1479 - Lodewyk van Berken (Louis De Bercken)

in: Yves Vander Cruysen, Curieuses histoires des inventeurs belges, éd. Jourdan, 2012, p.265-273

 

Lodewyk van Berken

Louis De Berken (seconde moitié du XVe siècle) a inventé, en 1479, la technique de la taille du diamant. Il devint le joaillier personnel de Charles le Téméraire, lui taillant les plus beaux bijoux de son temps.

(in: J.-L. Huens, Histoire de Belgique, T1)

1600 Simon Stevin vond de zeilwagen uit

(HLN, 09/09/2017)

1600s – Simon Stevin

 

 

Exposition Simon Stevin, L’émergence de la nouvelle science, LB 24/08/2004

 

LA MAQUETTE DU CHAR A VOILE inventé par Simon Ste­vin et qui transporta 25 person­nes à du 35 km à l’heure sur la plage de Scheveningen au XVIIe siècle sera une des pièces maî­tresse de l’exposition que la Bi­bliothèque royale de Belgique consacre à ce touche à tout de génie. Dans le cadre de la prési­dence néerlandaise de l’Union européenne, la Bibliothèque présente du 17 septembre au 30 octobre prochain une expo­sition consacrée à Simon Stevin ( 1548-1620).

Partisan de Copernic en astro­nomie, il s’intéressa aux fortifi­cations comme à la musique, à la navigation et à la notation des nombres. C’est ainsi qu’il in­venta notamment une notation nouvelle des décimales.

 

1600s - Ferdinand Verbiest, inventeur de la première automobile (avant Cugnot)

1600s

in: Yves Vander Cruysen, Curieuses histoires des inventeurs belges, éd. Jourdan, 2012, p.55-58

 

Depuis des décennies, les manuels scolaires attribuent à Joseph Cugnot la réalisation de la première automobile. Mais si l’on s’en tient à l’étymologie du mot, cette invention devrait être accor­dée au père Ferdinand Verbiest. Un siècle avant la présentation du célèbre fardier, il avait déjà réussi à faire se mouvoir un petit véhicule à vapeur. Cela se passait ni plus ni moins qu’à la Cour de l’Empereur de Chine.

Ferdinand Verbiest est né à Pittem, près de Tielt, le 9 octobre 1623. Proche des Seigneurs de l’endroit, il fait des études complè­tes chez les jésuites de Bruges, puis de Courtrai. Il étudie ensuite la philosophie à l’Université de Louvain où il découvre aussi, aux côtés du père Taquet, tout le génie des mathématiques. Mais ses priorités sont ailleurs. Reçu novice à Malines en 1641, professeur au Collège de Bruxelles en 1647, il séjourne à Rome en 1652 pour approfondir ses connaissances théologiques, puis se rend à Séville où il est proclamé, en avril 1655, docteur es théologie.

À ce moment, le jésuite qu’il est devenu aspire à partager sa foi avec des peuples lointains. Il rêve d’Amérique du Sud. Mais c’est vers la Chine qu’il obtient, en 1658, une mission. Le voyage est épuisant ; sept de ses collègues vont d’ailleurs succomber en cours de route. Sur place, il accompagne le père Couplet dans l’évangélisation de la province de Shanxi. Mais il n’y reste pas longtemps. Ayant été averti de ses compétences mathématiques, le père Adam Schall von Bell obtient sa mutation à Pékin pour l’associer à ses travaux astronomiques. Ses connaissances vont cependant très vite créer des jalousies, surtout parmi les scienti­fiques ou pseudo-scientifiques chinois qui n’hésitent pas à l’accu­ser d’imposture. Il est vrai que l’astronomie chinoise est encore basée sur des traditions que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de manipulatrices. Le 16 novembre 1664, il est ainsi arrêté avec son mentor. Ils sont inculpés pour conspiration contre l’Etat, calculs astronomiques erronés et propagation de superstitions. Mais il en faut plus pour désarçonner Ferdinand Verbiest. Profitant d’un tremblement de terre, il obtient des autorités supérieures de pouvoir confondre ses accusateurs dans une série d’épreuves astronomiques contradictoires dont il triompha brillamment. Il en profita pour dénoncer les fâcheuses erreurs dont ses détracteurs avaient affligé le calendrier chinois.

Il entre ainsi dans les faveurs du jeune empereur Kangxi, qui le nomme président de la «Cour suprême des sacrifices impériaux». Verbiest l’appellera son tribunal suprême des mathématiques. Il est aussi nommé vice-président de l’Observatoire de Pékin, qu’il dote d’instruments parmi les plus performants de l’époque. Il fait construire une sphère armillaire zodiacale, une sphère équinoxiale, un sextant, un globe céleste, qui font la fierté de l’Empereur et du peuple chinois. C’est d’ailleurs toujours le cas de nos jours.

Verbiest est donc bien en cour. Il devient le secrétaire de l’empereur; prend en charge l’organisation du ministère des travaux publics ; l’accompagne, à ce titre, dans ses déplacements en province. Pour mieux le protéger, il l’équipe de canons d’une puissance exceptionnelle. Pour l’aider à construire un mausolée,

il invente des outils de levage, tel le «glossocome», une sorte de cric composé de roues dentées permettant d’élever les fardeaux les plus lourds. Il initie aussi son maître à sa religion et le distrait de mille et une manières, notamment en créant un orgue hydraulique dont le vent était comprimé par la pression de l’eau. C’est dans ce cadre qu’il construit, probablement en 1679, un petit chariot à vapeur capable de se mouvoir de manière autonome.

Dans un de ses ouvrages, intitulé Astronomia Europae, précieu­sement conservé à la bibliothèque de New York, il décrit son invention : « Faite en bois, elle mesurait 2 pieds de long (environ 65 centimètres) et était actionnée par un éolipyle que chauf­faient des braises ardentes. Le jet de vapeur frappait une roue horizontale comportant des pales et engrenant les roues motrices avant. Au milieu de l’axe des roues postérieures, un timon très flexible était relié à une roue d’un diamètre plus grand, facile à

manœuvrer. »

Le chariot fut essayé dans la grande cour du palais de Pékin. Il tourna en rond, de manière tout à fait autonome, pour le plus grand amusement de la Cour, qui le conserva précieusement. Il servit d’ailleurs de modèle, au début du XVIIIe siècle, au père Grimaldi qui, toujours en Chine, réitéra l’expérience. Et il fallut attendre 1763 pour qu’en France, Joseph Cugnot fasse de même, d’ailleurs sans plus de succès, son «fardier» se révélant difficile à manœuvrer. Pour l’anecdote, sa première sortie s’acheva dans un mur. Il n’avait pas été équipé de freins.

L’invention de Verbiest était certes un jouet mais, sur le plan étymologique, il fut bel et bien une automobile, c’est-à-dire se mouvant par soi-même. Même si le terme n’est apparu dans le vocabulaire qu’en 1890.

Le père Verbiest n’en tira aucune gloire. Du moins en Europe, °u il fut presque oublié. Ce qui ne fut pas le cas en Chine. Elevé

à la dignité de mandarin sous le nom de Nan-Hai-Jin, ce qui signifie dans la langue locale «cordialement humain», il succom­bera à Pékin le 28 janvier 1688. Et au panthéon chinois, il figure, aujourd’hui encore, au nombre des 108 personnalités qui ont marqué l’histoire de l’Empire du soleil. La Belgique l’a pourtant oublié, n’évoquant même pas son nom ou ses inventions lors de l’exposition universelle de Shanghaï dans un pavillon exhibant pourtant fièrement les plus grands Belges de tous les temps!

 

1600s

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge, Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 

Le prêtre et missionnaire Ferdinand Verbiest (1623-1688) a conçu à la Cour de Chine un précurseur de l’automobile. Il a monté une bouilloire sur un petit four avec des pales, des rouages et des roues, et a fait rouler cet engin à vapeur pendant une heure dans les couloirs du palais. Verbiest a également réalisé un globe terrestre, des cadrans solaires, des clepsydres, un thermomètre, une caméra obscura et des pompes à eau hydrauliques pour lutter contre les inondations. Un charpentier de chez nous a permis de pomper l’eau de la Seine sur 162 mètres pour alimenter les fontaines de Versailles sous Louis XIV. René ou Rennequin Sualem (1645-1708) a été le premier ‘ingénieur’ du roi. Il a conçu une construction en bois que le peintre anglais Turner a immortalisée dans une aquarelle.

 

1600s - Louis de Geer, financier et investisseur industriel, père de l'industrie du fer en Suède

1605 - eerste krant : "Nieuwe Tijdinghe" (verantw. Abraham Verhoeven) (Antwerpen)

1700s - Jean-Jacques Dony, chercheur

(Yves Vander Cruysen, Curieuses histoires des inventeurs belges, éd. Jourdan, 2012)

1700s - Hubert Sarton, inventeur de la première montre à rotor

in: Yves Vander Cruysen, Curieuses histoires des inventeurs belges, éd. Jourdan, 2012, p.69-72

 

Depuis plus de vingt ans, une polémique oppose les historiens de l’horlogerie quant à l’attribu­tion de l’invention de la montre automatique. La Suisse revendique ce titre pour Abraham-Louis Perlet, dont la maison est l’une des plus prestigieuses du pays. Mais à Liège, on attribue cette invention à Hubert Sarton. Preuves à l’appui, un chercheur français vient de remettre les pendules à l’heure : c’est bien sur les bords de la Meuse que fut conçue la première montre à rotor.

Dieudonné-Hubert Sarton est ce que l’on peut appeler un génie inventif. C’est en tous les cas le qualificatif utilisé par la Ville de Liège pour rappeler sur une stèle scellée sur sa maison natale combien sa créativité fut grande. Mais aussi combien la Cité ardente est fière de son enfant. C’est, en effet, à Liège que celui-ci fut baptisé, le 3 novembre 1748. Et c’est auprès de son oncle et parrain, Dieudonné Sarton qu’il fait l’apprentissage, dès son plus jeune âge, des techniques horlogères. Le gamin est doué. Il n’est donc pas étonnant qu’il soit envoyé en stage à Paris dans l’atelier de Pierre Leroy. Mais il retrouvera bien vite les bords de Meuse, y ouvrant son propre atelier et sa propre boutique. À la belle saison, en revanche, c’est à Spa qu’il installait ses créations, faisant rêver, avec ses multiples et extravagants instruments de précision, la riche et noble clientèle fréquentant la ville d’eau.

Habile mécanicien, notre homme est, en effet, d’une grande inventivité. Il est ainsi l’auteur d’une splendide et grande pendule, « montrant le lever et le coucher du soleil et les phases de la lune » que va très vite acheter Charles de Lorraine, faisant de lui l’horloger-mécanicien officiel du Gouverneur général des Pays-Bas autrichiens. Mais aussi d’un cadran manuel de l’équation du temps, d’une machine pour l’extraction du charbon de terre, d’un régulateur de compensation, d’une machine hydraulique destinée à remplacer la machine de Marly, si chère à Rennequin Sualem, d’un chronomètre autographique, d’un moulin à vent révolutionnaire et d’un fauteuil mouvant à volonté. Mais, sans qu’il en ait profité de son vivant, c’est à son invention d’une montre entièrement automatique qu’il doit aujourd’hui sa tardive immortalité.

Sa spécificité est qu’elle est équipée d’un dispositif unique, appelé rotor. C’est une espèce de battant en cuivre, permettant à la montre de se remonter par le mouvement de la marche de la personne qui la porte dans son gousset.

Pendant plus de deux siècles, pourtant, cette invention lui fut contestée. En Suisse, en effet, la vénérable maison Perrelet base toute sa promotion sur le fait que son fondateur fut le véritable créateur de la montre automatique, dite à rotor. Cela se serait passé en 1777. Mais elle n’apporte aucune preuve. Si ce n’est une note au crayon d’un certain Horace-Benedict de Saussure écrivant «avoir rencontré, en 1777, M. Perlet, l’inventeur de montres qui se remontent par le mouvement de celui qui les porte. » C’est tout! Les défenseurs d’Hubert Sarton ont, eux, retrouvé à Paris le procès-verbal de la 76e et dernière séance de l’année 1778 de la très sérieuse Académie royale des sciences de Paris. On peut ainsi

y lire, à la date du 16 décembre 1778, qu’un certain «monsieur Sarton, horloger à Liège, a présenté une montre qui se remonte d’elle-même par l’agitation de celui qui la porte». On sait aussi que l’invention fut ensuite analysée par deux experts, MM. Leroy et De Fouchy qui confirmèrent, au bout d’une dizaine de pages, après expériences, qu’elle était bien d’une ingénieuse inventivité et qu’elle méritait d’être reconnue comme telle par l’Académie. On ne peut donc pas fournir plus belle preuve, les brevets d’invention n’existant pas avant 1791.

L’argument ne fut cependant pas suffisant aux yeux du prince des historiens de l’horlogerie, Alfred Chapuis, celui-ci estimant qu’un tel aval de l’Académie aurait dû être accompagné au minimum d’un schéma. Et il faudra quinze ans de recherches à Joseph Flores et André Thiry pour qu’ils réussissent, en août 2009, à mettre la main sur «la» preuve irréfutable: un dessin, déposé par Sarton à l’Académie précitée, en septembre 1778, portant le cachet de celle-ci et expliquant le fonctionnement de l’invention afin qu’elle puisse être analysée par les experts.

L’invention d’Hubert Sarton est donc, aujourd’hui, incontesta­ble. Seul ce dernier, on l’a dit, ne se sera jamais rendu compte de 1 importance de sa découverte. Avec le développement du bracelet-montre, elle va tout simplement bouleverser l’industrie horlogère. Elle est d’ailleurs encore utilisée de nos jours.

Occupé à d’autres inventions, Sarton va d’ailleurs céder, dès 1787, aux établissements Dubois et fils, installés au Locle, le droit de réaliser des montres de son invention, « n’ayant plus le temps de fournir tout ce qu’on lui demandait. » Et c’est en imaginant l’ancêtre du chronomètre qu’il décédera, le 18 octobre 1828, dans sa bonne ville de Liège, laissant derrière lui une jolie postérité. L’un de ses fils, prénommé également Hubert hérita de son esprit inventif. Il imagina un « moulin à blé au moyen duquel un adolescent de quinze à seize ans pouvait facilement moudre trois à quatre cents livres de farine par jour » dont n’aurait pas rougi notre homme. Sa fille Barbe donna, elle, naissance à André Dumont, l’un des plus brillants géologues qu’ait connu la Belgique.

1700s - François Villette et les machines électrostatiques

On attribue au Liégeois Gilles des Marteaux (1722-1776) l’invention d’une méthode de gravure imitant le crayon, très prisée au XVIIIe siècle. (in: Yves Vander Cruysen, Curieuses histoires des inventeurs belges, éd. Jourdan, 2012, p.265-273)

1700s - Joseph Merlin, inventeur du patin à roulettes

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge, Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 

(p.286)  Le musicien et ingénieur Joseph Merlin (Huy 1735 – Londres 1803) est l’inventeur du patin à roulettes. Il fabriqua des machi­nes, des montres et des instruments de musique. Merlin fut le premier à monter des roulettes sur des patins de bois, mais il ne pouvait guère les diriger ni freiner.

 

Vous pensez que les rollerblades’ ou ‘skeelers’ sont des inventions américaines ré­centes? L’inventeur de leurs ancêtres, les patins à roulettes, s’appelait Joseph Merlin (1735-1803), et était originaire de Huy. Il a monté des roulettes sous ses sabots pour circuler plus vite dans les rues de Londres. En 1762, il a même fait une apparition remarquée lors d’un bal masqué en patinant dans le salon tout en jouant du violon en virtuose, avant de surprendre tout le monde en atterrissant finalement dans un miroir. Même le trolleybus original, un bus ne roulant pas sur rails relié à une ligne élec­trique aérienne, a des racines belges. C’est le spécialiste en électricité Charles J. Van Depoele (1846-1892), un Belge naturalisé américain, qui en a eu l’idée. La Van Depoele Electric Co. a d’abord introduit ce moyen de transport à Richmond, Chicago et Toronto. Ce moyen de transport écologique a ensuite fait son entrée en Europe et dans quelques villes belges.

(VA, 13/02/1988)