La régionalisation en Belgique est une véritable catastrophe pour les artistes: mauvaise gestion, magouilles, mépris.

1973

s.n., La restauration de la châsse de sainte Gertrude, à Nivelles, VA 07/12/1973

 

Mme Léa Baten, vice-présidente du Centre culturel d’Affligem :

«Depuis l’année 1948, on parle et on écrit beaucoup sur la restauration de la célèbre châsse, connue dam le monde entier comme un joyau de l’art rhénan.

En l’année 1973, on parle et on écrit toujours, mais rien n’a encore été fait.  Peut-être, dans vingt-cinq-ans, en parlera-t-on encore ?

Ministère, Commission des monuments, Fabrique d’église, Ville de Nivelles, ne paraissent ni savoir, ni vouloir donner une solution au pro­blème.  Que l’occasion se soit présentée dansla personne d’un Co­bruyt de Hal, ou qu’elle se présente actuelement dans celle de Luyckx de Lembeek.

 

1979

Artistes francophones et flamands revendiquent la belgitude, LB déc. 1979

 

QUINZE écrivains et artistes belges parmi les plus réputés,            appartenant aux deux communautés, ont signé un manifeste protestant con­tre la mainmise des mi­lieux politiques sur les créateurs qui, selon le mot de Jean-Michel Folon, se veulent « solitaires et solidaires » et se sentent Belges.

Sous le titre «Le juste Milieu», le manifeste déclare: « Sur le territoire belge, du nord au sud, des milieux politiques s’agitent.  Confondant art et propagande, ils rêvent d’affrontements de cultures, de croisades, de vainqueurs, de vaincus.  Par leurs diverses visions du monde, les artistes ne peuvent accepter ce diri­gisrne, cette mobilisation des uns contre les autres.  L’art et la culture n’ont que faire de divisions et de soustractions. »

Parmi les signataires francophones, on trouve: Pierre Alechinsky, graphiste; Pol Bury, sculpteur cinétique; Luc de Heusch, cinéaste; Paul Delvaux, peintre; Conrad Detrez, roman­cier; jean-Michel Folon, gra­phiste; Félix Roulin, sculpteur; Paul Willems, écrivain, direc­teur général du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

 

Parmi les Flamands : Hugo Claus, dramaturge; Jan Cox, peintre; Freddy de Vree, poète et critique; Roel d’Haese, sculp­teur; Ivo Michiels, romancier­ et ­scénariste; Jef Geeraerts, romancier; Reinhoudt.

La plupart des signataires du manifeste, tous de réputation internationale, se sont retrouvés, mercredi après-midi, dans un restaurant proche du Sablon, où ils ont reçu les journalistes.

Bien que le malaise belge soit plus ancien, il va sans dire que l’ouverture à Paris, face à Beaubourg, du « Centre culturel de la Communauté française de Belgique» n’a rien arrangé.  Le petit groupe formé par Alechins­ky, Folon et Bury, trois artistes belges fixés à Paris, est là pour en témoigner :

 

FOLON: – Nous avons eu drôlement l’impression qu’on voulait nous récupérer.  Nous nous sentons Belges et nous tenons à prendre nos distances par rapport aux milieux politiques. (« du merdier politique », dit-il) qui veulent nous diviser.  On a des racines qui sont belges.  On ne trouve pas normal qu’on nous force à être les chantres de la Wallonie.  Du coup, on nous accuse d’être des métis cultu­rels.

ALECHINSKY: – Nous re­vendiquons ce terme de métis.  Le métissage, à nos yeux, est un enrichissement.  On nous de­mande aujourd’hui de répudier la belgitude.  C’est absurde.  L’Union des écrivains et des artistes wallons nous a traité de traîtres.  On nous dit que nous sommes des apatrides.  Quoi encore ? Métis, traîtres, apatri­des.  Et cela parce que nous prétendons avoir des racines un peu plus vastes qu’une province.  Si cela continue on assistera, dans ce pays, à une culture biodégradante.

BURY: – Nous ne voulons pas servir de lance…

ALECHINSKY: … ni de bouclier…

BURY : – ni de lance, ni de bouclier à une conception ré­ductrice et despotique de la culture.

FOLON Solitaires et soli­daires, voilà ce que nous revendiquons, L’art avec des oeillères administratives, on n’en veut pas.  Nous n’aimons pas être enfermés dans des tiroirs.  Les tiroirs c’est irrespirable… Il y a vingt ans, la Belgique ne s’est pas occupée de moi.  Aujour­d’hui, on voudrait que nous soyons les porte-drapeaux de la Belgique ou plutôt d’une partie de la Belgique.

ALECHINSKY:      -. On quitte une mère-Patrie et quand on revient, on n’en a plus qu’une moitié ! Dotremont a eu une parole terrible.  Il disait: «Il faudrait recréer les Amitiés belgo­-culturelles»… Eh bien, c’est ce qu’il faudrait faire aujourd’hui. En tout cas, nous tenons à réa­gir.  Mieux : nous sur-réagissons.

Nous sommes des «sur-réaction­naires».

BURY: – Quand on nous a demandé de collaborer à la «Maison belge» de Paris, nous avons cru que c’était à vocation purement culturelle.  Nous avons découvert que ce ne l’était pas. Notez que les Français n’y com­prennent rien. Ils continuent à appeler notre Beaubourg : la Maison belge.

Dans son coin, Hugo Claus acquiesce.

– Je suis adversaire de tous les sectarismes.  La création, sous quelque forme que ce soit, ne supporte pas d’être jugulée.  En Belgique, il y a tant de ministres qui s’occupent de Culture que nous devons être la risée du monde entier.

FRANÇOIS BEUKELAERS: – Il y en a sept… Deux commu­nautaires, deux régionaux, deux Bruxellois, plus l’Education nationale…

CLAUS: -C’est l’image de la Belgique : sept maîtres, mais il n’y a pas sept artistes…

 

1983

Auguste Rossignon, in: Harmonies et fanfares en prov. de Lux., Crédit communal, 1983, p.8

 

En 1973, la Confédération musicale de Belgique dont faisait partie la fédération /Musicale Namur-Lux./ s’ est restructurée en deux conseils communautaires autonomes.  Comme en beaucoup d’autres domaines, les provinces de Namur et Luxembourg se virent minorisées à l’excès dans le conseil francophone.  En 1974, avec l’approbation d’une grande majorité de ses adhérents, la fédération est devenue autonome. »

 

1986

L’Opéra des Flandres traîne la Communauté en justice, LB 09/05/1986

 

“L’institution veut obliger l’Exécutif flamand à lui payer 323 millions d’arriérés.”

 

1987

LOPPE Pierre, Une BD wallonne qui tourne bien mal …, LB 10/04/1987

 

L’exécutif wallon contraint d’essuyer les extravagances de J.-M. Dehousse. Plus de six millions à fonds perdus.

En faisant la leçon, mercredi, à l’Exécutif wallon (« L.L.B. » du 9 avril), M. Jean-­Maurice Dehousse, ex-minis­tre-président de ce même exé­cutif à l’heure de la tripartite, ignorait sans doute que ses suc­cesseurs auraient à traiter, vingt-quatre heures plus tard, un dossier épineux aux allures d’héritage empoisonné…

 

ENVERS ET CONTRE TOUT.  Rappelez-vous: le 23 décembre ’83, veille de Noël, « La Libre » révèle que M. De­housse, « Superman de la B.D. », se propose d’octroyer 10 millions de F à une maison d’édition… bruxelloise de ban­le dessinée, la S.A. Michel De­ligne.  Contre l’avis négatif de l’Inspection des Finances, con­tre l’opinion défavorable de la Société régionale d’investisse­ment, chargée de mener à bien l’opération et, tant qu’à faire, malgré certaines réticences ex­primées au sein même de son cabinet!  C’est que, de l’avis des milieux financiers avertis, les éditions Deligne ne brillent pas par une santé financière écla­tante.  Au contraire, elles vien­nent d’éponger pour leur pre­mier exercice une perte de 1,2 million.  Ce qui, à leur échelle, est source de préoccupation légitime…

 

FEU VERT.  Qu’importe. Jean-Maurice Dehousse va de l’avant, seul contre tous, n’ayant d’égards que pour sa propre passion bédéphile.  Avec une certaine surprise, on ap­prend que l’Exécutif décide de participer à l’augmentation de Capital de la société à concur­rence de 5 millions de F et de lui octroyer une avance récupé­rable du même montant, soit dix millions au total.

Aussitôt dit, aussitôt fait.  Un préfinancement du montant de l’avance récupérable de 5 mil­lions est mis au point dans les jours qui suivent.  Et bien qu’aucune convention de prêt n’ait été conclue, la S.N.C.1. met 5 millions à la disposition de la maison d’édition.  Trois mois plus tard, il apparaît… que la société ne remplit pas les conditions ftixées par l’Exécu­tif.  Du coup, la S.R.I.W. estime ne pas devoir participer à l’augmentation de capital prévue.

 

EN FAILLITE.  Une chance!  Une enquête de l’Inspection économique démontre, peu de temps après, que la société n’a pas respecté les conditions im­posées par l’Exécutif.  La mise en liquidation est décidée le 7 mai ’86 et la faillite intervient le 23 septembre.

Résultat ? Une déclaration de créance est introduite au­près de la curatelle.  Le montant du principal et des intérêts à rembourser à la S.N.C.1. (comp­te arrêté au 31 décembre ’86) s’élève à 6,605 millions de F. or, cette créance, de l’aveu même du curateur, est sans espoir de récupération.  Consé­quence : une obligation de remboursement jugée « incontour­nable » par le ministre actuel de l’Economie régionale, M. Arnaud Decléty, qui invite la Cour des        comptes à viser avec réserves et entend pour sa part « que de telles pratiques soient évitées à l’avenir… »

 

EPILOGUE PROVISOIRE.

Mini-coup de théàtre, jeudi, lors de la réunion de l’Exécutif. La proposition de M.

Decléty ne fait pas l’unanimité.  Ses col­lègues libéraux, en particulier, ne se

montrent pas chauds- à rembourser la S.N.C.B. Une né­gociation avac l’institution

pu­blique de crédit est souhaitée…

Peut-elle aboutir ? A quoi ?  C’est une autre paire de man­ches.  En attendant, la Région wallonne sait gré à Jean-Méga­lo Dehousse de l’avoir entraî­née sur cette pente glissante in­digne d’une B.D. de qualité L’ex-ministre-président consa­crera peut-être utilement ses prochains loisirs, se dit-on, ‘à relire quelques classiques de meilleur goût édités chez Mi­chel Deligne comme « Achille et Boule de gomme»,

« Dolle Mol » « Bazookas de l’enfer vert », etc.  A moins qu’il ne pré­fère «La momie qui mène-la danse » ?

 

1988

Brel divise Bruges, LB 26/07/1988

 

Une statue de Marieke suscite la controverse

La ville de Bruges vient d’éri­ger une statue à la mémoire de Jacques Brel, décédé en 1978.  Cette statue de 1 m 80 re­présente Marieke, héroïne d’une chanson célèbre, et s’élève dans un parc.

«Il s’agit d’un jour de grande réconciliation entre la Flandre et son fils insoumis», a souligné le journaliste Johan Anthie­rens, auteur de la proposition.  Un commentaire qui contras­tait vivement avec le débat qui a tenu en haleine le conseil communal du 28.iuin.

 

DE JUSTESSÈ.  Si «Le plat pays » de Brel est un hommage à la Flandre, le chanteur n’a par contre guère mâché ses mots pour critiquer, dans son oeuvre, la division linguistique de la Belgique et la bigoterie de ses habitants.

Plusieurs conseillers com­munaux de Bruges ont violem­ment critiqué Brel en le quali­fiant d’antiflamand.  Certains songeaient sans doute à la chanson « Les flamingants», sor­ti dans son dernier album…

L’un d’eux, Dirk Van Nuffel, a même estimé que les liens entretenus par Brel avec la Flan­cire n’étaient «rien d’autre qu’une obsession poétique.  Brel se qualifiait lui-même de Fla­mand mais il a empêché ses filles d’apprendre le néerlandais».

Le conseil avait finalement adopté de justesse la proposi­tion de statue par 21 voix con­tre 15 et quatre abstentions.

 

1991

Paul Claus, Ce pays est-il malade?, LB 14/06/1991

 

Comme de coutume, le président belge du « Concours Reine Elisabeth », Eugène Frey, a fait emploi de nos deux langues nationales.

« Quelle fut cependant ma surprise, lorsque je constatai à la RTBF que les paroles prononcées en néerlandais furent systématiquement rayées dans ses émissions. »

 

1992

Erler John, Chancre « classé » à Bovigny, LB 07/12/1992

 

Lorsqu’en 1980 son oncle lui fait donation de sa maison de la fin du XVIIe, cette habitante de Bo­vigny, un joli hameau du Lu­xembourg belge près de Gouvy, est contente.  La veille ferme de l’oncle jouxte sa mai­son.  Elle n’en disposera pas avant la mort du légataire c’est convenu.  Le vieillard oc­cupe sa maison jusqu’en 86.  Puis, après un séjour à l’hôpi­tal, vient s’installer chez sa nièce.  Où il mourra deux ans plus tard.  La fermette est inoc­cupée depuis 86.  Elle est en mauvais état parce que le vieil homme, seul, malade, ne l’a guère entretenue.  La nouvelle propriétaire ne sait trop que faire de ce bien, surtout senti­mental.  Avec son mari pen­sionné, elle n’a d’ailleurs pas les moyens de se lancer dans une rénovation coûteuse.

 

ANTHOLOGIE.  En outre, Marie-Thérèse – c’est son pré­nom – ne sait pas

exactement ce qu’elle peut améliorer dans sa seconde maison.  Le 12 fé­vrier 85,

elle a reçu une lettre, anthologie de jargon adminis­tratif, du’elle a dû relire trois

fois. 0-n attirait d’abord Mon attention sur le fait « qu’en vertu des articles 3, 6 et

12 de la loi du 7 août 1931 sur la conservation des monuments et des sites,

modifiée par le décret du 28juin-1976etc… ».

 

Elle a finalement compris qu’une procédure de classe­ment était en cours et qu’elle

ne pouvait plus « apporter aucun changement définitif qui modifierait l’aspect « 

de l’im­meuble désormais en voie de classement.  En avril de la même année, le

conseil com­munal de Gouvy donne son avis sur la proposition de clas­sement.  Il

est franchement né­gatif et s’insurge, en particu­lier, contre le fait que la pro­priétaire

n’ait jamais été consultée avant le lancement de la procédure.  Marie-Thé­rèse est

rassurée.

 

CLASSER TOUT.  Les af­faires en restent là pendant près de quatre ans.  Entretemps, l’oncle est mort.  Entre­temps aussi, les Monuments et Sites ont été régionalisés; un nouveau ministre wallon, AI­bert Liénard, vient d’arriver àl’Aménagement du territoire. ,,La première année, nous confiera un de ses collabora­teurs, on classait tout,,.  Et le 30 juin 89, la ferme de Bovigny est classée ! La légataire es­time n’avoir pas les moyens de -restaurer l’immeuble confor­mément aux normes de classe­ment.  Le 21 septembre 1990, M. Liénard lui promet cepen­dant un subside régional de 60 pc du prix de la restaura­tion.  Selon le ministre, le réa­ménagement a été évalué à620.000 F par l’administra­tion du Patrimoine.  Marie­Thérèse aurait donc à décais­ser quelque 200.000 F.

Intéressant, non ? C’est ici, en fait, que se situe le noeud du problème.  La propriétaire conteste d’emblée l’estimation.  Elle commande une contre-ex­pertise.  En janvier 91, les frais de restauration, conformé­ment aux exigences de classement, sont chiffrés à… 5.820.000 F. Dix fois plus que ce qu’avançait l’administra­tion.

 

ABSENCE.  L’administra­tion ne désarme pas.  Pendant l’été 91, elle va suggérer au ministre Liénard l’expropria­tion du bâtiment.  C’est « niet ».

En attendant, les choses n’avancent pas.  Le dur climat de l’Ardenne accélère les dé­gradations.  La propriétaire va en justice.  Elle cite la Région wallonne en référé.  Les repré­sentants de la Région… brille­ront par leur absence à l’au­dience du 12 février 92 devant le tribunal de première ins­tance de Marche.

A la demande de la défense, le juge désigne un expert chargé d’une nouvelle estima­tion âu coût des travaux.  Le 16 avril, il dépose son rapport: 6.030.000 F hors TVA. En outre, l’expert conteste l’oppor­tunité de classement ne rele­vant dans le bâtiment que quelques éléments à conser­ver., Ce qui lui vaudra une réplique sèche de l’administration.  Mais surtout, l’expertise

 

SOLUTION.  Lundi dernier, nous avons interrogé l’actuel ministre wallon de l’Aménage­ment du territoire, Robert Col­lignon.  Sa réponse fut dépourvue d’ambiguïté: «Dépenser 6 millions pour restaurer une fermette de 80 mètres carrés, qui n’est même pas exception­elle, constitue à mon sens de l’acharnement thérapeutique. Dès lors que la Région consi­dère comme étant déraison­nable d’intervenir financière­ment dans une restauration, il me semble logique de ne pas contraindre le propriétaire à financer ces travaux .. M. Col­lignon nous a ensuite déclaré qu’il avait fait entamer la pro­cédure de déclassement.  Dès le mois de septembre dernier, le ministre avait, en effet, donné instruction pour que la ferme soit déclassée.  Nous avons pu annoncer la bonne nouvelle à Marie-Thérèse, jeudi.  Car, plus de deux mois après la décision ministérielle, l’admi­nistration n’avait pas pu cru bon de l’avertir…

 

1993

Françoise Zonemberg, Dominique Corail: les mots du succés, LS 14/08/1993

 

Un des lauréats du concours Reine Elizabeth en 1975.

« La manière étroite dont fonctionne notre pays en matière musicale: pas question pour un artiste wallon de faire partie d’un programme de festival organisé en Flandre.  Et vice versa!  Lorsque encore l’artiste constate qu’en Communauté française même, les musiciens du cru sont délaissés au profit d’artistes étrangers, un phénomène qu’elle affirme voir s’accentuer ces dernières années. »

 

1993

Chorégraphie / Claire Diez, Ambassadeur clodo!, LB 24/06/1993

 

“Nommé ambassadeur culturel de Flandre, le chorégraphe Wim Vandekeybus attend toujours ses subventions …”

“Une soixantaine d’organisateurs internationaux, férus de leur travail artistique ont déjà fait part au ministère de leur désappointement et de leur indignation.”

 

1993

Bouckaert Thierry, Dehousse attaque / Philharmonique, LB 22/12/1993

 

Le dossier du budget de la Société philharmonique a pris une autre dimension, mardi, à l’occasion de l’interpellation, à la commission de la Chambre, du ministre Jean-­Maurice Dehousse par le dé­puté écolo Henri Simons.  Dans sa réponse, qui tient sur une vingtaine de pages, M. De­housse évoque la comrnunica­tion qu’il avait faite en janvier dernier et dans laquelle il ap­pelait de ses voeux un partena­riat efficace entre la Philhar­monique d’une part et l’Or­chestre national (ONB) et le Palais des Beaux-Arts (PBA) d’autre Part.  C’est sur ce point et sur le problème budgétaire que le ministre a réitéré ses remarques à l’égard des diri­geants de la Philharmonique.

 

RELATIONS DIFFICILES

 

M. Dehousse estime que si sa tutelle couvre bien le Palais des Beaux-Arts et l’orchestre na­tional, qui sont des parasta­taux, la Philharmonique, une asbl, devrait d’abord interpel­ler , les différentes commu­nautés belges et aussi la Région bruxelloise, pour y chercher ap­puis et soutiens ». En cela, il explique l’augmentation, au détriment du budget de la Phil­harmonique, des allocations accordées en 1993 à l’ONB et au PBA: cette année, la sub­vention du Palais est passée de 116,2 à 119,5 millions de francs et celui de l’orchestre de 200,1 à 210,2 millions de francs.  Par contre, celle de la Philharmo­nique est passée de 23,3 à 5 millions de francs . Par ce biais, M. Dehousse explique avoir voulu – mettre les deux parasta­taux en position de force pour négocier avec la Philharmo­nique s’ils estimaient que celle­-ci était toujours en mesure de participer à leur développement…

Le hic, selon M. Dehousse, ce sont les relations difficiles entre les trois institutions. « La Philharmonique,, accuse-t-il, préfère mener une politique de tension avec les deux parasta­taux plutôt qu’une politique de coopératio.  Et de rappeler notamment qu’il n’existe plus de convention entre la Philhar­monique et l’orchestre depuis 1991 et que les relations sont encore plus dégradées entre le Palais et la Philharmonique: Depuis le début de l’année, la Philharmonique ne paie plus aucune facture de location de salles.  Selon lui, la dette de cette dernière envers le Palais des Beaux-Arts s’élèverait à 16,4 millions de francs.  Rappe­lant enfin un rapport du com­missaire du gouvernement auprès des Beaux-Arts, M. De­housse évoque , l’attitude mé­prisante » de Me de Bandt et du directeur général, Paul Dujar­din, pour la recherche effrénée de sponsoring.

La réaction de Jean-Pierre de Bandt ne s’est pas faite at­tendre.,, Je suis surpris et déçu par le ton agressif de M. De­housse -, dit-il, interrogé dans la soirée par téléphone. ,De­vant cette déclaration de guerre basée sur des contre-vérités suc­cessives, je n’ai plus qu’une chose à faire, c’est de démissionner.  Clairement, M. Dehousse, veut la disparition de la Phil­harmonique».  Si Me de Bandt met ses menaces à exécution, ce qui entraînerait une liquida­tion de l’asbl, il le fera sans doute lors du conseil d’admi­nistration de vendredi.  Une lettre d’intention signée par M. Dehousse ou une aide ex­ceptionnelle de 20 millions, ac­cordée in extremis par la Lote­rie nationale, pourrait encore sauver la Philharmonique.  Des démarches en ce sens ont été accomplies auprès de MM. Maystadt et Dehaene.

Si ce n’était pas le cas, la physionomie de la vie musicale bruxelloise

changerait fonda­mentalement, sans doute dans le sens des propositions faites l’an

dernier par Mc Kinsey dans un rapport commandité à la fois par l’orchestre

national et parla Philharmonique: il n’est pas à exclure que le Palais des

Beaux-Arts puisse reprendre les activités de l’asbl. L’atti­tude inflexible de M. Dehousse aurait ainsi porté ses fruits.

 

1994

Prix Québec-Wallonie du disque 1994, VA 01/04/1994

 

1995

L.M. et M.D.M., L’ ORW connaît enfin son déficit, LB, 17/12/1995

 

70 millions.

 

1997

Stéphane Detaille, Ath à la rescousse des carillons wallons, LS 09/09/1997

 

En octobre 1994, la Communauté fr. entendait alors encourager la mise en oeuvre de projets pédagogiques dans les écoles de musique.  Mais deux ans plus tard, l’Académie de musique d’Ath qui avait alors reçu l’autorisation d’ouvrir une classe pour aspirants carillonneurs, ne reçut plus sa subvention .

 

1998

Dominique Vellande, Personne pour la promotion des canapés, VA 14/07/1998

 

Le Théâtre Royal de Namur vient de recevoir le mobilier (banquettes, tables et canapés réalisés sur mesure par l’épouse du peintre Garouste) destiné à décorer le foyer.  L’ardoise approche les quatre millions pour quelques banquettes et une vingtaine de fauteuils.

“Il n’était pas question que l’on vienne photographier ce nouveau mobilier.”

(JV: dépense décidée par le Collège communal?)

 

1998

Louis Maraite, La culture officielle du parti socialiste, LB 02/01/1998

 

Le politique n’a pas craint de supprimer l’orchestre de la RTBF qui avait sa nécessité et son talent l’année même où Paris lui décernait le Grand Prix de l’Académie Charles Cros qui lui donnait une incontestable aura internationale.  Cherchez l’erreur.  Il y avait alors, au sein du monde politique francophone, la volonté de faire surgir le seul Orchestre Philharmonique de Liège et de la Communauté française. (..) Et les musiciens de la RTBF sont toujours payés aujourd’hui pour … ne pas jouer!

Après l’échec de la direction de M. Danblon nommé par les socialistes, à l’Opéra royal de Wallonie, voici la crise à l’OLP.

Les socialistes monopolisent d’ailleurs le portefeuille de la Culture, sans nécessairement y placer des hommes cultivés, gouvernement après gouvernement.

 

1998

Louis Maraite, Qui pour succéder à Pierre Bartholomée?, LB 02/01/1998

 

A l’Orchestre Philharmonique de Liège, trois de ses trois directeurs, dont Pierre Bartholomée,  directeur artistique, s’opposent au quatrième, issu du monde politique, et menacent de claquer la porte.

Ce dernier, P.E. Mottard, devenu directeur-coordinateur, commença dès 1995 à contrpôler le courrier, à rédiger des notes de service, …

De plus, la succession de M. Bartholomée, prévue pour 2002,  pose problème.  Il savère que le ministre de la culture, le socialiste Charles Picqué, tenterait de désigner le nouveau chef sans concertation et dans les plus brefs délais, en tout cas avant les élections de juin prochain puisqu’il semble que le prochain ministre de la Culture ne sera plus PS.

L’affaire de l’OPL jette un nouveau discrédit sur la gestion de la politique musicale dans la Communauté par le ministre Picqué dont l’entourage est accusé de parfois conditionner un subside à l’engagement de musiciens qui sont bien en cour.

 

1999

Palme et prix “mille fois mérités”, LB 25/05/1999

 

Palme d’Or pour Rosetta, des frères Dardenne,

Laurette Onkelink (sic), ministre-présidente de la Communauté française: “Ce film social, d’une grande qualité technique, porte la marque de fabrique” du cinéma francophone de Belgique.

De son côté, Philippe Busquin a rendu hommage à l’actrice Emilie Dequenne, ainsi qu’aux réalisateurs, les frères Dardenne.

 

1999

Louis Maraite, L’orchestre de Liège a perdu son chef, LB 01/04/1999

 

Pierre Bartholomée claque la porte de l’Orchestre Philharmonique de Liège.

 

2000

Ph. Coulée et Fréd. Soumoy, La “Carte Jeunes” ne répond plus …, LS 16/05/2000

 

La carte qui donne des réductions* est en liquidation.  Mal gérée ou asphyxiée par le retard des subsides?

(*Carte Jeunes: pourtant un concept implanté dans … 33 pays européens)

“Chaque carte nationale ou communautaire doit payer une franchise au réseau.  L’ASBL francophone ne la paie plus depuis un certains temps.”

 

2000

Groupe d’auteurs chorégraphes, S.O.S. Culture, LB 25/05/2000

 

Lettre au Gouvernement de la Communauté française, concernant le déficit non seulement en matière financière, mais aussi au niveau de la confiance que la Communauté place en ses artistes.

Malgré une effervescence créatrice jamais égalée, et une notoriété acquise à l’étranger, le paysage chorégraphique doit faire face à une absence totale de prise de décisions sur les dossiers cruciaux qui déterminent l’activité de création des chorégraphes et de leurs compagnies.

Ainsi, les arbitrages budgétaires récents ne tiennent pas compte des urgences dans le secteur de la création chorégraphique.

Ensuite, depuis bientôt un an, les instances consultatives, Commissions et Conseils, délibérant des subventions allouées à la création, sont au point mort, non seulement en ce qui concerne la danse mais également dans l’entièreté du secteur des Arts de la Scène (musique, théâtre, arts forains, etc.).

Il n’est pas non plus normal qu’il n’existe qu’une seule compagnie de danseen Communauté française capable d’employer des danseurs à l’année, et que toutes les autres soient contraintes de créer dans un état de complète précarité soumises à des niveaux de subventions très bas.

Enfin, le fait que Gouvernement souhaite reconduire telles quelles les anciennes Commissions, déjà en place depuis 8 ans, est le signe alarmant de l’immobilisme de la politique culturelle menée dans la Communauté.

 

2002

THEATRE / La Communauté française s’installe à Avignon –  « Une vitrine, on s’en cogne », AL 15/03/2002

 

Beaucoup disent « pourquoi faire Avignon alors qu’on a déjà un théâtre à Paris et qu’il ne fonctionne pas ». Suivant Patrick Colpé, directeur du théâtre de Namur, Paris ne fonctionne effectivement pas.

Pourtant, Avignon fonctionne un mois par an, le temps du festival.

 

2002

C.F., Sans la Communauté française, VA 19/07/2002

 

La Communauté française ne soutiendra finalement pas le festival Europa Cantat Junior à Namur.

Le montage financier initial prévoyait 2,5 millions de la manne communautaire.

« Il semble visiblement que nous avons contacté les mauvaises personnes, dans les mauvais cabinets », dixit Jean-Paul Poncelet, directeur du Centre International pour la Musique Chorale.

 

2003

Chanson – L’erreur de la Sûreté de l’Etat, La choriste d’Urban Trad lavée de tout soupçon, VA 15/10/2003

 

2003

Guy Duplat, Manifestation surprise de nos cinéastes, LB 18/02/2003

 

A l’occasion des Coqs d’Or à Mons, Olivier Gourmet a parlé au nom des cinéastes qui répètent que les moyens d’aide au cinéma sont insuffisants, contrairement aux promesses des dirigeants politiques.

O. Gourmet : « Oseriez-vous avouer que le montant de l’aide au cinéma de la Communauté française (sic) est un des plus faibles d’Europe ? Il est égal à celui de la Suisse romande, qui compte moins d’un million et demi d’habitants. »

 

2003

Cinéma / Wallimage est-elle trop commerciale ?, LB 29/04/2003

 

L’ARRF (Association des réalisateurs francophones) a regretté que Wallimage choisisse d’aider « essentiellement des films promis à des succès commerciaux ».

 

2003

La commission de sélection du film à sec, LB 28/09/2003

 

Faute de budgets, le commission de sélection du film à la Communauté « française » a épuisé ses crédits dès la session d’été. Il n’y a plus d’argent pour aider les nombreux et très bons projets de longs métrages déposés.

 

2005

Didier De Hoe, Olivier Gourmet: “La télévision rend les gens débiles”, in: 7Dimanche, 20/01/2005

 

O.G. : Le statut de l’artiste en Belgique n’existe pas. « Et je sais, par quelques contacts politiques, que chaque fois que l’on aborde la question culturelle au sein du gouvernement, tout le monde s’en va ou rigole. (…)

O.G. : « Le cinéma belge se porte très mal ! C’est comme les conservatoires ou tout ce qui est institutionnel au niveau de la culture dans notre pays. Le cinéma belge sort de l’eau parce que certaines personnes ont du talent, mais c’est une illusion par rapport  aux moyens et aux structures mis en oeuvre.

 

Les professionnels du cinéma manifestent contre la communauté française (sic) (LS, 10/04/1995)