La r√©gionalisation, une catastrophe pour le secteur de l’animation: mainmise politique, mauvaise gestion, magouilles.

1989

Un d√©bat anim√©…, LB 17/03/1989

 

Belle affluence, jeudi midi, √† la Foire du Livre, pour le d√©bat entre l’historien Jo G√©rard et le professeur Fran√ßois Perin sur les origines de la Belgique.¬† Chaude ambiance, aussi.¬† Apr√®s une demi-heure d’√©changes nourris quoique st√©r√©otyp√©s entre les deux personnalit√©s, le ton s’est durci.¬† En cause : l’explication donn√©e par Jo G√©rard du ph√©nom√®ne f√©d√©raliste et en particulier le rappel de ses similitudes avec le mod√®le fasciste.¬† Une vision condamn√©e √©nergiquement par M. Perin.¬† La tension est encore mont√©e d’un cran lorsque les deux orateurs ont √©voqu√© les d√©veloppements r√©cents de la r√©forme de l’Etat. ¬ę Foutoir politique¬†! ¬Ľ a d√©cr√©t√© Jo G√©rard qui a dress√© la liste de tous nos maux, pr√©sents et √† venir, mis en garde contre les menaces qui p√®sent sur le contribuable moyen… et pris la manifestation des infirmi√®res pour exemple.

¬ę D√©magogie! ¬Ľ a r√©pliqu√© s√®chement M. Perin.¬† Tr√©pignant sur sa chaise, celui-ci a menac√© plus d’une fois d’interrompre le d√©bat au grand dam du mod√©rateur, un journaliste du ¬ę Soir ¬Ľ, Jo G√©rard conservant, autant que faire se peut, un calme olympien.

A mi-parcours, la salle s’est anim√©e √† son tour.¬† MM. G√©rard et Perin ont trouv√© l’un et l’autre, dans les trav√©es, de fervents adeptes.¬† Les plus courtois ont applaudi, du premier au dernier rang.¬† Les moins sereins ont cri√©, invectiv√© les orateurs.¬† Une joute verbale s’en est suivie, ralliant de nombreux visiteurs intrigu√©s et sous le regard embarrass√© des √©diteurs (Collet pour Jo G√©rard, Legrain pour Fran√ßois Perin).¬† Les choses se sont g√Ęt√©es lorsque des participants ont pris Fran√ßois Perin √† partie.¬† Un spectateur particuli√®rement agit√© a √©t√© jusqu’√† souffleter le professeur qui est parti discr√®tement au bras de son √©diteur… signer son ouvrage sous la haute surveillance d‚Äôun vigile de la Foire.

 

1989

Beaunord, beau quoi ?, LB 27/09/1989

 

Notre Centre culturel francophone de Paris a connu,¬† en dix ans, beaucoup d’avatars.¬† De noms notamment, Apr√®s ¬ę Centre de la Communaut√© fran√ßaise de Belgique ¬Ľ, il est devenu ¬ę Centre Wallonie-Bruxelles ¬Ľ. Maintenant, il porte le nom un peu balourd de ¬†¬ę Beaunord ¬Ľ qui ne contribuera s√Ľrement pas √† rendre moins complexes nos institutions aux yeux du public parisien.¬† Comment deviner, en effet, lire c’est la partie francophone de la Belgique qui se cache derri√®re cette appellation faisant plut√īt penser au plat pays ?

Il vaut finalement mieux appeler les choses par leur nom.¬† D’autant plus, comme le fait juqsement remarquer Joseph Copp√© dans ¬ę La Wallonie ¬Ľ, que l’on trouvera sans doute, dans ce centre, des d√©pliants de ¬ę Belsud ¬Ľ qui est l’organisme charg√© de d√©velopper le tourisme en Communaut√© fran√ßaise.

¬ę Belsud,¬Ľ √† ¬ę Beaunord ¬Ľ: comment les Fran√ßais, que l’on sait si peu forts en g√©ographie, vont-ils s’y retrouver ?

 

1992

Pascale Guidet, remous autour d’un spectacle, LS 12/09/1992

 

Pr√©sentation de “Wallonia” dans le cadre des F√™tes de Wallonie √† Namur (spectacle SON et LUMIERES) retra√ßant l’histoire de la Wallonie et de son peuple, pr√īnant les valeurs d√©mocratiques et l’ouverture de la Wallonie sur le monde (= 8 millions).

 

1993

Vingt jours de plus pour ¬ę D√©mocratie ¬Ľ, LB 09/04/1993

 

Le greffe du Conseil r√©gional wallon vient d’annoncer que l’exposition ¬ę¬†D√©mocratie ¬Ľ √©tait prolong√©e jusqu’au 30 avril.¬† Elle devait fermer ses portes le 10 avril.¬† La prolongation semble avoir √©t√© une mesure ¬ę autoritaire ¬Ľ du pr√©sident Burgeon, ¬ę l’interm√©diaire ¬Ľ de Kim Il Sung en Belgique.¬† En effet, plusieurs membres du bureau du Conseil r√©gional, cependant comptables de ses deniers, nous ont affirm√© n’avoir pas √©t√© consult√©s.¬† Pas plus que pour le co√Ľt ou le contenu de l’exposition.¬† Pas tr√®s… d√©mocratique.

 

1993

Message (personnel)… à Jean Gol, LB 29/11/1993

 

Willy Burgeon, instigateur de l‚Äôexposition ¬ę¬†D√©mocratie¬†¬Ľ √† Namur, ambitionne de l‚Äôexporter √† Li√®ge et √† La Louvi√®re.

3,5 millions de frais pour le contribuable à Liège.

Un devis (très) approximatif a été établi pour les deux décentralisations: 6,6 millions.

Comme pour la pr√©c√©dente exp√©rience namuroise (18 millions), cette menue d√©pense ne figure pas au budget 94 du Conseil.¬† Elle sera donc support√©e, une fois encore, par le bas de laine de l’assembl√©e qui approche maintenant le demi-milliard.

 

1998

Dominique Vellande, Pour 4 millions, Collignon semble avoir acheté le Comité central, VA 24/6/98 / Fêtes de Wallonie

 

JE PAIE, donc je r√®gne.¬≠ Ce principe, cher √† cer¬≠tains dirigeants politi¬≠ques, illustrerait-il la convention que viennent de signer Fr√©d√©ric Bovesse, pr√©¬≠sident du comit√© central, et Ro¬≠bert Collignon ? C’est en tout cas le reproche qu’adressent ceux qui voient dans ce docu¬≠ment une v√©ritable mise sous tu¬≠telle de la R√©gion wallonne sur des f√™tes qui, en principe, sont avant tout namuroises.

Premi√®re r√©flexion, ce n’est √©videmment pas la premi√®re fois que la R√©gion wallonne met de l’argent dans les f√™tes.¬† Et la question a toujours √©t√© un rien vers√©e.

Mais ici, pour la premi√®re fois, un texte r√©git les termes dans lesquels il faut comprendre l’argent vers√©, soit cette an¬≠n√©e une somme d‚Äôenviron 4,2 millions.

 

Pour compte de

L’article premier pr√©cise donc que le comit√© central est charg√© d‚Äôorganiser, pour le compte

de la Région wallonne, sur son instruction et sous sa surveillance, les fêtes de Wallonie

dans une s√©rie d’activit√©s.¬† Lesquelles¬†? C’est l’article 2 qui en dresse la liste.

Le Comit√© central est charg√© d’organiser le concert des Wallonie.¬† C’est donc le gros concert.¬† C’est cette activit√©¬†¬Ľ qui, l‚Äôan dernier, fit boire le bouillon au comit√© puisqu’il laissa une ar¬≠doise de 4 millions ayant co√Ľt√© deux fois plus cher que pr√©vu.¬† Le subside de la R√©gion s’√©l√®ve √† deux millions.

 

Le CCW doit aussi organiser la soir√©e de gala offerte par la pr√©sidence du gouvernement wallon (il s’agit d’un spectacle et d’un cocktail, 500 000 F).¬† On le lira ci-contre, c’est aussi le Co¬≠mit√© central qui devra r√©partir, selon des crit√®res relativement flous, la r√©partition des 300 000 F qu’alloue pour eux la R√©gion.

 

Avec le logo

La Louisiane est l’invit√© d’hon¬≠neur du cru 98 : le Comit√© a la responsabilit√© de toute l’organi¬≠sation pour les accueillir. En¬≠fin, derni√®re t√Ęche, les gens du comit√© doivent aussi organiser la r√©ception qui suit le spectacle pyrotechnique.

 

R√©p√©tons-le : tout cela se fera avec la somme promise par Ro¬≠bert Collignon. Des fois que le bon peuple oublie les efforts de ce g√©n√©reux donateur, la con¬≠vention pr√©cise que le CCW s’en¬≠gage √† faire figurer le logo W fl√©ch√© de la R√©gion wallonne accompagn√© de la mention

¬ę Avec le soutien de la Pr√©sidence du Gouvernement wallon ¬Ľ, sur tous les supports

médiatiques relatifs aux opérations prévues dans la conven­tion.

 

Voil√† pour l’essentiel de cette convention¬† approuv√©e √† 1’unanimit√©¬† par le conseil

d’administration du CCW et qui vient d’être ratifiée par Robert Collignon.

 

Trois apparatchiks 

 

On le sait, des voix se sont √©le¬≠v√©es contre ce qui est qualifi√© de v√©ritable mainmise.¬† C’est le cas de l’Ecolo Michel Somville qui r√©clame que les f√™tes redeviennent plus namuroises et moins inf√©od√©es. J‚Äôaffirme qie la famille socialiste a d√©cid√© de s‚Äôemparer d‚Äôun √©v√©nement culturel et que cete convention en illusre le d√©rapage, explique ce conseiller communal.¬†

 

Michel Somville s’√©tonne aussi de la passivit√© de la Ville.¬† Il pr√©tend aussi cru’il n’est pas normal que les f√™tes de Wallonie soient aux mains de trois apparatchiks socialistes. (ndlr: Fr√©d√©ric Bovesse, Fr√©d√©ric La¬≠loux et Michel Pauss).

Mais d’autres voix se font.en¬≠tendre dans les quartiers ainsi qu‚Äôaupr√®s de membres de l‚Äôassembl√©e g√©n√©rale. Laquelle a toutefois vot√© le budget 98 sauf le pr√©sident honoraire Jacques Calozet.¬† Je refuse de voter budget en d√©ficit.¬† Ce n’est pas expliqcuoe le pr√©sident honoraire du mit√© central.

Pr√©cisons qu’effectivement ce budget affiche un d√©ficit pr√©vu de 300.000 F.

Quant au trou de 4 millions, le Comité central a entrepris de vendre une partie de ses bijoux de famille composés entre autres de sicavs.  Cela représen­terait pas loin des 3/4 des réser­ves financières accumulées. Nous ne sommes pas là pour faire des bénéfices, commente sobrement Frédéric Bovesse.