Mensonges et vérites à propos du français...

1 Mensonges à propos du français…

 

 

1.1

FAUX :

Nombre de locuteurs

& universalité

Jean-Michel Magain, Les « Cajuns » débarquent, LS 25/07/1990

 

« Nous sommes 500 millions à parler le français dans le monde », chante Julos Beaucarne. » (sic)

 

Christian Laporte, Paroles, double fête de la langue et des jeunes, LS, 28/10/1987

 

« …les 180 millions de francophones chers à Julos Beaucarne ».

 

Barrera-Vidal Albert, Coune Boris, éd., Le français, une aventure, un avenir !, éd. Wallonie-France, 2004

Walter Henriette

(p.123) Selon cette enquête, il y avait dans le monde, en 1998, 112.666.000 francophones réels auxquels il faut ajouter 60.612.000 francophones occasionnels.

 

Barrera-Vidal Albert, Coune Boris, éd., Le français, une aventure, un avenir !, éd. Wallonie-France, 2004

Salon Albert

(p.207) La situation quantitative du français dans le monde en 2003 : environ 75 millions

de francophones de langue maternelle, 55 millions de francophones d’éducation et de culture, c’est-à-dire de locuteurs d’autres langues maternelles ayant accompli une partie importante de leur scolarité, de leur vie professionnelle, ou de leurs études supérieures, en français. Enfin au moins 60 millions de « francisants », enfants et d’ adultes qui ont déjà une connaissance du français au moins équivalente à celle que donnent deux cents heures d’ apprentissage, mais n’ ont pas encore celle des « francophones » précités. Soit environ 200 millions de personnes. Le français vient derrière le chinois dans ses variétés, et derrière l’anglais et l’espagnol.

 

 

1.2

FAUX : Supériorité

André Cherpillod, L’espéranto, langue démocratique, Conférence faite au Mans, 05/12/1999

 

(p.14) Les Etats-Unis et leur alphabet rudimentaire (sic) de 26 lettres.

‘L’anglo-américain (sic) est aux langues ce que le ténia (sic) est à l’homme!’ (p.14)

(p.5) ‘Un Français peut bénir le destin qui l’a fait naître en France.’

 

1.3

FAUX : Clarté

RIVAROL: « Ce qui n’ est pas clair n’ est pas français. »

 

Barrera-Vidal Albert, Coune Boris, éd., Le français, une aventure, un avenir !, éd. Wallonie-France, 2004

 

(avant-propos) Pratiqué sur les cinq continents, le français demeure pourtant une langue de communication et de prestige, qui garde ses vertus propres de clarté, de précision et d’ élégance.

 

1.4

FAUX : Richesse

Félix Marganne, Simplifier l’ orthographe?, LB 19/12/1990

 

« Le génie du français n’ est-il pas sa richesse du vocabulaire, sa précision du terme propre, ses figures de style, ses différences de l’ expression, ses comparaisons judicieuses, ses sonorités savoureuses, etc. »

 

1.5

FAUX :

Beauté supérieure

Albert Jacquard, Ma langue (dans: Préface d’ un livre pour l’ école de Bourcy)

 

« Si le français est « la plus belle langue du monde », c’est qu’elle a su absorber les mots que d’autres langues lui ont proposés et, acceptant le mot, s’enrichir du concept évoqué par le mot. »

 

1.6

FAUX : Tolérance

Langue française – Comment l’ apprendre aux immigrés? , LS 04/06/1991

 

Pour la Maison de la Francité, le caractère international du français en fait « le porteur de valeurs au premier rang desquelles figure la tolérance. »

 

Barrera-Vidal Albert, Coune Boris, éd., Le français, une aventure, un avenir !, éd. Wallonie-France, 2004

(p.74) Alors que la superposition du français au wallon s’opérait sans problèmes majeurs, (…).

 

1.7

FAUX :

NOTRE langue

André Goosse, Le français, notre langue, LB 11/03/1995

 

“Le français est notre langue, notre langue maternelle.”

Le français est notre langue depuis le 13e siècle au moins, c’est-à-dire depuis que nos ancêtre ont senti le besoin d’écrire autrement qu’en latin.

“D’abord langue écrite, le français sera aussi peu à peu langue parlée, d’abord dans les classes dites supérieures, qui continuent à recourir au dialecte dans leurs rapports avec le peuple.  Selon une progression qui sera accélérée par l’enseignement obligatoire, cela s’étendra au peuple lui-même, qui deviendra bilingue à mesure que la bourgeoisie cessera de l’être. Le dialecte finira par être victime de la promotion du français; je ne suis pas de ceux qui se réjouissent de ce corollaire.”

 

Barrera-Vidal Albert, Coune Boris, éd., Le français, une aventure, un avenir !, éd. Wallonie-France, 2004

Wilmet Marc

(p.25) Le français ne fut jamais chez nous une langue importée.

 

 

 

2 Vérités à propos du français …

 

 

2.1

Nombre de locuteurs :

Le recul

 

Place du français dans le monde

Marc Blanpain, Les lumières de la France, Le français dans le monde, éd. Calmann-Lévy, 1967

 

(p.111) “En mettant les choses au mieux, on peut dire qu’ il n’ y a guère

aujourd’hui que 75.000.000 de ‘francophones’ dans le monde entier.”

 

 

Ma.D., Les francophones et la Révolution, LS 08/06/1989

 

“Ils sont 70 millions à partager la même parenté linguistique.”

 

 

Les 10 langues les plus importantes, in: L’esperanto en marche, 3/1973, p.7

 

chinois:    605  millions       anglais:    333        russe        203

espagnol  192                       hindi       192         allemand 120

arabe       109                       bengali    108         portugais 108

japonais  105

malgré ce qu’ on a tendance à croire, le français n’ appartient au groupe

des langues les plus importantes!”

 

 

P.D., Francophonie: le désert scientifique, LB 01/06/1992

“Aujourd’hui, une bonne culture scientifique ne peut s’ acquérir que dans

des ouvrages et des revues publiés en anglais. »

 

2.2

Difficulté extrême

 

Pas de clarté

J.M. Jacques, Pensez Europe 93: parlez esperanto, Revue de l’ organ. des études, 10, déc. 1990 

 

“Ainsi, 12 terminaisons verbales suffisent à exprimer toutes les nuances du présent, du passé et du futur.  Quelle différence avec la langue russe qui en a 157, l’allemand 364, l’anglais 652 et le français qui bat le record avec 2265 (sauf erreur ou omissions).”  (p.39)

 

 

Albert Doppagne, 3 aspects du français contemporain, …

 

(p.10) « Mon regretté maître Antoine Grégoire avait dénombré, par exemple, quarante-six façons de transcrire en français le simple son ô (o, ô, os, oh, au, aux, eau, haut, hauts, ao, aô, aut, ot, ots, ôt, ôts, ault, auld, etc.). Et il n’y a rien d’exceptionnel dans notre système, vous pouvez trouver plus de façons encore pour écrire le son ‘an’, que vous entendez deux fois dans le mot enfant. »

 

 

CONSEQUENCES :

 

FRANCE 3 – 20.50, Des racines et des ailes, VA 07/04/1999

 

Entre 10 et 20 % des Français … pourtant passés par l’école, sont incapables de lire et comprendre un texte simple.

 

 

Dorothée Klein, Le français, un pont aux ânes, Le Vif/L’express, 29/05/1998

 

De 60 à 70 % des étudiants de 1re candidature, toutes spécialités confondues, ignorent la signification du mot ‘corollaire’, qui apparaît pourtant fréquemment dans les syllabus.  Plus de 80 % d’entre eux sont également incapables de donner un synonyme de ‘stigmatiser’ ou de ‘dichotomie’.  La plupart confondent ‘effraction’ et ‘infraction’ ou ‘induire’ et ‘déduire’…

 

 

Olivier Mouton, Que faire pour éviter la catastrophe en sciences?, LB 08/04/1998 

 

“Les petits francophones n’ont vu, à ce moment /en deuxième secondaire/, que 39 pc des matières sur lesquelles ont interroge contre 74 pc ailleurs”, vu l’analyse internationale des programmes officiels pour les matières scientifiques.

 

2.3

Pauvreté

Martinet A., Le français sans fard, 1974, p.11-19

 

 » Lorsqu’ on aborde le chapitre du lexique, la position du français n’ apparaît plus sous un jour favorable: le français est une langue où chaque mot doit être appris à part: méchanceté ne saurait être retrouvé à partir de méchant, non plus qu’ amertume à partir d’ amer, comme on forme sans difficulté en anglais, badness, naughtiness et bitterness, à partir de bad, naughty et bitter. Là où l’allemand dérive, de blind ‘aveugle’, un substantif ‘Blindheit’, le français d’aujourd’hui présente le latinisant ‘cécité’ . … Pour l’ Italien, qui dit cicco pour ‘aveugle’, le substantif cecità apparaît comme un dérivé naturel, car il y a moins de disparité qu’ en français entre la forme ‘populaire’ et la forme ‘savante’

L’ anglais, qui dérive simplement blindness à partir de blind ne se prive pas d’emprunter largement, comme le français, aux langues classiques et connaît le terme technique ‘caecum’ mais il n’a pas abandonné les ressources de la composition, si bien qu’ on peut, en anglais, exprimer un beaucoup plus grand nombre de notions qu’en français, sans cesser d’employer des formes connues de tous . »

“Il est certain que, du fait de la possibilité de combiner plus librement les unités de sens, une personne qui connaît bien les 3000 mots les plus fréquents de la langue anglaise verra ses besoins communicatifs mieux satisfaits que celui qui pratique, avec une égale aisance, les 3000 homologues français. »

 

2.4

Mauvais point de départ dans apprentissage des langues

T.Bo., A quel âge l’enfant peut-il apprendre une seconde langue?, LB 25/03/1998

 

Tous s’accordent sur l’importance de l’entraînement de l’oreille. 

Sylvaine Drablier, directrice des Kiddy-classes: “Ainsi les enfants musiciens s’en sortiront mieux pour les langues étrangères.”  “De même que les Slaves dont la langue va du très aigu au très grave.  Ainsi, en russe, possédant toutes les fréquences utilisées dans les autres langues, apprendra plus rapidement une langue étrangère parce qu’il entendra très bien.”

Voilà donc pourquoi les francophones partent limités, eux dont le répertoire phonique est des plus étroits.  »

 

 

Apprendre une langue, un jeu d’ enfant!, AL 24/11/1993

 

“La langue maternelle en français est une difficulté, puisqu’ elle est incluse dans une bande de fréquences réduites.  Ainsi, son oreille n’ est pas exercée aux fréquences que l’ on retrouve dans d’ autres langues couvrant des bandes de fréquence plus larges, comme les langues germaniques.”

(citation du prof. Dehan, pédagogue à l’ UCL)

 

2.5 Manque d’unité

Goosse A., Retour à l’ orthographe, in: LB, 15/06/1981

 

“ La phonétique et la phonologie varient selon les régions, au point de rendre la communication difficile, par exemple entre les Québécois et les ‘vieux Continentaux’. »

 

2.6

Absurdités

Duplat Guy, La libération joyeuse de la langue, LB 27/09/2000

 

Jean-Marie Klinkenberg, vice-président du Conseil supérieur de la langue française :

« Les professeurs ont un rôle très important auprès des jeunes.  Ils doivent honnêtement admettre que l’orthographe qui braque tant de gens est objectivement absurde et ne répond à aucune cohérence. Tous les linguistes le savent, (…).  Les professeurs doivent dire, à la fois, qu’elle est absurde et nécessaire. 

 

 

Les « finesses » du français …

0 Comment peut-on prononcer un « h  aspiré » ?

1 Une séance en matinée (= l’après-midi)

2 Un procès verbal est écrit.

3 Un thé dansant.( le thé ne danse tout de même pas )

4 Une soirée dansante ( une soirée qui danse )

5 Une sauterie. ( on n’y saute pas; on y danse )

6 Des petits pois moyens. ( comment peut-on être les deux ? )

7 Avoir une idée derrière la tête (les idées sont plutôt dans la tête ) .

8 Brûler un feu rouge. ( D’ abord, ce n’ est pas un feu, mais une lumière ou

une lampe, et on ne brûle pas ces choses-là. )

9 Faire de l’alpinisme dans les Pyrénées.

10 Une place debout. ( Une place n’ est ni assise, ni debout ni pendue)  Etc.

 

 

2.7

Le français langue étrangère en Belgique

De Saussure, Cours de linguistique générale », 1916, éd. Payot, 1979,  p.269

 

« Bruxelles est germanique, parce que cette ville est située dans la partie flamande de la Belgique; on y parle le français, mais la seule chose qui nous importe est la ligne de démarcation entre le domaine du

flamand et celui du wallon.  D’autre part, à ce même point de vue,

Liège sera roman parce qu’il se trouve sur le territoire wallon; le

français n’y est qu’une langue étrangère superposée à un dialecte (sic) de même souche.  Ainsi encore Brest appartient  linguistiquement au breton; … »

 

 

2.8 Comment le français a-t-il été imposé en Belgique ?

 

L’aliénation linguistique

 

Pourtant, partout où s’est pratiqué l’ exclusivisme linguistique, les thèmes invoqués ont été analogues.  D’ abord exalter la langue seule reconnue et méconnaître, déprécier les autres idiomes préalablement rabaissés au rang de ‘patois’ (N.B. En France, tout ce qui n’ est pas français est du’patois’) inférieurs, informes, à peine humains. Ceci à l’ aide de slogans répandus en direction des masses : « Défense de parler breton et de cracher par terre » ou, à l’ intention des Catalans « Soyez propres, parlez français » (…)

 

Le parler maternel sera même chassé de l’ école à défaut de pouvoir le chasser complètement

des cerveaux. Cette dernière préoccupation était exprimée par la méthode de l’ « objet” (ou

symbole, sabot, bouchon, bobine, signum, signe d’ infamie, etc.) pratiquée dans toutes les

écoles publiques et privées des régions à minorité linguistique de France: elle consistait à

confier un objet quelconque au premier enfant laissant échapper un mot de ‘patois’, quitte à

ce qu’ il le repasse à un autre surpris à commettre la même faute, et, à la fin de la classe, le

dernier détenteur de l’objet assurait les corvées de balayage, et autre.  Ce procédé qui utilisait

toutes les techniques psychosociales répressives du refoulement, de la censure, de

l’espionnage, de la délation, de l’ostracisme et de la mortification a marqué des générations

d’enfants et semble avoir été abandonné. 

 

On peut parler à cet égard d’ entreprises de linguicide à distinguer du génocide, l’anéantissement physique d’un peuple et de l’ethnocide, la dilution d’ un peuple par élimination de sa culture propre (religion, coutumes, organisation).  Peu d’ Etats, d’églises et d’institutions se glorifient de l’un ou de l’autre, mais beaucoup y concoururent en toute quiétude avec la tranquille assurance de ceux qui croient représenter les formes supérieures de la pensée et de l’humanité face aux êtres ‘irrationnels’ qu’étaient censés être, par exemple, les Indiens d’Amérique.

 

 

Conséquences graves de la déculturation

 

Ainsi,les phénomènes de déculturation, étudiés jusqu’à présent essentiellement sur des populations d’Amérique du Sud mais observables également en Europe dans certaines  régions telles que la Wallonie, sont aisément décelables lorsqu’ ils se situent dans des régions bilingues, du fait qu’ils s’accompagnent alors de la perte progressive de la langue traditionnelle.  L’évolution collective d’ un unilinguisme A vers un unilinguisme B, en passant par un bilinguisme AB puis un bilinguisme BA, apparaîtra donc comme un signe de déculturation et sera accompagné de phénomènes économiques (récession, sous-emploi, etc.), sociologiques (perte de l’élite, modèle social importé,etc.), et même physiologiques s’il faut admettre l’explication de la diminution des taux de natalité comme étant une des conséquences du phénomène de déculturation.

 

 

Belgique

 

Le cas de l’allemand en Belgique

 

Ayant visité Beho, en 1979, un linguiste italien, G. Sobiela-Caanitz , atteste que cette langue est alors “largement en usage dans ce hameau du Luxembourg belge nord-oriental, tout près de Saint-Vith.  N’oublions pas l’allemand de Welkenraedt-Plombières, entre Eupen et Fouron.  Bref, « tous les droits culturels » n’ont été accordés qu’aux Allemands, à la conscience plus forte, des territoires germanophones qui, de 1815 à 1918, eurent la chance de faire partie de la Prusse rhénane; les autres, ceux de Vieille-Belgique, ont un seul droit culturel, celui de se franciser.”

 

Le cas du luxembourgeois en Belgique

Une revue, Arelerland a Sprooch, qui promeut la langue et la culture luxembourgeoises, a dénoncé le matraquage subi par les habitants du Pays d’Arlon. 

 

En 1948, nous sommes dans le train omnibus Marbehan-Arlon.  A Hachy, de toutes jeunes filles sont montées dans le train; puis d’autres à Fouches.  Elles ont entre 10 et 18 ans et se rendent à l’école à Arlon.  A Stockem d’autres filles se joignent au groupe.  On se salue, on papote joyeusement; c’est l’heure des confidences et du « klënge Beschass« .  Tout à coup, un homme d’une quarantaine d’annees se lève et crie: « Assez ! Parlez comme votre mère vous a appris.  Arrêtez de parler de la main gauche. On est en Belgique ici. »

Le joyeux bavardage a été coupé net.  « On avait tellement honte qu’on n’osa même pas raconter l’incident à la maison« , dira 30 ans plus tard l’une d’entre elles.

 

Toernich, 1963. Une jeune maman appelle le docteur X d’ Arlon pour son petit garçon de 3 ans faisant brusquement une forte fièvre.  Lorsqu’il interroge le petit bonhomme,  il constate que le garçon parle le luxembourgeois.  Aussitôt le docteur X pique une colère froide et lance une volée de méchancetés et de réflexions ironiques et acerbes vers la jeune maman.  « J’avais tellement honte  » dira la maman 20 ans plus tard « que, dès que le médecin fut parti, j’ai commencé à parler le français avec mon petit garçon.  Ah! si j’avais su, si j’avais compris à ce moment-là. Wat wir ech mat him gefuehr!”

 

 

Le cas du wallon: deux siècles d’éradication

 

Aspect général

 

On a créé un sentiment profond de honte et de culpabilité si destructeur que de véritables wallonophones, pour qui c’est la langue maternelle, en sont arrivés à ne plus oser le parler en public et même parfois en famille de peur de s’attirer moqueries et mépris. 

Le wallon est actuellement dans le même état que celui de toutes les langues qui ont subi la dictature culturelle des classes possédantes.  Les enfants des anciennes générations wallophones ont été forcés de copier la culture de la bourgeoisie, en espérant une hypothétique promotion sociale.  Ce n’ est pas le wallon en tant que tel qu’on a voulu détruire, mais en tant que les Wallons étaient signes d’une identité collective concurrente.  Promouvoir la renaissance du wallon, c’est aider à la renaissance de cette identité collective.

 

 

18e siècle: depuis 1794

 

Avant que la langue française ne nous soit imposée au temps de l’ère et de la révolution française de 1789, le wallon était notre langue. Ce n’est vers 1795 que le français s’est imposé administrativement et qu’il est devenu officiel lors de l’indépendance de notre pays.

Au plan local, les dialectes étaient employés couramment dans la pratique administrative orale.  Les membres des municipalités s’exprimaient dans leur patois et il ne serait venu à l’idée de personne de les contraindre à parler la langue officielle dans le cadre de leur gestion.  Cette situation était la même, que l’on fût en pays thiois ou roman. A l’école, l’instituteur, d’ailleurs peu instruit, avait devant lui des élèves connaissant uniquement, qui le flamand, qui le wallon.  L’enseignement élémentaire était donc dispensé en flamand dans les communes thioises.  En revanche, le français était imposé en région wallonne.  Il s’agissait, pour les enfants, d’une langue étrangère, indispensable puisque le wallon n’était pas une langue écrite.  La première année se passait pour une bonne part à inculquer un vocabulaire de base aux élèves.  Il en sera encore de même pendant une grande partie du 19e siècle.

 

Le wallon, racine commune, quelquefois oubliée, des populations qui vivent au sud de la Belgique s’adapte tantôt mal, tantôt mieux aux circonstances de l’évolution.  Malgré près de deux siècles de persécutions, il reste cependant la langue vernaculaire de plus de 600.000 personnes dans notre pays.  C’est ce que réaffirment périodiquement ses nombreux défenseurs.

 

 

Eradication du wallon dans l’enseignement

 

Aux niveaux primaire et secondaire

 

 

Méthodes punitives

Dans cette chasse aux sorcières, par divers systèmes, on culpabilisa les enfants qui parlaient wallon et on les entraîna à la délation. Grâce à cette pratique, les élèves étaient punis de différentes façons:

 

  • transmission d’un objet-témoin à un condisciple pris en flagrant délit de parler wallon: une petite planche (li plantchète), un coquetier, une languette en cuir, un signum; le dernier puni était, en fin de journée, soumis à une punition; parfois, c’étaient tous ceux qui étaient entrés en sa possession;
  • punitions écrites;
  • suppressions de récréations;
  • retenues;
  • port d’un bouton noir sur un vêtement, en signe d’infamie; d’une plaque du genre «Aujourd’hui, j’ai été grossier, j’ai parlé wallon» (Songeons à l’étoile de David, portée par les juifs dans l’Allemagne nazie);
  • octroi d’une ‘carte verte’, qui équivalait à obtenir 4 % des points (cf ci-dessous);
  • interdiction de parler wallon à la récréation;
  • interdiction de chanter en wallon, de jouer en wallon;
  • inscription sur un calepin des élèves parlant wallon chez eux, et pris à parler le wallon à l’école;
  • intimidations permanentes de la part des enseignants à l’égard des élèves qui parlaient ‘un sale patois’;
  • martyr de ceux qui ne voulaient trahir leurs compagnons;

 

 

Le français, une langue imposée

 

Un témoin de la région de Jodoigne (Brabant) dira: « Nos-ôtes, à l’ maujone, n’a nëk quë cauzeûve francès: c’èstot tot walon! »  On dit qu’avant la première guerre mondiale, les gens ne parlaient que le wallon, hormis le curé, l’instituteur et l’un ou l’autre notable.

 

La francisation

 

C’est à l’école que la plupart des petits villageois de la première moitié du 20e siècle ont appris à parler le français.  A l’époque, pas mal de maîtres ne toléraient pas l’usage du dialecte dans la cour de récréation et se montraient exigeants sur ce point.

Dans certains cas, leur réprimande se limitait à un simple rappel à l’ ordre. “Èt l’ mêsse vos l’ fiéve dîre en francès”.  Pour d’autres écoliers, la récréation s’achevait là; ils devaient rentrer en classe, “on-èstot punë, on d’veûve copi dès punëcions”.

La volonté d’extirper le wallon des habitudes de parler des enfants prenaient çà et là des formes particulières, comme le montrent les précieux témoignages qui suivent.

 

Certains enseignants recouraient à un système basé sur une sorte de contrôle réciproque des enfants et sur la transmission d’un objet-témoin.  A l’école du Sacré-Coeur de Jodoigne, au lendemain de la première guerre, un maître disposait à cet effet d’un coquetier.  L’élève surpris à parler wallon se le voyait confier. Il le gardait en poche jusqu’ au moment où il pouvait le refiler à un condisciple convaincu devant témoins d’avoir laissé échapper des mots en dialecte. Pour s’en défaire plus vite, on provoquait parfois la « faute » en énervant l’autre. En fin de journée, le détenteur du coquetier recevait une punition; par exemple, il devait copier un certain nombre de fois : « Je ne dois pas parler wallon ni à l’école ni à la maison. » Henri SIMON a dit un jour son désarroi lorsque, rentré chez lui avec cette punition, il était resté désespérément muet devant ses parents, qui ne parlaient que le wallon.

 

Même les immigrants ne furent pas épargnés.  Un témoin de cette répression parle:

“Mes premiers mots furent certainement yougoslaves parce que mon père m’ y a encouragé.  Le wallon, on m’a obligé à l’ oublier, à ne pas le parler. Au collège, il était considéré comme grossièreté: quand on nous surprenait à le parler, il nous valait ‘la carte verte’, celle qui précédait le 4 sur 100. C’ est dans la rue donc que je l’ ai appris. » (A. Kurevic)

 

De toute la Wallonie, les témoignages sont légion.  Des instituteurs ont cru, de bonne foi, que

leur devoir était, pour répandre le français, de lutter contre le wallon, en l’interdisant par

exemple dans la cour de récréation, pis encore en le traitant avec mépris.

En Ardenne, témoignage oral d’Arthur SCHMITZ, et dans la région de Charleroi, l’élève surpris à parler wallon portait une plaque : «Aujourd’hui, j’ai été grossier, j’ai parlé wallon». J.-J. GAZIAUX cite le cas d’un enfant subitement muet, déchiré entre le foyer  wallon et l’école répressive française…

 

Monsieur l’abbé Mouzon, de Neuvillers-Libramont, raconte:

“Raymond, rentrez en classe! me crie l’ instituteur (le meilleur homme du monde).  Et que je ne vous y reprenne plus à parler wallon pendant les récréations!”

 

Enfin, Roger Viroux, militant wallon, affirme lui aussi que l’école s’est acharnée

contre notre langue: « Vers 1900, une soeur de l’ école Sainte-Marie à Fosses dit à ma

mère (NDLR. ma propre grand-mère) – et aux autres filles: “Avec votre sale patois!”

Le français, lui, était sans doute propre.  Combien d’écoles n’ont-elles pas ensuite,

même pendant la guerre, encouragé la délation, en donnant à la récréation, au premier

élève surpris à parler wallon, un bout de bois, le « signum”, que le détenteur remettait à

un autre « délinquant » et ainsi de suite.  Le dernier détenteur était puni.  J’ai connu un

garçon qui a dû quitter l’école où il était entré après un mois, car il refusait de faire

punir un autre, gardait donc le signant et était puni tous les soirs.  J’ai été

culturellement colonisé dès l’école, alors que je n’ai jamais utilisé un seul mot de

français chez moi. »

 

 

NB : Eradication au niveau de la justice

La justice ignore aussi le wallon.  Ceci vaut aussi pour le luxembourgeois.  Le Guetteur wallon du 25/8/1925 affirmera que “des Wallons sont condamnés pour avoir parlé wallon. »

 

 

2.9 Infériorité du français

 

2.9.1 Comparaison allemand – français

 

 

Marcel Linden, L’allemand progresse dans le monde, LB 06/08/1998

“121 millions de personnes dans le monde parlent l’allemand

comme langue maternelle, estime l’Unesco. 

En Europe, ils sont 92 millions.”

 

 

Français

Deutsch

 

baptême – baptiser – fonts baptismaux

 

Taufe – taufen – der Taufstein

agoraphobie

Platzangst

le diabète

die Zuckerkrankheit:

viande – carnivore

Fleisch – fleischfressend

plante – herbivore

Pflanze – pflanzenfressend

homme – anthropophage

Mensch – menschenfressend:

sommeil – hypnogène

Schlaf –  Schlafmittel

 

 

2.9.2 Comparaison anglais – français

 

 

Français

English

l’ornithorynque

the  duck-mole

monotrème

egg-laying animal

marsupial

pouch-bearing animal

insectivore

insect-eater = insect-eating animal

piriforme

pear-shaped

 

 

WOLFF, P., Les origines de l’ Europe occidentale, 1970 , p.17

 

“ Le vocabulaire de la langue anglaise est plus riche que celui de la langue

française: 240.000 mots en anglais pour 93.000 en français’. »

“Cette richesse vient aussi d’ une plus ou moins grande aptitude à assimiler des mots

étrangers . Ces créations lexicales sont sans doute l’ un des aspects les plus superficiels

d’une langue .

Cependant, la richesse lexicale, la finesse plus ou moins grande de l’analyse correspondent à des tendances psychiques profondes . »

 

 

2.9.3 Comparaison français – néerlandais

 

Gauthy, Pierre, Les dyslexies, LB, 30/01/1981

 

“Il y aurait plus de dyslexies en région francophone que flamande, dues sans doute aux difficultés inhérentes à l’orthographe française;”

 

 

J.-P. Stroobants, Les petits Wallons sont-ils bêtes?, LE VIF / L’EXPRESS, 01/08/1986, p.15-16

 

A l’âge de dix-sept ans, 41 % des jeunes Flamands ont le bonheur d’accomplir des études sereines: ils n’ont pas eu à doubler de classe. Seuls 23 % des francophones connaissent cette joie.

 

(p.16) Selon le Pr Bouckaert (UCL), l’apprentissage de la langue française, de son

orthographe illogique et de sa grammaire compliquée serait plus difficile que celui du néerlandais.

 

 

Thierry Goorden, Cadres bilingues: une nécessité ou un impératif?, in: Intermédiaire, 19, 16/05/1988, p.11.

 

“  Jean-Pierre Van Binnebeek, responsable du centre de formation en langue et communication de la Générale de Banque, préfère attirer l’attention sur la différence qui existe dans la fréquence du langage entre le français et le néerlandais.  Le spectre de fréquence du flamand (sic) étant plus large, le néerlandophone capterait plus facilement les langues étrangères.  Par contre, l’ étroitesse du spectre du français expliquerait, selon lui, que l’ enfant francophone éprouve , dès l’apprentissage de sa langue maternelle, davantage de difficultés à capter des sons qui lui sont encore inconnus.”

 

Quelques exemples :

induration

verharding

intrinsèque

innerlijk

lactescent

melkachtig wit

lentillon

kleine lins

otalgie

oorpijn

parangon

toonbeeld

pédiculaire

luizen-: maladie _: luisziekte

pédologie

bodemkunde

pénéplaine

halfvlakte

trigone

driehoekig

tubéreux

knolvormig

tuméfaction

(op)zwelling

père

patrie

parricide

+ !! mère-patrie

vader

vaderland

vadermoorder

moederland

 

1 Le vocabulaire néerlandais a une dérivation logique, le français pas.

  1. a) chant – cantique lof – lofzang

chaleur-calorie                                                                    warmte              – warmteëenheid

thermal – cure thermale                                                                               warmtebehandeling

thermique – conducteur thermique                                                               warmtegeleider)

thermo- thermomètre                                                                                      warmtemeter

bouillotte                                                                                                         warmwarterkruik

 

Les mots composés en néerlandais sont descriptifs et ne pas permettent pas d’ interprétation fausse. Suivant leur forme, ‘cantique’, ‘cure thermale’ et’bouillotte’ pourraient avoir une tout autre signification .

 

  1. b) cerisier – cerisaie                                  kerseboom                 – kerseboomgaard

     pommier                 – pommeraie                            appelboom                       – appelboomgaard

     noyer                      –    ?                                         noteboom                          – noteboomgaard

     poirier                     –    ?                                         pereboom                           – pereboomgaard

     prunier                    –    ?                                         pruimeboom                  – pruimeboomgaard

 

En français, le dérivation n’ est pas uniforme (-ier est tantôt remplacé par -aie, tantôt par -eraie) et est presque toujours incomplète .

En néerlandais, la structure du mot composé est conçue de manière à trouver une solution à tous les cas suivant le même modèle.

 

 

2 En français, les mots ne se ressemblent pas.

 

     brûler                      – incendie                                     branden           – brand

                                         pyromane                                                             brandstichter

     chien                       – canidé                                        hond                – hondachtig

                                         cynodrome                                                           hondenrenbaan

     côté                         – latéral                                         zij                    – zij-

                                       (galerie latérale)                                                   (zijgalerij)

     couper                     – sécante                                       snijden             – snijlijn

     coupure                   – laparotomie                                snede               – buiksnede

     droit                        – rectiligne                                    rech t               – rechtlijnig

 

 

     dur                                                     –  sclérose     hard                                                 –  verharding

     égal                                                –  équilatéral     gelijk                                               –  gelijkzijdig

     étoile                                          –  constellation     ster                                                –  sterrengroep

     astre                                                –  astrologie                                                       sterrenwichelarij

                                                              astronomie                                                             sterrenkunde

                                                                     sidéral                                                                        sterre-

                                                      (année sidérale)                                                                 (sterrejaar)

     feu                                                      – ignifuge     vuur                                               –  vuurwerend

                                                                        silex                                                                  vuursteen

                                                                     brasier                                                                   vuurkolk

     frotter                                                 –  friction     wrijven                                                –  wrijving

     gain                                                     –  lucratif     winst                                            –  winstgevend

     montagne                                       –  orographie     berg                                        –  bergbeschrijving

                                                                  alpiniste                                                          bergbeklimmer

                                                                     torrent                                                                   bergbeek

     nier                                                      –  négatif     ontkennen                                      –  ontkennend

     quarante                                   –  quadragénaire     veertig                                                 –  veertiger

     père                                                    –  paternel     vader                                                –  va derl ij k

     sang                                                –  hématome     bloed                                            –  bloedgezwal

     soleil                                                     –  solaire     zon                                                         –  zonne-

                                                     (système solaire)                                                            (zonnestelsel)

                                                               héliotrope                                                              zonnebloem

     ventre                                           – gastéropode     buik                                                    – buikpotig

                                                                    gastrite                                                        maagontsteking

 

 

Dans ‘pyromane’, émane, n’ a pas le même sens que dans ‘quadrumane’.  ‘Astrologie’ , avec sa deuxième partie ‘logie’ fait penser à une science, alors que cette science est justement exprimée par ‘nomie’.  ‘Ouadragénaire’ pourrait tout aussi bien signifier lune personne qui a quatre ans . Dans ‘hématome’, ‘tome’ devrait signifier ‘coupure’ alors qu’ en fait, il n’ est nullement question de coupure mais bien de ‘coup’ . Dans ‘gastéropodes ‘gaster’ se traduit par ‘ventre’; dans ‘gastrite’, ce mot a le sens d’ ‘estomac’.

 

 

Autres exemples :

 

     -KUNDE : aardrijkskunde                                          géographie

                           bijbeluitlegkunde                                   exégèse

                             bosbouwkunde                                    sylviculture

                             dierkunde                                            zoologie

                           oorlogskunde                                         polémologie

                           plaatsnaamkunde                                   toponymie

                           plantenkunde                                         botanique

                             scheikunde                                          chimie

                           verloskunde                                           obstétrique

                           weerkunde                                             météorologie

                           woordafleidkunde                                 étymologie

                             zielkunde                                             psychologie

 

-DICHT/ KLANK/LIJN :

 

                             hekelen                       –  hekeldicht     critiquer                                – épigramme

                             held                          –  heldendicht     héros                                           – épopée

                             lof                                   –  lofdicht     louange                               – panégyrique

                             klinken                       –  klinl<dicht     sonner                                          – sonnet

 

                             lip                                   –  lipklank     lèvre                                              – labial

                             sissen                              –  sisklank     siffler                                        – sibilante

                             raken                                –  raaklijn     toucher                                     – tangente

                             snijden                              –  snijlijn     couper/                                       – sécante

                                                                                              trancher

 

 

 

-ETER               menseneter (mens+eten) (homme+manger)anthropophage planteneter(plant+eten) (plante+manger) phytophage vleeseter (vlees/eten) (viande/chair carnivore

+manger)

 

   -(F)FERE          écaille                                 – squamifère     schub                                    – geschubd

                             aile                                             – alifère     vleugel                               – gevleugeld

                             lait                                          – lactifère     melk                          – melkaanvoerend

                             chyle                                      – chylifère     chijl                            – chijlaanvoerend

                             or                                             – aurifère     goud                              – goudhoudend

                             sucre                                 – saccharifère     suiker                           – suikerhoudend

                             eau                                          – aquifère     water                            – waterhoudend

                             baie                                       – baccifère     bes                                     – besdragend

 

fruit fructifère ou frugifère-(vrucht)dragend

                             sommeil                        – somnifère          slaap              – slaapverwekkend

                             miel                                – mellifère          honing           – honingvoortbrengend

                             croix                               – crucifère          kruis              – kruisbloemig

                             mammelle                   – mammifère          zogen            – zoogdier

 

 

Tandis que le dernier composant des mots français ‘fère’ couvre toutes sortes de nuances sans connotation les formes néerlandaises correspondantes sont adaptées àux différentes significations .

 

 

vierhandig

quadrumane

vierhelmig

tétrandre

vierhoek

quadrilatère

vierhoekig

quadrilatéral, quadrangulaire

vierhonderdjarig

quadricentenaire

vierhoofdig

quadricéphale

vierhoornig

quadricorne

vierjaarlijks

quadriennal

vierkant

carré

vierkanten

équarrir

vierkantsvergelijking

équation quadratique

 

viertal

quatuor

viervingerig

tétradactyle

 

viervleugelig

tétraptère

vierwieler

quadricycle

 

 

 

1 Mensonges à propos du français…

 

 

 

1.1

FAUX :

Nombre de locuteurs

& universalité

Jean-Michel Magain, Les « Cajuns » débarquent, LS 25/07/1990

 

« Nous sommes 500 millions à parler le français dans le monde », chante Julos Beaucarne. » (sic)

 

Christian Laporte, Paroles, double fête de la langue et des jeunes, LS, 28/10/1987

 

« …les 180 millions de francophones chers à Julos Beaucarne ».

 

Barrera-Vidal Albert, Coune Boris, éd., Le français, une aventure, un avenir !, éd. Wallonie-France, 2004

Walter Henriette

(p.123) Selon cette enquête, il y avait dans le monde, en 1998, 112.666.000 francophones réels auxquels il faut ajouter 60.612.000 francophones occasionnels.

 

Barrera-Vidal Albert, Coune Boris, éd., Le français, une aventure, un avenir !, éd. Wallonie-France, 2004

Salon Albert

(p.207) La situation quantitative du français dans le monde en 2003 : environ 75 millions

de francophones de langue maternelle, 55 millions de francophones d’éducation et de culture, c’est-à-dire de locuteurs d’autres langues maternelles ayant accompli une partie importante de leur scolarité, de leur vie professionnelle, ou de leurs études supérieures, en français. Enfin au moins 60 millions de « francisants », enfants et d’ adultes qui ont déjà une connaissance du français au moins équivalente à celle que donnent deux cents heures d’ apprentissage, mais n’ ont pas encore celle des « francophones » précités. Soit environ 200 millions de personnes. Le français vient derrière le chinois dans ses variétés, et derrière l’anglais et l’espagnol.

 

 

1.2

FAUX : Supériorité

André Cherpillod, L’espéranto, langue démocratique, Conférence faite au Mans, 05/12/1999

 

(p.14) Les Etats-Unis et leur alphabet rudimentaire (sic) de 26 lettres.

‘L’anglo-américain (sic) est aux langues ce que le ténia (sic) est à l’homme!’ (p.14)

(p.5) ‘Un Français peut bénir le destin qui l’a fait naître en France.’

 

1.3

FAUX : Clarté

RIVAROL: « Ce qui n’ est pas clair n’ est pas français. »

 

Barrera-Vidal Albert, Coune Boris, éd., Le français, une aventure, un avenir !, éd. Wallonie-France, 2004

 

(avant-propos) Pratiqué sur les cinq continents, le français demeure pourtant une langue de communication et de prestige, qui garde ses vertus propres de clarté, de précision et d’ élégance.

 

1.4

FAUX : Richesse

Félix Marganne, Simplifier l’ orthographe?, LB 19/12/1990

 

« Le génie du français n’ est-il pas sa richesse du vocabulaire, sa précision du terme propre, ses figures de style, ses différences de l’ expression, ses comparaisons judicieuses, ses sonorités savoureuses, etc. »

 

1.5

FAUX :

Beauté supérieure

Albert Jacquard, Ma langue (dans: Préface d’ un livre pour l’ école de Bourcy)

 

« Si le français est « la plus belle langue du monde », c’est qu’elle a su absorber les mots que d’autres langues lui ont proposés et, acceptant le mot, s’enrichir du concept évoqué par le mot. »

 

1.6

FAUX : Tolérance

Langue française – Comment l’ apprendre aux immigrés? , LS 04/06/1991

 

Pour la Maison de la Francité, le caractère international du français en fait « le porteur de valeurs au premier rang desquelles figure la tolérance. »

 

Barrera-Vidal Albert, Coune Boris, éd., Le français, une aventure, un avenir !, éd. Wallonie-France, 2004

(p.74) Alors que la superposition du français au wallon s’opérait sans problèmes majeurs, (…).

 

1.7

FAUX :

NOTRE langue

André Goosse, Le français, notre langue, LB 11/03/1995

 

“Le français est notre langue, notre langue maternelle.”

Le français est notre langue depuis le 13e siècle au moins, c’est-à-dire depuis que nos ancêtre ont senti le besoin d’écrire autrement qu’en latin.

“D’abord langue écrite, le français sera aussi peu à peu langue parlée, d’abord dans les classes dites supérieures, qui continuent à recourir au dialecte dans leurs rapports avec le peuple.  Selon une progression qui sera accélérée par l’enseignement obligatoire, cela s’étendra au peuple lui-même, qui deviendra bilingue à mesure que la bourgeoisie cessera de l’être. Le dialecte finira par être victime de la promotion du français; je ne suis pas de ceux qui se réjouissent de ce corollaire.”

 

Barrera-Vidal Albert, Coune Boris, éd., Le français, une aventure, un avenir !, éd. Wallonie-France, 2004

Wilmet Marc

(p.25) Le français ne fut jamais chez nous une langue importée.

 

 

 

2 Vérités à propos du français …

 

 

2.1

Nombre de locuteurs :

Le recul

 

Place du français dans le monde

Marc Blanpain, Les lumières de la France, Le français dans le monde, éd. Calmann-Lévy, 1967

 

(p.111) “En mettant les choses au mieux, on peut dire qu’ il n’ y a guère

aujourd’hui que 75.000.000 de ‘francophones’ dans le monde entier.”

 

 

Ma.D., Les francophones et la Révolution, LS 08/06/1989

 

“Ils sont 70 millions à partager la même parenté linguistique.”

 

 

Les 10 langues les plus importantes, in: L’esperanto en marche, 3/1973, p.7

 

chinois:    605  millions       anglais:    333        russe        203

espagnol  192                       hindi       192         allemand 120

arabe       109                       bengali    108         portugais 108

japonais  105

malgré ce qu’ on a tendance à croire, le français n’ appartient au groupe

des langues les plus importantes!”

 

 

P.D., Francophonie: le désert scientifique, LB 01/06/1992

“Aujourd’hui, une bonne culture scientifique ne peut s’ acquérir que dans

des ouvrages et des revues publiés en anglais. »

 

2.2

Difficulté extrême

 

Pas de clarté

J.M. Jacques, Pensez Europe 93: parlez esperanto, Revue de l’ organ. des études, 10, déc. 1990 

 

“Ainsi, 12 terminaisons verbales suffisent à exprimer toutes les nuances du présent, du passé et du futur.  Quelle différence avec la langue russe qui en a 157, l’allemand 364, l’anglais 652 et le français qui bat le record avec 2265 (sauf erreur ou omissions).”  (p.39)

 

 

Albert Doppagne, 3 aspects du français contemporain, …

 

(p.10) « Mon regretté maître Antoine Grégoire avait dénombré, par exemple, quarante-six façons de transcrire en français le simple son ô (o, ô, os, oh, au, aux, eau, haut, hauts, ao, aô, aut, ot, ots, ôt, ôts, ault, auld, etc.). Et il n’y a rien d’exceptionnel dans notre système, vous pouvez trouver plus de façons encore pour écrire le son ‘an’, que vous entendez deux fois dans le mot enfant. »

 

 

CONSEQUENCES :

 

FRANCE 3 – 20.50, Des racines et des ailes, VA 07/04/1999

 

Entre 10 et 20 % des Français … pourtant passés par l’école, sont incapables de lire et comprendre un texte simple.

 

 

Dorothée Klein, Le français, un pont aux ânes, Le Vif/L’express, 29/05/1998

 

De 60 à 70 % des étudiants de 1re candidature, toutes spécialités confondues, ignorent la signification du mot ‘corollaire’, qui apparaît pourtant fréquemment dans les syllabus.  Plus de 80 % d’entre eux sont également incapables de donner un synonyme de ‘stigmatiser’ ou de ‘dichotomie’.  La plupart confondent ‘effraction’ et ‘infraction’ ou ‘induire’ et ‘déduire’…

 

 

Olivier Mouton, Que faire pour éviter la catastrophe en sciences?, LB 08/04/1998 

 

“Les petits francophones n’ont vu, à ce moment /en deuxième secondaire/, que 39 pc des matières sur lesquelles ont interroge contre 74 pc ailleurs”, vu l’analyse internationale des programmes officiels pour les matières scientifiques.

 

2.3

Pauvreté

Martinet A., Le français sans fard, 1974, p.11-19

 

 » Lorsqu’ on aborde le chapitre du lexique, la position du français n’ apparaît plus sous un jour favorable: le français est une langue où chaque mot doit être appris à part: méchanceté ne saurait être retrouvé à partir de méchant, non plus qu’ amertume à partir d’ amer, comme on forme sans difficulté en anglais, badness, naughtiness et bitterness, à partir de bad, naughty et bitter. Là où l’allemand dérive, de blind ‘aveugle’, un substantif ‘Blindheit’, le français d’aujourd’hui présente le latinisant ‘cécité’ . … Pour l’ Italien, qui dit cicco pour ‘aveugle’, le substantif cecità apparaît comme un dérivé naturel, car il y a moins de disparité qu’ en français entre la forme ‘populaire’ et la forme ‘savante’

L’ anglais, qui dérive simplement blindness à partir de blind ne se prive pas d’emprunter largement, comme le français, aux langues classiques et connaît le terme technique ‘caecum’ mais il n’a pas abandonné les ressources de la composition, si bien qu’ on peut, en anglais, exprimer un beaucoup plus grand nombre de notions qu’en français, sans cesser d’employer des formes connues de tous . »

“Il est certain que, du fait de la possibilité de combiner plus librement les unités de sens, une personne qui connaît bien les 3000 mots les plus fréquents de la langue anglaise verra ses besoins communicatifs mieux satisfaits que celui qui pratique, avec une égale aisance, les 3000 homologues français. »

 

2.4

Mauvais point de départ dans apprentissage des langues

T.Bo., A quel âge l’enfant peut-il apprendre une seconde langue?, LB 25/03/1998

 

Tous s’accordent sur l’importance de l’entraînement de l’oreille. 

Sylvaine Drablier, directrice des Kiddy-classes: “Ainsi les enfants musiciens s’en sortiront mieux pour les langues étrangères.”  “De même que les Slaves dont la langue va du très aigu au très grave.  Ainsi, en russe, possédant toutes les fréquences utilisées dans les autres langues, apprendra plus rapidement une langue étrangère parce qu’il entendra très bien.”

Voilà donc pourquoi les francophones partent limités, eux dont le répertoire phonique est des plus étroits.  »

 

 

Apprendre une langue, un jeu d’ enfant!, AL 24/11/1993

 

“La langue maternelle en français est une difficulté, puisqu’ elle est incluse dans une bande de fréquences réduites.  Ainsi, son oreille n’ est pas exercée aux fréquences que l’ on retrouve dans d’ autres langues couvrant des bandes de fréquence plus larges, comme les langues germaniques.”

(citation du prof. Dehan, pédagogue à l’ UCL)

 

2.5 Manque d’unité

Goosse A., Retour à l’ orthographe, in: LB, 15/06/1981

 

“ La phonétique et la phonologie varient selon les régions, au point de rendre la communication difficile, par exemple entre les Québécois et les ‘vieux Continentaux’. »

 

2.6

Absurdités

Duplat Guy, La libération joyeuse de la langue, LB 27/09/2000

 

Jean-Marie Klinkenberg, vice-président du Conseil supérieur de la langue française :

« Les professeurs ont un rôle très important auprès des jeunes.  Ils doivent honnêtement admettre que l’orthographe qui braque tant de gens est objectivement absurde et ne répond à aucune cohérence. Tous les linguistes le savent, (…).  Les professeurs doivent dire, à la fois, qu’elle est absurde et nécessaire. 

 

 

Les « finesses » du français …

0 Comment peut-on prononcer un « h  aspiré » ?

1 Une séance en matinée (= l’après-midi)

2 Un procès verbal est écrit.

3 Un thé dansant.( le thé ne danse tout de même pas )

4 Une soirée dansante ( une soirée qui danse )

5 Une sauterie. ( on n’y saute pas; on y danse )

6 Des petits pois moyens. ( comment peut-on être les deux ? )

7 Avoir une idée derrière la tête (les idées sont plutôt dans la tête ) .

8 Brûler un feu rouge. ( D’ abord, ce n’ est pas un feu, mais une lumière ou

une lampe, et on ne brûle pas ces choses-là. )

9 Faire de l’alpinisme dans les Pyrénées.

10 Une place debout. ( Une place n’ est ni assise, ni debout ni pendue)  Etc.

 

 

2.7

Le français langue étrangère en Belgique

De Saussure, Cours de linguistique générale », 1916, éd. Payot, 1979,  p.269

 

« Bruxelles est germanique, parce que cette ville est située dans la partie flamande de la Belgique; on y parle le français, mais la seule chose qui nous importe est la ligne de démarcation entre le domaine du

flamand et celui du wallon.  D’autre part, à ce même point de vue,

Liège sera roman parce qu’il se trouve sur le territoire wallon; le

français n’y est qu’une langue étrangère superposée à un dialecte (sic) de même souche.  Ainsi encore Brest appartient  linguistiquement au breton; … »

 

 

2.8 Comment le français a-t-il été imposé en Belgique ?

 

L’aliénation linguistique

 

Pourtant, partout où s’est pratiqué l’ exclusivisme linguistique, les thèmes invoqués ont été analogues.  D’ abord exalter la langue seule reconnue et méconnaître, déprécier les autres idiomes préalablement rabaissés au rang de ‘patois’ (N.B. En France, tout ce qui n’ est pas français est du’patois’) inférieurs, informes, à peine humains. Ceci à l’ aide de slogans répandus en direction des masses : « Défense de parler breton et de cracher par terre » ou, à l’ intention des Catalans « Soyez propres, parlez français » (…)

 

Le parler maternel sera même chassé de l’ école à défaut de pouvoir le chasser complètement

des cerveaux. Cette dernière préoccupation était exprimée par la méthode de l’ « objet” (ou

symbole, sabot, bouchon, bobine, signum, signe d’ infamie, etc.) pratiquée dans toutes les

écoles publiques et privées des régions à minorité linguistique de France: elle consistait à

confier un objet quelconque au premier enfant laissant échapper un mot de ‘patois’, quitte à

ce qu’ il le repasse à un autre surpris à commettre la même faute, et, à la fin de la classe, le

dernier détenteur de l’objet assurait les corvées de balayage, et autre.  Ce procédé qui utilisait

toutes les techniques psychosociales répressives du refoulement, de la censure, de

l’espionnage, de la délation, de l’ostracisme et de la mortification a marqué des générations

d’enfants et semble avoir été abandonné. 

 

On peut parler à cet égard d’ entreprises de linguicide à distinguer du génocide, l’anéantissement physique d’un peuple et de l’ethnocide, la dilution d’ un peuple par élimination de sa culture propre (religion, coutumes, organisation).  Peu d’ Etats, d’églises et d’institutions se glorifient de l’un ou de l’autre, mais beaucoup y concoururent en toute quiétude avec la tranquille assurance de ceux qui croient représenter les formes supérieures de la pensée et de l’humanité face aux êtres ‘irrationnels’ qu’étaient censés être, par exemple, les Indiens d’Amérique.

 

 

Conséquences graves de la déculturation

 

Ainsi,les phénomènes de déculturation, étudiés jusqu’à présent essentiellement sur des populations d’Amérique du Sud mais observables également en Europe dans certaines  régions telles que la Wallonie, sont aisément décelables lorsqu’ ils se situent dans des régions bilingues, du fait qu’ils s’accompagnent alors de la perte progressive de la langue traditionnelle.  L’évolution collective d’ un unilinguisme A vers un unilinguisme B, en passant par un bilinguisme AB puis un bilinguisme BA, apparaîtra donc comme un signe de déculturation et sera accompagné de phénomènes économiques (récession, sous-emploi, etc.), sociologiques (perte de l’élite, modèle social importé,etc.), et même physiologiques s’il faut admettre l’explication de la diminution des taux de natalité comme étant une des conséquences du phénomène de déculturation.

 

 

Belgique

 

Le cas de l’allemand en Belgique

 

Ayant visité Beho, en 1979, un linguiste italien, G. Sobiela-Caanitz , atteste que cette langue est alors “largement en usage dans ce hameau du Luxembourg belge nord-oriental, tout près de Saint-Vith.  N’oublions pas l’allemand de Welkenraedt-Plombières, entre Eupen et Fouron.  Bref, « tous les droits culturels » n’ont été accordés qu’aux Allemands, à la conscience plus forte, des territoires germanophones qui, de 1815 à 1918, eurent la chance de faire partie de la Prusse rhénane; les autres, ceux de Vieille-Belgique, ont un seul droit culturel, celui de se franciser.”

 

Le cas du luxembourgeois en Belgique

Une revue, Arelerland a Sprooch, qui promeut la langue et la culture luxembourgeoises, a dénoncé le matraquage subi par les habitants du Pays d’Arlon. 

 

En 1948, nous sommes dans le train omnibus Marbehan-Arlon.  A Hachy, de toutes jeunes filles sont montées dans le train; puis d’autres à Fouches.  Elles ont entre 10 et 18 ans et se rendent à l’école à Arlon.  A Stockem d’autres filles se joignent au groupe.  On se salue, on papote joyeusement; c’est l’heure des confidences et du « klënge Beschass« .  Tout à coup, un homme d’une quarantaine d’annees se lève et crie: « Assez ! Parlez comme votre mère vous a appris.  Arrêtez de parler de la main gauche. On est en Belgique ici. »

Le joyeux bavardage a été coupé net.  « On avait tellement honte qu’on n’osa même pas raconter l’incident à la maison« , dira 30 ans plus tard l’une d’entre elles.

 

Toernich, 1963. Une jeune maman appelle le docteur X d’ Arlon pour son petit garçon de 3 ans faisant brusquement une forte fièvre.  Lorsqu’il interroge le petit bonhomme,  il constate que le garçon parle le luxembourgeois.  Aussitôt le docteur X pique une colère froide et lance une volée de méchancetés et de réflexions ironiques et acerbes vers la jeune maman.  « J’avais tellement honte  » dira la maman 20 ans plus tard « que, dès que le médecin fut parti, j’ai commencé à parler le français avec mon petit garçon.  Ah! si j’avais su, si j’avais compris à ce moment-là. Wat wir ech mat him gefuehr!”

 

 

Le cas du wallon: deux siècles d’éradication

 

Aspect général

 

On a créé un sentiment profond de honte et de culpabilité si destructeur que de véritables wallonophones, pour qui c’est la langue maternelle, en sont arrivés à ne plus oser le parler en public et même parfois en famille de peur de s’attirer moqueries et mépris. 

Le wallon est actuellement dans le même état que celui de toutes les langues qui ont subi la dictature culturelle des classes possédantes.  Les enfants des anciennes générations wallophones ont été forcés de copier la culture de la bourgeoisie, en espérant une hypothétique promotion sociale.  Ce n’ est pas le wallon en tant que tel qu’on a voulu détruire, mais en tant que les Wallons étaient signes d’une identité collective concurrente.  Promouvoir la renaissance du wallon, c’est aider à la renaissance de cette identité collective.

 

 

18e siècle: depuis 1794

 

Avant que la langue française ne nous soit imposée au temps de l’ère et de la révolution française de 1789, le wallon était notre langue. Ce n’est vers 1795 que le français s’est imposé administrativement et qu’il est devenu officiel lors de l’indépendance de notre pays.

Au plan local, les dialectes étaient employés couramment dans la pratique administrative orale.  Les membres des municipalités s’exprimaient dans leur patois et il ne serait venu à l’idée de personne de les contraindre à parler la langue officielle dans le cadre de leur gestion.  Cette situation était la même, que l’on fût en pays thiois ou roman. A l’école, l’instituteur, d’ailleurs peu instruit, avait devant lui des élèves connaissant uniquement, qui le flamand, qui le wallon.  L’enseignement élémentaire était donc dispensé en flamand dans les communes thioises.  En revanche, le français était imposé en région wallonne.  Il s’agissait, pour les enfants, d’une langue étrangère, indispensable puisque le wallon n’était pas une langue écrite.  La première année se passait pour une bonne part à inculquer un vocabulaire de base aux élèves.  Il en sera encore de même pendant une grande partie du 19e siècle.

 

Le wallon, racine commune, quelquefois oubliée, des populations qui vivent au sud de la Belgique s’adapte tantôt mal, tantôt mieux aux circonstances de l’évolution.  Malgré près de deux siècles de persécutions, il reste cependant la langue vernaculaire de plus de 600.000 personnes dans notre pays.  C’est ce que réaffirment périodiquement ses nombreux défenseurs.

 

 

Eradication du wallon dans l’enseignement

 

Aux niveaux primaire et secondaire

 

 

Méthodes punitives

Dans cette chasse aux sorcières, par divers systèmes, on culpabilisa les enfants qui parlaient wallon et on les entraîna à la délation. Grâce à cette pratique, les élèves étaient punis de différentes façons:

 

  • transmission d’un objet-témoin à un condisciple pris en flagrant délit de parler wallon: une petite planche (li plantchète), un coquetier, une languette en cuir, un signum; le dernier puni était, en fin de journée, soumis à une punition; parfois, c’étaient tous ceux qui étaient entrés en sa possession;
  • punitions écrites;
  • suppressions de récréations;
  • retenues;
  • port d’un bouton noir sur un vêtement, en signe d’infamie; d’une plaque du genre «Aujourd’hui, j’ai été grossier, j’ai parlé wallon» (Songeons à l’étoile de David, portée par les juifs dans l’Allemagne nazie);
  • octroi d’une ‘carte verte’, qui équivalait à obtenir 4 % des points (cf ci-dessous);
  • interdiction de parler wallon à la récréation;
  • interdiction de chanter en wallon, de jouer en wallon;
  • inscription sur un calepin des élèves parlant wallon chez eux, et pris à parler le wallon à l’école;
  • intimidations permanentes de la part des enseignants à l’égard des élèves qui parlaient ‘un sale patois’;
  • martyr de ceux qui ne voulaient trahir leurs compagnons;

 

 

Le français, une langue imposée

 

Un témoin de la région de Jodoigne (Brabant) dira: « Nos-ôtes, à l’ maujone, n’a nëk quë cauzeûve francès: c’èstot tot walon! »  On dit qu’avant la première guerre mondiale, les gens ne parlaient que le wallon, hormis le curé, l’instituteur et l’un ou l’autre notable.

 

La francisation

 

C’est à l’école que la plupart des petits villageois de la première moitié du 20e siècle ont appris à parler le français.  A l’époque, pas mal de maîtres ne toléraient pas l’usage du dialecte dans la cour de récréation et se montraient exigeants sur ce point.

Dans certains cas, leur réprimande se limitait à un simple rappel à l’ ordre. “Èt l’ mêsse vos l’ fiéve dîre en francès”.  Pour d’autres écoliers, la récréation s’achevait là; ils devaient rentrer en classe, “on-èstot punë, on d’veûve copi dès punëcions”.

La volonté d’extirper le wallon des habitudes de parler des enfants prenaient çà et là des formes particulières, comme le montrent les précieux témoignages qui suivent.

 

Certains enseignants recouraient à un système basé sur une sorte de contrôle réciproque des enfants et sur la transmission d’un objet-témoin.  A l’école du Sacré-Coeur de Jodoigne, au lendemain de la première guerre, un maître disposait à cet effet d’un coquetier.  L’élève surpris à parler wallon se le voyait confier. Il le gardait en poche jusqu’ au moment où il pouvait le refiler à un condisciple convaincu devant témoins d’avoir laissé échapper des mots en dialecte. Pour s’en défaire plus vite, on provoquait parfois la « faute » en énervant l’autre. En fin de journée, le détenteur du coquetier recevait une punition; par exemple, il devait copier un certain nombre de fois : « Je ne dois pas parler wallon ni à l’école ni à la maison. » Henri SIMON a dit un jour son désarroi lorsque, rentré chez lui avec cette punition, il était resté désespérément muet devant ses parents, qui ne parlaient que le wallon.

 

Même les immigrants ne furent pas épargnés.  Un témoin de cette répression parle:

“Mes premiers mots furent certainement yougoslaves parce que mon père m’ y a encouragé.  Le wallon, on m’a obligé à l’ oublier, à ne pas le parler. Au collège, il était considéré comme grossièreté: quand on nous surprenait à le parler, il nous valait ‘la carte verte’, celle qui précédait le 4 sur 100. C’ est dans la rue donc que je l’ ai appris. » (A. Kurevic)

 

De toute la Wallonie, les témoignages sont légion.  Des instituteurs ont cru, de bonne foi, que

leur devoir était, pour répandre le français, de lutter contre le wallon, en l’interdisant par

exemple dans la cour de récréation, pis encore en le traitant avec mépris.

En Ardenne, témoignage oral d’Arthur SCHMITZ, et dans la région de Charleroi, l’élève surpris à parler wallon portait une plaque : «Aujourd’hui, j’ai été grossier, j’ai parlé wallon». J.-J. GAZIAUX cite le cas d’un enfant subitement muet, déchiré entre le foyer  wallon et l’école répressive française…

 

Monsieur l’abbé Mouzon, de Neuvillers-Libramont, raconte:

“Raymond, rentrez en classe! me crie l’ instituteur (le meilleur homme du monde).  Et que je ne vous y reprenne plus à parler wallon pendant les récréations!”

 

Enfin, Roger Viroux, militant wallon, affirme lui aussi que l’école s’est acharnée

contre notre langue: « Vers 1900, une soeur de l’ école Sainte-Marie à Fosses dit à ma

mère (NDLR. ma propre grand-mère) – et aux autres filles: “Avec votre sale patois!”

Le français, lui, était sans doute propre.  Combien d’écoles n’ont-elles pas ensuite,

même pendant la guerre, encouragé la délation, en donnant à la récréation, au premier

élève surpris à parler wallon, un bout de bois, le « signum”, que le détenteur remettait à

un autre « délinquant » et ainsi de suite.  Le dernier détenteur était puni.  J’ai connu un

garçon qui a dû quitter l’école où il était entré après un mois, car il refusait de faire

punir un autre, gardait donc le signant et était puni tous les soirs.  J’ai été

culturellement colonisé dès l’école, alors que je n’ai jamais utilisé un seul mot de

français chez moi. »

 

 

NB : Eradication au niveau de la justice

La justice ignore aussi le wallon.  Ceci vaut aussi pour le luxembourgeois.  Le Guetteur wallon du 25/8/1925 affirmera que “des Wallons sont condamnés pour avoir parlé wallon. »

 

 

2.9 Infériorité du français

 

2.9.1 Comparaison allemand – français

 

 

Marcel Linden, L’allemand progresse dans le monde, LB 06/08/1998

“121 millions de personnes dans le monde parlent l’allemand

comme langue maternelle, estime l’Unesco. 

En Europe, ils sont 92 millions.”

 

 

Français

Deutsch

 

baptême – baptiser – fonts baptismaux

 

Taufe – taufen – der Taufstein

agoraphobie

Platzangst

le diabète

die Zuckerkrankheit:

viande – carnivore

Fleisch – fleischfressend

plante – herbivore

Pflanze – pflanzenfressend

homme – anthropophage

Mensch – menschenfressend:

sommeil – hypnogène

Schlaf –  Schlafmittel

 

 

2.9.2 Comparaison anglais – français

 

 

Français

English

l’ornithorynque

the  duck-mole

monotrème

egg-laying animal

marsupial

pouch-bearing animal

insectivore

insect-eater = insect-eating animal

piriforme

pear-shaped

 

 

WOLFF, P., Les origines de l’ Europe occidentale, 1970 , p.17

 

“ Le vocabulaire de la langue anglaise est plus riche que celui de la langue

française: 240.000 mots en anglais pour 93.000 en français’. »

“Cette richesse vient aussi d’ une plus ou moins grande aptitude à assimiler des mots

étrangers . Ces créations lexicales sont sans doute l’ un des aspects les plus superficiels

d’une langue .

Cependant, la richesse lexicale, la finesse plus ou moins grande de l’analyse correspondent à des tendances psychiques profondes . »

 

 

2.9.3 Comparaison français – néerlandais

 

Gauthy, Pierre, Les dyslexies, LB, 30/01/1981

 

“Il y aurait plus de dyslexies en région francophone que flamande, dues sans doute aux difficultés inhérentes à l’orthographe française;”

 

 

J.-P. Stroobants, Les petits Wallons sont-ils bêtes?, LE VIF / L’EXPRESS, 01/08/1986, p.15-16

 

A l’âge de dix-sept ans, 41 % des jeunes Flamands ont le bonheur d’accomplir des études sereines: ils n’ont pas eu à doubler de classe. Seuls 23 % des francophones connaissent cette joie.

 

(p.16) Selon le Pr Bouckaert (UCL), l’apprentissage de la langue française, de son

orthographe illogique et de sa grammaire compliquée serait plus difficile que celui du néerlandais.

 

 

Thierry Goorden, Cadres bilingues: une nécessité ou un impératif?, in: Intermédiaire, 19, 16/05/1988, p.11.

 

“  Jean-Pierre Van Binnebeek, responsable du centre de formation en langue et communication de la Générale de Banque, préfère attirer l’attention sur la différence qui existe dans la fréquence du langage entre le français et le néerlandais.  Le spectre de fréquence du flamand (sic) étant plus large, le néerlandophone capterait plus facilement les langues étrangères.  Par contre, l’ étroitesse du spectre du français expliquerait, selon lui, que l’ enfant francophone éprouve , dès l’apprentissage de sa langue maternelle, davantage de difficultés à capter des sons qui lui sont encore inconnus.”

 

Quelques exemples :

induration

verharding

intrinsèque

innerlijk

lactescent

melkachtig wit

lentillon

kleine lins

otalgie

oorpijn

parangon

toonbeeld

pédiculaire

luizen-: maladie _: luisziekte

pédologie

bodemkunde

pénéplaine

halfvlakte

trigone

driehoekig

tubéreux

knolvormig

tuméfaction

(op)zwelling

père

patrie

parricide

+ !! mère-patrie

vader

vaderland

vadermoorder

moederland

 

1 Le vocabulaire néerlandais a une dérivation logique, le français pas.

  1. a) chant – cantique lof – lofzang

chaleur-calorie                                                                    warmte              – warmteëenheid

thermal – cure thermale                                                                               warmtebehandeling

thermique – conducteur thermique                                                               warmtegeleider)

thermo- thermomètre                                                                                      warmtemeter

bouillotte                                                                                                         warmwarterkruik

 

Les mots composés en néerlandais sont descriptifs et ne pas permettent pas d’ interprétation fausse. Suivant leur forme, ‘cantique’, ‘cure thermale’ et’bouillotte’ pourraient avoir une tout autre signification .

 

  1. b) cerisier – cerisaie                                  kerseboom                 – kerseboomgaard

     pommier                 – pommeraie                            appelboom                       – appelboomgaard

     noyer                      –    ?                                         noteboom                          – noteboomgaard

     poirier                     –    ?                                         pereboom                           – pereboomgaard

     prunier                    –    ?                                         pruimeboom                  – pruimeboomgaard

 

En français, le dérivation n’ est pas uniforme (-ier est tantôt remplacé par -aie, tantôt par -eraie) et est presque toujours incomplète .

En néerlandais, la structure du mot composé est conçue de manière à trouver une solution à tous les cas suivant le même modèle.

 

 

2 En français, les mots ne se ressemblent pas.

 

     brûler                      – incendie                                     branden           – brand

                                         pyromane                                                             brandstichter

     chien                       – canidé                                        hond                – hondachtig

                                         cynodrome                                                           hondenrenbaan

     côté                         – latéral                                         zij                    – zij-

                                       (galerie latérale)                                                   (zijgalerij)

     couper                     – sécante                                       snijden             – snijlijn

     coupure                   – laparotomie                                snede               – buiksnede

     droit                        – rectiligne                                    rech t               – rechtlijnig

 

 

     dur                                                     –  sclérose     hard                                                 –  verharding

     égal                                                –  équilatéral     gelijk                                               –  gelijkzijdig

     étoile                                          –  constellation     ster                                                –  sterrengroep

     astre                                                –  astrologie                                                       sterrenwichelarij

                                                              astronomie                                                             sterrenkunde

                                                                     sidéral                                                                        sterre-

                                                      (année sidérale)                                                                 (sterrejaar)

     feu                                                      – ignifuge     vuur                                               –  vuurwerend

                                                                        silex                                                                  vuursteen

                                                                     brasier                                                                   vuurkolk

     frotter                                                 –  friction     wrijven                                                –  wrijving

     gain                                                     –  lucratif     winst                                            –  winstgevend

     montagne                                       –  orographie     berg                                        –  bergbeschrijving

                                                                  alpiniste                                                          bergbeklimmer

                                                                     torrent                                                                   bergbeek

     nier                                                      –  négatif     ontkennen                                      –  ontkennend

     quarante                                   –  quadragénaire     veertig                                                 –  veertiger

     père                                                    –  paternel     vader                                                –  va derl ij k

     sang                                                –  hématome     bloed                                            –  bloedgezwal

     soleil                                                     –  solaire     zon                                                         –  zonne-

                                                     (système solaire)                                                            (zonnestelsel)

                                                               héliotrope                                                              zonnebloem

     ventre                                           – gastéropode     buik                                                    – buikpotig

                                                                    gastrite                                                        maagontsteking

 

 

Dans ‘pyromane’, émane, n’ a pas le même sens que dans ‘quadrumane’.  ‘Astrologie’ , avec sa deuxième partie ‘logie’ fait penser à une science, alors que cette science est justement exprimée par ‘nomie’.  ‘Ouadragénaire’ pourrait tout aussi bien signifier lune personne qui a quatre ans . Dans ‘hématome’, ‘tome’ devrait signifier ‘coupure’ alors qu’ en fait, il n’ est nullement question de coupure mais bien de ‘coup’ . Dans ‘gastéropodes ‘gaster’ se traduit par ‘ventre’; dans ‘gastrite’, ce mot a le sens d’ ‘estomac’.

 

 

Autres exemples :

 

     -KUNDE : aardrijkskunde                                          géographie

                           bijbeluitlegkunde                                   exégèse

                             bosbouwkunde                                    sylviculture

                             dierkunde                                            zoologie

                           oorlogskunde                                         polémologie

                           plaatsnaamkunde                                   toponymie

                           plantenkunde                                         botanique

                             scheikunde                                          chimie

                           verloskunde                                           obstétrique

                           weerkunde                                             météorologie

                           woordafleidkunde                                 étymologie

                             zielkunde                                             psychologie

 

-DICHT/ KLANK/LIJN :

 

                             hekelen                       –  hekeldicht     critiquer                                – épigramme

                             held                          –  heldendicht     héros                                           – épopée

                             lof                                   –  lofdicht     louange                               – panégyrique

                             klinken                       –  klinl<dicht     sonner                                          – sonnet

 

                             lip                                   –  lipklank     lèvre                                              – labial

                             sissen                              –  sisklank     siffler                                        – sibilante

                             raken                                –  raaklijn     toucher                                     – tangente

                             snijden                              –  snijlijn     couper/                                       – sécante

                                                                                              trancher

 

 

 

-ETER               menseneter (mens+eten) (homme+manger)anthropophage planteneter(plant+eten) (plante+manger) phytophage vleeseter (vlees/eten) (viande/chair carnivore

+manger)

 

   -(F)FERE          écaille                                 – squamifère     schub                                    – geschubd

                             aile                                             – alifère     vleugel                               – gevleugeld

                             lait                                          – lactifère     melk                          – melkaanvoerend

                             chyle                                      – chylifère     chijl                            – chijlaanvoerend

                             or                                             – aurifère     goud                              – goudhoudend

                             sucre                                 – saccharifère     suiker                           – suikerhoudend

                             eau                                          – aquifère     water                            – waterhoudend

                             baie                                       – baccifère     bes                                     – besdragend

 

fruit fructifère ou frugifère-(vrucht)dragend

                             sommeil                        – somnifère          slaap              – slaapverwekkend

                             miel                                – mellifère          honing           – honingvoortbrengend

                             croix                               – crucifère          kruis              – kruisbloemig

                             mammelle                   – mammifère          zogen            – zoogdier

 

 

Tandis que le dernier composant des mots français ‘fère’ couvre toutes sortes de nuances sans connotation les formes néerlandaises correspondantes sont adaptées àux différentes significations .

 

 

vierhandig

quadrumane

vierhelmig

tétrandre

vierhoek

quadrilatère

vierhoekig

quadrilatéral, quadrangulaire

vierhonderdjarig

quadricentenaire

vierhoofdig

quadricéphale

vierhoornig

quadricorne

vierjaarlijks

quadriennal

vierkant

carré

vierkanten

équarrir

vierkantsvergelijking

équation quadratique

 

viertal

quatuor

viervingerig

tétradactyle

 

viervleugelig

tétraptère

vierwieler

quadricycle

 

 

 

Absurdités et pauvreté du français ou la vérité en marche

 

0 Introduction

 

Contrairement à ce qu’une propagande bien orchestrée nous a toujours inculqué et inculque encore par le truchement de l’enseignement et des médias, le français n’est pas aussi riche qu’on le croit généralement.  A présent, il est même démontrable que cette langue est plus pauvre que toutes ses voisines, romanes et germaniques.* Encore actuellement, par sa pauvreté, ses absurdités grammaticales et orthographiques innombrables, elle est l’opium de communautés linguistiques opprimées, victimes d’un racisme francophone tout à fait injustifié.

 

Voici un échantillon parmi des milliers d’exemples trouvés. Que justice soit rendue à ceux à qui on a fait croire qu’ils seraient idiots s’ils ne parlaient pas (uniquement le) français…

 

* En matière de vocabulaire, on estime le nombre de lexèmes

en français (Encyclopédie Larousse)et en italien à +- 125.000 mots

en anglais (Oxford Dictionary) et en espagnol : +- 180.000 mots

en allemand (Sachs-Villatte) et en néerlandais (Van Dale) : +- 215.000 mots.

* Voir André Martinet, Le français sans fard, 1974, pp.11-19

 

 

 

1 Orthographe

 

« Plus on y réfléchit, moins on la comprend. »

(Gaston Paris, in : Que sais-je ?, L’orthographe, 685, p.53)

 

L’idéal serait qu’à chaque son corresponde une seule graphie. C’est très loin d’être le cas en français.

 

1.1 Relation graphie – phonétique

 

1.1.1 un son : plusieurs graphies

 

1.1.1.1 Il existe 46 façons d’écrire le son /õ/ et plus encore pour le son /ã/.

 

« Mon regretté maître Antoine Grégoire avait dénombré, par exemple, quarante-six façons de transcrire en français le simple son /õ/ . Et il n’y a rien d’exceptionnel dans notre système, vous pouvez trouver plus de façons encore pour écrire le son /ã/, que vous entendez deux fois dans le mot ‘enfant’. »

(Albert Doppagne, Trois aspects du français contemporain, p.10)

 

ex.

– eau /o/, alors que la lettre représentant normalement ce son, la lettre ‘o’ n’y figure pas, mais bien les autres voyelles.

– même prononciation pour ‘o’ dans ‘rose’, que pour ‘aulx’ (pluriel de ‘ail’)

 

– Posez la question à vos connaissances :

« Comment écrivez-vous le son /w/ comme dans le mot ‘wallon’ ? Réponse logique : « w ».

« Et le son /a/ comme dans ‘aller’ ? » Réponse : « a ».

« Et le son /z/ comme dans ‘zèbre’ ? » Réponse : « z ».

« Et le son /o/ comme dans ‘oser’ ? » Réponse : « o ».

Ce qui ferait ‘wazo’ ; or le français écrit ‘oiseau’, dont aucune lettre ne se prononce avec sa valeur réelle.

 

– Posez la question : « Quels sont les sons que ‘e’ peut représenter ? »

Personne ne dira « /a/ » ; pourtant c’est le cas dans ‘femme’, ‘évidemment’, ‘solennel’, …

 

– Remarquez l’absurdité : « Tu veilles sur les groseilles, puisque tu dois veiller sur le groseillier. »

 

 

1.1.1.2 Il y a 26 graphies pour le son /ε/ (mes), 23 de /ẽ/  (pain), etc.

(in : L’orthographe, Collection ‘Que sais-je ?’, 685, p.39)

 

1.1.1.3 Il y a 12 graphies pour /sẽ/ : ceins, ceint, ceints, cinq, sain, sains, saint, saints, sein, seins, seing, seings.

(in : A. Doppagne, Trois aspects du français contemporain, p.66)

 

1.1.1.4 Sept graphies pour /s/ :

<c> ce ; <ç> maçon ; <s> se ; <sc> science ; <ss> assez ; <t> action ; <x> dix

 

1.1.1.5 Pas de différence de prononciation entre consonnes simples et doubles :

  1. : agrandir – aggraver ; aliter – allonger ; chariot – charrette ; idiote – sotte 

 

1.1.1.6 Même prononciation pour :

– Caen, camp, camps, khan, khans, quand, quant, qu’en (= 8)

– tan, tans, tant, taon, taons, temps, t’en (= 7)

– cent, sans, s’en, sens, sent

– ces, c’est, ses, s’est

– chante, chantes, chantent

– geai, jais

 

1.1.1.7 Faiblesses du système :

froc > défroquer ; mastic > mastiquer

George <> gorge ; gager <> garder

 

 

1.1.2 une graphie, plusieurs sons

 

1.1.2.1 <eu>

seul    /∂/

peu    /ø/

gageure /y :/

heure /∂:/

 

1.1.2.2 <x>

axe /ks/

exact /gz/

dix /s/

dixième /z/

excellent, exciter /k/

deux  /-/

 

1.1.2.3 <c>

ac : tabac, estomac /-/  — hamac, bac /k/

oc: escroc, broc /-/  — troc /k/

ouc: caoutchouc /-/  —  bouc /k/

 

<ch>

archéologie, archangel /k/  —  archevêque, archétype, bronchite /∫/

 

<ct>

aspect /-/  —  abject /kt/          

succinctement /-/ — distinctement /kt/

exact /-/ > exactement /kt/

 

1.1.2.4 <d>

pied /-/  — sud /d/

 

1.1.2.5 <e>

femme /a/ — gemme /ε/

 

1.1.2.6 <en>

pendre, stentor /ã/  — appendice, mentor /ẽ/

 

NB Pourquoi dit-on « un examen /ẽ/ de l’abdomen /εn/ » et non « un examen /εn/ de l’abdomen /ẽ/ » ?

 

1.1.2.7 er

premier /je/ — fier /jε:/

 

1.1.2.8 f

clef /-/ — chef /ε/

 

1.1.2.9 gn

gnôle  — gnôme /gn/

ignorer – agnostique /gn/

 

1.1.2.10 gui

aiguille /gчi/ — aiguière /gj/

linguiste /gчi/  — droguiste /g/

inguinal /gчi/ — sanguinaire /g/

 

1.1.2.11 guons

larguons /g/ — nous arguons /gy-/

 

1.1.2.12 il

fournil, fusil /-/ — avril, fenil /il/

1.1.2.13 ille

myrtille /l/  ou /ij/ — Bastille /ij/

tranquille /il/  – grille /ij/

 

1.1.2.14 iller

briller /ij/ — osciller /l/

 

1.1.2.15 imm

immangeable /ẽm/ — immoral /imm/

 

1.1.2.16 um

parfum — ultimatum 

 

1.1.2.17 mn

damner, automne /n/ — amnésique, insomnie, indemniser /mn/

 

1.1.2.18 oi

oignon, encoignure, Jodoigne  /É/ — moignon, toile, poids /wa/

 

1.1.2.19 p

ap: drap /-/ —  cap /p/

oup: coup /-/ — croup /p/

 

1.1.2.20 qua

reliquat /k/ — adéquat /kw/

quarante /k/ — quadragénaire /kw/

quadrille /k/ — quadrature /kw/

 

1.1.2.21 qui

aquilin /k/ — aquifère /kчi/

équilibre /k/ — équidistant /kчi/

équivalent /k/ — équilatéral  /kчi/

antiquité /k/ — ubiquité /kчi/

 

1.1.2.22 s

as: coutelas /a/ — as /as/

os: dos — os

rs: je pars — mars

us: détritus — hiatus

 

1.1.2.23 t

at:  état — fat /(t)/

et:  jardinet — net

 

1.1.2.24 tien

chrétien /t/ — aoûtien /sj/

 

1.1.2.25 z

raz /ra/ — gaz

 

1.1.2.26 x

flux, reflux — anthrax, index

 

1.1.2.27 Varia

1) chercher /∫εr∫e/

 

2) sens 

/sãs/ dans sens (nom)

/sã/ dans je sens

/sẽs/ dans Brassens

 

3) summum: se prononce: /sÉmÉm/

 

4) je fais — nous faisons

 

5) rhume — rhum

 

6) une règle dit : ‘s’ entre deux voyelles se prononce /z/: mais resurgir – résurgence; susurrer

 

7) une règle dit: ‘n’ devant ‘b, m, p,’ devient ‘m’ 

mais bonbon, bonbonne, bonbonnière, embonpoint, néanmoins, perlinpinpin, tinmes, vinmes, mainmise, mainmorte, …

 

8) compact /kt/ alors qu’il a comme dérivé compacité

exact /a/ alors qu’il a comme dérivé exactitude

 

9) aspect /ε/ et respect /ε/ font la liaison avec la voyelle qui suit en négligeant le ‘t’

  1. aspect imposant /k/

respect humain /k/

 

De là des absurdités comme:

Nous notions ces nations.

Le pétrole s’étoile.

L’inertie est amortie.

Seul un initié comprend notre amitié.

Il y en a plus et ils sont plus grands.

Il but, c’était son but.

Il convient qu’ils nous convient.

Il a traversé deux lacs pour mettre ses lacs.

Marc a bu du marc.

Ce n’est pas un porc, c’est un porc-épic.

Nous te portions nos portions.

Je sens par tous mes sens que Brassens est à Sens.

Le résident et sa famille résident dans cette villa.

Donne-moi ton os de poulet, tu auras deux os de canard.

 

On peut jouer au jeu suivant, une variation de graphie ne correspond pas nécessairement à une de prononciation et vice-versa:

les > très (même prononciation, graphie différente) > lèse (même graphie, prononciation différente) > maître (même prononc., …) > mais > mets >  met > et > été > avez > chanter > terrible > éther > terre > ver > vert > verte …

 

Judiciaire  (avec ‘c’ = /s/) s’écrit différemment mais se prononce comme pénitenciaire (avec ‘t’ = /s/) qui vient de pénitence, qui s’écrit comme mais se prononce différemment de bestiaire.

 

1.1.3  Prononciation non fixée

referendum /ã, ẽ ou ε/

au-dessus: /odsy, od¶sy, odεsy /

août /u, ut, au, aut/

 

 

1.2 Système orthographique maladroit

 

1.2.1 Certaines lettres changent de prononciation d’après leur entourage phonétique

  1. c :

1 /s/ : ce, ci

2 /k/: car, comme

 

g:

1 /g/: gaz, guerre

2  le ‘j’ de Jean :  Georges

 

Conséquences

– Quand l’Académie française décide de remplacer bull-carrier par vraquier, elle doit écrire ce dérivé de vrac avec ‘qu’.

– turc > turque, grec > grecque

– léguer > légataire

– long > longue

 

1.2.2 Certains sons s’écrivent différemment d’après leur provenance étymologique.

  1. ‘f’: fameux, faux; ‘ph’ pharmacie, photo mais fantastique, fantasme (ou phantasme), pourtant du grec φ-

 

1.2.3 Le trait d’union

Pourquoi y a-t-il un trait d’union à:

 

Pourquoi n’y a-t-il pas de trait d’union à:

 

à-coup

acompte

aéro-club

aéronaval

au-dehors

en dehors

contre-manifester

contrecarrer

contre-proposition

contretemps

état-major

état civil

faux-fuyant

faux col

grand-mère

grand’ route

passe-montagne

passepoil

porte-drapeau

portefaix

porte-monnaie

portefeuille

sans-coeur

sans argent

sur-le-champ

sur le fait

tourne-disque

tournebroche

trente-cinq

cent cinq

ultra-son

ultraviolet

 

Pourquoi …

entrebaîller

s’entraider

s’entr’égorger

s’entr’aimer

entre-choquer

 

a-t-il, vas-y ?

 

1.2.4 Le tréma

Il se met sur les voyelles ‘e, i, u’ pour indiquer que la voyelle qui précède doit être prononcée.

  1. aiguë, ambiguïté, ciguë

NB L’accent circonflexe joue le rôle d’un tréma dans ‘piqûre’ !

 

1.2.5 Le changement d’orthographe amène un changement de prononciation sans que les nouvelles lettres soient prononcées.

  1. un oeuf /¶f/ > des oeufs /ø/

un boeuf /¶/ > des boeufs /ø/

! Il y a même un changement de prononciation sans changement d’orthographe:

un os > des os ; Jésus-Christ – le Christ

 

1.2.6 Orthographe non fixée

2 possibilités

abstentionniste

abstentioniste

appui-main

appuie-main

aulne

aune

avoir à faire à

avoir à faire à

balluchon

baluchon

bonace

bonasse

carbonnade

carbonade

chateaubriand

châteaubriant

clef

clé

coquard

coquart

cuiller

cuillère

desuète

desuette

fanton

fenton

fourmi-lion

fourmilion

gonnelle

gonelle

granit

granite

gruau

gruo

haussière

aussière

hellébore

ellébore

herscheur

hercheur

heuristique

euristique

kleptomane

cleptomane

l’eau a été bénie

l’eau a été bénite

licier

lissier

lys

lis

mal famé

malfamé

mal venu

malvenu

margotter

margoter

mariolle

mariole

marsault

marseau

nénuphar

nénufar

oekoumène

ékoumène

pain d’épices

pain d’épice

paraphe

parafe

payement

paiement

penthode

pentode

pharamineux

faramineux

redan

redent

remmaillage

remaillage

sacquer

saquer

saoul

soûl

strass

stras

téléphérique

téléférique

toquard

tocard

 

3 possibilités

chevaine

chevenne

chevesne

haschisch

haschich

hachisch

margotter

margoter

margauder

poult de soie

pout de soie

pou de soie

 

 

1.2.7 Dérivation absurde

 

1.2.7.1 Poids de l’étymologie sur l’orthographe

– th prononcé /t/: acanthe, thème

 

– ph /f/: pharmacien parce que venant du grec /φ-/

mais fantaisie, fantastique alors qu’il vient aussi du grec /φ-/

 

– rh: comme dans rhomboèdre mais on a rythme, alors qu’il vient du du grec en passant par le latin ‘rhythmus ‘

 

– Pourquoi bâton, râteau? Parce que l’accent circonflexe provient d’un ‘s’ du latin.

Pourquoi alors moutier (< L monasterium) et été (< L aestas, aestatis)?

 

– Pourquoi in + l donne-t-il illogique mais inlassable?

 

– Pourquoi sylvestre (< L silva) et abîme (< grec abyssos)?

 

– Pourquoi boudoir, dortoir, parloir, urinoir et auditoire, laboratoire, réfectoire?

 

– Pourquoi agréger — agglomérer, apparaître — apercevoir?

De même, long et allonger, lourd alourdir, grave aggraver, grand agrandir.

 

– Pourquoi astreindre — contraindre?

 

– évaluer – évaluation, évoluer – évolution,  suer – sudation,

puer – puanteur, conspuer – ?, muer – mue, ruer – ruée, habituer – habitude

 

1.2.7.2 Illogismes dans la formation des noms abstraits

bonnet

bonneterie

coquet

coquetterie

 

?

marqueterie

tablette

tabletterie

 

pur

pureté

fier

fierté

 

cher

cherté

sûr

sûreté

 

 

1.2.7.3 Illogisme dans la formation du féminin

des noms

chat

chatte

rat

rate

 

préfet

préfète

boulet

boulette

 

bibliothèque

bibliothécaire

relique

reliquaire

 

paysan

paysanne

persan

persane

 

des adjectifs

coquet

net

coquette

nette

complet

replet

complète

replète

 

sot

sotte

pâlot

pâlote

 

lapon

lapone

frison

frisonne

 

1.2.7.4 Illogismes dans la formation d’un adjectif à partir d’un nom

limon

limoneux

sable

sablonneux

 

Jamaïque

Jamaïquain

Amérique

Américain

 

poivre

poivré

vanille

vanilliné

 

circonstance

circonstanciel

substance

essence

existence

substantiel

essentiel

existentiel

 

lune

lunatique

hanse

hanséatique

 

1.2.7.5 Illogismes dans la formation d’un adjectif à partir d’un verbe

critiquer

manquer

critiquable

inmanquable

expliquer

communiquer

explicable

communicable

 

croire

croyable

boire

buvable

 

risquer

attaquer

risquable

attaquable

confisquer

pratiquer

confiscable

praticable

 

négliger

négligent

obliger

changer

obligeant

changeant

 

1.2.7.6 Illogismes dans la formation d’adverbes à partir d’un adjectif

vrai

vraiment

gai

gaiement

 

ingénu

ingénument

goulu

assidu

éperdu

goulûment

assidûment

éperdument

 

1.2.7.7 Illogismes dans la formation d’un nom partir d’un verbe

bloquer

blocage

remorquer

truquer

remorquage

truquage

 

transiger

transigeance

négliger

négligence

 

1.2.7.8 Illogismes dans la dérivation : 2 orthographes différentes

donner

donateur

donneur

million

millioniène

millionnaire

nom

nominal, nomination,

innom(m)é

nommer, prénommer, surnommer, innombrable

nul

annuler, annulation

nullité, nullement

patron

patronner

impatroniser

patte

pattu

pataud

ponton

pontonage

pontonnier

souffler

essouffler

boursoufler

tonner

tonnerre

détoner

tradition

traditionalisme

traditionnel

 

1.2.7.9 Illogismes dans la conjugaison

épeler

j’épelle

peler

je pèle

 

jeter

je jette

acheter

j’achète

 

coudre

je couds

résoudre

je résous

 

servir

servant

asservir

asservissant

 

inclure

inclus

exclure

exclu

 

mouvoir

émouvoir

ému

 

croître

crû

accroître

accru

 

mettre (mis)

hormis

parmi

 

1.2.7.10 Différences dans l’orthographe des noms composés

chef d’oeuvre

chef-lieu

sans argent

sans-cœur

sous-estimer

surestimer

 

grand-père

f. grand-mère

grand-oncle

f. grand-tante

grand-duc

f. grande-duchesse

 

le sauve-qui-peut

le cri de ‘sauve qui peut’

 

1.2.7.11 Différences dans l’orthographe des adjectifs composés

une leçon non sue

un poète non-conformiste

 

1.2.7.12 Différences dans la dérivation des noms

timon

timonier

canon

canonnier

 

sermon

sermonner

ramon

ramoner

 

limon

limonade

citron

citronnade

 

pigeon

pigeonneau

saumon

saumonneau

 

ad + long >

allonger

ad + lourd >

alourdir

 

cristal

cristalliser

canal

canaliser

 

ad + profond >

approfondir

ad + plan >

aplanir

 

excursion

excursionniste

feuilleton

feuilletoniste

 

moisson

moissonner

poumon

époumoner

 

tympan

tympaniser

tyran

tyranniser

 

tension

attention

 

baron

baronnie

colon

colonie

 

coller

accoler

cou, col

racoler

 

pauvre

plan

appauvrir

aplanir

long

lourd

allonger

alourdir

grand

grave

agrandir

aggraver

religion

relation

coreligionnaire

corrélation

 

1.2.7.13 Dans les dérivations de mots latins et grecs, les illogismes fourmillent :

du latin :

abbreviatio

abréviation

abscessus

abcès

aggredi

aggregare

agglomerare

agresser

agréger

agglomérer

litus, litoris

littoral

ad + percipere

ad + prope

apercevoir

approcher

aurum

or

auricula

oreille

gemellus

jumeau

pellis (peau)

pelisse, pellagre

thesaurus

trésor

postumus

posthume

quadrifurcus

carrefour

 

du grec :

summetrix

symétrie

phantastikos

fantastique

kh-

chaos

kilo

caractère

(-)rh-

rythme

rhume

hémorragie

hémorroïdes

okto

octaèdre, octogone

kinèsis 

karyokinèse

holos

(h)olographe

akolouthos

acolyte

 

1.2.7.14 Autres illogismes dans la dérivation ou l’apparentement

abdiquer

abdication

absorber

aborption

âcre

acrimonie

Anjou

angevin

anoblir

ennoblir

anode

cathode mais anhydride

appétit

apéritif

arôme

aromatique

astreindre

astringent

auberge

héberger

Bacchus

bachique

balle

balistique

ballade

baladin

banal

bannir

banlieue

banlieusard

Baptiste

batiste

baie

abée

baril

barrique

barque

barcarolle, embarcation

barrique

barricade

bastille

bastion

bâtard

batardeau

battre, battue

bataille, embat(t)re

battu

courbatu

Bayonne

baïonnette

bec

becquée

bonhomme

bonhomie

bonne

bonasse

butte

buter

câble

encablure

calotte

calotin

canne

canette

caoutchouc

caoutchoutier

carème

quadragésime

carré

quadrature, quatre, équarrir, équerre, esquarre = escarre

chariot

charrette

chat

chaton, chatte

châtain

chataigne

chœur

coryphée

cil

dessiller

clapper

clapoter

Cluny

clunisien

colère

choléra

collier

accolade

combattre

combatif

concourir

concurrent

coma

comtat

comateux

comtadin

consonne

consonance, consonantique

corps

corporel, corsage

correctionnel

correctionaliser

cour

courtois

courir

chasse à courre

court

raccourcir, courbatu

cote

quotité

côte

coteau

cotte

cotillon

craie

crayeux, crayon

crâne

alicrane

crû

décru

daim

daine

dalle

dalot

débit

débirentier

démarquer

démarcation

dorer

daurade

échelle

échelon, échelier

redû ; indu > indûment

électroponcture

aquapuncture

éléphant

olifant

éthylène

acétylène

Faënza

faïence

famille

familial, familier

fente

fanton

fer

ferraille

fer-blanc

ferblantier

feuille

cerfeuil

flux

afflux, reflux, influx ; superflu

folâtre

follet

follement

affolement

fourmiller

fourmilier

fût

futaie, futaille

gaîne

dégainer

Gand

Gantois

gars

garçon

geai

cajoler

gémellaire

jumeau

fusil

fusiller, fusilier

gentil

gentiment

geôle

enjôler (cf cajoler)

gond

engoncer

Goth

gotique

goût

ragout

grâce

gracier

gratter

gratin

Halfen

alfénide

homme

homicide

hectique

étique

honneur

honorer

hors

hormis

hutte

cahute

icône

iconographie

il fait

fainéant

imbécile

imbécillité ; — docile – docilité

infâme

infamie

innommable

innom(m)é — nommé

Jacques

jaquette

jeûner

déjeuner

La Palice

lapalissade

Laos

Laotien

lier

licol, licou

loquace

élocution

mamelle

mammifère

Mansart

mansarde

Massiquot

massicot

maure

moricaud

Metz

messin

monnaie

monétaire

mors

remords

nommer

nomination

huile

oléiforme, olé(i)fiant

ordonner

ordinateur

paletot

paltoquet

parement

parmentier

pâtir

compatir

pâture

paturon

pic

pivert

poix

empois

pôle

polaire

pont

ponceau

printemps

printanier

prud’homme

prud’homal

puis

puîné

puits

puisatier, épuiser

queue

équeuter

râteau

ratisser

rationnel

rationaliser

résonner

résonance

sens

forcené

siffler

persifler

sirop

siroter, sirupeux

sonner

sonore

souffler

boursoufler

suiffer

ensuifer

soûler

dessouler

sûr

assurance

tabac

tabagie, tabatière

tanner

tanin

tiers

tierce

tordre

retors

train

traîner

trappe

chausse-trape, attraper

trône

trôner, introniser

tâter

tatillon

vallée

dévaler

vent

vantail

verglas

verglacer

voix

voyelle

voûte

voussure

 

groseillier

cornouiller

 

 

 

2 Morphologie

 

 

2.1 Prononciation non fixée

 

bleuet

bluet

margauder

margot(t)er

marte

martre

saurer

saurir

 

2.2 Doublets

 

abajoue

bajoue

abreuvage

abreuvement

alcaliser

alcaniser

analgésie

analgie

s’en fiche

s’ en ficher

macératé

macéré

mièvrerie

mièvreté

rapprendre

réapprendre

rensemencer

réensemencer

vêlage

vêlement

 

2.3 Illogismes dans la formation des noms à partir d’autres noms

 

orange

oranger

banane

bananier

 

artillerie

artilleur

cavalerie

cavalier

infanterie

fantassin

 

chêne

chênaie

pin

pineraie

 

Diminutifs tantôt en -icule, tantôt en –ule

animal

animalcule

globe

globule

mont

monticule

valve

valvule

dent

denticule

oeuf

ovule

grain

granule

 

vésicule

 

canicule

partie

particule

 

2.4 Illogismes dans la formation du féminin

des noms

Franc-Comtois

Franc-Comtoise (pourquoi pas Franche-Comtoise?)

 

des adjectifs

crétin

crétine

malin

maligne

 

2.5 Illogismes dans la formation d’un nom partir d’un verbe

 

apparaître

apparition

paraître

parution

 

chanter

chanteur

présenter

présentateur

 

imiter

imitateur

profiter

profiteur

 

porter

transporter

porteur

transporteur

importer

exporter

importateur

exportateur

 

interférer

conférer

interférence

conférence

transférer

transfert

 

scruter

scrutateur

exécuter

exécuteur

persécuter

persécution

discuter

discussion

 

livrer

livraison

délivrer

délivrance

 

élider

élision

élucider

élucidation

 

soigner

soigneur

accompagner

accompagnateur

témoigner

témoin

 

attendre

attente, attentif, attention

tendre

tension

 

2.6 Illogismes dans la dérivation de noms abstraits à partir d’adjectifs

 

agile

agilité

habile

habileté

 

ancien

ancienneté

chrétien

chrétienté

facile

facilité

difficile

difficulté

 

poli

politesse

hardi

hardiesse

 

familier

familiarité

régulier

régularité

 

2.7 Illogismes dans la formation de verbes à partir d’adjectifs

 

court

raccourcir

étroit

rétrécir

long

allonger

 

2.8 Dérivation des noms d’habitants à partir de noms de lieux

 

Béziers

Biterrois

Boulogne

Boulonnais

Bourges 

Berruyers

Bourgogne

Bourguignons

Bourgoin-Jullien

Berjolliens

Bresse

Bressan

Castelnaudary 

Chauriens

Charleroi

Carolorégiens

Charleville

Carolopolitains

Châteauroux

Castelroussiens

Château-Thierry

Castelthéodoriciens

Chevreux

Chevrotins

Evreux

Ebroïciens

Fontainebleau

Bellifontains

Gap

Gapançais 

Hesbaye

Hesbignons

Le Mans

Manceau

Madagascar

Malgache, Madécasse

Monaco

Monégasques

Pau

Palois

Pont-à-Mousson

Mussipontains

Pont-Sainte-Maxence

Maxipontains

Saint-Denis

Dionysiens

Saint-Etienne

Stéphanois

Saint-Omer

Audomarois

Terre de Feu

Fuégiens

Vaux-sous-Chèvremont

Valcaprimontois

 

!! Pont-de-Loup : Lupipontains : du L lupi : génitif de ‘lupus’ : qui n’a rien à voir avec Pont-de-Loup (Funderlo (840), Ponderlous (1143), Pondreloes ( ?) (1180), Ponderlues, Ponreluez (13e s.))

  1. De Marneffe considère ‘lo’, l’us’ comme dérivé du vieux saxon ‘lagu’, anglo-saxon : ‘lago’ avec le sens de bas-fond, lieu humide. Pour Pont-de-Loup, l’élément ‘lo’ aurait la signification de ‘forêt’(C.G. Roland, Toponymie namuroise , in : Annales de la Société archéologique de Namur, T.23, 1899,)

 

2.9 Dérivation d’adjectifs, noms ou verbes sous l’influence du latin ou du grec,

par impuissance de le faire directement à partir du mot de base français

 

du latin

abréger

abréviation

absoudre

absolution

avorter

abortif

bouc

hircin

bouche

oral ;  du grec : stomatite

cire

cérine, cérifère

corps

corporel

gencive

gingival

guerre

belliqueux ; du grec : polémologie

huile

oléagineux

langue

lingual ;  du grec :  glossite

odorat

olfactif

œil

oculiste ; du grec : ophtalmologue

or

auréole

ordonner

ordinateur

ortie

urticaire

ours

ursidé

peau

pelleterie

pourrir

putrescible

rage

rabique

sacrement

sacramental

soie

sériciculture

sommeil

insomnie

teindre

tinctorial

titre

titulature

veuf

viduité

vide

vacuité

 

du grec :

vigne

ampélographie

animal

zoologique

dent

odontologue

enfant

pédagogie

lait

galactogène

nez

rhinite

oreille

otologie, otite

poumon

pneumonie

trésor

thésauriser

pou

phtiriase

reptile

(h)erpétologie

 

2.10 La parenté d’un adjectif n’est pas parfois pas apparente

 

bouche

buccal

oral

verbal

cheval

chevalin

équestre

hippique

doigt

dactylé

digital

eau

aqueux

hydraulique

père

paternel

parricide

pou

pédiculaire

pouilleux

sel

salé

saupoudré

halogène

soleil

ensoleillé

héliaque

vaincre

invaincu

invincible

ville

urbain

citadin

politique

Aussi :

Le juge rend la justice judicieusement.

 

 

2.11 Autres illogismes dans la dérivation ou l’apparentement

 

abbaye

abbatial

abdomen

abdominal

abstrait

abstraction

accent

accentuer

accroc

accrocher

acheter

achat

acier

acéré

agraire

agrarien

aigu

acuité

ail

aïoli, alliacé, allyle

aimable

amabilité

air

aérer

aisselle

axillaire

ajuster

ajutage

albâtre

alabastrite

Alcée

alcaïque

allègre

allègrement

aller

préalable

alleu

allodial

ambroisie

ambrosiaque

Américain

américaniser

année

biennal

annuler

nullement, nullité

araignée

érigne, érine

articulation

arthrite

asepsie

aseptique

atteindre

attentatoire

avocat

avocassier

Babeuf

babouvisme

babouin

babine

barbe

imberbe

bâton

bastonnade

beau

bellâtre

bête

bestial

beurre

butyrique

bœuf

bovin, bouvier, bouvion

borgne

bornoyer

Borinage

Borain

bouillir

échauboulure

braise

brasier, embraser

bref

brièveté

buvette

buvetier

Byzance

byzantin

cadavre

cadavérique

cauchemar

cauchemardesque

caviar

caviarder

Ceylan

Cinghalais

chair

charnel, charcutier, carnivore

chandelle

chandelier

change

cambial

chaux

chauler, échaudage

chèvre

caprin

chien

chenet, chenil, canin, cynodrome

Chypre

cipriote

cigogne

ciconidés

clore

occlure

coccyx

coccygien

cœur

courage

contrat

contractuel

contredire

contradiction

contrefaire

contrefaçon

contrepoint

contrapuntiste

copain

copine

coq

cochet

cor

corset, corniste

Corneille

cornélien

corrompre

corrupteur

coudre

couture

couler

eau courante, coulant

Coutances 

Cotentin

craindre

crainte

crapaud

crapouillot

cuir

curée

cuivre

cuprifère

cygne

cycnoïde

déformer

difforme

démontrer

démonstration

dépense

dispendieux

Descartes

cartésien

diacre

diaconat

dimanche

dominical

Dinant

dinanderie, dinandier, Dinantais

discours

discursif

doigt

digital

échecs

échiquier

éclipse

écliptique

école

scolaire

écorcher

décortiquer

empreindre

empreinte

enfer

infernal

enflammé

inflammation

entonner

intonation

éponge

spongieux

équitable

— inique

estomac

stomacal, stomachique

étain

étamer

été

estival

éternel

sempiternel

étudiant

estudiantin

étuver

étouffée

évangile

évangéliaire, évangélique

évêque

archevêque

faisan

faisandeau

faix

affaisser

faner

fenaison

faux

falsifier

feindre

feinte

fémur

fémoral

feu

fouée, fouage

fève

féverole

Florence

Florentin

fonds

foncier

forêt

forestier

fort

force

fougue

foucade

frais

fraîcheur

français

franco-

frein

réfréner, effréné

froid

frileux

frontière

frontalier

fruit

fructifier

gibier

gibecière, giboyeux

glose

glossaire

glotte

glossite

glucide

glycogène, glycérine

gosier

dégoiser

gouge

goujon

goûter

déguster

grain

égrener, grenaille, grenier

grammaire

grammatical

gravier

dégravoyer, engraver

grue

grutier

hautbois

hautboïste

herse

harceler

hoplite

panoplie

humour

humoristique

invaincu

invincible

ivoire

éburnéen, ivoirin

jambe

ingambe

jas

surjaler 

javelle

enjaveler

jonc

jonchaie

joyau

joaillier

justice

judiciaire

lapin & lièvre

lapereau & levraut

ligne

linéal

lion

léonin

liqueur

liquoreux

livre

libraire

lombes

lumbago

lunette

lunetier

Macédoine

Macédonien

mâchoire

maxillaire

main

menotte, manuel

malemort

malédiction, malpropreté, malveillance

malgré

maugréer

Mars

martial, martien

méfait

malfaiteur

mer

marin

mère

maternel

mesurer

mensuration

militaire

militarisme

moine

(Paray-le-)Monial, moniale, monacal, monachisme

moitié

mitoyen, métayer

Monaco

Monégasque

monarque

monarchie

mont

monceau

mordant

amordancer

moudre

mouture

Moyen-Age

médiéval

mutuel

mutualité

néoplasme

néoplasique

nerf

névralgie, neurologie

Nevers

Nivernais

nez

nasal

nid

nicher, nichée, dénicher

occiput

occipital

œuf

ovale, ovoïde, ovaire

opium

opiacé

oreille

auriculaire

oreillons

ourlien

Orléans

alénois

ortie

urticant

osier

oseraie

osmose

osmotique

ours

ursidé

ovaire

ovarien

oxygène

anoxémie

pain

panifiable

paire

apparier

paix

paisible

papier

papeterie

papillon

papilionacé

parisien

parisianiser

patriarche

patriarcal

pavement

pavimenteux

peau

dépiauter

peindre

peinture

peine

pénal

pelisse

surplis

père

paternel

Pérouse

pérugin

personnel

personnalité

pièce

dépecer

pied

pédestre

pierre

perré

pin

pignade

plafond

plafonnier

plaindre

plainte

plein

plénier, plénitude

pléonasme

pléonastique

poing

empoigner

polaire

polariser

porc

porcherie

pou

épouiller

poumon

pneumonie, pulmonaire

pourpre

purpurin

prêtre

presbytéral

prix

déprécier

prognose

pronostic

psaume

psautier

quart, quatre

écarteler, écarter

queue

caudal, accouer, écouer, couard

rage

rabique

ranimer

réanimation

recouvrable

irrécouvrable

rein

rénal

religieux

irréligieux

religion

irréligion

remède

irrémédiable

replet

réplétion

reproche

irréprochable

reproduire

reprographie

ressusciter

résurrection

revers

réversible

Rhin

rhénan

savate

savetier

scandale

esclandre

sec

siccatif

séisme

sismique

semer

ensemencer, inséminer

sénevé

sinapisme

serein

rasséréner, sérénité

signe

signer, seing

singe

simiesque

sorcier

sorcellerie

souris

souriceau, souricière

stalactite

stalagmite

sucer

succion

teigne

tignasse

teindre

teinture, tinctorial

témoin

témoigner

tempête

tempéter, tempétueux

tenace

ténacité

ténia

ténifuge

térébinthe

térébenthine

tigre + lion

tiglon = tigron

torsion

torticolis

tracteur

tractoriste

transsibérien

transcrire

tronc

tronche, tronçon, tronculaire et tronconique (de : tronc + cône)

trouble

trublion

truite

trutticulture

ultime

pénultième

Venise

vénitien

ver

vermisseau

vin

vendange

Vulcain

volcan, vulcanologue

zinc

zingueur, zincifère

 

 

 

3 Sémantique

 

 

3.1 Dérivation = composés changeant de genre

 

la feuille

le chèvrefeuille

le comté

la France-Comté, la vicomté

une ligne

un interligne

une nef

un aéronef

la sphère, une atmosphère

le planisphère, un hémisphère

une forme

un uniforme

un programme

une anagramme

un embâcle

un débâcle

 

  • Les diminutifs en –(i)cule sont tantôt masculins, tantôt féminins

 

un ventre

un ventricule

un animal

un animalcule

une partie

une particule

 

la canicule

 

une vésicule

 

  • Illogisme étymologique

 

éplucher

L ex-pillucare: arracher les poils à

écheveler

enlever les cheveux à

échauder

enlever au chaud

énerver

enlever les nerfs à

hématome

couper du sang

hémophile

qui aime le sang

piscine

étang où il y a du poisson

oléiforme

qui a la forme de l’huile

condamner par contumace

par orgueil

octave

les 7 jours qui suivent une grande fête religieuse

 

  • Impuissance dans la fabrication du féminin de certains noms

 

un agent

féminin ?

un amateur

un auteur

un compositeur

un écrivain

un tyran

 

3.5 Illogismes divers

 

‘h’ aspiré qu’on expire

Le double ‘v’ qui n’est pas un double ‘v’

Le point d’interrogation qui n’est pas un point

Le point d’exclamation qui n’est pas un point

Les diphtongues ‘ou’, ‘eu’, ‘au’, ‘eau’. Or, il n’y a qu’ un son et le mot originel, grec, ‘dis’ + ‘phtongos’ signifie ‘deux sons’.

L’article défini est l’article qui définit le nom qui suit, donc c’est un article définissant.

L’article indéfini est l’article qui laisse le nnom qui suit indéfini ; c’est donc un article indéfinissant.

Le ‘e’ muet. Dans ‘le gendre’, le deuxième ‘e’ est muet, le premier ne l’est pas.

Définition (Le Petit larousse) au mot ‘muet’ : ‘e’ muet … qu’on ne prononce que peu ou pas.

L’impératif passé est un impératif futur antérieur. En effet, comment peut-on donner un ordre au passé ?

L’accent circonflexe est plutôt un accent ‘acuflexe’.

 

 

3.6 Aberrations, voire oppositions

 

achalandé

qui a des clients

compris : bien fourni en marchandises

congru

suffisant

portion congrue : déficiente

contravention

infraction

sanction de l’infraction

contremanifestant

opposé au manifestant

un manifestant …

contrepoids

opposé au poids

un poids …

contre-amiral

opposé à l’amiral

le premier grade d’un officier de la marine

contremaître

opposé au maître

un responsable …

coupe sombre

1) dans un bois

qu’on ne remarque pas, insensible

2) dans un budget

qu’on remarque, sensible

défendre

1) prendre la défense de, être pour

 

2) interdire, être contre

 

impétrer

demander qch

l’impétrant : celui qui a obtenu qch

pédologie

1) étude des sols

 

2) étude des enfants

 

sans

sans argent :

il n’y a pas d’argent

sans doute

il y a du doute = peut-être

ex. Il viendra sans doute demain : ce n’est pas sûr

végéter

1) pousser (plante)

 

2) vivre d’une vie diminuée (personnes, animaux)

 

viande de bœuf

 

gén. de la vache

de vive voix

 

personne n’imagine que ce soit de morte voix

décimer

tuer un sur dix

tuer une majorité de

écumer

1) produire de l’écume

 

2) enlever l’écume

 

par dérivation erronée :

 

gaster (ventre)  >  gastrite (inflammation de l’estomac)

hémophile : litt. ‘qui aime le sang’ !

haltérophile : litt. ‘qui aime les haltères’

hématome : litt. ‘qui divise le sang’

 

 

3.7. Franchement idiot

 

une séance en matinée 

Elle a lieu l’après-midi.

un procès verbal 

Il est écrit.

un thé dansant 

Le thé ne danse pas.

une soirée dansante 

La soirée ne danse pas.

une sauterie 

On n’y saute pas, on y danse.

des petits pois … moyens

 

une famille nombreuse

Ce n’est pas une famille mais un ménage ; s’il n’y en a qu’un, il ne peut pas être nombreux, mais il peut y avoir de nombreux enfants.

avoir une idée derrière la tête

Les idées sont plutôt dans la tête.

brûler un feu rouge

D’abord, ce n’est pas un feu, ce qui suppose des flammes ou une flamme, mais une lumière ou une lampe, et on ne brûle pas ces choses-là.

faire de l’alpinisme dans les Pyrénées

 

une place assise et une place debout

Une place n’est ni assise ni debout, ni couchée, ni pendue.

De guerre lasse, ils se sont rendus.

Ce n’était pas la guerre qui était lasse.

tomber dans les pommes

Quelles pommes ?

donner un coup de téléphone, un coup de fil

Donner un coup de pied ou de poing (frapper avec le pied ou le poing) se comprend.

des souliers habillés

Ils habillent,donc sont habillants mais c’est celui qui les porte qui est habillé.

du prêt-à-porter

C’est en réalité du prêt à être porté.

Celui qui tue sa sœur commet un fratricide.

Du latin ‘frater’ (frère).

le plus extrême

On ne peut être ni plus ni moins extrême.

au grand maximum

Le maximum ne peut être qualifié de grand ou petit.

faire du vélo

Quand quelqu’un fait de la tarte, le résultat est de la tarte mais on va à vélo.

faire l’Islande

L’Islande n’existait sans doute pas.

en première page dans le journal

Si c’est en première page, ce n’est pas dedans.

une rue passante

Une rue ne passe pas, elle reste là.

C’est un prêté pour un rendu.

incompréhensible !

prendre l’ascenseur pour descendre

 

traverser un pont

On suit le pont et on traverse le cours d’eau.

avoir les bras retroussés jusqu’au coude

 

une fin de non-recevoir

Plutôt une fin de recevoir.

rendre service, rendre hommage, rendre les honneurs

 

les riverains de route nationale

 

boire du café au lait dans une tasse

 

une tartine de confiture

 

un calmant nerveux

 

une mauvaise herbe

 

traîner en longueur

 

le temps matériel

 

dormir sur les deux oreilles

 

ambidextre

qui a deux mains droites

jardin d’enfants

 

jardinière d’enfants

 

répondre au signalement de

 

aller à pied

 

à tue-tête

 

avoir une bosse à son chapeau

 

du savon noir

 

une modiste

 

ballodrome

 

le souverain pontife

 

un solipède

 

Cet article a paru sous la signature de …

 

remettre du cœur au ventre de qn

 

Son dîner lui est resté sur le cœur.

 

tourner une page

 

J’ai fermé la bonde avec une bonde.

 

école maternelle

 

coup de coin

 

l’épithète détachée

 

être mangé aux mites

 

du sirop pour la toux

 

grève de la faim

 

un pulvérisateur

Il ne fait pas de poudre.

une lune de miel ensoleillée

 

saupoudrer de sel, de sucre

 

énerver

 

se suicider

 

circuler

 

un consommé

Il n’est pas consommé.

éventrer une porte

 

journal hebdomadaire

 

paratonnerre

 

piscine

 

ductile

du latin ‘ductilis’ (malléable)

débosseler

 

ecchymose

 

syncope

 

dépôt de mendicité

?

aller à cheval sur un âne

 

casque en tête

 

genou en terre

 

écumer

 

élider

= écraser

emblaver de pois

 

surplus

 

café chantant

(in : Le tambourinaire, texte choisi d’A. Daudet, Numa Roumestan)

un beau brun

1)      homme

2)      couleur brune

Je soussigné

 

surajouter

= ajouter en surcroît

un bec de gaz

 

maintenant

 

tirer la langue

 

naufragé

= navire brisé

 

 

3.8 Obscur

 

Je l’aime plus que ma sœur.

1) ma sœur = sujet : = que ma sœur l’aime

2) ma sœur : complément : = que je n’aime ma sœur

C’est le voisin qui a découvert le parricide.

1)      le meurtre

2)      le meurtrier

Il faut punir l’infanticide.

1)      le crime

2)      celui qui l’a commis

J’ai hérité de ma tante.

1)      les biens de ma tante

2)      de ma tante elle-même

J’ai ici du drap d’un frère de Sam. Duquel ?

1)      de quelle sorte de drap ?

2)      de quel frère de Sam.

Ils se regardent dans la glace.

1)      réfléchi : a regarde a, b regarde b

2)      réciproque : a regarde b, b regarde a

Tous les avions tombent.

— Tous les avions ne tombent pas.

Résultat : il n’en reste plus en l’air.

— Aucun ne tombe. Mais il faut comprendre : ‘certains avions ne tombent pas.’

Ils sont sortis avec leur chien.

Avaient-ils un seul chien ou chacun avait-il son chien ?

les deux premiers

le premier d’une série et le premier de l’autre ou le premier et le deuxième d’une série

Il s’est tué hier.

volontairement ou accidentellement

paix sur la terre aux hommes qu’Il aime

                                                qui l’aiment 

 

Ne ment pas qui veut.

 

Il y a du papier à emballer dans la chambre.

 

fournir une maison de pain

 

l’amour de Dieu

 

marcher au canon

 

Ce chien, je le ferai chercher.

 

Il en vient.

1)      ‘en’ pronom : wallon : il è vint

2)      ‘en’ adverbe : wallon : il è d’vint

Quel fruit peut en tirer la pensée ?

(Châteaubriand, Génie, II, I4, V, chap.1)

 

 

3.9 Manque de nuances

 

allumer

1 une allumette : lui faire produire du feu

2 une cigarette : y mettre le feu

3 une lampe : lui faire produire de la lumière

4 un feu : faire démarrer un feu

corriger

1 indiquer les fautes

2 supprimer les fautes

3 punir

louer

1 donner en location

2 prendre en location

3 louanger

hôte

1 celui qui reçoit

2 celui qui est reçu

dédoubler les rangs

                  une classe

en faire un avec deux

en faire deux avec un

un grand magasin

1 un magasin qui est grand de son espèce

2 un magasin où on vend toutes sortes de marchandises

accoucher

1 mettre un enfant au monde

2 aider à mettre un enfant au monde

baisser

abaisser

On abaisse une chose pour qu’elle ne soit pas si haute, on la baisse pour qu’elle soit basse.

Pourquoi alors ‘baisser la tête’, ‘baisser les yeux’ ?

L ante : avant

anti : contre

mais antidater

mais antéchrist

centrifuge

vermifuge

qui fuit le centre

qui fait fuir les vers ?

hémophile

qui aime le sang

philologie

discours  sur l’amitié ?

 

 

3.10 Pléonasmes admis

 

s’avérer exact – s’avérer faux

coopérer avec

empêchement dirimant

économie domestique

transporter au-delà de

une secousse sismique

être repu de fatigue

un faux prétexte

une preuve probante

le milieu ambiant

Il n’y a pas de meilleur antidote contre l’ennui que le travail.

applaudir des deux mains

l’apanage exclusif

coïncider avec

s’immiscer dans

caractéristique particulière

au fur et à mesure

saupoudrer de sel

se suffire à soi-même

traîner en longueur

saule marsault

 

 

3.11 Vocabulaire bêtement compliqué

 

la céphalgie

le mal de tête

la copocléphilie

le fait de collectionner des porte-clefs

une  épistaxis

un saignement de nez

un kinésithérapeute

quelqu’un qui soigne par le mouvement

un odontologue

le spécialiste des dents

l’ophtalmologie

la science qui soigne les affections des yeux

la philuménie

la collection de boîtes d’allumettes

la tyrosémophilie

la collection de couvercles de boîtes de fromage

unciforme

en forme de crochet

la philatélie

la collection de timbres-poste

la cuniculiculture

l’élevage du lapin

la polémologie

la sience de la guerre

l’haltérophile

mais philatéliste

la gingivite

l’inflammation des gencives

sapide

qui a de la saveur

tinctorial

qui sert à teindre

la mytiliculture

l’élevage des moules

 

 

3.12 Multiplicité des sens

 

agriculture

horticulture

travail de l’ ‘ager’, du champ

travail de l’ ‘hortus’, du jardin

aviculture

cuniculiculture

travail de l’ ‘avus’, oiseau ? Non, élevage.

élevage du lapin

riziculture

travail ou élevage du riz ?

Non, action de faire pousser le riz.

motoculture

travail, élevage ou action de faire pousser les motos ? Non, travail des champs à l’aide d’une machine à moteur.

monoculture

travail, élevage, action de faire pousser ou travail des champs à l’aide d’un mono ?

Non, culture d’un seul genre de plante.

 

fumigène

exogène

qui engendre la fumée

qui engendre l’exo ? Non, qui se forme à l’extérieur.

 

géographe

orthographe

fait de la géographie

devrait être quelqu’un qui s’attache à l’ ‘orthographie’

 

thermomètre

géomètre

un appareil

une personne

 

 

 

4 Catégories grammaticales

 

 

4.1 Orthographe grammaticale

 

emploi du trait d’union

 

Il ne joue aucun rôle.

Dis-je cela ? (verbe conjugué – pronom personnel sujet)

Prends-le. (verbe conjugué – participe passé conjugué)

!! Laisse-toi tomber.

Laisse-toi faire.

‘toi’ sujet de tomber

‘toi’ complément de faire

 

 

4.2 Article « défini »

 

l’année de la femme

= l’année de toutes les femmes

Il a donc ici une valeur indéfinie.

 

 

4.3 Article « indéfini »

 

Il ne distingue pas de l’adjectif numéral.

un, une

 

Dans les autres langues, on diffère.

 

ARTICLE

NUMERAL

W on, one, on-

onk (, yin(k), yun, ink)

NL een

één

E a(n)

one

D ein(e )

eins

I un(a, o)

uno

R adyin’

ras

 

 

4.4. Adjectif possessif

 

Il a mal à la tête.

mais Il a mal à sa pauvre tête.

Il a les mains dans ses poches.

Pourquoi ?

 

 

4.5 Adjectif numéral

 

illogisme dans l’orthographe

 

trente, quarante, cinquante, …

raison étymologique, mais déroutante pour le commun des mortels

soixante-et-onze, soixante-douze, …, quantre-vingt-dix-neuf

formation absurde

trente-cinq

cent cinq

 

 

4.6 Adjectif multiplicatif

 

simple, double, triple, quadruple, … Continuez !

 

En néerlandais, on ajoute -voudig

au numéral ordinal pour tous les nombres.

En anglais,                         -fold

 

En allemand,                      -faltig     

 

 

 

4.7 Verbe

 

Conjugaison

 

Indicatif présent

peler > je pèle

appeler > j’appelle

épeler > j’épèle

pouvoir > je peux

mouvoir > je meus

répéter > je répète

téter > je tette

clore > il clôt

enclore > il enclot

éclore > il éclot

fileter > je filète

feuilleter > je feuillette

taire > il tait

plaire > il plaît

dire > vous dites

médire > vous médiser

maudire > vous maudissez

rompre > il rompt

vaincre > il vainc

résoudre > je résous

coudre > je couds

jeter > je jette

crocheter > je crochète

prendre > je prends

joindre > je joins

asseoir > j’assieds

surseoir > je sursois

 

Indicatif passé simple

croître > il crût

décroître > il décrut

 

Indicatif futur simple

asseoir > j’assoirai

surseoir > je surseoirai

 

Participe présent et adjectif verbal

exiger

part. présent : exigeant

adj. verbal. exigeant

négliger

part.présent : négligeant

adj. verbal : négligent

à 5 heures sonnant = à 5 heures sonnantes

 

Participe passé

crû (de : croître) >< cru (de : croire)

dû (de : devoir) >< du (art. partitif)

mais plu (de : plaire) = plu (de pleuvoir)

pu (de : pouvoir)  = pu (de : paître)

absoudre : part. passé masculin : absous

                                    féminin : absoute

conduire  > il a conduit

nuire  > il a nui

 

Subjonctif présent

valoir : que je vaille

prévaloir : que je prévale

 

Déficiences

je clos

tu clos

il clot

pas de pluriel (pourquoi ?)

 

Emploi des modes incertain

Le plus que je puis (indicatif) faire.

                        puisse (subjonctif) 

 

 

Confusion dans la conjugaison

je suis

des verbes être ou suivre

nous peignons

des verbes peindre ou peigner

 

Emploi des auxiliaires

Ensuite, il a grimpé.

Ensuite, il est monté.

Pourquoi ?

Il est mort.

Pas de différence entre action et situation.

 

Accord du verbe

Plus d’un (= au moins deux) est venu.

Moins de deux (= au plus un) sont partis.

 

 

4.8 Nom

 

4.8.1 Genre et nombre

 

orgue est masculin au singulier

                 féminin au pluriel

Cet orgue est une des plus belles que j’ai entendues.

un(e ) perce-neige

 

un(e ) entrecôte

 

un(e ) après-midi

 

 

4.8.2 Pluriel

 

4.8.2.1 Noms simples

voyager à pied(sans doute pour faire un unijambiste)

des arbres en fleur mais des prairies en fleurs

une moustache ou des moustaches

un mille-fleurs mais un mille-feuille

des verres antibuées

des peintures antirouilles

des antigels

pluriel changé :

ail > aulx

œil > yeux

 

4.8.2.2 Noms composés

un coupe-tige mais un coupe-cigares

des garde-boue mais des gardes-chasse

un presse-citron mais un presse-fruits

des in-quartos mais des in-folio

des crève-cœur

des croque-morts

des sans-souci

des sans-culottes

des guet-apens ou des guets-apens

des après-midi ou des après-midis

une reine-claude > des reines-claudes (nom propre)

un fac-similé > des fac-similés (adverbe)

un en-tête > des en-têtes (pas de sens pluriel)

un bonjour > des bonjours

un bonhomme > des bonshommes

des derniers-nés

des nouveau-nés

un bonjour > des bonjours (jour n’a pas un sens pluriel)

un pourboire > des pourboires (boire est un verbe)

 

 

 

4.8.3 Formation

 

4.8.3.1 Composés

Pourquoi soutien-gorge et pas soutient-gorge, alors que essuie-mains, passe-partout, …

 

4.8.3.2 Abstraits

long > longueur

court > ?

Ce meuble ne peut entrer ici à cause de sa longueur. Ce qui est pratique, c’est sa … ( ?)

 

 

4.9 Adjectif qualificatif

 

L’adjectif qualificatif qui précède ‘gens’ est du féminin ; après ‘gens’, il est du masculin.

Toutes ces petites gens sont heureux.

la fille premier-née (pourquoi ? = premièrement (adverbe) ; pourquoi alors : la fille dernière née ?)

six heures sonnantes mais

à six heures sonnant, six heures durant

place : un homme chauve – une chauve-souris

des robes flambant neuf ou _ neuves

 

 

Confusion adverbe –adjectif

des portes larges (= largement !) ouvertes

des mélodies impromptu (pas d’accord)

des fleurs fraîches (= fraîchement !) écloses

étant donné(e ) sa stupidité

des personnages tout-puissants

des personnes toutes puissantes

des vers impromptus (accord)

 

 

4.10 Pronom relatif

 

Le pronom relatif ‘où’ est en réalité un adverbe interrogatif.

Pourquoi ne dit-on pas : « La ville sans tu habites ? »

parce que ‘quand’ amène une idée de temps et pas de lieu, alors que ‘ville’ est un lieu.

¨Pourquoi dit-on alors : « le jour où je t’ai vu » et pas « le jour quand je t’ai vu » ?

 

ce qui reste à faire = ce qu’il reste à faire

Fais ce qui te plaît. = Fais ce qu’il te plaît.

 

4.11 Pronom personnel

 

Je le   laisse faire ses devoirs.

     lui

Elle emportait avec elle toute sa fortune.

                                 soi

inutile :

Si L’ on sait et que L’ on dit où L’ on va, on peut partir.

 

 

4.12 Prépositions

 

dans le journal mais sur le palmarès

boire dans un verre

mangé aux mites

            aux vers

montrer au doigt

 

 

4.13 Adjectif numéral

 

trois cent

mais trois cents hommes

 

 

4.14 Compléments

 

J’obéis à mon père.

= Mon père sera obéi.

J’écris une lettre à mon père.

= Une lettre sera écrite.

= « Mon père sera écrit ».

 

 

 

5 Varia 

 

 

Idioties par colonisation culturelle

W Inzès-Monts (dans les monts, sur les hauteurs)

> F Aisemont (qui ne veut rien dire)

 

Symboles chimiques

sodium = Na(trium)

antimoine = Sb (stibium)

potassium = K(alium)

tungstène = W(olfram)

azote = N(itrium)

azote > nitrate, nitrite

 

 

 

 

6 Conclusion

 

Le français est par excellence la langue du quiproquo et de l’à peu près, d’où l’abondance des jeux de mots comme :

pleurer devant un accident de terrain

être ceint et sauf

vêtu de probité candide et de lin blanc (V. Hugo)

Le duc d’Anjou partit enfin, tout chargé d’argent et de malédictions (Michelet)

 

On dit qu’en anglais, on écrit ‘caoutchouc’ et qu’on prononce ‘élastique’, mais en français on écrit ‘caoutchouc’ et on prononce ‘béton armé’.

 

Le résultat de ces difficultés gratuites et idioties est 42 % de retards à la fin de l’école primaire dans les classes dont la langue de base est le français, contre 17 % dans les classes de régime néerlandophone.

(in : LB 28/02/1975)