Des dizaines de grands chefs d’entreprise belges… des années 1500 à nos jours / tientallen grote Belgische bedrijfsleiders… uit de jaren 1500 tot heden

1500s

Anvers, sous Charles-Quint, devint la première ville du monde.  Son importance vint du fait qu’ elle fut la ville des banquiers;  Une bourse y fut créée qui devint tout de suite l’ arbitre du change international.

 

1531

in : Wie werden Aktien gehandelt ?, P.M., s.d., S.20-21

 

Die erste europäische Börse übernahm ihren Namen von einem Marktplatz im belgischen Brügge – genannt ‘Burse’. Das war in 1531 in Antwerpen.

 

1605

in: Yves Vander Cruysen, Curieuses histoires des inventeurs belges, éd. Jourdan, 2012, p.265-273

 

Si Adam Smith et John Maynard Keynes sont considérés comme les pères de l’économie mondiale, force est de constater qu’ils se sont inspi­rés des travaux d’un jésuite anversois, Lenaert Leys, mieux connu sous son appellation latine de Leonardus Lessius. Celui-ci rédigea, en 1605, un traité intitulé « De justitia et iure» dans lequel il analyse les problèmes moraux soulevés par l’économie et la finance. Il va même jusqu’à calculer à quoi correspond un prix juste et à défendre, chose rare à l’époque dans les milieux religieux, le bien-fondé du taux d’intérêt.

 

Louis de Geer (1587-1952) - le père de l'industrie métallurgique suédoise

1600s - Jean Jacobs - fondateur d'un collège des Belges à Bologne (Italie) (in: LS, 05/09/1995)

1600s - Jean de Bergeyck, le Colbert Belge

(Jo Gérard, in: LB, 09/01/1997)

1700 s – Jo Gérard, Comment naquirent les indusries belges, in: LB

 

1700s - Michel-Jean Orban, inventeur des grands magasins

(in: Yves Vander Cruysen, Curieuses histoires des inventeurs belges, éd. Jourdan, 2012, p.77-80)

1700s - Pater / Père Ferdinand Verbiest en / in China/ Chine

De Belgische jezuïetenpater Ferdinand Verbiest richt als missiereis in China het observatorium van Peking op en laat meer dan 400 kanonnen maken voor keizer Kang-Hi, wiens secretaris hij is.

 

Le père jésuite Verbiest, missionnaire en Chine au 17e siècle, fonda l’observatoire de Pékin et fit fabriquer plus de 400 canons pour l’empereur Kang-Hi dont il était le secrétaire.

1784

in: Yves Vander Cruysen, Curieuses histoires des inventeurs belges, éd. Jourdan, 2012, p.265-273

 

François-Xavier Burtin (1743-1818) aurait, lui, été le premier à suggérer, dès 1784, la culture massive de la betterave sucrière pour remplacer la canne à sucre, difficilement cultivable dans nos contrées. Napoléon reprendra, bien plus tard, son idée.

 

1800s - Locomotive "Le Belge" (ets Cockerill)

1840 - Vèrvî /Verviers - Le premier magasin du "prêt-à-porter" (Jean-Nicolas Colard)

(in: Yves Vander Cruysen, Curieuses histoires des inventeurs belges, éd. Jourdan, 2012)

Le “Val Saint-Lambert”

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge, Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 

Leaders du marché et champions de l’exportation

 

La Belgique n’a peut-être pas donné naissance à d’immenses multinationales, mais notre pays possède néanmoins de magnifiques entreprises qui exercent un impact mondial.

Les leaders du marché de l’industrie de la chaux sont deux entreprises belges: Carmeuse et Lhoist. Carmeuse a été fondée en 1860 à Liège: c’est le plus grand producteur de divers types de chaux, avec près de cent filiales dans plus de vingt pays d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Afrique. ‘Carrières et Fours à Chaux Dumont-Wautier’ à Hermalle, a été fondée par Hippolyte Dumont en 1889. Son beau-fils, Léon Lhoist, a créé les ‘Etablissements Léon Lhois’t en 1924 à Jemelle.

(p.41) Vingt ans plus tard, l’entreprise entame une expansion internationale et ouvre une filiale en France. En 1981, elle pénètre sur le marché américain en acquérant quel­ques entreprises de chaux.

De lieu de culte spirituel, le Val Saint-Lambert allait devenir en 1826 l’épicentre de l’industrie du cristal. Le lieu réunissait toutes les conditions nécessaires: à proximité de la Meuse, dans une région carbonifère et avec de grands espaces dans le monastère, convenant parfaitement aux activités artistiques et artisanales à grande échelle. Sous l’impulsion des fondateurs, Kernlin, un chimiste, et Lelièvre, un polytechnicien, déjà actif dans la cristallerie ardennaise Vonêche, la ‘Société des verreries du Val Saint-Lambert’ allait se tailler rapidement un nom et une réputation. Le site a connu une extension énorme: ouvriers et artisans s’affairaient autour des fours, dans les tailleries, les souffleries de cristal, les ateliers, les forges, les menuiseries, les ateliers de conditionnement et les magasins. Mais environ deux cent maisons d’ouvriers sont également construites, entourées de petits jardins, suivies par des écoles pour les enfants du quartier.

L’entreprise a connu des temps difficiles, mais grâce à son précieux savoir-faire et de nombreux efforts communs, la Cristallerie du Val Saint-Lambert a su étendre continuellement sa gamme, notamment grâce à la contribution d’artistes de renommée internationale. Aujourd’hui, le Val Saint-Lambert est présent dans plus de quarante pays, des Etats-Unis jusqu’en Arabie Saoudite, de l’Espagne au Japon. L’entreprise ne veut plus être associée au vase en cristal sur le buffet de grand-mère. Un vent de renouveau souffle dans ce temple du cristal depuis que la femme d’affaires française Sylvie Henquin, qui habite à Bruxelles, en a repris la direction. La gamme a été renouvelée et étendue avec de nouveaux produits, comme une ligne de bijoux.

1857 - Neuhaus

Ma., Celle qui nous fait fondre, LB, 07/08/1996

 

La praline et son complément indispensable, le ballotin, signés ‘N’, comme Neuhaus.

La praline actuelle fut bel et bien fabriquée pour la première fois par le fils de Jean Neuhaus, suisse installé à Bruxelles, au 19e siècle.  Le petit-fils de ce dernier fera naître le ballotin au début du XXe siècle.

De eerste Braziliaanse spoorweg van 1857 is het werk van de Belgische majoor Vleminck.

Le premier chemin de fer belge du Brésil fut l’œuvre en 1857 du major belge Vleminck.

1870 - Goerges Nagelmackers et l'Orient Express

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge, Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 

 (p.37) Le créateur de l’Orient Express

 

Un autre entrepreneur wallon est entré dans les annales par le biais des chemins de fer. Issu d’une famille de banquiers et d’industriels, Georges Nagelmackers gé­rait déjà le portefeuille industriel de la banque familiale alors qu’il poursuivait ses études. Il voyage en Angleterre, en Allemagne et aux Etats-Unis pour aller voir des exploitations minières. Lors d’un voyage aux Etats-Unis, il est séduit par le confort des wagons-lits, créés par Georges Pullman. Pour l’emporter sur Pullman qui tente de conquérir le marché européen, Nagelmackers décide de construire des trains confortables et luxueux qui traverseront toute l’Europe.

En 1870, il crée la ‘Compagnie internationale des Wagons-lits’ et deux ans plus tard, son premier train relie Paris et Vienne. C’est cette ligne qui deviendra l’Orient-Express qui en 1883 reliera Constantinople, l’actuelle Istanbul. Le succès ne tarde pas. Très vite, Nagelmackers reçoit les autorisations pour les trajets Ostende-Cologne, Ostende-Berlin et Paris-Berlin. En 1896, le Nord-Express parcourt un trajet qui relie Paris, Calais et Ostende à Saint-Pétersbourg et Moscou. Il conclura des accords avec les compagnies ferroviaires, fournissant 53 voitures équipées de tout le matériel, depuis la literie jusqu’à la vaisselle. Pour compléter le tout, il acquiert également des immeubles près des gares de destination, qu’il trans­forme en hôtels. La société organise les voyages officiels de la plupart des maisons royales d’Europe, ce qui augmente encore son prestige international. Préoccupé par le développement des échanges commerciaux, Nagelmackers a égale­ment participé à la fondation de la société industrielle pour l’exploitation des fours (p.38) à coke de Tilleur (Liège), une entreprise devenue prépondérante dans le secteur de la fabrication de l’acier.

1870s - Charles van De Poele, père des trams électriques américains

1900s – Renée-Anne Gutter, Henri Naus “Bey”, capitaine d’industrie belge au début du siècle, LB 29/10/1998

 

Originaire de Hasselt, l’industriel prospéra dans la production sucrière. 

 

Il joua un rôle majeur dans le développement de l’Egypte au début du siècle, souligne M. Kupferschmidt, du département Moyen-Orient de l’Université de Haïfa (Israël).

Expert en histoire sociale de l’Egypte, ce dernier a en effet été frappé de la part prépondérante que détenaient les Belges au début du siècle dans les capitaux de ce pays.  Les investissements belges totalisaient malgré une ‘colonie belge’ de quelques centaines de personnes, plus d’un dixième des actions sur le marché égyptien, venant en troisième place des actionnaires étrangers, après les Français et les Britanniques.

Henri Naus fut élevé au rang de ‘bey’ pendant la 1ère guerre mondiale.

En 1922, avec d’autres industriels étrangers et quelques Egyptiens, il fonde la Fédération égyptienne des Industries, qu’il présidera jusqu’à sa mort.  La Fédération réussit à faire remplacer le libre-échange d’origine britannique par des tarifs douaniers protectionnistes. 

Après sa mort, une rue du Caire reçut son nom jusqu’à la Révolution de 1952.

In België zijn maar liefst 130 bedrijven geweest die motoren hebben geproduceerd.

Notre pays compta jusqu’à 130 sociétés différentes de production de motos.

1895 - Vincke

1900 - FN Typ Aduc

1901 - FN Typ A_tonneau

1901 - Voiture Métallurgique (Mârciène / Marchienne-au-Pont)

1902 - Voiture Germain (Ateliers Germain - Moncha / Monceau-sur-Sambre)

1900s - des Belges pionniers de l'industrie allemande: Jacques Piedboeuf, Toussaqnt Bicheroux, ...

(in: LB, s.d.)

in: Ma., Celle qui nous fait fondre, LB, 07/08/1996

 

La praline et son complément indispensable, le ballotin, signés ‘N’, comme Neuhaus.

La praline actuelle fut bel et bien fabriquée pour la première fois par le fils de Jean Neuhaus, suisse installé à Bruxelles, au 19e siècle.  Le petit-fils de ce dernier fera naître le ballotin au début du XXe siècle.

1900s - Edouard Empain

in: Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge, Les Belges sont formidables, Vous vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

(p.36) Une histoire particulière se déroule dans l’industrie électronique, avec l’industriel et financier Edouard Empain dans le rôle principal. Empain est né en 1852 à Beloeil, dans un milieu modeste: fils d’un enseignant, Edouard Empain a su se hisser au rang d’homme d’affaires extrêmement fortuné.
Il a débuté sa carrière comme dessinateur dans une entreprise métallurgique. Ensuite il a exploité une carrière. Constatant qu’il manquait une infrastructure de transport dans les campagnes, il a créé la première compagnie de transports sur rail, la’Compagnie Générale des Tramways à voie étroite’.
Pour ne pas dépendre des banques, il a décidé de créer son propre organisme finan-cier, la’Banque Empain’, qui allait devenir la’Banque industrielle belge’. Edouard Empain s’est également lancé dans la production et la distribution d’élec¬tricité et a fondé ses propres entreprises comme ‘Electricité du Pays de Liège’ ou ‘Gaz et Electricité du Hainaut’. A Charleroi, il a donné une nouvelle impulsion à ‘Electricité et Hydraulique’, entreprise en difficulté, en créant les ‘Ateliers de Constructions électriques de Charleroi’, mieux connus sous l’appellation ACEC. Partout dans le monde, Empain a introduit la technique de l’entraînement électri¬que pour les trams urbains. Il a construit des centrales électriques en Russie, au Brésil, en Egypte et en Chine, et y a également aménagé des voies ferrées. Sa plus grande réalisation est sans conteste la construction du métro de Paris, au début du XXe siècle.

Héliopolis

1900s - Jean Jadot

in: Christian Laporte, Le roi bâtisseur, LB 15/07/2005

 

(…) la Belgique avait pu se hisser au neuvième rang des puissances économiques mondiales. Car à côté de l’aventure congolaise, des capitaines d’industrie partici­paient à l’aventure russe, chinoise, égyptien­ne… sous l’impulsion du Roi. A l’instar d’Er­nest Solvay dont les usines allaient fabriquer de la soude dans plusieurs pays européens et aux Etats-Unis, nombre de capitaines d’industrie se lancèrent dans des projets audacieux. La ligne de chemin de fer Pékin-Hankow fut l’œuvre de Jean Jadot qui avait déjà dirigé la construction des tramways du Caire alors que Empain construisait le métro de Paris. La Compagnie générale des conduites d’eau spé­cialisée dans les installations de conduites d’eau et de gaz qui avait vu le jour près de Liège avait pu conquérir des marchés en France, en Italie, en Espagne mais aussi à Constantinople et même à Tokyo. Des Belges , se retrouvaient en première ligne comme ex­perts en Perse, au Siam, en Egypte…

1900s - la limousine D'Ieteren Frères

1900s - La Minerva

in: Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge , Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 

Sylvain de Jong (1868-1928), né aux Pays-Bas mais élevé à Anvers, est devenu l’un des rares constructeurs automobiles de notre pays. En 1911, son entreprise Minerva est l’une des plus grandes usines de Belgique, avec 1.600 collaborateurs. Sa luxueuse auto Minerva s’est taillé une réputation bien au-delà des frontières. Des célébrités comme Henry Ford, Frederick Royce (le père de la fameuse Rolls Royce) et la plupart des têtes couronnées d’Europe ont roulé en Minerva. Mais peu à peu, la voiture de luxe cédera le pas aux voitures américaines, plus avancées sur le plan technologique.

 

(illustration: 1920s)

(1930) Minerva

(1930s) Minerva

1904 – Lieve Gevaert

in: Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge , Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

Du petit magasin de photo au plus grand distributeur de papier photo et de pellicules

 Lieven Gevaert est l’un des pères de la vie économique flamande. Il est né en 1868 à Anvers. A l’âge de quatorze ans, il ouvre un petit magasin de photo avec sa mère. En 1894, il fonde ‘Lieven Gevaert & Cie’ avec un capital de 20.000 francs belges, une entreprise spécialisée dans la fabrication de papier photo selon un nouveau procédé. Sa réputation et sa fortune sont ainsi faites. En 1904 est posée la première pierre du complexe actuel Gevaert à Mortsel, qui s’y trouve toujours actuellement. Gevaert est l’auteur d’importantes inventions en matière photographique. Il a rem­porté des prix aux expositions internationales de Milan en 1906 et de Bruxelles en 1910. Les produits développés dans son usine connaissent un succès mondial. Le papier Gevaert est utilisé partout, suivi par les pellicules, les appareils photo et les photocopieuses Gevafax, plus tard. Très vite, des filiales ouvrent leurs portes à Berlin et à Vienne et après la première guerre mondiale, une filiale est même créée aux Etats-Unis. En 1964, il entame une collaboration avec l’entreprise allemande Agfa. Agfa-Gevaert comptait trois départements: l’imagerie médicale, avec des (p.40) avec des systèmes d’imagerie, de copie et d’impression, et le département produits de consommation, qui fabrique notamment des pellicules. En 2004, ce dernier dé­partement de Mortsel ferme ses portes et est repris par l’entreprise allemande AgfaPhoto.

Lieven Gevaert joue un rôle clé dans l’industrialisation de la Flandre, qui commence tout doucement à former un contrepoids à la Wallonie. Il est à la base de la défense des intérêts flamands et de l’utilisation du néerlandais comme langue véhiculaire dans les entreprises, qui étaient encore totalement francisées à l’époque. Dans le domaine social également, il applique une politique progressiste dans son usine. Ouvriers et employés reçoivent une participation aux bénéfices et des cours du soir sont organisés à l’intention du personnel. Au sein de l’entreprise existe une société de secours mutuel et une assurance maladie et vie. Gevaert décède à La Haye en 1935.

1901 - André Dumont , ingénieur, découvre un gisement charbonnier en Campine

1910 - Exposition universelle à Bruxelles

1910s - La Red Star Line entre Antwerpen (Anvers) et New York

1913 - La voiture "Matallurgique Sport" (fabriquée à Marchienne-au-Pont)

1920 - la moto Excelsior 20R

1920 - Antwerp / VIIth Olympiad

1920s - découverte d'urianum par un ingénieur belge à Shinkolobwe (Congo)

1920s - la voiture Imperia I

1920s - la Compagnie Maritime Belge

1920s - l'auto "Miesse"

‘de 1927 à nos jours – l’histoire du prêt-à-porter belge

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge , Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 

Le top du prêt-à-porter

 

La Belgique n’héberge pas que des couturiers internationalement réputés: quelques marques de prêt-à-porter méritent également d’être mentionnées. Andres & Co est une société fondée en 1927 à Destelbergen, qui produisait alors des vêtements de travail. La marque a connu une période de gloire avec des pantalons à la mode dans les années soixante-dix, mais un manque de suivi a provoqué sa reprise en 1988 par le groupe Santens, surtout renommé en tant que fabricant de tissu éponge. En 1992, la gamme s’enrichit par l’addition de la marque Hampton Bays et Andres devient Xandres en 1997. En 2003, l’entreprise devient leader de marché en Belgique avec un chiffre d’affaires de plus de trente millions d’euros. Sa production provient pour ainsi dire du monde entier: les accessoires viennent d’Italie et du Royaume-Uni, le cuir est monté en Turquie, la soie vient de Chine, le tricot d’Italie, alors que les vêtements sont confectionnés en Europe de l’Est.

Scapa existe depuis près de quarante ans et malgré son nom à consonance écossaise, la marque est 100% belge. Le mot ‘scapa’ est issu de la langue des Vikings, et signifie refuge. Scapa Flow est une baie des îles Orkney, au Nord de l’Ecosse, où l’Ecossais Brian Redding et son épouse belge, Ariette Van Oost, ont conçu leurs premières créations, vendues ensuite dans les boutiques Miss Polly. Aujourd’hui, Scapa conçoit (p.192) une collection complète, distribuée dans plus de 50 boutiques exclusives Scapa et 500 magasins proposant diverses marques, de Tokyo à Milan, en passant par Paris. En 1999, Scapa a lancé une nouvelle collection, Scapa Sports, qui s’est développée depuis, pour devenir une gamme complète pour dames, hommes et enfants, avec une ligne de chaussures et d’accessoires ainsi qu’une collection “home”. Scapa Sports est dirigé par Michael Redding, le fils de Brian et Ariette.

Toute la ligne, tant Scapa que Scapa Sports, est conçue par une dizaine de créa­teurs, tous issus de l’Académie d’Anvers.

La jolie marque de vêtements de grossesse Cache-Cache, lancée par Jan Hendrickx, perdure elle depuis vingt-trois ans. Avec des points de vente aux Pays-Bas, au Luxembourg et à Londres, elle constitue une valeur sûre dans ce segment de niche. En 1988, Luc Duchêne et Jean-Marc Piron créent un look contemporain sous le nom de Mer du Nord, marque qui faisait à l’époque partie du portefeuille de marques à succès Chipie et Chevignon. Originellement, les collections Mer du Nord avaient un style facilement identifiable, très inspiré de l’univers marin, mais depuis, elles sont de plus en plus influencées par la culture américaine, avec ses surfeurs californiens et ses James Bond girls.

 

C’est du belge?

 

Il est frappant de constater que de nombreuses marques portent des noms aux consonances françaises, italiennes ou américaines ou sont dotées de logos évoquant plutôt l’étranger. On dirait qu’elles font des efforts acharnés pour cacher leurs ori­gines belges!

Patrick van Heurck a fondé la marque Bellerose, 100% belge, en 1989. Il vend des vêtements de loisirs confortables. Bellerose Clothing Cy possède des boutiques en Belgique et aux Pays-Bas uniquement, mais son image est complètement américanisée. Sur le site web entièrement anglophone, on peut entendre de la musique américaine et voir des images de New York, sa dénomination s’inspirant d’ailleurs de Bellerose Village. Et sur la devanture des ‘stores’, flotte au vent la bannière étoilée américaine. Ce drapeau américain figure aussi sur le logo des vêtements RiverWoods, commercialisés (p.193)  par American Clothing Associates, implantée à Evergem, près de Gand. Les photographies du catalogue ont été shootées en décor naturel aux Etats-Unis. Apparemment, cette option est la bonne puisque la marque possède des succursa­les sur quatre continents: Europe, USA et Canada, Amérique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande.

La marque belge de vêtements Donaldson a elle aussi un look très américain, Mickey étant omniprésent. Elle produit d’ailleurs sous licence Disney. Elle est distribuée dans trente boutiques exclusives, vingt corners et plus de sept cent points de vente partout en Europe.

Les vêtements American Outfitters proviennent bien des Etats-Unis, mais celui qui croit que l’entreprise est américaine se trompe lourdement. Trois sœurs, Nathalie, Patricia et Caroline Vandemoortele, se cachent derrière cette marque de Nazareth, près de Gand. Leur père, Etienne Vandemoortele, travail lait pour Du Pont de Nemours et partait de temps à autre en voyage aux Etats-Unis. Un jour de 1976, il y découvre les pulls UCLA. Il les importe avec un succès phénoménal et fonde sa propre société, Action Wear. Fruit of thé Loom, Hanes et Outerbanks ont suivi. En 1995, il subit plusieurs attaques cérébrales. Caroline collaborait déjà avec lui. En un week-end, Nathalie et Patricia décident d’abandonner leur travail et de la rejoindre. Les sœurs se complètent bien: Caroline assure l’aspect commercial, Nathalie se charge des finances et Patricia est responsable du stylisme. Elles décident de faire d’American Outfitters leur marque exclusive et le succès frappe à leur porte. Probablement parce que la réputation de la Belgique au niveau de la mode s’est fortement améliorée ces vingt dernières années, certaines marques assument leur identité belge, entre autres avec un site web ‘be’, comme par exemple Terre Bleue, de l’entreprise de confection Duror. La marque de tricot Bleu-Du-Maine, à première vue inspirée par la France, communique avec le logo Made in Belgium’. Son pro­ducteur et distributeur est implanté à Schilde, près d’Anvers. Ingrid Van Renterghem est une véritable ambassadrice de la création belge. Dans son: magasin-concept de Lathem-Saint-Martin et son point de vente de Gand, elle ne vend que des créations de stylistes belges, avec en fond musical des artistes belges. Dans les espaces dédiés aux événements et aux expositions, elle ne sert que des boissons belges.

Les cigarettes Belga d'Odon Warland

1930s - UNION MATCH (Geraardsbergen)

1931 - FN 1635 Cabriolet

(s.r.)

1935 - de Wereldtentoonstelling in Brussel

1939 - Tournè / Tournai - Grande Brasserie du Lion - la (Bière) Belge

in: Christian Laporte, Lodoïs Tavernier, le père de la Ceca ?, LB 26/03/2007

 

Lodoïs Tavernier parlait déjà d”‘union européenne” dans ses rapports…

 

L’on a l’habitude de considérer que les Français Jean Monnet et Robert Schuman en sont les géni­teurs. Et si leur véritable père était plutôt belge ? Et avait nom Lodoïs Tavernier ? Au nom de la mémoire de son grand-père, An­dré Tavernier, fils lui aussi d’un ingénieur qui se trouve être le constructeur du premier cyclotron belge, et ingénieur lui-même, le pense, mais dit surtout en avoir des preuves !

“C’est en classant les archives de mon grand-père qui était ingé­nieur civil des mines et électricien de l’école polytechnique de Mons que j’ai découvert qu’il avait réa­lisé à Londres un rapport confi­dentiel à la demande du comité interallié pour l’étude de l’armis­tice. Lodoïs Tavernier travaillait pour le ministère des Affaires éco­nomiques et il lui avait été de­mandé de voir comment, à partir des ressources énergétiques disponibles, l’on pourrait stabiliser la paix en Europe. Pas question, évidemment, de refaire les erreurs du traité de Versailles d’après la Première Guerre mondiale qui avait surtout créé une Allemagne revancharde…”

Les conclusions de l’ingénieur ne laissaient guère de place au doute : “II fallait maîtriser le réservoir potentiel énorme qu’était la Ruhr allemande avec ses capa­cités importantes de production de charbon. Voilà une puissance industrielle qui pouvait redevenir une menace pour la paix en Eu­rope. Lodoïs Tavernier eut dès lors l’idée de créer une régie de contrôle du charbon et de l’acier allemand contrôlée par ses proches voisins, la France, la Belgi­que, la Hollande et l’Angleterre et idéalement par l’Allemagne elle-même”. Sa suggestion fut rete­nue : dans un premier temps, ce fut le “German Coal Control Group” qui attribua le charbon de la Ruhr aux Britanniques, le bas­sin d’Aix aux Belges et aux Hol­landais et la Sarre aux Français. Un contrôle qui fut maintenu jus­qu’à la mise en œuvre du Plan Marshall.

 

Lettres de remerciement

 

“Mais mon grand-père avait de la suite dans les idées”, poursuit André Tavernier. “Dès son retour en Belgique, il avait développé son point de vue devant la Société des ingénieurs et des industriels et lors de moult conférences, puis dans de nombreux articles de journaux et lors de causeries sur de multiples antennes. Mieux: dans son rapport de 1945, il esti­mait indispensable que l’Allema­gne ou à tout le moins sa zone in­dustrielle soit incorporée dans une Union économique et moné­taire avec les pays alliés protec­teurs. J’ai retrouvé dans ses ar-* chives des lettres de remerciement Q du général de Gaulle et de Frédé­ric Joliot-Curie, double indice que la France avait compris son mes­sage. En fait, Lodoïs Tavernier ne donnait aucune chance de survie aux mines françaises et belges sans une structure commune. Il ne cessa sa croisade que lorsqu’il T/estima avoir atteint son but…”

De fait, il disparut de l’avant-scène lors de la création de la Ceca..

 

1949 - André Gérard (Vèrvî / Verviers) , créateur du livre de poche en français, de la fameuse collection Marabout

(VA, 11/04/2000)

1950 - Gérard Blitz, le fondateur du Club Med

in: Yves Vander Cruysen, Curieuses histoires des inventeurs belges, éd. Jourdan, 2012, p.241-244

N’en déplaise, à nouveau, à nos voisins français, le Club Med est une invention belge. Le concept de « vacances tout compris » est

né dans la tête d’un quadruple médaillé olympique  anversois, Gérard Blitz.

Né en 1901 au sein d’une famille de diamantaires anversois, Gérard Blitz est de ces sportifs anversois marqués par les préparatifs des Jeux

olympiques de 1920. Voulant aider la Belgique à se redresser après avoir subi, avec courage, l’occupation allemande, la communauté internationale a en effet confié à la ville d’Anvers le soin d’orga­niser les septièmes jeux olympiques d’été.

Blitz vient à peine de sortir de l’adolescence. Excellent nageur, il n’a de cesse de se préparer pour ce grand rendez-vous sportif. Il veut en être et, si possible, y briller. À force d’entraînements, de sacrifices aussi, il réussit à être sélectionné, à la fois dans l’équipe belge de natation mais aussi dans celle du water-polo. Il n’a que 18 ans. Et, pourtant, il marque, au niveau belge, ces olympiades historiques parce qu’elles ont lieu juste après un grand conflit mondial ; parce qu’on hisse, pour la première fois, le drapeau olympique et qu’on y prononce, nouveauté également, le serment olympique. Le jeune Anversois décroche, en effet, dans un bassin olympique aménagé dans les douves des anciennes fortifications d’Anvers, la médaille de bronze de l’épreuve de 100 mètres dos, mais aussi, avec ses équipiers, dont son frère Maurice, la médaille d’argent du tournoi de water-polo. Et ce n’est qu’un début. Aux jeux de Paris, en 1924, il participe à nouveau, tout comme son frère, à la finale olympique de water-polo, y décrochant une troisième médaille olympique. Face aux vainqueurs français, les Belges ont mené une résistance solide. À un point tel que le public tricolore, très reconnaissant du spectacle offert, réclamera, après la Marseillaise, l’exécution de la Brabançonne. Douze ans plus tard, Blitz et ses équipiers obtiendront encore une médaille de bronze. Ce seront ses derniers jeux. Par la suite, il se contentera d’y assister en spectateur, étant devenu président de la Fédération belge de natation. Il est vrai qu’il collectionna, durant sa carrière de nageur, pas moins de trente-six titres de champion de Belgique.

La guerre, bien évidemment, va le marquer. Il rejoint tout naturellement, les rangs de la résistance. Et, à la fin du conflit, bouleversé par la faiblesse de bien des prisonniers de guerre rentrant au bercail, il organise, pour le compte du Gouvernement belge, en Suisse, des camps destinés à accueillir ces derniers et à les préparer à un retour à la vie normale.

C’est cependant en 1949, en visitant sa sœur Edith au club olympique de Calvi, en Corse, qu’il a l’idée de sa vie : créer un village de vacances, avec un camping, un bar et des activités sporti­ves. Quelques mois plus tard, le 27 avril 1950, il crée l’association de droit belge « Club méditerranée » et ouvre son premier village de toile, le 5 juin 1950, sur un terrain loué à Alcudia, non loin de Palma de Majorque, aux îles Baléares. Pour ce faire, il a fait appel à ses ex-équipiers. Les animateurs sportifs ne sont autres que d’anciens champions belges ; les gestionnaires, des collabo­rateurs de son ancien centre de revalidation suisse. Le matériel de cuisine, il l’a acheté dans un surplus de l’armée américaine cantonnée en Allemagne. Quant aux toiles nécessaires à dresser les tentes, elles sont fournies par la société « Trigano père et fils », spécialisée dans le domaine.

Ils seront, sur la première saison, 2.300 à profiter de ces vacan­ces insolites, conviviales, basées sur l’abolissement, le temps de quelques jours, des barrières de l’argent, des classes sociales et des religions. « La vie en communauté et le partage des bienfaits du sport peut être l’antidote de notre civilisation », a-t-il un jour expliqué. Il voulait « recueillir les hommes que détruit la société moderne en un lieu de paix et de douceur où ils peuvent récupérer leurs forces » ou « fabriquer un milieu artificiel destiné à réappren­dre les hommes à sourire. »

Parmi ces premiers GM (gentils membres) figurait Gilbert Trigano, le fils du fournisseur de tentes. Militant communiste, ce dernier ne pouvait qu’être fasciné par le projet utopiste de Gérard Blitz. Homme de chiffres, il devient, en 1953, trésorier de l’asbl. Son pragmatisme sera très utile à l’expansion du projet. Car la réputation du club ne s’est pas fait attendre. Ils sont des milliers à vouloir goûter à ce nouveau type de vacances où l’on pouvait vraiment faire une parenthèse dans sa vie ; où l’on pouvait aussi donner libre cours à tous ses fantasmes de liberté,…

Dès 1952, les toiles sont remplacées par des cases. L’idée, cette fois, est celle de Claudine Blitz, la femme de Gérard qui a vécu à Tahiti. Sur l’île de Corfou, au large de la Grèce, elle a réussi à reconstituer l’atmosphère des îles du Pacifique. Le soleil y est tout aussi généreux et le paréo y est de rigueur. Suivront, en 1954, un club identique sur l’île de Djerba en Tunisie, puis, en 1955, un village à Tahiti. On pouvait s’y payer la liberté totale, dans un environnement paradisiaque… en dix-huit mensualités. Le premier village de neige naît, pour sa part, à Leysin, en 1956.

Gérard Blitz, quant à lui, cède, petit à petit, son enfant à son partenaire, Gilbert Trigano. En 1963, ce dernier en devient le PDG, Blitz devenant « super ambassadeur ». Lui qui aimait à dire que « ce ne sont pas les vacances qui comptent, c’est la vacance de l’esprit, l’état de liberté intérieure » s’est captivé pour le yoga. Il s’initie à cette discipline auprès de grands maîtres, en Inde. Mais, comme toujours, il veut partager son savoir avec d’autres. Formi­dable pédagogue, il crée le programme de formation servant encore aujourd’hui de référence aux principales écoles européennes de yoga. Il crée aussi les « rencontres internationales de Zinal » où se retrouveront les plus grands noms de la vie spirituelle moderne.

C’est donc un homme serein qui décède en 1990. Mais son « enfant » a, lui, bien grandi. Toujours sous la présidence de Gilbert Trigano, il est entré en bourse ; a vu se multiplier le nombre de villages de cases, de villas, d’hôtels, d’infrastructures nouvelles et, bien sûr, le nombre de GM. Blitz n’eut pas à vivre les conséquen­ces de la première guerre du Golfe, qui furent catastrophiques pour l’industrie touristique et particulièrement pour le Club Med. Même Gilbert Trigano et son fils Serge ne résistèrent pas à cette crise. Le premier démissionna en 1993 au profit du second ; ce dernier fut remplacé, quatre ans plus tard, sous la pression des actionnaires par Philippe Bourguignon, l’ex PDG d’Eurodisney.

Dirigé de nos jours par Henri Giscard d’Estaing, le fils aîné de l’ancien président de la République française, le Club Med a accueilli, en 2010, plus de 1,2 million de clients au sein de 75 villages, implantés dans 40 pays et animés par 15.000 GO, porteurs de cent nationalités différentes. Son chiffre d’affaires avoisine les 1350 millions d’euros.

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge , Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 Le fondateur du Club Méditerranée est un Belge. Diamantaire, champion de water-polo et président de l’association de yoga, Gérard Blitz (1912-1990) débute en 1950 avec un village de tentes à Majorque, pour que chacun puisse s’offrir des vacances à la mer après les terribles années de guerre

1950s - camions / vrachtwagens Miesse

1950s - Brasserie Declerc-Breda (Chieuve / Chièvres)

1950s - l'Imperia

1953 - la Sarolea 200 Regina

1958 - Brussels World Fair

 

La maroquinerie Delvaux

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge , Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 (p.188) Des sacs à main de luxe…

Quand on aborde le sujet des sacs à main classiques, le fournisseur de la cour Delvaux apparaît naturellement comme l’exemple même de la valeur sûre. Son histoire débute il y a déjà 175 ans, lorsque Charles Delvaux installe son magasin de maroquinerie avec ses propres ateliers dans la rue de l’Empereur à Bruxelles, dispa­rue depuis. Il était spécialisé dans les malles, valises et autres articles de voyage. En 1933, a lieu une première réorientation des activités, avec la reprise de l’entreprise par Franz Schwennicke. Outre les articles de voyage traditionnels, Delvaux se lance dans la création de collections de maroquinerie, à l’image de la haute couture.

(p.189) Un de ses sacs à main, le Brillant, né en 1958 à l’occasion de l’Exposition Universelle de Bruxelles, est aujourd’hui un classique. Lors du décès de son mari en 1970, Solange Schwennicke reprend le flambeau de la maroquinerie Delvaux. La marque prend vite une envergure internationale: des accords de distribution sont signés avec le Japon et les premiers pas sont faits pour commercialiser la marque sur le continent américain.

Malgré le succès, Delvaux continue à fabriquer ses sacs de luxe exclusivement dans ses propres ateliers, en Belgique et en France. La recette se fonde sur le savoir-faire unique des artisans et sur le soin extrême qu’ils portent à la confection des produits, avec des matières choisies. En 1996, la marque se rajeunit avec la ligne Deux, plus accessible. Quelques années plus tard, elle ajoute bijoux et cravates à sa gamme.

1960s - le plein essor pour SABENA, Spa Monopole et les confitures Materne

 

Stijn Helsen

Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge , Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

(p.185) Le trentenaire Stijn Helsen n’a aucun lien avec les ‘petits clans de la mode’ d’Anvers et de Bruxelles, bien qu’il soit doté lui aussi d’une personnalité flamboyante qui lui a permis de connaître très jeune une carrière à succès. Depuis 1939 et trois générations, le nom de Helsen évoque au Limbourg le métier de tailleur. Dans les années 40, à Borgloon, son grand-père Albert Helsen montait manuellement des costumes pour hommes sur la base de patrons individuels. Il transmit son savoir-faire à son fils Roland Helsen, qui déplaça l’entreprise familiale à Hasselt et développa le label de qualité Helsen par une vaste gamme de costumes italiens raffinés et de vêtements de sport américains. Dans cet environnement, rien d’étonnant à ce que le fils cadet de Roland, Stijn, ressente une fascination pour le métier, perfectionné par son père et son grand-père au point d’en faire un art.

Ayant grandi entre les costumes sur mesure et les tissus de qualité, Stijn crée et coud ses propres pantalons dès l’âge de douze ans! Il souhaite compléter le savoir-faire familial par une véritable formation de styliste. Il opte pour l’école Léon Mignon à Liège, où la mode devient encore plus son centre d’intérêt, puis part pour l’Instituto Marangoni à Milan. De retour en Belgique, au début de la vingtaine, le jeune homme conçoit une collection limitée en utilisant les techniques qu’il a assimilées, mise en vente dans la boutique familiale. Il remporte un tel succès que son talent ne passe pas inaperçu: le Limbourgeois est engagé par la créatrice d’avant-garde Vivienne Westwood, qui le charge de la coupe des patrons et du stylisme. C’est ainsi que Helsen apprend à connaître une tout autre facette de la mode: la jeunesse branchée de Londres. Là, un détaillant international d’envergure, Joseph, s’intéresse à lui et lui commande plus tard la création d’une ligne de vêtements sous la marque Joseph. La collection est un tel succès que Joseph représente aujourd’hui le label de Stijn. Peu après, un autre grand de la mode découvre ce talent prometteur. Valentino lui propose un poste à Rome, une offre que Helsen ne peut décliner. Après un défilé pour Armani, il prend l’habitude d’être mannequin pour ses vêtements. Quel autre styliste de 24 ans peut se targuer de voir sa collection de costumes clas­siques sur mesure, costumes pour hommes, chemises, tricots, chaussures et autres accessoires vendue non seulement en Belgique et dans les pays limitrophes, mais aussi en Italie, aux Etats-Unis et au Japon?

Comme si ce n’était pas suffisant, Helsen a également travaillé à Los Angeles com­me assistant du créateur de costumes, dans l’équipe responsable des combinaisons spéciales (8.000 euros pièce!) de Spiderman, pour le film ‘Spiderman 2’. Pourquoi les Américains, si exigeants, ont-ils porté leur choix sur un Belge? Probablement parce que l’astucieux restyling de ces combinaisons nécessitait non seulement un talent exceptionnel de créateur mais aussi une connaissance technique approfondie du traitement des matières et de l’anatomie. Depuis, Helsen a collaboré à d’autres productions cinématographiques, comme ‘Seabiscuit’ et ‘Pirates of the Caribbean’.

1979 – Carta Mundi

in: Lou Van Beirendonck, Lieven Verbrugge , Les Belges sont formidables, Vous en doutiez ?, éd. Brillant, 2005

 En 1979, à Turnhout, quelques producteurs de cartes à jouer réunissent quelque 150 ans de savoir-faire dans Carta Mundi, qui fait à présent partie des leaders mondiaux. L’entreprise produit 185 millions de jeux par an, au rythme de 200 cartes par seconde, et possède des filiales en Europe, à Singapour et aux Etats-Unis.

 

(Clément de Bièvre) (in: L’ Accent, 1980)

Les frontières linguistiques ne constituent plus des frontières économiques en Europe; elles ne peuvent pas davantage le devenir dans notre pays.