Pionniers et héros belges dans le domaine social / Belgische pioniers en helden in het gemeenschappelijke leven

1100s

J. Schoonjans, Nos Gloires,  Vulgarisation de l’ histoire de Belgique par l’image, Ed. Historia, BXL,  s.d.

 

EMIGRATION

 

Au 12e si√®cle se dessina un mouvement d‚Äô√©migration vers les pays de l‚Äô Est: l‚ÄôAllemagne, la Hongrie, la Pologne.¬† C‚Äôest la ‚Äėpouss√©e vers l‚ÄôEst‚Äô – en allemand ‚ÄėDrang nach Osten‚Äô.¬† Nous avons fond√© des villages flamands en Saxe; le port de Br√™me est d‚Äô origine belge; il existera longtemps des usages wallons en Hongrie …

 

(Pascal Majérus, Liste des béguinages de Belgique)

 

Chanoine Michel Dangoisse, Vivre avec les saints, La saintetet√© … √† la Belge, p.17-26, in: P√Ęque Nouvelle, 3, 1998

 

“Les catholiques sont √† battre avec de gros b√Ętons, quand ils se mettent √† parler sur un certain ton scientifique de leurs admirables l√©gendes, aftn de se mettre, de se bisser, √† la hauteur de deux philologues traitant de trois versions d’un m√™me √©pisode hom√©rique”.

 

Charles P√ČGUY, Louis de Gonzague

 

 

(p.17) On ne trouvera pas ci-apr√®s des “histoires belges , mais des histoires simples et vraies.¬† Les saints belges sont bien trop m√©connus par les Belges eux-m√™mes, toujours si prompts √† se sous-estimer et √† admirer tout ce qui vient de l’√©tranger.¬† D’o√Ļ les lignes qui suivent.

 

Un soir, passant dans la for√™t des Ardennes, au sud de la fronti√®re belge entre l’actuelle Abbaye d’Orval et Montm√©dy, Gr√©goire de Tours, au VIe si√®cle, s’arr√™ta dans un monast√®re dont l’abb√© Walfroy (Vulfila√Įcus) lui raconta sa curieuse histoire. (On trouve aujourd’hui dans la r√©gion l’Ermitage Saint-Walfroy).

 

L’abb√©, n√© en Lombardie, apr√®s un p√®lerinage au Moyen-Orient, fut s√©duit par les stylites.¬† Arriv√© chez nous il s’√©tait mis en t√™te de se construire une colonne en haut de laquelle il se tenait debout, pieds nus, √©t√© comme hiver : mais en hiver les ongles lui tombaient des pieds et des gla√ßons lui pendaient √† la barbe ! De toute la r√©gion des p√®lerins

 

 

(1)¬†¬†¬† Cette modeste synth√®se, tr√®s incompl√®te, doit √©norm√©ment au livre savoureux, quoique parfois un peu disparate, du bon Mgr Jacques LECLERCQ, autrefois professeur √† l’Universit√© Catholique de Louvain, Les Sai’nts de Belgique, Casterman, 1953, 215 pp.: nous lui avons emprunt√© ou nous avons r√©sum√© de nombreux passages (√† commencer par l’histoire de saint Walfroy).¬† Les citations entre guillemets sont tir√©es textuellement de ce livre.¬† Cf. aussi Propre des dioc√®se5 francophones de Belgique, Descl√©e, 1985, et Saints de Belgique (collectif), Coll.¬† “Sur la route des saints n’12, 72 pp., √©d.¬† Fid√©lit√©, 1994.

 

(p.18) accouraient pour¬† le voir… Mais voil√† que deux √©v√™ques -sans doute l’√©v√™que de Tr√®ves et l’√©v√™que de Tongres – passent par l√†.¬† Ils ne t√©m oignent d’aucune admiration pour ce genre de performance spirituelle, mais au contraire lui font quelques reproches : “Tu n’es pas sur la bonne voie.¬† Qui es-tu pour t’√©galer √† Sim√©on d’Antioche ?” Ensuite, motif emprunt√© √† leur exp√©rience : “Le climat de ce pays ne permet pas d’affronter ce genre de vie.¬† Descends plut√īt et habite avec les fr√®res que tu as group√©s autour de toi”.¬† Il n’osa pas r√©sister aux √©v√™ques qui lui d√©rouill√®rent les jambes dans une petite promenade et l’invit√®rent √† d√ģner.

 

Examinons leur m√©thode.¬† Pas la moindre menace de sanction, mais pas de compliment non plus (ce n’est pas dans nos habitudes).¬† “Dans son pays, note J. Leclercq, il aurait eu plus de discours et moins de bonhomie”.¬† Puis un des pr√©lats, sans rien lui en dire, sans crier gare, passe imm√©diatement aux actes : il envoie des ouvriers jeter √† bas sa colonne.¬† Le lendemain, il n’en trouva plus que des d√©bris, mais n’osa pas la reconstruire.¬† “Voil√† pourquoi, conclut-il inconsolable, j’habite maintenant ce monast√®re, au milieu de mes fr√®res”.¬† C’√©tait sans doute mieux pour gouverner un monast√®re…

 

Cet √©pisode est r√©v√©lateur de la mentalit√© chr√©tienne des Belges.¬† Nos √©v√™ques sont rest√©s un peu les m√™mes : aucun enthousiasme pour les excentricit√©s, m√™me pieuses.¬† Walfroy est d’ailleurs le seul stylite connu en Occident.¬† Et c’√©tait un m√©ridional… Pratiques et soucieux de bonne administration, les √©v√™ques ne s’embarquent pas dans des discussions de principes, mais passent √† l’action.¬† Sous des dehors amicaux, on sentait une autorit√© ferme qui coupe court aux discussions.

 

1. Petite g√©ographie de la “Belgique des saints”

 

Géographiquement, elle déborde évidemment du cadre de la Belgique actuelle, pour englober en fait la Belgique de

C√©sar : la r√©gion des trois fleuves (Escaut, Meuse, Rhin), bord√©e de for√™ts par le sud et s’√©tendant du Bas-Rhin au-del√† de la Somme.¬† Cologne et Paris, les deux extr√©mit√©s de notre monde, en seront longtemps les deux m√©tropoles

intellectuelles, avec Aix-la-Chapelle : Boniface de Bruxelles √©tudiera et professera √† Paris au d√©but du XIII’ si√®cle,¬† puis √† Cologne. jusqu’au (p.19) XVIe si√®cle, la plupart de nos provinces ont d√©pendu longtemps des archev√™ques de Tr√®ves et de Reims et n’ont cornport√© que deux √©v√™ch√©s: Tongres (transf√©r√© ensuite √† Maastricht, puis √† Li√®ge) et Tournai, m√™me si, √† certaines √©poques quelques-unes furent rattach√©es aux √©v√™ch√©s d’Arras , de Cambrai, Noyon ou Th√©rouanne.¬† Mais les saints franchissent all√©grement les fronti√®res linguistiques ou nationales : ils se sentent chez eux aussi aussi bien en Flandre qu’en Wallonie, en France qu’en Allemagne; c‚Äôest dans l‚ÄôEglise que s’est maintenue au cours des si√®cles la solidarit√© occidentale.¬† Les racines de l’Europe sont chr√©tiennes.

Ainsi notre √©vang√©lisation doit beaucoup aux moines, religieux √©v√™ques venus des pays √©trangers : la foi nous est venue par des √©trangers. Celui qui, est sans doute notre premier √©v√™que venait vraisemblablement d’Arm√©nie ou de

Gr√®ce : saint Servais (“Sarbatios ¬Ľ) distingua dans le combat contre l’h√©r√©sie arienne au Concile de Rimini en 359, o√Ļ il a r√©sist√© √† toutes les pressions ; saint Athanase le cite comme un des grands d√©fenseurs de la foi authentique ;

on le trouve aussi √† un Concile dans l’actuelle Bulgarie.¬† Il participe √† Cologne √† un Concile qui d√©pose un √©v√™que notoirement h√©r√©tique et apostat : “Je sais, dit Servais, ce que cet √©v√™que a enseign√©, lorsqu’il niait la divinit√© du

Christ.¬† Mon avis est qu’il ne peut √™tre √©v√™que des chr√©tiens et que ceux qui auront communication avec lui ne pourront porter le nom de chr√©tiens”.¬† Voil√† comment on y allait √† l’√©poque ! Il fut √©v√™que de Tongres, c’est-√†-dire

d’un immense territoire qu une douzaine de dioc√®ses se partagent aujourd’hui.¬† Son tombeau est √† Maastricht.

 

Mais il y eut bien d’autres √©trangers chez nous : Amand, √©v√™que missionnaire, nous est venu des environs de Poitiers au VIIe si√®cle ; Berthuin, dont on. f√™te cette ann√©e √† Malonne le 1300e anniversaire’ de la mort, vient d’Angleterre, comme Willibrord ; Feuillen (Fosses-la-Ville) est originaire d’Irlande ; sainte Julie Billiart au XIX si√®cle, du Nord de la France, s’installe √† Namur, etc.

 

II Survol de l’histoire des saints de Belgique

 

Ce sera un simple survol et je ne pourrai √©voquer ici que quelques figures, au risque d’√™tre un peu injuste.¬† Mais les¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†

saints pass√©s sous silence ne m’en voudront pas, puisque ce sont des saints ! Consid√©r√©e comme (p.20) christianis√©e vers 750, la Belgique connut des temps forts : le VIIe si√®cle est appel√© “le si√®cle des saints”, et la vall√©e de la Sambre √† cette √©poque, “la vall√©e des saints”. √Ä l’√©poque m√©rovingienne apparaissent de grands √©v√™ques (√Čleuth√®re √† Tournai, M√©dard, Vaast, G√©ry, Omer, √Čloi, Lambert et surtout Hubert, patron des chasseurs demeur√© tr√®s populaire et qui fixa √† Li√®ge l’√©v√™ch√© de Tongres-Maastricht).¬† Le christianisme, chez nous, atteint d’abord les couches sup√©rieures et l’influence des abbayes a tou’ours √©t√© consid√©rable.¬† Un saint G√©rard, fondateur de l’abbaye de Brogne, reste peu connu, alors qu’il est un des grands r√©formateurs du clerg√© au X’ si√®cle.¬† Les Croisades des XI’ et XII’ si√®cles ont attir√© de nombreux Lotharingiens (pensons √† Godefrold de Bouillon, vrai serviteur du Christ), mais ne Prirent jamais – comme ce fut parfois le cas en France – un caract√®re d’entreprise nationale.

 

C’est au XIIe si√®cle qu’appara√ģt dans tout le pays une cr√©ation originale et typique de nos r√©gions : les b√©guinages.¬† Ils se sont d√©velopp√©s progressivement, presque sans fondateur et au d√©but presque sans r√®gle, aussi bien en pays wallon qu’en Flandre et en Hollande.¬† Sortes de villages de “b√©guines”, ils forment des paroisses soumises √† -une sorte de r√®gle religieuse, mais ces femmes pieuses vivant dans des maisons particuli√®res ne font pas de voeux, et gardent la disposition de leurs biens.¬† Maiderus, l’√©v√™que d’Anvers, en a bien saisi la raison en 1630 : “Les femmes de Belgique qui veulent se consacrer √† Dieu y trouvent un genre de vie en rapport avec le caract√®re de leur peuple.¬† Car ce peuple aime la libert√© et pr√©f√®re se laisser conduire que contraindre…” Effectivement, il a un jour prononc√© pour l’ind√©pendance, avec parfois un penchant pour l‚Äôindiscipline et la r√©sistance passive : il a appris cela sous les nombreuses occupations √©trang√®res des si√®cles pass√©s…

 

La saintet√© en Belgique, surtout √† latin du XIIe si√®cle et jusqu’au XIVe, est aussi connue par ses mystiques (qu’on appelle un peu ind√Ľment “mystiques flamands”, car il y a autant, si pas plus, de Wallons que de Flamands).¬† On y trouve peu d’hommes, mais plusieurs femmes, surtout des contemplatives (souvent cisterciennes).

 

Marie d’Oignies, n√©e √† Nivelles, mari√©e tr√®s ‘eune, se retira avec le consentement de son mari pr√®s de la Sambre, tout pr√®s de l’√©glise du Prieur√© d’Oignies.¬† Cette grande sainte nous est bien connue grace a sa Vie, √©crite par le Fran√ßais Jacques de Vitry, qui finit cardinal – et par un (p.21) Suppl√©ment d√Ľ au chanoine Thomas de Cantimpr√©’.¬† Elle √©prouvait une grande v√©n√©ration pour la Vierge Marie et une extraordinaire d√©votion pour l’Eucharitie : “C’√©tait pour elle mourir, de devoir trop longtemps √™tre s√©par√©e du sacrement en ne le recevant pas”, lit-on dans la Vie.¬† Et apr√®s un je√Ľne de 35 jours, elle ne pronon√ßait qu’une seule phrase: “Je veux le corps de Notre Seigneur J√©sus-Christ”.¬† Elle recourait fr√©quemment √† la confession et √©tait gratifi√©e du don des larmes.¬† Un peu avant sa mort √† 36 ans, il lui arrivait d’entonner pendant des journ√©es enti√®res des chants de jubilation (un peu comme dans les groupes du Renouveau).

 

Mais elle √©tait aussi sensible aux besoins de son √©poque, travaillant pour la nourriture des pauvres, veillant des nuits enti√®res au chevet des mourants.¬† Dans son travail “elle avait le psautier plac√© devant elle et elle en r√©citait suavement les Psaumes au Seigneur”, dit la Vie.¬† Cinq jours avant sa mort, elle murmurait : “Combien tu es beau, notre Roi et Seigneur !” Et elle resta longtemps dans une si grande joie, en chantant, en riant, en applaudissent quelquefois avec les mains.¬† Ainsi “Madame Marie”, comme l’appelaient les gens, v√™tue d’un v√™tement souvent blanc, parfois noir, plong√©e dans la joie de la Tr√®s Sainte Trinit√© (dont elle parle souvent) a exerc√© un rayonnement spirituel consid√©rable dans le pays d√©sign√© alors sous le nom de Lotharingie.

 

Il en va de m√™me pour la li√©geoise Julienne du Mont-Cornillon qui est √† l’origine de la F√™te-Dieu.¬† Au d√©but du XIIIe si√®cle, en effet, dans la pri√®re, elle avait compris qu’il manquait √† l’√Čglise une solennit√© qui c√©l√©br√Ęt le Tr√®s Saint Cor ‘ ps du Christ dans ]’Eucharistie.¬† Apr√®s bien des difficult√©s, elle obtint enfin que l’√©v√™que de Li√®ge institue la F√™te-Dieu en 1246.¬† Mais elle connut une sorte de pers√©cution, et dut s’enfuir √† Namur √† l’Abbaye cistercienne de Salzinnes, puis √† Fosses-la-Ville o√Ļ elle iiiourut.¬† Quelques ann√©es apr√®s, le pape √©tendit cette f√™te √† l’√Čglise universelle.¬† Nos r√©gions sont donc d√©cid√©ment un lieu de pr√©dilection pour la pi√©t√© eucharistique.¬† C’est d’ailleurs de Namur, sous MI’ Heylen, que partit l’id√©e des grands Congr√®s eucharistiques au XX’ si√®cle.

 

(p.22) Citons aussi Lutgarde, qui ne parlait que le flamand – apr√®s avoir √©t√© b√©n√©dictine √† Tongres, elle entre chez des cisterciennes en terre wallonne pr√®s de Nivelles ; ayant une profonde d√©votion au Sacr√©-Coeur, elle connut extases, visions et l√©vitations.¬† Yvette de Huy, elle, est un cas sp√©cial : veuve √† 18 ans avec deux fils, elle se d√©voue pour les l√©preux de Huy et √† 34 ans, se fait murer dans une cellule de la recluserle pendant 36 ans, sans perdre de vue ses deux fils, dont l’un devint abb√© d’Or-val et l’autre se convertit gr√Ęce √† elle apr√®s une vie de d√©sordres.

 

Au XIV’ si√®cle v√©cut un des plus c√©l√®bres mysti ues flamands : le chanoine Jan Ruysbroeck, prince de la mystique m√©di√©vale.¬† Fils d’une pauvre femme qu’il ch√©rissait beaucoup, peut-√™tre fils naturel, il devient pr√™tre √† 24 ans et est longtemps vicaire √† Bruxelles.¬† Puis √† 50 ans, avec uelques eccl√©siastiques, ce pr√™tre peu loquace et tr√®s m√©ditatif a trouv√© Jans la for√™t de Groenendael (au sud de la ville) le recueillement et la solitude sous l’habit blanc des chanoines de Saint-Augustin.¬† Vivant chacun dans sa propre maison, ces religieux se rassemblaient pour l’office choral : une sorte d’ermitage dont il resta le prieur, sous les ordres du pr√©v√īt, et o√Ļ les visiteurs recevaient l’hospitalit√©.

 

Ruysbroeck “l’Admirable” composait ses trait√©s dans la for√™t sur des tablettes de cire : “Je n’ai jamais rien √©crit q ‘ u’en pr√©sence de la Saine Trinit√©”, disait-il.¬† “Si vous √©tiez dans l’extase la plus haute o√Ļ un homme puisse √™tre √©lev√© et que votre fr√®re ait la fi√®vre, laissez l√† votre extase et allez chauffer un peu de bouillon.¬† Vous ne feriez que quitter Dieu pour Dieu, et le Dieu que vous quittez est moins s√Ľr que le Dieu o√Ļ vous allez.¬† Car l’extase peut avoir des illusions, mais la charit√© n’en a jamais”.¬† Le visage apais√© et ‘oyeux, distrait, s’affaissant parfois durant la c√©l√©bration de l’Eucharistie sous l’abondance de la gr√Ęce divine, il prenait pourtant sa part des travaux manuels, brouettant le fumier par exemple, mais ne distinguant pas toujours les l√©gumes des mauvaises herbes… Il lui arrivait de passer toute la nuit dans un entretien avec ses fr√®res, mais d’autres fois, ne se sentant pas inspir√© il avouait avec une charmante simplicit√© : “Aujourd’hui, mes enfants, je n’ai rien √† vous dire”.¬† Il n’a jamais √©t√© canonis√© ; il est rest√© bienheureux…

 

Chose curieuse : depuis la proc√©dure r√©guli√®re en canonisation, √† partir du XIVe si√®cle, √† part les martyrs de Gorcum (XVI’ si√®cle), canonis√©s en 1867, il n’y a plus eu jusqu’√† nos jours de saint belge (p.23) reconnu officiellement, sauf deux : Jean Berchmans et Mutien-Marie.¬† Jean Berchmans, patron de la jeunesse belge, est mort √† 22 ans au XVII’ si√®cle.¬† Ce jeune Flamand n√© dans une famille pauvre – il dut travailler pour payer ses √©tudes √† Malines -, sentait √† 17 ans un grand combat se livrer dans son coeur : ses compagnons l’ont retrouv√© plus d’une fois endormi √† genoux au pied de son lit.¬† “Si je ne deviens pas saint maintenant que je suis jeune, je ne le deviendrai jamais !” Il d√©cide d’entrer chez les j√©suites et on l’envoie √† Rome, o√Ļ il loge dans la chambre occup√©e nagu√®re par saint Louis de Gonzague. joyeux compagnon et boute-en-train, il se sanctifie dans les humbles gestes quotidiens: communia non communiter, disait-il (les choses ordinaires, il ne faut pas les faire de mani√®re ordinaire).¬† Il avait promi s: “Le premier livre que j’√©crirai, ce sera sur la Sainte Vierge”.¬† Il sera emport√© en 15 jours par la maladie, le 13 ao√Ľt 1621 apr√®s avoir chant√© l’Ave, Maris Stella.¬† Il avait demand√© son chapelet, sa croix et la R√®gle : “Avec ces trois choses, je meurs content”.¬† La mort des jeunes saints est toujours si impressionnante ! Jean Berchmans fut dans notre pays un des magnifiques fruits du Concile de Trente.¬† Voil√† un bon patron pour les √©tudiants: il n’a fait qu’√©tudier durant sa courte vie…

 

Le dernier saint canonis√© est un Fr√®re des √Čcoles Chr√©tiennes, le Fr√®re Mutien-Marie de Malonne (pr√®s de Namur).¬† “Le Fr√®re qui prie toujours”, (p.24) mort en 1917, est d√©clar√© saint en 1989.¬† Modeste professeur de musique et de dessin durant plus de 50 ans dans la m√™me √Čcole de Malonne, lui “qui n’√©tait bon √† rien et qui fut employ√© √† tout”, qui n’a rien fait d’extraordinaire, apr√®s un d√©but difficile dans l’enseignement, est mort √† 77 ans en disant “J√©sus, J√©sus, je vous aime”.¬† Objet d’un culte tr√®s populaire, dont il doit √™tre le premier surpris, il voit chaque jour d√©filer des foules devant son tombeau…

 

Enfin en 1995 Jean-Paul Il a b√©atifi√© un grand missionnaire flamand, un costaud qui ne manquait pas de temp√©rament (ce qui lui a valu quelques probl√®mes … ), l’extraordinaire ap√ītre des l√©preux, mort l√©preux lui-m√™me en 1889 : le P√®re Damien De Veuster.¬† Ses lettres ont de quoi nous secouer : “Je ne demande qu’une gr√Ęce ; suppliez notre r√©v√©rend P√®re d’envoyer quelqu’un qui puisse une fois par mois descendre dans notre tombeau pour me confesser … “Sans la pr√©sence continuelle de notre divin Ma√ģtre √† l’autel de mes pauvres chapelles, je n’aurais jamais pu pers√©v√©rer √† jeter mon sort avec les l√©preux de Moloka√Į”.¬† Voil√†, bien avant qu’on ne r√©pande l’expression, un v√©ritable ap√ītre des exclus” u’ travaillait sans bruit, sans les spots de t√©l√©vision, sous le soleil de l‚Äô√ģle Moloka√Į… Quelle le√ßon pour les chr√©tiens d’aujourd’hui !

 

Je pense qu’on devrait mettre aussi sur les autels un P√®re Lebbe, g√©nial ap√ītre de la Chine, dont la pens√©e a marqu√© Vatican Il dans ses textes sur les missions.¬† Car il faut redire que la Belgique a √©t√© au XIXe et XXe si√®cles proportionnellement une des plus grandes pourvoyeuses des missions.

 

III Caractéristiques de la sainteté en Belgique

 

√Ä pr√©sent, risquons une synth√®se avec Mgr Leclercq.¬† En fait, les saints belges sont de braves gens, pond√©r√©s et pr√©occup√©s des r√©sultats pratiques de leur action, consciencieux comme le technicien belge.¬† Droits, et de ce fait manquant parfois de diplomatie : au XVI’ si√®cle, Adrien d’Utrecht, chancelier de l’Universit√© de Louvain, qui deviendra le pape Adrien VI, arrive √† Rome avec sa vieille bonne qui lui reprisait ses (p.25) chaussettes d√©concertant les Romains par son aust√©rit√©, leur demandant, en voyant la chapelle Sixtine, si c’√©tait l√† salle de bain…

 

Remarquons d’abord que les documents qui en parlent sont rares et peu explicites.¬† “Nous ne sommes pas un peuple √©crivain.¬† Le Belge est cordial et bon enfant ; ce sont des vertus orales.¬† L’√©crit solennise… Le Belge pieux vit sa pi√©t√©, mais ne voit pas de motif pour la mettre par √©crit… Heureusement un Fran√ßais passe de temps en temps” (pensons √† Jacques de Vitry) !

 

Une double ligne de forces consiste – on l’a vu – dans la ferveur eucharistique et aussi dans la pi√©t√© mariale (jusqu’√† notre √©poque, c’est une terre mariale : il suffit d’√©voquer Beauraing et j3anneux).

 

Autre caract√©ristique g√©n√©rale: nos saints sont r√©alistes et ont l’esprit pratique ; par exemple, ils ne se d√©font de leurs biens que s’ils sont s√Ľrs qu’ils seront vraiment utiles.¬† Quand Charles le Bon, prince flamand du XII’ si√®cle, fait distribuer des v√™tements, on prend soin de nous expliquer que ce sont des costumes complets, comportant sept pi√®ces qu’on √©num√®re ! Au m√™me si√®cle, Lambert “le B√®gue” (!), pr√©dicateur populaire li√©geois, pr√™che contre les p√®lerinages en Terre Sainte… “parce qu’ils co√Ľtent trop cher” ! Souci d’efficacit√© qu’on retrouvera tou’ours dans le clerg√© et dans les “oeuvres catholiques” si nombreuses.¬† Aspect pratique – nous n’avons peut-√™tre gu√®re de grands th√©ologiens (encore que les louvanistes aient jou√© un r√īle de premier plan au concile Vatican Il) mais des casuistes et aussi des historiens : c’est la patrie des c√©l√®bres Bollandistes.

 

Encore un aspect typique-. la saintet√© √† la belge manque peut-√™tre d’√©clat et de grandeur, car la saintet√© demande une vertu pouss√©e au degr√© h√©ro√Įque.¬† Jamais nous n’y d√©couvrons d’excentricit√©s ni de d√©mesure ni de folle dans l’amour : ce n’est pas dans notre temp√©rament, nous sommes raisonnables, notre sans-fa√ßon dans les mani√®res, la truculence de nos propos expriment une mod√©ration fonci√®re, assez s√Ľre d’elle-m√™me.¬† C’est pourquoi on n’observe jamais de pers√©cutions violentes contre nos saints.¬† D’o√Ļ on ne voit jamais personne se rouler dans les orties ou se plonger en hiver dans un √©tang glac√© pour √©teindre la concupiscence ! Jamais un Belge ne s’aviserait de marcher nu-pieds comme le fit saint Norbert en arrivant comme nouvel archev√™que √† (p.26) Magdebourg : il penserait qu’il va tout salir avec ses pieds pleins de poussi√®re en arrivant au palais archi√©piscopal…

 

Il y a cependant de rares exceptions.¬† Yvette de Huy, par exemple, qui a un caract√®re entier que rien n’arr√™te, allant jusqu’√† souhaiter la mort du mari qu’on lui a impos√© √©tant adolescente ou finissant par s’emmurer dans la r√©cluserie.¬† Mais en g√©n√©ral les saints de Belgique ne cherchent pas √† se mettre en valeur.¬† “Aucun peuple n’est plus cordial ; aucun n’est moins poli.¬† Aucun peuple ne fait moins de phrases et ne se donne moins de peine pour se faire appr√©cier ; nos saints non plus ne font pas de phrases et sont vraiment d√©pourvus de qualit√©s spectaculaires”.

 

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† Enfin ils sont peu port√©s √† la sp√©culation; d’o√Ļ le succ√®s de la “d√©votion moderne” au XVe si√®cle, r√©agissant contre les tendances sp√©culatives des mystiques pr√©c√©dents.¬† De l√† vient une certaine paix intellectuelle, le Belge n’√©tant gu√®re amateur de grandes controverses doctrinales, car elles ne donnent gu√®re de fruits pratiques.¬† ‘Pour qu’elles acqui√®rent du style, il faut que des √©trangers s’en m√™lent, et de pr√©f√©rence des Fran√ßais”.¬† Ainsi lAugustinus de jansenius, professeur √† Louvain et √©v√™que d’Ypres, ne donna naissance au jans√©nisme, une de nos rares h√©r√©sies, que lorsqu’il fut repris par les Fran√ßais.

 

C’est donc en g√©n√©ral un peuple qui ne r√™ve pas, qui invente peu, mais qui se sert admirablement des inventions des autres, mieux que les inventeurs eux-memes : c’est vrai en religion comme dans d’autres domaines.¬† Donc chez les saints belges, pas de romantisme √©chevel√© comme chez les Nordiques, de passion br√Ľlante √† la slave, de verbe imag√© comme chez les Latins ni de grand r√™ve de style germanique . “Nous avons l’impression, conclut J. Leclercq, d’√™tre de robustes paysans de plaine qui regardent de loin les chamois courir sur les rochers et les aigles planer.¬† La lourde terre grasse du plat pays est ferme sous les pieds et comme on y est √† l’abri des avalanches et des temp√™tes !”

 

 

Jean-Léon Huens, Jean Schoonjans, Histoire illustrée de Belgique, 2, 2003

 

(p.105) A Gand, on créa la première prison moderne du monde.

 

1400s

Prof. Dr. Albert Bertrang, Luxemburg, één der zeventien, Vijf grote humanisten uit ons volk (1), in : Delta, 10, dec. 1999, p.17-19

 

Prof. Dr. Alfred Bertrang vestigde er onze aandacht op dat in de l5e en l6e eeuw Luxemburg, nauwkeuriger gezegd het Arelerland, parel van Neder-Lotharingen, de bakermat was van een reeks vooraanstaande humanisten die in de cultuurgeschiedenis van de Nederlanden en Europa een grote rol hebben gespeeld.

 

Op ons verzoek was hij zo bereidwillig er een 5-tal te beschrijven voor onze lezers. Telkens onze beperkte ruimte het toelaat, zullen wij één van hen voorstellen.

 

Wij beginnen met,

Petrus Jacobi Arlunensis (1459-15O9)

 

Geboren te Aarlen uit een welstellende familie, leerde Petrus Jacobi Arlunensis al zeer jong Latijn en vatte hij zijn hogere studies aan aan diverse universiteiten in Frankrijk en Itali√ę. Met geestdrift wierp hij zich in de ontluikende humanistische beweging. Hij studeerde letteren en wijsbegeerte en behaalde al vlug de titel van doctor in burgerlijk en canoniek recht.

 

Een einde stellende aan zijn leven van dolend student, zocht hij een vaste betrekking die hij rond 1480 vond als raadgever van de graaf van Wurtemberg, Everhard met de Baard, voorganger van Lodewijk van Wurtemberg,

natuurlijke zoon van Everhard. Op dat ogenblik was hij nauwelijks 20 jaar oud, maar dit belette hem niet onmiddellijk het vertrouwen te winnen van zijn opdrachtgevers. Hij kreeg er aanzienlijke kerkelijke voordelen. Zo werd hij o.m. Provoost van de Collegiale van Backnang, kanunnik van Stuttgart en van St. Simon te Trier, evenals pastoor van Waiblingen. Hieruit kunnen wij afleiden dat hij intussen de geestelijke staat moet hebben aangenomen. Onder al zijn titels lag deze van Provoost van Backnang hem ongetwijfeld het nauwst aan het hart, want hij droeg hem heel zijn leven en het liefst.

 

Petrus Jacobi werd een der invloedrijkste medewerkers van de graaf en Everhard vertrouwde hem talrijke diplomatieke zendingen toe. Het gezag waarover hij in Duitsland beschikte, dankte hij ongetwijfeld aan zijn enorme juridische kennis en aan zijn redenaarstalent. In die tijd was het ove rigens gebruikelijk op politiek en diplomatiek terrein humanisten in te zetten, anders gezegd: mensen die beslagen waren op het vlak van de letteren, met kennis van de Oudheid, het recht en de geschiedenis. De kennis van de Duitse taal, die hij als geboren Aarlenaar zeker beheerste, zal zijn loopbaan in dat land ongetwijfeld bevorderd hebben.

 

(p.18) Aan al deze bekwaamheden paarde hij ongetwijfeld ook morele hoedanigheden. Zijn vriend Henri Bebel, de beroemde humanist uit Tubingen, loofde meermaals zijn rechtschapenheid, zijn menslievendheid, zijn

onthechting, zijn geest die altijd op een ideaal gericht stond, zijn zu iverheid van zeden, zijn zachtheid, zijn voorzichtigheid en vooral zijn stevig geloof in √©√©n, woord, alle deugden waren in zijn ziel verenigd. Als trouwe raadgever, vergezelde hij zijn meester op tal van zakenreizen en delicate missie’s, vooral in 1495 t.g.v. de Rijksdag te Worms, waar Maximiliaan l de graaf van Wurtemberg tot de rang van Hertog verhief.

 

Daar Everhard met de Baard in 1497 kinderloos stierf, volgde zijn neef Everhard de Jonge, hem op. Maar reeds het jaar daarop werd deze afgezet en vervangen door zijn neef Ulrich 1, nauwelijks elf jaar oud. De hertogelijke raad belastte toen de Provoost van Backnang met de opvoeding van de jonge man.

 

Zijn reputatie van wijze en geleerde raadgever verspreidde zich einde en ver en keizer Maximiliaan I deed dan ook weldra beroep ” op zijn voorzichtgheid en heldere kijk”. Hij stuurde Petrus Jacobi op talrijke diplomatieke zendingen naar het meerendeel der Europese hoven, in Frankrijk, Itali√ę, Spanje en Engeland.

Daardoor leerde hij alle problemen en geheimen van het keizerrijk kennen. Om hem voor zijn bewezen diensten te belonen, werd hij in 1505 in de adelstand verheven. Als devies nam hij “Spes mea Deus” en als wapenschild koos hij: een zilveren olifant staande op een groene bodem, die op zijn rug een kasteel met twee torens draagt,

 verbonden door een blauwe muur en tussen die torens in een geopende granaatappel.

 

Ziek en met zware koorts te bed, ging hij in 1506 naar de badstad Wildbad om te herstellen. Desondanks aanvaardde hij als laatste opdracht de keizer nogmaals te vertegenwoordigen op de Rijksdag van Worms, waar hij op 13 mei 1509 stierf, ” beweend zegt Bebel, door de prinsen, de adel en het volk”.

 

Ofschoon de Provoost van Backnang een druk bezet man was door zijn diplomatiek en kerkelijk werk, zag hij toch nog de kans om, weze het op bescheiden schaal, de letterkunde te beoefenen. Met een preciesheid die aan Cicero laat denken, sprak hij  Latijn zegt Bebel, die hem overigens verzocht een aantal van zijn eigen werken te

verbeteren. Als liefhebber en verzamelaar van de letteren en van mooie manuscripten, verzamelde Jacobi een prachtige bibliotheek, die hij naliet aan zijn neef vice-kanselier Mathias Held, die later te Keulen zou overlijden. Deze bibliotheek kwam na de dood van Jacobi naar Aarlen, maar verhuisde later opnieuw naar Duitsland.

 

Petrus Jacobi voelde zich vooral met twee humanisten sterk verbonden, nl. Johannes Reuchlin, die in Duitsland ” de taal van Homeros” onderwees en de al genoemde Henri Bebel, ” de zuiveraar van het Latijn in Duitsland” .

 

Zijn vriend en bewonderaar Henri Bebel noemde Petrus Jacobi Arlunensis ” de grootste glorie van Aarlen” .

 

ARLUNI GLORIA SUMMA”

 

1400s

Prof. Dr. E. Bertrang, Vijf grote humanisten uit ons volk (2), Jeroom BUSLEYDEN  (1470-1517), in : DELTA, 3, maart 2000, p.14-16

 

 In zijn eerste bijdrage heeft prof dr Alfred Bertrang (zie Delta, nr 10, dec. 1999) ons  gewezen op de uitzonderIijke verdiensten van Petrus Jacobi Arlunensis. In tegensteIIing met deze dipIomaat en humanist, die hoofdzakeIijk in DuitsIand heeft gewerkt is de figuur die thans wordt beschreven, iemand die zich vooraI in eigen land in de ZuideIijke NederIanden, heeft verdiensteIijk gemaakt Het gaat om niemand minder dan om Jacobus Busley den

Jeroom Busleyden behoorde tot een begoede patrici√ęrsfamilie, die kort voor zijn geboorte in 1470 te Aarlen, aldaar aanzienlijk was opgeklommen op de sociale ladder.

 

Zijn eerste opleiding kreeg hij in zijn geboortestad, waarna hij naar Leuven vertrok voor zijn humaniora-studies. Na afloop daarvan studeerde hij er Rechten, studies die hij voltooide in Orl√©ans en Padua. Aan de universiteit van deze laatste stad behaalde hij in 1503 op een schitterende wijze de titel van doctor in het burgerlijk en canoniek recht. Toch had de¬† enigszins saaie studie van het Recht zijn voorliefde voor ” de mooie letteren” niet kunnen doven en in dit opzicht was Itali√ę voor hem een ware openbaring. Hij werd er a.h.w verliefd op de wonderen van kunst, literatuur, po√ęzie en archeologie die het land in zich draagt. Van die tijd dateert zijn passie voor oude muntstukken en medailles die van hem een fervent verzamelaar maakte.

 

Teruggekeerd naar de Lage Landen kreeg deze briljante geest onmiddellijk een

vooraanstaande plaats in het intellectuele en politieke leven van zijn dagen. Filips de Schone deed een beroep op de jonge jurist: hij werd Raadsheer en ontvanger der smeekbeden bij de Raad van Mechelen.  (p.15) Jeroom Busleyden koos voor een geestelijk ambt (over roeping zullen we best niet spreken, een niet zelden voorkomend feit) en verwierf daardoor aanzienlijke inkomsten, onder meer als kanunnik van Sint-Rombouts te Mechelen, Sint-Waudru te Mons (Bergen) en Sint-Lambertus te Luik, alsmede als schatbewaarder van Sint-

Goedele te Brussel en prevoost van Sint-Pieter in Ari√ęn (Aire) in Artezi√ę. Wie zegt er dat cumul een modern verschijnsel is?

 

Net zoals we dat gezien hebben bij Petrus Jacobi, die bij voorkeur zijn titel van prevoost van Backnang droeg, zal Jeroom Busleyden dezelfde titel van Ari√ęn met voorliefde gebruiken. Dit alles bracht hem tot zulke welstand dat hij het zich dra kon veroorloven zich te Mechelen, het centrum van de macht, te vestigen, waar hij zich een verblijf liet bouwen, met smaak inrichtte en de woning opsmukte met schilderijen van grote meesters, een zeldzaamrijke bibliotheek (die zelfs de bewondering van Thomas Morus wegdroeg), zeldzame verzamelingen en kunstschatten van allerlei aard. Terloops weze gezegd dat dit gebouw gedeeltelijk uitbrandde tijdens de Eerste wereldoorlog, maar nadien gelukkig mooi gerestaureerd werd. Thans is het “Hof van Busleyden” een mooi museum.

 

In dit Hof was o.m. Thomas Morus, de Engelse Humanist te gast. Een bewonderend puntdicht van zijn hand getuigt daar nog van. Intussen vervulde Busleyden ijverig en gewetensvol zijn politieke en administratieve verplichtingen, gekenmerkt door een dubbele zorg: de belangen

van zijn vorst en de dienst aan zijn land, en dit alles met een uiterste voorzichtigheid, altijd denkend aan het algemeen welzijn.

 

Meermaals werd hij dan ook belast met delikate diplomatieke opdrachten. Zo werd hij bij de meerderjarigheidsverklaring van Karel V een van d iens voornaamste raadgevers. Hij werd o.m. belast met een zending naar Frederik van Beieren, de Paltsgraaf, om deze tot de eed van onderwerping te bewegen voor het hertogdom Luxemburg en om Karel V, bij volmacht, te

doen erkennen als nieuwe heer van het hertogdom. Bij volmacht, omdat Karel V gehaast was de Nederlanden te verlaten om zich naar Spanje te begeven. Dit toont aan hoeveel vertrouwen men in hem stelde. Deze Luxemburgse opdracht was trouwens niet zonder gevaar Luxemburg stond toen bloot aan Franse invallen. Zijn neef Nicolas de Naves, beschermheer van een heerlijkheid die de begeerte had opgewekt van de heren van Rethel was trouwens door hen gevangen gezet en werd slechts vrijgelaten tegen een aanzienlijke losprijs.

 

Jeroom Busleyden werd daarop naar Spanje gestuurd om er de troonsopvolging van Karel V als vorst van Castili√ę te regelen, maar tijdens de heenreis werd hij door een pneumonie overvallen en stierf vrij plots te Bordeaux op 27 augustus 1517.

 

Hij was zoals aI gezegd een ontwikkeld man die van de Griekse en Latijnse letteren hield en die in weerwil van zijn drukke beroepsbezigheden toch nog de tijd vond om zich te wijden aan de literatuur. Hij schreef proza en redevoeringen, po√ęzie, brieven en opschriften. Veel ervan is gelukkig bewaard gebleven en werd in 1950 uitgegeven onder de titel ” Carmina,

epistolae, orationes” door prof. dr. H. de Vocht van de Leuvense universiteit. Hij mocht ook Erasmus van Rotterdam, een der eminentste geesten van die dagen, de auteur van de onsterfelijke ” Lof der Zotheid”, tot zijn intieme vrienden rekenen en vele intellectuelen zochten contact met hem. Het is trouwens uit hun beider contact en vriendschap, dat de idee van het “Drietalencollege” geboren werd. In 1425 was immers te Leuven, bij Pauselijke bul, de universiteit tot stand gelkomen. De faculteit der kunsten omvatte ook de cursussen in rhetorica en welsprekendheid, maar de interpretatie van de auteurs ontbrak (p.16) daar toen nog aan, daar er geen filologische en taalkundige studies aan verbonden waren. Om dit te verhelpen

stichtte Busleyden bij testament het ” Drietalencollege”, voor de studie van het Grieks, het Latijn en het Hebreeuws. Tevens voorzag hij hiervoor uit eigen kapitaal de nodige fondsen Het Drietalencollege ging in 1518, √©√©n jaar na zijn dood, van start. Het college bestaat thans niet meer, de goederen ervan werden immers na de Franse revolutie verbeurd verklaard.

Wel resten er nog enkele luttele resten van, onder vorm van drie kleine studiebeurzen voor Luxemburgse studenten, twee uit Luxemburg, twee uit Boulaide en twee uit Marville. Beide laatsten als nagedachtenis aan zijn moeder die van daar herkomstig was. In 1856 werd de ge-

schiedenis en de organisatie van het college te boek gesteld in de” M√©moires sur le Coll√®ge des Trois Langues” van professor N√®ve van de K.U.L. Wij kunnen ook naar het artikel verwijzen van Aug. Neyen in de ” Biographie luxembourgeoise” en de uitgebreide studie van kanunnik H. de Vocht, die in 1950 verschenen is.

 

Besluitend kunnen wij zeggen dat Jeroom Busleyden uit Luxemburg, maar vooral actief in het Brabantse Mechelen en Leuven, een markante persoonlijkheid is geweest. Een sieraad voor de Zuidelijke Nederlanden, een edel karalkter vol toewijding en een groot intellectueel. Intellect

dat hij ten dienste van de gemeenschap heeft gesteld. Een getalenteerd schrijver bovendien, diplomaat met eruditie, een elitaire geest, waaraan in zijn geboortestad Aarlen jammer genoeg, en dit dan nog maar sinds kort, slechts een straatnaam herinnert. Hij verdient echt méér en ook beter dan het beeldhouwwerk, verloren tussen veel ander, die de gevel van het Leuvense stadhuis siert.

 

1500s

Daniel Couvreur, Comment un orfèvre bruxellois créa le collège des Belges à Bologne, LS, 05/09/1995

 

Né en 1574, Jean Jacobs s’ était installé à Bologne pour se perfectionner dans l’orfèvrerie.  A cette époque, un grand nombre d’étudiants étrangers fréquentaient l’université de Bologne, fondée au XIIe siècle.

En 1643, il jette les bases, dans sa propre demeure, d’ un collège des Belges.  En 1650, mourant, il demandait que sa fortune servit à la création d’ un collège des Belges à Bologne.  Il existe toujours et les statuts actuels datent de 1983.

 

1500s

Had de Amerikaanse revolutie ‘Nederlandse’ roots?

 

De Amerikaanse Declaration of Independence en de Articles of Confederation uit 1777 hebben de mosterd gehaald bij de juridische teksten die de Verenigde Provincies in de zestiende eeuw opstelden om zich af te scheuren van de Spaanse kroon. Deze stelling wint steeds meer aanhangers en werd in 2007 nog verdedigd door professor Matthias Storme. In de Pacificatie van Cent, het Plakaat van Verlatinghe en de Unie van Utrecht rechtvaardigden de verschillende provinci√ęn van de Nederlanden (zowel Noord a√Įs Zuid, dus!) in de zestiende eeuw hun beslissing om niet langer het gezag van Filips II te erkennen. Belangrijk daarbij is dat ze verwijzen naar oude gewoonten en overeenkomsten die de vroegere heersers met de lokale besturen hadden gesloten. Zij namen het niet dat Spanjaarden die met de voeten traden. De oudste van dit soort ‘contracten’ tussen de vorsten en hun onderdanen zijn de Brabantse Blijde Inkomsten uit de veertiende eeuw. Net zoals de Zeventien Provinci√ęn en later de Republiek der Zeven Verenigde Nederlanden argumenten zochten om zich af te scheuren van Spanje, somden ook de Amerikaanse staten aan de oostkust redenen op waarom zij niet langer onder het Engelse juk wilden leven. Die lopen gelijk met de ‘onze’. De Nieuw-Amsterdamse advocaat Adriaen van der Donck gebruikte soortgelijke argumenten in zijn petitie tegen Peter Stuyvesant. Hij Net zich echter ook inspireren door de idee√ęn van Hugo de Groot. Er loopt wellicht een rechte lijn via Nieuw-Amsterdam naar de Founding Fathers van Amerika. De stelling van Storme dat de Amerikanen het confederalisme zouden hebben gehaald uit de Unie van Utrecht, is wankeler. Zo verwijzen de opstellers van de Amerikaanse grondwet zelf naar indiaanse voorbeelden. Heel wat stammen aan de oostkust hadden confederaties gesticht. De Six Nations (die zich de Irokezen noemden) waren zo machtig dat de Engelsen zonder hun steun nooit de Fransen uit Noord-Amerika hadden kunnen ver-jagen. Nadien namen de Amerikanen heel wat structuren (waaronder de samenstelling van het parlement en het systeem van kiesmannen) over van de Irokezen.

 

1500s

J. Schoonjans, Nos Gloires, Vulgarisation de l’histoire de Belgique par l’image, éd. Historia, BXL,  s.d. , in: Nos Gloires, III

 

A l‚ÄôUniversit√© de Louvain,¬† Juste Lipse, natif d‚Äô Overijse, √©tait devenu l‚Äôun des meilleurs latinistes de son temps.¬† Les archiducs lui firent l‚Äôhonneur d‚Äôassister √† son cours …

 

1605

MEDIA

Le premier journal d‚Äô Europe parut √† Anvers en 1605. C‚Äô√©tait un petit journal de format minuscule qui s‚Äôintitulait Derni√®res Nouvelles (Nieuwe Tijdinghe). Il √©tait √©dit√© par Abraham Verhoeven …

 

(in: J. Schoonjans, Nos Gloires III,  Vulgarisation de l’ histoire de Belgique par l’ image, Ed. Historia, BXL,  s.d.)

 

1700s

J. Schoonjans, Nos Gloires,  Vulgarisation de l’ histoire de Belgique par l’ image, Ed. Historia, BXL,  s.d.

 

Le règne de Marie-Thérèse fut le règne du despotisme éclairé, c’est-à-dire qu’elle veilla à imposer au peuple des réformes destinées à augmenter son

bien-√™tre.¬† A Gand, on cr√©a la premi√®re prison moderne du monde. Les prisonniers y √©taient bien trait√©s et r√©√©duqu√©s …

(in: Nos Gloires, IV)

 

1830

Jo Gérard, La première campagne électorale en Belgique, LB, 12/05/1995

 

Les Belges vot√®rent le 3 novembre 1830.¬† Il y eut 380 429 √©lecteurs ‚Äėcensitaires‚Äô et 7.670 ‚Äėcapacitaires‚Äô.

La constitution la plus démocratique d’ Europe.

Les députés du Congrès national décidèrent que notre futur roi ne disposerait d’ aucun pouvoir sans la signature d’ un au moins de ses ministres, mais que ceux-ci ne pourraient rien sans la signature royale.

 

1830

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge, Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 

(p.135) Du chicon au chou de Bruxelles, en passant par les frites et les gaufres

La plupart des Belges ne savent pas vraiment que de nombreuses sp√©cialit√©s belges jouissent d’une grande renomm√©e bien au-del√† des fronti√®res.

Le chicon, √©galement appel√© l’or blanc de Belgique, a d√©but√© sa carri√®re tout √† fait par hasard en 1830, lorsqu’un paysan schaerbeekois fuit sa terre pour √©chapper √† la r√©volution de septembre. Lorsqu’il revient chez lui, il constate que les racines de chicor√©e, qu’il a laiss√©es dans sa cave, ont donn√©¬† des feuilles blanches. Aujourd’hui,

le chicon est exporté aux quatre coins du monde.

Les choux de Bruxelles sont cultiv√©s √©galement dans d’autres pays, mais nulle part ailleurs, ils n’atteignent cette qualit√© irr√©prochable qui caract√©rise les choux de Bruxelles cultiv√©s en Belgique, o√Ļ cette vari√©t√© de chou a √©t√© d√©velopp√©e au 17e si√®cle.

Nos asperges blanches ont une r√©putation √©tablie pour leur saveur d√©licate. Elles figurent au menu des restaurants √©trangers les plus renomm√©s, pr√©par√©es ou non √† la flamande’.

(p.136) Mais n’oublions surtout pas nos frites belges, que les Anglais qualifient, √† tort de ‘French fries’. En effet, les Belges pr√©paraient d√©j√† des frites quand les Fran√ßais ne connaissaient qu’√† peine la pomme de terre!

De nombreux Am√©ricains et Japonais ne peuvent pas situer notre pays sur la carte, mais connaissent parfaitement bien les ‘Belgian waffles’. Les grandes gaufres rec¬≠tangulaires et l√©g√®res de Bruxelles et les petites gaufres rondes, et plus roboratives de Li√®ge, sont des sp√©cialit√©s que tous les touristes appr√©cient. Et notre sp√©culoos, toujours fabriqu√© dans notre pays, doit avoir de nombreux amateurs √† l’√©tranger, car pr√®s de la moiti√© de notre production est destin√©e √† l’exportation.

 

1857

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge, Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 

Le secret des’Belgian chocolates’

Au niveau international, la Belgique est √©galement connue pour ses chocolats et ses pralines, que les Am√©ricains appellent xBelgian chocolat√©s’. Tous les chocolatiers belges fabriquent leurs propres pralines, avec un sens aigu de la perfection. Les proportions et la puret√© des ingr√©dients, comme le cacao et le beurre, d√©terminent la qualit√© exceptionnelle du produit fini.

L’histoire de la praline belge remonte √† en 1857, lorsque Jean Neuhaus, d’origine suisse, ouvre avec son beau-fr√®re une pharmacie √† Bruxelles, dans la Galerie de la Reine. Ils y vendent des amandes sucr√©es et du chocolat amer, dont ils affineront plus tard la saveur. Avec l’aide de son fils Fr√©d√©ric, Neuhaus se lance dans la fabrication de bonbons. Le petit-fils, Jean, est consid√©r√© comme l’inventeur de la praline enrob√©e de chocolat, en 1912. Mais les pralines sont fragiles: voil√† pourquoi Jean Neuhaus et son √©pouse con√ßoivent un emballage sp√©cial, la fameuse bo√ģte √† pralines ou ballotin. Aujourd’hui, Neuhaus est une entreprise cot√©e en bourse, qui r√©alise pr√®s de la moiti√© de son chiffre d’affaires en France.

Depuis l’ind√©pendance de la Belgique, les chocolatiers surgissent comme des cham¬≠pignons partout en Belgique. La soci√©t√© Berwaerts est la premi√®re, en 1840, √† couler le chocolat sous forme de tablettes, de pastilles ou de personnages. Meurisse se fixe en 1845 √† Anvers. En 1870, un certain Charles Neuhaus, dont la parent√© (p.137) avec le p√®re Jean Neuhaus n’est plus retra√ßable, ouvre une confiserie-chocolaterie √† Bruxelles et d√©pose en 1883 la marque ‘Chocolat de la C√īte d’Or”. De nombreux fabricants de chocolat et de pralines suivront, comme Jacques en 1890 et Leonidas en 1913. Ce dernier deviendra, avec 1750 points de vente r√©partis dans le monde, le num√©ro un de la vente de pralines. Callebaut a √©t√© fond√©e en 1850, mais l’entreprise a aujourd’hui √©t√© reprise dans le groupe suisse Barry Callebaut, l’actuel leader mondial dans la fabrication de produits √† base de cacao et de chocolat.

La truffe au chocolat a √©t√© con√ßue par la famille Draps en 1929. C’est elle qui a baptis√© cette savoureuse invention du nom de Godiva. Gr√Ęce √† une distribution performante, les pralines Godiva sont connues dans le monde entier. Le producteur de pralines bruxellois qui op√®re aujourd’hui sous ce m√™me nom est tr√®s actif aux Etats-Unis o√Ļ il poss√®de m√™me un d√©partement de production. Des nouveaut√©s tel¬≠les le Chocolat dipping : des fruits frais tremp√©s dans du chocolat fondu r√©sultent d’une volont√© permanente d’innovation et de raffinement des produits chocolatiers propos√©s.

 

1888

Antoine Pickels, Jacques Sojcher, Belgique, toujours grande et belle, éd. Complexe, 1998

 

(p.25) C‚Äôest √† un ouvrier tourneur gantois, Pierre Degeyter (1888), que les ¬ę¬†damn√©s de la terre¬†¬Ľ doivent la musique de l‚ÄôInternationale.

 

1893

Jacques Thisse (UCL !), in: LS, 12/2010

(Voici un genre de simplification courante au sein d’une partie du personnel (raciste francophone) √† l’UCL)

“Ce sont les seuls Wallons qui se sont battus pendant plusieurs d√©cennies pour obtenir le suffrage universel qui a permis de r√©tablir les droits des Flamands.”

De staking van 1893, in: http://www.vonk.org

Als op 18 april voor de poorten van de Borgerhoutse “bougiefabriek” vijf arbeiders gedood werden en een dertigtal gewond, sloeg de schrik de volksvertegenwoordigers om het hart: met 119 stemmen voor, veertien tegen en twaalf onthoudingen nemen ze de nieuwe kieswet aan.

18 april 1902: Betoging voor algemeen stemrecht, in: http://vlaamsabvv.be

De geschiedenis van het algemeen stemrecht is met bloed besmeurd. In 1830 werden de armen onwaardig geacht om van hun burgerrechten te genieten. Na heel wat acties slaagt men erin, in 1893, enige aanpassing te doen. Het meervoudig stemrecht werd in het leven geroepen: een arme kreeg 1 stem, een rijke 3 stemmen.

De roep om algemeen stemrecht werd alsmaar groter. Dit ging dikwijls gepaard met manifestaties en werkstakingen. In maart 1902 werd het voorstel tot herziening van een aantal artikelen van de grondwet neergelegd. Via honderden meetings en duizenden petities werd de invoering van het algemeen stemrecht ge√ęist: √©√©n man, √©√©n stem. De spanning steeg en de burgerwachten werden opgeroepen om alle opstanden neer te slaan.
Op 11 april werd tot de stemming overgegaan in het Parlement: 84 stemmen tegen (katholieken) en 64 stemmen voor (vooral liberalen en socialisten).

Deze stemming werd snel over het hele land bekend. De werkende klasse was tot het uiterste verbitterd. Her en der vormden er zich groepjes die hun ongenoegen lieten blijken aan huizen waar vooraanstaande katholieken woonden. Ook in Leuven gebeurde dit. Tijdens een betoging op 18 april 1902 vielen er zes doden door het harde optreden van de burgerwacht.
Deze slachtoffers staan symbool voor het streven naar democratisering. Een strijd die gevoerd werd door de arbeidende klasse en die gesteund werd door de toen nog jonge vakbond.

Meer dan 100 jaar geleden streed de arbeidende klasse in ons land om algemeen kiesrecht te bekomen. De toen nog jonge vakbond steunde deze acties door stakingen en manifestaties.

Tijdens de betoging op 18 april 1902 in Leuven vielen er zes slachtoffers door het harde optreden van de burgerwacht (garde civique).
Ruim 100 jaar na de feiten, werd in Leuven een herdenkingsmonument opgericht ter ere van de voorvechters van echte democratie.

Symboliek: ‚ÄúAan de basis van het artistieke ligt de idee van de ‚Äėafbakening‚Äô (doorgaans rondom een stoffelijk overschot) zoals dit gebruikelijk is om de toedracht van een ongeval of crimineel feit nader te onderzoeken. De zes silhouetten die zo ontstaan, worden verzameld binnen het kader van het universele symbool van ‚Äėde stem‚Äô (zwart vierkant met wit bolletje). De rode bloedvlekken staan symbool voor de dodelijke verwondingen waaraan deze mensen bezweken. Het monument krijgt aandacht door zijn serene positie in het wandeloppervlak van het plein.‚ÄĚ

 

1940s

C.Du., Seilloise de 86 ans, Gaby sera bient√īt ‚ÄúJuste parmi les justes‚ÄĚ, VA 27/08/1997

 

Gaby de Bournonville accueillit le petit Robert , un enfant juif dont les parents avaient été déportés;

 

* Il s’agit d’un titre décerné à ceux qui ont aidé les Juifs pendant la guerre.

 

1940s

Christian Laporte, Le devoir de mémoire interpelle le MR, LB 30/11/2005

 

Avec 1500 compatriotes sur les 20 000 Justes reconnus, la Belgique figure parmi les nations qui, eu égard à la taille du pays et de sa population, ont fait plus que leur devoir pour arracher des enfants et des adultes aux griffes des nazis.

 

1940s

Gembloux РBeuzet / Lucien Roloux était un juste parmi les nations, VA 03/12/2003

 

Pour avoir sauvé deux enfants juifs dans la Seconde Guerre Mondiale.

 

1940s

Georgette Eloy, juste parmi les nations, VA 22/10/1998

 

Ce 21 octobre, une Cinacienne a √©t√© honor√©e par l‚ÄôEtat d‚ÄôIsra√ęl. Georgette Eloy vient d‚Äô√™tre d√©clar√©e ‚Äújuste parmi les nations‚ÄĚ, distinction supr√™me d√©cern√©e √† des non-juifs par l‚ÄôEtat d‚ÄôIsra√ęl.

Travaillant, à Linden, près de Louvain, dans une école privée, elle permit à des enfants juifs arrivés en 1942 d’être hébergés en Condroz dans des familles.

 

1940s

Justes parmi les nations, DH 13/07/2004

 

Gaston et Joséphine Champagne, de Saint-Servais, avaient sauvé une petite fille juive, Rosalie Nina Schneider.

Ils ont √©t√© reconnu “Justes parmi les nations” par le Parlement isra√©lien

 

1940s

Paul Vaute, Un prêtre contre le moloch nazi, LB 22/10/2003

 

Il y a cent ans naquit le p√®re Bruno Reynders (1903-1981), sauveur de plus de trois cents enfants juifs sous l‚Äôoccupation nazie. Isra√ęl l‚Äôa reconnu un ¬ę¬†Juste des Nations¬†¬Ľ.

 

¬ę¬†Mon premier contact avec le probl√®me de la pers√©cution nazie date de juillet 1938. J’√©tais de passage √† Francfort et je me promenais dans une rue tr√®s anim√©e. Partout dans les rues des inscriptions injurieuses: “Jude = Judas”, “Juden heraus”, “Hier sind Juden nicht erw√ľnscht”. Cela m’a fort choqu√©, mais ce qui m’a r√©volt√©, c’est le fait suivant¬†: je vois venir un homme √Ęg√©, barbu, v√™tu d’un caftan, coiff√© d’un vieux chapeau noir, le Juif”typique”. “Ce vieillard marchait courb√© en deux, sans oser lever les yeux, se cachant le nez de la main, et les passants s’√©cartaient sur son passage comme s’il √©tait pestif√©r√©, le houspillant et se le montrant du doigt en ricanant. Cela m’a boulevers√©¬†: cette s√©gr√©gation, ce m√©pris, cette suffisance, cette b√™tise cruelle, non c’√©tait intol√©rable! J’en garde toujours la m√©moire et cela me donne encore la naus√©e.”

Dans les sc√®nes qu’il relata en ces termes, le p√®re Bruno Reynders n’allait pas puiser qu’un d√©go√Ľt profond. Elles devaient aussi, et surtout, lui imprimer la volont√© et le courage d’agir, sans que rien ne l’ arr√™te, quand quelques ann√©es plus tard, certaines rues de la Belgique

occup√©e se mettraient √† ressembler furieusement √† celles de Francfort…

 

1940s

Robert Maistriau, professeur Honoris causa à l’ULB, in ; LB 17/10/2005

 

Résistant, en avril 1943, avec deux camarades de combat, il arrêta le XXe convoi qui venait de Dossin vers Auschwitz. Il parvint à ouvrir un wagon, permettant à plusieurs dizaines de prisonniers juifs de s’évader.

 

1941

Jean-Marie Doucet, L’inventeur belge du V de la victoire, VA 14/12/2005

 

Le 14 janvier 1941, en Grande-Bretagne, Victor de Laveleye forgea une des armes psychologiques les plus puissantes de la Seconde Guerre mondiale en imaginant le V de la Victoire (comme Victoire, Vrijheid, Victory).

 

Il était animateur à Radio-Belgique, bilingue, à la BBC.

 

1969

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge, Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 

En 2003, le magazine américain Time a qualifié le père Léonard Van Baelen;71 ans, de héros des temps modernes pour la façon dont il a introduit les principes économiques de la coopération au développement. Il fonde en 1969 le Centre de Développement Intégral au sein du poste de mission des Capucins, dans le Nord du Congo. Le développement intégral allie agriculture (dans ce cas, le café pour le circuit de production équitable Max Havelaar), soins de santé et éducation.

 

1993

E.H., Pas de frontière linguistiques, LB 23/11/1993

 

“Notre manifestation, ici √† Tongres, d√©montre qu’ il n’ y a pas de fronti√®res linguistiques au niveau de l’ action syndicale”, a lanc√© Louis Smal, responsable de la CSC de Li√®ge.

 

1994

L‚ÄôInsead, l‚ÄôInstitut europ√©en d‚Äô administration des affaires, √† Fontainebleau, se targue de d√©livrer le meilleur MBA (Master of Business Administration) d‚ÄôEurope.¬† Il compte paimi les 80 professeurs de renomm√©e internationale 13 Belges, ¬ę¬†et pas des moindres … puisque deux des quatre doyens associ√©s et un des des deux doyens sont nos compatriotes.¬†¬Ľ

(in: Portes ouvertes à l’Insead, LB, 29/10/1994)

 

1995

‚ÄėLes desserts belges ont √©t√© sacr√©s les meilleurs du monde‚Äô, in: LS, 25/01/1995

 

Notre pays a remport√© √† Lyon, devant une quinzaine de pays, la coupe du monde de p√Ętisserie qui s‚Äô est d√©roul√©e dans le cadre du 7e salon des m√©tiers de bouche.¬† L‚Äô √©quipe belge, compos√©e de Pierre marcolini, Rik de baere et Johnny de Neef, pr√©c√®de au classement, dans l‚Äô ordre, les Japonais et les Am√©ricains.

 

1996

Un pompier namurois double médaillé au championnat du monde, VA, 13/08/1996

 

Du 27 juillet au 4 ao√Ľt se disputaient √† Edmonton (Canada) les championnats du monde du ‚ÄúCombattant du Feu‚ÄĚ (les World Fire Fighter Games).

¬†Richard Coqu obtint la m√©daille d‚Äôargent dans la ‚ÄúToughest Fire Fighter‚ÄĚ et une de bronze en inter√©quipe.

 

1998

Luc Denayer, Diederik Thibaut, Secr. et secr. adjoint du Conseil central de l’économie, Le modèle belge en marche, LS 09/12/1998

 

Les accords interprofessionnels signés entre les interlocuteurs sociaux de notre pays.

 

2003

Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie / Brammertz remplace Del Ponte, VA 14/11/2007

 

Le secr√©taire g√©n√©ral de l’ONU, Ban Kimoon, a nomm√© hier le Belge Serge Brammertz au poste de procureur du Tribunal p√©¬≠nal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) pour succ√©der √† la Suissesse Caria Del Ponte √† partir du ier janvier.

Dans une lettre adress√©e au pr√©si¬≠dent du Conseil de s√©curit√©, Ban propose la nomination de Serge Brammertz, actuel pr√©sident de la commission internationale d’en¬≠qu√™te sur l’assassinat de l’ex-Pre-mier ministre libanais Rafic Hariri, et remercie le Belge, dont le mandat expire le 31 d√©cembre, ¬ępour son leadership dans la progres¬≠sion de l’enqu√™te et pour son engage¬≠ment √† aider le gouvernement et le peuple libanais pour que soit mis fin a l’impunit√© dans leur pays¬Ľ. Serge Brammertz e’st un sp√©cia¬≠liste du crime organis√©. Il a √©t√© procureur adjoint charg√© des en¬≠qu√™tes √† la Cour p√©nale internationale (CPI) depuis 2003. Il a d√©mis¬≠sionn√© de ce poste en juin 2007, tout en continuant √† diriger la commission d’enqu√™te sur l’assas¬≠sinat en f√©vrier 2005 de Rafic Hariri.

N√© le 17 f√©vrier 1962 √† Eupen, dans la r√©gion germanophone de la Belgique, il est dipl√īm√© en droit et en criminologie d’universit√©s belges et docteur en droit de l’Uni¬≠versit√© de Fribourg (Allemagne).

C’est une t√Ęche ardue qui attend Serge Brammertz √† la t√™te du TPIY. Cr√©√© en 1993, le TPIY doit, en principe, terminer ses proc√®s en premi√®re instance en 2008 et ses proc√®s en appel en 2010. Mme Del Ponte refusait qu’il ferme ses portes avant que les accus√©s en¬≠core en fuite ne soient arr√™t√©s et jug√©s. Les ex-chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, Rado-van Karadzic et Ratko Mladic, sont les deux inculp√©s les plus re¬≠cherch√©s. Les deux hommes, incul¬≠p√©s par le TPIY de g√©nocide, cri¬≠mes de guerre et crimes contre l’Humanit√© pour des exactions commises pendant la guerre de Bosnie (1992-1995), qui a fait 200000 victimes, sont en fuite de¬≠puis 1995.

Pour remplacer Brammertz, le se¬≠cr√©taire g√©n√©ral de l’ONU a nomm√© le Canadien Daniel Bellemare, ancien sous-procureur g√©n√©¬≠ral adjoint du Canada.

 

2006

Le P. Vergauwen prochain recteur à Fribourg,LB 04/07/2006

 

UN BELGE A LA T√äTE DE L’UNI¬≠VERSIT√Č DE FRIBOURG: le th√©o¬≠logien dominicain Guido Ver¬≠gauwen reprendra les r√™nes de l’Universit√© de Fribourg de 2007 √† 201 I. Actuellement vice-recteur de cette excel¬≠lente universit√© suisse qui offre la particularit√© d’√™tre… bilingue (fran√ßais /allemand) et Ňďcum√©¬≠nique, le P. Vergauwen, √©lu lundi par le S√©nat de l’Univer¬≠sit√© devrait entrer en fonction en mars 2007 apr√®s la confirma¬≠tion de sa nomination par le Conseil d’Etat. N√© en 1944, Guido Vergauwen est domini¬≠cain depuis 44 ans. Ce sp√©cia¬≠liste de la th√©ologie fondamen¬≠tale dirige par ailleurs l’Institut d’√©tudes Ňďcum√©niques √† la Facult√© de th√©ologie. (C.Le.)

 

1500s - Justus Lipsius (Juste Lipse), grand latiniste

1700s - la première prison moderne du monde à Gand / de eerste moderne gevangenis ter wereld in Gent

(in: J.-L. Huens, Histoire de Belgique, s.d.)

1800s - Heilig Paterke, saint Valentin Paquay

(LB, 08/11/2003)

1800s - Geel

1817 - stichting van de Universiteit Gent

(in: DeTijd, 29/09/2017, foto: F. Pauwels)

1831 - la Constitution belge, un modèle

(LB, 07/02/2006)

1895 - de socialist Joseph Wouters

(HLN, 03/11/2018)

1913 - Henri La Fontaine (Nobel Prize for Peace)

1902 - Léopold Daerden (Alleur), filleul du roi

(s.r.)

1912 - Julien Sap, rescapé belge du Titanic

(LB, 23/01/1998)

1932 - Emilienne Brunfaut (Dottignies - Malèves-Sainte-Marie), militante pour les droits des femmes

1937 - Emile Planchard (Juseret), Senhor Professor à l'Université de Coimbra (Portugal)

(VA, 06/01/2016)

1940s – des “Justes parmi les Nations”

1940s - Gaby de Bournonville (Seilles), "Juste parmi les Nations"

(VA, 27/08/1997)

1940s - Georgette Eloy (Ciney), "Juste parmi les Nations"

(VA, 22/10/1998)

1940s - 1940s - Félix et Françoise Deprez (Barvaux), "Justes parmi les Nations"

1940s - des "Justes parmi les Nations" dans les régions de Somme-Leuze et de Durbuy

(in: Annonces de l’Ourthe, 13/10/2011 et 15/12/2011)

1940s - Fernande Mali (Verviers) et le couple Herkenne (Melen), "Justes parmi les Nations"

(DH, 17/10/2012)

1940s - Louise et Joseph Materne, "Justes parmi les Nations"

(EP, 18/03/2012)

1940s - l'Abbé André (Namur), "Juste parmi les Nations"

(VA, 26/10/2013)

1940s - l'abbé Jean Legrain et sa soeur, Marie-Louise (Saint-Hubert), "Justes parmi les Nations"

(s.r.)

1940s - Lucien Roloux (Beuzet), "Juste parmi les Nations"

(s.r.)

1941 - Victor de Laveleye, l'inventeur belge du V de la victoire

(VA, 14/12/2005)

1941- Marcella Pattyn, the world's last Beguine

(in: The Economist, 27/04/1941)

1942 - Deurnse agenten redden tientallen Joden

(HLN, 26/08/2017)

1944- / Roger Misson, citoyen d'honneur de Cabourg (Normandie)

(VA, 03/2013)

1945- / Jo Gérard, historien passionné de la Belgique

(VA, 18/06/2016)

1950s- / Luc Varenne, "l'homme qui a, inventé la radio couleur'

(VA, 28/06/2001)