Réactions dans la presse de la part de lecteurs éclairés aux tentatives d’affaiblissement économique et social de la Belgique que nos politiciens se complaisent à diviser.

 

Textes de :

Sylvain Di Graci

Roger Viroux

Michel Mauroy

Flore Smet-Boccart

Jean Fivet

 

 1 Sylvain Di Graci

(Etudiant en 2e licence en Sciences de gestion à Mons-Hainaut)

Que manque-t-il à la Wallonie?, in : LB 14/04/2007

Alors que la Flandre poursuit sa croissance, qu’elle s’affiche parmi les r√©gions les plus riches d’Europe, la pauvre Wallonie, elle, stagne. Que lui manque-t-il pour s’aligner sur sa sŇďur ? Tout d’abord, la voie du d√©veloppement passe par un changement profond des mentalit√©s. Il est plus que temps de promouvoir le culte de l’effort, le sens des responsabilit√©s et des devoirs. Ces valeurs doivent √™tre inculqu√©es en premier lieu au sein de la famille et, √† d√©faut, au moins par l’enseignement. Malheureusement, ce secteur, alors¬†qu’il est le pilier de notre essor, est d√©valoris√© et victime d’un sous-financement. Les pistes de solution, √©labor√©es par notre gouvernement visant l’√©galit√© des chances d√®s l’enseignement primaire, n’ont-elles pas pour effet pervers un nivellement par le bas ? Ne serait-il pas plus judicieux de hisser nos ch√®res t√™tes blondes en r√©compensant l’effort et le m√©rite?¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†

Le d√©fi, le d√©passement de soi et la satisfaction du devoir accompli sont autant de facteurs susceptibles de relever notre √©conomie en formant nos enfants au go√Ľt d’entreprendre. Pourtant, notre classe politique, par ses d√©cisions, semble d√©cid√©ment tout faire pour √©touffer dans l’Ňďuf tout esprit d’entreprise. Et les quelques timides mesures cens√©es am√©liorer le

statut social de l’ind√©pendant sont insuffisantes pour redynamiser l’√©conomie. Comment justifier qu’un ind√©pendant qui a travaill√© toute sa vie ait droit √† une pension inf√©rieure √† un pensionn√© du ch√īmage ? D’autre part, le syst√®me politique doit, lui aussi, √©voluer. La d√©mocratie est gangren√©e par des politiciens qui ont oubli√© que leur mission est avant tout de servir les citoyens, et non leurs int√©r√™ts. L’assistanat entretenu par une classe politique a plus pour objectif de conserver un terreau d’√©lecteurs que d’aider les individus √† s’√©lever. Dans cette optique, tout le syst√®me d’attribution des revenus de remplacement doit √™tre corrig√©. Le bonheur ne passe-t-il pas par le sentiment d’existence et d’ind√©pendance ?

Aussi la multitude de gouvernements pour si peu d’habitants paralyse complètement le système, le rendant non seulement inefficient mais aussi inefficace. Enfin, à l’aube des

Elections, recentrons le d√©bat non pas sur des querelles communautaires politico-politiciennes, mais int√©ressons-nous aux vrais besoins des Belges. Une s√©curit√© d’emploi me diminution de la pression fiscale et retour aux valeurs traditionnelles.

 

2 Roger Viroux (Bambois / Fosses-la-Ville)

QU’EST-CE¬† QUI¬†¬† SE PASSE¬† CHEZ¬† NOUS¬† ? , s.d.

Que fait notre gouvernement ?

1 On sait depuis longtemps – nos paras le disaient depuis les √©v√©nements du Rwanda – – que nos dix paras, partis pour une mission humanitaire, donc non arm√©s, ont √©t√© assassin√©s, c’est aux Fran√ßais qu’on le doit. Ce sont eux, qui ont pay√© le speaker de Radio Mille Collines pour exciter les Hutus contre les Belges. Les raquettes qui ont abattu l’avion du Pr√©sident Habyarimana provenaient de chez eux.

Les soldats fran√ßais patrouillaient avec les milices hutues dans Kigali. Plus tard, pour arr√™ter la d√©route des Hutus et barrer la route au RPF, ils ont mont√© l‚Äô”Op√©ration Turquoise”, √©tablissant une ligne de s√©paration, derri√®re laquelle les Hutus ont continu√© le massacre des Tutsis.

Le speaker de radio Mille Collines s’est r√©fugi√© en France. Qu’attend notre gouvernement pour demander son extradition ?

2 A Byzance, au moment o√Ļ l√®s Turcs √©taient devant les portes de la ville, les savants discutaient du sexe des anges. Nous n’avons rien appris ! Alors qu’un groupe de gens, qui sont all√©s habiter dans les petits villages flamands entourant Bruxelles, ce qu’on appelle en grec “la p√©riph√©rie”, sont affli¬≠g√©s d’un complexe de sup√©riorit√© et refusent de parler quelques mots de n√©erlandais, on perd son temps √† analyser cela. Pendant ce temps, les Fran√ßais mettent leurs pattes sur la G√©n√©rale et Tractebel, un fleuron de notre industrie. Ne vont-ils pas essayer de s’approprier Electrabel ? Si cela se faisait, ce serait eux qui fixeraient le prix du kilowatt que nous consommons, ce sont eux qui domineraient notre industrie avec des cons√©quences encore plus graves que l’affaire de Vilvorde !

Ah ! Le sexe des anges !

 

3 Michel Mauroy (Jodoigne) in : Vers l’Avenir 05/03/2005

Wallon, Francophone ou Français ?

Dans plusieurs courriers re√ßus de l’Office National de Pensions, j’ai pu lire, avec stupeur,¬†qu’ils √©manaient du Bureau R√©gional du Brabant Fran√ßais. J’habite dans le Brabant Wallon¬†et, que je sache, nous ne sommes plus au temps des ducs de Bourgogne.

De la m√™me mani√®re, je n’√©prouve pas plus de plaisir d’entendre parler de la ‘Communaut√©¬†Fran√ßaise de Belgique’ qu’un Flamand √† qui on dirait qu’il fait partie de la ‘Communaut√©¬†Hollandaise de Belgique’ ou qu’un germanophone de la ‘Communaut√© Allemande de¬†Belgique’.

Ceux qui, en plus du f√©d√©ral, des provinces et des r√©gions, ont imagin√© et cr√©√© le concept politique de la ‘Communaut√© Fran√ßaise de Belgique’ ont √©t√© √©videmment, d’abord, des¬†pourvoyeurs d’emploi mais aussi, sans le savoir, des visionnaires, car fran√ßaise elle le devient¬†et belge elle ne l’est presque plus. On l’appelle d’ailleurs actuellement tout simplement la ‘Communaut√© Fran√ßaise’.

Il n’est donc pas √©tonnant que les Fran√ßais (que le nombrilisme emp√™che d’avoir un minimum¬†de connaissance des autres pays, m√™me voisins), qui en entendent parler, croient, pour la¬†plupart, qu’il s’agit d’une communaut√© regroupant des √©migr√©s de France.

Le ‘fransquillonnage’ presque g√©n√©ral des m√©dias audio-visuels belges est l√† pour les conforter dans leur opinion.

De plus les films et feuilletons présentés sont, soit français, soit doublés par des Français.

Nous connaissons la puissance de ces m√©dias qui se targuent m√™me de fa√ßonner et cr√©er des¬†‘stars’ et qui fournissent de nouveaux √©l√©ments au monde politique.

Il n’est donc pas √©tonnant que, outre les in√©vitables frimeurs et/ou chichiteux, des gens qui,¬†comme moi, font partie de la francophonie profonde de la Belgique, veuillent parler comme √†¬†la t√©l√© ou √† la radio.

C’est ainsi que :

Comme on démarre une émission, on démarre aussi sa voiture.

On serait m√™me partisan de la suppression des liaisons, surtout depuis le passage √† l’euro. On¬†entend prononcer : ‘cen(t) euros, deux cen(ts) euros, vin(gt) euros, quatre-vin(gts) euros,…..’.

Méthode très pratique pour dissimuler une orthographe déficiente.

On ne va plus à la toilette, on va aux toilettes (les Belges devraient-ils, à leur tour, chercher pour en trouver une propre ?).

On ne d√©jeune plus le matin, mais on prend son petit d√©jeuner ou son petit d√©j.. Il y en a m√™me¬†qui ‘petit d√©jeunent’.

Certains, timidement, après avoir pris leur petit déjeuner, prennent leur repas de midi et leur repas du soir.

D’autres, des intr√©pides, n’h√©sitent plus et comme dans l’√©mission ‘Place Royale’ (place o√Ļ¬†on doit pourtant trouver les plus belges des Belges), d√©jeunent √† midi et d√ģnent le soir et, s’ils¬†veulent souper, ils doivent se lever la nuit.

Comme s’ils voulaient tous, √† l’instar des Fran√ßais, s’int√©grer au monde du spectacle, du jeu,¬†de la nuit,… o√Ļ les gens soupent si tard, se couchent si tard, se l√®vent si tard qu’ils ne peuvent¬†d√©jeuner (sortir du je√Ľne de nuit) que vers midi.

Certains peuvent se souvenir du temps o√Ļ on se moquait en le parodiant d’un commentateur sportif fran√ßais qui disait tr√®s souvent ‘Tout √† fait, mon cher Thierry’ √† son coll√®gue.

Actuellement, il semblerait qu’il est devenu de bon ton de glisser le plus souvent possible des¬†‘tout √† fait’ dans la conversation.

On perçoit une réelle satisfaction chez certaines personnes quand on leur pose une question fermée à laquelle elles peuvent répondre par cette locution adverbiale.

On va m√™me jusqu’√† r√©pondre ‘tout √† fait’ √† des questions telles que ‘Vous habitez √†¬†Waterloo ?’ ou ‘Vous √™tes dans votre camion ?’. Quand on sait que ‘tout √† fait’ est synonyme¬†de ‘enti√®rement, compl√®tement’, la r√©ponse est pour le moins inad√©quate.

Lors du jeu radiophonique qui se déroulait précédemment, le matin, sur Fréquence Wallonie

(Ah ! Tiens ! dans son appellation actuelle on ne parle plus de Wallonie. Serait-ce un

hasard ?), deux dames avaient eu le grand plaisir de glisser des ‘tout √† fait’ dans leur tr√®s

courte conversation avec le meneur de jeu, l’une sept fois, l’autre neuf fois.

La lauréate de ce concours secondaire étant une enseignante, on peut raisonnablement penser

que ce tic verbal pourrait devenir une véritable épidémie. Heureusement, on peut espérer que

les générations montantes seront mieux conscientes du ridicule.

Momentan√©ment, r√©sistent encore g√©n√©ralement les ‘septante’ et ‘nonante’, mais, pour combien de temps ?

En effet, ce n’est d√©j√† plus le cas pour nos envoy√©s sp√©ciaux √† l’√©tranger (de la RTBF notamment) qui, pay√©s par des Belges et s’adressant √† des Belges, parlent de ‘soixante-dix’ et ‘quatre-vingt-dix’. Frimeurs ? G√™n√©s d’√™tre Belges ? Demandeurs d’emploi chez TF1 ? De plus, dans les √©coles flamandes, les ‘septante’ et ‘nonante’ sont oubli√©s. Mani√®re comme une autre de d√©daigner la francophonie belge.

Lors du discours inaugural des J.O. d’Ath√®nes, le pr√©sident du C.I.O. aurait pu, devant le monde entier faire savoir qu’il est Belge et que la francophonie de Belgique existe en disant ‘nonante-six’ et bien non, il a fallu qu’il dise ‘quatre-vingt-seize’.

On se rappellera, il y a quelques ann√©es, Monsieur Collignon, alors pr√©sident du Parlement R√©gional Wallon (pr√īnant dans son allocution la n√©cessit√© de garder au sein de l’Europe la sp√©cificit√© de la R√©gion Wallonne) a lanc√© tout naturellement un sonnant ‘quatre-vingt-dix-huit’ qui n’√©tait pas (et ne l’est pas encore) sp√©cifiquement wallon. La cr√©dibilit√© du discours politique n’y a rien gagn√© cette fois-l√† non plus. Je ne mets pas en doute les capacit√©s qu’il avait √† remplir cette fonction, mais, je trouve bizarre et m√™me contre nature que les parlementaires de la R√©gion Wallonne (soi-disant garants de l’int√©grit√© et de la p√©rennit√© de la Wallonie) aient pu √©lire √† ce poste un notoire et avou√© rattachiste √† la France. Je commence √† lire, parfois et de plus en plus, quelques ‘soixante-dix’ et autres p√©riphrases de ce genre dans mon quotidien pourtant intitul√© ‘Vers l’Avenir Brabant Wallon’. J’ai not√© avoir lu dans le programme de T√©l√©kila du dimanche 6 mars 2005 que ¬ę l’humoriste Fran√ßois Pirette comm√©more √† sa fa√ßon le ‘cent soixante-quinzi√®me'(sic) anniversaire de la Belgique ¬Ľ. Il semble que nous ne parlons pas tous de la m√™me Belgique.

Je ne conteste absolument pas le droit de chacun de s’exprimer dans le fran√ßais qui lui convient, d’autant plus que, pour nous Belges, cela ne pose aucun probl√®me de compr√©hension (les Fran√ßais ont rarement cette facult√©), je fais simplement un constat que, personnellement, je d√©plore.

Pauvre R√©gion Bruxelloise et pauvre R√©gion Wallonne dont les habitants renient leur culture francophone propre en singeant d’autres populations √† qui ils n’ont rien √† envier. Ainsi, je ne crois pas qu’il soit valorisant pour notre intelligence de chercher √† imiter des gens qui, en g√©n√©ral, ont un Q.I. bien inf√©rieur au n√ītre. En effet, (lu dans ‘Vers l’Avenir’) des chercheurs de l’universit√© de Vienne ont √©tabli un Top 50 des pays en fonction des Q .I.

moyens de leurs habitants. Avec un Q.I. moyen de 100, la Belgique se classe √† la onzi√®me place en compagnie de la Chine et de la Grande-Bretagne. Loin derri√®re arrivent… les Etats-Unis (rien d’√©tonnant quand on conna√ģt la facilit√© avec laquelle l’am√©ricain moyen gobe les foutaises en tous genres) et ensuite … la France. Il n’y a vraiment pas de quoi nous complexer. Les r√©sultats de cette enqu√™te n’ont, sans doute, pas √©t√© publi√©s en France car les autoroutes ne sont toujours pas √©clair√©es.

Je n’ai nullement l’intention de fonder le ‘Wallon Bloc’, je ne compte pas non plus me battre contre des moulins et je sais qu’une langue vivante √©volue fatalement.

Je veux tout simplement exprimer mes regrets de constater que les Belges qui ont tellement à exporter, notamment leur savoir-faire, ne peuvent pas ou ne veulent pas simplement conserver leur richesse multiculturelle exceptionnelle.

De m√™me que nos principales soci√©t√©s industrielles, financi√®res et autres sont absorb√©es par les multinationales, nos caract√©ristiques linguistiques disparaissent progressivement dans un langage qu’on tend √† aseptiser de tout belgicisme ou accent r√©gional et, ainsi, √† le priver de sa convivialit√© belge.

Pour une région dont les spécialités sont déjà fondues dans la masse par les groupes

internationaux, il est urgent qu’elle pr√©serve, valorise et fasse conna√ģtre ses sp√©cificit√©s

traditionnelles et culturelles si elle veut √™tre autre chose qu’un point anonyme sur la carte de l’Europe.

¬ę N√ę ratind ni apr√®s l‚Äôs-√ītes po t‚Äô f√© val√ę,

l√ę c√ę qu√ę n‚Äô s√ę vante ni, c’ √®st r√© d’ l√ę. ¬Ľ

¬ę N’attends pas les autres pour te faire valoir,

celui qui ne se vante pas, c’est rien de lui. ¬Ľ

Ce dicton wallon, bien de circonstance, a √©t√©, depuis toujours, appliqu√© avantageusement par les Fran√ßais, bien qu’ils ne l’aient, sans doute, jamais entendu.

Je ne me fais aucune illusion et je pr√©vois, que, vu l’√©volution actuelle, dans, au maximum,

trois générations, plus personne ne parlera wallon (ni bruxellois).

J’ai personnellement souvent confirmation de ce mauvais pr√©sage. En effet, r√©guli√®rement, je m’adresse en wallon √† certains de ma g√©n√©ration (comme moi, de pure souche wallonne) qui me r√©pondent d’office en fran√ßais. De plus, actuellement, certains jeunes le comprennent encore, mais, tr√®s rares sont ceux qui le parlent. Malgr√© la bonne volont√© de quelques enseignants qui donnent des cours de wallon, il ne pourra pas r√©sister, car c’est dans la famille et dans la vie courante qu’il aurait d√Ľ et devrait √™tre pr√©sent.

Et si le ‘fransquillonnage’ continue sa progression, bient√īt, pour parler comme un Belge, il faudra parler flamand.

J’imagine, dans un futur proche, une institutrice commen√ßant son cours d’histoire ainsi :

¬ę Bonjoure, nous allons d√©marrer le coures en parlant de la Vallonie.

C’√©tait une petite r√©gion qui devait son nom au fait que, jadis, une partie de sa population y parlait le vallon. Il y a quelque quarante-dix ans, certains vieux utilisaient encore, parfois, ce langage. ¬Ľ

Et si Barnabe-Anatole, assis au premier rang lui demande :

¬ę N’y avait-il pas, aussi, quelques am√©ricains du Visconsin qui parlaient vallon entre eux ?¬Ľ Elle r√©pondra, ravie de cette opportunit√© :

¬ę Tout √† fait, tout √† fait, tout √† fait, tout √† fait, tout √† fait… ¬Ľ.

J’esp√®re qu’elle ne terminera pas sa s√©rie par ¬ę putain de bordel de merde ¬Ľ (expression qui a l’avantage de r√©unir les trois mots que les Fran√ßais prononcent le plus souvent).

A moins que les Flamands, pouss√©s par la mont√©e des eaux qu’on annonce imminente, n’envahissent la Wallonie et soient contraints, comme l’ont √©t√© leurs a√Įeux, d’apprendre d’abord le wallon pour s’int√©grer. Ce ne serait pas n√©cessairement un pis-aller, le m√©tissage Flamands-Francophones a tr√®s bien r√©ussi √† Bruxelles (en Wallonie aussi) et, au moins, nous resterions entre Belges.

Il est √† supposer que c’est en pr√©vision de ces modifications climatiques que les Hollandais, plus prudents, ach√®tent d√©j√† tous les camps de vacances et campings des Ardennes.

Je reviens à la réalité.

En tant que Belge, je suis heureux d’avoir v√©cu en m√™me temps que Merckx, Justine, Kim et nos champion(ne)s de motocross (discipline o√Ļ nous dominons le monde depuis des d√©cennies), de tennis de table, de judo, d’escalade,… pour ne citer que quelques-unes de mes satisfactions sportives.

Je n’oublie pas Brel, nos grands de la BD, Dirk Frimout, le chocolat, nos bi√®res,…

Bref, je m’enorgueillis de tout ce qui, dans le monde entier, fait et a fait conna√ģtre notre pays qui n’est petit que par sa taille.

Comme francophone de Belgique, j’ai eu la chance d’√©tudier dans ma jeunesse le fran√ßais avec l’aide de Maurice Gr√©visse, notamment par son pr√©cis de grammaire fran√ßaise.

Ma langue maternelle est le wallon du Brabant, ce qui m’a permis de vivre dans la

convivialit√© de ce dialecte de la langue d’o√Įl qui, au cours des si√®cles, a incorpor√©, assimil√© et adapt√© certains mots, expressions et tournures de phrases provenant des diverses entit√©s culturelles qui entourent ma r√©gion.

Que les chansons humoristiques ou blagues soient en wallon du Brabant ou des autres contrées de Wallonie, elles perdraient tout leur sel et toute leur saveur si elles étaient chantées ou racontées dans une autre langue.

Quant √† moi, je suis un Wallon nostalgique qui vous promet, si l’avenir le lui permet, de d√©jeuner le matin, de d√ģner sur le coup de midi et de souper √† la soir√©e et cela qu’il vive jusqu’√† septante ou nonante ans.

Je vous promets aussi que, si mon quotidien s’intitule un jour ‘Vers l’Avenir Brabant Fran√ßais’, je r√©silierai imm√©diatement mon abonnement.

Quant √† ceux qui, comme moi, sont fiers d’√™tre Belges, fiers d’√™tre Wallons, fiers d’√™tre francophones de Belgique, il est grand temps qu’ils le fassent savoir et qu’ils r√©agissent contre toutes ces agressions sournoises sur leur identit√©.

En attendant, Twart√© vo b√© torto’.

Michel Mauroy Chaussée de Charleroi, 301 1370-Jodoigne-Souveraine.

 

‘S√ę t√ę n‚Äô vous p√ęs ve√Ľy √®t √®tinde

l√ę sofle√Ľ d‚Äô boles √®t l√®s mauva√ģs√®s linwes,

Rawa√ģte t√ę tch√©n √®t cho√Ľte l√®s mouchons.’

Traduction française :

‘Si tu ne veux plus voir et entendre / les ‘sofle√Ľs d‚Äô bole’ et les mauvaises langues,

regarde ton chien et √©coute les oiseaux.’

Interpr√©tation de l’expression ‘sofle√Ľ d‚Äô bole’ :

Traduction litt√©rale : ‘souffleur de boules’.

Représentation imagée : la grenouille de la fable de La Fontaine.

Une certaine ressemblance avec l’expression flamande ‘dikke nek’ (‘gros cou’).

Par l’air qu’il d√©place aussi d√©sagr√©ablement, le ‘sofle√Ľ d‚Äô bole’ peut √™tre proche du ‘p√®te√Ľ d‚Äô pw√®s’ (en fran√ßais : p√©teur de pois) qui, pour garder son apparence guind√©e, doit tellement serrer les fesses qu’il ne peut √©mettre que des pets d’un volume √©gal √† un petit pois.

Cette expression vise les chichiteux, les pr√©tentieux, les ‘m’as-tu vu’ et, en g√©n√©ral, ceux (on les rencontre partout) qui veulent para√ģtre ce qu’ils ne sont pas.

Elle concerne toute personne qui veut, selon ses propres critères des valeurs, rehausser son apparence par des artifices et des attitudes empruntées qui atteignent fréquemment le ridicule.

Selon ces crit√®res, on pourrait dire que le Belge qui fransquillonne dans son langage est un ‘sofle√Ľ d‚Äô bole’.

 

4 Flore SMET-BOCART (Fala√ęn)

Honorons notre drapeau, in : VA 26/06/04

¬†Les h√©ros de l’Yser et de la Lys, des camps de la mort, des tortures des prisons, des stalags, qui ont donn√© leur vie, ne sont pas morts pour un lion ou un coq : ils sont morts pour la patrie et l’honneur du drapeau.

Messieurs les politiques, souvenez-vous des paroles du roi L√©opold III : ¬ę Restez unis ¬Ľ.

Quand nous regardons l’arriv√©e d’une √©tape du tour de France et que nous voyons, au sommet d’un grand col, flotter notre drapeau, nous sommes fiers d’√™tre belges.

Si vous voulez voir vivre fraternellement deux communaut√©s, venez √† Fala√ęn et vous serez √©difi√©s.

 

 5 R. V., Eloge de la folie, in : LM 01/01/1993

¬†Vivons-nous dans un pays de fous ? On peut se le demander, quand on voit les d√©put√©s flamands : Anciaux, Barb√©, Bourgeois A., Bourgeois M., Buisseret, Caudron, Chevalier, Cortois, D√Ľ-pr√©, Hanck√©, Maesoul, Olivier et Platteau, et les d√©put√©s wallons : Busquin, Coeme, Collait, De Decker, Defeyt, De-jonckheere, De T‚ÄôSerclaes, Eerdekens, Grimberghs, Knoops, Langendries, Morael, Mois, Onkelinx, Pierard, Santkin, Simons, Spaak, Stengers, This-sen, Thys, Van der Biest et Winkel s’a¬≠charnent √† affaiblir notre pays.

Il y a tant de Wallons devenus Fla¬≠mands et surtout de Flamands devenus Wallons, qu’il est b√™te de dire : ¬ę Les Flamands sont comme ci et les Wal¬≠lons comme √ßa ! ¬Ľ

II n’est rien de plus absurde que les sondages √† propos de tout et de rien, que publient nos journaux : autant de % de Flamands disent ¬ę oui ¬Ľ ; autant de % de Wallons disent ¬ę non ¬Ľ, sans ou¬≠blier les Bruxellois qui disent encore autrement.

Je serais curieux de voir les r√©sultats de ces sondages province par province. Il est tr√®s probable que les Namurois et les Luxembourgeois ne r√©agissent nul¬≠lement comme les Hennuyers ou les Li√©geois. Cela ne me surprendrait pas qu’une province wallonne et une pro¬≠vince flamande ne r√©agiraient de la m√™me fa√ßon, √† rencontre des autres.

Pourquoi ne le fait-on pas ? Parce que les ¬ę diff√©rences ¬Ľ s’estomperaient. En attendant, on concocte de g√©n√©rali¬≠ser le commerce ext√©rieur, ce que des √©tats f√©d√©r√©s depuis longtemps comme la Suisse, l’Allemagne ou les Etats-Unis n’ont garde de faire. Les r√©gions pourront m√™me conclure des trait√©s in¬≠ternationaux.

Comme une certaine propagande or¬≠chestr√©e √† Paris a r√©duit le Canada √† la seule province du Qu√©bec, nous pour¬≠rons conclure des trait√©s aussi avec des morceaux de pays. C’est vraiment exal¬≠tant ! Les √©trangers ne comprennent pas ce d√©tricotage. Ce n’est pas √©ton¬≠nant, car moi non plus. Nos industriels et nos diplomates crient casse-cou et leur comp√©tence doit √™tre tout de m√™¬≠me bien sup√©rieure √† celle de politi¬≠ciens qui peuvent dispara√ģtre aux pro¬≠chaines √©lections. Mais ce sont les politiciens qui d√©cident et comme nous avons sans doute le record mondial du nombre de ministres… Si certains sont certainement comp√©tents, on peut douter de la capacit√© de tous !

 

6¬† L’UNION FAIT LA FORCE, in¬†: Le Messager¬† 01/01/1993

¬†– ¬ę L’Union fait la force ¬Ľ, Mossie√Ľ,

Qw√®-ce qui √ßa vout d√ģre ?

– Et bin, m’ fi, vos m’avoz ie√Ľ,

Pace qu’i gn-a rin d’ p√ģre,

Qui d’ r√®sponde √† √ß’-t-af√™re-l√† !

D’mandoz auzès minisses !

Is duvrin.n’ r√®sponde √† √ßa,

Z√®ls qu’ont foutu l’ tchinisse.

 

Jean Fivet (Wasab)