Dans le monde francophone, il existe nombre de prĂ©jugĂ©s Ă  propos du français. Ils font l’objet d’une propagande intense,- dans le milieu de l’enseignement et des mĂ©dias -, au service de l’impĂ©rialisme français. Ils sont Ă©videmment faux.

 

 

PLAN

1 Préjugés

2 Rectifications

3 Conséquences

4 Absurdités et pauvreté du français ou la vérité en marche

 

 

1 Préjugés à propos du français

 

 

« BeautĂ© supĂ©rieure » ; « ClartĂ© & concision » ; « GĂ©nie » ; « Logique » ; « Nombre important de locuteurs » ; « Nuances » ; « Richesse » ; « Souplesse » ; « SupĂ©riorité » ; « TolĂ©rance » ; « Unité » & « ‘Notre’ langue »

 

 

 

2 Rectifications

 

 

En vĂ©ritĂ©, il n’en est rien .

 

Toutes les langues sont Ă©videmment belles et ceci n’a rien Ă  voir avec la linguistique.

 

Le français est bien moins clair, truffĂ© d’illogismes et peu nuancĂ©, que toutes les langues voisines. Et il est beaucoup moins riche que les langues germaniques et les autres langues romanes.

Ses rĂšgles d’orthographe ont Ă©tĂ© volontairement discriminatoires.

L’autoritarisme de l’AcadĂ©mie française n’en permet mĂȘme pas l’unitĂ© et le français a Ă©tĂ© utilisĂ© pour Ă©craser toutes les autres langues lĂ  oĂč il a Ă©tĂ© introduit .

AprĂšs des dĂ©cennies de francisation forcĂ©e, le français y reste toujours bien artificiel


 

On nous a bien trompés et on nous trompe toujours.

 

 

 

2.1 DifficultĂ© extrĂȘme de la langue française

 

 

Mercier Jacques, Les maßtres de la langue française, éd. La Renaissance du Livre, 2003

 

(p.153) “Le français, qui nous semble si simple, est une langue trĂšs difficile, pleine de menus traquenards. Je connais des Ă©tran­gers qui le parlent Ă  merveille, mais qui trĂ©buchent encore devant l’emploi du si avec l’indicatif.”

 

André Gide, Ainsi soit-il.

 

in: MARTINET, A., Le français sans fard, 1974, p.929 pp.93-94.

 

” Une langue paraĂźtrait facile ou difficile dans la mesure oĂč sa structure, son lexique, son expression parlĂ©e ou Ă©crite rappellent ou non la structure, le lexique et l’ expression de la langue ou des langues dont l’ Ă©tudiant possĂšde une connaissance prĂ©alable.”

” Une langue facile en soi sera celle oĂč, Ă  chaque gĂ©nĂ©ration, tombera dans l’oubli un lot de procĂ©dĂ©s et de formes difficiles Ă  retenir et Ă  manier parce que peu frĂ©quents et ne s’ intĂ©grant pas dans des complexes analogiques assez puissants . Une langue difficile sera celle d’ une communautĂ© traditionaliste et exigeante, oĂč les interventions prolongĂ©es des adultes auront empĂȘchĂ©, outre l’Ă©limination de distinctions fort utiles, ce qui pourrait bien ĂȘtre une dĂ©cantation salutaire .

Le français, en tant que langue de culture employĂ©e et diffusĂ©e par les classes qui sont les dĂ©positaires de cette culture est, dans le sens que nous venons de dĂ©finir, une langue difficile.”

 

Jacques J.-M., Pensez Europe 93: parlez esperanto, Revue de l’ organ. des Ă©tudes, 10, dĂ©c. 1990

 

(p.39) “Ainsi, 12 terminaisons verbales suffisent Ă  exprimer toutes les nuances du prĂ©sent, du passĂ© et du futur.  Quelle diffĂ©rence avec la langue russe qui en a 157, l’allemand 364, l’anglais 652 et le français qui bat le record avec 2265 (sauf erreur ou omissions).”

 

Gratius Adrien, Niveler l’enseignement ?, Le Vif 18/10/2002

 

« La langue française écrite est inutilement compliquée. »

 

 

 

 

2.2 Manque de clarté

 

 

Martinet André, Le français sans fard, PUF, 1969

 

(p.61) (
) on dit du français, depuis plus de deux siĂšcles, qu’il est une langue claire. Du point de vue de la structure mĂȘme de la langue, la chose n’a aucun sens : dans cette langue du calembour, les sources de confusion foisonnent, et l’on ne saurait dire que le français est clair qu’en dĂ©cré­tant que ce qui n’est pas clair n’est pas français. Ce qui est vrai, c’est que, pendant longtemps, l’idĂ©al de ceux qui uti­lisaient le français a Ă©tĂ© moins d’exprimer ce qu’ils ressen­taient que d’en faire part Ă  autrui ; le devoir Ă©tait moins envers soi-mĂȘme qu’envers la sociĂ©tĂ©. Les pensĂ©es de ceux qu’on a appelĂ©s, en France, les « Philosophes » ont sans doute Ă©tĂ© moins profondes que celles des philosophes allemands qui leur ont succĂ©dĂ©, mais elles ont atteint un vaste public (
). Ce qui Ă©tait clair, ce n’Ă©tait pas la langue dont ces « Philosophes » faisaient usage, mais bien les idĂ©es qu’ils dĂ©veloppaient et la façon dont ils usaient de la langue Ă  cette fin.

D’une façon un peu parallĂšle, on a pu ĂȘtre tentĂ© de dĂ©signer comme de belles langues celles qui ont servi de moyens d’expression Ă  des Ă©crivains et Ă  des poĂštes qui visaient Ă  la beautĂ© comme nos « Philosophes » visaient Ă  la clartĂ©. Dans l’un et l’autre cas, on aurait tort d’attribuer Ă  la langue ce qui n’est qu’une rĂ©ussite personnelle Ă  partir de matĂ©riaux qui Ă©taient Ă  la disposition de tous. Aucune beautĂ© n’est confĂ©rĂ©e une fois pour toutes Ă  une langue du fait des Ɠuvres littĂ©raires qui en ont fait usage. La rĂ©pĂ©tition de ce qui est beau aboutit au clichĂ©. C’est l’Ɠuvre qui est belle en son unicitĂ©, ce n’est pas la langue.

 

(p.83) (
) pour tous ceux, et leur nombre croĂźt de jour en jour, qui n’auront jamais Ă  faire de thĂšmes latins, l’apprentissage de la grammaire n’a de sens que parce que, seule, elle permet de « mettre l’orthographe » : comment accorder les participes si l’on ne sait identifier un objet direct ? Les anglophones savent trĂšs bien Ă©crire leur langue sans l’aide de la grammaire, parce que lorsque, dans leur langue, la forme Ă©crite du mot change, ce changement va toujours de pair avec une modification dans la prononcia­tion : lorsque play devient plays ou played, la phonie /plei/ devient /pleiz/ ou /pleid/. Ceci rend inutile l’exercice de la dictĂ©e. La forme du radical invariable s’apprend par la lecture et les fautes d’ « orthographe d’usage » ne sont pas plus frĂ©quentes, Ă  niveau d’instruction Ă©gal, chez les anglo­phones que chez les Français. La graphie anglaise est sans pitiĂ© pour les Ă©trangers parce qu’elle ne permet pas de (p.84) retrouver la phonie Ă  partir de la graphie : comment celui qui connaĂźt les Ă©quivalences read = /ri:d/, sea = /si:/, meal = /mi:l/ peut-il deviner que meadow est /’medou/ et steak /steik/ ? Mais, sans ĂȘtre idĂ©ale pour ceux dont l’anglais est la premiĂšre langue, son acquisition ne rĂ©clame pas, semble-t-il, d’exercices spĂ©cifiques rĂ©pĂ©tĂ©s quotidiennement : pour qui connaĂźt /’medou/ et /steik/, les contextes permettent normalement de les retrouver sous les formes Ă©crites meadow et steak. L’orthographe française ne facilite pas la tĂąche des Ă©trangers : tout serait plus simple, pour eux, si on pouvait leur dire que le prĂ©sent de l’indicatif de chanter ne connaĂźt que les trois formes chante, chantons et chantez. Mais la forme Ă©crite, celle avec laquelle ils prennent, en gĂ©nĂ©ral, contact tout d’abord, permet le plus souvent d’identifier les phonĂšmes dont se compose le mot. Pour les Français, les variations qui ne correspondent Ă  aucune diffĂ©rence dans la prononciation rĂ©clament ce que nous avons appelĂ© un dres­sage, dressage qui doit absorber prĂšs du tiers de l’Ă©nergie des instituteurs et de leurs Ă©lĂšves.

L’existence, dans leur langue, d’une orthographe gram­maticale reprĂ©sente, pour tous les francophones, un terrible handicap. Si le temps qu’on consacre, souvent en vain, Ă  son acquisition Ă©tait mis Ă  profit pour autre chose, le Français ne serait peut-ĂȘtre plus le monsieur qui ignore la gĂ©ographie et qui est si faible en calcul mental. L’appren­tissage de rĂšgles aussi dĂ©nuĂ©es de fondement rationnel dans la langue contemporaine que celle de l’accord des participes passĂ©s aprĂšs l’auxiliaire avoir contribue Ă  entretenir chez lui un certain « juridisme », un goĂ»t pour l’abstraction gratuite qui paraĂźt d’autant plus sĂ©duisante que ses fonde­ments dans les faits n’apparaissent pas. Il l’Ă©loignĂ© de l’opĂ©ration abstractive elle-mĂȘme, passage du concret Ă  l’abstrait par l’application du principe de pertinence, opé­ration qui fonde la science. Ceci nous vaut des mathĂ©mati­ciens et des grammairiens, mais peu de physiciens et de vrais linguistes.

 

Joseph Hanse ou le savoir passionné, LB 02/06/1993

 

Le français est-il une langue si difficile?

– TrĂšs!  Plus je vieillis, mieux je me rends compte du point auquel il est nuancĂ© (sic).  On vante Ă  tort sa clartĂ©: il n’ est pas d’autre oĂč l’ on fasse aussi aisĂ©ment des jeux de mots!”

 

 

Stéphany Pierre, Comment défendre le français des Belges, LB 01/08/1988

 

(Joseph Hanse) “C’est une langue difficile … Rivarol la proclamait la langue la plus claire du monde; ce n’est pas mon avis; aucune langue ne se prĂȘte autant au jeu de mots, Ă  l’amphibologie.  Je coirs, contrairement Ă  d’autres que le français est une langue cohĂ©rente (sic), mais elle comporte, Ă  cĂŽtĂ© de la cohĂ©rence logique, une cohĂ©rence analogique (sic): c’est, dans une certaine mesure, ce qui fait sa richesse et sa beautĂ©, mais cela entraĂźne des obscuritĂ©s et des difficultĂ©s.” 

 

Le concept de clarté dans les langues et particuliÚrement en français, Colloque de

l’Institut des hautes Etudes en Belgique 18-19 mai 1988, Revue de l’ Institut de sociologie, 1-2, 1989

Marc Wilmet, exposé de synthÚse (pp. 109-115)

 

“La clartĂ© n’ est pas plus inhĂ©rente au français qu’à n’importe quelle langue.” ‘Il existe un mythe de la clartĂ©.’

(p.111)

– homophones: not. “Cinq saints ceints de leur ceinture et portant dans leur sein le seing du Saint-PĂšre.”

– 36 graphies de VER

– polysĂ©mie

 

 

 

2.3 Langue illogique

 

 

Le français, langue idiote ?, LB 23/07/2007

PAR JACQUES MERCIER

 

C’est Jean-Jacques Jespers, au fil de ses “agaceries” dans le Jeu des Dictionnaires, qui m’a fait dĂ©couvrir ce site : “Français langue idiote” sous-titrĂ© : “La vĂ©ritĂ© sur les innombrables illogismes en français, langue qui a servi et sert l’impĂ©rialisme français dans le monde. La vĂ©ritĂ© sur la langue utilisĂ©e par les racistes qui mĂ©prisent injustement ceux qui s’expriment dans une autre langue que le français.” Une attaque en rĂšgle des amoureux de la langue ? Si on veut, mais c’est surtout un rĂ©pertoire des illogismes que nous connaissons, mais qui sont peut-ĂȘtre aussi le sel de la langue ? Ne prenons que l’absurditĂ© des prononciations avec ces exemples : “Nous notions ces nations. L’inertie est amortie. Seul un initiĂ© comprend notre amitiĂ©. Il y en a plus et ils sont plus grands. Il but, c’Ă©tait son but II convient qu’ils nous convient II a traversĂ© deux lacs pour mettre ses lacs. Marc a bu du marc. Nous te portions nos portions, je sens par tous mes sens que Brassens est Ă  Sens. Le rĂ©sident et sa famille rĂ©sident dans cette villa” Autre exemple ? Les illogismes dans la formation d’un nom Ă  partir d’un verbe : bloquer donne blocage, mais remorquer donne remorquage et truquer donne truquage. Transiger donne transigeance et nĂ©gliger donne nĂ©gligence. Dans le domaine de la sĂ©mantique, on peut relever aussi les dĂ©rivations des composĂ©s qui changent de genre. La feuille, mais le chĂšvrefeuille. Une ligne, mais un interligne. Une nef, mais un aĂ©ronef. Un embĂącle, mais une dĂ©bĂącle. Mais… Ajoutons cette pensĂ©e de Kyrios ValĂ©ry : “Si te langage Ă©tait parfait, l’homme cesserait de penser.” ‱

 

 

 

2.4 Manque d’unitĂ©

 

 

Martinet A., Walter H., Dict. de la prononciation française dans son usage réel, France expansion, 1973

 

(préface)

“Des recherches poursuivies au cours des trente derniĂšres annĂ©es ont montrĂ© que l’unitĂ© de la prononciation française Ă©tait une vue de l’esprit et ne correspondait Ă  rient de rĂ©el.  Quelle que soit la classe sociale ou le groupe culturel retenu comme digne d’ imitation …”

 

(Avant-propos) “Les variations (…) atteignent un mot sur cinq, mĂȘme dans les milieux cultivĂ©s.”

 

(p.16) “L’illusion de l’unitĂ© de la prononciation française”

‘Une sĂ©rie d’ enquĂȘtes … apporte dĂ©finitivement la preuve que les Français cultivĂ©s non-mĂ©ridionaux ne s’accordent ni sur le nombre de phonĂšmes qu’ils distinguent, ni sur la façon dont ils les rĂ©alisent, ni sur ceux qu’ils choisissent pour tel ou tel mot.”

 

(p.18) (informateurs) “Trois de nos informateurs Ă©voluent essentiellement dans les milieux mondains, 8 sont en contact avec les milieux d’ affaires, 11 peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme appartenant Ă  des milieux intellectuels ou artistiques ou Ă©tant en rapport frĂ©quent avec ces milieux.”

 

 

Au Conseil international de la langue française, VA 16/10/1973

2 propositions

“La premiĂšre est relative Ă  la publication d’ un “Dictionnaire de la prononciation française dans son usage rĂ©el”, ouvrage qui a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par une Ă©quipe animĂ©e par M. Martinet, professeur Ă  la Sorbonne.  On apprendra Ă  la lecture de cet Ă©norme volume que, sur les 50.000 mots du vocabulaire, 10.000 ont une prononciation instable.”

 

 

Goosse André, Les variations régionales de la phonologie, LB 28/06/1982

“Les partisans d’ une orthographe strictement phonologique raisonnent plus d’ une fois comme si tous les francophones avaient le mĂȘme systĂšme articulaire.”

“J’ ai consacrĂ© deux chroniques en 1974 au Dictionnaire de la prononciation française dans son usage rĂ©el dĂ» Ă  la collaboration d’ AndrĂ© Martinet et d’ Henriette Walter.  Il est fondĂ© sur l’ usage de dix-sept informateurs habitant paris, et il fait disparaĂźtre l’ illusion de l’ uniformitĂ© que reprĂ©senterait le langage de la bourgeoisie parisienne.”

“Il faut se rĂ©jouir de voir des chercheurs français conscients que notre langue ne prĂ©sente pas l’ uniformitĂ© supposĂ©e par des linguistes Ă  qui Paris cache la France et la francophonie.”

 

 

Vaute Paul, mais quel français parlez-vous donc?, LB 03/03/1988

“On peut utiliser ‘le’ Walter (Henriette Walter, Le français dans tous les sens, Laffont, 1988) comme un vĂ©ritable lexique franco-français, ce qu’il est certaine maniĂšre, mais aussi comme l’épopĂ©e Ă©rudite (…) qui nous dit comment et pourquoi 21 mots diffĂ©rents, selon les pays ou les rĂ©gions, dĂ©signent la serpillĂšre (comme wassingue, cinse, loque, panosse en Suisse, torchon en Belgique, …), comment et pourquoi seize verbes dĂ©signent l’action de tourner la salade (dont brasser, touiller, fatiguer, terbouler, …), (…).”

“Il n’ y a guùre qu’ une langue française mais il est plusieurs maniùres de la parler.”

 

Jacqueline Remits, “Crolle”, “kot” et “posture” entrent dans le dictionnaire, Le Soir illustrĂ©, 17/11/88, pp. 27-28

 

(p.27) “MĂȘme en France, mĂȘme Ă  Paris, le français est largement diversifiĂ©, comme il l’ est en dehors des frontiĂšres françaises.”

 

Hella A., Le français, langue de clarté?, VA 17/12/1973

 

“La clartĂ© du français n’est que relative.  Elle apparaĂźt surtout comparĂ©e Ă  celle des autres langues (
) De plus, aucune autre langue ne peut affirmer qu’il n’existe pour ainsi dire aucun Ă©cart entre ce qu’elle est dans la bouche du peuple et ce qu’elle devient dans les textes de ses plus grands Ă©crivains.”

 

Goosse AndrĂ©, L’ E dit muet, in: façons de parler, LB 25/08/1975

 

“A nous, Belges, ainsi qu’ aux habitants de l’ est de la France, ‘eu’ ouvert paraĂźt la prononciation normale, tandis que c’ est ‘eu’ fermĂ© pour la plus grande partie de la France, on peut en donner comme illustrations ces rimes de Brassens et ces graphies de Boris Vian:

mais les brav’s gens n’aiment pas que l’on prenne une autre route qu’eux. (Brassens)

Si j’ Ă©tais pohĂ©teĂ»

Je serais ivrogneĂ»

j’ aurais le nez rougeĂ»

Une grande boĂźteĂ»

OĂč j’ empilerais

Plus de cents sonnais

OĂč j’ empilerais

Mon ouevreĂ» complait.

(Vian cité par Claudine Demols et Joseph Motoul, Français 6 (1), p.45).

 

AndrĂ© Goosse, L’ E muet (suite), in: Façons de parler, LB 01/09/1975

 

“Combien de Wallons disent “un m’lon”, “la f’melle”, “la m’ringue”, “il faut “s’mer”, “les pñqu’rettes”, toutes prononciations en France?

Inversement, ils Ă©lident, contrairtement Ă  ce qui se fait Ă  Paris, “nous s’rions”, “vous s’riez”, “nous aim’rions”, ou encore, Ă  LiĂšge, devant un h bien aspirĂ©, “dans l’ hangar”.

 

Landroit Henry, Une panosse est-elle une wassingue ?, LL, 16-28/04/1989

 

Il existe 20 mots pour dĂ©signer le ‘torchon’ et la ‘loque Ă  reloqueter’ belges., c-Ă -d ‘serpilliĂšre’. 

= faubert, chiffon (Breton); torche (Bordeaux); chiffon des pavĂ©s (Toulouse); emballe (Boulogne), …

 

Vaute P., mais quel français parlez-vous?, LB 03/03/1988

 

De Bruxelles Ă  Kinshasa, de Paris Ă  Wallis-et-Futuna, les mots n’ ont pas toujours le mĂȘme sens et les sens n’ont pas toujours le mĂȘme mot.

 

Aurembou Marie-France, Aspects phonĂ©tiques de l’Atlas de l’Ile de France et de l’OrlĂ©anais: unitĂ© ou diversitĂ©?, in: Les dialectes romans de France Ă  la lumiĂšre des atlas rĂ©gionauxc, pp. 379-400, in: Colloques …nationaux du CNRS, 930, 1973

 

(p.379) “Nous avons choisi l’ Ă©tude de 5 voyelles orales pour lesquelles nos parlers continuent souvent des prononciatons attestĂ©es au XVIIe siĂšcle et qui ont disparu de la prononciation moderne.”

Il s’ agit de l’ Ă©volution de la diphtongue romane OI, quelle que soit son origine (> wĂš, wa, Ăš) (dans ces parlers), du problĂšme posĂ© par la chute du OE provenant de la labialisation conditionnĂ©e de E central, de l’ Ă©volution du O long et fermĂ© latin diphtonguĂ©, de la fermeture de l’ O en U.

 

(p.396) DISCUSSION

Kurt Baldinger

“Nous nous trouvons, pour la premiĂšre fois dans ce colloque, dans une rĂ©gion qui est trĂšs voisine de Paris.  Si l’on a pu s’imaginer que dans la France qui est tellement centralisatrice, il n’y avait plus de dialectes ou de traits intĂ©ressants, on voit qu’en fait, Ă  vingt ou trente kil:omĂštres de Paris, il y a une zone extrĂȘmement intĂ©ressante de faits trĂšs curieux, qui posent des problĂšmes nouveaux, surtout celui de l’influence du français de Paris sur une zone qui rĂ©siste quand mĂȘme beaucoup plus qu’ on ne le pensait.”

 

Mgr Gardette

“On pensait qu’il n’y avait pas de patois, Ă  cette place-lĂ .  Et vous nous en apportez beaucoup.  Vous nous avez montrĂ© qu’il y a un Ouest français, assez diffĂ©rent de l’Est et beaucoup plus conservateur.”

 

GOOSSE A., Retour Ă  l’ orthographe, in: La Libre Belgique, 15/6/1981

 

“J’ ajouterai que l’ unitĂ© de l’ orthographe assure au français son unitĂ© Ă  travers la francophonie (sic) entiĂšre, alors que la_phonĂ©tique et la phonologie varient selon les rĂ©gions, au point de rendre la communication difficile, par exemple entre les QuĂ©bĂ©cois et les ‘vieux Continentaux’.”

 

 

 

2.5 Manque de souplesse

 

 

Hasquin H., Le français, langue des sciences et des techniques, LS 08/12/1981

 

“On peut regretter que la langue française soit plus rigide, plus guindĂ©e que sa grande rivale.”

 

Cy. P., Parlons bien, parlons ouaibe, LS 24/10/1997

 

Daniel Blampain, prof. de linguistique à l’ISTI :

« Si la langue française était plus souple, nous aurions moins de problÚmes pour accepter les nouveautés. »

 

 

2.6 Grande pauvreté

 

 

Martinet André, Le français sans fard , pp.17-18, 1974

 

« Lorsqu’ on aborde le chapitre du lexique, la position du français n’ apparaĂźt plus sous un jour favorable: le français est une langue oĂč chaque mot doit ĂȘtre appris Ă  part: mĂ©chancetĂ© ne saurait ĂȘtre retrouvĂ© Ă  partie de mĂ©chant, non plus qu’ amertume Ă  partir d’ amer, comme on forme sans difficultĂ© en anglais, badness, naughtiness et bitterness, Ă  partir de bad, naughty et bitter . …LĂ  oĂč l’ allemand dĂ©rive de blind “aveugle”, un substantif B1indheit, le français

d’ aujourd’ hui prĂ©sente le latinisant cĂ©citĂ© . … Pour l’ Ita1ien, qui dit cicco pour “aveugle”, le substantif cecitĂ  apparait comme un dĂ©rivĂ© naturel, car il y a moins de disparitĂ© qu’ en français entre la forme “popu1aire”et la forme “savante” . L’ anglais , qui dĂ©rive simplement blindness Ă  partir de blind ne se prive pas d’ emprunter largement, com,mme le français, aux langues classiques et connaĂźt le terme coecum . Mais il n’ a pas abandonnĂ© les ressources de la

composition, si bien qu’ on peut, en anglais, exprimer un beaucoup plus grand nombre de notions qu’ en français, sans cesser d’ employer des formes connues de tous . »

 

(p.19) ” Il est certain que, du fait de la possibilitĂ© de combiner plus librement les unitĂ©s de sens, une personne qui connaĂźt bien les 3000 mots de la langue anglaise verra ses besoins communicatifs mieux satisfaits que celui qui pratique, avec une Ă©gale aisance, les 3000 homologues français . “

 

(p.59) ” Un lexique pauvre rĂ©clamera un emploi extensif de la polysĂ©mie.”

” Un lexique s’ Ă©tend soit en tirant de nouveaux termes de son propre fonds, soit en cherchant ailleurs et en intĂ©grant ce dont il a besoin . Les langues diffĂšrent beaucoup en ces matiĂšres :

les unes se crĂ©ent facilement des ressources par la composition ou la dĂ©rivation, d’ autres ont plutĂŽt recours Ă  l’emprunt, d’ autres enfin utilisent sans rĂ©ticence les diffĂ©rents procĂ©dĂ©s

de l’enrichissement.

 

Martinet André, Le français sans fard , pp.94-95, 1974

 

Le français, en tant que langue de culture emp1oyĂ©e et diffusĂ©e par les classes qui sont les dĂ©positaires de cette culture est, dans le sens que nom venons de dĂ©finir, une langue difficile, Sans doute est-il parlĂ© aujourd’hui par de larges couches prolĂ©tariennes et paysannes qui n’ ont ni le loisir niles moyens de cultiver chez eux-mĂȘmes des exigences linguiques et d’imposer Ă  leurs enfants des traditions de beau parler qui leur sont Ă©trangĂšres. Mais ce ne serait pas une boutade de dire que le français populair n’est pas vraiment le français. Plus que la plupart des autres langues nationales,le français a Ă©tĂ© essentiellement la propriĂ©tĂ© d’une classe degens aisĂ©s et cultivĂ©s qui ont cherchĂ© Ă  fixer la langue lorsqu’ils ne l’ont pas compliquĂ©e Ă  loisir, sans, bien entendu, se prĂ©occper des besoins Ă©ventuels de masses paysanes gĂ©nĂ©ralement patoisantes et d’un prolĂ©tariat urbain longtemps margin et toujours mĂ©prisĂ©. D’un Anglais qui ne parle pas salangue selon des critĂšres admis dans la bonne sociĂ©tĂ©, on pourra dire qu’il ne parle pas l’anglai du Roi, mais qui osera dire qu’il ne sait pas l’anglais? Il est frĂ©quent, au contraire, d’entendre dire d’un Français unilingue qui se fait parfaitement entendre de ses compatriotes, qu’il ne sait pas le français parce qu’en accord avec l’Ă©crasante majoritĂ© de ces derniers il emploie des tours traditionnellement classĂ©s comme incorrects. S’il y a, comme on le dit depuis prĂšs de quarante ans, une crise du français, c’est que l’Ă©volution des moeurs et des techniques tend Ă  Ă©liminer les classes oisives qui assuraient la survie des traditions linguistiques, et Ă  faire de la langue française le bien commun de quelque cinquante millions de personnes trop absorbĂ©es par la lutte pour l’existence pour qu’elles puissent, mĂȘme avec le concours de l’Ă©cole, intĂ©gralement un instrument linguistique mal adaptĂ© Ă  leurs besoins.

 

Malherbe  Michel, Les langages de l’humanitĂ©, Une encyclopĂ©die des 3000 langues parlĂ©es dans le monde, Ă©d. Laffont, 1995

 

(p.84) mots: français : = 90.000   –  anglais: + de 200.000

 

WOLFF P., Les origines de l’ Europe occidentale, 1970 , p.17

 

“ Le vocabulaire de la langue anglaise est plus riche que celui de la langue

française: 240.000 mots en anglais pour 93.000 en français’.”

“Cette richesse vient aussi d’ une plus ou moins grande aptitude Ă  assimiler des mots

Ă©trangers . Ces crĂ©ations lexicales sont sans doute l’ un des aspects les plus superficiels

d’une langue .

Cependant, la richesse lexicale, la finesse plus ou moins grande de l’analyse correspondent Ă  des tendances psychiques profondes .”

 

Goosse André, in: Nouvelles suites, in: façons de parler, LB, s.d.

/LA DERIVATION LEXICALE DU FRANCAIS/

 

“Il serait souhaitable, certes, que les familles lexicales se constituent sans entraves, selon les besoins du locuteur ou de la communication.  Malheureusement, la dĂ©rivation française soufre d’un double handicap: Ă  peu prĂšs aucun procĂ©dĂ© ne joue librement, automatiquement, et trĂšs souvent la famille sĂ©mantique regroupe des mots de forme diffĂ©rente (pĂšre, paternel,; eaux, aqueux; aveugle, cĂ©citĂ©; loucher, strabisme …).”

 

 

 

2.7 Orthographe lamentable

 

L’orthographe française: = „objectivement absurde“

(J.M. Klinkenberg) (in : Willy Bal (UCL) (correspondance privée))

 

Ruytinx-Sasson L.,  LA CAUSE DE L’ORTHOGRAPHE EST-ELLE PERDUE ?, s.r., p.33-36

 

1. Les Championnats nationaux d’orthographe ( n° 102)

2. Réformistes et réformateurs

 

a) Evolution

En gĂ©nĂ©ral, la rĂ©forme de l’orthographe est considĂ©rĂ©e comme un outrage aux institutions. Celui qui s’en fait le promoteur accepte Ă  priori de lutter contre l’inertie, mais aussi contre l’hostilitĂ©

qui, si elle n’est pas gĂ©nĂ©rale, n’est amputĂ©e que de ce qu’elle cĂšde aux sceptiques et aux ironistes. RĂ©volution refusĂ©e parce que contraignante ou rĂ©volution refusĂ©e parce que aliĂ©nant une certaine culture qui reste « la culture, ou refusĂ©e parce que dĂ©tournant d’objectifs plus bouleverseurs, elle se heurte Ă  toutes les auto-dĂ©fenses : psychologiques, Ă©conomiques, cultur’elles, politiques.

Le rĂ©formiste est iconoclaste. Quelle est l’image qu’il faut arracher Ă  ses griffes ? non, ce n’est point une pyramide millĂ©naire ; non, ce n’ est point non plus la trace fragile d’une civilisation Ă©teinte ; est-ce alors une oeuvre pure et sans tache, consĂ©cration immaculĂ©e dd’une pensĂ©e lentement mĂ»rie et dĂ©cantĂ©e qui ne saurait ĂȘtre profanĂ©e ? Point. CrĂ©ation ampoulĂ©e du XIXe

siĂšcle, l’orthographe que nous nous imposons n’est pas vĂ©nĂ©rable et ne fut vĂ©nĂ©rĂ©e que le jour de sa fixation, celle-ci constituant – alors – une rĂ©ponse Ă  une nĂ©cessitĂ©. Etait-ce la bonne rĂ©ponse ? C’Ă©tait surtout le bon moment, et il y eut fixation. Le rĂ©formateur est le rĂ©formiste qui a rĂ©ussi.

 

L’orthographe n’apparait pas comrne un vieux systĂšme Ă  culbuter, mais comme une succession d’adaptations ( 13e s., 1530, 1660, 1853, 1935…):

XIIIe s. : évolution rapide de la langue parlée ;

1530 : Robert Estienne introduit le trait d’union ;

1660 : les grammairiens de Port-Royal préconisent une orthographe phonétique ;

XVIIIe s. : on s’occupait d’autre chose, mais on note Ă  cette Ă©poque 1′ apparition de nombreux ouvrages destinĂ©s aux typographes et qui n’existaient pas, en France, (p.34) jusque-lĂ . Ils traitent d’un ensemble de problĂšmes que Mme Catach groupe sous l’appellation d’orthotypographie.

1740 : apparition de l’accent circonflexe ;

XIXe s. : – fixation de notre orthographe.

« L’orthographe de l’AcadĂ©mie et la grammaire minutieusement normative de NoĂ«l et Chapsal sont les seuls exposĂ©s agrĂ©Ă©s du dogme ” ( 1) au moment oĂč, en 1832, la connaissance de l’orthographe devient obligatoire pour l’accession Ă  tous les emplois ” publics ” ( 2).

– La sixiĂšme Ă©dition du Dictionnaire, en 1835, joue alors un rĂŽle normatif.

– toute une sĂ©rie de rĂ©formistes se manifestent, plaident en vain ; 1966 : – chute du rĂšgne du rĂ©formiste Beslais ;

– reconnaissance officielle des projets de RenĂ© Thimonnier.

 

Ce ne sont que des dates parmi d’autres qui pourraient prĂȘter Ă  dĂ©veloppement. Mais notre orthographe, la vraie, n’existe bien que depuis 1832. Parmi les grands hommes de l’histoire de la pensĂ©e humaine elle n’en a troublĂ© que fort peu. Emergeant de l’analphabĂ©tisme gĂ©nĂ©ralisĂ©, le produit de l’enseignement obligatoire en pays francophones a donnĂ© Ă  l’humanitĂ© combien de

petits hommes « sachant mettr’e l’orthographe ” ? .

 

D’une part, l’orthographe française d’avant 1835 est variable dans le temps et dans l’espace. Mais elle Ă©volue en fonction de critĂšres puĂ©rils : faire savant, faire latin ; en fonction de critĂšres

esthĂ©tico-graphiques : par exemple roy, icy . en fonction du prix de la miche de pain ou de la redingote : les clercs calligraphes sont payĂ©s Ă  la ligne; en fonction de critĂšres linguistiques auxquels on croit toujours : les distinctions homonymiques ( sain, saint, sein, seing, ceint cinq) D’autre part, cette orthographe, une fois fixĂ©e, se fait vilipender.

 

Entre 1740 et 1760, 30 % (3) des mots ont Ă©tĂ© « corrigĂ©s ” par l’ AcadĂ©mie elle-mĂȘme, sans heurter ni la majoritĂ© analphabĂšte, ni les intellectuels puisque personne ne se souciait de se conformer Ă  une orthographe codifiĂ©e.

 

( 1) P. BURNEY L’Orthographe. P.U.F., ” Que sais-je ? “, p. 31.

(2) ib.

(3) R. THIMONNIER, Code orthographique et grammatical. Hatier, p. 21.

 

 

(p.35) RĂ©pĂ©tons-nous, 1’ « orthographe française » immuable n’existe pas et n’a jamais existĂ©. Citons Mme Catach, qui dans son minutieux relevĂ© ” Orthographe et lexicographie “, Ă©crit sous le rubrique « La variance orthographique ” .

Sur 500 modifications effectuĂ©es par l’AcadĂ©mie dans sa huitiĂšme Ă©dition, et relevĂ©es par Grevisse. (il y en a une centaine de plus en rĂ©alitĂ©). on compte 60 % environ de suppressions de variantes. Contre 4 % d’ajouts…

Pour nous en tenir au seul Petit Larousse IllustrĂ©. quelques chiffres pourront donner une idĂ©e de l’ampleur de ce mouvement : sur 2.451 mots relevĂ©s dans nos listages (variantes, mots latins et mots Ă©trangers) nous trouvons, en l’espace de sept annĂ©es seulement (1962-1969), plus de 380 « corrections » (suppressions de mots, suppressions ou ajouts de variantes et modifications diverses) soit 15,54 %’.. “(1).

 

De 1740 Ă  1835, chaque Ă©dition du Dictionnaire de l’AcadĂ©mie apportait des modifications importantes portant sur des catĂ©gories de mots. La derniĂšre Ă©dition apporte 505 adaptations de mots.

Depuis, les auteurs de dictionnaires prennent leurs responsabilitĂ©s, rnais leurs voies sont nĂ©cessairement divergentes. Aux aberrations historiques de l’orthographie du français s’ajoute maintenant une mouvance adaptative dd’ auteur. Exemples ( 2 ) :

dessouler (Littré) ; dessoûler ( Petit Larousse Illustré, 1962) ;

astracan ( Littré) ; astrakan, astracan ( Robert).

 

Qu’ont proposĂ© les rĂ©formismes du 20e siĂšcle ? Nous trouvons, dans le Rapport  gĂ©nĂ©ral ( 3) Ă©laborĂ© par la Commission placĂ©e sous la prĂ©sidence de A. BESLAIS, un tableau comparatif de projets rĂ©cents, ceux de DAUZAT ( 1940), LAFITTE-HOUSSAT (1950), BEAULIEUX (1952), de la Ligue pour une rĂ©forme de l’Orthographe ( s.d.) et celui de la Commission de rĂ©forme ( BESLAIS – 1952). En suivant l’ordre selon lequel est prĂ©sentĂ© le tableau, nous constatons que

– presque tous les auteurs suppriment les ” h grecs “, mais pas tous les ” h grecs ” ;

– l’unanimitĂ© est plus grande pour ramener les pluriels Ă  une seule forme, en S;

– le bon sens et le courage l’emportent pour s’attaquer aux doubles consonnes ;

 

(1) N. CATACH…, Orthographe et lexicographie. t. 1, Didier. 1971,

p. 168,

(2) id., p, 57.

(3) Rapport gĂ©nĂ©ral sur les modalitĂ©s d’une simplification Ă©ventuelle de

l’orthographe française. Ă©laborĂ© par la Commission ministĂ©rielle d’Ă©tudes orthographiques, Didier. Paris, 1966, pp. 14-15.

 

Leleux J., De l’orthographe et de son enseignement (1), p.5-14, Revue de la direction gĂ©nĂ©rale de l’organisation des Ă©tudes, n° 8-10, 1983, p.6-7

 

Une derniĂšre raison d’apprendre l’orthographe est d’ordre psycho-social.

On sait que chargĂ© par l’ AcadĂ©mie française, en 1673, d’Ă©laborer une rĂ©flexion sur la transcription , l’historien Eudes de MĂ©zeray , assura dans la premiĂšre version de son «Cahier de remarques sur l’orthographe française » qu’il convenait de choisir l’orthographe ancienne (donc la plus compliquĂ©e, J.L.) parce qu’elle distingue les gens de lettres d’avec les ignorants et les simples femmes. Les AcadĂ©miciens ne repoussĂšrent pas cette idĂ©e. Ainsi nĂ©e sur la base d’une distinction sociale, l’orthographe française a continuĂ© de dĂ©noncer les illettrĂ©s. Une « faute » dĂ©shonore le scripteur; Ă  l’inverse, la maĂźtrise de l’orthographe est un signe d’instruction, la preuve de l’appartenance Ă  l’Ă©lite culturelle. Autrement dit, celui qui ne respecte pas les graphies passe pour ĂȘtre un ignorant. Etiquette dangereuse, car de lĂ  Ă  incapable ou imbĂ©cile, il n’y a pas loin pour beaucoup (plus aptes Ă  juger sur la forme que sur le fond, beaucoup plus difficile Ă  apprĂ©cier). Orthographier correctement est donc une nĂ©cessitĂ© pour donner aux autres bonne opinion de soi. Enfin, nul n’ignore que l’on requiert des secrĂ©taires, dactylos, etc. une connaissance parfaite de l’orthographe sous peine d’ĂȘtre refusĂ©s ou licenciĂ©s. Et mĂȘme n’a-t-on pas vu des candidats cantonniers ou … fossoyeurs recrutĂ©s Ă  partir d’une Ă©preuve de dictĂ©e! (A l’inverse, voit-on des futurs ministres passer un examen d’orthographe avant d’ĂȘtre dĂ©signĂ©s ??) Ne pas se soucier de l’enseignement de l’orthographe va donc Ă  l’encontre des intĂ©rĂȘts, des Ă©lĂšves les plus malmenĂ©s par la vie. H. Huot a raison : «… Il est nĂ©cessaire d’apprendre l’orthographe aux enfants, surtout de milieu modeste – si l’on ne veut pas les vouer Ă  l’Ă©chec ou les enfermer dans leur classe d’origine… »  Ainsi des raisons psychologiques, sociales, linguistiques militent en faveur d’un apprentissage de l’orthographe

 

Diro, Une nouvelle grammaire, 2. Et l’ orthographe? , LB, s.d.

 

L’ apprentissage de l’ orthographe du français n’ est que chausse-trapes “car le français Ă©crit est loin d’ ĂȘtre phonĂ©tique: on dit “wazo” et l’ on Ă©crit “oiseau”, dont on ne pronon aucune lettre … Ces graphies françaises furent au centre de nos six ans, mais nous l’ avons oubliĂ©.  Nous nous sommes accommodĂ©s de l’ illogique.  Nous aimons l’ archaĂŻque qui nous rĂ©vĂšle l’origine Ă©tymologique de nos mots, …

D’ autres langues ont fait peau neuve, comme l’espagnol, le portugais, le norvĂ©gien, le danois, l’ allemand, le russe, le nĂ©erlandais: ils Ă©crivent fotografie, farmacie et sigaret … comme ils les prononcent.  Je ne discuterai pas ce charme dĂ©suet de notre façon d’ Ă©crire, je veux seulement attirer l’ attention sur les difficultĂ©s des enfants et sur leurs performances assez dĂ©plorables.”

 

Guion Jean, Nos enfants et l’orthographe, Parents et enfants, Le Centurion, Paris, p.30

 

… le nombre d’ exceptions est parfois presque aussi important que le nombre de mots qui suivent la rĂšgle.  Voici les rĂ©sultats:

– mots commençant par al- et all-:       87 % d’ exceptions.

–                                        ac- et acc-     32 

–                                        an- et ann-    32 

                                         ap- et app-    72

                                         at- et att-       37

                                         ar- et arr-      92

 

 

 

1981

Goosse A., Retour à l’ orthographe, LB, 15/06/81

“L’absurditĂ© de notre orthographe, qui est, en vĂ©ritĂ©, une des fabrications les plus cocasses du monde, est bien connue.  Elle est un recueil impĂ©rieux ou impĂ©ratif d’une quantitĂ© d’erreurs d’étymologie artificiellement fixĂ©es par des dĂ©cisions inexplicables.  (ValĂ©ry, VariĂ©tĂ©, Bibl. de la PlĂ©iade, p.1078) (texte de 1935)

 

1981

Goosse A., L’ orthographe encore, LB, 29/06/1981

“Joseph Hanse a constatĂ© qu’il y a,  Ă  l’intĂ©rieur d’un mĂȘme dictionnaire ou, plus souvent encore; d’un dictionnaire Ă  l’autre, de fĂącheuses contradictions.  Dans sa brochure, il a pris surtout en considĂ©ration les noms composĂ©s et leur pluriel.  (Orthographe et grammaire, Politique nouvelle, 1980, Conseil Intern. de la langue Fr., 28 p., Paris)

Les composĂ©s! … VoilĂ  bien un domaine dont la complexitĂ© dĂ©courage l’observateur aussi bien que l’ usager soucieux d’écrire correctement!”

 

1989

Loos Baudouin, faut-il rĂ©former l’ orthographe française?, LS 28/03/1989

“Rendre au français cette cohĂ©rence qui lui fait dĂ©faut.”

“J’ai prĂ©fĂ©rĂ© me consacrer Ă  la normalisation orthographique entre dictionnaires, car il existe encore trop de contradictions lexicographiques.”

 

1989

Goosse AndrĂ©, L’ñge d’or est un mythe, LB 29/04/1989

“A aucun moment de l’histoire du français, l’orthographe n’a Ă©tĂ© familiĂšre Ă  la majoritĂ©.” …”ou (Ă ) l’élite mĂȘme.”

 

1990

Goosse AndrĂ©, Les rectifications de l’ orthographe française, LB 10/08/1990

Paul ValĂ©ry, Ă  propos de ce qu’ il appelle notre ‘criminelle orthographe’:  “L’ absurditĂ© de notre orthographe, qui est, en vĂ©ritĂ©, une des fabrications les plus cocasses du monde, est bien connue.”

 

1990

Augustin Paul, Orthographe logique?, LB 10/04/1990

“Ne faut-il pas regretter le temps scolaire sacrifiĂ© en vain Ă  retenir des exceptions, qui aurait pu servir Ă  acquĂ©rir soit une ouverture d’ esprit, soit des connaissances supplĂ©mentaires?”

 

2000

Duplat Guy, La libération joyeuse de la langue, LB 27/09/2000

Jean-Marie Klinkenberg, vice-président du Conseil supérieur de la langue française :

« Les professeurs ont un rĂŽle trĂšs important auprĂšs des jeunes.  Ils doivent honnĂȘtement admettre que l’orthographe qui braque tant de gens est objectivement absurde et ne rĂ©pond Ă  aucune cohĂ©rence. Tous les linguistes le savent, (
).  Les professeurs doivent dire, Ă  la fois, qu’elle est absurde et nĂ©cessaire. »

 

 

 

2.8 Autoritarisme et anarchie

 

Lamensch Ph., Claude Duneton: Curieuse langue …, TĂ©lĂ©moustique, s.d., pp 8-12

 

(p.10) Duneton :

“Il est de bon ton de louanger l’AcadĂ©mie, les manuels ne s’en privent pas mais c’est incroyable.  Pensez donc : cette AcadĂ©mie s’est crĂ©Ă©e dans des conditions politiques extrĂȘmement douteuses, tout Ă  fait antidĂ©mocratiques … Lorsqu’on louange l’AcadĂ©mie et Richelieu, son fondateur, c’est un peu comme si Hitler avait fondĂ© un MinistĂšre de la Culture et de la Censure, qu’il avait gagnĂ© dans l’Europe entiĂšre et que 300 ans plus tard, les manuels d’histoire Ă©crivaient “Aah!” quand mĂȘme, cet Hitler, quel grand homme!”.  C’est exactement la mĂȘme situation.  Bon, l’AcadĂ©mie a donc fixĂ© les rĂšgles de la langue française, et c’est ainsi qu’au XVIIIe siĂšcle, le français est devenu une langue trĂšs pure – c’ est Ă  dire trĂšs Ă©purĂ©e – trĂšs internationale, une langue de prestige, quoi, dont le seul dĂ©faut Ă©tait de ne pas ĂȘtre parlĂ©e par le peuple de France!”

 

(p. 12) “L’anglais est bien la langue que parle la nation anglaise (pas britannique), tandis que le français n’ est pas la langue de la nation française.”

 

Maury Pierre, Les opposants … et les Belges!, LS 07/12/1990

 

Jean Molino, prof. Ă  la fac. des lettres de Lausanne:

“La France serait-elle la seule propriĂ©taire de la langue française?”

 

O.M., Une féminisation peu souhaitable, LB 15/02/1994

 

Selon l’AcadĂ©mie française, la rĂ©forme belge risque de jeter la confusion.  Le 13/12/93, le “Moniteur Belge” publiait l’arrĂȘtĂ© du gouvernement de la CommunautĂ© française relatif Ă  la fĂ©minisation des noms de mĂ©tiers, fonction, grade et titre dans les documents Ă©manant du secteur public.

 

Goosse A., FĂ©minisation: il faut raison garder, LB 09/03/1994

 

“Il y a dans tout usager du français un conservateur qui sommeille et qui, non content de refuser ce Ă  quoi il n’est pas habituĂ© (ce qui et son droit), prĂ©tend donner Ă  son refus, des fondements objectifs, surtout esthĂ©tiques.”

 

Maury P., L’AcadĂ©mie rĂ©pond Ă  l’AcadĂ©mie, LS 18/02/1994

 

“L’AcadĂ©mie française elle-mĂȘme a introduit dans son dictionnaire, en 1932-1935, plusieurs dizaines de fĂ©minins nouveaux, dont certains d’abord Ă©tĂ© critiquĂ©s.”

 

Van Rompay Frans, Quand Druon militarise le français, LS, 11/10/1994

 

« Au cours d’une Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©e, en mars 1993, Mme Rey-Debove, du dictionnaire Robert, dĂ©clarait que ses compatriotes ont toujours eu des rapports quasi ‘hystĂ©riques’ avec leur langue. 

Peut-on en douter quand l’ histoire de la langue foisonne d’exemples: les rĂ©fections savantes sur le latin classique, au XVIe siĂšcle; la naissance du pouvoir discrĂ©tionnaire de l’AcadĂ©mie française, au XVIIe siĂšcle; …; un gouvernement rĂ©publicain et dĂ©mocratique qui joue les lexicographes dictatoriaux, au XXe siĂšcle; la sacralisation d’ une orthographe obsolĂšte et Ă©litiste, emblĂšme d’ un prestige creux et garante de la perennitĂ© des carcans linguistiques au XXIe siĂšcle et au-delĂ ; la conviction profonde que toutes les langues doivent allĂ©geance Ă  la langue française, quel que soit le siĂšcle envisagĂ© … »

 

« La langue française doit-elle vraiment ĂȘtre la seule langue sous tutelle au monde? »

 

« Croire que le français est la plus belle au monde, c’est faire preuve de chauvinisme (de bon aloi, parce que inĂ©vitable: on ne peut trouver beau que ce que l’ on ne connaĂźt pas); s’ enorgueillir de l’ influence que cette langue exerce sur les autres langues, mais estimer par ailleurs qu’ elle ne peut s’ abaisser Ă  subir la leur, c’ est faire preuve d’ arrogance et Ă©talage de sa supĂ©rioritĂ©. »

 

Dans ‘Figaro Magazine’ du 26 juin dernier, M. Maurice Druon, secrĂ©taire permanent de l’ AcadĂ©mie française, faisait parĂątre un article surprenant.  Il y emprunte, de son propre aveu, la terminologie militaire pour traiter de la situation de la langue française.  Vraisemblablement, M. Druon considĂšre la langue française comme un instrument de guerre au service de la puissance politique, Ă©conomique … de la France: « Elle (la France) ne restera Ă  la hauteur de l’ histoire que si elle continue de disposer d’ une dissuasion nuclĂ©aire planĂ©taire suffisante, c’ est-Ă -dire sans cesse au point; et que si sa langue demeure une langue universelle. »  

 

« Dans un tel contexte, les conjectures et les extrapolations menacent.  Par ses prises de position, M. Druon, le thĂ©oricien, a pris le risque d’ accrĂ©diter certains arguments avancĂ©s par des analystes qui tentent de voir clair dans les motivations profondes de la pernicieuse politique française au Rwanda. Il se trouve soudainement et malgrĂ© lui en prise directe sur la rĂ©alitĂ© tragique du jour. Une thĂ©orie, fĂ»t-elle d’ AcadĂ©mie, peut, lorsqu’ elle tombe entre des mains irresponsables, conduire aux pires excĂšs sur le terrain.  C’est ainsi que Mme Colette Braeckman (‘Le Soir’ du 25.6.94) se refuse Ă  l’idĂ©e que la dĂ©fense de la francophonie contre les Tutsis anglicisĂ©s en Ouganda puisse coĂŻncider avec la protection d’un rĂ©gime digne des nazis. » 

 

C.D.B., André Goosse: dites Eurolande, AL 08/01/1999

 

AndrĂ© Goosse, secrĂ©taire perpĂ©tuel de l’AcadĂ©mie de littĂ©rature et de langue française recommande l’usage d’Eurolande et de centime.

On dit bien Irlande, Hollande, ZĂ©lande.  “Il n’y a qu’une exception: Groenland que nos amis français appellent Gro-enland”.”

 

– Avez-vous Ă©tĂ© consultĂ© par l’AcadĂ©mie française?

L’AcadĂ©mie française ne consulte personne; elle dĂ©cide.

 

 

ZIZANIE / C.D.B., Euroland ou Eurolande?, AL 08/01/1999

 

Pour le linguiste Maurice Gillet, responsable du Dictionnaire Ă©tymologique de la langue française, c’est le mot mĂȘme qu’il faut bannir, avec ou sans e. “Euroland n’est pas absurde, mais c’est un anglicisme ou un germanisme.  Quant Ă  son emploi avec un ‘e’, c’est doublement absurde, d’abord parce qu’on devrait dire lande euro, mais surtout parce que le mot français lande a divergĂ© depuis trĂšs longs de son Ă©quivalent anglais ou allemand pour prendre un tout autre sens.”

 

 

 

2.9 Une langue restée étrangÚre

 

 

Pirlot G., EspĂ©ranto: langue … naturelle!, in: L’ARA qui r’lie, 21, Mai 1989, A.R. Andenne, p.37-38

 

(p.38) “Peut-on qualifier de ‘naturelle’ la langue maternelle qui donne tant de soucis Ă  nos potaches?  Combien d’entre eux n’Ă©prouvent-ils pas de grandes difficultĂ©s Ă  s’exprimer naturellement dans leur propre langue truffĂ©e de rĂšgles, d’exceptions, de chausse-trappes en tout genre?  S’ils pouvaient suivre leur Ă©lan naturel, nul doute qu’ils auraient tĂŽt fait de simplifier la langue et de la rendre plus rĂ©guliĂšre, plus logique, moins artificielle!”

 

Jeangette Dominique (prof. de français au CollĂšge Saint-François-Xavier (Verviers), Le français en quĂȘte de sens, LB 26/02/2004

 

La langue maternelle s’apparentant de plus Ă  plus Ă  une langue Ă©trangĂšre pour les Ă©lĂšves, (…).

(…) Manque de culture gĂ©nĂ©rale, lacunes en orthographe, en vocabulaire, expresion Ă©crite mĂ©diocre, ce sont lĂ  les symptĂŽmes d’un mal plus profond : la langue maternelle (sic) leur devient une langue Ă©trangĂšre.

 

 

 

 

3 Conséquences

 

 

3.1 Dyslexie

 

 

Gauthy Pierre, Les dyslexies, LB, 30/01/1981

 

“Il y aurait plus de dyslexies en rĂ©gion francophone que flamande, dues sans doute aux difficultĂ©s inhĂ©rentes Ă  l’ orthographe française.”

 

 

 

3.2 Gros problĂšmes en lecture

 

 

FRANCE 3 – 20.50, Des racines et des ailes, VA 07/04/1999

 

Entre 10 et 20 % des Français … pourtant passĂ©s par l’école, sont incapables de lire et comprendre un texte simple.

 

Lamensch Michelle, « Ils lisent comme ils zappent », LS 20/04/2002

 

Joan Marblie (prof. français Ă  Bruxelles – AthĂ©nĂ©e des Pagodes) : « Des auteurs comme Racine ou Corneille, que j’abordais il y a 20 ans, sans avoir l’impression que c’était infaisable, reprĂ©sentent actuellement, pour mes Ă©lĂšves, un exercice pĂ©rilleux, terrible ! Ils ne savent pas lire Racine tout seuls. Je dois le lire avec eux, leur expliquer le contexte, etc., tellement le texte leur semble difficile. « Le Rouge et le Noir » ? C’est la premiĂšre fois que plus de la moitiĂ© de ma classe ne l’a mĂȘme pas lu. Parce qu’ils n’y arrivent pas, c’est trop compliqué 

 

Baus Monique, Le cours de français, facile et dévalorisé, LB 09/06/2007

 

» Les profs de français dénoncent la tombée en désuétude de leur cours. » Les Facultés de Namur viennent de les sonder sur les grands enjeux de leur matiÚre.

Selon eux, le français est devenu, en secondaire, un cours facile et dévalorisé.

Une grande enquĂȘte vient de sonder les profes­seurs de français du se­condaire en Commu­nautĂ© française. IntĂ©ressant, Ă  l’heure oĂč l’intensification des matiĂšres de base figure parmi les prioritĂ©s de campagne de la plu­part des partis. Avec, en ar­riĂšre-plan, le verdict-couperet de l’enquĂȘte Pisa: les performances dans leur propre langue des Ă©lÚ­ves des Ă©coles francophones de Belgique sont dĂ©plorables. Ici, on est dans le vĂ©cu des enseignants. Des profs qui tĂ©moignent de la tombĂ©e en dĂ©suĂ©tude de leur ma­tiĂšre.

Les FacultĂ©s universitaires de Namur (FUNDP) ont sĂ©lectionnĂ© une septantaine d’Ă©coles afin de mener leur consultation. Plu­sieurs critĂšres essentiels ont Ă©tĂ© respectĂ©s, dont le juste Ă©quilibre entre Ă©tablissements d’enseigne­ment gĂ©nĂ©ral, technique, profes­sionnel et Ă  discrimination posi­tive, et une rĂ©partition gĂ©ographi­que des Ă©coles par province. Bref, prĂšs de 1100 professeurs ont Ă©tĂ© consultĂ©s. Dont prĂšs de 400 ont rĂ©pondu au questionnaire.

 

Les acquis en lecture et en Ă©criture sont clairement insuffisants. Les enfants a

ter, en prĂ©lude, que les profes­seurs sont majoritairement satis­faits de leur profession. Le pre­mier motif qui pourrait les con­duire Ă  changer de mĂ©tier est, pour les femmes, la lassitude gé­nĂ©rale (20 pc) et, pour les hom­mes, l’opposition Ă  la hiĂ©rarchie (17pc).

 

Quatre compétences

 

(
) les professeurs du 3e degrĂ© sont encore respective­ment 73 pc Ă  juger le niveau d’ac­quisition de l’Ă©criture “peu” ou “non acquis” et 62 pc pour la lec­ture. “Cela montre qu’en six ans d’Ă©tudes, on constate peu d’amĂ©lio­rations sensibles.”

 

 

 

3.3 Perte de temps importante Ă  l’école et mauvais rĂ©sultats

 

 

Henry Landroit, L’ orthographe existe.  A qui la faute?, Le ligueur, 22, 1986

 

La rĂšgle de l’accord du participe passĂ© est rarement intĂ©grĂ©e avant onze-douze ans.

 

Gauthy P., Coman fo-t-il Ă©crir?, LB 07/01/1994

 

“On passe un tiers du temps scolaire Ă  leur bourrer le crĂąne de ce fatras d’ illogismes considĂ©rĂ© comme notre patrimoine culturel, au dĂ©triment des connaissances utiles!”

“Que l’orthographe de notre langue soit bizarre, personne ne le contestera.”  ‘On rencontre plus souvent des mots dont on ne prononce pas une seule lettre, comme oiseau (wazo) que des mots qui s’ Ă©crivent comme ils se prononcent.”

“C’est la fantaisie qui prĂ©cĂšde Ă  l’ usage des consonnes redoublĂ©es.”

 

Gratus Adrien, L’intelligence d’un pays, en trois chiffres, LB 05/08/2002

 

Dans les Ă©coles francophones, un facteur dont on ne parle jamais, c’est qu’il faut savoir que plus de la moitiĂ© du temps passĂ© durant toute la durĂ©e des Ă©tudes Ă  Ă©tudier le français, est passĂ© Ă  Ă©tudier des rĂšgles d’orthographe imbĂ©ciles et qui ne servent strictement Ă  rien. (..) Mais peu d’intellectuels francophones sont capables d’avoir le recul nĂ©cessaire pour faire cette analyse.

 

 

 

Bouillon Pierre, Pourquoi est-on si nul en français ?, LS 20/04/2002

 

Les dĂ©putĂ©s du parlement de la CommunautĂ© française (sic) ont dĂ©battu du degrĂ© de « maĂźtrise de la langue française » de nos Ă©lĂšves – on les sait globalement mĂ©diocres, (
).

 

Klein Dorothée, Le français, un pont aux ùnes, Le Vif, 29/05/1998, p.36-37

EnquĂȘtes Ă  l’ULG et Ă  l’UCL.

 

(p.36) “De 60 Ă  70 % des Ă©tudiants en 1re candidature, toutes spĂ©cialitĂ©s confondues, ignorent la signification du mot ‘corollaire’, qui apparaĂźt pourtant frĂ©quemment dans les syllabus.  Plus de 80 % d’entre eux sont Ă©galement incapables de donner un synonyme de ‘stigmatiser’ ou de ‘dichotomie’.  La plupart confondent ‘effraction’ et ‘infraction’ ou ‘induire’ et ‘dĂ©duire’ …”

“… les candidats universitaires ont grosso modo le mĂȘme degrĂ© d’acquisition de leur (sic) langue, quelle que soit l’orientation choisie.  Pour des raisons Ă©videntes, les romanistes rĂ©ussissent toutefois l’exercice / en analyse logique et en grammaire, en comprĂ©hension/ mieux que les autres, avec une mmoyenne de 63 %.”

“…le rĂ©sultat moyen ne dĂ©passait … 40 % en vocabulaire!”

“C’est un lieu commun de dire que les Ă©tudiants ne connaissent pas leur (sic) langue maternelle, observe Solange MĂ©lon, chercheuse au dĂ©partement de français de l’Insitut supĂ©rieur des langues vivantes (ISLV) de l’Ulg.”

 

Mouton Olivier, Que faire pour Ă©viter la catastrophe en sciences?, LB 08/04/1998

 

“Les petits francophones n’ont vu, à ce moment /en deuxiùme secondaire/, que 39 pc des matiùres sur lesquelles ont interroge contre 74 pc ailleurs”, vu l’analyse internationale des programmes officiels pour les matiùres scientifiques.

 

Caron CĂ©dric, Les Ă©tudiants de 1re candi n’ont pas le niveau requis, VA 14/12/2006

Une recherche menée aux facultés de Namur montre un déficit de connaissances par rapport aux attentes des profs

 

 « On constate que les Ă©tudiants dé­gagent bien l’idĂ©e principale d’un texte. Mais c’est moins bon en ce qui concerne la rigueur. On attend d’eux qu’ils soient prĂ©cis : qu’ils utilisent les mots scientifiques Ă  bon escient et qu’ils les orthographient correcte­ment», explique MichĂšle Monballin, collaboratrice du projet.

« Ils manquent parfois d’un savoir- ‘ faire de base, comme rĂ©soudre une Ă©quation du second degrĂ©. Des concepts comme “rural” ou “foncier”, indispensables en histoire, ne sont pas connus», poursuit-elle.

(
)

Une autre.collaboratrice reprend:’ «Les professeurs pensent partir de zĂ©ro, mais en fait leur enseignement se base sur un savoir. Et les Ă©tu­diants ne le possĂšdent pas toujours. Pour suivre un cours de biologie, il faut connaĂźtre le sens de mots comme “tissu” ou “organisme”. Un niveau de langage soutenu comme “il n’est pas de mise” n’est pas tou­jours saisi. »                                   

Ayant pris connaissance du pro­blĂšme, les professeurs ont adhĂ©rĂ© Ă  la dĂ©marche : « 7/s ne sont pas retirĂ©s dans leur tour d’ivoire. Ils prennent du temps pour expliquer ce qu’ils sa­vent inconnu, maintenant qu’ils connaissent la situation. Certains ont d’ailleurs ajoutĂ© un glossaire Ă  la fin de leur syllabus, se rĂ©jouit Marc Romainville, directeur du projet. « Ce qui est inquiĂ©tant, c’est le hia­tus qu’il y a entre les connaissances que l’on attend des Ă©tudiants et leurs connaissances rĂ©elles », explique-t-il. Et de prĂ©coniser qu’« il faudrait plus de dialogue entre le supĂ©rieur et le se­condaire.

Une cause d’Ă©chec Ă  l’universitĂ© est que tous les nouveaux Ă©tudiante n’y sont pas Ă©gaux. Le diplĂŽme de se­condaires n’a pas la mĂȘme valeur d’une Ă©cole Ă  l’autre. Nous n’avons pas de bac, comme en France, qui per­met de s’assurer que tout le monde a bien acquis le mĂȘme niveau. Nous maintenons d’ailleurs les passeports. Ceux-ci font office de choc pour les Ă©tudiants. Ils se rendent comptent de la situation. »

 

 

 

3.4 Une orthographe lamentable

 

3.4.1 Fautes chez les Ă©crivains

 

 

Hella André, Les fautes que commettent les bons écrivains, VA s.d.

 

Si nous relevons des incorrections commises par de bons Ă©crivains, c’est pour y rendre attentifs les lecteurs, qui ne manqueront sans doute pas de faire des rapprochements avec

eux-mĂȘmes.

Ce sont les fautes de conjugaison qui nous frappent le plus. Le passĂ© simple est Ă©videmment le temps le plus estropiĂ©. On trouve chez Huysmans (A rebours) : ” D’un commun accord ils requĂ©rirent (pour requirent) la sĂ©paration de corps ‘. Chez Saint-ExupĂ©ry (Courrier Sud) : ” Les lampes Ă  arc, toutes Ă  la fois, luirent ” (pour luisirent).

D’aucuns dĂ©couvrent un passĂ© simple Ă  des verbes qui n’en ont point, ainsi « extrayai “, « absolvai ” « dissolvĂšrent ,’, « distrayĂšrent “, etc.

Il n’est pas tellement rare de tomber, mĂȘme dans d’excellents journaux, sur des barbarismes aussI flagrants que : ” Ils dĂ©duirent » (pour dĂ©duIsIrent), ” elles Ă©quivalĂšrent » (pour Ă©quIvalurent), ” ils vivĂšrent » (pour vĂ©curent) et ” il recouvrit (pour recouvra) la santĂ© “.

Le passĂ© simple n’est pas seul Ă  faire les frais de ces distractions ou de cette Ignorance. VoicI en vrac d’autres incorrections. « se dĂ©partissait », pour dĂ©partait, chez Giraudoux, Martin du Gard, Jacques Perret et Vialar.

« ExcluĂąt “, pour exclĂ»t, chez Giraudoux (Les aventures de JĂ©rĂŽme Bardini). « Leurs nez bleuĂątres saillissaient (pour saIllaIent) entre leurs joues creuses », chez Flaubert (Sa1ammbĂŽ). D’ autres auteurs, pourtant de qualitĂ© eux aussi, paraissent ne pas savoir que ” saillissait » signifie jaillissait et que ” saillait » a le sens de ressortaIt. s’avançait en dehors . ainsi, on peut lire chez La Varende « La pomme d’Adam saillissante » (pour saillante). ” Elle giserait Ă  jamais dans cette caisse hermĂ©tique ” (Marguerite Yourcenar, MĂ©moires d’Hadrien) : gĂ©sir n’a pas de conditionnel, et s’il en avait un, ce serait « gĂ©sirait » ou « gĂźrait ».

” VĂȘtissaient ” d’orages, pour vĂȘtalent. chez Lamartine (La Chute d’un ange). « Cela me stupĂ©fait ”  (pour stupĂ©fie) chez Flaubert (Correspondance).

« Poigner ” pour poindre chez Alphonse Daudet et ” poigna ” pour poignit chez Huysmans. Ce verbe poindre, au sens de piquer, n’est plus guĂšre usitĂ© d’ailleurs que dans le proverbe : .« Oigner vilain, il vous poindra; poignez vilain, il vous oindra”. Au sens de commencer Ă  paraĂźtre, il est plus couramment employĂ©; mais ses formes verbales se limitent Ă  l’infinitif et au futur.

« Je partirai dÚs que le jour poindra » .

« On entendait des voix bruisser” (pour bruIre) chez Giono et « Le papier bruissa » chez Gide,

alors que ce verbe n’ a pas de passĂ© simple. .. Il arrive aussi que des Ă©crivains confondent le passĂ© antĂ©rieur de l’indicatif et le plus-que-parfait du subjonctif. Ainsi , « S’il avait eu du laudanum, je n’y eus pas (pour je n’y eusse pas) coupĂ© d’un baiser. (Giraudoux) « Je n’eus point (pour n’eusse point) rĂ©ussi ». (Francis Carco) !

Mais la conjugaison n’est pas la seule pierre d’ achoppement. Des rĂšgles d’accord semblent mĂ©connues parfois, surtout celles du participe passĂ© . ” L’insensible distance qu’avait mis (pour mise) entre eux la fin de leur prĂ©cĂ©dent entretien » (Roger Martin du Gard) ;

« Une doctrine nous est lĂ©guĂ©e …

C’ est celle que nous ont transmis (pour transmise) nos maĂźtres » (Gide).

Les temps surcomposĂ©s sont lourds du fait qu’ils ont deux participes ; ils sont toutefois indispensables dans certaines subordonnĂ©es pour exprimer l’antĂ©rioritĂ© par rapport Ă  une principale dont le verbe est dĂ©jĂ  Ă  un temps composĂ©. C’est le cas dans les phrases suivantes . « Quand il a eu terminĂ© sa tournĂ©e d’agences, il a tĂąchĂ© de mettre au point son organisation Ă 

lui ” (Jules Romains) ; « Quand il a eu fini, il s’est adressĂ© Ă  moi en m’ appelant son ami ” (Camus). Par contre, les temps surcomposĂ©s ne se justifient en aucune maniĂšre

dans ces extraits . « Je ne devais la revoir qu’aprĂšs mon amputation, quand on m’a eu coupĂ© (pour quĂȘte » (Kessel) quand on m’a coupĂ©) la main droite” (Blaise Cendrars) : « La cousine

Richard qui, Ă  minuit, bien vivante et revenant de Paris, avait Ă©tĂ© morte (pour Ă©taIt morte) Ă  huit heures ” (Marie NoĂ«l). Ces formes sont Ă  Ă©viter quand il s’ agit de verbes conjuguĂ©s avec ĂȘtre.

La rĂšgle moderne veut que le participĂ© dĂ©tachĂ© en tĂȘte de phrase se rapporte au sujet du

verbe personnel qu’il prĂ©cĂšde. Tous les Ă©crivains sont assez loin de la respecter en toute occasion : « SitĂŽt sortis de Sousse et de l’abri de ses collines, le vent commença de souffler » (Gide) ; « ArrivĂ© dans une ville nouvelle, une femme dĂ©couverte le matin dormait le soir dans ses meubles » 

(Montherlant) ; « Lui ayant ramassĂ© son sac, elle remercia d’une voix aimable ” (Marcel AymĂ©). Il faut avouer que. surtout pour la derniĂšre phrase. une grande attention est nĂ©cessaire pour que l’Ă©quivoque soit Ă©vitĂ©e.

Les modes sont assez souvent employĂ©s Ă  contre-temps. Avant que rĂ©git le subjonctif et aprĂšs que l’indicatif. Il arrive que s’ observe l’inverse… Exemples : « Avant que les deux enfants eurent (pour eussent) prĂ©sentĂ© le feu et le tambourin pour la « Il fallut plusieurs jours et plusieurs nuits avant que nous pĂ»mes (pour pussions) distinguer ” (Maurice Toesca). En ce qui concerne aprĂšs que, nous savons que l’usage est en train de changer. Nous regrettons d’autant plus que c’est une transformation syntaxique que rien ne justifie.

Ce qui nous surprend plus encore, c’est de constater que le subjonctif n’est pas toujours prĂ©sent aprĂšs les verbes de crainte et de sentiment. Ainsi : « Car elle ne vint pas, comme si elle craignait que nous fĂ»mes (pour fussions) gĂȘnĂ©s l’un par l’autre ” (RenĂ© Benjamin) ; « En s’Ă©tonnant que son sang avait pu (pour eĂ»t pu) brĂ»ler dans ses veines » (Marcel AymĂ©) ; crainte que le policier pourrait (pour puisse) le trouver en bas l’assombrit ” (Francis Carco).

Quant la conjonction que remplace une autre, elle rĂ©git ordinairement le mĂȘme mode, sauf ce qui concerne le si conditionnel. Cette rĂšgle n’est pas toujours observĂ©e . « DĂšs que la lumiĂšre redevint normale et que de nouvelles bouteilles eussent Ă©tĂ© (pour eurent Ă©tĂ©) apportĂ©es » (Maurice Druon) ; « Alors. disait Adrien, si quelque part un enfant est malade et qu’il faut (pour qu’il faille) un mĂ©decin” (Aragon). Ce sont des incorrections flagrantes.

 

Hella André, Des fautes chez les grands écrivains, VA 11/02/1974

 

Les plus grands noms de la littĂ©rature ne sont pas Ă  l’abri des fautes contre la grammaire et mĂȘme contre l’orthographe.

Le plus souvent, ce sont les conjugaisons de verbes irrĂ©guliers, particuliĂšrement celles de vĂȘtir, dĂ©partir, luire, poindre et saillir.

(Delille, « Paradis perdu ») « De leurs molles toisons, les brbis se vĂȘtissent » ; « Les sauvages vivaient et se vĂȘtissaient du produit de leurs chasses » (Chateaubriand – MĂ©moires d’Outretombe), « VoilĂ  la place vide oĂč ma mĂšre Ă  toute heure, vĂȘtissait l’indigence ou nourrissait la faim. » (Lamartine – Milly).

Asseoir : « Il faut que je m’asseois » (Jules Romains – Lucienne).

Roger Martin du gard (Les Thibault) : « Cette assurance satisfaite dont il ne se départissait jamais. »

Poindre : plus connu Ă  des temps conjuguĂ©s. On dit : Je poignais, je poignis, poignant, mais qui se sert de poindre et mĂȘme de son participe passĂ© point. Il n’est pas Ă©tonnant dĂšs lors qu’on lise ou, surtout, entende un monstre grammatical tel que “poigner ., mĂ©me sous la plume d’Ă©crivains renommĂ©s . ” Une effroyable terreur poigna Des Esseintes  (J.-K Huysmans – ” A Rebours ») :  Les poitr’ines ne respiraient plUs. poignees d’angoisse ” (EstauniĂ© – Un Simple ») Ce pataquĂšs, nous l’avons retrouvĂ© maintes fois chez Alphonse Daudet. PrĂ©cisons que cet Ă©trange infinitif, que trĂšs peu de francophones connaissent signifie littĂ©ralement piquer et. par contamination, blesser. faire mal, qui est son acceptation la plus courante. Autre sens encore, et tout diffĂ©rent : pointer, apparaĂźtre. Ainsi dans « Nous avons vu poindre les premiers rayons du soleil “

Saillir a des conjugaisons qui varient selon ses deux significatiins. La premiĂšre est jaillir. la

seconde. ĂȘtre en saillie. Dans le premier cas, i1 se conjugue comme finir, dans le second conme sortir.

La confusion est frĂ©quente, mĂȘme chez un ecriv’ain de haut rang comme Flaubert. qui Ă©tait, de plus un travailleur mĂ©ticuleux :  « Leurs nez bleuĂątres saillissaient entre leurs joues creuses. fendillĂ©es par des rides profondes . (Salamimbo).(sic)

Des barbarismes trĂšs divers se rencontrent chez d’autres grands noms François Mauriac ecrit . l’allĂ©e gravĂ©e . pour gravelĂ©e, dans Le MystĂšre Frontenac. Alphonse Daudet qui, dĂ©cidemnent, paraĂźt une cible idĂ©ale pour le crayon rouge du pion, a conmmis des nĂ©gligences aussi lourdes que  « Dans ce frĂ©netisme de vivats » pour frĂ©nĂ©sie (dans L’Immortel) et « Elle tombe Ă  genou sur un prie-Dieu. et s’y prostre “. pour. s’y prosterne dans L’Immortel Ă©galement).

Des erreurs de conjugalnon telles que « il rĂ©soud » (pour rĂ©sout) ou « rĂ©solva » (pour rĂ©solut)  sont moins rares qu’on ne pense, de mĂȘme un trĂšs mauvais emploi des majuscules et des tirets.

A l’heure actuelle, les maisons d’éditions possĂšdent leurs lecteurs.

Qui sont gĂ©nĂ©ralement eux-mĂȘmes des Ă©crivains de qualitĂ©, ainsi que leurs correcteurs, qui sont des grammairiens vĂ©tilleux.

 

Hella André, Des incorrections chez de bons écrivains, VA 30/12/1987

 

De bons et mĂȘme de grands Ă©crivains commettent des incorrections. Si elles me paraissent intĂ©ressantes Ă  relever, c’est parce qu’elles sont autant de piĂšges grammaticaux dans lequels plus d’un risque de tomber.

 

Conjugaisons

 

Les fautes de conjugaison ne sont pas tellement rares. Les formes du passĂ© simple semblent les plus mĂ©connues. J.-K. Huysmans Ă©crit : ” D’un commun accord ils requĂ©rirent (pour requirent) la sĂ©paration de corps. Et Saint-ExupĂ©ry . ” Les lampes Ă  arc luirent (pour luisirent). Ce malencontreux ” luirent” se rencontre aussi chez Aragon et La Varende. On trouve chez Mauriac « Elle ne recouvrit (pour recouvra) ses sens que sur la premiĂšre marche “. De mĂȘme ” dissolvĂšrent ” chez Jacques Perret. ” extrayĂąmes ” chez Jean DuchĂ©, ” distraya ” chez Daniel

HalĂ©vy et ” bruissa ” chez LĂ©on Daudet et AndrĂ© Gide, alors que les verbes dissoudre,

extraire, distraire et bruire n’ont pas de passĂ© dĂ©fini.

Sous l’influence de l’adjectif stupĂ©fait, stupĂ©fier est parfois supplantĂ© par ” stupĂ©faire”, mĂȘme chez Flaubert : ” Cela m’a stupĂ©fait “.

D’ excellents auteurs tels que ChĂąteaubriand, Alphonse Daudet et Jules Renard ont paru ignorer que l’infinitif de poignant Ă©tait poindre, au sens de piquer, et non ” poigner “, qui est Ă  rejeter.

Ce qui Ă©tonne, c’est la confusi’on assez frĂ©quente entre le passĂ© antĂ©rieur de l’indicatif et le plus-que-parfait du subjonctif, dans le cas oĂč celui-ci est considĂ©rĂ© comme seconde forme du conditionnel passĂ© : ” S’il avait eu du landanum, je n’y eus (pour eusse) pas coupĂ© d’un baiser ” (Giraudoux). Mais comment Ă©changer ma nature contre celle que je lui voyais ! Je n’eus (pour eusse) point rĂ©ussi (F. Carco).

Il n’est pas moins surprenant de voir des noms illustres de la littĂ©rature appliquer Ă  des verbes irrĂ©guliers la construction interrogative rĂ©servĂ©e aux verbes en er. Ă  la seule premiĂšre personne du singulier de l’indicatif prĂ©sent : ” Que voulĂ©-je d’elle ? ” (Giraudoux) – ” CousĂ©-jĂ© ? “

(Colette). Qu’est-ce que je veux d’elle ? et Est-ce que je couds ? ont sans doute Ă©tĂ© jugĂ©s trop lourds et trop maladroits. C’Ă©tait pourtant la seule façon correcte de s’ exprimer. En dehors de quelques verbes monosyllabiques souvent employĂ©s tels que ai-je, puis-je, vais-je, etc, il s’impose en effet pour des raisons d’euphonie, d’Ă©viter la forme interrogative inversĂ©es Ă  la premiĂšre personne du singulier de l’indicatif. Il est mĂȘme conseillĂ© d’ Ă©tendre cet interdit aux

verbes en -er, car si rĂ©guliĂšres que soient les formes pensĂ©-je, aimĂ©-je, etc, elles prĂȘtent Ă  confusion. du moins pour l’oreille, avec d’autres temps.

Parmi , autres ” monstres » morphologiques, je retiendria encore . ” excluĂąt ” (pour exclĂ»t) chez Giraudoux, ” vĂȘtissaient ” (pour vĂȘtaient) chez Lamartine, ” se dissoude ” (pour se dissolve) chez Victor Hugo, ” se dĂ©partissait » (pour se dĂ©partait) chez Cocteau et Roger Martin du Gard, ” eusse Ă©tĂ© d’accord ” (pour eĂ»t Ă©tĂ©) chez Roger Vailland, ” la pomme d’Adam saillissante ” (pour saillante, le sens du verbe Ă©tant ici « ĂȘtre en saillie » et non ” jaillir “) chez La Varende.

 

Syntaxe

 

Parmi les rĂšgles qui concernent la syntaxe d’accord, ce sont Ă©videmment celles du participe passĂ© qui sont les plus bousculĂ©es. Chez d’excellents Ă©crivains s’observe mĂȘme la tendance Ă  rendre le participe invariable dans les propositions relatives quand le sujet y est inversĂ© . ” L’insensible .distance qu’avait mis entre eux la fin de- leur prĂ©cĂ©dent entretien (R. Martin du Gard) – « Une doctrine nous est lĂ©guĂ©e… C’est celle que nous ont transmis nos maitres ” (Gide) – « Quels malheurs n’ avaient pas causĂ© les femmes ce jour-lĂ  ! ” (Giraudoux).

Le subjonctif est loin d’ĂȘtre employĂ© dans tous les cas oĂč il est de rigueur. Cela se remarque tout particuliĂšrement :

– Dans les concessives, mĂȘme si elles Ă©noncent un fait prĂ©sent ou passĂ© : ” Le verre n’est pas de mon art, bien que j’y entends quelque chose ” (Claudel) –

” Aussi . il ne nous a jamais donnĂ© le prix, quoiqu’il n’y a que nous qui sachions danser ” (Proust).

– AprĂšs les verbes, noms et adjectifs de crainte ou, plus gĂ©nĂ©ralement, de sens affectif . « La crainte que le policier pourrait Se trouver en bas l’assombrit ” (F. Carco) – ” En s’Ă©tonnant que son sang avait pu brĂ»ler dans ses veines ” (Marcel AymĂ©).

Les pronoms relatifs sont assez frĂ©quemment source d’incorrection, surtout dont . ” Un ami

dont on se console de la mort ” (Mauriac) pour . ” Un ami de la mort duquel on se console ” – ” Je flaire une comĂ©die dont je ne suis pas dans le secret ” (Montherlant) pour ” Je flaire une comĂ©die dans le secret de laquelle je ne suis pas “. Il arrive qu’un mauvais emploi de

dont engendre un véritable charabia, comme dans cette phrase de Pierre Benoit :

” Il y a quelque chose dont je vous serai reconnaissante de tout de suite me dire, commença Mme PĂ©riadĂšs “.

Certains Ă©crivains, et non des moindres, n’hĂ©sitent pas Ă  faire dĂ©pendre une surbordonnĂ©e d’une prĂ©position comme s’il s’agissait d’un nom complĂ©ment. Or, si cette construction est lĂ©gitime aprĂšs pour (« il a Ă©conomisĂ© cet argent pour quand il sera retraitĂ© »), elle ne l’est point aprĂšs les autres prĂ©positions : ” J’ai souvent songĂ© Ă  comment vous serez quand vous serez vieux ” (Montherlant).

– ” Tout de partout, des visages qui rient, avec comme s’ils avaient changĂ© leurs nez et leurs moustaches ” (Giono).

” Jeannot n’a rien contre qu’on chasse Maria ” (Aragon).

A la diffĂ©rence des autres types d’erreur, celui-ci ne me parait pas dĂ» Ă  l’inattention,

mais bien plutĂŽt Ă  une dĂ©sinvolture provocante que certains Ă©crivains aiment d’afficher Ă  l’Ă©gard de la grammaire.

 

 

 

3.4.2 Fautes dans la presse

 

 

Dans des situations difficiles, il serait presque nĂ©cessaire d’évaluer de façon individuelle chacun d’entre eux en mesurant le degrĂ© de progrĂšs rĂ©aliser par rapport Ă  leur propre niveau en dĂ©but d’annĂ©e.

(in : LB 17/12/2002)

 

Les maisons Ă  ossature en acier prĂ©sentent l’avantage d’une capacitĂ© de construction et elles coĂ»teraient, selon leurs promoteurs, entre 5 et 20 pc. moins chĂšres que les maisons traditionnelles.

 

(LB 17/12/2002, p.20)

On ne fait Ă©videmment aucun commentaire sur ce point au siĂšge de la sociĂ©tĂ©. Pas plus qu’on estime que l’OPE sur BBL ait pu avoir la moindre influence sur la dĂ©cision.

 

(LB 13/11/1997, p.13)

« Mais il s’en prenait Ă  de jeunes scouts » ne sont pas conformes au jugement dont l’agence Belga Ă©tait sensĂ©e donner un compte-rendu.

(LB 02/11/2002, p.5)

 

Le pĂšre et le fils auraient semble-t-il, dĂ©jĂ  eu une altercation avec ses deux jeunes, dans l’aprĂšs-midi, prĂšs de la place de Montignies-sur-Sambre.

(VA 01/10/2002, p.25)

 

Les Hurlus regrettent la mauvaise habitude qu’ils ont pris. (LB 13/11/2006)

 

Etc.

 

3.4.3 Fautes chez nos  hommes (et femmes) politiques

 

La langue française martyrisée, LB 24/01/1992

 

Il n’ y a pas que dans les journaux que la langue et l’ orthographe sont parfois soumises Ă  rude Ă©preuve. MĂȘme dans le saint du saint de la francophonie que devrait ĂȘtre le Conseil de la CommunautĂ© française, on en dĂ©couvre des vertes et des pas mĂ»res.

Ainsi le trĂšs cultivĂ© Philippe Monfils a-t-il laissĂ© diffuser, jeudi, une version Ă©crite de son intervention Ă  la tribune oĂč nous est rĂ©vĂ©lĂ©e l’ existence d’un conflit ignorĂ© Ă  ce jour, tant des gĂ©ostratĂšges que des chroniqueurs sportifs : « la Guerre du Golfe “. Le mĂȘme nous apprend un peu plus loin que l’ essentiel, pour l’homme politique, est « qu’on croit (sic) qu’il fera ce qu’il dit ». Quant Ă  telle dĂ©cision annoncĂ©e mardi par Bernard Anselme, elle serait rien moins qu’ « un extraordinaire avoeu (sic) d’impuissance ».

Nathalie de ‘t Serclaes, pour sa part, croit avoir compris, Ă  travers les Ă©lections du 24 novembre, « ce que nos concitoyens voulait (sic) d’ abord et avant tout ». Et d’ ajouter que la rĂ©alitĂ© quotidienne ne peut se satisfaire de bonnes intentions car “c’est d’actions concrĂštes sur le terrain dont (sic) elle a besoin”.

Quelle grande fĂȘte de l’ esprit !…

 

 

 

3.4.4 Fautes dans le milieu professionnel

 

 

B.C. (Faimes), QUELLE ORTHOGRAPHE!, in : CTR 06/10/2006

 

Je suis francophone et, depuis peu, je dois m’oc­cuper du recrutement de nouveaux collaborateurs dans le cadre de mon travail de chef de district pour une chaĂźne de supermarchĂ©s. J’ai donc soigneuse­ment Ă©pluchĂ© les curriculum vitae qui nie parve­naient. Sur les septante premiĂšres lettres que j’ai pu voir, une cinquantaine comportaient des fautes de langage ou d’orthographe ! Je vous laisse deviner oĂč elles ont atterri. Il me semble tout de mĂȘme primordial de s’adresser Ă  un employeur potentiel dans un français irrĂ©prochable. Il n’est dĂ©jĂ  pas aisĂ© de trouver un emploi, autant faire relire sa missive par une personne compĂ©tente avant de l’envoyer, si l’on est hĂ©sitant dans la rĂ©daction de son courrier. C’est pourquoi les propos de monsieur Leterme sur l’aptitude des francophones Ă  apprendre le nĂ©er­landais me font bien rire, quand je vois que beau­coup ont dĂ©jĂ  du mal Ă  maĂźtriser correctement le français!

 

 

 

3.4.5 Fautes dans les concours

 

 

1989

Un seul “o” faute aux championnats du monde d’orthographe, LB 04/12/1989

“252 finalistes ont planchĂ©, samedi, sur la dictĂ©e proposĂ©e par Bernard Pivot.”

 

1991

Des écoliers champions de la dictée, LB 01/06/1991

‘Ils Ă©taient 77 de 6e primaire Ă  participer au Championnat national francophone d’orthographe.’

“Les laurĂ©ats qui ont fait moins de 5 fautes dans la dictĂ©e sont les suivants: – avec une faute: Maud BarthĂ©lemey (Ă©cole Notre-Dame de Bastogne); …”

 

1993

PiÚges et finesses de la langue française, LB 13/12/1993

Un professeur du nord de la France et un habitant des Landes ont accompli un sans-faute. A l’issue de la finale, Bernard Pivot leur a remis les nouveaux trophĂ©es, les ” Dicos d’or ».

Participants : 115.665.

 

1996

Finale des Dicos d’ or: pas un seul zĂ©ro faute!, LS 17/12/1996

 

2000

Balfroid Liliane, “FrappĂ©s” a sĂ©rieusement frappĂ© les concurrents de Jodoigne, LB 01/03/2000

APPLAUDIS: applaudi, applaudit, applaudits, applaudies, aplaudis

ENTHOUSIASMES: enthousiasthmés, enthousiashmés, enthoushiasmés, entousiasmés

COURONS: courrons

PRENONS: prennons

BIENFAITS: biens faits, biens-faits, biensfaits, bienfait

PERSEVERANCE: persévérence, pérsévérance, percéverance, percévérance, percévérence, pércevérence

SEANCE: scéance

ENDURANCE: andurance, endurence

PANTOUFLES: pantouffles

 

+ participes passés

 

2001

Dictée / Sans-faute à 11 ans, VA 07/05/2001

Samedi, SĂ©bastien C., 11 ans, Ă©lĂšve de l’Ă©cole communale de Blanmont (Chastre, Brabant wallon) a remportĂ© avec un sans-faute la finale de la dictĂ©e du balfroid.

… Sur 15.000 quarts de finalistes.

 

2002

Orthographe / Deux Belges primés à la dictée des Amériques, AL 08/04/2002

Un Bruxellois de 15 ans et un senior professionnel ont été proclamés « Grand Champion » de leur catégorie lors de la finale.

Les candidats se sont imposés avec 12 et 10 fautes .

 

2002

Pas de zéro faute chez Pivot !, LS 14/01/2002

« C’est Ă  Paris, Ă  l’UniversitĂ© de tous les savoirs, que les 205 finalistes des Dicos d’or 2001 nt tentĂ© de dĂ©jouer les piĂšges tendus par le grand maĂźtre en la matiĂšre, Bernard Pivot. Et son Ă©quipe.

 

2002

Rinchart Johan, Samedi, le Balfroid 2002 fut clÎturé, LB 29/04/2002

TrÚs petit taux de réussite au grand jeu de la dictée.

60 des 536 participants ont fait moins de six fautes.

La finaliste gagne avec une faute.

 

2004

Balfroid Liliane, Un score globalement honorable pour une dictée équilibrée, LB 10/03/2004

Aucun sans-faute parmi les 52 meilleures dictées lors de la demi-finale du Brabant wallon du concours Balfroid.

 

2004

Concours Balfroid – Peu ont fait moins de six fautes, LB 10/05/2004

5,26 % des … 798 finalistes ont fait moins de 6 fautes Ă  la dictĂ©e.

 

2005

Daloze, Complexes, cet enseignement, ces enseignants, ces enseignés 
, LB 18/04/2005

Balfroid 2005 : 200 qualifiés de moins (636 contre 832) pour la finale.

Un zĂ©ro faute Ă  Houffalize lors d’une demi-finale d’une jeune Albanaise 5 ans aprĂšs son arrivĂ©e chez nous.

 

 

 

 

 

3.6 Retards 
 pour la vie

 

Stroobants Jean-Pierre, Les petits Wallons sont-ils bĂȘtes, Le Vif, 01/08/1986

 

A l’Ăąge de dix-sept ans, 41 % des jeunes Flamands ont le bonheur d’ac­complir des Ă©tudes sereines : ils n’ont pas eu Ă  doubler de classe. Seuls 23 % des francophones connaissent cette joie.

Du cÎté des filles, la différence est encore plus nette : 62,5 % de Fla­mandes, contre 36,4 de francophones.

Si l’on prend les derniĂšres statisti­ques disponibles — Ă  savoir celles de l’annĂ©e scolaire 81-82 — on s’aperçoit, qu’Ă  dix-sept ans, le nombre d’Ă©lĂšves francophones masculins enregistrant un retard de deux ans est plus impor­tant que le nombre de ceux qui ont doublĂ© une seule fois ou, pire, de ceux qui n’ont jamais doublĂ© : ces catĂ©gories totalisent respectivement 27,8, 26,9 et 23,3 % de l’ensemble ! 14 % des gar­çons de Wallonie et Bruxelles ont mĂȘme trois annĂ©es de retard, ou plus (contre 3,1 en Flandre).

A ces donnĂ©es il n’est pas mauvais d’adjoindre celles qui concernent l’é­cole primaire : ne dit-on pas que les premiĂšres annĂ©es d’Ă©cole sont dĂ©cisives pour un enfant ? On constatera donc avec effroi (et une triste constance) qu’Ă  l’Ăąge de onze ans, plus de 23 % des petits francophones ont une annĂ©e de retard et que 8,7 % ont dĂ©jĂ  dĂ» dou­bler deux fois (21 et 7.1 % pour les filles).

 

Le Pr. AndrĂ© Bouckaert (UCL) affirme que l’apprentissage de la langue française, de son orthographe illogique et sa grammaire compliquĂ©e, serait plus difficile que celui du nĂ©erlandais.

 

Un francophone sur dix est illettré, LS 27/09/2001

Illettrisme : la situation de personnes qui ont oubliĂ© ou maĂźtrisent mal leur apprentissage initial de l’écriture et de la lecture.

En Communauté française (sic), il y a environ 400.000 analphabÚtes (totaux ou partiels), soit 10 % de la population censée lire et écrire.

Il y a en Wallonie prÚs de 230.000 personnes illettrées (soit environ 10 % de la population adulte).

 

 

4 Absurdités et pauvreté du français ou la vérité en marche

 

Absurdités du français

ou

la vérité en marche

 

 

 

 

0 Introduction

 

Contrairement Ă  ce qu’une propagande bien orchestrĂ©e nous a toujours inculquĂ© et inculque encore par le truchement de l’enseignement et des mĂ©dias, le français n’est pas aussi riche qu’on le croit gĂ©nĂ©ralement.  A prĂ©sent, il est mĂȘme dĂ©montrable que cette langue est plus pauvre que toutes ses voisines, romanes et germaniques.* Encore actuellement, par sa pauvretĂ©, ses absurditĂ©s grammaticales et orthographiques innombrables, elle est l’opium de communautĂ©s linguistiques opprimĂ©es, victimes d’un racisme francophone tout Ă  fait injustifiĂ©.

 

Voici un Ă©chantillon parmi des milliers d’exemples trouvĂ©s. Que justice soit rendue Ă  ceux Ă  qui on a fait croire qu’ils seraient idiots s’ils ne parlaient pas (uniquement le) français


 

* En matiĂšre de vocabulaire, on estime le nombre de lexĂšmes

en français (Encyclopédie Larousse)et en italien à +- 125.000 mots

en anglais (Oxford Dictionary) et en espagnol : +- 180.000 mots

en allemand (Sachs-Villatte) et en néerlandais (Van Dale) : +- 215.000 mots.

* Voir André Martinet, Le français sans fard, 1974, pp.11-19

 

 

 

1 Orthographe

 

« Plus on y réfléchit, moins on la comprend. »

(Gaston Paris, in : Que sais-je ?, L’orthographe, 685, p.53)

 

L’idĂ©al serait qu’à chaque son corresponde une seule graphie. C’est trĂšs loin d’ĂȘtre le cas en français.

 

1.1 Relation graphie – phonĂ©tique

 

1.1.1 un son : plusieurs graphies

 

1.1.1.1 Il existe 46 façons d’écrire le son /Ă”/ et plus encore pour le son /ĂŁ/.

 

« Mon regrettĂ© maĂźtre Antoine GrĂ©goire avait dĂ©nombrĂ©, par exemple, quarante-six façons de transcrire en français le simple son /Ă”/ . Et il n’y a rien d’exceptionnel dans notre systĂšme, vous pouvez trouver plus de façons encore pour Ă©crire le son /ĂŁ/, que vous entendez deux fois dans le mot ‘enfant’. »

(Albert Doppagne, Trois aspects du français contemporain, p.10)

 

ex.

– eau /o/, alors que la lettre reprĂ©sentant normalement ce son, la lettre ‘o’ n’y figure pas, mais bien les autres voyelles.

– mĂȘme prononciation pour ‘o’ dans ‘rose’, que pour ‘aulx’ (pluriel de ‘ail’)

 

– Posez la question Ă  vos connaissances :

« Comment Ă©crivez-vous le son /w/ comme dans le mot ‘wallon’ ? RĂ©ponse logique : « w ».

« Et le son /a/ comme dans ‘aller’ ? » RĂ©ponse : « a ».

« Et le son /z/ comme dans ‘zĂšbre’ ? » RĂ©ponse : « z ».

« Et le son /o/ comme dans ‘oser’ ? » RĂ©ponse : « o ».

Ce qui ferait ‘wazo’ ; or le français Ă©crit ‘oiseau’, dont aucune lettre ne se prononce avec sa valeur rĂ©elle.

 

– Posez la question : « Quels sont les sons que ‘e’ peut reprĂ©senter ? »

Personne ne dira « /a/ » ; pourtant c’est le cas dans ‘femme’, â€˜Ă©videmment’, ‘solennel’, 


 

– Remarquez l’absurdité : « Tu veilles sur les groseilles, puisque tu dois veiller sur le groseillier. »

 

 

1.1.1.2 Il y a 26 graphies pour le son /Δ/ (mes), 23 de /áșœ/  (pain), etc.

(in : L’orthographe, Collection ‘Que sais-je ?’, 685, p.39)

 

1.1.1.3 Il y a 12 graphies pour /sáșœ/ : ceins, ceint, ceints, cinq, sain, sains, saint, saints, sein, seins, seing, seings.

(in : A. Doppagne, Trois aspects du français contemporain, p.66)

 

1.1.1.4 Sept graphies pour /s/ :

<c> ce ; <ç> maçon ; <s> se ; <sc> science ; <ss> assez ; <t> action ; <x> dix

 

1.1.1.5 Pas de différence de prononciation entre consonnes simples et doubles :

  1. : agrandir – aggraver ; aliter – allonger ; chariot – charrette ; idiote – sotte 

 

1.1.1.6 MĂȘme prononciation pour :

– Caen, camp, camps, khan, khans, quand, quant, qu’en (= 8)

– tan, tans, tant, taon, taons, temps, t’en (= 7)

– cent, sans, s’en, sens, sent

– ces, c’est, ses, s’est

– chante, chantes, chantent

– geai, jais

 

1.1.1.7 Faiblesses du systÚme :

froc > défroquer ; mastic > mastiquer

George <> gorge ; gager <> garder

 

 

1.1.2 une graphie, plusieurs sons

 

1.1.2.1 <eu>

seul    /∂/

peu    /Þ/

gageure /y :/

heure /∂:/

 

1.1.2.2 <x>

axe /ks/

exact /gz/

dix /s/

dixiĂšme /z/

excellent, exciter /k/

deux  /-/

 

1.1.2.3 <c>

ac : tabac, estomac /-/  — hamac, bac /k/

oc: escroc, broc /-/  — troc /k/

ouc: caoutchouc /-/  —  bouc /k/

 

<ch>

archĂ©ologie, archangel /k/  —  archevĂȘque, archĂ©type, bronchite /∫/

 

<ct>

aspect /-/  —  abject /kt/          

succinctement /-/ — distinctement /kt/

exact /-/ > exactement /kt/

 

1.1.2.4 <d>

pied /-/  — sud /d/

 

1.1.2.5 <e>

femme /a/ — gemme /Δ/

 

1.1.2.6 <en>

pendre, stentor /ĂŁ/  — appendice, mentor /áșœ/

 

NB Pourquoi dit-on « un examen /áșœ/ de l’abdomen /Δn/ » et non « un examen /Δn/ de l’abdomen /áșœ/ » ?

 

1.1.2.7 er

premier /je/ — fier /jΔ:/

 

1.1.2.8 f

clef /-/ — chef /Δ/

 

1.1.2.9 gn

gnĂŽle  — gnĂŽme /gn/

ignorer – agnostique /gn/

 

1.1.2.10 gui

aiguille /gчi/ — aiguiĂšre /gj/

linguiste /gчi/  — droguiste /g/

inguinal /gчi/ — sanguinaire /g/

 

1.1.2.11 guons

larguons /g/ — nous arguons /gy-/

 

1.1.2.12 il

fournil, fusil /-/ — avril, fenil /il/

1.1.2.13 ille

myrtille /l/  ou /ij/ — Bastille /ij/

tranquille /il/  – grille /ij/

 

1.1.2.14 iller

briller /ij/ — osciller /l/

 

1.1.2.15 imm

immangeable /áșœm/ — immoral /imm/

 

1.1.2.16 um

parfum — ultimatum 

 

1.1.2.17 mn

damner, automne /n/ — amnĂ©sique, insomnie, indemniser /mn/

 

1.1.2.18 oi

oignon, encoignure, Jodoigne  /É/ — moignon, toile, poids /wa/

 

1.1.2.19 p

ap: drap /-/ —  cap /p/

oup: coup /-/ — croup /p/

 

1.1.2.20 qua

reliquat /k/ — adĂ©quat /kw/

quarante /k/ — quadragĂ©naire /kw/

quadrille /k/ — quadrature /kw/

 

1.1.2.21 qui

aquilin /k/ — aquifĂšre /kчi/

Ă©quilibre /k/ — Ă©quidistant /kчi/

Ă©quivalent /k/ — Ă©quilatĂ©ral  /kчi/

antiquitĂ© /k/ — ubiquitĂ© /kчi/

 

1.1.2.22 s

as: coutelas /a/ — as /as/

os: dos — os

rs: je pars — mars

us: dĂ©tritus — hiatus

 

1.1.2.23 t

at:  Ă©tat — fat /(t)/

et:  jardinet — net

 

1.1.2.24 tien

chrĂ©tien /t/ — aoĂ»tien /sj/

 

1.1.2.25 z

raz /ra/ — gaz

 

1.1.2.26 x

flux, reflux — anthrax, index

 

1.1.2.27 Varia

1) chercher /∫Δr∫e/

 

2) sens 

/sĂŁs/ dans sens (nom)

/sĂŁ/ dans je sens

/sáșœs/ dans Brassens

 

3) summum: se prononce: /sÉmÉm/

 

4) je fais — nous faisons

 

5) rhume — rhum

 

6) une rĂšgle dit : ‘s’ entre deux voyelles se prononce /z/: mais resurgir – rĂ©surgence; susurrer

 

7) une rùgle dit: ‘n’ devant ‘b, m, p,’ devient ‘m’ 

mais bonbon, bonbonne, bonbonniĂšre, embonpoint, nĂ©anmoins, perlinpinpin, tinmes, vinmes, mainmise, mainmorte, …

 

8) compact /kt/ alors qu’il a comme dĂ©rivĂ© compacitĂ©

exact /a/ alors qu’il a comme dĂ©rivĂ© exactitude

 

9) aspect /Δ/ et respect /Δ/ font la liaison avec la voyelle qui suit en nĂ©gligeant le ‘t’

  1. aspect imposant /k/

respect humain /k/

 

De là des absurdités comme:

Nous notions ces nations.

Le pĂ©trole s’Ă©toile.

L’inertie est amortie.

Seul un initié comprend notre amitié.

Il y en a plus et ils sont plus grands.

Il but, c’Ă©tait son but.

Il convient qu’ils nous convient.

Il a traversé deux lacs pour mettre ses lacs.

Marc a bu du marc.

Ce n’est pas un porc, c’est un porc-Ă©pic.

Nous te portions nos portions.

Je sens par tous mes sens que Brassens est Ă  Sens.

Le résident et sa famille résident dans cette villa.

Donne-moi ton os de poulet, tu auras deux os de canard.

 

On peut jouer au jeu suivant, une variation de graphie ne correspond pas nécessairement à une de prononciation et vice-versa:

les > trĂšs (mĂȘme prononciation, graphie diffĂ©rente) > lĂšse (mĂȘme graphie, prononciation diffĂ©rente) > maĂźtre (mĂȘme prononc., 
) > mais > mets >  met > et > Ă©tĂ© > avez > chanter > terrible > Ă©ther > terre > ver > vert > verte …

 

Judiciaire  (avec ‘c’ = /s/) s’Ă©crit diffĂ©remment mais se prononce comme pĂ©nitenciaire (avec ‘t’ = /s/) qui vient de pĂ©nitence, qui s’Ă©crit comme mais se prononce diffĂ©remment de bestiaire.

 

1.1.3  Prononciation non fixée

referendum /ĂŁ, áșœ ou Δ/

au-dessus: /odsy, od¶sy, odΔsy /

août /u, ut, au, aut/

 

 

1.2 SystĂšme orthographique maladroit

 

1.2.1 Certaines lettres changent de prononciation d’aprĂšs leur entourage phonĂ©tique

  1. c :

1 /s/ : ce, ci

2 /k/: car, comme

 

g:

1 /g/: gaz, guerre

2  le ‘j’ de Jean :  Georges

 

Conséquences

– Quand l’AcadĂ©mie française dĂ©cide de remplacer bull-carrier par vraquier, elle doit Ă©crire ce dĂ©rivĂ© de vrac avec ‘qu’.

– turc > turque, grec > grecque

– lĂ©guer > lĂ©gataire

– long > longue

 

1.2.2 Certains sons s’Ă©crivent diffĂ©remment d’aprĂšs leur provenance Ă©tymologique.

  1. ‘f’: fameux, faux; ‘ph’ pharmacie, photo mais fantastique, fantasme (ou phantasme), pourtant du grec φ-

 

1.2.3 Le trait d’union

Pourquoi y a-t-il un trait d’union Ă :

 

Pourquoi n’y a-t-il pas de trait d’union Ă :

 

Ă -coup

acompte

aéro-club

aéronaval

au-dehors

en dehors

contre-manifester

contrecarrer

contre-proposition

contretemps

Ă©tat-major

Ă©tat civil

faux-fuyant

faux col

grand-mĂšre

grand’ route

passe-montagne

passepoil

porte-drapeau

portefaix

porte-monnaie

portefeuille

sans-coeur

sans argent

sur-le-champ

sur le fait

tourne-disque

tournebroche

trente-cinq

cent cinq

ultra-son

ultraviolet

 

Pourquoi …

entrebaĂźller

s’entraider

s’entr’Ă©gorger

s’entr’aimer

entre-choquer

 

a-t-il, vas-y ?

 

1.2.4 Le tréma

Il se met sur les voyelles ‘e, i, u’ pour indiquer que la voyelle qui prĂ©cĂšde doit ĂȘtre prononcĂ©e.

  1. aiguë, ambiguïté, ciguë

NB L’accent circonflexe joue le rĂŽle d’un trĂ©ma dans ‘piqĂ»re’ !

 

1.2.5 Le changement d’orthographe amĂšne un changement de prononciation sans que les nouvelles lettres soient prononcĂ©es.

  1. un oeuf /¶f/ > des oeufs /Þ/

un boeuf /¶/ > des boeufs /Þ/

! Il y a mĂȘme un changement de prononciation sans changement d’orthographe:

un os > des os ; JĂ©sus-Christ – le Christ

 

1.2.6 Orthographe non fixée

2 possibilités

abstentionniste

abstentioniste

appui-main

appuie-main

aulne

aune

avoir Ă  faire Ă 

avoir Ă  faire Ă 

balluchon

baluchon

bonace

bonasse

carbonnade

carbonade

chateaubriand

chĂąteaubriant

clef

clé

coquard

coquart

cuiller

cuillĂšre

desuĂšte

desuette

fanton

fenton

fourmi-lion

fourmilion

gonnelle

gonelle

granit

granite

gruau

gruo

haussiĂšre

aussiĂšre

hellébore

ellébore

herscheur

hercheur

heuristique

euristique

kleptomane

cleptomane

l’eau a Ă©tĂ© bĂ©nie

l’eau a Ă©tĂ© bĂ©nite

licier

lissier

lys

lis

mal famé

malfamé

mal venu

malvenu

margotter

margoter

mariolle

mariole

marsault

marseau

nénuphar

nénufar

oekoumĂšne

Ă©koumĂšne

pain d’Ă©pices

pain d’Ă©pice

paraphe

parafe

payement

paiement

penthode

pentode

pharamineux

faramineux

redan

redent

remmaillage

remaillage

sacquer

saquer

saoul

soûl

strass

stras

téléphérique

téléférique

toquard

tocard

 

3 possibilités

chevaine

chevenne

chevesne

haschisch

haschich

hachisch

margotter

margoter

margauder

poult de soie

pout de soie

pou de soie

 

 

1.2.7 DĂ©rivation absurde

 

1.2.7.1 Poids de l’Ă©tymologie sur l’orthographe

– th prononcĂ© /t/: acanthe, thĂšme

 

– ph /f/: pharmacien parce que venant du grec /φ-/

mais fantaisie, fantastique alors qu’il vient aussi du grec /φ-/

 

– rh: comme dans rhomboĂšdre mais on a rythme, alors qu’il vient du du grec en passant par le latin ‘rhythmus ‘

 

– Pourquoi bĂąton, rĂąteau? Parce que l’accent circonflexe provient d’un ‘s’ du latin.

Pourquoi alors moutier (< L monasterium) et été (< L aestas, aestatis)?

 

– Pourquoi in + l donne-t-il illogique mais inlassable?

 

– Pourquoi sylvestre (< L silva) et abĂźme (< grec abyssos)?

 

– Pourquoi boudoir, dortoir, parloir, urinoir et auditoire, laboratoire, rĂ©fectoire?

 

– Pourquoi agrĂ©ger — agglomĂ©rer, apparaĂźtre — apercevoir?

De mĂȘme, long et allonger, lourd alourdir, grave aggraver, grand agrandir.

 

– Pourquoi astreindre — contraindre?

 

– Ă©valuer – Ă©valuation, Ă©voluer – Ă©volution,  suer – sudation,

puer – puanteur, conspuer – ?, muer – mue, ruer – ruĂ©e, habituer – habitude

 

1.2.7.2 Illogismes dans la formation des noms abstraits

bonnet

bonneterie

coquet

coquetterie

 

?

marqueterie

tablette

tabletterie

 

pur

pureté

fier

fierté

 

cher

cherté

sûr

sûreté

 

 

1.2.7.3 Illogisme dans la formation du féminin

des noms

chat

chatte

rat

rate

 

préfet

préfÚte

boulet

boulette

 

bibliothĂšque

bibliothécaire

relique

reliquaire

 

paysan

paysanne

persan

persane

 

des adjectifs

coquet

net

coquette

nette

complet

replet

complĂšte

replĂšte

 

sot

sotte

pĂąlot

pĂąlote

 

lapon

lapone

frison

frisonne

 

1.2.7.4 Illogismes dans la formation d’un adjectif Ă  partir d’un nom

limon

limoneux

sable

sablonneux

 

JamaĂŻque

JamaĂŻquain

Amérique

Américain

 

poivre

poivré

vanille

vanilliné

 

circonstance

circonstanciel

substance

essence

existence

substantiel

essentiel

existentiel

 

lune

lunatique

hanse

hanséatique

 

1.2.7.5 Illogismes dans la formation d’un adjectif Ă  partir d’un verbe

critiquer

manquer

critiquable

inmanquable

expliquer

communiquer

explicable

communicable

 

croire

croyable

boire

buvable

 

risquer

attaquer

risquable

attaquable

confisquer

pratiquer

confiscable

praticable

 

négliger

négligent

obliger

changer

obligeant

changeant

 

1.2.7.6 Illogismes dans la formation d’adverbes Ă  partir d’un adjectif

vrai

vraiment

gai

gaiement

 

ingénu

ingénument

goulu

assidu

Ă©perdu

goulûment

assidûment

Ă©perdument

 

1.2.7.7 Illogismes dans la formation d’un nom partir d’un verbe

bloquer

blocage

remorquer

truquer

remorquage

truquage

 

transiger

transigeance

négliger

négligence

 

1.2.7.8 Illogismes dans la dérivation : 2 orthographes différentes

donner

donateur

donneur

million

millioniĂšne

millionnaire

nom

nominal, nomination,

innom(m)Ă©

nommer, prénommer, surnommer, innombrable

nul

annuler, annulation

nullité, nullement

patron

patronner

impatroniser

patte

pattu

pataud

ponton

pontonage

pontonnier

souffler

essouffler

boursoufler

tonner

tonnerre

détoner

tradition

traditionalisme

traditionnel

 

1.2.7.9 Illogismes dans la conjugaison

Ă©peler

j’épelle

peler

je pĂšle

 

jeter

je jette

acheter

j’achùte

 

coudre

je couds

résoudre

je résous

 

servir

servant

asservir

asservissant

 

inclure

inclus

exclure

exclu

 

mouvoir

mĂ»

Ă©mouvoir

Ă©mu

 

croĂźtre

crĂ»

accroĂźtre

accru

 

mettre (mis)

hormis

parmi

 

1.2.7.10 DiffĂ©rences dans l’orthographe des noms composĂ©s

chef d’oeuvre

chef-lieu

sans argent

sans-cƓur

sous-estimer

surestimer

 

grand-pĂšre

f. grand-mĂšre

grand-oncle

f. grand-tante

grand-duc

f. grande-duchesse

 

le sauve-qui-peut

le cri de ‘sauve qui peut’

 

1.2.7.11 DiffĂ©rences dans l’orthographe des adjectifs composĂ©s

une leçon non sue

un poĂšte non-conformiste

 

1.2.7.12 Différences dans la dérivation des noms

timon

timonier

canon

canonnier

 

sermon

sermonner

ramon

ramoner

 

limon

limonade

citron

citronnade

 

pigeon

pigeonneau

saumon

saumonneau

 

ad + long >

allonger

ad + lourd >

alourdir

 

cristal

cristalliser

canal

canaliser

 

ad + profond >

approfondir

ad + plan >

aplanir

 

excursion

excursionniste

feuilleton

feuilletoniste

 

moisson

moissonner

poumon

Ă©poumoner

 

tympan

tympaniser

tyran

tyranniser

 

tension

attention

 

baron

baronnie

colon

colonie

 

coller

accoler

cou, col

racoler

 

pauvre

plan

appauvrir

aplanir

long

lourd

allonger

alourdir

grand

grave

agrandir

aggraver

religion

relation

coreligionnaire

corrélation

 

1.2.7.13 Dans les dérivations de mots latins et grecs, les illogismes fourmillent :

du latin :

abbreviatio

abréviation

abscessus

abcĂšs

aggredi

aggregare

agglomerare

agresser

agréger

agglomérer

litus, litoris

littoral

ad + percipere

ad + prope

apercevoir

approcher

aurum

or

auricula

oreille

gemellus

jumeau

pellis (peau)

pelisse, pellagre

thesaurus

trésor

postumus

posthume

quadrifurcus

carrefour

 

du grec :

summetrix

symétrie

phantastikos

fantastique

kh-

chaos

kilo

caractĂšre

(-)rh-

rythme

rhume

hémorragie

hémorroïdes

okto

octaĂšdre, octogone

kinÚsis 

karyokinĂšse

holos

(h)olographe

akolouthos

acolyte

 

1.2.7.14 Autres illogismes dans la dĂ©rivation ou l’apparentement

abdiquer

abdication

absorber

aborption

Ăącre

acrimonie

Anjou

angevin

anoblir

ennoblir

anode

cathode mais anhydride

appétit

apéritif

arĂŽme

aromatique

astreindre

astringent

auberge

héberger

Bacchus

bachique

balle

balistique

ballade

baladin

banal

bannir

banlieue

banlieusard

Baptiste

batiste

baie

abée

baril

barrique

barque

barcarolle, embarcation

barrique

barricade

bastille

bastion

bĂątard

batardeau

battre, battue

bataille, embat(t)re

battu

courbatu

Bayonne

baĂŻonnette

bec

becquée

bonhomme

bonhomie

bonne

bonasse

butte

buter

cĂąble

encablure

calotte

calotin

canne

canette

caoutchouc

caoutchoutier

carĂšme

quadragésime

carré

quadrature, quatre, Ă©quarrir, Ă©querre, esquarre = escarre

chariot

charrette

chat

chaton, chatte

chĂątain

chataigne

chƓur

coryphée

cil

dessiller

clapper

clapoter

Cluny

clunisien

colĂšre

choléra

collier

accolade

combattre

combatif

concourir

concurrent

coma

comtat

comateux

comtadin

consonne

consonance, consonantique

corps

corporel, corsage

correctionnel

correctionaliser

cour

courtois

courir

chasse Ă  courre

court

raccourcir, courbatu

cote

quotité

cĂŽte

coteau

cotte

cotillon

craie

crayeux, crayon

crĂąne

alicrane

crĂ»

décru

daim

daine

dalle

dalot

débit

débirentier

démarquer

démarcation

dorer

daurade

Ă©chelle

Ă©chelon, Ă©chelier

dĂ»

redû ; indu > indûment

Ă©lectroponcture

aquapuncture

éléphant

olifant

Ă©thylĂšne

acétylÚne

Faënza

faĂŻence

famille

familial, familier

fente

fanton

fer

ferraille

fer-blanc

ferblantier

feuille

cerfeuil

flux

afflux, reflux, influx ; superflu

folĂątre

follet

follement

affolement

fourmiller

fourmilier

fût

futaie, futaille

gaĂźne

dégainer

Gand

Gantois

gars

garçon

geai

cajoler

gémellaire

jumeau

fusil

fusiller, fusilier

gentil

gentiment

geĂŽle

enjĂŽler (cf cajoler)

gond

engoncer

Goth

gotique

goût

ragout

grĂące

gracier

gratter

gratin

Halfen

alfénide

homme

homicide

hectique

Ă©tique

honneur

honorer

hors

hormis

hutte

cahute

icĂŽne

iconographie

il fait

fainéant

imbécile

imbĂ©cillité ; — docile – docilitĂ©

infĂąme

infamie

innommable

innom(m)Ă© — nommĂ©

Jacques

jaquette

jeûner

déjeuner

La Palice

lapalissade

Laos

Laotien

lier

licol, licou

loquace

Ă©locution

mamelle

mammifĂšre

Mansart

mansarde

Massiquot

massicot

maure

moricaud

Metz

messin

monnaie

monétaire

mors

remords

nommer

nomination

huile

oléiforme, olé(i)fiant

ordonner

ordinateur

paletot

paltoquet

parement

parmentier

pĂątir

compatir

pĂąture

paturon

pic

pivert

poix

empois

pĂŽle

polaire

pont

ponceau

printemps

printanier

prud’homme

prud’homal

puis

pußné

puits

puisatier, Ă©puiser

queue

Ă©queuter

rĂąteau

ratisser

rationnel

rationaliser

résonner

résonance

sens

forcené

siffler

persifler

sirop

siroter, sirupeux

sonner

sonore

souffler

boursoufler

suiffer

ensuifer

soûler

dessouler

sûr

assurance

tabac

tabagie, tabatiĂšre

tanner

tanin

tiers

tierce

tordre

retors

train

traĂźner

trappe

chausse-trape, attraper

trĂŽne

trĂŽner, introniser

tĂąter

tatillon

vallée

dévaler

vent

vantail

verglas

verglacer

voix

voyelle

voûte

voussure

 

groseillier

cornouiller

 

 

 

2 Morphologie

 

 

2.1 Prononciation non fixée

 

bleuet

bluet

margauder

margot(t)er

marte

martre

saurer

saurir

 

2.2 Doublets

 

abajoue

bajoue

abreuvage

abreuvement

alcaliser

alcaniser

analgésie

analgie

s’en fiche

s’ en ficher

macératé

macéré

miĂšvrerie

miÚvreté

rapprendre

réapprendre

rensemencer

réensemencer

vĂȘlage

vĂȘlement

 

2.3 Illogismes dans la formation des noms à partir d’autres noms

 

orange

oranger

banane

bananier

 

artillerie

artilleur

cavalerie

cavalier

infanterie

fantassin

 

chĂȘne

chĂȘnaie

pin

pineraie

 

Diminutifs tantît en -icule, tantît en –ule

animal

animalcule

globe

globule

mont

monticule

valve

valvule

dent

denticule

oeuf

ovule

grain

granule

 

vésicule

 

canicule

partie

particule

 

2.4 Illogismes dans la formation du féminin

des noms

Franc-Comtois

Franc-Comtoise (pourquoi pas Franche-Comtoise?)

 

des adjectifs

crétin

crétine

malin

maligne

 

2.5 Illogismes dans la formation d’un nom partir d’un verbe

 

apparaĂźtre

apparition

paraĂźtre

parution

 

chanter

chanteur

présenter

présentateur

 

imiter

imitateur

profiter

profiteur

 

porter

transporter

porteur

transporteur

importer

exporter

importateur

exportateur

 

interférer

conférer

interférence

conférence

transférer

transfert

 

scruter

scrutateur

exécuter

exécuteur

persécuter

persécution

discuter

discussion

 

livrer

livraison

délivrer

délivrance

 

Ă©lider

Ă©lision

Ă©lucider

Ă©lucidation

 

soigner

soigneur

accompagner

accompagnateur

témoigner

témoin

 

attendre

attente, attentif, attention

tendre

tension

 

2.6 Illogismes dans la dĂ©rivation de noms abstraits Ă  partir d’adjectifs

 

agile

agilité

habile

habileté

 

ancien

ancienneté

chrétien

chrétienté

facile

facilité

difficile

difficulté

 

poli

politesse

hardi

hardiesse

 

familier

familiarité

régulier

régularité

 

2.7 Illogismes dans la formation de verbes à partir d’adjectifs

 

court

raccourcir

Ă©troit

rétrécir

long

allonger

 

2.8 DĂ©rivation des noms d’habitants Ă  partir de noms de lieux

 

BĂ©ziers

Biterrois

Boulogne

Boulonnais

Bourges 

Berruyers

Bourgogne

Bourguignons

Bourgoin-Jullien

Berjolliens

Bresse

Bressan

Castelnaudary 

Chauriens

Charleroi

Carolorégiens

Charleville

Carolopolitains

ChĂąteauroux

Castelroussiens

ChĂąteau-Thierry

Castelthéodoriciens

Chevreux

Chevrotins

Evreux

EbroĂŻciens

Fontainebleau

Bellifontains

Gap

Gapançais 

Hesbaye

Hesbignons

Le Mans

Manceau

Madagascar

Malgache, Madécasse

Monaco

Monégasques

Pau

Palois

Pont-Ă -Mousson

Mussipontains

Pont-Sainte-Maxence

Maxipontains

Saint-Denis

Dionysiens

Saint-Etienne

Stéphanois

Saint-Omer

Audomarois

Terre de Feu

Fuégiens

Vaux-sous-ChĂšvremont

Valcaprimontois

 

!! Pont-de-Loup : Lupipontains : du L lupi : gĂ©nitif de ‘lupus’ : qui n’a rien Ă  voir avec Pont-de-Loup (Funderlo (840), Ponderlous (1143), Pondreloes ( ?) (1180), Ponderlues, Ponreluez (13e s.))

  1. De Marneffe considĂšre ‘lo’, l’us’ comme dĂ©rivĂ© du vieux saxon ‘lagu’, anglo-saxon : ‘lago’ avec le sens de bas-fond, lieu humide. Pour Pont-de-Loup, l’élĂ©ment ‘lo’ aurait la signification de ‘forĂȘt’(C.G. Roland, Toponymie namuroise , in : Annales de la SociĂ©tĂ© archĂ©ologique de Namur, T.23, 1899,)

 

2.9 DĂ©rivation d’adjectifs, noms ou verbes sous l’influence du latin ou du grec,

par impuissance de le faire directement à partir du mot de base français

 

du latin

abréger

abréviation

absoudre

absolution

avorter

abortif

bouc

hircin

bouche

oral ;  du grec : stomatite

cire

cérine, cérifÚre

corps

corporel

gencive

gingival

guerre

belliqueux ; du grec : polémologie

huile

oléagineux

langue

lingual ;  du grec :  glossite

odorat

olfactif

Ɠil

oculiste ; du grec : ophtalmologue

or

auréole

ordonner

ordinateur

ortie

urticaire

ours

ursidé

peau

pelleterie

pourrir

putrescible

rage

rabique

sacrement

sacramental

soie

sériciculture

sommeil

insomnie

teindre

tinctorial

titre

titulature

veuf

viduité

vide

vacuité

 

du grec :

vigne

ampélographie

animal

zoologique

dent

odontologue

enfant

pédagogie

lait

galactogĂšne

nez

rhinite

oreille

otologie, otite

poumon

pneumonie

trésor

thésauriser

pou

phtiriase

reptile

(h)erpétologie

 

2.10 La parentĂ© d’un adjectif n’est pas parfois pas apparente

 

bouche

buccal

oral

verbal

cheval

chevalin

Ă©questre

hippique

doigt

dactylé

digital

eau

aqueux

hydraulique

pĂšre

paternel

parricide

pou

pédiculaire

pouilleux

sel

salé

saupoudré

halogĂšne

soleil

ensoleillé

héliaque

vaincre

invaincu

invincible

ville

urbain

citadin

politique

Aussi :

Le juge rend la justice judicieusement.

 

 

2.11 Autres illogismes dans la dĂ©rivation ou l’apparentement

 

abbaye

abbatial

abdomen

abdominal

abstrait

abstraction

accent

accentuer

accroc

accrocher

acheter

achat

acier

acéré

agraire

agrarien

aigu

acuité

ail

aïoli, alliacé, allyle

aimable

amabilité

air

aérer

aisselle

axillaire

ajuster

ajutage

albĂątre

alabastrite

Alcée

alcaĂŻque

allĂšgre

allĂšgrement

aller

préalable

alleu

allodial

ambroisie

ambrosiaque

Américain

américaniser

année

biennal

annuler

nullement, nullité

araignée

Ă©rigne, Ă©rine

articulation

arthrite

asepsie

aseptique

atteindre

attentatoire

avocat

avocassier

Babeuf

babouvisme

babouin

babine

barbe

imberbe

bĂąton

bastonnade

beau

bellĂątre

bĂȘte

bestial

beurre

butyrique

bƓuf

bovin, bouvier, bouvion

borgne

bornoyer

Borinage

Borain

bouillir

Ă©chauboulure

braise

brasier, embraser

bref

briÚveté

buvette

buvetier

Byzance

byzantin

cadavre

cadavérique

cauchemar

cauchemardesque

caviar

caviarder

Ceylan

Cinghalais

chair

charnel, charcutier, carnivore

chandelle

chandelier

change

cambial

chaux

chauler, Ă©chaudage

chĂšvre

caprin

chien

chenet, chenil, canin, cynodrome

Chypre

cipriote

cigogne

ciconidés

clore

occlure

coccyx

coccygien

cƓur

courage

contrat

contractuel

contredire

contradiction

contrefaire

contrefaçon

contrepoint

contrapuntiste

copain

copine

coq

cochet

cor

corset, corniste

Corneille

cornélien

corrompre

corrupteur

coudre

couture

couler

eau courante, coulant

Coutances 

Cotentin

craindre

crainte

crapaud

crapouillot

cuir

curée

cuivre

cuprifĂšre

cygne

cycnoĂŻde

déformer

difforme

démontrer

démonstration

dépense

dispendieux

Descartes

cartésien

diacre

diaconat

dimanche

dominical

Dinant

dinanderie, dinandier, Dinantais

discours

discursif

doigt

digital

Ă©checs

Ă©chiquier

Ă©clipse

Ă©cliptique

Ă©cole

scolaire

Ă©corcher

décortiquer

empreindre

empreinte

enfer

infernal

enflammé

inflammation

entonner

intonation

Ă©ponge

spongieux

Ă©quitable

— inique

estomac

stomacal, stomachique

Ă©tain

Ă©tamer

été

estival

Ă©ternel

sempiternel

Ă©tudiant

estudiantin

Ă©tuver

étouffée

Ă©vangile

évangéliaire, évangélique

Ă©vĂȘque

archevĂȘque

faisan

faisandeau

faix

affaisser

faner

fenaison

faux

falsifier

feindre

feinte

fémur

fémoral

feu

fouée, fouage

fĂšve

féverole

Florence

Florentin

fonds

foncier

forĂȘt

forestier

fort

force

fougue

foucade

frais

fraĂźcheur

français

franco-

frein

réfréner, effréné

froid

frileux

frontiĂšre

frontalier

fruit

fructifier

gibier

gibeciĂšre, giboyeux

glose

glossaire

glotte

glossite

glucide

glycogÚne, glycérine

gosier

dégoiser

gouge

goujon

goûter

déguster

grain

Ă©grener, grenaille, grenier

grammaire

grammatical

gravier

dégravoyer, engraver

grue

grutier

hautbois

hautboĂŻste

herse

harceler

hoplite

panoplie

humour

humoristique

invaincu

invincible

ivoire

éburnéen, ivoirin

jambe

ingambe

jas

surjaler 

javelle

enjaveler

jonc

jonchaie

joyau

joaillier

justice

judiciaire

lapin & liĂšvre

lapereau & levraut

ligne

linéal

lion

léonin

liqueur

liquoreux

livre

libraire

lombes

lumbago

lunette

lunetier

Macédoine

Macédonien

mĂąchoire

maxillaire

main

menotte, manuel

malemort

malédiction, malpropreté, malveillance

malgré

maugréer

Mars

martial, martien

méfait

malfaiteur

mer

marin

mĂšre

maternel

mesurer

mensuration

militaire

militarisme

moine

(Paray-le-)Monial, moniale, monacal, monachisme

moitié

mitoyen, métayer

Monaco

Monégasque

monarque

monarchie

mont

monceau

mordant

amordancer

moudre

mouture

Moyen-Age

médiéval

mutuel

mutualité

néoplasme

néoplasique

nerf

névralgie, neurologie

Nevers

Nivernais

nez

nasal

nid

nicher, nichée, dénicher

occiput

occipital

Ɠuf

ovale, ovoĂŻde, ovaire

opium

opiacé

oreille

auriculaire

oreillons

ourlien

Orléans

alénois

ortie

urticant

osier

oseraie

osmose

osmotique

ours

ursidé

ovaire

ovarien

oxygĂšne

anoxémie

pain

panifiable

paire

apparier

paix

paisible

papier

papeterie

papillon

papilionacé

parisien

parisianiser

patriarche

patriarcal

pavement

pavimenteux

peau

dépiauter

peindre

peinture

peine

pénal

pelisse

surplis

pĂšre

paternel

PĂ©rouse

pérugin

personnel

personnalité

piĂšce

dépecer

pied

pédestre

pierre

perré

pin

pignade

plafond

plafonnier

plaindre

plainte

plein

plénier, plénitude

pléonasme

pléonastique

poing

empoigner

polaire

polariser

porc

porcherie

pou

Ă©pouiller

poumon

pneumonie, pulmonaire

pourpre

purpurin

prĂȘtre

presbytéral

prix

déprécier

prognose

pronostic

psaume

psautier

quart, quatre

Ă©carteler, Ă©carter

queue

caudal, accouer, Ă©couer, couard

rage

rabique

ranimer

réanimation

recouvrable

irrécouvrable

rein

rénal

religieux

irréligieux

religion

irréligion

remĂšde

irrémédiable

replet

réplétion

reproche

irréprochable

reproduire

reprographie

ressusciter

résurrection

revers

réversible

Rhin

rhénan

savate

savetier

scandale

esclandre

sec

siccatif

séisme

sismique

semer

ensemencer, inséminer

sénevé

sinapisme

serein

rasséréner, sérénité

signe

signer, seing

singe

simiesque

sorcier

sorcellerie

souris

souriceau, souriciĂšre

stalactite

stalagmite

sucer

succion

teigne

tignasse

teindre

teinture, tinctorial

témoin

témoigner

tempĂȘte

tempéter, tempétueux

tenace

ténacité

ténia

ténifuge

térébinthe

térébenthine

tigre + lion

tiglon = tigron

torsion

torticolis

tracteur

tractoriste

transsibérien

transcrire

tronc

tronche, tronçon, tronculaire et tronconique (de : tronc + cÎne)

trouble

trublion

truite

trutticulture

ultime

pénultiÚme

Venise

vénitien

ver

vermisseau

vin

vendange

Vulcain

volcan, vulcanologue

zinc

zingueur, zincifĂšre

 

 

 

3 SĂ©mantique

 

 

3.1 Dérivation = composés changeant de genre

 

la feuille

le chĂšvrefeuille

le comté

la France-Comté, la vicomté

une ligne

un interligne

une nef

un aéronef

la sphĂšre, une atmosphĂšre

le planisphÚre, un hémisphÚre

une forme

un uniforme

un programme

une anagramme

un embĂącle

un débùcle

 

  • Les diminutifs en –(i)cule sont tantĂŽt masculins, tantĂŽt fĂ©minins

 

un ventre

un ventricule

un animal

un animalcule

une partie

une particule

 

la canicule

 

une vésicule

 

  • Illogisme Ă©tymologique

 

Ă©plucher

L ex-pillucare: arracher les poils Ă 

Ă©cheveler

enlever les cheveux Ă 

Ă©chauder

enlever au chaud

Ă©nerver

enlever les nerfs Ă 

hématome

couper du sang

hémophile

qui aime le sang

piscine

Ă©tang oĂč il y a du poisson

oléiforme

qui a la forme de l’huile

condamner par contumace

par orgueil

octave

les 7 jours qui suivent une grande fĂȘte religieuse

 

  • Impuissance dans la fabrication du fĂ©minin de certains noms

 

un agent

féminin ?

un amateur

un auteur

un compositeur

un Ă©crivain

un tyran

 

3.5 Illogismes divers

 

‘h’ aspirĂ© qu’on expire

Le double ‘v’ qui n’est pas un double ‘v’

Le point d’interrogation qui n’est pas un point

Le point d’exclamation qui n’est pas un point

Les diphtongues ‘ou’, ‘eu’, ‘au’, ‘eau’. Or, il n’y a qu’ un son et le mot originel, grec, ‘dis’ + ‘phtongos’ signifie ‘deux sons’.

L’article dĂ©fini est l’article qui dĂ©finit le nom qui suit, donc c’est un article dĂ©finissant.

L’article indĂ©fini est l’article qui laisse le nnom qui suit indĂ©fini ; c’est donc un article indĂ©finissant.

Le ‘e’ muet. Dans ‘le gendre’, le deuxiùme ‘e’ est muet, le premier ne l’est pas.

DĂ©finition (Le Petit larousse) au mot ‘muet’ : ‘e’ muet 
 qu’on ne prononce que peu ou pas.

L’impĂ©ratif passĂ© est un impĂ©ratif futur antĂ©rieur. En effet, comment peut-on donner un ordre au passé ?

L’accent circonflexe est plutît un accent ‘acuflexe’.

 

 

3.6 Aberrations, voire oppositions

 

achalandé

qui a des clients

compris : bien fourni en marchandises

congru

suffisant

portion congrue : déficiente

contravention

infraction

sanction de l’infraction

contremanifestant

opposé au manifestant

un manifestant 


contrepoids

opposé au poids

un poids 


contre-amiral

opposĂ© Ă  l’amiral

le premier grade d’un officier de la marine

contremaĂźtre

opposé au maßtre

un responsable 


coupe sombre

1) dans un bois

qu’on ne remarque pas, insensible

2) dans un budget

qu’on remarque, sensible

défendre

1) prendre la dĂ©fense de, ĂȘtre pour

 

2) interdire, ĂȘtre contre

 

impétrer

demander qch

l’impĂ©trant : celui qui a obtenu qch

pédologie

1) Ă©tude des sols

 

2) Ă©tude des enfants

 

sans

sans argent :

il n’y a pas d’argent

sans doute

il y a du doute = peut-ĂȘtre

ex. Il viendra sans doute demain : ce n’est pas sĂ»r

végéter

1) pousser (plante)

 

2) vivre d’une vie diminuĂ©e (personnes, animaux)

 

viande de bƓuf

 

gén. de la vache

de vive voix

 

personne n’imagine que ce soit de morte voix

décimer

tuer un sur dix

tuer une majorité de

Ă©cumer

1) produire de l’écume

 

2) enlever l’écume

 

par dérivation erronée :

 

gaster (ventre)  >  gastrite (inflammation de l’estomac)

hĂ©mophile : litt. ‘qui aime le sang’ !

haltĂ©rophile : litt. ‘qui aime les haltĂšres’

hĂ©matome : litt. ‘qui divise le sang’

 

 

3.7. Franchement idiot

 

une séance en matinée 

Elle a lieu l’aprùs-midi.

un procÚs verbal 

Il est Ă©crit.

un thé dansant 

Le thé ne danse pas.

une soirée dansante 

La soirée ne danse pas.

une sauterie 

On n’y saute pas, on y danse.

des petits pois 
 moyens

 

une famille nombreuse

Ce n’est pas une famille mais un mĂ©nage ; s’il n’y en a qu’un, il ne peut pas ĂȘtre nombreux, mais il peut y avoir de nombreux enfants.

avoir une idĂ©e derriĂšre la tĂȘte

Les idĂ©es sont plutĂŽt dans la tĂȘte.

brûler un feu rouge

D’abord, ce n’est pas un feu, ce qui suppose des flammes ou une flamme, mais une lumiĂšre ou une lampe, et on ne brĂ»le pas ces choses-lĂ .

faire de l’alpinisme dans les PyrĂ©nĂ©es

 

une place assise et une place debout

Une place n’est ni assise ni debout, ni couchĂ©e, ni pendue.

De guerre lasse, ils se sont rendus.

Ce n’était pas la guerre qui Ă©tait lasse.

tomber dans les pommes

Quelles pommes ?

donner un coup de téléphone, un coup de fil

Donner un coup de pied ou de poing (frapper avec le pied ou le poing) se comprend.

des souliers habillés

Ils habillent,donc sont habillants mais c’est celui qui les porte qui est habillĂ©.

du prĂȘt-Ă -porter

C’est en rĂ©alitĂ© du prĂȘt Ă  ĂȘtre portĂ©.

Celui qui tue sa sƓur commet un fratricide.

Du latin ‘frater’ (frùre).

le plus extrĂȘme

On ne peut ĂȘtre ni plus ni moins extrĂȘme.

au grand maximum

Le maximum ne peut ĂȘtre qualifiĂ© de grand ou petit.

faire du vélo

Quand quelqu’un fait de la tarte, le rĂ©sultat est de la tarte mais on va Ă  vĂ©lo.

faire l’Islande

L’Islande n’existait sans doute pas.

en premiĂšre page dans le journal

Si c’est en premiùre page, ce n’est pas dedans.

une rue passante

Une rue ne passe pas, elle reste lĂ .

C’est un prĂȘtĂ© pour un rendu.

incompréhensible !

prendre l’ascenseur pour descendre

 

traverser un pont

On suit le pont et on traverse le cours d’eau.

avoir les bras retroussĂ©s jusqu’au coude

 

une fin de non-recevoir

PlutĂŽt une fin de recevoir.

rendre service, rendre hommage, rendre les honneurs

 

les riverains de route nationale

 

boire du café au lait dans une tasse

 

une tartine de confiture

 

un calmant nerveux

 

une mauvaise herbe

 

traĂźner en longueur

 

le temps matériel

 

dormir sur les deux oreilles

 

ambidextre

qui a deux mains droites

jardin d’enfants

 

jardiniùre d’enfants

 

répondre au signalement de

 

aller Ă  pied

 

Ă  tue-tĂȘte

 

avoir une bosse Ă  son chapeau

 

du savon noir

 

une modiste

 

ballodrome

 

le souverain pontife

 

un solipĂšde

 

Cet article a paru sous la signature de 


 

remettre du cƓur au ventre de qn

 

Son dĂźner lui est restĂ© sur le cƓur.

 

tourner une page

 

J’ai fermĂ© la bonde avec une bonde.

 

Ă©cole maternelle

 

coup de coin

 

l’épithĂšte dĂ©tachĂ©e

 

ĂȘtre mangĂ© aux mites

 

du sirop pour la toux

 

grĂšve de la faim

 

un pulvérisateur

Il ne fait pas de poudre.

une lune de miel ensoleillée

 

saupoudrer de sel, de sucre

 

Ă©nerver

 

se suicider

 

circuler

 

un consommé

Il n’est pas consommĂ©.

Ă©ventrer une porte

 

journal hebdomadaire

 

paratonnerre

 

piscine

 

ductile

du latin ‘ductilis’ (mallĂ©able)

débosseler

 

ecchymose

 

syncope

 

dépÎt de mendicité

?

aller Ă  cheval sur un Ăąne

 

casque en tĂȘte

 

genou en terre

 

Ă©cumer

 

Ă©lider

= Ă©craser

emblaver de pois

 

surplus

 

café chantant

(in : Le tambourinaire, texte choisi d’A. Daudet, Numa Roumestan)

un beau brun

1)      homme

2)      couleur brune

Je soussigné

 

surajouter

= ajouter en surcroĂźt

un bec de gaz

 

maintenant

 

tirer la langue

 

naufragé

= navire brisé

 

 

3.8 Obscur

 

Je l’aime plus que ma sƓur.

1) ma sƓur = sujet : = que ma sƓur l’aime

2) ma sƓur : complĂ©ment : = que je n’aime ma sƓur

C’est le voisin qui a dĂ©couvert le parricide.

1)      le meurtre

2)      le meurtrier

Il faut punir l’infanticide.

1)      le crime

2)      celui qui l’a commis

J’ai hĂ©ritĂ© de ma tante.

1)      les biens de ma tante

2)      de ma tante elle-mĂȘme

J’ai ici du drap d’un frùre de Sam. Duquel ?

1)      de quelle sorte de drap ?

2)      de quel frÚre de Sam.

Ils se regardent dans la glace.

1)      réfléchi : a regarde a, b regarde b

2)      réciproque : a regarde b, b regarde a

Tous les avions tombent.

— Tous les avions ne tombent pas.

RĂ©sultat : il n’en reste plus en l’air.

— Aucun ne tombe. Mais il faut comprendre : ‘certains avions ne tombent pas.’

Ils sont sortis avec leur chien.

Avaient-ils un seul chien ou chacun avait-il son chien ?

les deux premiers

le premier d’une sĂ©rie et le premier de l’autre ou le premier et le deuxiĂšme d’une sĂ©rie

Il s’est tuĂ© hier.

volontairement ou accidentellement

paix sur la terre aux hommes qu’Il aime

                                                qui l’aiment 

 

Ne ment pas qui veut.

 

Il y a du papier Ă  emballer dans la chambre.

 

fournir une maison de pain

 

l’amour de Dieu

 

marcher au canon

 

Ce chien, je le ferai chercher.

 

Il en vient.

1)      ‘en’ pronom : wallon : il ù vint

2)      ‘en’ adverbe : wallon : il ù d’vint

Quel fruit peut en tirer la pensée ?

(ChĂąteaubriand, GĂ©nie, II, I4, V, chap.1)

 

 

3.9 Manque de nuances

 

allumer

1 une allumette : lui faire produire du feu

2 une cigarette : y mettre le feu

3 une lampe : lui faire produire de la lumiÚre

4 un feu : faire démarrer un feu

corriger

1 indiquer les fautes

2 supprimer les fautes

3 punir

louer

1 donner en location

2 prendre en location

3 louanger

hĂŽte

1 celui qui reçoit

2 celui qui est reçu

dédoubler les rangs

                  une classe

en faire un avec deux

en faire deux avec un

un grand magasin

1 un magasin qui est grand de son espĂšce

2 un magasin oĂč on vend toutes sortes de marchandises

accoucher

1 mettre un enfant au monde

2 aider Ă  mettre un enfant au monde

baisser

abaisser

On abaisse une chose pour qu’elle ne soit pas si haute, on la baisse pour qu’elle soit basse.

Pourquoi alors ‘baisser la tĂȘte’, ‘baisser les yeux’ ?

L ante : avant

anti : contre

mais antidater

mais antéchrist

centrifuge

vermifuge

qui fuit le centre

qui fait fuir les vers ?

hémophile

qui aime le sang

philologie

discours  sur l’amitié ?

 

 

3.10 Pléonasmes admis

 

s’avĂ©rer exact – s’avĂ©rer faux

coopérer avec

empĂȘchement dirimant

Ă©conomie domestique

transporter au-delĂ  de

une secousse sismique

ĂȘtre repu de fatigue

un faux prétexte

une preuve probante

le milieu ambiant

Il n’y a pas de meilleur antidote contre l’ennui que le travail.

applaudir des deux mains

l’apanage exclusif

coĂŻncider avec

s’immiscer dans

caractéristique particuliÚre

au fur et Ă  mesure

saupoudrer de sel

se suffire Ă  soi-mĂȘme

traĂźner en longueur

saule marsault

 

 

3.11 Vocabulaire bĂȘtement compliquĂ©

 

la céphalgie

le mal de tĂȘte

la copocléphilie

le fait de collectionner des porte-clefs

une  épistaxis

un saignement de nez

un kinésithérapeute

quelqu’un qui soigne par le mouvement

un odontologue

le spécialiste des dents

l’ophtalmologie

la science qui soigne les affections des yeux

la philuménie

la collection de boütes d’allumettes

la tyrosémophilie

la collection de couvercles de boĂźtes de fromage

unciforme

en forme de crochet

la philatélie

la collection de timbres-poste

la cuniculiculture

l’élevage du lapin

la polémologie

la sience de la guerre

l’haltĂ©rophile

mais philatéliste

la gingivite

l’inflammation des gencives

sapide

qui a de la saveur

tinctorial

qui sert Ă  teindre

la mytiliculture

l’élevage des moules

 

 

3.12 Multiplicité des sens

 

agriculture

horticulture

travail de l’ ‘ager’, du champ

travail de l’ ‘hortus’, du jardin

aviculture

cuniculiculture

travail de l’ ‘avus’, oiseau ? Non, Ă©levage.

Ă©levage du lapin

riziculture

travail ou élevage du riz ?

Non, action de faire pousser le riz.

motoculture

travail, Ă©levage ou action de faire pousser les motos ? Non, travail des champs Ă  l’aide d’une machine Ă  moteur.

monoculture

travail, Ă©levage, action de faire pousser ou travail des champs Ă  l’aide d’un mono ?

Non, culture d’un seul genre de plante.

 

fumigĂšne

exogĂšne

qui engendre la fumée

qui engendre l’exo ? Non, qui se forme Ă  l’extĂ©rieur.

 

géographe

orthographe

fait de la géographie

devrait ĂȘtre quelqu’un qui s’attache Ă  l’ ‘orthographie’

 

thermomĂštre

géomÚtre

un appareil

une personne

 

 

 

4 Catégories grammaticales

 

 

4.1 Orthographe grammaticale

 

emploi du trait d’union

 

Il ne joue aucun rĂŽle.

Dis-je cela ? (verbe conjugué – pronom personnel sujet)

Prends-le. (verbe conjuguĂ© – participe passĂ© conjuguĂ©)

!! Laisse-toi tomber.

Laisse-toi faire.

‘toi’ sujet de tomber

‘toi’ complĂ©ment de faire

 

 

4.2 Article “dĂ©fini”

 

l’annĂ©e de la femme

= l’annĂ©e de toutes les femmes

Il a donc ici une valeur indéfinie.

 

 

4.3 Article “indĂ©fini”

 

Il ne distingue pas de l’adjectif numĂ©ral.

un, une

 

Dans les autres langues, on diffĂšre.

 

ARTICLE

NUMERAL

W on, one, on-

onk (, yin(k), yun, ink)

NL een

Ă©Ă©n

E a(n)

one

D ein(e )

eins

I un(a, o)

uno

R adyin’

ras

 

 

4.4. Adjectif possessif

 

Il a mal Ă  la tĂȘte.

mais Il a mal Ă  sa pauvre tĂȘte.

Il a les mains dans ses poches.

Pourquoi ?

 

 

4.5 Adjectif numéral

 

illogisme dans l’orthographe

 

trente, quarante, cinquante, 


raison étymologique, mais déroutante pour le commun des mortels

soixante-et-onze, soixante-douze, 
, quantre-vingt-dix-neuf

formation absurde

trente-cinq

cent cinq

 

 

4.6 Adjectif multiplicatif

 

simple, double, triple, quadruple, 
 Continuez !

 

En néerlandais, on ajoute -voudig

au numéral ordinal pour tous les nombres.

En anglais,                         -fold

 

En allemand,                      -faltig     

 

 

 

4.7 Verbe

 

Conjugaison

 

Indicatif présent

peler > je pĂšle

appeler > j’appelle

Ă©peler > j’épĂšle

pouvoir > je peux

mouvoir > je meus

répéter > je répÚte

téter > je tette

clore > il clĂŽt

enclore > il enclot

Ă©clore > il Ă©clot

fileter > je filĂšte

feuilleter > je feuillette

taire > il tait

plaire > il plaĂźt

dire > vous dites

médire > vous médiser

maudire > vous maudissez

rompre > il rompt

vaincre > il vainc

résoudre > je résous

coudre > je couds

jeter > je jette

crocheter > je crochĂšte

prendre > je prends

joindre > je joins

asseoir > j’assieds

surseoir > je sursois

 

Indicatif passé simple

croßtre > il crût

décroßtre > il décrut

 

Indicatif futur simple

asseoir > j’assoirai

surseoir > je surseoirai

 

Participe présent et adjectif verbal

exiger

part. présent : exigeant

adj. verbal. exigeant

négliger

part.présent : négligeant

adj. verbal : négligent

Ă  5 heures sonnant = Ă  5 heures sonnantes

 

Participe passé

crû (de : croßtre) >< cru (de : croire)

dû (de : devoir) >< du (art. partitif)

mais plu (de : plaire) = plu (de pleuvoir)

pu (de : pouvoir)  = pu (de : paßtre)

absoudre : part. passé masculin : absous

                                    féminin : absoute

conduire  > il a conduit

nuire  > il a nui

 

Subjonctif présent

valoir : que je vaille

prévaloir : que je prévale

 

DĂ©ficiences

je clos

tu clos

il clot

pas de pluriel (pourquoi ?)

 

Emploi des modes incertain

Le plus que je puis (indicatif) faire.

                        puisse (subjonctif) 

 

 

Confusion dans la conjugaison

je suis

des verbes ĂȘtre ou suivre

nous peignons

des verbes peindre ou peigner

 

Emploi des auxiliaires

Ensuite, il a grimpé.

Ensuite, il est monté.

Pourquoi ?

Il est mort.

Pas de différence entre action et situation.

 

Accord du verbe

Plus d’un (= au moins deux) est venu.

Moins de deux (= au plus un) sont partis.

 

 

4.8 Nom

 

4.8.1 Genre et nombre

 

orgue est masculin au singulier

                 féminin au pluriel

Cet orgue est une des plus belles que j’ai entendues.

un(e ) perce-neige

 

un(e ) entrecĂŽte

 

un(e ) aprĂšs-midi

 

 

4.8.2 Pluriel

 

4.8.2.1 Noms simples

voyager Ă  pied(sans doute pour faire un unijambiste)

des arbres en fleur mais des prairies en fleurs

une moustache ou des moustaches

un mille-fleurs mais un mille-feuille

des verres antibuées

des peintures antirouilles

des antigels

pluriel changé :

ail > aulx

Ɠil > yeux

 

4.8.2.2 Noms composés

un coupe-tige mais un coupe-cigares

des garde-boue mais des gardes-chasse

un presse-citron mais un presse-fruits

des in-quartos mais des in-folio

des crùve-cƓur

des croque-morts

des sans-souci

des sans-culottes

des guet-apens ou des guets-apens

des aprĂšs-midi ou des aprĂšs-midis

une reine-claude > des reines-claudes (nom propre)

un fac-similé > des fac-similés (adverbe)

un en-tĂȘte > des en-tĂȘtes (pas de sens pluriel)

un bonjour > des bonjours

un bonhomme > des bonshommes

des derniers-nés

des nouveau-nés

un bonjour > des bonjours (jour n’a pas un sens pluriel)

un pourboire > des pourboires (boire est un verbe)

 

 

 

4.8.3 Formation

 

4.8.3.1 Composés

Pourquoi soutien-gorge et pas soutient-gorge, alors que essuie-mains, passe-partout, 


 

4.8.3.2 Abstraits

long > longueur

court > ?

Ce meuble ne peut entrer ici à cause de sa longueur. Ce qui est pratique, c’est sa 
 ( ?)

 

 

4.9 Adjectif qualificatif

 

L’adjectif qualificatif qui prĂ©cĂšde ‘gens’ est du fĂ©minin ; aprĂšs ‘gens’, il est du masculin.

Toutes ces petites gens sont heureux.

la fille premier-née (pourquoi ? = premiÚrement (adverbe) ; pourquoi alors : la fille derniÚre née ?)

six heures sonnantes mais

Ă  six heures sonnant, six heures durant

place : un homme chauve – une chauve-souris

des robes flambant neuf ou _ neuves

 

 

Confusion adverbe –adjectif

des portes larges (= largement !) ouvertes

des mĂ©lodies impromptu (pas d’accord)

des fleurs fraßches (= fraßchement !) écloses

étant donné(e ) sa stupidité

des personnages tout-puissants

des personnes toutes puissantes

des vers impromptus (accord)

 

 

4.10 Pronom relatif

 

Le pronom relatif ‘oĂč’ est en rĂ©alitĂ© un adverbe interrogatif.

Pourquoi ne dit-on pas : « La ville sans tu habites ? »

parce que ‘quand’ amĂšne une idĂ©e de temps et pas de lieu, alors que ‘ville’ est un lieu.

šPourquoi dit-on alors : « le jour oĂč je t’ai vu » et pas « le jour quand je t’ai vu » ?

 

ce qui reste à faire = ce qu’il reste à faire

Fais ce qui te plaüt. = Fais ce qu’il te plaüt.

 

4.11 Pronom personnel

 

Je le   laisse faire ses devoirs.

     lui

Elle emportait avec elle toute sa fortune.

                                 soi

inutile :

Si L’ on sait et que L’ on dit oĂč L’ on va, on peut partir.

 

 

4.12 Prépositions

 

dans le journal mais sur le palmarĂšs

boire dans un verre

mangé aux mites

            aux vers

montrer au doigt

 

 

4.13 Adjectif numéral

 

trois cent

mais trois cents hommes

 

 

4.14 Compléments

 

J’obĂ©is Ă  mon pĂšre.

= Mon pÚre sera obéi.

J’écris une lettre Ă  mon pĂšre.

= Une lettre sera Ă©crite.

= « Mon pÚre sera écrit ».

 

 

 

5 Varia 

 

 

Idioties par colonisation culturelle

W InzĂšs-Monts (dans les monts, sur les hauteurs)

> F Aisemont (qui ne veut rien dire)

 

Symboles chimiques

sodium = Na(trium)

antimoine = Sb (stibium)

potassium = K(alium)

tungstĂšne = W(olfram)

azote = N(itrium)

azote > nitrate, nitrite

 

 

 

 

6 Conclusion

 

Le français est par excellence la langue du quiproquo et de l’à peu prĂšs, d’oĂč l’abondance des jeux de mots comme :

pleurer devant un accident de terrain

ĂȘtre ceint et sauf

vĂȘtu de probitĂ© candide et de lin blanc (V. Hugo)

Le duc d’Anjou partit enfin, tout chargĂ© d’argent et de malĂ©dictions (Michelet)

 

On dit qu’en anglais, on Ă©crit ‘caoutchouc’ et qu’on prononce â€˜Ă©lastique’, mais en français on Ă©crit ‘caoutchouc’ et on prononce ‘bĂ©ton armé’.

 

Le rĂ©sultat de ces difficultĂ©s gratuites et idioties est 42 % de retards Ă  la fin de l’école primaire dans les classes dont la langue de base est le français, contre 17 % dans les classes de rĂ©gime nĂ©erlandophone.

(in : LB 28/02/1975)