11 Nobelprijzen / 11 Pris Nobel / 11 Prix Nobel

1974 Christian de Duve & Albert Claude

Nobelprijzen, in: Delta 7/2004, p24 

 

Weet men dat het kleine België reeds 10 keer gelauwerd werd ? M. Maeterlinck (1911), D. Pire (1958), Chr. de Duve (1974), 1. Prigogine (1977), A. Claude (1974), A. Beernaert (1909), H. La Fontaine (1913), J. Bordet (1919), C. Heymans (1938) en het Instituut voor In­ternationaal Recht (in 1904).

 

& François Englert (2013)

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge, Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 

 

(p.295) 5 des 9 PRIX NOBEL /NDLR: depuis 11/

 

Savez-vous combien de Prix Nobel ont été attribués à nos compatriotes? Au total, pas moins de neuf Belges et une organisation occupent une place de choix dans la liste des gagnants du fameux Prix Nobel: outre quatre prix pour la paix (L’Institut de Droit International en 1904, Auguste Beernaert en 1909, Henri La Fontaine en 1913 et Georges Pire en 1958) et un en littérature (Maurice Maeterlinck en 1911), ce sont surtout les scientifiques belges qui ont été récompensés. Andries van Wesel (1514-1564), né à Bruxelles, plus connu sous le nom d’André Vesale, médecin de Charles Quint et père de l’anatomie moderne, semble avoir donné le ton, puisque ces cinq Prix Nobel scientifiques attribués à des Belges récompensent presque tous des grands noms de la médecine et de la physiologie.

 

(p.296) Jules Bordet (1870 Soignies – 1961 Bruxelles) a reçu en 1919 le Prix Nobel pour ses travaux consacrés aux systèmes immunitaires. Après avoir travaillé sept ans pour l’Institut Pasteur à Paris, Jules Bordet est revenu en Belgique en 1901, dans le but de créer un institut similaire à Bruxelles. Dès 1907, il enseigne la bactériologie et la parasitologie à l’Université de Bruxelles. Il fait des recherches sur les réactions immunitaires et le sérodiagnostic, et constate la parenté entre les organismes sur base de leurs réactions à un sérum. La bactérie qui provoque la coqueluche a été baptisée d’après son nom: Bordotella.

 

En 1938, le Prix Nobel a été attribué à un toxicologue et pharmacologue, Corneille Heymans (1892 Gand – 1968 Knokke) pour ses recherches sur le rôle des sinus et des artères dans la régulation de la respiration. Heymans a enseigné la pharmacolo­gie à l’Université de Gand de 1927 à 1962. Il a étudié notamment la régulation de la température du corps, de la pression sanguine et de la respiration.

 

En 1974, les biochimistes Albert Claude et Christian de Duve ont reçu ensemble le Prix Nobel de médecine et de physiologie pour leur contribution à la connaissance de la structure et du fonctionnement des composants cellulaires. Le biologiste Albert Claude (1899 Longlier -1983 Bruxelles) a dirigé l’Institut Jules Bordet de 1948 à 1971. Dès les années trente, alors qu’il travaillait au Rockefeller Institute for Médical Research aux Etats-Unis, il s’était fait connaître pour une technique per­mettant d’isoler les composants cellulaires. Il a été le premier à utiliser, vers 1950, un microscope à électrons en biologie. Il a enseigné à l’Université Libre de Bruxelles de 1948 à 1969 et, à partir de 1972, a dirigé le laboratoire de biologie cellulaire de l’Université Catholique de Louvain. Christian de Duve (1917 Thames Ditton en Grande-Bretagne), a enseigné la chimie physiologique à l’Université Catholique de Louvain et à la Rockefeller University à New York. Il a publié ces dernières années des ouvrages sur l’origine et l’histoire de la vie.

 

Originaire de Russie, le physicien et chimiste Ilya Prigogine a reçu en 1977 le Prix (p.297) Nobel de chimie pour sa théorie novatrice de la thermodynamique du non-équilibre. Prigogine est né à Moscou en 1917, une année historique. Quatre ans plus tard, ses parents fuient la Russie et, après des années d’errance, ils se fixent à Bruxelles, où le jeune Ilya grandit. Enfant, il semble d’abord destiné aux sciences plus ‘douces’: avant même de savoir lire, Ilya connaît le solfège et joue du piano. Il s’intéresse à la philosophie, à l’histoire et à l’archéologie. Il étudie le latin et le grec, mais lorsqu’il est confronté aux sciences, il est fasciné par le fait que le concept temporel fasse défaut dans toutes les théories. Ce problème l’intrigue tellement qu’il s’inscrit à l’université de Bruxelles pour y étudier la chimie et la physique. Il y obtient son doc­torat avant d’y donner lui-même cours. Prigogine a été directeur de l’Institut Solvay de Bruxelles, il a enseigné à l’Institut Enrico Fermi de physique nucléaire et à l’Ins­titut d’études du métal à Chicago, a été directeur du Center for studies in statistical mechanics, thermodynamics and complex Systems de l’Université d’Austin au Texas. Il a publié différents best-sellers scientifiques et sa renommée internationale lui a valu de nombreux prix et titres. Il est décédé en 2003.

 

Prigogine poursuivait un but ambitieux: reformuler les lois de la physique. Il voulait une science qui laisse de la place à l’incertitude, au hasard et à la créativité, basée sur un nouveau concept temporel. Jusque-là, la plupart des grands scientifiques étaient d’avis que le monde était déterminé par les lois immuables de la physique, applicables sans distinction au passé et à l’avenir, et que le temps n’existait pas en dehors de l’esprit humain. En introduisant le concept de l’irréversibilité en physique, Prigogine a prouvé le rôle central de la dimension temporelle sur tous les plans de la description de la nature. Selon certains, il a ainsi révolutionné la pensée scientifique contemporaine.

En 1946, il a publié sa théorie de la thermodynamique des processus irréversibles. Il a étudié les propriétés des systèmes physiques et chimiques en situation de désé­quilibre, et la façon dont naissent les formes d’ordre spontané dans ces conditions. Bien qu’accueilli avec incrédulité et mépris, il a persévéré et son travail a finalement été récompensé par le Prix Nobel de chimie. Bien que ses découvertes aient été contestées par certains, son travail de pionnier reste méritoire. Il est en effet à la base de la théorie du chaos, qui stipule que dans un environnement instable, les éléments ont tendance à s’organiser.

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge, Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 

(p.322) La Belgique a remporté dix Prix Nobel /NDLR : & François Englert (2013) /

 

  • 1904 Prix Nobel de la paix – L’Institut de Droit International, une association de juristes et de politiciens ayant contribué à la paix dans le monde.
  • 1909 Prix Nobel de la paix – Auguste Beernaert (1829-1912), premier ministre de 1884 à 1894, défenseur des petits pays et représentant de la Belgique à la Conférence pour la paix de La Haye en 1899 et 1907.
  • 1911 Prix Nobel de littérature – Maurice Maeterlinck (1862-1949), pour son travail littéraire polyvalent de dramaturge, poète et essayiste philosophique.
  • 1913 Prix Nobel de la paix – Le sénateur Henri La Fontaine (1854-1943), pour sa lutte en faveur de la paix, le règlement de conflits par l’intermédiation, l’internationalisme, le droit de vote universel, le droit à l’enseignement, les droits des femmes et la réglementation du travail.

. 1919 Prix Nobel de physiologie et de médecine – Jules Bordet (1870-1961), pour ses travaux sur les systèmes immunitaires.

  • 1938 Prix Nobel de physiologie et de médecine – Le toxicologue et pharmacologue Corneille Heymans (1892-1968), pour ses recherches sur le rôle des sinus et des artères dans la régulation de la respiration.
  • 1958 Prix Nobel de la paix – Georges Pire (1910-1969), moine dominicain mieux connu sous le nom de Père Dominique Pire, pour son engagement dans le cadre de l’aide aux réfugiés.
  • 1974 Prix Nobel de physiologie et de médecine – Les biologistes et médecins Albert Claude (1899-1983) et Christian de Duve (1917), pour leur contribution à la connaissance de la structure et du fonctionnement des composants cellulaires.
  • 1977 Prix Nobel de chimie – Le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003), pour sa théorie révolutionnaire de la thermodynamique du non-équilibre

Les Belges nobelisés, VA 15/11/2001

 

En matière d’attribution de prix Nobel, la Belgique avait commencé fort. Dès 1904, elle s’octroie un Nobe1 de la Paix qui échoit à l’Institut belge de droit international. Cinq ans plus tard, en 1909, Ie même prix est cette foisdévolu à l’Ostendais Auguste Beernaert, homme d’État catholique. Il avait voué les dernières années de sa vie aux questions de droit itnernational, prônant l’arbitrage obligatoire des conflits, la limitation des armements et la prohibition de la  » guerre dans les airs « .

En 1913, l’avocat bruxellois Henri La Fontaine (1854-1943), musicologue de renom et parlementaire socialiste, reçoit à son tour Ie Nobel de la Paix. On récompense ainsi son activité au sein de la  » Société belge pour l’ arbitrage et la paix  » qu’il avait fondée, il présida également le Bureau-international de la paix.

II faudra attendre plus de quarante ans avant que le Nobel de la Paix soit à nouveau dévolu à un Belge, en l’occurrence en 1958, au dominicain hutois, le père Dominique Pire, pour son action pionnière en faveur des réfugiés, que l’ on appelait alors les personnes déplacées. .

La Belgique s’honore d’u  seul Prix de littérature, qui est allé à Maurice Maeterlinck en 1911. En revanche, les scientifiques belges ont décroché cinq prix (médecine et physico-chimie), successivement attribués à Corneille Heymans (1938), Jules Bordet (1919), Albert Claude et Christian de Duve (1974), enfin Ilya Prigogine (1977).

J.-M. Doucet, Les dix prix Nobel belges, AL 02/02/2004 /& François Englert (2013)/

 

Dominique Pire, Christian de Duve, Albert Claude, Iya Prigogine,

1904 : Nobel de la Paix : l’Institut de Droit International, dont la figure de proue était Gustave Rolin-Jaequemyns, concernant le crime de guerre et la nécessité de le poursuivre devant des juridictions internationales

1909 : Nobel de la Paix : Auguste Beernaert, président de l’association internationale de droit et militant au sein de l’Union interparlementaire internationale : ses objectifs : la limitation conventionnelle des armements et l’institution légale de l’arbitrage obligatoire pour éviter les conflits armés

1910 : Nobel de Littérature : Maurice Maeterlinck

1913 : Nobel de la Paix : Henri Fontaine, secrétaire général de la Société belge pour l’arbitrage et la paix et président du Bureau international de la paix

1919 : Nobel de Médecine : Jules Bordet, qui avait notamment mis au point un vaccin contre la coqueluche

1938 : Nobel de Physiologie et de Médecine : Corneille Heymans avec ses travaux expérimentaux qui ont permis de faire progresser la connaissance de la circulation sanguine

1958 : Nobel de la Paix : Dominique Pire, pour son action humanitaire en faveur des « personnes déplacées », ces réfugiés politiques de l’époque

1974 : Nobel de Médecine : Christian de Duve et Albert Claude pour leurs travaux de recherches en biochimie et en biologie cellulaires

1977 : Nobel de Chimie : Ilya Prigogine pour sa contibution à la thermodynamique irréversible

Les 10 premiers prix Nobel belges

(AL, 02/02/2004)

Jules Bordet

(in: LS, 14/06/1990)