Dans le monde francophone, il existe nombre de préjugés à propos du français. Ils font l’objet d’une propagande intense,- dans le milieu de l’enseignement et des médias -, au service de l’impérialisme français. Ils sont évidemment faux.

 

 

PLAN

1 Préjugés

2 Rectifications

3 Conséquences

4 Absurdités et pauvreté du français ou la vérité en marche

 

 

1 Préjugés à propos du français

 

 

« Beauté supérieure » ; « Clarté & concision » ; « Génie » ; « Logique » ; « Nombre important de locuteurs » ; « Nuances » ; « Richesse » ; « Souplesse » ; « Supériorité » ; « Tolérance » ; « Unité » & « ‘Notre’ langue »

 

 

 

2 Rectifications

 

 

En vérité, il n’en est rien .

 

Toutes les langues sont évidemment belles et ceci n’a rien à voir avec la linguistique.

 

Le français est bien moins clair, truffé d’illogismes et peu nuancé, que toutes les langues voisines. Et il est beaucoup moins riche que les langues germaniques et les autres langues romanes.

Ses règles d’orthographe ont été volontairement discriminatoires.

L’autoritarisme de l’Académie française n’en permet même pas l’unité et le français a été utilisé pour écraser toutes les autres langues là où il a été introduit .

Après des décennies de francisation forcée, le français y reste toujours bien artificiel…

 

On nous a bien trompés et on nous trompe toujours.

 

 

 

2.1 Difficulté extrême de la langue française

 

 

Mercier Jacques, Les maîtres de la langue française, éd. La Renaissance du Livre, 2003

 

(p.153) « Le français, qui nous semble si simple, est une langue très difficile, pleine de menus traquenards. Je connais des étran­gers qui le parlent à merveille, mais qui trébuchent encore devant l’emploi du si avec l’indicatif. »

 

André Gide, Ainsi soit-il.

 

in: MARTINET, A., Le français sans fard, 1974, p.929 pp.93-94.

 

 » Une langue paraîtrait facile ou difficile dans la mesure où sa structure, son lexique, son expression parlée ou écrite rappellent ou non la structure, le lexique et l’ expression de la langue ou des langues dont l’ étudiant possède une connaissance préalable.”

 » Une langue facile en soi sera celle où, à chaque génération, tombera dans l’oubli un lot de procédés et de formes difficiles à retenir et à manier parce que peu fréquents et ne s’ intégrant pas dans des complexes analogiques assez puissants . Une langue difficile sera celle d’ une communauté traditionaliste et exigeante, où les interventions prolongées des adultes auront empêché, outre l’élimination de distinctions fort utiles, ce qui pourrait bien être une décantation salutaire .

Le français, en tant que langue de culture employée et diffusée par les classes qui sont les dépositaires de cette culture est, dans le sens que nous venons de définir, une langue difficile. »

 

Jacques J.-M., Pensez Europe 93: parlez esperanto, Revue de l’ organ. des études, 10, déc. 1990

 

(p.39) “Ainsi, 12 terminaisons verbales suffisent à exprimer toutes les nuances du présent, du passé et du futur.  Quelle différence avec la langue russe qui en a 157, l’allemand 364, l’anglais 652 et le français qui bat le record avec 2265 (sauf erreur ou omissions).”

 

Gratius Adrien, Niveler l’enseignement ?, Le Vif 18/10/2002

 

« La langue française écrite est inutilement compliquée. »

 

 

 

 

2.2 Manque de clarté

 

 

Martinet André, Le français sans fard, PUF, 1969

 

(p.61) (…) on dit du français, depuis plus de deux siècles, qu’il est une langue claire. Du point de vue de la structure même de la langue, la chose n’a aucun sens : dans cette langue du calembour, les sources de confusion foisonnent, et l’on ne saurait dire que le français est clair qu’en décré­tant que ce qui n’est pas clair n’est pas français. Ce qui est vrai, c’est que, pendant longtemps, l’idéal de ceux qui uti­lisaient le français a été moins d’exprimer ce qu’ils ressen­taient que d’en faire part à autrui ; le devoir était moins envers soi-même qu’envers la société. Les pensées de ceux qu’on a appelés, en France, les « Philosophes » ont sans doute été moins profondes que celles des philosophes allemands qui leur ont succédé, mais elles ont atteint un vaste public (…). Ce qui était clair, ce n’était pas la langue dont ces « Philosophes » faisaient usage, mais bien les idées qu’ils développaient et la façon dont ils usaient de la langue à cette fin.

D’une façon un peu parallèle, on a pu être tenté de désigner comme de belles langues celles qui ont servi de moyens d’expression à des écrivains et à des poètes qui visaient à la beauté comme nos « Philosophes » visaient à la clarté. Dans l’un et l’autre cas, on aurait tort d’attribuer à la langue ce qui n’est qu’une réussite personnelle à partir de matériaux qui étaient à la disposition de tous. Aucune beauté n’est conférée une fois pour toutes à une langue du fait des œuvres littéraires qui en ont fait usage. La répétition de ce qui est beau aboutit au cliché. C’est l’œuvre qui est belle en son unicité, ce n’est pas la langue.

 

(p.83) (…) pour tous ceux, et leur nombre croît de jour en jour, qui n’auront jamais à faire de thèmes latins, l’apprentissage de la grammaire n’a de sens que parce que, seule, elle permet de « mettre l’orthographe » : comment accorder les participes si l’on ne sait identifier un objet direct ? Les anglophones savent très bien écrire leur langue sans l’aide de la grammaire, parce que lorsque, dans leur langue, la forme écrite du mot change, ce changement va toujours de pair avec une modification dans la prononcia­tion : lorsque play devient plays ou played, la phonie /plei/ devient /pleiz/ ou /pleid/. Ceci rend inutile l’exercice de la dictée. La forme du radical invariable s’apprend par la lecture et les fautes d’ « orthographe d’usage » ne sont pas plus fréquentes, à niveau d’instruction égal, chez les anglo­phones que chez les Français. La graphie anglaise est sans pitié pour les étrangers parce qu’elle ne permet pas de (p.84) retrouver la phonie à partir de la graphie : comment celui qui connaît les équivalences read = /ri:d/, sea = /si:/, meal = /mi:l/ peut-il deviner que meadow est /’medou/ et steak /steik/ ? Mais, sans être idéale pour ceux dont l’anglais est la première langue, son acquisition ne réclame pas, semble-t-il, d’exercices spécifiques répétés quotidiennement : pour qui connaît /’medou/ et /steik/, les contextes permettent normalement de les retrouver sous les formes écrites meadow et steak. L’orthographe française ne facilite pas la tâche des étrangers : tout serait plus simple, pour eux, si on pouvait leur dire que le présent de l’indicatif de chanter ne connaît que les trois formes chante, chantons et chantez. Mais la forme écrite, celle avec laquelle ils prennent, en général, contact tout d’abord, permet le plus souvent d’identifier les phonèmes dont se compose le mot. Pour les Français, les variations qui ne correspondent à aucune différence dans la prononciation réclament ce que nous avons appelé un dres­sage, dressage qui doit absorber près du tiers de l’énergie des instituteurs et de leurs élèves.

L’existence, dans leur langue, d’une orthographe gram­maticale représente, pour tous les francophones, un terrible handicap. Si le temps qu’on consacre, souvent en vain, à son acquisition était mis à profit pour autre chose, le Français ne serait peut-être plus le monsieur qui ignore la géographie et qui est si faible en calcul mental. L’appren­tissage de règles aussi dénuées de fondement rationnel dans la langue contemporaine que celle de l’accord des participes passés après l’auxiliaire avoir contribue à entretenir chez lui un certain « juridisme », un goût pour l’abstraction gratuite qui paraît d’autant plus séduisante que ses fonde­ments dans les faits n’apparaissent pas. Il l’éloigné de l’opération abstractive elle-même, passage du concret à l’abstrait par l’application du principe de pertinence, opé­ration qui fonde la science. Ceci nous vaut des mathémati­ciens et des grammairiens, mais peu de physiciens et de vrais linguistes.

 

Joseph Hanse ou le savoir passionné, LB 02/06/1993

 

Le français est-il une langue si difficile?

– Très!  Plus je vieillis, mieux je me rends compte du point auquel il est nuancé (sic).  On vante à tort sa clarté: il n’ est pas d’autre où l’ on fasse aussi aisément des jeux de mots!”

 

 

Stéphany Pierre, Comment défendre le français des Belges, LB 01/08/1988

 

(Joseph Hanse) “C’est une langue difficile … Rivarol la proclamait la langue la plus claire du monde; ce n’est pas mon avis; aucune langue ne se prête autant au jeu de mots, à l’amphibologie.  Je coirs, contrairement à d’autres que le français est une langue cohérente (sic), mais elle comporte, à côté de la cohérence logique, une cohérence analogique (sic): c’est, dans une certaine mesure, ce qui fait sa richesse et sa beauté, mais cela entraîne des obscurités et des difficultés.” 

 

Le concept de clarté dans les langues et particulièrement en français, Colloque de

l’Institut des hautes Etudes en Belgique 18-19 mai 1988, Revue de l’ Institut de sociologie, 1-2, 1989

Marc Wilmet, exposé de synthèse (pp. 109-115)

 

“La clarté n’ est pas plus inhérente au français qu’à n’importe quelle langue.” ‘Il existe un mythe de la clarté.’

(p.111)

– homophones: not. “Cinq saints ceints de leur ceinture et portant dans leur sein le seing du Saint-Père.”

– 36 graphies de VER

– polysémie

 

 

 

2.3 Langue illogique

 

 

Le français, langue idiote ?, LB 23/07/2007

PAR JACQUES MERCIER

 

C’est Jean-Jacques Jespers, au fil de ses « agaceries » dans le Jeu des Dictionnaires, qui m’a fait découvrir ce site : « Français langue idiote » sous-titré : « La vérité sur les innombrables illogismes en français, langue qui a servi et sert l’impérialisme français dans le monde. La vérité sur la langue utilisée par les racistes qui méprisent injustement ceux qui s’expriment dans une autre langue que le français. » Une attaque en règle des amoureux de la langue ? Si on veut, mais c’est surtout un répertoire des illogismes que nous connaissons, mais qui sont peut-être aussi le sel de la langue ? Ne prenons que l’absurdité des prononciations avec ces exemples : « Nous notions ces nations. L’inertie est amortie. Seul un initié comprend notre amitié. Il y en a plus et ils sont plus grands. Il but, c’était son but II convient qu’ils nous convient II a traversé deux lacs pour mettre ses lacs. Marc a bu du marc. Nous te portions nos portions, je sens par tous mes sens que Brassens est à Sens. Le résident et sa famille résident dans cette villa » Autre exemple ? Les illogismes dans la formation d’un nom à partir d’un verbe : bloquer donne blocage, mais remorquer donne remorquage et truquer donne truquage. Transiger donne transigeance et négliger donne négligence. Dans le domaine de la sémantique, on peut relever aussi les dérivations des composés qui changent de genre. La feuille, mais le chèvrefeuille. Une ligne, mais un interligne. Une nef, mais un aéronef. Un embâcle, mais une débâcle. Mais… Ajoutons cette pensée de Kyrios Valéry : « Si te langage était parfait, l’homme cesserait de penser. »

 

 

 

2.4 Manque d’unité

 

 

Martinet A., Walter H., Dict. de la prononciation française dans son usage réel, France expansion, 1973

 

(préface)

“Des recherches poursuivies au cours des trente dernières années ont montré que l’unité de la prononciation française était une vue de l’esprit et ne correspondait à rient de réel.  Quelle que soit la classe sociale ou le groupe culturel retenu comme digne d’ imitation …”

 

(Avant-propos) “Les variations (…) atteignent un mot sur cinq, même dans les milieux cultivés.”

 

(p.16) “L’illusion de l’unité de la prononciation française”

‘Une série d’ enquêtes … apporte définitivement la preuve que les Français cultivés non-méridionaux ne s’accordent ni sur le nombre de phonèmes qu’ils distinguent, ni sur la façon dont ils les réalisent, ni sur ceux qu’ils choisissent pour tel ou tel mot.”

 

(p.18) (informateurs) “Trois de nos informateurs évoluent essentiellement dans les milieux mondains, 8 sont en contact avec les milieux d’ affaires, 11 peuvent être considérés comme appartenant à des milieux intellectuels ou artistiques ou étant en rapport fréquent avec ces milieux.”

 

 

Au Conseil international de la langue française, VA 16/10/1973

2 propositions

“La première est relative à la publication d’ un “Dictionnaire de la prononciation française dans son usage réel”, ouvrage qui a été réalisé par une équipe animée par M. Martinet, professeur à la Sorbonne.  On apprendra à la lecture de cet énorme volume que, sur les 50.000 mots du vocabulaire, 10.000 ont une prononciation instable.”

 

 

Goosse André, Les variations régionales de la phonologie, LB 28/06/1982

“Les partisans d’ une orthographe strictement phonologique raisonnent plus d’ une fois comme si tous les francophones avaient le même système articulaire.”

“J’ ai consacré deux chroniques en 1974 au Dictionnaire de la prononciation française dans son usage réel dû à la collaboration d’ André Martinet et d’ Henriette Walter.  Il est fondé sur l’ usage de dix-sept informateurs habitant paris, et il fait disparaître l’ illusion de l’ uniformité que représenterait le langage de la bourgeoisie parisienne.”

“Il faut se réjouir de voir des chercheurs français conscients que notre langue ne présente pas l’ uniformité supposée par des linguistes à qui Paris cache la France et la francophonie.”

 

 

Vaute Paul, mais quel français parlez-vous donc?, LB 03/03/1988

“On peut utiliser ‘le’ Walter (Henriette Walter, Le français dans tous les sens, Laffont, 1988) comme un véritable lexique franco-français, ce qu’il est certaine manière, mais aussi comme l’épopée érudite (…) qui nous dit comment et pourquoi 21 mots différents, selon les pays ou les régions, désignent la serpillère (comme wassingue, cinse, loque, panosse en Suisse, torchon en Belgique, …), comment et pourquoi seize verbes désignent l’action de tourner la salade (dont brasser, touiller, fatiguer, terbouler, …), (…).”

“Il n’ y a guère qu’ une langue française mais il est plusieurs manières de la parler.”

 

Jacqueline Remits, “Crolle”, “kot” et “posture” entrent dans le dictionnaire, Le Soir illustré, 17/11/88, pp. 27-28

 

(p.27) “Même en France, même à Paris, le français est largement diversifié, comme il l’ est en dehors des frontières françaises.”

 

Hella A., Le français, langue de clarté?, VA 17/12/1973

 

“La clarté du français n’est que relative.  Elle apparaît surtout comparée à celle des autres langues (…) De plus, aucune autre langue ne peut affirmer qu’il n’existe pour ainsi dire aucun écart entre ce qu’elle est dans la bouche du peuple et ce qu’elle devient dans les textes de ses plus grands écrivains.”

 

Goosse André, L’ E dit muet, in: façons de parler, LB 25/08/1975

 

“A nous, Belges, ainsi qu’ aux habitants de l’ est de la France, ‘eu’ ouvert paraît la prononciation normale, tandis que c’ est ‘eu’ fermé pour la plus grande partie de la France, on peut en donner comme illustrations ces rimes de Brassens et ces graphies de Boris Vian:

mais les brav’s gens n’aiment pas que l’on prenne une autre route qu’eux. (Brassens)

Si j’ étais pohéteû

Je serais ivrogneû

j’ aurais le nez rougeû

Une grande boîteû

Où j’ empilerais

Plus de cents sonnais

Où j’ empilerais

Mon ouevreû complait.

(Vian cité par Claudine Demols et Joseph Motoul, Français 6 (1), p.45).

 

André Goosse, L’ E muet (suite), in: Façons de parler, LB 01/09/1975

 

“Combien de Wallons disent “un m’lon”, “la f’melle”, “la m’ringue”, “il faut “s’mer”, “les pâqu’rettes”, toutes prononciations en France?

Inversement, ils élident, contrairtement à ce qui se fait à Paris, “nous s’rions”, “vous s’riez”, “nous aim’rions”, ou encore, à Liège, devant un h bien aspiré, “dans l’ hangar”.

 

Landroit Henry, Une panosse est-elle une wassingue ?, LL, 16-28/04/1989

 

Il existe 20 mots pour désigner le ‘torchon’ et la ‘loque à reloqueter’ belges., c-à-d ‘serpillière’. 

= faubert, chiffon (Breton); torche (Bordeaux); chiffon des pavés (Toulouse); emballe (Boulogne), …

 

Vaute P., mais quel français parlez-vous?, LB 03/03/1988

 

De Bruxelles à Kinshasa, de Paris à Wallis-et-Futuna, les mots n’ ont pas toujours le même sens et les sens n’ont pas toujours le même mot.

 

Aurembou Marie-France, Aspects phonétiques de l’Atlas de l’Ile de France et de l’Orléanais: unité ou diversité?, in: Les dialectes romans de France à la lumière des atlas régionauxc, pp. 379-400, in: Colloques …nationaux du CNRS, 930, 1973

 

(p.379) “Nous avons choisi l’ étude de 5 voyelles orales pour lesquelles nos parlers continuent souvent des prononciatons attestées au XVIIe siècle et qui ont disparu de la prononciation moderne.”

Il s’ agit de l’ évolution de la diphtongue romane OI, quelle que soit son origine (> wè, wa, è) (dans ces parlers), du problème posé par la chute du OE provenant de la labialisation conditionnée de E central, de l’ évolution du O long et fermé latin diphtongué, de la fermeture de l’ O en U.

 

(p.396) DISCUSSION

Kurt Baldinger

“Nous nous trouvons, pour la première fois dans ce colloque, dans une région qui est très voisine de Paris.  Si l’on a pu s’imaginer que dans la France qui est tellement centralisatrice, il n’y avait plus de dialectes ou de traits intéressants, on voit qu’en fait, à vingt ou trente kil:omètres de Paris, il y a une zone extrêmement intéressante de faits très curieux, qui posent des problèmes nouveaux, surtout celui de l’influence du français de Paris sur une zone qui résiste quand même beaucoup plus qu’ on ne le pensait.”

 

Mgr Gardette

“On pensait qu’il n’y avait pas de patois, à cette place-là.  Et vous nous en apportez beaucoup.  Vous nous avez montré qu’il y a un Ouest français, assez différent de l’Est et beaucoup plus conservateur.”

 

GOOSSE A., Retour à l’ orthographe, in: La Libre Belgique, 15/6/1981

 

“J’ ajouterai que l’ unité de l’ orthographe assure au français son unité à travers la francophonie (sic) entière, alors que la_phonétique et la phonologie varient selon les régions, au point de rendre la communication difficile, par exemple entre les Québécois et les ‘vieux Continentaux’. »

 

 

 

2.5 Manque de souplesse

 

 

Hasquin H., Le français, langue des sciences et des techniques, LS 08/12/1981

 

“On peut regretter que la langue française soit plus rigide, plus guindée que sa grande rivale.”

 

Cy. P., Parlons bien, parlons ouaibe, LS 24/10/1997

 

Daniel Blampain, prof. de linguistique à l’ISTI :

« Si la langue française était plus souple, nous aurions moins de problèmes pour accepter les nouveautés. »

 

 

2.6 Grande pauvreté

 

 

Martinet André, Le français sans fard , pp.17-18, 1974

 

« Lorsqu’ on aborde le chapitre du lexique, la position du français n’ apparaît plus sous un jour favorable: le français est une langue où chaque mot doit être appris à part: méchanceté ne saurait être retrouvé à partie de méchant, non plus qu’ amertume à partir d’ amer, comme on forme sans difficulté en anglais, badness, naughtiness et bitterness, à partir de bad, naughty et bitter . …Là où l’ allemand dérive de blind « aveugle », un substantif B1indheit, le français

d’ aujourd’ hui présente le latinisant cécité . … Pour l’ Ita1ien, qui dit cicco pour « aveugle », le substantif cecità apparait comme un dérivé naturel, car il y a moins de disparité qu’ en français entre la forme « popu1aire »et la forme « savante » . L’ anglais , qui dérive simplement blindness à partir de blind ne se prive pas d’ emprunter largement, com,mme le français, aux langues classiques et connaît le terme coecum . Mais il n’ a pas abandonné les ressources de la

composition, si bien qu’ on peut, en anglais, exprimer un beaucoup plus grand nombre de notions qu’ en français, sans cesser d’ employer des formes connues de tous . »

 

(p.19)  » Il est certain que, du fait de la possibilité de combiner plus librement les unités de sens, une personne qui connaît bien les 3000 mots de la langue anglaise verra ses besoins communicatifs mieux satisfaits que celui qui pratique, avec une égale aisance, les 3000 homologues français . « 

 

(p.59)  » Un lexique pauvre réclamera un emploi extensif de la polysémie. »

 » Un lexique s’ étend soit en tirant de nouveaux termes de son propre fonds, soit en cherchant ailleurs et en intégrant ce dont il a besoin . Les langues diffèrent beaucoup en ces matières :

les unes se créent facilement des ressources par la composition ou la dérivation, d’ autres ont plutôt recours à l’emprunt, d’ autres enfin utilisent sans réticence les différents procédés

de l’enrichissement.

 

Martinet André, Le français sans fard , pp.94-95, 1974

 

Le français, en tant que langue de culture emp1oyée et diffusée par les classes qui sont les dépositaires de cette culture est, dans le sens que nom venons de définir, une langue difficile, Sans doute est-il parlé aujourd’hui par de larges couches prolétariennes et paysannes qui n’ ont ni le loisir niles moyens de cultiver chez eux-mêmes des exigences linguiques et d’imposer à leurs enfants des traditions de beau parler qui leur sont étrangères. Mais ce ne serait pas une boutade de dire que le français populair n’est pas vraiment le français. Plus que la plupart des autres langues nationales,le français a été essentiellement la propriété d’une classe degens aisés et cultivés qui ont cherché à fixer la langue lorsqu’ils ne l’ont pas compliquée à loisir, sans, bien entendu, se préoccper des besoins éventuels de masses paysanes généralement patoisantes et d’un prolétariat urbain longtemps margin et toujours méprisé. D’un Anglais qui ne parle pas salangue selon des critères admis dans la bonne société, on pourra dire qu’il ne parle pas l’anglai du Roi, mais qui osera dire qu’il ne sait pas l’anglais? Il est fréquent, au contraire, d’entendre dire d’un Français unilingue qui se fait parfaitement entendre de ses compatriotes, qu’il ne sait pas le français parce qu’en accord avec l’écrasante majorité de ces derniers il emploie des tours traditionnellement classés comme incorrects. S’il y a, comme on le dit depuis près de quarante ans, une crise du français, c’est que l’évolution des moeurs et des techniques tend à éliminer les classes oisives qui assuraient la survie des traditions linguistiques, et à faire de la langue française le bien commun de quelque cinquante millions de personnes trop absorbées par la lutte pour l’existence pour qu’elles puissent, même avec le concours de l’école, intégralement un instrument linguistique mal adapté à leurs besoins.

 

Malherbe  Michel, Les langages de l’humanité, Une encyclopédie des 3000 langues parlées dans le monde, éd. Laffont, 1995

 

(p.84) mots: français : = 90.000   –  anglais: + de 200.000

 

WOLFF P., Les origines de l’ Europe occidentale, 1970 , p.17

 

“ Le vocabulaire de la langue anglaise est plus riche que celui de la langue

française: 240.000 mots en anglais pour 93.000 en français’. »

“Cette richesse vient aussi d’ une plus ou moins grande aptitude à assimiler des mots

étrangers . Ces créations lexicales sont sans doute l’ un des aspects les plus superficiels

d’une langue .

Cependant, la richesse lexicale, la finesse plus ou moins grande de l’analyse correspondent à des tendances psychiques profondes . »

 

Goosse André, in: Nouvelles suites, in: façons de parler, LB, s.d.

/LA DERIVATION LEXICALE DU FRANCAIS/

 

« Il serait souhaitable, certes, que les familles lexicales se constituent sans entraves, selon les besoins du locuteur ou de la communication.  Malheureusement, la dérivation française soufre d’un double handicap: à peu près aucun procédé ne joue librement, automatiquement, et très souvent la famille sémantique regroupe des mots de forme différente (père, paternel,; eaux, aqueux; aveugle, cécité; loucher, strabisme …). »

 

 

 

2.7 Orthographe lamentable

 

L’orthographe française: = „objectivement absurde“

(J.M. Klinkenberg) (in : Willy Bal (UCL) (correspondance privée))

 

Ruytinx-Sasson L.,  LA CAUSE DE L’ORTHOGRAPHE EST-ELLE PERDUE ?, s.r., p.33-36

 

1. Les Championnats nationaux d’orthographe ( n° 102)

2. Réformistes et réformateurs

 

a) Evolution

En général, la réforme de l’orthographe est considérée comme un outrage aux institutions. Celui qui s’en fait le promoteur accepte à priori de lutter contre l’inertie, mais aussi contre l’hostilité

qui, si elle n’est pas générale, n’est amputée que de ce qu’elle cède aux sceptiques et aux ironistes. Révolution refusée parce que contraignante ou révolution refusée parce que aliénant une certaine culture qui reste « la culture, ou refusée parce que détournant d’objectifs plus bouleverseurs, elle se heurte à toutes les auto-défenses : psychologiques, économiques, cultur’elles, politiques.

Le réformiste est iconoclaste. Quelle est l’image qu’il faut arracher à ses griffes ? non, ce n’est point une pyramide millénaire ; non, ce n’ est point non plus la trace fragile d’une civilisation éteinte ; est-ce alors une oeuvre pure et sans tache, consécration immaculée dd’une pensée lentement mûrie et décantée qui ne saurait être profanée ? Point. Création ampoulée du XIXe

siècle, l’orthographe que nous nous imposons n’est pas vénérable et ne fut vénérée que le jour de sa fixation, celle-ci constituant – alors – une réponse à une nécessité. Etait-ce la bonne réponse ? C’était surtout le bon moment, et il y eut fixation. Le réformateur est le réformiste qui a réussi.

 

L’orthographe n’apparait pas comrne un vieux système à culbuter, mais comme une succession d’adaptations ( 13e s., 1530, 1660, 1853, 1935…):

XIIIe s. : évolution rapide de la langue parlée ;

1530 : Robert Estienne introduit le trait d’union ;

1660 : les grammairiens de Port-Royal préconisent une orthographe phonétique ;

XVIIIe s. : on s’occupait d’autre chose, mais on note à cette époque 1′ apparition de nombreux ouvrages destinés aux typographes et qui n’existaient pas, en France, (p.34) jusque-là. Ils traitent d’un ensemble de problèmes que Mme Catach groupe sous l’appellation d’orthotypographie.

1740 : apparition de l’accent circonflexe ;

XIXe s. : – fixation de notre orthographe.

« L’orthographe de l’Académie et la grammaire minutieusement normative de Noël et Chapsal sont les seuls exposés agréés du dogme  » ( 1) au moment où, en 1832, la connaissance de l’orthographe devient obligatoire pour l’accession à tous les emplois  » publics  » ( 2).

– La sixième édition du Dictionnaire, en 1835, joue alors un rôle normatif.

– toute une série de réformistes se manifestent, plaident en vain ; 1966 : – chute du règne du réformiste Beslais ;

– reconnaissance officielle des projets de René Thimonnier.

 

Ce ne sont que des dates parmi d’autres qui pourraient prêter à développement. Mais notre orthographe, la vraie, n’existe bien que depuis 1832. Parmi les grands hommes de l’histoire de la pensée humaine elle n’en a troublé que fort peu. Emergeant de l’analphabétisme généralisé, le produit de l’enseignement obligatoire en pays francophones a donné à l’humanité combien de

petits hommes « sachant mettr’e l’orthographe  » ? .

 

D’une part, l’orthographe française d’avant 1835 est variable dans le temps et dans l’espace. Mais elle évolue en fonction de critères puérils : faire savant, faire latin ; en fonction de critères

esthético-graphiques : par exemple roy, icy . en fonction du prix de la miche de pain ou de la redingote : les clercs calligraphes sont payés à la ligne; en fonction de critères linguistiques auxquels on croit toujours : les distinctions homonymiques ( sain, saint, sein, seing, ceint cinq) D’autre part, cette orthographe, une fois fixée, se fait vilipender.

 

Entre 1740 et 1760, 30 % (3) des mots ont été « corrigés  » par l’ Académie elle-même, sans heurter ni la majorité analphabète, ni les intellectuels puisque personne ne se souciait de se conformer à une orthographe codifiée.

 

( 1) P. BURNEY L’Orthographe. P.U.F.,  » Que sais-je ? « , p. 31.

(2) ib.

(3) R. THIMONNIER, Code orthographique et grammatical. Hatier, p. 21.

 

 

(p.35) Répétons-nous, 1’ « orthographe française » immuable n’existe pas et n’a jamais existé. Citons Mme Catach, qui dans son minutieux relevé  » Orthographe et lexicographie « , écrit sous le rubrique « La variance orthographique  » .

Sur 500 modifications effectuées par l’Académie dans sa huitième édition, et relevées par Grevisse. (il y en a une centaine de plus en réalité). on compte 60 % environ de suppressions de variantes. Contre 4 % d’ajouts…

Pour nous en tenir au seul Petit Larousse Illustré. quelques chiffres pourront donner une idée de l’ampleur de ce mouvement : sur 2.451 mots relevés dans nos listages (variantes, mots latins et mots étrangers) nous trouvons, en l’espace de sept années seulement (1962-1969), plus de 380 « corrections » (suppressions de mots, suppressions ou ajouts de variantes et modifications diverses) soit 15,54 %’.. « (1).

 

De 1740 à 1835, chaque édition du Dictionnaire de l’Académie apportait des modifications importantes portant sur des catégories de mots. La dernière édition apporte 505 adaptations de mots.

Depuis, les auteurs de dictionnaires prennent leurs responsabilités, rnais leurs voies sont nécessairement divergentes. Aux aberrations historiques de l’orthographie du français s’ajoute maintenant une mouvance adaptative dd’ auteur. Exemples ( 2 ) :

dessouler (Littré) ; dessoûler ( Petit Larousse Illustré, 1962) ;

astracan ( Littré) ; astrakan, astracan ( Robert).

 

Qu’ont proposé les réformismes du 20e siècle ? Nous trouvons, dans le Rapport  général ( 3) élaboré par la Commission placée sous la présidence de A. BESLAIS, un tableau comparatif de projets récents, ceux de DAUZAT ( 1940), LAFITTE-HOUSSAT (1950), BEAULIEUX (1952), de la Ligue pour une réforme de l’Orthographe ( s.d.) et celui de la Commission de réforme ( BESLAIS – 1952). En suivant l’ordre selon lequel est présenté le tableau, nous constatons que

– presque tous les auteurs suppriment les  » h grecs « , mais pas tous les  » h grecs  » ;

– l’unanimité est plus grande pour ramener les pluriels à une seule forme, en S;

– le bon sens et le courage l’emportent pour s’attaquer aux doubles consonnes ;

 

(1) N. CATACH…, Orthographe et lexicographie. t. 1, Didier. 1971,

p. 168,

(2) id., p, 57.

(3) Rapport général sur les modalités d’une simplification éventuelle de

l’orthographe française. élaboré par la Commission ministérielle d’études orthographiques, Didier. Paris, 1966, pp. 14-15.

 

Leleux J., De l’orthographe et de son enseignement (1), p.5-14, Revue de la direction générale de l’organisation des études, n° 8-10, 1983, p.6-7

 

Une dernière raison d’apprendre l’orthographe est d’ordre psycho-social.

On sait que chargé par l’ Académie française, en 1673, d’élaborer une réflexion sur la transcription , l’historien Eudes de Mézeray , assura dans la première version de son «Cahier de remarques sur l’orthographe française » qu’il convenait de choisir l’orthographe ancienne (donc la plus compliquée, J.L.) parce qu’elle distingue les gens de lettres d’avec les ignorants et les simples femmes. Les Académiciens ne repoussèrent pas cette idée. Ainsi née sur la base d’une distinction sociale, l’orthographe française a continué de dénoncer les illettrés. Une « faute » déshonore le scripteur; à l’inverse, la maîtrise de l’orthographe est un signe d’instruction, la preuve de l’appartenance à l’élite culturelle. Autrement dit, celui qui ne respecte pas les graphies passe pour être un ignorant. Etiquette dangereuse, car de là à incapable ou imbécile, il n’y a pas loin pour beaucoup (plus aptes à juger sur la forme que sur le fond, beaucoup plus difficile à apprécier). Orthographier correctement est donc une nécessité pour donner aux autres bonne opinion de soi. Enfin, nul n’ignore que l’on requiert des secrétaires, dactylos, etc. une connaissance parfaite de l’orthographe sous peine d’être refusés ou licenciés. Et même n’a-t-on pas vu des candidats cantonniers ou … fossoyeurs recrutés à partir d’une épreuve de dictée! (A l’inverse, voit-on des futurs ministres passer un examen d’orthographe avant d’être désignés ??) Ne pas se soucier de l’enseignement de l’orthographe va donc à l’encontre des intérêts, des élèves les plus malmenés par la vie. H. Huot a raison : «… Il est nécessaire d’apprendre l’orthographe aux enfants, surtout de milieu modeste – si l’on ne veut pas les vouer à l’échec ou les enfermer dans leur classe d’origine… »  Ainsi des raisons psychologiques, sociales, linguistiques militent en faveur d’un apprentissage de l’orthographe

 

Diro, Une nouvelle grammaire, 2. Et l’ orthographe? , LB, s.d.

 

L’ apprentissage de l’ orthographe du français n’ est que chausse-trapes “car le français écrit est loin d’ être phonétique: on dit “wazo” et l’ on écrit “oiseau”, dont on ne pronon aucune lettre … Ces graphies françaises furent au centre de nos six ans, mais nous l’ avons oublié.  Nous nous sommes accommodés de l’ illogique.  Nous aimons l’ archaïque qui nous révèle l’origine étymologique de nos mots, …

D’ autres langues ont fait peau neuve, comme l’espagnol, le portugais, le norvégien, le danois, l’ allemand, le russe, le néerlandais: ils écrivent fotografie, farmacie et sigaret … comme ils les prononcent.  Je ne discuterai pas ce charme désuet de notre façon d’ écrire, je veux seulement attirer l’ attention sur les difficultés des enfants et sur leurs performances assez déplorables.”

 

Guion Jean, Nos enfants et l’orthographe, Parents et enfants, Le Centurion, Paris, p.30

 

… le nombre d’ exceptions est parfois presque aussi important que le nombre de mots qui suivent la règle.  Voici les résultats:

– mots commençant par al- et all-:       87 % d’ exceptions.

–                                        ac- et acc-     32 

–                                        an- et ann-    32 

                                         ap- et app-    72

                                         at- et att-       37

                                         ar- et arr-      92

 

 

 

1981

Goosse A., Retour à l’ orthographe, LB, 15/06/81

“L’absurdité de notre orthographe, qui est, en vérité, une des fabrications les plus cocasses du monde, est bien connue.  Elle est un recueil impérieux ou impératif d’une quantité d’erreurs d’étymologie artificiellement fixées par des décisions inexplicables.  (Valéry, Variété, Bibl. de la Pléiade, p.1078) (texte de 1935)

 

1981

Goosse A., L’ orthographe encore, LB, 29/06/1981

“Joseph Hanse a constaté qu’il y a,  à l’intérieur d’un même dictionnaire ou, plus souvent encore; d’un dictionnaire à l’autre, de fâcheuses contradictions.  Dans sa brochure, il a pris surtout en considération les noms composés et leur pluriel.  (Orthographe et grammaire, Politique nouvelle, 1980, Conseil Intern. de la langue Fr., 28 p., Paris)

Les composés! … Voilà bien un domaine dont la complexité décourage l’observateur aussi bien que l’ usager soucieux d’écrire correctement!”

 

1989

Loos Baudouin, faut-il réformer l’ orthographe française?, LS 28/03/1989

“Rendre au français cette cohérence qui lui fait défaut.”

“J’ai préféré me consacrer à la normalisation orthographique entre dictionnaires, car il existe encore trop de contradictions lexicographiques.”

 

1989

Goosse André, L’âge d’or est un mythe, LB 29/04/1989

“A aucun moment de l’histoire du français, l’orthographe n’a été familière à la majorité.” …”ou (à) l’élite même.”

 

1990

Goosse André, Les rectifications de l’ orthographe française, LB 10/08/1990

Paul Valéry, à propos de ce qu’ il appelle notre ‘criminelle orthographe’:  “L’ absurdité de notre orthographe, qui est, en vérité, une des fabrications les plus cocasses du monde, est bien connue.”

 

1990

Augustin Paul, Orthographe logique?, LB 10/04/1990

“Ne faut-il pas regretter le temps scolaire sacrifié en vain à retenir des exceptions, qui aurait pu servir à acquérir soit une ouverture d’ esprit, soit des connaissances supplémentaires?”

 

2000

Duplat Guy, La libération joyeuse de la langue, LB 27/09/2000

Jean-Marie Klinkenberg, vice-président du Conseil supérieur de la langue française :

« Les professeurs ont un rôle très important auprès des jeunes.  Ils doivent honnêtement admettre que l’orthographe qui braque tant de gens est objectivement absurde et ne répond à aucune cohérence. Tous les linguistes le savent, (…).  Les professeurs doivent dire, à la fois, qu’elle est absurde et nécessaire. »

 

 

 

2.8 Autoritarisme et anarchie

 

Lamensch Ph., Claude Duneton: Curieuse langue …, Télémoustique, s.d., pp 8-12

 

(p.10) Duneton :

“Il est de bon ton de louanger l’Académie, les manuels ne s’en privent pas mais c’est incroyable.  Pensez donc : cette Académie s’est créée dans des conditions politiques extrêmement douteuses, tout à fait antidémocratiques … Lorsqu’on louange l’Académie et Richelieu, son fondateur, c’est un peu comme si Hitler avait fondé un Ministère de la Culture et de la Censure, qu’il avait gagné dans l’Europe entière et que 300 ans plus tard, les manuels d’histoire écrivaient “Aah!” quand même, cet Hitler, quel grand homme!”.  C’est exactement la même situation.  Bon, l’Académie a donc fixé les règles de la langue française, et c’est ainsi qu’au XVIIIe siècle, le français est devenu une langue très pure – c’ est à dire très épurée – très internationale, une langue de prestige, quoi, dont le seul défaut était de ne pas être parlée par le peuple de France!”

 

(p. 12) “L’anglais est bien la langue que parle la nation anglaise (pas britannique), tandis que le français n’ est pas la langue de la nation française.”

 

Maury Pierre, Les opposants … et les Belges!, LS 07/12/1990

 

Jean Molino, prof. à la fac. des lettres de Lausanne:

« La France serait-elle la seule propriétaire de la langue française? »

 

O.M., Une féminisation peu souhaitable, LB 15/02/1994

 

Selon l’Académie française, la réforme belge risque de jeter la confusion.  Le 13/12/93, le « Moniteur Belge » publiait l’arrêté du gouvernement de la Communauté française relatif à la féminisation des noms de métiers, fonction, grade et titre dans les documents émanant du secteur public.

 

Goosse A., Féminisation: il faut raison garder, LB 09/03/1994

 

« Il y a dans tout usager du français un conservateur qui sommeille et qui, non content de refuser ce à quoi il n’est pas habitué (ce qui et son droit), prétend donner à son refus, des fondements objectifs, surtout esthétiques. »

 

Maury P., L’Académie répond à l’Académie, LS 18/02/1994

 

« L’Académie française elle-même a introduit dans son dictionnaire, en 1932-1935, plusieurs dizaines de féminins nouveaux, dont certains d’abord été critiqués. »

 

Van Rompay Frans, Quand Druon militarise le français, LS, 11/10/1994

 

« Au cours d’une émission télévisée, en mars 1993, Mme Rey-Debove, du dictionnaire Robert, déclarait que ses compatriotes ont toujours eu des rapports quasi ‘hystériques’ avec leur langue. 

Peut-on en douter quand l’ histoire de la langue foisonne d’exemples: les réfections savantes sur le latin classique, au XVIe siècle; la naissance du pouvoir discrétionnaire de l’Académie française, au XVIIe siècle; …; un gouvernement républicain et démocratique qui joue les lexicographes dictatoriaux, au XXe siècle; la sacralisation d’ une orthographe obsolète et élitiste, emblème d’ un prestige creux et garante de la perennité des carcans linguistiques au XXIe siècle et au-delà; la conviction profonde que toutes les langues doivent allégeance à la langue française, quel que soit le siècle envisagé … »

 

« La langue française doit-elle vraiment être la seule langue sous tutelle au monde? »

 

« Croire que le français est la plus belle au monde, c’est faire preuve de chauvinisme (de bon aloi, parce que inévitable: on ne peut trouver beau que ce que l’ on ne connaît pas); s’ enorgueillir de l’ influence que cette langue exerce sur les autres langues, mais estimer par ailleurs qu’ elle ne peut s’ abaisser à subir la leur, c’ est faire preuve d’ arrogance et étalage de sa supériorité. »

 

Dans ‘Figaro Magazine’ du 26 juin dernier, M. Maurice Druon, secrétaire permanent de l’ Académie française, faisait parâtre un article surprenant.  Il y emprunte, de son propre aveu, la terminologie militaire pour traiter de la situation de la langue française.  Vraisemblablement, M. Druon considère la langue française comme un instrument de guerre au service de la puissance politique, économique … de la France: « Elle (la France) ne restera à la hauteur de l’ histoire que si elle continue de disposer d’ une dissuasion nucléaire planétaire suffisante, c’ est-à-dire sans cesse au point; et que si sa langue demeure une langue universelle. »  

 

« Dans un tel contexte, les conjectures et les extrapolations menacent.  Par ses prises de position, M. Druon, le théoricien, a pris le risque d’ accréditer certains arguments avancés par des analystes qui tentent de voir clair dans les motivations profondes de la pernicieuse politique française au Rwanda. Il se trouve soudainement et malgré lui en prise directe sur la réalité tragique du jour. Une théorie, fût-elle d’ Académie, peut, lorsqu’ elle tombe entre des mains irresponsables, conduire aux pires excès sur le terrain.  C’est ainsi que Mme Colette Braeckman (‘Le Soir’ du 25.6.94) se refuse à l’idée que la défense de la francophonie contre les Tutsis anglicisés en Ouganda puisse coïncider avec la protection d’un régime digne des nazis. » 

 

C.D.B., André Goosse: dites Eurolande, AL 08/01/1999

 

André Goosse, secrétaire perpétuel de l’Académie de littérature et de langue française recommande l’usage d’Eurolande et de centime.

On dit bien Irlande, Hollande, Zélande.  “Il n’y a qu’une exception: Groenland que nos amis français appellent Gro-enland”.”

 

– Avez-vous été consulté par l’Académie française?

L’Académie française ne consulte personne; elle décide.

 

 

ZIZANIE / C.D.B., Euroland ou Eurolande?, AL 08/01/1999

 

Pour le linguiste Maurice Gillet, responsable du Dictionnaire étymologique de la langue française, c’est le mot même qu’il faut bannir, avec ou sans e. “Euroland n’est pas absurde, mais c’est un anglicisme ou un germanisme.  Quant à son emploi avec un ‘e’, c’est doublement absurde, d’abord parce qu’on devrait dire lande euro, mais surtout parce que le mot français lande a divergé depuis très longs de son équivalent anglais ou allemand pour prendre un tout autre sens.”

 

 

 

2.9 Une langue restée étrangère

 

 

Pirlot G., Espéranto: langue … naturelle!, in: L’ARA qui r’lie, 21, Mai 1989, A.R. Andenne, p.37-38

 

(p.38) « Peut-on qualifier de ‘naturelle’ la langue maternelle qui donne tant de soucis à nos potaches?  Combien d’entre eux n’éprouvent-ils pas de grandes difficultés à s’exprimer naturellement dans leur propre langue truffée de règles, d’exceptions, de chausse-trappes en tout genre?  S’ils pouvaient suivre leur élan naturel, nul doute qu’ils auraient tôt fait de simplifier la langue et de la rendre plus régulière, plus logique, moins artificielle! »

 

Jeangette Dominique (prof. de français au Collège Saint-François-Xavier (Verviers), Le français en quête de sens, LB 26/02/2004

 

La langue maternelle s’apparentant de plus à plus à une langue étrangère pour les élèves, (…).

(…) Manque de culture générale, lacunes en orthographe, en vocabulaire, expresion écrite médiocre, ce sont là les symptômes d’un mal plus profond : la langue maternelle (sic) leur devient une langue étrangère.

 

 

 

 

3 Conséquences

 

 

3.1 Dyslexie

 

 

Gauthy Pierre, Les dyslexies, LB, 30/01/1981

 

“Il y aurait plus de dyslexies en région francophone que flamande, dues sans doute aux difficultés inhérentes à l’ orthographe française.”

 

 

 

3.2 Gros problèmes en lecture

 

 

FRANCE 3 – 20.50, Des racines et des ailes, VA 07/04/1999

 

Entre 10 et 20 % des Français … pourtant passés par l’école, sont incapables de lire et comprendre un texte simple.

 

Lamensch Michelle, « Ils lisent comme ils zappent », LS 20/04/2002

 

Joan Marblie (prof. français à Bruxelles – Athénée des Pagodes) : « Des auteurs comme Racine ou Corneille, que j’abordais il y a 20 ans, sans avoir l’impression que c’était infaisable, représentent actuellement, pour mes élèves, un exercice périlleux, terrible ! Ils ne savent pas lire Racine tout seuls. Je dois le lire avec eux, leur expliquer le contexte, etc., tellement le texte leur semble difficile. « Le Rouge et le Noir » ? C’est la première fois que plus de la moitié de ma classe ne l’a même pas lu. Parce qu’ils n’y arrivent pas, c’est trop compliqué…

 

Baus Monique, Le cours de français, facile et dévalorisé, LB 09/06/2007

 

» Les profs de français dénoncent la tombée en désuétude de leur cours. » Les Facultés de Namur viennent de les sonder sur les grands enjeux de leur matière.

Selon eux, le français est devenu, en secondaire, un cours facile et dévalorisé.

Une grande enquête vient de sonder les profes­seurs de français du se­condaire en Commu­nauté française. Intéressant, à l’heure où l’intensification des matières de base figure parmi les priorités de campagne de la plu­part des partis. Avec, en ar­rière-plan, le verdict-couperet de l’enquête Pisa: les performances dans leur propre langue des élè­ves des écoles francophones de Belgique sont déplorables. Ici, on est dans le vécu des enseignants. Des profs qui témoignent de la tombée en désuétude de leur ma­tière.

Les Facultés universitaires de Namur (FUNDP) ont sélectionné une septantaine d’écoles afin de mener leur consultation. Plu­sieurs critères essentiels ont été respectés, dont le juste équilibre entre établissements d’enseigne­ment général, technique, profes­sionnel et à discrimination posi­tive, et une répartition géographi­que des écoles par province. Bref, près de 1100 professeurs ont été consultés. Dont près de 400 ont répondu au questionnaire.

 

Les acquis en lecture et en écriture sont clairement insuffisants. Les enfants a

ter, en prélude, que les profes­seurs sont majoritairement satis­faits de leur profession. Le pre­mier motif qui pourrait les con­duire à changer de métier est, pour les femmes, la lassitude gé­nérale (20 pc) et, pour les hom­mes, l’opposition à la hiérarchie (17pc).

 

Quatre compétences

 

(…) les professeurs du 3e degré sont encore respective­ment 73 pc à juger le niveau d’ac­quisition de l’écriture « peu » ou « non acquis » et 62 pc pour la lec­ture. « Cela montre qu’en six ans d’études, on constate peu d’amélio­rations sensibles. »

 

 

 

3.3 Perte de temps importante à l’école et mauvais résultats

 

 

Henry Landroit, L’ orthographe existe.  A qui la faute?, Le ligueur, 22, 1986

 

La règle de l’accord du participe passé est rarement intégrée avant onze-douze ans.

 

Gauthy P., Coman fo-t-il écrir?, LB 07/01/1994

 

“On passe un tiers du temps scolaire à leur bourrer le crâne de ce fatras d’ illogismes considéré comme notre patrimoine culturel, au détriment des connaissances utiles!”

“Que l’orthographe de notre langue soit bizarre, personne ne le contestera.”  ‘On rencontre plus souvent des mots dont on ne prononce pas une seule lettre, comme oiseau (wazo) que des mots qui s’ écrivent comme ils se prononcent.”

“C’est la fantaisie qui précède à l’ usage des consonnes redoublées.”

 

Gratus Adrien, L’intelligence d’un pays, en trois chiffres, LB 05/08/2002

 

Dans les écoles francophones, un facteur dont on ne parle jamais, c’est qu’il faut savoir que plus de la moitié du temps passé durant toute la durée des études à étudier le français, est passé à étudier des règles d’orthographe imbéciles et qui ne servent strictement à rien. (..) Mais peu d’intellectuels francophones sont capables d’avoir le recul nécessaire pour faire cette analyse.

 

 

 

Bouillon Pierre, Pourquoi est-on si nul en français ?, LS 20/04/2002

 

Les députés du parlement de la Communauté française (sic) ont débattu du degré de « maîtrise de la langue française » de nos élèves – on les sait globalement médiocres, (…).

 

Klein Dorothée, Le français, un pont aux ânes, Le Vif, 29/05/1998, p.36-37

Enquêtes à l’ULG et à l’UCL.

 

(p.36) “De 60 à 70 % des étudiants en 1re candidature, toutes spécialités confondues, ignorent la signification du mot ‘corollaire’, qui apparaît pourtant fréquemment dans les syllabus.  Plus de 80 % d’entre eux sont également incapables de donner un synonyme de ‘stigmatiser’ ou de ‘dichotomie’.  La plupart confondent ‘effraction’ et ‘infraction’ ou ‘induire’ et ‘déduire’ …”

“… les candidats universitaires ont grosso modo le même degré d’acquisition de leur (sic) langue, quelle que soit l’orientation choisie.  Pour des raisons évidentes, les romanistes réussissent toutefois l’exercice / en analyse logique et en grammaire, en compréhension/ mieux que les autres, avec une mmoyenne de 63 %.”

“…le résultat moyen ne dépassait … 40 % en vocabulaire!”

“C’est un lieu commun de dire que les étudiants ne connaissent pas leur (sic) langue maternelle, observe Solange Mélon, chercheuse au département de français de l’Insitut supérieur des langues vivantes (ISLV) de l’Ulg.”

 

Mouton Olivier, Que faire pour éviter la catastrophe en sciences?, LB 08/04/1998

 

“Les petits francophones n’ont vu, à ce moment /en deuxième secondaire/, que 39 pc des matières sur lesquelles ont interroge contre 74 pc ailleurs”, vu l’analyse internationale des programmes officiels pour les matières scientifiques.

 

Caron Cédric, Les étudiants de 1re candi n’ont pas le niveau requis, VA 14/12/2006

Une recherche menée aux facultés de Namur montre un déficit de connaissances par rapport aux attentes des profs

 

 « On constate que les étudiants dé­gagent bien l’idée principale d’un texte. Mais c’est moins bon en ce qui concerne la rigueur. On attend d’eux qu’ils soient précis : qu’ils utilisent les mots scientifiques à bon escient et qu’ils les orthographient correcte­ment», explique Michèle Monballin, collaboratrice du projet.

« Ils manquent parfois d’un savoir- ‘ faire de base, comme résoudre une équation du second degré. Des concepts comme « rural » ou « foncier », indispensables en histoire, ne sont pas connus», poursuit-elle.

(…)

Une autre.collaboratrice reprend:’ «Les professeurs pensent partir de zéro, mais en fait leur enseignement se base sur un savoir. Et les étu­diants ne le possèdent pas toujours. Pour suivre un cours de biologie, il faut connaître le sens de mots comme « tissu » ou « organisme ». Un niveau de langage soutenu comme « il n’est pas de mise » n’est pas tou­jours saisi. »                                   

Ayant pris connaissance du pro­blème, les professeurs ont adhéré à la démarche : « 7/s ne sont pas retirés dans leur tour d’ivoire. Ils prennent du temps pour expliquer ce qu’ils sa­vent inconnu, maintenant qu’ils connaissent la situation. Certains ont d’ailleurs ajouté un glossaire à la fin de leur syllabus, se réjouit Marc Romainville, directeur du projet. « Ce qui est inquiétant, c’est le hia­tus qu’il y a entre les connaissances que l’on attend des étudiants et leurs connaissances réelles », explique-t-il. Et de préconiser qu’« il faudrait plus de dialogue entre le supérieur et le se­condaire.

Une cause d’échec à l’université est que tous les nouveaux étudiante n’y sont pas égaux. Le diplôme de se­condaires n’a pas la même valeur d’une école à l’autre. Nous n’avons pas de bac, comme en France, qui per­met de s’assurer que tout le monde a bien acquis le même niveau. Nous maintenons d’ailleurs les passeports. Ceux-ci font office de choc pour les étudiants. Ils se rendent comptent de la situation. »

 

 

 

3.4 Une orthographe lamentable

 

3.4.1 Fautes chez les écrivains

 

 

Hella André, Les fautes que commettent les bons écrivains, VA s.d.

 

Si nous relevons des incorrections commises par de bons écrivains, c’est pour y rendre attentifs les lecteurs, qui ne manqueront sans doute pas de faire des rapprochements avec

eux-mêmes.

Ce sont les fautes de conjugaison qui nous frappent le plus. Le passé simple est évidemment le temps le plus estropié. On trouve chez Huysmans (A rebours) :  » D’un commun accord ils requérirent (pour requirent) la séparation de corps ‘. Chez Saint-Exupéry (Courrier Sud) :  » Les lampes à arc, toutes à la fois, luirent  » (pour luisirent).

D’aucuns découvrent un passé simple à des verbes qui n’en ont point, ainsi « extrayai « , « absolvai  » « dissolvèrent ,’, « distrayèrent « , etc.

Il n’est pas tellement rare de tomber, même dans d’excellents journaux, sur des barbarismes aussI flagrants que :  » Ils déduirent » (pour déduIsIrent),  » elles équivalèrent » (pour équIvalurent),  » ils vivèrent » (pour vécurent) et  » il recouvrit (pour recouvra) la santé « .

Le passé simple n’est pas seul à faire les frais de ces distractions ou de cette Ignorance. VoicI en vrac d’autres incorrections. « se départissait », pour départait, chez Giraudoux, Martin du Gard, Jacques Perret et Vialar.

« Excluât « , pour exclût, chez Giraudoux (Les aventures de Jérôme Bardini). « Leurs nez bleuâtres saillissaient (pour saIllaIent) entre leurs joues creuses », chez Flaubert (Sa1ammbô). D’ autres auteurs, pourtant de qualité eux aussi, paraissent ne pas savoir que  » saillissait » signifie jaillissait et que  » saillait » a le sens de ressortaIt. s’avançait en dehors . ainsi, on peut lire chez La Varende « La pomme d’Adam saillissante » (pour saillante).  » Elle giserait à jamais dans cette caisse hermétique  » (Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien) : gésir n’a pas de conditionnel, et s’il en avait un, ce serait « gésirait » ou « gîrait ».

 » Vêtissaient  » d’orages, pour vêtalent. chez Lamartine (La Chute d’un ange). « Cela me stupéfait  »  (pour stupéfie) chez Flaubert (Correspondance).

« Poigner  » pour poindre chez Alphonse Daudet et  » poigna  » pour poignit chez Huysmans. Ce verbe poindre, au sens de piquer, n’est plus guère usité d’ailleurs que dans le proverbe : .« Oigner vilain, il vous poindra; poignez vilain, il vous oindra ». Au sens de commencer à paraître, il est plus couramment employé; mais ses formes verbales se limitent à l’infinitif et au futur.

« Je partirai dès que le jour poindra » .

« On entendait des voix bruisser » (pour bruIre) chez Giono et « Le papier bruissa » chez Gide,

alors que ce verbe n’ a pas de passé simple. .. Il arrive aussi que des écrivains confondent le passé antérieur de l’indicatif et le plus-que-parfait du subjonctif. Ainsi , « S’il avait eu du laudanum, je n’y eus pas (pour je n’y eusse pas) coupé d’un baiser. (Giraudoux) « Je n’eus point (pour n’eusse point) réussi ». (Francis Carco) !

Mais la conjugaison n’est pas la seule pierre d’ achoppement. Des règles d’accord semblent méconnues parfois, surtout celles du participe passé .  » L’insensible distance qu’avait mis (pour mise) entre eux la fin de leur précédent entretien » (Roger Martin du Gard) ;

« Une doctrine nous est léguée …

C’ est celle que nous ont transmis (pour transmise) nos maîtres » (Gide).

Les temps surcomposés sont lourds du fait qu’ils ont deux participes ; ils sont toutefois indispensables dans certaines subordonnées pour exprimer l’antériorité par rapport à une principale dont le verbe est déjà à un temps composé. C’est le cas dans les phrases suivantes . « Quand il a eu terminé sa tournée d’agences, il a tâché de mettre au point son organisation à

lui  » (Jules Romains) ; « Quand il a eu fini, il s’est adressé à moi en m’ appelant son ami  » (Camus). Par contre, les temps surcomposés ne se justifient en aucune manière

dans ces extraits . « Je ne devais la revoir qu’après mon amputation, quand on m’a eu coupé (pour quête » (Kessel) quand on m’a coupé) la main droite » (Blaise Cendrars) : « La cousine

Richard qui, à minuit, bien vivante et revenant de Paris, avait été morte (pour étaIt morte) à huit heures  » (Marie Noël). Ces formes sont à éviter quand il s’ agit de verbes conjugués avec être.

La règle moderne veut que le participé détaché en tête de phrase se rapporte au sujet du

verbe personnel qu’il précède. Tous les écrivains sont assez loin de la respecter en toute occasion : « Sitôt sortis de Sousse et de l’abri de ses collines, le vent commença de souffler » (Gide) ; « Arrivé dans une ville nouvelle, une femme découverte le matin dormait le soir dans ses meubles » 

(Montherlant) ; « Lui ayant ramassé son sac, elle remercia d’une voix aimable  » (Marcel Aymé). Il faut avouer que. surtout pour la dernière phrase. une grande attention est nécessaire pour que l’équivoque soit évitée.

Les modes sont assez souvent employés à contre-temps. Avant que régit le subjonctif et après que l’indicatif. Il arrive que s’ observe l’inverse… Exemples : « Avant que les deux enfants eurent (pour eussent) présenté le feu et le tambourin pour la « Il fallut plusieurs jours et plusieurs nuits avant que nous pûmes (pour pussions) distinguer  » (Maurice Toesca). En ce qui concerne après que, nous savons que l’usage est en train de changer. Nous regrettons d’autant plus que c’est une transformation syntaxique que rien ne justifie.

Ce qui nous surprend plus encore, c’est de constater que le subjonctif n’est pas toujours présent après les verbes de crainte et de sentiment. Ainsi : « Car elle ne vint pas, comme si elle craignait que nous fûmes (pour fussions) gênés l’un par l’autre  » (René Benjamin) ; « En s’étonnant que son sang avait pu (pour eût pu) brûler dans ses veines » (Marcel Aymé) ; crainte que le policier pourrait (pour puisse) le trouver en bas l’assombrit  » (Francis Carco).

Quant la conjonction que remplace une autre, elle régit ordinairement le même mode, sauf ce qui concerne le si conditionnel. Cette règle n’est pas toujours observée . « Dès que la lumière redevint normale et que de nouvelles bouteilles eussent été (pour eurent été) apportées » (Maurice Druon) ; « Alors. disait Adrien, si quelque part un enfant est malade et qu’il faut (pour qu’il faille) un médecin » (Aragon). Ce sont des incorrections flagrantes.

 

Hella André, Des fautes chez les grands écrivains, VA 11/02/1974

 

Les plus grands noms de la littérature ne sont pas à l’abri des fautes contre la grammaire et même contre l’orthographe.

Le plus souvent, ce sont les conjugaisons de verbes irréguliers, particulièrement celles de vêtir, départir, luire, poindre et saillir.

(Delille, « Paradis perdu ») « De leurs molles toisons, les brbis se vêtissent » ; « Les sauvages vivaient et se vêtissaient du produit de leurs chasses » (Chateaubriand – Mémoires d’Outretombe), « Voilà la place vide où ma mère à toute heure, vêtissait l’indigence ou nourrissait la faim. » (Lamartine – Milly).

Asseoir : « Il faut que je m’asseois » (Jules Romains – Lucienne).

Roger Martin du gard (Les Thibault) : « Cette assurance satisfaite dont il ne se départissait jamais. »

Poindre : plus connu à des temps conjugués. On dit : Je poignais, je poignis, poignant, mais qui se sert de poindre et même de son participe passé point. Il n’est pas étonnant dès lors qu’on lise ou, surtout, entende un monstre grammatical tel que « poigner ., méme sous la plume d’écrivains renommés .  » Une effroyable terreur poigna Des Esseintes  (J.-K Huysmans –  » A Rebours ») :  Les poitr’ines ne respiraient plUs. poignees d’angoisse  » (Estaunié – Un Simple ») Ce pataquès, nous l’avons retrouvé maintes fois chez Alphonse Daudet. Précisons que cet étrange infinitif, que très peu de francophones connaissent signifie littéralement piquer et. par contamination, blesser. faire mal, qui est son acceptation la plus courante. Autre sens encore, et tout différent : pointer, apparaître. Ainsi dans « Nous avons vu poindre les premiers rayons du soleil « 

Saillir a des conjugaisons qui varient selon ses deux significatiins. La première est jaillir. la

seconde. être en saillie. Dans le premier cas, i1 se conjugue comme finir, dans le second conme sortir.

La confusion est fréquente, même chez un ecriv’ain de haut rang comme Flaubert. qui était, de plus un travailleur méticuleux :  « Leurs nez bleuâtres saillissaient entre leurs joues creuses. fendillées par des rides profondes . (Salamimbo).(sic)

Des barbarismes très divers se rencontrent chez d’autres grands noms François Mauriac ecrit . l’allée gravée . pour gravelée, dans Le Mystère Frontenac. Alphonse Daudet qui, décidemnent, paraît une cible idéale pour le crayon rouge du pion, a conmmis des négligences aussi lourdes que  « Dans ce frénetisme de vivats » pour frénésie (dans L’Immortel) et « Elle tombe à genou sur un prie-Dieu. et s’y prostre « . pour. s’y prosterne dans L’Immortel également).

Des erreurs de conjugalnon telles que « il résoud » (pour résout) ou « résolva » (pour résolut)  sont moins rares qu’on ne pense, de même un très mauvais emploi des majuscules et des tirets.

A l’heure actuelle, les maisons d’éditions possèdent leurs lecteurs.

Qui sont généralement eux-mêmes des écrivains de qualité, ainsi que leurs correcteurs, qui sont des grammairiens vétilleux.

 

Hella André, Des incorrections chez de bons écrivains, VA 30/12/1987

 

De bons et même de grands écrivains commettent des incorrections. Si elles me paraissent intéressantes à relever, c’est parce qu’elles sont autant de pièges grammaticaux dans lequels plus d’un risque de tomber.

 

Conjugaisons

 

Les fautes de conjugaison ne sont pas tellement rares. Les formes du passé simple semblent les plus méconnues. J.-K. Huysmans écrit :  » D’un commun accord ils requérirent (pour requirent) la séparation de corps. Et Saint-Exupéry .  » Les lampes à arc luirent (pour luisirent). Ce malencontreux  » luirent » se rencontre aussi chez Aragon et La Varende. On trouve chez Mauriac « Elle ne recouvrit (pour recouvra) ses sens que sur la première marche « . De même  » dissolvèrent  » chez Jacques Perret.  » extrayâmes  » chez Jean Duché,  » distraya  » chez Daniel

Halévy et  » bruissa  » chez Léon Daudet et André Gide, alors que les verbes dissoudre,

extraire, distraire et bruire n’ont pas de passé défini.

Sous l’influence de l’adjectif stupéfait, stupéfier est parfois supplanté par  » stupéfaire », même chez Flaubert :  » Cela m’a stupéfait « .

D’ excellents auteurs tels que Châteaubriand, Alphonse Daudet et Jules Renard ont paru ignorer que l’infinitif de poignant était poindre, au sens de piquer, et non  » poigner « , qui est à rejeter.

Ce qui étonne, c’est la confusi’on assez fréquente entre le passé antérieur de l’indicatif et le plus-que-parfait du subjonctif, dans le cas où celui-ci est considéré comme seconde forme du conditionnel passé :  » S’il avait eu du landanum, je n’y eus (pour eusse) pas coupé d’un baiser  » (Giraudoux). Mais comment échanger ma nature contre celle que je lui voyais ! Je n’eus (pour eusse) point réussi (F. Carco).

Il n’est pas moins surprenant de voir des noms illustres de la littérature appliquer à des verbes irréguliers la construction interrogative réservée aux verbes en er. à la seule première personne du singulier de l’indicatif présent :  » Que voulé-je d’elle ?  » (Giraudoux) –  » Cousé-jé ? « 

(Colette). Qu’est-ce que je veux d’elle ? et Est-ce que je couds ? ont sans doute été jugés trop lourds et trop maladroits. C’était pourtant la seule façon correcte de s’ exprimer. En dehors de quelques verbes monosyllabiques souvent employés tels que ai-je, puis-je, vais-je, etc, il s’impose en effet pour des raisons d’euphonie, d’éviter la forme interrogative inversées à la première personne du singulier de l’indicatif. Il est même conseillé d’ étendre cet interdit aux

verbes en -er, car si régulières que soient les formes pensé-je, aimé-je, etc, elles prêtent à confusion. du moins pour l’oreille, avec d’autres temps.

Parmi , autres  » monstres » morphologiques, je retiendria encore .  » excluât  » (pour exclût) chez Giraudoux,  » vêtissaient  » (pour vêtaient) chez Lamartine,  » se dissoude  » (pour se dissolve) chez Victor Hugo,  » se départissait » (pour se départait) chez Cocteau et Roger Martin du Gard,  » eusse été d’accord  » (pour eût été) chez Roger Vailland,  » la pomme d’Adam saillissante  » (pour saillante, le sens du verbe étant ici « être en saillie » et non  » jaillir « ) chez La Varende.

 

Syntaxe

 

Parmi les règles qui concernent la syntaxe d’accord, ce sont évidemment celles du participe passé qui sont les plus bousculées. Chez d’excellents écrivains s’observe même la tendance à rendre le participe invariable dans les propositions relatives quand le sujet y est inversé .  » L’insensible .distance qu’avait mis entre eux la fin de- leur précédent entretien (R. Martin du Gard) – « Une doctrine nous est léguée… C’est celle que nous ont transmis nos maitres  » (Gide) – « Quels malheurs n’ avaient pas causé les femmes ce jour-là !  » (Giraudoux).

Le subjonctif est loin d’être employé dans tous les cas où il est de rigueur. Cela se remarque tout particulièrement :

– Dans les concessives, même si elles énoncent un fait présent ou passé :  » Le verre n’est pas de mon art, bien que j’y entends quelque chose  » (Claudel) –

 » Aussi . il ne nous a jamais donné le prix, quoiqu’il n’y a que nous qui sachions danser  » (Proust).

– Après les verbes, noms et adjectifs de crainte ou, plus généralement, de sens affectif . « La crainte que le policier pourrait Se trouver en bas l’assombrit  » (F. Carco) –  » En s’étonnant que son sang avait pu brûler dans ses veines  » (Marcel Aymé).

Les pronoms relatifs sont assez fréquemment source d’incorrection, surtout dont .  » Un ami

dont on se console de la mort  » (Mauriac) pour .  » Un ami de la mort duquel on se console  » –  » Je flaire une comédie dont je ne suis pas dans le secret  » (Montherlant) pour  » Je flaire une comédie dans le secret de laquelle je ne suis pas « . Il arrive qu’un mauvais emploi de

dont engendre un véritable charabia, comme dans cette phrase de Pierre Benoit :

 » Il y a quelque chose dont je vous serai reconnaissante de tout de suite me dire, commença Mme Périadès « .

Certains écrivains, et non des moindres, n’hésitent pas à faire dépendre une surbordonnée d’une préposition comme s’il s’agissait d’un nom complément. Or, si cette construction est légitime après pour (« il a économisé cet argent pour quand il sera retraité »), elle ne l’est point après les autres prépositions :  » J’ai souvent songé à comment vous serez quand vous serez vieux  » (Montherlant).

–  » Tout de partout, des visages qui rient, avec comme s’ils avaient changé leurs nez et leurs moustaches  » (Giono).

 » Jeannot n’a rien contre qu’on chasse Maria  » (Aragon).

A la différence des autres types d’erreur, celui-ci ne me parait pas dû à l’inattention,

mais bien plutôt à une désinvolture provocante que certains écrivains aiment d’afficher à l’égard de la grammaire.

 

 

 

3.4.2 Fautes dans la presse

 

 

Dans des situations difficiles, il serait presque nécessaire d’évaluer de façon individuelle chacun d’entre eux en mesurant le degré de progrès réaliser par rapport à leur propre niveau en début d’année.

(in : LB 17/12/2002)

 

Les maisons à ossature en acier présentent l’avantage d’une capacité de construction et elles coûteraient, selon leurs promoteurs, entre 5 et 20 pc. moins chères que les maisons traditionnelles.

 

(LB 17/12/2002, p.20)

On ne fait évidemment aucun commentaire sur ce point au siège de la société. Pas plus qu’on estime que l’OPE sur BBL ait pu avoir la moindre influence sur la décision.

 

(LB 13/11/1997, p.13)

« Mais il s’en prenait à de jeunes scouts » ne sont pas conformes au jugement dont l’agence Belga était sensée donner un compte-rendu.

(LB 02/11/2002, p.5)

 

Le père et le fils auraient semble-t-il, déjà eu une altercation avec ses deux jeunes, dans l’après-midi, près de la place de Montignies-sur-Sambre.

(VA 01/10/2002, p.25)

 

Les Hurlus regrettent la mauvaise habitude qu’ils ont pris. (LB 13/11/2006)

 

Etc.

 

3.4.3 Fautes chez nos  hommes (et femmes) politiques

 

La langue française martyrisée, LB 24/01/1992

 

Il n’ y a pas que dans les journaux que la langue et l’ orthographe sont parfois soumises à rude épreuve. Même dans le saint du saint de la francophonie que devrait être le Conseil de la Communauté française, on en découvre des vertes et des pas mûres.

Ainsi le très cultivé Philippe Monfils a-t-il laissé diffuser, jeudi, une version écrite de son intervention à la tribune où nous est révélée l’ existence d’un conflit ignoré à ce jour, tant des géostratèges que des chroniqueurs sportifs : « la Guerre du Golfe « . Le même nous apprend un peu plus loin que l’ essentiel, pour l’homme politique, est « qu’on croit (sic) qu’il fera ce qu’il dit ». Quant à telle décision annoncée mardi par Bernard Anselme, elle serait rien moins qu’ « un extraordinaire avoeu (sic) d’impuissance ».

Nathalie de ‘t Serclaes, pour sa part, croit avoir compris, à travers les élections du 24 novembre, « ce que nos concitoyens voulait (sic) d’ abord et avant tout ». Et d’ ajouter que la réalité quotidienne ne peut se satisfaire de bonnes intentions car « c’est d’actions concrètes sur le terrain dont (sic) elle a besoin ».

Quelle grande fête de l’ esprit !…

 

 

 

3.4.4 Fautes dans le milieu professionnel

 

 

B.C. (Faimes), QUELLE ORTHOGRAPHE!, in : CTR 06/10/2006

 

Je suis francophone et, depuis peu, je dois m’oc­cuper du recrutement de nouveaux collaborateurs dans le cadre de mon travail de chef de district pour une chaîne de supermarchés. J’ai donc soigneuse­ment épluché les curriculum vitae qui nie parve­naient. Sur les septante premières lettres que j’ai pu voir, une cinquantaine comportaient des fautes de langage ou d’orthographe ! Je vous laisse deviner où elles ont atterri. Il me semble tout de même primordial de s’adresser à un employeur potentiel dans un français irréprochable. Il n’est déjà pas aisé de trouver un emploi, autant faire relire sa missive par une personne compétente avant de l’envoyer, si l’on est hésitant dans la rédaction de son courrier. C’est pourquoi les propos de monsieur Leterme sur l’aptitude des francophones à apprendre le néer­landais me font bien rire, quand je vois que beau­coup ont déjà du mal à maîtriser correctement le français!

 

 

 

3.4.5 Fautes dans les concours

 

 

1989

Un seul “o” faute aux championnats du monde d’orthographe, LB 04/12/1989

“252 finalistes ont planché, samedi, sur la dictée proposée par Bernard Pivot.”

 

1991

Des écoliers champions de la dictée, LB 01/06/1991

‘Ils étaient 77 de 6e primaire à participer au Championnat national francophone d’orthographe.’

“Les lauréats qui ont fait moins de 5 fautes dans la dictée sont les suivants: – avec une faute: Maud Barthélemey (école Notre-Dame de Bastogne); …”

 

1993

Pièges et finesses de la langue française, LB 13/12/1993

Un professeur du nord de la France et un habitant des Landes ont accompli un sans-faute. A l’issue de la finale, Bernard Pivot leur a remis les nouveaux trophées, les  » Dicos d’or ».

Participants : 115.665.

 

1996

Finale des Dicos d’ or: pas un seul zéro faute!, LS 17/12/1996

 

2000

Balfroid Liliane, “Frappés” a sérieusement frappé les concurrents de Jodoigne, LB 01/03/2000

APPLAUDIS: applaudi, applaudit, applaudits, applaudies, aplaudis

ENTHOUSIASMES: enthousiasthmés, enthousiashmés, enthoushiasmés, entousiasmés

COURONS: courrons

PRENONS: prennons

BIENFAITS: biens faits, biens-faits, biensfaits, bienfait

PERSEVERANCE: persévérence, pérsévérance, percéverance, percévérance, percévérence, pércevérence

SEANCE: scéance

ENDURANCE: andurance, endurence

PANTOUFLES: pantouffles

 

+ participes passés

 

2001

Dictée / Sans-faute à 11 ans, VA 07/05/2001

Samedi, Sébastien C., 11 ans, élève de l’école communale de Blanmont (Chastre, Brabant wallon) a remporté avec un sans-faute la finale de la dictée du balfroid.

… Sur 15.000 quarts de finalistes.

 

2002

Orthographe / Deux Belges primés à la dictée des Amériques, AL 08/04/2002

Un Bruxellois de 15 ans et un senior professionnel ont été proclamés « Grand Champion » de leur catégorie lors de la finale.

Les candidats se sont imposés avec 12 et 10 fautes .

 

2002

Pas de zéro faute chez Pivot !, LS 14/01/2002

« C’est à Paris, à l’Université de tous les savoirs, que les 205 finalistes des Dicos d’or 2001 nt tenté de déjouer les pièges tendus par le grand maître en la matière, Bernard Pivot. Et son équipe.

 

2002

Rinchart Johan, Samedi, le Balfroid 2002 fut clôturé, LB 29/04/2002

Très petit taux de réussite au grand jeu de la dictée.

60 des 536 participants ont fait moins de six fautes.

La finaliste gagne avec une faute.

 

2004

Balfroid Liliane, Un score globalement honorable pour une dictée équilibrée, LB 10/03/2004

Aucun sans-faute parmi les 52 meilleures dictées lors de la demi-finale du Brabant wallon du concours Balfroid.

 

2004

Concours Balfroid – Peu ont fait moins de six fautes, LB 10/05/2004

5,26 % des … 798 finalistes ont fait moins de 6 fautes à la dictée.

 

2005

Daloze, Complexes, cet enseignement, ces enseignants, ces enseignés …, LB 18/04/2005

Balfroid 2005 : 200 qualifiés de moins (636 contre 832) pour la finale.

Un zéro faute à Houffalize lors d’une demi-finale d’une jeune Albanaise 5 ans après son arrivée chez nous.

 

 

 

 

 

3.6 Retards … pour la vie

 

Stroobants Jean-Pierre, Les petits Wallons sont-ils bêtes, Le Vif, 01/08/1986

 

A l’âge de dix-sept ans, 41 % des jeunes Flamands ont le bonheur d’ac­complir des études sereines : ils n’ont pas eu à doubler de classe. Seuls 23 % des francophones connaissent cette joie.

Du côté des filles, la différence est encore plus nette : 62,5 % de Fla­mandes, contre 36,4 de francophones.

Si l’on prend les dernières statisti­ques disponibles — à savoir celles de l’année scolaire 81-82 — on s’aperçoit, qu’à dix-sept ans, le nombre d’élèves francophones masculins enregistrant un retard de deux ans est plus impor­tant que le nombre de ceux qui ont doublé une seule fois ou, pire, de ceux qui n’ont jamais doublé : ces catégories totalisent respectivement 27,8, 26,9 et 23,3 % de l’ensemble ! 14 % des gar­çons de Wallonie et Bruxelles ont même trois années de retard, ou plus (contre 3,1 en Flandre).

A ces données il n’est pas mauvais d’adjoindre celles qui concernent l’é­cole primaire : ne dit-on pas que les premières années d’école sont décisives pour un enfant ? On constatera donc avec effroi (et une triste constance) qu’à l’âge de onze ans, plus de 23 % des petits francophones ont une année de retard et que 8,7 % ont déjà dû dou­bler deux fois (21 et 7.1 % pour les filles).

 

Le Pr. André Bouckaert (UCL) affirme que l’apprentissage de la langue française, de son orthographe illogique et sa grammaire compliquée, serait plus difficile que celui du néerlandais.

 

Un francophone sur dix est illettré, LS 27/09/2001

Illettrisme : la situation de personnes qui ont oublié ou maîtrisent mal leur apprentissage initial de l’écriture et de la lecture.

En Communauté française (sic), il y a environ 400.000 analphabètes (totaux ou partiels), soit 10 % de la population censée lire et écrire.

Il y a en Wallonie près de 230.000 personnes illettrées (soit environ 10 % de la population adulte).

 

 

4 Absurdités et pauvreté du français ou la vérité en marche

 

Absurdités du français

ou

la vérité en marche

 

 

 

 

0 Introduction

 

Contrairement à ce qu’une propagande bien orchestrée nous a toujours inculqué et inculque encore par le truchement de l’enseignement et des médias, le français n’est pas aussi riche qu’on le croit généralement.  A présent, il est même démontrable que cette langue est plus pauvre que toutes ses voisines, romanes et germaniques.* Encore actuellement, par sa pauvreté, ses absurdités grammaticales et orthographiques innombrables, elle est l’opium de communautés linguistiques opprimées, victimes d’un racisme francophone tout à fait injustifié.

 

Voici un échantillon parmi des milliers d’exemples trouvés. Que justice soit rendue à ceux à qui on a fait croire qu’ils seraient idiots s’ils ne parlaient pas (uniquement le) français…

 

* En matière de vocabulaire, on estime le nombre de lexèmes

en français (Encyclopédie Larousse)et en italien à +- 125.000 mots

en anglais (Oxford Dictionary) et en espagnol : +- 180.000 mots

en allemand (Sachs-Villatte) et en néerlandais (Van Dale) : +- 215.000 mots.

* Voir André Martinet, Le français sans fard, 1974, pp.11-19

 

 

 

1 Orthographe

 

« Plus on y réfléchit, moins on la comprend. »

(Gaston Paris, in : Que sais-je ?, L’orthographe, 685, p.53)

 

L’idéal serait qu’à chaque son corresponde une seule graphie. C’est très loin d’être le cas en français.

 

1.1 Relation graphie – phonétique

 

1.1.1 un son : plusieurs graphies

 

1.1.1.1 Il existe 46 façons d’écrire le son /õ/ et plus encore pour le son /ã/.

 

« Mon regretté maître Antoine Grégoire avait dénombré, par exemple, quarante-six façons de transcrire en français le simple son /õ/ . Et il n’y a rien d’exceptionnel dans notre système, vous pouvez trouver plus de façons encore pour écrire le son /ã/, que vous entendez deux fois dans le mot ‘enfant’. »

(Albert Doppagne, Trois aspects du français contemporain, p.10)

 

ex.

– eau /o/, alors que la lettre représentant normalement ce son, la lettre ‘o’ n’y figure pas, mais bien les autres voyelles.

– même prononciation pour ‘o’ dans ‘rose’, que pour ‘aulx’ (pluriel de ‘ail’)

 

– Posez la question à vos connaissances :

« Comment écrivez-vous le son /w/ comme dans le mot ‘wallon’ ? Réponse logique : « w ».

« Et le son /a/ comme dans ‘aller’ ? » Réponse : « a ».

« Et le son /z/ comme dans ‘zèbre’ ? » Réponse : « z ».

« Et le son /o/ comme dans ‘oser’ ? » Réponse : « o ».

Ce qui ferait ‘wazo’ ; or le français écrit ‘oiseau’, dont aucune lettre ne se prononce avec sa valeur réelle.

 

– Posez la question : « Quels sont les sons que ‘e’ peut représenter ? »

Personne ne dira « /a/ » ; pourtant c’est le cas dans ‘femme’, ‘évidemment’, ‘solennel’, …

 

– Remarquez l’absurdité : « Tu veilles sur les groseilles, puisque tu dois veiller sur le groseillier. »

 

 

1.1.1.2 Il y a 26 graphies pour le son /ε/ (mes), 23 de /ẽ/  (pain), etc.

(in : L’orthographe, Collection ‘Que sais-je ?’, 685, p.39)

 

1.1.1.3 Il y a 12 graphies pour /sẽ/ : ceins, ceint, ceints, cinq, sain, sains, saint, saints, sein, seins, seing, seings.

(in : A. Doppagne, Trois aspects du français contemporain, p.66)

 

1.1.1.4 Sept graphies pour /s/ :

<c> ce ; <ç> maçon ; <s> se ; <sc> science ; <ss> assez ; <t> action ; <x> dix

 

1.1.1.5 Pas de différence de prononciation entre consonnes simples et doubles :

  1. : agrandir – aggraver ; aliter – allonger ; chariot – charrette ; idiote – sotte 

 

1.1.1.6 Même prononciation pour :

– Caen, camp, camps, khan, khans, quand, quant, qu’en (= 8)

– tan, tans, tant, taon, taons, temps, t’en (= 7)

– cent, sans, s’en, sens, sent

– ces, c’est, ses, s’est

– chante, chantes, chantent

– geai, jais

 

1.1.1.7 Faiblesses du système :

froc > défroquer ; mastic > mastiquer

George <> gorge ; gager <> garder

 

 

1.1.2 une graphie, plusieurs sons

 

1.1.2.1 <eu>

seul    /∂/

peu    /ø/

gageure /y :/

heure /∂:/

 

1.1.2.2 <x>

axe /ks/

exact /gz/

dix /s/

dixième /z/

excellent, exciter /k/

deux  /-/

 

1.1.2.3 <c>

ac : tabac, estomac /-/  — hamac, bac /k/

oc: escroc, broc /-/  — troc /k/

ouc: caoutchouc /-/  —  bouc /k/

 

<ch>

archéologie, archangel /k/  —  archevêque, archétype, bronchite /∫/

 

<ct>

aspect /-/  —  abject /kt/          

succinctement /-/ — distinctement /kt/

exact /-/ > exactement /kt/

 

1.1.2.4 <d>

pied /-/  — sud /d/

 

1.1.2.5 <e>

femme /a/ — gemme /ε/

 

1.1.2.6 <en>

pendre, stentor /ã/  — appendice, mentor /ẽ/

 

NB Pourquoi dit-on « un examen /ẽ/ de l’abdomen /εn/ » et non « un examen /εn/ de l’abdomen /ẽ/ » ?

 

1.1.2.7 er

premier /je/ — fier /jε:/

 

1.1.2.8 f

clef /-/ — chef /ε/

 

1.1.2.9 gn

gnôle  — gnôme /gn/

ignorer – agnostique /gn/

 

1.1.2.10 gui

aiguille /gчi/ — aiguière /gj/

linguiste /gчi/  — droguiste /g/

inguinal /gчi/ — sanguinaire /g/

 

1.1.2.11 guons

larguons /g/ — nous arguons /gy-/

 

1.1.2.12 il

fournil, fusil /-/ — avril, fenil /il/

1.1.2.13 ille

myrtille /l/  ou /ij/ — Bastille /ij/

tranquille /il/  – grille /ij/

 

1.1.2.14 iller

briller /ij/ — osciller /l/

 

1.1.2.15 imm

immangeable /ẽm/ — immoral /imm/

 

1.1.2.16 um

parfum — ultimatum 

 

1.1.2.17 mn

damner, automne /n/ — amnésique, insomnie, indemniser /mn/

 

1.1.2.18 oi

oignon, encoignure, Jodoigne  /É/ — moignon, toile, poids /wa/

 

1.1.2.19 p

ap: drap /-/ —  cap /p/

oup: coup /-/ — croup /p/

 

1.1.2.20 qua

reliquat /k/ — adéquat /kw/

quarante /k/ — quadragénaire /kw/

quadrille /k/ — quadrature /kw/

 

1.1.2.21 qui

aquilin /k/ — aquifère /kчi/

équilibre /k/ — équidistant /kчi/

équivalent /k/ — équilatéral  /kчi/

antiquité /k/ — ubiquité /kчi/

 

1.1.2.22 s

as: coutelas /a/ — as /as/

os: dos — os

rs: je pars — mars

us: détritus — hiatus

 

1.1.2.23 t

at:  état — fat /(t)/

et:  jardinet — net

 

1.1.2.24 tien

chrétien /t/ — aoûtien /sj/

 

1.1.2.25 z

raz /ra/ — gaz

 

1.1.2.26 x

flux, reflux — anthrax, index

 

1.1.2.27 Varia

1) chercher /∫εr∫e/

 

2) sens 

/sãs/ dans sens (nom)

/sã/ dans je sens

/sẽs/ dans Brassens

 

3) summum: se prononce: /sÉmÉm/

 

4) je fais — nous faisons

 

5) rhume — rhum

 

6) une règle dit : ‘s’ entre deux voyelles se prononce /z/: mais resurgir – résurgence; susurrer

 

7) une règle dit: ‘n’ devant ‘b, m, p,’ devient ‘m’ 

mais bonbon, bonbonne, bonbonnière, embonpoint, néanmoins, perlinpinpin, tinmes, vinmes, mainmise, mainmorte, …

 

8) compact /kt/ alors qu’il a comme dérivé compacité

exact /a/ alors qu’il a comme dérivé exactitude

 

9) aspect /ε/ et respect /ε/ font la liaison avec la voyelle qui suit en négligeant le ‘t’

  1. aspect imposant /k/

respect humain /k/

 

De là des absurdités comme:

Nous notions ces nations.

Le pétrole s’étoile.

L’inertie est amortie.

Seul un initié comprend notre amitié.

Il y en a plus et ils sont plus grands.

Il but, c’était son but.

Il convient qu’ils nous convient.

Il a traversé deux lacs pour mettre ses lacs.

Marc a bu du marc.

Ce n’est pas un porc, c’est un porc-épic.

Nous te portions nos portions.

Je sens par tous mes sens que Brassens est à Sens.

Le résident et sa famille résident dans cette villa.

Donne-moi ton os de poulet, tu auras deux os de canard.

 

On peut jouer au jeu suivant, une variation de graphie ne correspond pas nécessairement à une de prononciation et vice-versa:

les > très (même prononciation, graphie différente) > lèse (même graphie, prononciation différente) > maître (même prononc., …) > mais > mets >  met > et > été > avez > chanter > terrible > éther > terre > ver > vert > verte …

 

Judiciaire  (avec ‘c’ = /s/) s’écrit différemment mais se prononce comme pénitenciaire (avec ‘t’ = /s/) qui vient de pénitence, qui s’écrit comme mais se prononce différemment de bestiaire.

 

1.1.3  Prononciation non fixée

referendum /ã, ẽ ou ε/

au-dessus: /odsy, od¶sy, odεsy /

août /u, ut, au, aut/

 

 

1.2 Système orthographique maladroit

 

1.2.1 Certaines lettres changent de prononciation d’après leur entourage phonétique

  1. c :

1 /s/ : ce, ci

2 /k/: car, comme

 

g:

1 /g/: gaz, guerre

2  le ‘j’ de Jean :  Georges

 

Conséquences

– Quand l’Académie française décide de remplacer bull-carrier par vraquier, elle doit écrire ce dérivé de vrac avec ‘qu’.

– turc > turque, grec > grecque

– léguer > légataire

– long > longue

 

1.2.2 Certains sons s’écrivent différemment d’après leur provenance étymologique.

  1. ‘f’: fameux, faux; ‘ph’ pharmacie, photo mais fantastique, fantasme (ou phantasme), pourtant du grec φ-

 

1.2.3 Le trait d’union

Pourquoi y a-t-il un trait d’union à:

 

Pourquoi n’y a-t-il pas de trait d’union à:

 

à-coup

acompte

aéro-club

aéronaval

au-dehors

en dehors

contre-manifester

contrecarrer

contre-proposition

contretemps

état-major

état civil

faux-fuyant

faux col

grand-mère

grand’ route

passe-montagne

passepoil

porte-drapeau

portefaix

porte-monnaie

portefeuille

sans-coeur

sans argent

sur-le-champ

sur le fait

tourne-disque

tournebroche

trente-cinq

cent cinq

ultra-son

ultraviolet

 

Pourquoi …

entrebaîller

s’entraider

s’entr’égorger

s’entr’aimer

entre-choquer

 

a-t-il, vas-y ?

 

1.2.4 Le tréma

Il se met sur les voyelles ‘e, i, u’ pour indiquer que la voyelle qui précède doit être prononcée.

  1. aiguë, ambiguïté, ciguë

NB L’accent circonflexe joue le rôle d’un tréma dans ‘piqûre’ !

 

1.2.5 Le changement d’orthographe amène un changement de prononciation sans que les nouvelles lettres soient prononcées.

  1. un oeuf /¶f/ > des oeufs /ø/

un boeuf /¶/ > des boeufs /ø/

! Il y a même un changement de prononciation sans changement d’orthographe:

un os > des os ; Jésus-Christ – le Christ

 

1.2.6 Orthographe non fixée

2 possibilités

abstentionniste

abstentioniste

appui-main

appuie-main

aulne

aune

avoir à faire à

avoir à faire à

balluchon

baluchon

bonace

bonasse

carbonnade

carbonade

chateaubriand

châteaubriant

clef

clé

coquard

coquart

cuiller

cuillère

desuète

desuette

fanton

fenton

fourmi-lion

fourmilion

gonnelle

gonelle

granit

granite

gruau

gruo

haussière

aussière

hellébore

ellébore

herscheur

hercheur

heuristique

euristique

kleptomane

cleptomane

l’eau a été bénie

l’eau a été bénite

licier

lissier

lys

lis

mal famé

malfamé

mal venu

malvenu

margotter

margoter

mariolle

mariole

marsault

marseau

nénuphar

nénufar

oekoumène

ékoumène

pain d’épices

pain d’épice

paraphe

parafe

payement

paiement

penthode

pentode

pharamineux

faramineux

redan

redent

remmaillage

remaillage

sacquer

saquer

saoul

soûl

strass

stras

téléphérique

téléférique

toquard

tocard

 

3 possibilités

chevaine

chevenne

chevesne

haschisch

haschich

hachisch

margotter

margoter

margauder

poult de soie

pout de soie

pou de soie

 

 

1.2.7 Dérivation absurde

 

1.2.7.1 Poids de l’étymologie sur l’orthographe

– th prononcé /t/: acanthe, thème

 

– ph /f/: pharmacien parce que venant du grec /φ-/

mais fantaisie, fantastique alors qu’il vient aussi du grec /φ-/

 

– rh: comme dans rhomboèdre mais on a rythme, alors qu’il vient du du grec en passant par le latin ‘rhythmus ‘

 

– Pourquoi bâton, râteau? Parce que l’accent circonflexe provient d’un ‘s’ du latin.

Pourquoi alors moutier (< L monasterium) et été (< L aestas, aestatis)?

 

– Pourquoi in + l donne-t-il illogique mais inlassable?

 

– Pourquoi sylvestre (< L silva) et abîme (< grec abyssos)?

 

– Pourquoi boudoir, dortoir, parloir, urinoir et auditoire, laboratoire, réfectoire?

 

– Pourquoi agréger — agglomérer, apparaître — apercevoir?

De même, long et allonger, lourd alourdir, grave aggraver, grand agrandir.

 

– Pourquoi astreindre — contraindre?

 

– évaluer – évaluation, évoluer – évolution,  suer – sudation,

puer – puanteur, conspuer – ?, muer – mue, ruer – ruée, habituer – habitude

 

1.2.7.2 Illogismes dans la formation des noms abstraits

bonnet

bonneterie

coquet

coquetterie

 

?

marqueterie

tablette

tabletterie

 

pur

pureté

fier

fierté

 

cher

cherté

sûr

sûreté

 

 

1.2.7.3 Illogisme dans la formation du féminin

des noms

chat

chatte

rat

rate

 

préfet

préfète

boulet

boulette

 

bibliothèque

bibliothécaire

relique

reliquaire

 

paysan

paysanne

persan

persane

 

des adjectifs

coquet

net

coquette

nette

complet

replet

complète

replète

 

sot

sotte

pâlot

pâlote

 

lapon

lapone

frison

frisonne

 

1.2.7.4 Illogismes dans la formation d’un adjectif à partir d’un nom

limon

limoneux

sable

sablonneux

 

Jamaïque

Jamaïquain

Amérique

Américain

 

poivre

poivré

vanille

vanilliné

 

circonstance

circonstanciel

substance

essence

existence

substantiel

essentiel

existentiel

 

lune

lunatique

hanse

hanséatique

 

1.2.7.5 Illogismes dans la formation d’un adjectif à partir d’un verbe

critiquer

manquer

critiquable

inmanquable

expliquer

communiquer

explicable

communicable

 

croire

croyable

boire

buvable

 

risquer

attaquer

risquable

attaquable

confisquer

pratiquer

confiscable

praticable

 

négliger

négligent

obliger

changer

obligeant

changeant

 

1.2.7.6 Illogismes dans la formation d’adverbes à partir d’un adjectif

vrai

vraiment

gai

gaiement

 

ingénu

ingénument

goulu

assidu

éperdu

goulûment

assidûment

éperdument

 

1.2.7.7 Illogismes dans la formation d’un nom partir d’un verbe

bloquer

blocage

remorquer

truquer

remorquage

truquage

 

transiger

transigeance

négliger

négligence

 

1.2.7.8 Illogismes dans la dérivation : 2 orthographes différentes

donner

donateur

donneur

million

millioniène

millionnaire

nom

nominal, nomination,

innom(m)é

nommer, prénommer, surnommer, innombrable

nul

annuler, annulation

nullité, nullement

patron

patronner

impatroniser

patte

pattu

pataud

ponton

pontonage

pontonnier

souffler

essouffler

boursoufler

tonner

tonnerre

détoner

tradition

traditionalisme

traditionnel

 

1.2.7.9 Illogismes dans la conjugaison

épeler

j’épelle

peler

je pèle

 

jeter

je jette

acheter

j’achète

 

coudre

je couds

résoudre

je résous

 

servir

servant

asservir

asservissant

 

inclure

inclus

exclure

exclu

 

mouvoir

émouvoir

ému

 

croître

crû

accroître

accru

 

mettre (mis)

hormis

parmi

 

1.2.7.10 Différences dans l’orthographe des noms composés

chef d’oeuvre

chef-lieu

sans argent

sans-cœur

sous-estimer

surestimer

 

grand-père

f. grand-mère

grand-oncle

f. grand-tante

grand-duc

f. grande-duchesse

 

le sauve-qui-peut

le cri de ‘sauve qui peut’

 

1.2.7.11 Différences dans l’orthographe des adjectifs composés

une leçon non sue

un poète non-conformiste

 

1.2.7.12 Différences dans la dérivation des noms

timon

timonier

canon

canonnier

 

sermon

sermonner

ramon

ramoner

 

limon

limonade

citron

citronnade

 

pigeon

pigeonneau

saumon

saumonneau

 

ad + long >

allonger

ad + lourd >

alourdir

 

cristal

cristalliser

canal

canaliser

 

ad + profond >

approfondir

ad + plan >

aplanir

 

excursion

excursionniste

feuilleton

feuilletoniste

 

moisson

moissonner

poumon

époumoner

 

tympan

tympaniser

tyran

tyranniser

 

tension

attention

 

baron

baronnie

colon

colonie

 

coller

accoler

cou, col

racoler

 

pauvre

plan

appauvrir

aplanir

long

lourd

allonger

alourdir

grand

grave

agrandir

aggraver

religion

relation

coreligionnaire

corrélation

 

1.2.7.13 Dans les dérivations de mots latins et grecs, les illogismes fourmillent :

du latin :

abbreviatio

abréviation

abscessus

abcès

aggredi

aggregare

agglomerare

agresser

agréger

agglomérer

litus, litoris

littoral

ad + percipere

ad + prope

apercevoir

approcher

aurum

or

auricula

oreille

gemellus

jumeau

pellis (peau)

pelisse, pellagre

thesaurus

trésor

postumus

posthume

quadrifurcus

carrefour

 

du grec :

summetrix

symétrie

phantastikos

fantastique

kh-

chaos

kilo

caractère

(-)rh-

rythme

rhume

hémorragie

hémorroïdes

okto

octaèdre, octogone

kinèsis 

karyokinèse

holos

(h)olographe

akolouthos

acolyte

 

1.2.7.14 Autres illogismes dans la dérivation ou l’apparentement

abdiquer

abdication

absorber

aborption

âcre

acrimonie

Anjou

angevin

anoblir

ennoblir

anode

cathode mais anhydride

appétit

apéritif

arôme

aromatique

astreindre

astringent

auberge

héberger

Bacchus

bachique

balle

balistique

ballade

baladin

banal

bannir

banlieue

banlieusard

Baptiste

batiste

baie

abée

baril

barrique

barque

barcarolle, embarcation

barrique

barricade

bastille

bastion

bâtard

batardeau

battre, battue

bataille, embat(t)re

battu

courbatu

Bayonne

baïonnette

bec

becquée

bonhomme

bonhomie

bonne

bonasse

butte

buter

câble

encablure

calotte

calotin

canne

canette

caoutchouc

caoutchoutier

carème

quadragésime

carré

quadrature, quatre, équarrir, équerre, esquarre = escarre

chariot

charrette

chat

chaton, chatte

châtain

chataigne

chœur

coryphée

cil

dessiller

clapper

clapoter

Cluny

clunisien

colère

choléra

collier

accolade

combattre

combatif

concourir

concurrent

coma

comtat

comateux

comtadin

consonne

consonance, consonantique

corps

corporel, corsage

correctionnel

correctionaliser

cour

courtois

courir

chasse à courre

court

raccourcir, courbatu

cote

quotité

côte

coteau

cotte

cotillon

craie

crayeux, crayon

crâne

alicrane

crû

décru

daim

daine

dalle

dalot

débit

débirentier

démarquer

démarcation

dorer

daurade

échelle

échelon, échelier

redû ; indu > indûment

électroponcture

aquapuncture

éléphant

olifant

éthylène

acétylène

Faënza

faïence

famille

familial, familier

fente

fanton

fer

ferraille

fer-blanc

ferblantier

feuille

cerfeuil

flux

afflux, reflux, influx ; superflu

folâtre

follet

follement

affolement

fourmiller

fourmilier

fût

futaie, futaille

gaîne

dégainer

Gand

Gantois

gars

garçon

geai

cajoler

gémellaire

jumeau

fusil

fusiller, fusilier

gentil

gentiment

geôle

enjôler (cf cajoler)

gond

engoncer

Goth

gotique

goût

ragout

grâce

gracier

gratter

gratin

Halfen

alfénide

homme

homicide

hectique

étique

honneur

honorer

hors

hormis

hutte

cahute

icône

iconographie

il fait

fainéant

imbécile

imbécillité ; — docile – docilité

infâme

infamie

innommable

innom(m)é — nommé

Jacques

jaquette

jeûner

déjeuner

La Palice

lapalissade

Laos

Laotien

lier

licol, licou

loquace

élocution

mamelle

mammifère

Mansart

mansarde

Massiquot

massicot

maure

moricaud

Metz

messin

monnaie

monétaire

mors

remords

nommer

nomination

huile

oléiforme, olé(i)fiant

ordonner

ordinateur

paletot

paltoquet

parement

parmentier

pâtir

compatir

pâture

paturon

pic

pivert

poix

empois

pôle

polaire

pont

ponceau

printemps

printanier

prud’homme

prud’homal

puis

puîné

puits

puisatier, épuiser

queue

équeuter

râteau

ratisser

rationnel

rationaliser

résonner

résonance

sens

forcené

siffler

persifler

sirop

siroter, sirupeux

sonner

sonore

souffler

boursoufler

suiffer

ensuifer

soûler

dessouler

sûr

assurance

tabac

tabagie, tabatière

tanner

tanin

tiers

tierce

tordre

retors

train

traîner

trappe

chausse-trape, attraper

trône

trôner, introniser

tâter

tatillon

vallée

dévaler

vent

vantail

verglas

verglacer

voix

voyelle

voûte

voussure

 

groseillier

cornouiller

 

 

 

2 Morphologie

 

 

2.1 Prononciation non fixée

 

bleuet

bluet

margauder

margot(t)er

marte

martre

saurer

saurir

 

2.2 Doublets

 

abajoue

bajoue

abreuvage

abreuvement

alcaliser

alcaniser

analgésie

analgie

s’en fiche

s’ en ficher

macératé

macéré

mièvrerie

mièvreté

rapprendre

réapprendre

rensemencer

réensemencer

vêlage

vêlement

 

2.3 Illogismes dans la formation des noms à partir d’autres noms

 

orange

oranger

banane

bananier

 

artillerie

artilleur

cavalerie

cavalier

infanterie

fantassin

 

chêne

chênaie

pin

pineraie

 

Diminutifs tantôt en -icule, tantôt en –ule

animal

animalcule

globe

globule

mont

monticule

valve

valvule

dent

denticule

oeuf

ovule

grain

granule

 

vésicule

 

canicule

partie

particule

 

2.4 Illogismes dans la formation du féminin

des noms

Franc-Comtois

Franc-Comtoise (pourquoi pas Franche-Comtoise?)

 

des adjectifs

crétin

crétine

malin

maligne

 

2.5 Illogismes dans la formation d’un nom partir d’un verbe

 

apparaître

apparition

paraître

parution

 

chanter

chanteur

présenter

présentateur

 

imiter

imitateur

profiter

profiteur

 

porter

transporter

porteur

transporteur

importer

exporter

importateur

exportateur

 

interférer

conférer

interférence

conférence

transférer

transfert

 

scruter

scrutateur

exécuter

exécuteur

persécuter

persécution

discuter

discussion

 

livrer

livraison

délivrer

délivrance

 

élider

élision

élucider

élucidation

 

soigner

soigneur

accompagner

accompagnateur

témoigner

témoin

 

attendre

attente, attentif, attention

tendre

tension

 

2.6 Illogismes dans la dérivation de noms abstraits à partir d’adjectifs

 

agile

agilité

habile

habileté

 

ancien

ancienneté

chrétien

chrétienté

facile

facilité

difficile

difficulté

 

poli

politesse

hardi

hardiesse

 

familier

familiarité

régulier

régularité

 

2.7 Illogismes dans la formation de verbes à partir d’adjectifs

 

court

raccourcir

étroit

rétrécir

long

allonger

 

2.8 Dérivation des noms d’habitants à partir de noms de lieux

 

Béziers

Biterrois

Boulogne

Boulonnais

Bourges 

Berruyers

Bourgogne

Bourguignons

Bourgoin-Jullien

Berjolliens

Bresse

Bressan

Castelnaudary 

Chauriens

Charleroi

Carolorégiens

Charleville

Carolopolitains

Châteauroux

Castelroussiens

Château-Thierry

Castelthéodoriciens

Chevreux

Chevrotins

Evreux

Ebroïciens

Fontainebleau

Bellifontains

Gap

Gapançais 

Hesbaye

Hesbignons

Le Mans

Manceau

Madagascar

Malgache, Madécasse

Monaco

Monégasques

Pau

Palois

Pont-à-Mousson

Mussipontains

Pont-Sainte-Maxence

Maxipontains

Saint-Denis

Dionysiens

Saint-Etienne

Stéphanois

Saint-Omer

Audomarois

Terre de Feu

Fuégiens

Vaux-sous-Chèvremont

Valcaprimontois

 

!! Pont-de-Loup : Lupipontains : du L lupi : génitif de ‘lupus’ : qui n’a rien à voir avec Pont-de-Loup (Funderlo (840), Ponderlous (1143), Pondreloes ( ?) (1180), Ponderlues, Ponreluez (13e s.))

  1. De Marneffe considère ‘lo’, l’us’ comme dérivé du vieux saxon ‘lagu’, anglo-saxon : ‘lago’ avec le sens de bas-fond, lieu humide. Pour Pont-de-Loup, l’élément ‘lo’ aurait la signification de ‘forêt’(C.G. Roland, Toponymie namuroise , in : Annales de la Société archéologique de Namur, T.23, 1899,)

 

2.9 Dérivation d’adjectifs, noms ou verbes sous l’influence du latin ou du grec,

par impuissance de le faire directement à partir du mot de base français

 

du latin

abréger

abréviation

absoudre

absolution

avorter

abortif

bouc

hircin

bouche

oral ;  du grec : stomatite

cire

cérine, cérifère

corps

corporel

gencive

gingival

guerre

belliqueux ; du grec : polémologie

huile

oléagineux

langue

lingual ;  du grec :  glossite

odorat

olfactif

œil

oculiste ; du grec : ophtalmologue

or

auréole

ordonner

ordinateur

ortie

urticaire

ours

ursidé

peau

pelleterie

pourrir

putrescible

rage

rabique

sacrement

sacramental

soie

sériciculture

sommeil

insomnie

teindre

tinctorial

titre

titulature

veuf

viduité

vide

vacuité

 

du grec :

vigne

ampélographie

animal

zoologique

dent

odontologue

enfant

pédagogie

lait

galactogène

nez

rhinite

oreille

otologie, otite

poumon

pneumonie

trésor

thésauriser

pou

phtiriase

reptile

(h)erpétologie

 

2.10 La parenté d’un adjectif n’est pas parfois pas apparente

 

bouche

buccal

oral

verbal

cheval

chevalin

équestre

hippique

doigt

dactylé

digital

eau

aqueux

hydraulique

père

paternel

parricide

pou

pédiculaire

pouilleux

sel

salé

saupoudré

halogène

soleil

ensoleillé

héliaque

vaincre

invaincu

invincible

ville

urbain

citadin

politique

Aussi :

Le juge rend la justice judicieusement.

 

 

2.11 Autres illogismes dans la dérivation ou l’apparentement

 

abbaye

abbatial

abdomen

abdominal

abstrait

abstraction

accent

accentuer

accroc

accrocher

acheter

achat

acier

acéré

agraire

agrarien

aigu

acuité

ail

aïoli, alliacé, allyle

aimable

amabilité

air

aérer

aisselle

axillaire

ajuster

ajutage

albâtre

alabastrite

Alcée

alcaïque

allègre

allègrement

aller

préalable

alleu

allodial

ambroisie

ambrosiaque

Américain

américaniser

année

biennal

annuler

nullement, nullité

araignée

érigne, érine

articulation

arthrite

asepsie

aseptique

atteindre

attentatoire

avocat

avocassier

Babeuf

babouvisme

babouin

babine

barbe

imberbe

bâton

bastonnade

beau

bellâtre

bête

bestial

beurre

butyrique

bœuf

bovin, bouvier, bouvion

borgne

bornoyer

Borinage

Borain

bouillir

échauboulure

braise

brasier, embraser

bref

brièveté

buvette

buvetier

Byzance

byzantin

cadavre

cadavérique

cauchemar

cauchemardesque

caviar

caviarder

Ceylan

Cinghalais

chair

charnel, charcutier, carnivore

chandelle

chandelier

change

cambial

chaux

chauler, échaudage

chèvre

caprin

chien

chenet, chenil, canin, cynodrome

Chypre

cipriote

cigogne

ciconidés

clore

occlure

coccyx

coccygien

cœur

courage

contrat

contractuel

contredire

contradiction

contrefaire

contrefaçon

contrepoint

contrapuntiste

copain

copine

coq

cochet

cor

corset, corniste

Corneille

cornélien

corrompre

corrupteur

coudre

couture

couler

eau courante, coulant

Coutances 

Cotentin

craindre

crainte

crapaud

crapouillot

cuir

curée

cuivre

cuprifère

cygne

cycnoïde

déformer

difforme

démontrer

démonstration

dépense

dispendieux

Descartes

cartésien

diacre

diaconat

dimanche

dominical

Dinant

dinanderie, dinandier, Dinantais

discours

discursif

doigt

digital

échecs

échiquier

éclipse

écliptique

école

scolaire

écorcher

décortiquer

empreindre

empreinte

enfer

infernal

enflammé

inflammation

entonner

intonation

éponge

spongieux

équitable

— inique

estomac

stomacal, stomachique

étain

étamer

été

estival

éternel

sempiternel

étudiant

estudiantin

étuver

étouffée

évangile

évangéliaire, évangélique

évêque

archevêque

faisan

faisandeau

faix

affaisser

faner

fenaison

faux

falsifier

feindre

feinte

fémur

fémoral

feu

fouée, fouage

fève

féverole

Florence

Florentin

fonds

foncier

forêt

forestier

fort

force

fougue

foucade

frais

fraîcheur

français

franco-

frein

réfréner, effréné

froid

frileux

frontière

frontalier

fruit

fructifier

gibier

gibecière, giboyeux

glose

glossaire

glotte

glossite

glucide

glycogène, glycérine

gosier

dégoiser

gouge

goujon

goûter

déguster

grain

égrener, grenaille, grenier

grammaire

grammatical

gravier

dégravoyer, engraver

grue

grutier

hautbois

hautboïste

herse

harceler

hoplite

panoplie

humour

humoristique

invaincu

invincible

ivoire

éburnéen, ivoirin

jambe

ingambe

jas

surjaler 

javelle

enjaveler

jonc

jonchaie

joyau

joaillier

justice

judiciaire

lapin & lièvre

lapereau & levraut

ligne

linéal

lion

léonin

liqueur

liquoreux

livre

libraire

lombes

lumbago

lunette

lunetier

Macédoine

Macédonien

mâchoire

maxillaire

main

menotte, manuel

malemort

malédiction, malpropreté, malveillance

malgré

maugréer

Mars

martial, martien

méfait

malfaiteur

mer

marin

mère

maternel

mesurer

mensuration

militaire

militarisme

moine

(Paray-le-)Monial, moniale, monacal, monachisme

moitié

mitoyen, métayer

Monaco

Monégasque

monarque

monarchie

mont

monceau

mordant

amordancer

moudre

mouture

Moyen-Age

médiéval

mutuel

mutualité

néoplasme

néoplasique

nerf

névralgie, neurologie

Nevers

Nivernais

nez

nasal

nid

nicher, nichée, dénicher

occiput

occipital

œuf

ovale, ovoïde, ovaire

opium

opiacé

oreille

auriculaire

oreillons

ourlien

Orléans

alénois

ortie

urticant

osier

oseraie

osmose

osmotique

ours

ursidé

ovaire

ovarien

oxygène

anoxémie

pain

panifiable

paire

apparier

paix

paisible

papier

papeterie

papillon

papilionacé

parisien

parisianiser

patriarche

patriarcal

pavement

pavimenteux

peau

dépiauter

peindre

peinture

peine

pénal

pelisse

surplis

père

paternel

Pérouse

pérugin

personnel

personnalité

pièce

dépecer

pied

pédestre

pierre

perré

pin

pignade

plafond

plafonnier

plaindre

plainte

plein

plénier, plénitude

pléonasme

pléonastique

poing

empoigner

polaire

polariser

porc

porcherie

pou

épouiller

poumon

pneumonie, pulmonaire

pourpre

purpurin

prêtre

presbytéral

prix

déprécier

prognose

pronostic

psaume

psautier

quart, quatre

écarteler, écarter

queue

caudal, accouer, écouer, couard

rage

rabique

ranimer

réanimation

recouvrable

irrécouvrable

rein

rénal

religieux

irréligieux

religion

irréligion

remède

irrémédiable

replet

réplétion

reproche

irréprochable

reproduire

reprographie

ressusciter

résurrection

revers

réversible

Rhin

rhénan

savate

savetier

scandale

esclandre

sec

siccatif

séisme

sismique

semer

ensemencer, inséminer

sénevé

sinapisme

serein

rasséréner, sérénité

signe

signer, seing

singe

simiesque

sorcier

sorcellerie

souris

souriceau, souricière

stalactite

stalagmite

sucer

succion

teigne

tignasse

teindre

teinture, tinctorial

témoin

témoigner

tempête

tempéter, tempétueux

tenace

ténacité

ténia

ténifuge

térébinthe

térébenthine

tigre + lion

tiglon = tigron

torsion

torticolis

tracteur

tractoriste

transsibérien

transcrire

tronc

tronche, tronçon, tronculaire et tronconique (de : tronc + cône)

trouble

trublion

truite

trutticulture

ultime

pénultième

Venise

vénitien

ver

vermisseau

vin

vendange

Vulcain

volcan, vulcanologue

zinc

zingueur, zincifère

 

 

 

3 Sémantique

 

 

3.1 Dérivation = composés changeant de genre

 

la feuille

le chèvrefeuille

le comté

la France-Comté, la vicomté

une ligne

un interligne

une nef

un aéronef

la sphère, une atmosphère

le planisphère, un hémisphère

une forme

un uniforme

un programme

une anagramme

un embâcle

un débâcle

 

  • Les diminutifs en –(i)cule sont tantôt masculins, tantôt féminins

 

un ventre

un ventricule

un animal

un animalcule

une partie

une particule

 

la canicule

 

une vésicule

 

  • Illogisme étymologique

 

éplucher

L ex-pillucare: arracher les poils à

écheveler

enlever les cheveux à

échauder

enlever au chaud

énerver

enlever les nerfs à

hématome

couper du sang

hémophile

qui aime le sang

piscine

étang où il y a du poisson

oléiforme

qui a la forme de l’huile

condamner par contumace

par orgueil

octave

les 7 jours qui suivent une grande fête religieuse

 

  • Impuissance dans la fabrication du féminin de certains noms

 

un agent

féminin ?

un amateur

un auteur

un compositeur

un écrivain

un tyran

 

3.5 Illogismes divers

 

‘h’ aspiré qu’on expire

Le double ‘v’ qui n’est pas un double ‘v’

Le point d’interrogation qui n’est pas un point

Le point d’exclamation qui n’est pas un point

Les diphtongues ‘ou’, ‘eu’, ‘au’, ‘eau’. Or, il n’y a qu’ un son et le mot originel, grec, ‘dis’ + ‘phtongos’ signifie ‘deux sons’.

L’article défini est l’article qui définit le nom qui suit, donc c’est un article définissant.

L’article indéfini est l’article qui laisse le nnom qui suit indéfini ; c’est donc un article indéfinissant.

Le ‘e’ muet. Dans ‘le gendre’, le deuxième ‘e’ est muet, le premier ne l’est pas.

Définition (Le Petit larousse) au mot ‘muet’ : ‘e’ muet … qu’on ne prononce que peu ou pas.

L’impératif passé est un impératif futur antérieur. En effet, comment peut-on donner un ordre au passé ?

L’accent circonflexe est plutôt un accent ‘acuflexe’.

 

 

3.6 Aberrations, voire oppositions

 

achalandé

qui a des clients

compris : bien fourni en marchandises

congru

suffisant

portion congrue : déficiente

contravention

infraction

sanction de l’infraction

contremanifestant

opposé au manifestant

un manifestant …

contrepoids

opposé au poids

un poids …

contre-amiral

opposé à l’amiral

le premier grade d’un officier de la marine

contremaître

opposé au maître

un responsable …

coupe sombre

1) dans un bois

qu’on ne remarque pas, insensible

2) dans un budget

qu’on remarque, sensible

défendre

1) prendre la défense de, être pour

 

2) interdire, être contre

 

impétrer

demander qch

l’impétrant : celui qui a obtenu qch

pédologie

1) étude des sols

 

2) étude des enfants

 

sans

sans argent :

il n’y a pas d’argent

sans doute

il y a du doute = peut-être

ex. Il viendra sans doute demain : ce n’est pas sûr

végéter

1) pousser (plante)

 

2) vivre d’une vie diminuée (personnes, animaux)

 

viande de bœuf

 

gén. de la vache

de vive voix

 

personne n’imagine que ce soit de morte voix

décimer

tuer un sur dix

tuer une majorité de

écumer

1) produire de l’écume

 

2) enlever l’écume

 

par dérivation erronée :

 

gaster (ventre)  >  gastrite (inflammation de l’estomac)

hémophile : litt. ‘qui aime le sang’ !

haltérophile : litt. ‘qui aime les haltères’

hématome : litt. ‘qui divise le sang’

 

 

3.7. Franchement idiot

 

une séance en matinée 

Elle a lieu l’après-midi.

un procès verbal 

Il est écrit.

un thé dansant 

Le thé ne danse pas.

une soirée dansante 

La soirée ne danse pas.

une sauterie 

On n’y saute pas, on y danse.

des petits pois … moyens

 

une famille nombreuse

Ce n’est pas une famille mais un ménage ; s’il n’y en a qu’un, il ne peut pas être nombreux, mais il peut y avoir de nombreux enfants.

avoir une idée derrière la tête

Les idées sont plutôt dans la tête.

brûler un feu rouge

D’abord, ce n’est pas un feu, ce qui suppose des flammes ou une flamme, mais une lumière ou une lampe, et on ne brûle pas ces choses-là.

faire de l’alpinisme dans les Pyrénées

 

une place assise et une place debout

Une place n’est ni assise ni debout, ni couchée, ni pendue.

De guerre lasse, ils se sont rendus.

Ce n’était pas la guerre qui était lasse.

tomber dans les pommes

Quelles pommes ?

donner un coup de téléphone, un coup de fil

Donner un coup de pied ou de poing (frapper avec le pied ou le poing) se comprend.

des souliers habillés

Ils habillent,donc sont habillants mais c’est celui qui les porte qui est habillé.

du prêt-à-porter

C’est en réalité du prêt à être porté.

Celui qui tue sa sœur commet un fratricide.

Du latin ‘frater’ (frère).

le plus extrême

On ne peut être ni plus ni moins extrême.

au grand maximum

Le maximum ne peut être qualifié de grand ou petit.

faire du vélo

Quand quelqu’un fait de la tarte, le résultat est de la tarte mais on va à vélo.

faire l’Islande

L’Islande n’existait sans doute pas.

en première page dans le journal

Si c’est en première page, ce n’est pas dedans.

une rue passante

Une rue ne passe pas, elle reste là.

C’est un prêté pour un rendu.

incompréhensible !

prendre l’ascenseur pour descendre

 

traverser un pont

On suit le pont et on traverse le cours d’eau.

avoir les bras retroussés jusqu’au coude

 

une fin de non-recevoir

Plutôt une fin de recevoir.

rendre service, rendre hommage, rendre les honneurs

 

les riverains de route nationale

 

boire du café au lait dans une tasse

 

une tartine de confiture

 

un calmant nerveux

 

une mauvaise herbe

 

traîner en longueur

 

le temps matériel

 

dormir sur les deux oreilles

 

ambidextre

qui a deux mains droites

jardin d’enfants

 

jardinière d’enfants

 

répondre au signalement de

 

aller à pied

 

à tue-tête

 

avoir une bosse à son chapeau

 

du savon noir

 

une modiste

 

ballodrome

 

le souverain pontife

 

un solipède

 

Cet article a paru sous la signature de …

 

remettre du cœur au ventre de qn

 

Son dîner lui est resté sur le cœur.

 

tourner une page

 

J’ai fermé la bonde avec une bonde.

 

école maternelle

 

coup de coin

 

l’épithète détachée

 

être mangé aux mites

 

du sirop pour la toux

 

grève de la faim

 

un pulvérisateur

Il ne fait pas de poudre.

une lune de miel ensoleillée

 

saupoudrer de sel, de sucre

 

énerver

 

se suicider

 

circuler

 

un consommé

Il n’est pas consommé.

éventrer une porte

 

journal hebdomadaire

 

paratonnerre

 

piscine

 

ductile

du latin ‘ductilis’ (malléable)

débosseler

 

ecchymose

 

syncope

 

dépôt de mendicité

?

aller à cheval sur un âne

 

casque en tête

 

genou en terre

 

écumer

 

élider

= écraser

emblaver de pois

 

surplus

 

café chantant

(in : Le tambourinaire, texte choisi d’A. Daudet, Numa Roumestan)

un beau brun

1)      homme

2)      couleur brune

Je soussigné

 

surajouter

= ajouter en surcroît

un bec de gaz

 

maintenant

 

tirer la langue

 

naufragé

= navire brisé

 

 

3.8 Obscur

 

Je l’aime plus que ma sœur.

1) ma sœur = sujet : = que ma sœur l’aime

2) ma sœur : complément : = que je n’aime ma sœur

C’est le voisin qui a découvert le parricide.

1)      le meurtre

2)      le meurtrier

Il faut punir l’infanticide.

1)      le crime

2)      celui qui l’a commis

J’ai hérité de ma tante.

1)      les biens de ma tante

2)      de ma tante elle-même

J’ai ici du drap d’un frère de Sam. Duquel ?

1)      de quelle sorte de drap ?

2)      de quel frère de Sam.

Ils se regardent dans la glace.

1)      réfléchi : a regarde a, b regarde b

2)      réciproque : a regarde b, b regarde a

Tous les avions tombent.

— Tous les avions ne tombent pas.

Résultat : il n’en reste plus en l’air.

— Aucun ne tombe. Mais il faut comprendre : ‘certains avions ne tombent pas.’

Ils sont sortis avec leur chien.

Avaient-ils un seul chien ou chacun avait-il son chien ?

les deux premiers

le premier d’une série et le premier de l’autre ou le premier et le deuxième d’une série

Il s’est tué hier.

volontairement ou accidentellement

paix sur la terre aux hommes qu’Il aime

                                                qui l’aiment 

 

Ne ment pas qui veut.

 

Il y a du papier à emballer dans la chambre.

 

fournir une maison de pain

 

l’amour de Dieu

 

marcher au canon

 

Ce chien, je le ferai chercher.

 

Il en vient.

1)      ‘en’ pronom : wallon : il è vint

2)      ‘en’ adverbe : wallon : il è d’vint

Quel fruit peut en tirer la pensée ?

(Châteaubriand, Génie, II, I4, V, chap.1)

 

 

3.9 Manque de nuances

 

allumer

1 une allumette : lui faire produire du feu

2 une cigarette : y mettre le feu

3 une lampe : lui faire produire de la lumière

4 un feu : faire démarrer un feu

corriger

1 indiquer les fautes

2 supprimer les fautes

3 punir

louer

1 donner en location

2 prendre en location

3 louanger

hôte

1 celui qui reçoit

2 celui qui est reçu

dédoubler les rangs

                  une classe

en faire un avec deux

en faire deux avec un

un grand magasin

1 un magasin qui est grand de son espèce

2 un magasin où on vend toutes sortes de marchandises

accoucher

1 mettre un enfant au monde

2 aider à mettre un enfant au monde

baisser

abaisser

On abaisse une chose pour qu’elle ne soit pas si haute, on la baisse pour qu’elle soit basse.

Pourquoi alors ‘baisser la tête’, ‘baisser les yeux’ ?

L ante : avant

anti : contre

mais antidater

mais antéchrist

centrifuge

vermifuge

qui fuit le centre

qui fait fuir les vers ?

hémophile

qui aime le sang

philologie

discours  sur l’amitié ?

 

 

3.10 Pléonasmes admis

 

s’avérer exact – s’avérer faux

coopérer avec

empêchement dirimant

économie domestique

transporter au-delà de

une secousse sismique

être repu de fatigue

un faux prétexte

une preuve probante

le milieu ambiant

Il n’y a pas de meilleur antidote contre l’ennui que le travail.

applaudir des deux mains

l’apanage exclusif

coïncider avec

s’immiscer dans

caractéristique particulière

au fur et à mesure

saupoudrer de sel

se suffire à soi-même

traîner en longueur

saule marsault

 

 

3.11 Vocabulaire bêtement compliqué

 

la céphalgie

le mal de tête

la copocléphilie

le fait de collectionner des porte-clefs

une  épistaxis

un saignement de nez

un kinésithérapeute

quelqu’un qui soigne par le mouvement

un odontologue

le spécialiste des dents

l’ophtalmologie

la science qui soigne les affections des yeux

la philuménie

la collection de boîtes d’allumettes

la tyrosémophilie

la collection de couvercles de boîtes de fromage

unciforme

en forme de crochet

la philatélie

la collection de timbres-poste

la cuniculiculture

l’élevage du lapin

la polémologie

la sience de la guerre

l’haltérophile

mais philatéliste

la gingivite

l’inflammation des gencives

sapide

qui a de la saveur

tinctorial

qui sert à teindre

la mytiliculture

l’élevage des moules

 

 

3.12 Multiplicité des sens

 

agriculture

horticulture

travail de l’ ‘ager’, du champ

travail de l’ ‘hortus’, du jardin

aviculture

cuniculiculture

travail de l’ ‘avus’, oiseau ? Non, élevage.

élevage du lapin

riziculture

travail ou élevage du riz ?

Non, action de faire pousser le riz.

motoculture

travail, élevage ou action de faire pousser les motos ? Non, travail des champs à l’aide d’une machine à moteur.

monoculture

travail, élevage, action de faire pousser ou travail des champs à l’aide d’un mono ?

Non, culture d’un seul genre de plante.

 

fumigène

exogène

qui engendre la fumée

qui engendre l’exo ? Non, qui se forme à l’extérieur.

 

géographe

orthographe

fait de la géographie

devrait être quelqu’un qui s’attache à l’ ‘orthographie’

 

thermomètre

géomètre

un appareil

une personne

 

 

 

4 Catégories grammaticales

 

 

4.1 Orthographe grammaticale

 

emploi du trait d’union

 

Il ne joue aucun rôle.

Dis-je cela ? (verbe conjugué – pronom personnel sujet)

Prends-le. (verbe conjugué – participe passé conjugué)

!! Laisse-toi tomber.

Laisse-toi faire.

‘toi’ sujet de tomber

‘toi’ complément de faire

 

 

4.2 Article « défini »

 

l’année de la femme

= l’année de toutes les femmes

Il a donc ici une valeur indéfinie.

 

 

4.3 Article « indéfini »

 

Il ne distingue pas de l’adjectif numéral.

un, une

 

Dans les autres langues, on diffère.

 

ARTICLE

NUMERAL

W on, one, on-

onk (, yin(k), yun, ink)

NL een

één

E a(n)

one

D ein(e )

eins

I un(a, o)

uno

R adyin’

ras

 

 

4.4. Adjectif possessif

 

Il a mal à la tête.

mais Il a mal à sa pauvre tête.

Il a les mains dans ses poches.

Pourquoi ?

 

 

4.5 Adjectif numéral

 

illogisme dans l’orthographe

 

trente, quarante, cinquante, …

raison étymologique, mais déroutante pour le commun des mortels

soixante-et-onze, soixante-douze, …, quantre-vingt-dix-neuf

formation absurde

trente-cinq

cent cinq

 

 

4.6 Adjectif multiplicatif

 

simple, double, triple, quadruple, … Continuez !

 

En néerlandais, on ajoute -voudig

au numéral ordinal pour tous les nombres.

En anglais,                         -fold

 

En allemand,                      -faltig     

 

 

 

4.7 Verbe

 

Conjugaison

 

Indicatif présent

peler > je pèle

appeler > j’appelle

épeler > j’épèle

pouvoir > je peux

mouvoir > je meus

répéter > je répète

téter > je tette

clore > il clôt

enclore > il enclot

éclore > il éclot

fileter > je filète

feuilleter > je feuillette

taire > il tait

plaire > il plaît

dire > vous dites

médire > vous médiser

maudire > vous maudissez

rompre > il rompt

vaincre > il vainc

résoudre > je résous

coudre > je couds

jeter > je jette

crocheter > je crochète

prendre > je prends

joindre > je joins

asseoir > j’assieds

surseoir > je sursois

 

Indicatif passé simple

croître > il crût

décroître > il décrut

 

Indicatif futur simple

asseoir > j’assoirai

surseoir > je surseoirai

 

Participe présent et adjectif verbal

exiger

part. présent : exigeant

adj. verbal. exigeant

négliger

part.présent : négligeant

adj. verbal : négligent

à 5 heures sonnant = à 5 heures sonnantes

 

Participe passé

crû (de : croître) >< cru (de : croire)

dû (de : devoir) >< du (art. partitif)

mais plu (de : plaire) = plu (de pleuvoir)

pu (de : pouvoir)  = pu (de : paître)

absoudre : part. passé masculin : absous

                                    féminin : absoute

conduire  > il a conduit

nuire  > il a nui

 

Subjonctif présent

valoir : que je vaille

prévaloir : que je prévale

 

Déficiences

je clos

tu clos

il clot

pas de pluriel (pourquoi ?)

 

Emploi des modes incertain

Le plus que je puis (indicatif) faire.

                        puisse (subjonctif) 

 

 

Confusion dans la conjugaison

je suis

des verbes être ou suivre

nous peignons

des verbes peindre ou peigner

 

Emploi des auxiliaires

Ensuite, il a grimpé.

Ensuite, il est monté.

Pourquoi ?

Il est mort.

Pas de différence entre action et situation.

 

Accord du verbe

Plus d’un (= au moins deux) est venu.

Moins de deux (= au plus un) sont partis.

 

 

4.8 Nom

 

4.8.1 Genre et nombre

 

orgue est masculin au singulier

                 féminin au pluriel

Cet orgue est une des plus belles que j’ai entendues.

un(e ) perce-neige

 

un(e ) entrecôte

 

un(e ) après-midi

 

 

4.8.2 Pluriel

 

4.8.2.1 Noms simples

voyager à pied(sans doute pour faire un unijambiste)

des arbres en fleur mais des prairies en fleurs

une moustache ou des moustaches

un mille-fleurs mais un mille-feuille

des verres antibuées

des peintures antirouilles

des antigels

pluriel changé :

ail > aulx

œil > yeux

 

4.8.2.2 Noms composés

un coupe-tige mais un coupe-cigares

des garde-boue mais des gardes-chasse

un presse-citron mais un presse-fruits

des in-quartos mais des in-folio

des crève-cœur

des croque-morts

des sans-souci

des sans-culottes

des guet-apens ou des guets-apens

des après-midi ou des après-midis

une reine-claude > des reines-claudes (nom propre)

un fac-similé > des fac-similés (adverbe)

un en-tête > des en-têtes (pas de sens pluriel)

un bonjour > des bonjours

un bonhomme > des bonshommes

des derniers-nés

des nouveau-nés

un bonjour > des bonjours (jour n’a pas un sens pluriel)

un pourboire > des pourboires (boire est un verbe)

 

 

 

4.8.3 Formation

 

4.8.3.1 Composés

Pourquoi soutien-gorge et pas soutient-gorge, alors que essuie-mains, passe-partout, …

 

4.8.3.2 Abstraits

long > longueur

court > ?

Ce meuble ne peut entrer ici à cause de sa longueur. Ce qui est pratique, c’est sa … ( ?)

 

 

4.9 Adjectif qualificatif

 

L’adjectif qualificatif qui précède ‘gens’ est du féminin ; après ‘gens’, il est du masculin.

Toutes ces petites gens sont heureux.

la fille premier-née (pourquoi ? = premièrement (adverbe) ; pourquoi alors : la fille dernière née ?)

six heures sonnantes mais

à six heures sonnant, six heures durant

place : un homme chauve – une chauve-souris

des robes flambant neuf ou _ neuves

 

 

Confusion adverbe –adjectif

des portes larges (= largement !) ouvertes

des mélodies impromptu (pas d’accord)

des fleurs fraîches (= fraîchement !) écloses

étant donné(e ) sa stupidité

des personnages tout-puissants

des personnes toutes puissantes

des vers impromptus (accord)

 

 

4.10 Pronom relatif

 

Le pronom relatif ‘où’ est en réalité un adverbe interrogatif.

Pourquoi ne dit-on pas : « La ville sans tu habites ? »

parce que ‘quand’ amène une idée de temps et pas de lieu, alors que ‘ville’ est un lieu.

¨Pourquoi dit-on alors : « le jour où je t’ai vu » et pas « le jour quand je t’ai vu » ?

 

ce qui reste à faire = ce qu’il reste à faire

Fais ce qui te plaît. = Fais ce qu’il te plaît.

 

4.11 Pronom personnel

 

Je le   laisse faire ses devoirs.

     lui

Elle emportait avec elle toute sa fortune.

                                 soi

inutile :

Si L’ on sait et que L’ on dit où L’ on va, on peut partir.

 

 

4.12 Prépositions

 

dans le journal mais sur le palmarès

boire dans un verre

mangé aux mites

            aux vers

montrer au doigt

 

 

4.13 Adjectif numéral

 

trois cent

mais trois cents hommes

 

 

4.14 Compléments

 

J’obéis à mon père.

= Mon père sera obéi.

J’écris une lettre à mon père.

= Une lettre sera écrite.

= « Mon père sera écrit ».

 

 

 

5 Varia 

 

 

Idioties par colonisation culturelle

W Inzès-Monts (dans les monts, sur les hauteurs)

> F Aisemont (qui ne veut rien dire)

 

Symboles chimiques

sodium = Na(trium)

antimoine = Sb (stibium)

potassium = K(alium)

tungstène = W(olfram)

azote = N(itrium)

azote > nitrate, nitrite

 

 

 

 

6 Conclusion

 

Le français est par excellence la langue du quiproquo et de l’à peu près, d’où l’abondance des jeux de mots comme :

pleurer devant un accident de terrain

être ceint et sauf

vêtu de probité candide et de lin blanc (V. Hugo)

Le duc d’Anjou partit enfin, tout chargé d’argent et de malédictions (Michelet)

 

On dit qu’en anglais, on écrit ‘caoutchouc’ et qu’on prononce ‘élastique’, mais en français on écrit ‘caoutchouc’ et on prononce ‘béton armé’.

 

Le résultat de ces difficultés gratuites et idioties est 42 % de retards à la fin de l’école primaire dans les classes dont la langue de base est le français, contre 17 % dans les classes de régime néerlandophone.

(in : LB 28/02/1975)