitants du village et des alentours doit être ac­cueillie avec satisfaction.

 

1993

C.B., Le tracé d’une autoroute menace les marais de Papignies, LB 05/01/1993

 

Plusieurs comités de protection de l’environnement luttent pour faire accepter un projet de tracé alternatif de l’autoroute A8, sur le tronçon joignant Ghislenghien à Mainvault.  Pour éviter le site des Marais de Papignies.

Ils disent savoir de source sûre que le Comité d’Acquisition de Mons a entamé une procédure d’expropriation en extrême urgence pour une parcelle située précisément sur le parcours du tracé initial de l’A8, via les Marais de Papignies et les Chemins Creux.

 

1993

COCKERILL-SAMBRE / Région wallonne dans le collimateur, LB 21/04/1993

 

Deux associations écolo­gistes néerlandaises ont dé­posé jeudi une plainte auprès de la Commission européenne contre la Belgique, qu’elles ac­cusent d’outrepasser le droit européen en matière de déver­sements de produits cancéri­gènes.  Selon un communiqué publié jeudi par les fondations «  Reinwater »  et « Natuur en Milieu »,  la Région wallonne a octroyé à la firme sidérurgique Cockerill-Sambre des autorisations de déverser dans la Meuse des hydrocarbures po­lycycliques aromatiques sans fixer de normes précises sur les déversements de ce produit hautement cancérigène, en contradiction avec la législa­tion européenne en la matière. (Belga)

 

1993

D.C., Feu vert du gouvernement wallon pour la décharge de classe 1 à Hallembaye, Un vent de révolte souffle dans la Basse-Meuse, LS 30/07/1993

 

/décharge destinée à recevoir des déchets qualifiés dangereux mai s non toxiques/

 

1993

Guillaume Gérard, Dominique Streel en commission déchets: le témoin à charge au pays des décharges, VA 10/03/1993

 

D.S.: « Le courtier en déchets négocie au producteur un traitement haute technologie et, pour un profit maximum, recherche un traitement basse technologie là où on l’accepte encore: en Grèce, au Portugal, à l’Est … ou en Wallonie. »

 

1993

Monique Tilmans, La population ne risquerait rien, LB 29/10/1993

 

/à Anton, près d’Andenne/

« 18 mois d’analyses /par la Spaque (Soc. publ. wall. d’aide à la qualité de l’environn.)/ sur le site pollué par un million de tonnes de déchets. »

Si l’environnement naturel de l’ancienne décharge est affecté, la pollution ne présente pas de danger immédiat pour la population environnante.  La décharge fait partie des sites à réhabilitée en priorité en Région wallonne, au même titre que Mellery, Cronfestu et Florzée. »

 

DECHETS: Morlanwelz-Cronfestu: poursuite des analyses, s.d.

 

Sur l’ancien dépotoir: des dépassements aux normes établies par l’Office wallon des déchets.

La socité Irco, de Namur, estime le volume déchets entre posés dans l’ancien dépotoir de M.-Cr. à 320.000 m3. « Il révèle des teneurs anormales en cyanures et en PCB (composé aromatique dont la décomposition peut produire des dioxines). »

 

1993

Philippe Golard, Le tableau a-t-il été noirci à dessein au Val d’Or?, LB 22/11/1993

 

« Une étude éclaire d’un jour nouveau l’urbanisation de la décharge Mellery-bis. Allons …

L’an 2000 accueillera sur cette partie haute de Woluwe-st-Lambert, quelque 7000 nouveaux habitants.

Sous ce futur quartier se cache une décharge pour déchets ménagers, de construction et hospitalier … »

 

1993

Xavier Ducarme, Hallembaye pollue déjà la nappe, LB 8/12/93

 

Et la décharge n’est jamais qu’une classe 2, scande Ecolo.

Hallembaye, ce hameau du village de Haccourt, dans la Basse-Meuse liégeoise, aux confins des Limbourg belge et néerlandais, n’a pas fini d’ali­menter la controverse.  C’est là, en effet, dans un paysage gri­gnoté par les carrières que la Région wallonne envisage d’implanter la première dé­charge pour déchets indus­triels en Wallonie (classe 1).

Mais c’est aussi à cet endroit que l’association intercommu­nale de traitement de déchets de la région liégeoise (Intradel) déverse les 45 pc de ses déchets ménagers (classe 2) que ne par­-vient pas à avaler son incinéra­teur d’Herstal.

Ecolo, pour qui l’incinération et la mise en décharge des dé­chets ménagers et industriels restent une aberration, a ré­vélé, mardi à Liège, les résul­tats d’une nouvelle série d’analyses réalisées par le Centre d’étude et de formation en éco­,Iogie et corroborées par le Centre belge d’étude et de do­cumentation de l’eau (Cerebeau).

 

Selon ces experts, la dé­charge exploitée par Intradel depuis 1990 a déjà contaminé la nappe aquifère.  Le jus de percolation (lixiviat) des dé­chets ménagers aurait atteint ce réservoir d’eau, et ce en dépit de la station qui épure biologi­quement ce jus avant qu’il ne soit rejeté en Meuse.

Deux types d’échantillons ont été analysés et contre-ex­pertisés.  L’un, prélevé en aval de la station, l’autre dans la nappe phréatique elle-même.  Pour le premier, les résultats (qui ont fait l’objet d’une contre-expertise du Cerebeau) révèlent une demande chimique en oxygène (DCO) bien au-dessus des normes ad­mises et une forte teneur en ammoniac (500 mg/ 1).

 

POTABLE?

Quant à la nappe aquifère, qui s’étend sur des dizaines de kilomètres carrés, au-delà même des frontières linguis­tique et néerlandaise, sa pota­bilité ne serait d’ores et déjà plus garantie.  Les teneurs en DCO (48 mg/1, 10 fois la norme), en chrome (450 g / 1, 9 fois la norme), en phénol (100 fois la norme), notamment, in­terdiraient toute exploitation à des fins alimentaires de ce ré­servoir.  Cette dégradation est à placer, selon Ecolo, directe­ment en corrélation avec la mise en décharge de déchets ménagers.

A travers tous ces chiffres’ Ecolo livre son message: «Si, pour une classe 2, les résultats sont déjà alarmants, à quelle pollution doit-on s’attendre pour une classe 1 ?

D’autant qu’une autre étude, néerlandaise celle-là, aurait démontré que la mise en décharge simultanée de déchets ménagers et industriels sur un même site en décuplerait la to­xicité.  Bref, pour Ecolo, il s’agit d’une preuve de plus de la perméabilité du site.  D’autres études présentées par la Ré­gion wallonne tentent pourtant de prouver exactement le contraire…

 

1997

Vincent Braun, Mellery sous le coup des lenteurs, LB 07/01/1997

 

La réhabilitation de la décharge et le suivi médical de la population au point mort.  Colère.

 

1998

Floreffe / Haro médical sur les boues, LB 17/06/1998

 

Sélectionné par la Région wallonne pour le déversement de 500.000 m³ de boues de dragage polluées, le site des Trois Bonniers, à Franière, suscite une contestation de la part d’un groupe local de médecins. Cinq généralistes émettent de vives inquiétudes pour la santé future de leurs patients, dénoncent des lacunes dans l’étude d’incidences (pollution atmosphérique, de la nappe phréatique, du sol, …) et demandent des études sur les produits incriminés dans la liste des métaux lours non biodégradables, car le site est à 500 m d’un centre scolaire qui accueille environ 2000 enfants.

 

1999

Une nouvelle législation qui “tombe mal”, LB 16/06/1999

 

Début mai, le gouvernement wallon, sur proposition du ministre Lutgen, aurait adopté ‘discrètement’ un arrêté qui fait échapper à la législation sur les déchets, et aux contrôles qui s’y rapportent, une série de produits utilisés dans l’alimentation des animaux, comme les graisses animales, les déchets d’abattage de volailles, les farines d’os, les farines animales, … C’est le magazine environnemental ‘Incidences’ qui l’annonce dans son édition du 7 juin.

 

2000

Ariane Van Caloen, Un Liégeois /Dominique Streel/ qui se bat pour une gestion propre des déchets, LB 13/07/2000

 

 En Wallonie, « la pagaille est la plus complète ».

 

2002

Philippe Lawson, Environnement – La Belgique épinglée par l’Europe, LB 03/10/2002

 

En cause : la Wallonie qui tarde encore à transposer la directive sur les décharges, à cause du retard pris par la Région wallonne pour transposer dans sa législation certaines directives européennes.

 

2002

Philippe Lawson, Petit tour des dépôts clandestins de Wallonie, LB 05/05/2002

 

La Région wallonne tarde à assainir ses quelque 700 dépôts illégaux.

Ainsi, à Courcelles, le MET déverse illégalement des rebuts hydrocarbonés par dizaines de camions entiers le long de l’autoroute E42.

 

2004

Jean-Baptiste Daniel, Bohan / Assainir les Dolimarts : la note va être salée !, SudPresse 01/03/2004

 

Le site est aujourd’hui pollué. L’un des gros transformateurs électriques restés sur place a été vidé de ses 300 litres d’askarel. Une substance extrêmement nocive qui a imprégné le sol.