LES GRANDES DATES DE L’HISTOIRE DE BELGIQUE

 

 

 

La Protohistoire

 

De -220  millions à -60 millions     

Les dinosaures

 

La Préhistoire

 

Vers ‚Äď60000¬†¬†

Homme de Spy (Homo sapiens)

Vers -35000

Homme de Cro- Magnon

Vers -6000

Apparition du néolithique

Vers -1800

D√©but de l’√Ęge du bronze

Vers -1200

Apparition des Celtes

Vers -800

Arrivée des premières tribus gauloises

 

L’Antiquit√©

 

-58 à-51

Conquête de la Gaule par Jules César

De -50 à 250

La Paix romaine (Pax romana)

Vers 250

Premières invasions germaniques

Vers 300

Apparition du christianisme en Gaule

 

Le Moyen Age

 

Vers 450

Tournai devient la capitale du royaume des Francs

Vers 465-511

Clovis

600-700

Le ¬ę si√®cle des saints¬Ľ : √©poque de la construction des premi√®res grandes abbayes

742-814

Charlemagne

No√ęl 800

Couronnement de Charlemagne

843

Trait√© de Verdun qui partage l’empire de Charlemagne entre ses trois petits-fils

820-891

Incursions des Vikings

972-1008

Règne de Notger, prince-évêque de Liège

979

Fondation officielle de Bruxelles

1066

La première charte est concédée à Huy

1096-1099

Première croisade commandée par Godefroi de Bouillon

1099

Prise de Jérusalem par Godefroi de Bouillon

11 juillet 1302

Bataille des √Čperons d’Or √† Courtrai

17 juillet 1345

Assassinat de Jacques Van Artevelde

1348-1349

Grave épidémie de peste noire

 

Sous les Bourguignons

 

1396-1467

Philippe le Bon

1430

Cr√©ation de l’ordre de la Toison d’or par Philippe le Bon

1433-1477

Charles le Téméraire

1457-1482

Marie de Bourgogne

 

Sous les Espagnols

 

1500-1558

Charles-Quint

25 octobre 1555

Abdication de Charles-Quint

1527-1598

Philippe II

1548

Transaction d’Augsbourg

1549

Pragmatique Sanction

1566

Compromis des Nobles

5 juin 1568

Ex√©cution des comtes d’Egmont et de Hornes sur la Grand-Place de Bruxelles

1579

Scission des XVII Provinces entre les Provinces-Unies et les Pays- Bas espagnols

1598-1621

Règne des archiducs Albert et Isabelle

1621-1713

Le ¬ę si√®cle de Malheur¬Ľ

1648

Le trait√© de Munster reconna√ģt l’ind√©pendance des actuels Pays-Bas

1695

Les troupes de Louis XIV bombardent Bruxelles

 

Sous les Autrichiens

 

1713

Les Pays-Bas deviennent autrichiens par le trait√© d’Utrecht

1740-1780

R√®gne de Marie-Th√©r√®se, imp√©ratrice d’Autriche

1744-1780

Charles de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas Autrichiens

1780-1790

Règne de Joseph II, empereur d’Autriche

1790

Révolutions brabançonne et liégeoise

 

Sous les Français

 

1794

Victoire des Français sur les Autrichiens à Fleurus

1794-1814

Domination française

1er ao√Ľt 1795

Les anciens Pays-Bas autrichiens et la principauté de Liège sont officiellement rattachés à la France

1798

Guerre des Paysans

1804

Napoléon est sacré empereur

1814

Napol√©on est exil√© √† l’√ģle d’Elbe

18 juin 1815

Napoléon est battu à Waterloo et exilé à Sainte-Hélène

 

Sous les Hollandais

 

1815-1830

Domination hollandaise, sous le r√®gne de Guillaume 1er d’Orange, roi des Pays-Bas

 

La Belgique indépendante

 

25,26,27 septembre 1830

À Bruxelles, combats victorieux des révolutionnaires belges contre les troupes hollandaises

21 juillet 1831

Prestation de serment du roi Léopold 1er

1831-1865

Règne de Léopold 1er

Ao√Ľt 1831

La Hollande attaque la Belgique mais ses troupes sont repoussées

19 avril 1839

Signature du traité des XXIV articles, consacrant la paix avec la Hollande

1865-1909

Règne de Léopold II

26 février 1885

La Conf√©rence de Berlin reconna√ģt L√©opold II comme souverain de l’√Čtat ind√©pendant du Congo

1886

De nombreuses gr√®ves √©clatent pour r√©clamer l’am√©lioration des conditions de travail et de salaire

1893

Suffrage universel plural: chaque citoyen masculin possède au moins une voix

20 ao√Ľt 1908

Léopold II lègue le Congo à la Belgique

1909-1934

R√®gne d’Albert 1er

Du 4 ao√Ľt 1914 au 11 novembre 1918

Première Guerre mondiale

21 novembre 1918

Avant de faire son entrée triomphale à Bruxelles à la tête de ses soldats, le Roi accepte le principe du suffrage universel pur et simple à 21 ans.

16 novembre 1919

Première élection au suffrage universel pur et simple

1919

Par le trait√© de Versailles, la Belgique annexe les Cantons de l’Est, autrefois allemands, et re√ßoit l’administration du Ruanda-Urundi, ancienne colonie allemande.

1930

Flamandisation de l’universit√© de Gand

17 février 1934

Mort accidentelle du roi Alben à Marche-les-Dames

1934-1950

Règne de Léopold III

29 ao√Ľt 1935

D√©c√®s accidentel de la reine Astrid √† K√ľssnacht

10 mai 1940

L’Allemagne attaque la Belgique

25 mai 1940

Rupture entre Léopold III et ses ministres à Wijnendael

28 mai 1940

Capitulation de l’arm√©e belge

De mai 1940 à septembre 1944

La Belgique est occupée par les nazis

7 juin 1944

Le lendemain du débarquement de Normandie, Léopold III est déporté en Allemagne

8 septembre 1944

Retour du gouvernement de son exil à Londres

De septembre 1944 à juillet 1950

Régence du prince Charles

Décembre 1944

Les Allemands encerclent les troupes américaines à Bastogne durant la Bataille des Ardennes

7 mai 1945

Capitulation de l’Allemagne

26 juin 1949

Premier vote des femmes en Belgique

12 mars 1950

Consultation populaire favorable au retour du Roi en Belgique

31 juillet 1950

L√©opold III s’efface en faveur de Baudouin, qui devient prince royal.

16 juillet 1951

Léopold III abdique en faveur de son fIls, qui devient le cinquième roi des Belges.

1950-1993

Règne de Baudouin 1er

1957

La Belgique signe le trait√© de Rome comme l’un des six pays fondateurs du March√© commun.

1958

Exposition universelle de Bruxelles

6 novembre 1958

Signature du Pacte scolaire

30 juin 1960

Indépendance du Congo

15 décembre 1960

Mariage du roi Baudouin avec la reine Fabiola

1970

L‚Äô√Čtat belge reconna√ģt l’existence des r√©gions

1991

Dirk Frimout est le premier Belge dans l’espace

7 février 1992

La Belgique signe le traité de Maastricht

5 mai 1993

La Belgique devient officiellement un √Čtat f√©d√©ral

31 juillet 1993

Décès du roi Baudouin

Depuis 1993

R√®gne d’Albert II

9 ao√Ľt 1993

Prestation de serment d’Albert II, sixi√®me roi des Belges

Ao√Ľt 1996

Arrestation de Marc Dutroux et découverte des corps de Julie, Melissa, An et Eefje

20 octobre 1996

La Marche blanche

Fin 1996 Рdébut 1998

Commission d’enqu√™te parlementaire sous la pr√©sidence du d√©put√© Marc Verwilghen

1er janvier 1999

Introduction officielle de l’euro en Belgique

Louis Verviers, Le bréviaire des Belges, éd. de Boeck, 1944

 

(p.117) DES GRANDS CADRES DE L’HISTOIRE DE BELGIQUE

  1. – Cadre politique et militaire

(Formation du la Nation Belge. – La Conqu√™te de l’Ind√©pendance nationale. – Les Mis√®res de la Guerre.)

Etablissement des Celtes

850 av. J.-C. Etablissement en Gaule des premières peuplades celtiques.

300 av. J.-C. Tribus belges venues des régions rhénanes ou trans­rhénanes.

100 av. J.-C. Etablissement d’une arri√®re-garde germanique ‚ÄĒ les Aduatiques ‚ÄĒ dans la r√©gion namuroise actuelle.

55 av. J.-C. Les M√©napiens, chass√©s des rives du Rhin inf√©rieur, occupent le littoral (Flandre). Au moment o√Ļ vont appa¬≠ra√ģtre les l√©gions de C√©sar, les tribus ne sont stabilis√©es que depuis peu de temps.

La conquête romaine

57 av. J.-C. Jules César commence la conquête du territoire; victoire du Sabis (Selle, et non la Sambre) sur les Nerviens de Boduognat.

56-55 av. J.-C. Expéditions de César contre les tribus des Morins et des Ménapiens.

54 av. J.-C.¬†¬†¬† R√©volte d’Ambiorix, chef des Eburons.

53 av. J.-C. Campagne de César contre les Nerviens et les Ebu­rons.

51 av. J.-C. C√©sar ravage le pays des Eburons; les Tr√©vires d’Indutiomar sont d√©faits par Labi√©nus.

 

(p.118) La paix romaine et ses cons√©quences, (de 51 av. J.-C. jusqu’au VIme si√®cle de notre √®re.)

¬ę Des libert√©s, tout subsistait sauf le droit de s’entre-d√©chirer ¬Ľ.¬†¬†¬†¬† (J. Breuer.)

15 av. J.-C. Les territoires compris entre le Rhin, la Marne, la Seine et le rivage de la mer deviennent une province impé-périale dénommée Gallia Belgica (Gaule Belgique).

50 de l’√®re chr√©tienne : Etablissement de la voie romaine de Bavai √† Cologne, pi√®ce ma√ģtresse du r√©seau routier dans nos r√©¬≠gions; elle courait parall√®lement √† la Sambre et √† la Meuse, apr√®s avoir franchi ce dernier cours d’eau √† Maestricht.

Lente diffusion de la langue latine (origine des dialectes wallons). Diffusion de la mythologie romaine et, dans le cou­rant du IVme siècle, début de la première évangélisation. Vers 546 Saint Servais est-évêque de Tongres.

Adoption de techniques agricoles et industrielles romaines. Romanisation du genre de vie, surtout chez les riches.

IVme siècle. Division en Belgique première (capitale : Trêves) et Belgique seconde (capitale : Reims).

Les¬† invasions¬† germaniques¬† et la¬† fin¬†¬† de¬† l’occupation romaine

255 (vers)    Première invasion des Francs en Gaule.

275-276 Dévastation de la Gaule par les Francs et les Alamans

Repli de la défense romaine sur la chaussée transversale Maestricht-Bavai-Boulogne (ligne avancée de fortins : castra et castella).
406¬†¬†¬†¬†¬† Grande invasion des Germains. Colonisation de la Campine et du pays de Waes; p√©n√©tration par la vall√©e de l’Escaut, de la Lys, du Rupel.

 

Période mérovingienne

450 Clodion, roi des Francs Saliens s’empare de Tournai et en fait sa capitale. M√©rov√©e, Child√©ric Ier et Clovis y r√©si¬≠dent successivement (dynastie m√©rovingienne ou tournai-sienne).

481 C’est de Tournai que Clovis s’√©lance √† la conqu√™te de la Gaule, dont il devient le souverain. La Belgique con¬≠stitue la partie septentrionale du grand royaume m√©rovin¬≠gien, dont la capitale est dor√©navant Paris.

 

(p.119) La dualit√© linguistique de nos r√©gions date de cette p√©¬≠riode : dans le sud, les populations continuent √† employer des dialectes d√©riv√©s de la langue latine, dans le nord, les colons francs, frisons et saxons introduisent des dialectes germaniques. La limite g√©ographique entre les deux zones linguistiques traverse le pays de l’Ouest √† l’Est et le tranche en deux parties d’√©tendue √† peu pr√®s √©gale, l’une peupl√©e de Wallons, l’autre de Flamands.

 

Après la conversion de Clovis commence la seconde christianisation de nos régions.

547 Saint Amand, évêque de Tongres-Maestricht.

¬†¬†¬†¬†¬†¬† 705 (vers) Assassinat de saint Lambert √† l’endroit o√Ļ na√ģtra Li√®ge.

 

La période carolingienne

Origine hesbayenne de la dynastie des Pipinides (Herstal, Jupille, Landen) Tournai est délaissé par la royauté.
742 Sacre de Pépin le Bref.

768 Avènement de Charlemagne.

800 Charlemagne est couronné empereur à Rome.

¬ę Renaissance carolingienne ¬Ľ. Nos r√©gions mosanes et hesbayennes en b√©n√©ficient. Paix int√©rieure et prosp√©rit√©.

834 à 892    Raids normands :

837 Ravage de la Flandre par les pirates nordiques.
850-861  Nouvelles incursions, surtout en Flandre maritime.
A partir de 879 Grandes  incursions en  Flandre,  en  Brabant et dans les pays mosans;  installation de camps retranchés à Hasselt (près de Venloo), à Louvain sur la-Dyle.
891 Victoire d’Arnoul de Carinthie √† Louvain; les Normands quittent le pays l’ann√©e suivante et se portent vers l’embouchure de la Seine.

Cons√©quence : beaucoup de d√©vastations; la vie √©cono¬≠mique est profond√©ment atteinte; l’activit√© agricole reste l’essentiel.

Le partage de l’empire carolingien et les nouvelles fronti√®res :

843 Le traité de Verdun donne :

  • la partie occidentale de l’empire, comprenant le comt√©
    de Flandre, √†¬† Charles le Chauve;¬†¬† le cours¬† de l’ Escaut en forme la limite √† travers nos r√©gions; origine du royaume de France;
  • la partie orientale, √† Louis le Germanique; comprend (p.120) tout le territoire situ√© √† l’est du Rhin; origine du royaume puis empire d’Allemagne;
  • la partie d’entre-deux, √† Lothaire; c’est l’origine des Pays-Bas, du Grand-Duch√© de Luxembourg et de l’Alsace- C’est aussi l’origine des guerres qui, au cours des si√®cles, feront de nos r√©gions un des principaux champs de bataille de l’Europe, la France et l’Allemagne se disputant la possession des territoires interm√©diaires (longtemps d√©nomm√©s Lotharingie du nom du roi Lothaire II).

Fluctuations :

870 Le traité de Meersen : partage la Lotharingie entre Charles le Chauve et Louis le Germanique.

879 Apr√®s la mort de Louis le Germanique, Louis le Jeune r√©unit toute la Lotharingie √† l’Allemagne.

884 Charles le Gros, fils de Louis le Germanique, reconstitue l’empire de Charlemagne mais, trois ans plus tard, un petit-fils de Louis le Germanique nomm√© Arnoul de Carinthie est reconnu comme roi en Allemagne et en Lotharingie. Remporte victoire √† Louvain sur les Normands (891 ).

895 Zwentibold, fils d’Arnoul de Carinthie, devient roi de Lotharingie.

900 A la mort de ce prince la Lotharingie fait retour √† son fr√®re Louis l’Enfant, roi d’Allemagne.

Mettant √† profit la rivalit√© entre les rois de France et d’Allemagne, les chefs de l’aristocratie lotharingienne prati¬≠quent une politique de bascule dans le dessein d’√™tre aussi ind√©pendants que possible √† l’√©gard des uns et des autres. C’est le cas de R√©gnier Ier et de son fils Gislebert.

En 925, la Lotharingie ayant- √©t√© d√©finitivement r√©unie √† l’Allemagne par Henri l’Oiseleur, le titre de duc de Lotha¬≠ringie est accord√© √† Gislebert. Celui-ci trouve la mort √† la ba¬≠taille d’Andernach (939) livr√©e contre son suzerain, Otton Ier dit le Grand. Celui-ci confie √† son fr√®re Brunon, arche¬≠v√™que de Cologne, le gouvernement du duch√© de Lotharingie. Six ans plus tard, ledit duch√© est divis√© en deux : la Haute-Lotharingie (Lorraine) et la Basse-Lotharingie (Lothier). Cette derni√®re nous int√©resse plus sp√©cialement puisque le territoire de nos actuelles provinces de Luxembourg, de Namur, de Hainaut, de Li√®ge, de Limbourg, de Brabant et d’Anvers y √©tait compris. Quant au territoire de nos actuelles provinces de Flandre occidentale et orientale il d√©pendait, nous l’avons vu, du royaume de France.

(p.121) Ainsi donc, le cours de l’Escaut constituait une fronti√®re politique coupant nos r√©gions du Nord au Sud, tandis que la limite linguistique les partageait dans un sens oppos√©, Est-Ouest.

Otton Ier cr√©e deux marches d√©fensives le long de l’Escaut : l’une a pour chef-lieu Valenciennes, l’autre a pour centre le ch√Ęteau d’Eename (en face d’Audenaerde). Brunon s’adjoint deux ducs militaires. Au premier d’entre eux est confi√©e la d√©fense de la Basse-Lotharingie contre les empi√©¬≠tements des comtes de Flandre.

Une troisième marche militaire est créée sous Henri II. Son siège est Anvers.

 

Formation des principautés territoriales belges

I Entre la Mer, l’Escaut et la Canche :

Le comte Baudouin, surnomm√© plus tard ¬ę Bras de Fer ¬Ľ, fait construire un ch√Ęteau-fort au centre du petit pagus qu’il administre. Ce centre deviendra plus tard la ville de Bruges, et le pagus deviendra le puissant comt√© de Flandre, s’√©ten¬≠dant non seulement entre le littoral, l’Escaut et la Canche, mais m√™me au-del√† de l’Escaut (r√©gion d’Alost, ancienne marche d’Eename, en Lotharingie. : Flandre imp√©riale).

Sous Philippe d’Alsace, le comt√© de Flandre englobe le Vermandois, le Valois et l’Ami√©nois (fin de XIIme si√®cle). ¬ę Post deum princeps ¬Ľ : Le premier apr√®s Dieu, devise des comtes de Flandre.

II A l’Est de l’Escaut :

Dans la Basse-Lotharingie, situ√©e tout enti√®re √† l’est de l’Escaut, vont se former plusieurs principaut√©s :

1¬į Le duch√© de Brabant :

Apr√®s la mort de l’empereur Otton Ier les r√©voltes de l’aristocratie lotharingienne recommencent. Le pouvoir de l’empereur et celui du duc, son repr√©sentant, s’effritent de plus en plus au cours des si√®cles suivants.

A partir du milieu du XIIme si√®cle il n’y a plus de v√©ri¬≠table duc en Lotharingie; seul subsiste le titre, d’ailleurs √Ęprement disput√© par deux chefs locaux, le comte de Limbourg (Dolhain-Limbourg, province de Li√®ge actuelle) et le comte de Louvain (descendant du comte R√©gnier).

(p.122) Ce dernier, install√© dans sa forteresse de Louvain, acquiert le comt√© de Bruxelles, o√Ļ, depuis la fin de Xme si√®cle, un ch√ʬ≠teau-fort avait √©t√© √©rig√© dans une √ģle de la Senne. Par la suite, √©tant devenu le haut protecteur des abbayes de Nivelles et de Gembloux, et le comt√© de Bruxelles faisant partie d’une r√©gion appel√©e Brabant (comprise entre l’Escaut et la Dyle), le comte de Lonvain s’intitule comte de Brabant.

Plus tard, l’empereur lui permet de porter le titre de duc de Basse-Lotharingie et lui accorde pouvoir sur le vaste terri¬≠toire de la Campine, dont Anvers est le chef-lieu, et qui s’√©tend au Nord jusqu’aux rives de la Meuse.

Comme, dans la pratique, l’autorit√© r√©elle du duc de Basse-Lotharingie ne s’exerce que sur les territoires poss√©d√©s √† titre h√©r√©ditaire, le titre de duc de Brabant se substitue d√©finitivement √† celui de duc de Basse-Lotharingie.

2¬į Comt√©, puis duch√© de Limbourg, dont le centre est la place forte de Limbourg (pr√®s Verviers) dominant la vall√©e de la Vesdre. Au XIIIme si√®cle le comt√© de Limbourg est rattach√© au duch√© de Brabant, apr√®s la victoire remport√©e √† Worringen par Jean Ier, dit le Victorieux.

3¬į Comt√© de Hainaut (ancien pagus de Hennegau), dont le centre est le ch√Ęteau de Mons.

4¬į Comt√© de Namur (ancien pagus de Lomme), dont le centre est la puissante forteresse de Namur, sise sur un promontoire au confluent de la Sambre et de la Meuse.

5¬į Comt√©, puis duch√© de Luxembourg, apr√®s incorpora¬≠tion des comt√©s de Chiny, Laroche, Durbuy et Arlon. Son centre politique et militaire est Luxembourg, dont le ch√Ęteau-fort est admirablement situ√© pour r√©sister aux plus rudes assauts.

6¬į Principaut√© √©piscopale de Li√®ge.

L’√©v√™que de Li√®ge a des pouvoirs identiques √† ceux des chefs la√Įcs lotharingiens. Son autorit√© s’√©tend sur les rives de la Meuse et de la Sambre, au nord jusqu’√† Maestricht, Tongres et Maeseyck (apr√®s l’incorporation du comt√© de Looz, notre province de Limbourg actuelle), au sud-ouest, jusqu’√† Thuin, Huy, Dinant

 

7¬į Principaut√©¬† abbatiale¬† de¬† Stavelot-Malm√©dy,¬†¬† dont¬† le (p.123) double foyer est constitu√© par les abbayes de Stavelot et de Malm√©dy.

Si ces principaut√©s sont fr√©quemment en lutte l’une contre l’autre, des rapprochements se manifestent parfois entre elles au d√©triment des deux royaumes, la France et l’Allemagne, dont elles d√©pendent au point de vue f√©odal. Premiers signes d’une tendance √† l’union que certaine communaut√© d’int√©r√™ts √©conomiques viendra renforcer et multiplier par la suite.

Quelques dates :

972-1008 Notger, évêque de Liège.

1042-1048 Wazon, évêque de Liège.

1056 Baudouin V de Lille, comte de Flandre, re√ßoit l’inves-

titure du pays d’Alost, des Quatre-M√©tiers et d’une partie de la Z√©lande (Flandre dite imp√©riale, parce que situ√©e en terre d’Empire).

1099 Godefroid de Bouillon, duc de Basse-Lotharingie, √† la t√™te de la premi√®re croisade, s’empare de J√©rusalem en Terre sainte.

1106 Godefroid Ier, comte de Louvain, reçoit le titre de duc de Basse-Lotharingie.

1128-1168 Thierry d’Alsace, comte de Flandre.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1168-1191 Philippe d’Alsace, comte de Flandre, lutte contre Phi¬≠lippe-Auguste et meurt √† la croisade.

1190-1235 Henri Ier, duc de Brabant.

1194-1200 Albert de Cuyck, évêque de Liège.

1204 Baudouin IX de Flandre élu empereur de Constantinople (4me croisade).

 

Le développement communal

Dans le courant du Xme si√®cle le commerce rena√ģt petit √† petit. Des hommes, d√©tach√©s du travail de la terre, se mettent √† circuler le long des chemins et des cours d’eau, offrant en vente ou en troc des marchandises diverses. Les premi√®res foires apparaissent, √† Vis√© sur la Meuse et √† Thourout en Flandre (√† proximit√© du ch√Ęteau comtal de Wijnendaele).

De petits centres humains (portus) se constituent ou s’√©lar¬≠gissent aux endroits les plus favorables aux √©changes, g√©n√©¬≠ralement √† un croisement de voies de communication et sous la protection soit d’une abbaye (Nivelles, Gand, Saint-Trond) soit d’un ch√Ęteau-fort proche (Bruges, Bruxelles, Gand). Le (p.124) long d’une route reliant les r√©gions rh√©nanes √† la mer, s’√©gr√®nent L√©au, Tirlemont, Louvain, Bruxelles, Alost, Gand et Bruges.

D’anciennes agglom√©rations ou escales fluviales de l’√©poque romaine ou carolingienne se raniment : telles Tournai sur l’Escaut, Binant, Huy, Li√®ge et Maestricht sur la Meuse. Aux marchands qui se fixent ainsi dans des portus viennent se joindre des artisans, surtout √† partir du moment o√Ļ les an¬≠ciennes industries m√©tallurgique et textile, d√©j√† appr√©ci√©es au temps de l’occupation romaine, se mettent √† prosp√©rer et que les √©toffes de luxe et les objets orf√®vres sont demand√©s sur les march√©s √©trangers autant que dans nos r√©gions.

Le genre de vie des habitants des bourgs se diff√©rencie de plus en plus de celui des gens du plat pays : il en r√©sulte l’apparition d’obligations et de droits nouveaux. Ceux-ci sont consign√©s dans des chartes (heures) obtenues des seigneurs territoriaux. Les bourgeois (habitants des bourgs) forment dor√©navant des collectivit√©s privil√©gi√©es. Elles sont autoris√©es √† s’administrer elles-m√™mes (√©chevinages urbains), √† orga¬≠niser la d√©fense militaire de leur r√©sidence (remparts et milices), √† lever des contributions. Le beffroi (tour d’obser¬≠vation o√Ļ l’on suspend la cloche communale et o√Ļ l’on con¬≠serve les pr√©cieuses chartes), l’h√ītel de ville (o√Ļ se r√©unis¬≠sent les magistrats) sont, avec l’enceinte fortifi√©e, les signes apparents de la quasi-ind√©pendance des communes.

La premi√®re charte √©crite conserv√©e est celle que l’√©v√™que Th√©oduin accorde √† la ville de Huy en 1066.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1127 Les Brugeois obtiennent des privil√®ges apr√®s l’assassinat du comte Charles le Bon.

1191¬† Mathilde de Portugal, veuve du comte Philippe d’Alsace, octroie une charte √† Gand, afin de se concilier les bourgeois.

1191 Le prince-√©v√™que Albert de Cuyck, pour s’assurer l’appui des Li√©geois¬† contre¬† son¬† rival¬† Simon¬† de¬† Limbourg, leur accorde des privil√®ges importants.

         1229 Le duc de Brabant Henri Ier et son fils Henri accordent une charte aux Bruxellois.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1251 Creusement du canal de la Lieve (de Gand √† Damme, avant-port de Bruges). Ainsi est √©vit√©e la grande boucle de l’Escaut par Termonde et Anvers; d’o√Ļ de multiples avantages : gain de temps et d’argent; de plus on √©vite de devoir payer des tonlieux au passage des villes riveraines.

 

(p.125) D√®s la fin du XIIIme si√®cle, le port d’Anvers commence d√©j√† √† prendre de l’importance.

 

Répercussions sur la vie des campagnards

Les communes deviennent des p√īles attractifs pour les gens du plat pays; un s√©jour d’un an et un jour dans une commune lib√®re d√©finitivement le serf. Par ailleurs, l’accroissement du nombre de citadins n√©cessite l’extension des cul¬≠tures et l’intensification de l’√©levage des animaux domesti¬≠ques. D’o√Ļ, des d√©boisements et des d√©frichements de plus en plus importants, l’endiguement des ¬ę moeren ¬Ľ pour les soustraire √† l’immersion marine. Dans le pays de Li√®ge et dans le Hainaut, on commence d√®s les XIIme-XIIIme si√®cles √† creuser des ¬ę puits ¬Ľ pour l’extraction de la houille; ce travail est entrepris par des paysans. Aussi interdit-on l’extraction de la houille durant le temps des moissons et des la¬≠bours (du 24 juin au 1er novembre).

En somme, am√©lioration de la condition juridique des pay¬≠sans. Les seigneurs octroient des privil√®ges √† de nombreux villages (par exemple, privil√®ges accord√©s aux habitants de Floref√ģe par Godefroid, confirm√©s en 1151 par son fils Henri l’Aveugle, comte de Namur). Certains, en vue de favoriser la fixation de paysans dans les campagnes, cr√©ent des villages dot√©s de franchises.

Ainsi le servage diminue consid√©rablement d√®s le XIIme si√®cle; en m√™me temps se r√©duisent les droits de g√ģte et de chasse des seigneurs.

 

 

Luttes sociales dans les villes

A partir du XIIIme si√®cle et surtout au cours du XIVme si√®cle, d’√Ępres conflits √©clatent entre les patriciens, ma√ģtres de l’√©chevinage, et pl√©b√©iens, tenus √† l’√©cart de l’administration communale.

1248¬† Troubles sociaux dans diverses villes braban√ßonnes, notamment √† L√©au o√Ļ les foulons se sont r√©volt√©s.

1249-1252 Conclusion d’alliances entre √©chevinages patriciens du Brabant, de la principaut√© de Li√®ge et de Gand, pour emp√™¬≠cher que les foulons bannis d’une ville puissent trouver refuge et travail dans une autre. Une sorte d’ ¬ę internationale patricienne ¬Ľ se constitue pour enrayer le mouvement d’√©man¬≠cipation pl√©b√©ienne.

(p.126)

1253 R√©volte des villes li√©geoises sous la direction d’Henri de Binant; elle √©choue.
1274 Renouvellement de l’alliance de 1249-1252.

1279 Les tisserands et hommes de métiers de Tournai se révoltent mais échouent dans leur entreprise.

1280 Dans les villes flamandes, r√©volte du ¬ę commun ¬Ľ contre le patriciat consid√©r√© comme l’ennemi commun par les arti¬≠sans, opprim√©s par des r√®glements impitoyables, par les marchands et drapiers exclus de la gilde, par les contribuables exasp√©r√©s¬†¬† par¬†¬† l’augmentation¬†¬† constante¬†¬† des¬†¬† imp√īts.¬†¬† La ¬ę Mourlemaye ¬Ľ, √† Bruges, la ¬ę Kokerulle ¬Ľ √† Ypres. Le comte Guy de Dampierre ayant pris position contre le patri¬≠ ciat des villes, celui-ci se tourna vers le roi de France, suze¬≠rain du comte, (Leliaerts = gens du lis, contre Klauwaerts ‚ÄĒ gens de la griffe).

         1302 Après la victoire de Groeninghe (Courtrai) la démocratie urbaine triomphe dans la plupart des villes de Flandre
(Breydel et De Coninck) et, dans celles des autres princi­pautés, des soulèvements populaires se produisent.

En Flandre, la prépondérance passe aux métiers des tisse­rands et des foulons.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1303 A Li√®ge les ¬ę petits ¬Ľ (pl√©b√©iens), alli√©s au chapitre de Saint-Lambert, obtiennent la moiti√© des si√®ges dans le con¬≠seil des jur√©s.

         1303-1306 Pendant trois ans les plébéiens de Bruxelles partagent le pouvoir avec leurs rivaux patriciens; ensuite, réaction patricienne soutenue par le duc de Brabant.

1309 De même, réaction patricienne en Flandre.

1312 La tentative de réaction à Liège échoue (Mal = malheur Saint Martin).

Le duc de Brabant accorde la charte de Cortenberg qui institue un conseil de 14 membres (10 représentants des villes et 4 de la noblesse) chargé de veiller au respect des privi­lèges.

1314 Chartes wallonnes : conf√®rent aux villes braban√ßonnes le contr√īle des finances.

1316 Paix de Fexhe accordée par le prince-évêque de Liège.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1326-1328 Soul√®vement des tisserands et foulons brugeois, alli√©s aux paysans de la c√īte, du Franc de Bruges et du Veurn-ambacht, sous la direction de Nicolas Zannekin. Les ¬ę Kerels ¬Ľ sont vaincus par l’arm√©e du roi Philippe de Valois √† Cassel. Cela permet le retour au pouvoir du patri¬≠ciat.

 

(p.127) 1331 Paix de Vottem contre les métiers liégeois.

1338 Renversement   de   la   prépondérance   patricienne   à Gand; cette ville, dirigée par Jacques Van Artevelde, prend la tête du mouvement politique dans le comté de Flandre. Apogée politique des villes en Flandre (les Trois membres de Flandre : Gand, Bruges et Ypres).

1343 Victoire plébéienne à Liège;  Lettre de Saint-Jacques.

1345 Assassinat de Jacques Van Artevelde.

¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1348-1349 Renversement de l’h√©g√©monie des tisserands √† Bruges et √† Ypres, en 1348, √† Gand, l’ann√©e suivante. D√©but de la p√©riode de d√©cadence politique des villes et de la restaura¬≠tion du pouvoir comtal (Louis de M√Ęle).

1356 Les ducs Jeanne et Wenceslas accordent au Brabant la charte territoriale dite de la Joyeuse Entr√©e (le duc s’engage √† respecter les privil√®ges des Braban√ßons, √† exclure les √©trangers de l’Administration du pays, √† consulter ses sujets dans les circonstances importantes, √† maintenir l’int√©grit√© territoriale du duch√©).

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1360 21-22 juillet Victoire du ¬ę commun ¬Ľ √† Louvain (Pierre Coutereel) ; partage du pouvoir avec les patriciens.

           23 juillet, échec du soulèvement plébéien à Bruxelles, échec du soulèvement plébéien à Bruxelles.

       1365 à 1369 Les métiers bruxellois obtiennent une série de con­cessions.

1378 A Louvain, partage du pouvoir communal entre patriciens et plébéiens.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1379 R√©volte des bateliers gantois provoqu√©e par l’octroi du comte autorisant le creusement d’un canal entre Bruges et la Lys (en amont de Gand).

1380¬† R√©action du comte Louis de M√Ęle;¬† Gand seul reste sous la direction des tisserands.

1382¬† Les insurg√©s gantois¬† (les Chaperons blancs = tisserands) conduits par Philippe Van Artevelde, remportent la victoire du ¬ę Beverhoutsveld ¬Ľ et se rendent ma√ģtres de Bruges; le comte ne leur √©chappe que par miracle; il fuit aupr√®s du roi de France Charles VI, neveu de son gendre Philippe le Hardi.

1386¬† Derni√®re victoire des d√©mocrates¬† li√©geois; les ¬ę grands ¬Ľ perdent l’√©chevinage.

1407 Le ¬ę Calfvel ¬Ľ, d√©favorable aux Brugeois (Jean sans Peur).

1408 Après la défaite subie à Othée, les Liégeois voient anéantir leur régime démocratique.

 

(p.128)

1421 Triomphe de la cause démocratique à Bruxelles sous le faible duc Jean IV.
1423 Partage définitif du pouvoir entre le patriciat et le commun à Bruxelles, avec légère prédominance patricienne.
1426 Révolte plébéienne à Tournai.

La d√©cadence des industries d’exportation provoque l’affai¬≠blissement de l’√©l√©ment pl√©b√©ien dans la plupart des grandes communes.

¬†¬† Les luttes pour l’ind√©pendance √† l’√©gard de la France et de l’Allemagne au moyen √Ęge.

Voir ci-dessus (p. 120, 123).

Les comtes de Flandre, vassaux du roi de France, et les princes lotharingiens, relevant de l’empereur d’Allemagne, tentent constamment de devenir ind√©pendants en fait, sinon en droit. Dans leurs efforts r√©p√©t√©s, ils sont presque tou¬≠jours soutenus par leurs sujets et notamment par les pl√©¬≠b√©iens des grandes communes. Au gr√© des contingences, ils s’allient √† l’Allemagne contre la France, √† celle-ci contre l’Allemagne, parfois √† l’Angleterre.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1182-1185 Guerre entre Philippe d’Alsace, comte de Flandre et son seigneur lige, Philippe-Auguste, roi de France; les villes de Flandre lui pr√™tent aide et assistance.

1187 Tournai¬† est¬† rattach√©¬† directement √† la¬† couronne¬† de France par Philippe-Auguste. L’ann√©e suivante une charte lui est octroy√©.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1194-1206 Les villes flamandes s’opposent √† la politique anti-¬≠anglaise du roi de France (elles ont besoin de la laine anglaise).

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1213 Le comte de Flandre, Ferrand de Portugal s’empare de Tournai.

         1214 A la bataille de Bouvines, Ferrand de Portugal est vaincu et fait prisonnier par le roi Philippe-Auguste.

1288 Bataille de Worringen : le duc de Brabant, Jean Ier l’emporte sur une. coalition de seigneurs pillards d’entre Meuse et Rhin. Ainsi est conserv√©e ¬ę s√Ľre et libre pour le trafic ¬Ľ la grande route reliant la Rh√©nanie au Brabant et √† la Flandre.

1297  Rupture entre. Guy de Dampierre, comte de Flandre, et son suzerain Philippe le Bel, roi de France. Invasion du comté.

 

(p.129) 1298 Guy s’allie au roi d’Angleterre; les gens des m√©tiers l’appuient, tandis que les patriciens font appel aux ¬ę fleurs de lis ¬Ľ, c’est-√†-dire au roi de France.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1301 L’arm√©e de Philippe le Bel p√©n√®tre en Flandre, le comt√© est confisqu√©.

1302¬† 18 mai Matines brugeoises:¬† massacre de la garnison fran√ßaise par les pl√©b√©iens (r√īle de Breydelet De Coninck, ¬ę schild en vriend ¬Ľ).

¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1302 11 juillet Victoire de Groeninghe ou des Eperons d’or : les communiers flamands triomphent de l’arm√©e f√©odale de Philippe le Bel; le comt√© de Flandre recouvre son ind√©pen¬≠dance.

         1304 Défaites de Zierikzee et de Mons-en-Pévèle. Les Tournaisiens participent à cette dernière bataille contre les Fla­mands. Philippe le Bel leur en sait gré.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1305¬† et 1312 Suite aux trait√©s d’Athis-sur-Orge et de Pontoise, la Flandre perd les ch√Ętellenies de Lille, de Douai et de B√©thune (Flandre gallicante). Mais la partie septentrionale (flamande)¬† reste autonome.

1314 Campagne  militaire  de Philippe le  Long contre la Flandre.
1328 D√©faite des¬† ¬ę Kerels ¬Ľ de Flandre au mont Cassel (voir page 126).
1338 Malgr√©¬† l’opposition¬† du comte¬† Louis¬† de¬† Nevers,¬† la neutralit√© de la Flandre¬† dans le¬† conflit qui¬† surgit¬† entre la France et l’Angleterre (Guerre de Cent ans) est reconnue par les bellig√©rants. La politique de neutralit√© est l’Ňďuvre du tribun gantois Jacques Van Artevelde.

1339 3 d√©cembre¬†¬† Artevelde¬†¬† n√©gocie¬†¬† une¬†¬† alliance¬†¬† d√©fensive entre la Flandre et le Brabant;¬† par ailleurs, il manŇďuvre en vue de conclure une alliance formelle avec l’Angleterre, source d’approvisionnement des laines travaill√©es dans les cit√©s flamandes.

Les ducs de Brabant recherchent aussi l’alliance du roi d’Angleterre.

1340 24 juin Bataille navale du Zwin (victoire anglaise).

1340 26 juin Gand pr√™te serment d’ob√©dience au roi Edouard III d’Angleterre (alliance anglo-flamande contre le roi de France).

1340 juillet-octobre¬†¬† L’arm√©e¬†¬† anglo-flamande¬†¬† essaie¬†¬† vainement de s’emparer de Tournai, fid√®le √† la couronne de France.

1345 juillet¬†¬†¬† Entrevue¬†¬† de¬† Jacques¬† Van¬†¬† Artevelde¬†¬† avec¬† le¬†¬† roi d’Angleterre.

(p.130)

1346 Bataille de Cr√©cy;¬†¬† le comte Louis de Nevers, rest√© fid√®le √† son suzerain, y trouve la mort; l’ann√©e suivante, son fils, Louis de M√Ęle, √©pouse Marguerite, une des trois h√©riti√®res du duch√© de Brabant.

1382 Bataille de West-Roosebeke : les Gantois conduits par Philippe, fils de Jacques Van Artevelde, sont compl√®tement d√©faits par l’arm√©e royale, appel√©e √† l’aide par Louis de M√Ęle.

1385 Paix de Tournai : conclue entre les Gantois et le nouveau comte de Flandre, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, √©poux de Marguerite, l’unique h√©riti√®re de Louis de M√Ęle.

L’introduction de la maison de Bourgogne dans les Pays-Bas va, par un heureux concours de circonstances, ren¬≠forcer la double tendance √† la r√©union des principaut√©s belges et √† la rupture des liens de vassalit√© √† l’√©gard des couronnes de France et d’Allemagne.

¬†¬† Du morcellement f√©odal et communal au regroupement territorial et √† l’unification politique des principaut√©s belges en un bloc distinct de la France et de l’Allemagne.

Rappel :

843 Par le trait√© de Verdun l’Escaut devient fronti√®re politique entre le royaume de France (englobant le comt√© de Flandre) et le royaume de Lothaire.

925 La Lotharingie,¬† disput√©e par les¬† rois¬† de France et d’Allemagne, est d√©finitivement rattach√©e √† l’Allemagne. La Flandre est de mouvance fran√ßaise.

Le territoire est morcel√© en une infinit√© de seigneuries fr√©quemment en guerre les unes contre les autres (guerres f√©odales). Peu √† peu, se d√©gagent de ce chaos quelques grandes principaut√©s (voir ci-dessus, p. 121 ) ; des causes diverses suscitent √©galement entre elles des conflits (par exemple entre le Brabant et la principaut√© √©piscopale de Li√®ge, entre la Flandre et le Hainaut, entre la Flandre et le Brabant, etc.). Ce sont l√† des facteurs de divergence. Mais des forces d’attraction r√©ciproque vont se mani¬≠fester toujours plus imp√©rieusement, surtout √† partir du XIme si√®cle. Elles finiront par l’emporter sur les forces r√©pul¬≠sives. D’autant plus que certaines dynasties princi√®res agi¬≠ront dans le m√™me sens que les courants √©conomiques, (p.131) favorisant le rapprochement des villes et principaut√©s. Par des mariages habilement combin√©s, par le jeu des successions que ces mariages ¬ę pour raison d’Etat ¬Ľ d√©clencheront, gr√Ęce √† des achats et √† des annexions enfin, la maison de Bour¬≠gogne r√©ussira √† rassembler tous les territoires des Pays-Bas, achevant ainsi une Ňďuvre dont les d√©buts sont bien ant√©¬≠rieurs au XVme si√®cle.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1190-1235 R√®gne d’Henri Ier en Brabant qui pratique une poli¬≠tique de bascule entre la France et l’Empire (√† comparer √† celle des R√©gnier et Gislebert, voir page 120). Annexion de Maestricht. Lutte contre l’√©v√™que de Li√®ge (bataille de Steppes).

         1191-1194 Avènement de la Maison de Hainaut. Sous Baudouin V de Hainaut, VIII en Flandre, union personnelle du Hainaut et de la Flandre.

1255 Querelle des d’Avesnes et des Dampierre. La m√©diation de roi de France Saint Louis attribue la Flandre aux Dampierre, le Hainaut aux d’Avesnes (le dit de P√©ronne).

1280 Guy de Dampierre, comte de Flandre, ach√®te le comt√© de Namur pour compenser la perte du Hainaut. Un de ses fils, Jean de Flandre, occupe le tr√īne √©piscopal de Li√®ge (1282-1291).

1288 A la suite de la victoire remportée à Worringen, Jean Ier annexe le comté de Limbourg au duché de Brabant.

1297 Le Tournaisis, détaché de la Flandre, est annexé au domaine royal en 1302.

1299 Les unions matrimoniales des d’Avesnes avec les comtes de Hollande-Z√©lande aboutissent √† l’union du Hai¬≠naut et de la Hollande-Z√©lande sous une m√™me dynastie.

1299 Jean II, comte de Hainaut, devient également comte de Hollande et de Zélande.

1300 La Flandre passe sous la couronne de France (anne­xion).

1304 Trait√© d’alliance entre Flandre et Brabant..

1328 Trait√© d’alliance entre Brabant, d’une part, Hainaut, Z√©lande et Hollande, d’autre part.

1337 Nouveau traité entre Flandre, Brabant, Hainaut, Zé­lande et Hollande.

1339 Renouvellement de ce trait√©. Alliance d√©fensive entre Flandre et Brabant. R√īle de Jacques Van Artevelde.

1345 Accession de la Maison de Bavi√®re (Wittelsbach) au comt√© de Hainaut (mariage de Louis IV de Bavi√®re avec Marguerite d’Avesnes). Cela provoque l’alliance du duc de

(p.132) Brabant, Jean III, avec la maison de Luxembourg-Bohème.

1347 Louis de M√Ęle, comte de Flandre, √©pouse Marguerite, une des trois h√©riti√®res du duch√© de Brabant.

1354 Wenceslas, comte de Luxembourg en 1346, obtient l’√©rection de sa principaut√© en duch√© (maison de Luxem¬≠bourg-Boh√™me) .

1356 Union personnelle des duch√©s de Brabant et de Luxembourg du fait du mariage de Jeanne de Brabant et de ‘Wen¬≠ceslas de Luxembourg. Elle dure jusqu’en 1383.

1356 Guerre de succession de Brabant (Louis de M√Ęle contre Wenceslas). La Flandre acquiert Malines et Anvers. En France, Louis de M√Ęle poss√®de les comt√©s de Nevers et de Rethel; il h√©rite encore de la Franche-Comt√© de Bourgogne et de l’Artois.

1364 Le duc de Brabant acquiert la seigneurie de Fauquemont (Valkenburg).

1365 La principauté épiscopale de Liège annexe le comté de Looz (province de Limbourg actuelle).

1369 Marguerite de M√Ęle, unique h√©riti√®re du comte de Flandre, √©pouse Philippe le Hardi, duc de Bourgogne (Mai¬≠son de Flandre-Bourgogne). Restitution de Lille, Douai, B√©thune √† la Flandre.

1371 La d√©faite de Wenceslas √† Basweiler, pr√®s d’Aix-la-Chapelle¬Ľ met un terme aux ambitions braban√ßonnes vers l’Est. Les seigneuries d’Outre-Meuse sont donn√©es en enga-g√®re.

 

Ňíuvre d’unification des ducs de Bourgogne

 

Règne de Philippe le Hardi.

 

1384 √† 1404 La Maison de Bourgogne acc√®de au comt√© de Flandre : Philippe le Hardi (R. 1384-1404) succ√®de √† Louis de M√Ęle. Il gouverne en s’aidant d’un conseil, par apr√®s qualifi√© de ¬ę grand conseil ¬Ľ, dont le principal fonctionnaire sera le chancelier de Bourgogne.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1385 Double union matrimoniale entre Maisons de Bavi√®re et de Bourgogne.¬†¬† (Jean sans Peur √©pouse Marguerite de Bavi√®re, Guillaume¬† IV¬† de Bavi√®re¬† √©pouse¬† Marguerite¬† de Bourgogne.) Ce double mariage aura des cons√©quences poli¬≠tiques consid√©rables, favorables √† l’unification territoriale.

(p.134)

1386 Philippe le Hardi cr√©e deux ¬ę Chambres du Conseil ¬Ľ, l’une √† Dijon, l’autre √† Lille; chacune est √† la fois tribunal, cour des comptes et organisme de contr√īle des fonction¬≠naires. Premi√®re √©tape de la politique de centralisation des ‘ institutions politiques et administratives que poursuivront les successeurs de Philippe le Hardi. Il y a lieu de remar¬≠quer que le ressort de la Chambre de Lille s’√©tend √† toutes les possessions du duc dans les Pays-Bas.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1387-1397 Rachat des seigneuries d’Outre-Meuse (Fauquemont, Wassemberg, Dalhem, etc.).

1390 Jeanne de Brabant reconna√ģt √† Philippe le Hardi, la nue propri√©t√© du duch√© de Brabant, mais en conserve l’usu¬≠fruit. Peu apr√®s, elle reconna√ģt Antoine, fils de Philippe, pour h√©ritier. En √©change, Philippe restitue Malines et Anvers au Brabant.

1396 Philippe le Hardi obtient de Jeanne la cession du Limbourg et des terres d’Outre-Meuse.

1404 Antoine de Bourgogne devient régent de Brabant.

 

 

Règne de Jean sans Peur (1404-1419)

Duc de Bourgogne, fils et successeur de Philippe le Hardi. Ce prince s√©journe presque toujours en France o√Ļ il est le chef du parti bourguignon en lutte contre celui des Armagnacs. Il est assassin√© par ses adversaires √† Montereau.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1405 Cr√©ation du ¬ę Raed van Vlaenderen ¬Ľ¬† (chambre de justice) √†¬† Audenaerde,¬†¬† transf√©r√©¬†¬† plus¬† tard¬†¬† √†¬†¬† Gand;¬†¬† la chambre des comptes conserve son si√®ge √† Lille. Constitution d√©finitive des ¬ę Etats de Flandre ¬Ľ ayant pour mission d’ac¬≠corder des subsides au prince. Mort de Jeanne de Brabant.
Antoine de Bourgogne, -régent depuis deux ans, lui succède. Ainsi accédait au duché de Brabant la branche cadette de la maison de Bourgogne. Elle y pratique aussi une politique de centralisation administrative.

1409 Le duch√© de Luxembourg est donn√© en engag√®re √† Elisabeth de G√īrlitz, √©pouse d’Antoine de Bourgogne en secon¬≠des noces. Nouvelle union temporaire entre le Brabant et le Luxembourg.

1415 Mort d’Antoine de Bourgogne √† la bataille d’Azincourt (entre Fran√ßais et Anglais).

1418 Jacqueline de Bavière, souveraine en Hainaut, Hollande et Zélande, épouse Jean IV de Brabant, cousin de Jean sans Peur, duc de Bourgogne ef comte de Flandre.

(p.136)

 

Règne de Philippe-le-Bon (1419-1467)

1421 Philippe s’allie au roi Henri-V d’Angleterre contre le roi de France. Il ach√®te le comt√© de Namur.

1423 Jean IV crée une chambre du conseil pour la justice à Bruxelles.

1425 Philippe se fait c√©der par Jean IV l’administration des comt√©s de Hainaut, Hollande et Z√©lande appartenant √† son √©pouse Jacqueline de Bavi√®re.

1425 Jean IV cr√©e l’Universit√© de Louvain.

1427 Philippe de Saint-Pol, successeur de Jean IV, nomme un chancelier de Brabant pour présider la chambre du con­seil.

1428 Cr√©ation du ¬ę Hof van Holland ¬Ľ. Par le trait√© de Delft Jacqueline de Bavi√®re reconna√ģt Philippe le Bon comme ruwart et h√©ritier des pays de Hainaut, Hollande, Z√©lande et Frise.

1430 A la mort de Philippe de Saint-Pol, Philippe h√©rite du duch√© de Brabant, mais cette principaut√© conserve une v√©ri¬≠table autonomie (Conseil et sceau particuliers). Cette m√™me ann√©e, Philippe cr√©e l’ordre de la Toison d’Or, qui favorise la collaboration de la Noblesse √† l’Ňďuvre des ducs de Bour¬≠gogne. Ses membres deviennent les ¬ę pairs ¬Ľ du souverain.

1433 Philippe devient comte de Hainaut.

1435 Par le trait√© d’Arras, qui le r√©concilie avec le roi de France Charles VII, Philippe obtient la cession des villes de la Somme (P√©ronne, Montdidier, Roye) et la Picardie. Il se fait exempter, √† titre personnel, de l’hommage pour ses fiefs de la couronne de France.

1436-1438 Soulèvement des Brugeois contre le duc.

1441 Philippe rach√®te √† Elisabeth de Gb’rlitz le duch√© de Luxembourg. Deux ans plus tard, il prend possession de cette principaut√©.

1446 Cr√©ation d’une Chambre des Comptes √† La Haye.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1449-1453 R√©bellion des Gantois; leurs milices s’emparent du ch√Ęteau de Gavere et mettent le si√®ge devant Audenaerde. Les troupes ducales les obligent √† abandonner le si√®ge; ensuite elles les √©crasent √† la bataille de Gavere (1453).

1456 Philippe fait √©lire son neveu Louis de Bourbon au tr√īne √©piscopal de Li√®ge.¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†

1463 Fusion des Chambres des Comptes de La Haye et de Bruxelles. Celle de Lille subsiste.

1465 Premi√®re assembl√©e des Etats G√©n√©raux √† Bruges (r√©union (p.135) des d√©l√©gations des divers √©tats provinciaux ayant comme principal objet de consentir les subsides financiers au duc) ; les Etats g√©n√©raux favoriseront la naissance d’un sentiment de communaut√© entre les diff√©rents ¬ę pays ¬Ľ r√©unis.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1465¬† 20 octobre¬†¬† Les troupes ducales battent les milices li√©¬≠geoises √† Montenaeken ; le trait√© de Saint-Trond (22 d√©cem¬≠bre) renforce le protectorat bourguignon sur la principaut√© √©p√ģscopale. Charles (le T√©m√©raire) fait octroyer √† son p√®re le titre de

¬†¬ę gardien et avou√© souverain ¬Ľ de la principaut√©.

¬†¬†¬†¬†¬†¬† Le ¬ę Grand duc d’Occident ¬Ľ r√™ve-t-il de reconstituer un royaume ind√©pendant de la France et de l’Empire ?

1466 Siège et sac de Binant par les troupes bourguignonnes.

1466 Les Liégeois défaits à la bataille de Brusthem.

 

Règne de Charles le Téméraire (1467-1477)

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1468 ¬†9 octobre Echec de l’h√©ro√Įque tentative des 600 Franchimontois contre les troupes de Charles le T√©m√©raire et de Louis XI. Prise et sac de Li√®ge, peu apr√®s. L’h√©g√©monie bourguignonne est d√©finitivement √©tablie sur la principaut√©.

1469 Les Gantois, qui s’√©taient r√©volt√©s pendant l’exp√©di¬≠tion contre Li√®ge, doivent se soumettre sans condition au dur vainqueur.

1470 Le duc Charles, vassal du roi de France, interdit les appels au Parlement de Paris (manifestation d’ind√©pendance √† l’√©gard de son suzerain).

1471 Charles cr√©e une arm√©e permanente (compagnies d’or¬≠donnance compos√©es de mercenaires).

1472 Charles ach√®te l’Alsace, le Sundgau et le comt√© de Ferrette √† Sigismond d’Autriche (engag√®re).

1473 Charles annexe la Gueldre (entre-Basse-Meuse et Bas-Rhin).¬† Il veut se faire couronner roi,¬† mais ¬†l’empereur d’Allemagne √©vite de se rendre au lieu fix√© pour la c√©r√©¬≠monie (Tr√™ves).

Le grand conseil est scindé en deux :

1¬į Le grand conseil de Malines (cette ville appara√ģt √† ce moment comme la capitale des pays de par-de√ß√†) ;

2¬į Le Parlement de Malines (cour supr√™me de justice dont le ressort s’√©tend √† l’ensemble des possessions bour¬≠guignonnes de par-de√ß√†).

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1474 Charles intervient en Rh√©nanie en faveur de l’arche¬≠v√™que de Cologne; il √©choue au si√®ge de Neuss.

L’Alsace se soul√®ve.

 

(p.136) 1475 Charles conquiert la Lorraine et réunit ainsi ses pos­sessions de par-deçà (nos régions) à ses Etats de par-delà (Bourgogne et Franche-Comté).

Il r√™ve de reconstituer l’ancien royaume de Lothaire en portant les limites de ses Etats jusqu’aux rives de la M√©di¬≠terran√©e. Mais le roi de France, l’empereur d’Allemagne et les cantons helv√©tiques unissent leurs forces pour en emp√™¬≠cher la r√©alisation.

         1476 Charles dirige une expédition contre les confédérés suisses. Il est obligé de battre en retraite après la défaite subie à Granson   (3 mars). Le 22 juin ses troupes sont encore battues à Morat. La Gueldre et la Lorraine se sou­lèvent.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1477 5 janvier¬†¬† Charles envahit la Lorraine pour r√©primer la r√©volte. Il met le si√®ge devant la capitale (Nancy). Trahi par le condottiere Campo-Basso, il s’obstine, √©choue et se fait tuer sur place.

Son r√™ve royal ne s’est pas r√©alis√©. Cependant l’Etat bour¬≠guignon survivra gr√Ęce √† l’existence d’un sentiment natio¬≠nal bourguignon (dont les symboles sont la croix de saint Andr√©, patron des ducs, le briquet de Bourgogne et le lion).

 

 

R√®gnes¬†¬† de¬†¬† Marie¬†¬† de¬†¬† Bourgogne¬†¬† et¬†¬† de¬†¬† Maximilien d’Autriche (Av√®nement de la Maison de Habsbourg)

1477-1482-1494

1477 A l’annonce du d√©sastre de Nancy, Gand et d’autres communes se r√©voltent. Les Etats g√©n√©raux se r√©unissent (fin janvier). Marie de Bourgogne, l’unique h√©riti√®re, √† peine √Ęg√©e de vingt ans, se voit contrainte de signer le Grand Privil√®ge. Celui-ci proclame l’abolition de toutes les dispositions contraires aux anciens privil√®ges; des diverses institutions centralisatrices subsistent seulement le Grand Conseil et les Etats g√©n√©raux.

Ces derniers pourront se réunir spontanément, sans atten­dre la convocation du prince.

Le Grand Privil√®ge ne marque pas un retour pur et simple au r√©gime ant√©rieur aux ducs de Bourgogne. Il est une sorte de compromis entre le pouvoir centralis√© du souve¬≠rain et le pouvoir des corps privil√©gi√©s. En tout cas, et c’est l’essentiel, le lien politique entre les diverses principaut√©s constituantes, n’est pas rompu.

1477 21 avril¬†¬† Marie¬† √©pouse l’archiduc¬† Maximilien¬† d’Autriche, (p.137) fils de l’empereur Fr√©d√©ric III¬† (ainsi la Maison de Bour¬≠gogne se lie √† la Maison de Habsbourg).

Invasion de la Bourgogne, de la Picardie et de l1‘Artois par les arm√©es de Louis XI. La Flandre est menac√©e.

La principauté de Liège se révolte, rejette le protectorat bourguignon et redevient indépendante.

La Gueldre se replace sous l’autorit√© de ses anciens sou¬≠verains.
1479 Maximilien met l’arm√©e fran√ßaise en d√©route pr√®s de Guinegate (aujourd’hui : Enguinegatte). 1482 27 mars¬†¬† Marie de Bourgogne meurt inopin√©ment √† Bruges.

 

 

Premi√®re r√©gence de Maximilien d’Autriche (1482-1494)

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1482 Les Etats g√©n√©raux exigent la conclusion de la paix avec la France; second trait√© d’Arras.

Louis XI excite nos populations contre Maximilien.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1483 Mort de Louis XI, l’irr√©conciliable ennemi de la Mai¬≠son de Bourgogne.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1483-1485 Guerre civile. Des princes du sang (Cl√®ves-Ravenstein) s’allient aux communes de Flandre contre le souverain l√©gi¬≠time; ils sont soutenus par le nouveau roi de France Charles VIII. Bruges doit capituler le 21 juin 1485, Gand le 5 juillet suivant.

         1484 Maximilien  est élu roi des Romains.  Il reprend la guerre contre la France. Ses mercenaires (lansquenets) sont battus devant Béthune.

1488 Gand se proclame république autonome sous la suzeraineté du roi de France.

Maximilien est retenu prisonnier par les Brugeois. Il doit souscrire √† l’accord conclu entre les provinces r√©tablissant le ¬ę Grand Privil√®ge ¬Ľ. Lib√©r√©, Maximilien reprend la lutte contre les communes. Anvers se range √† ses c√īt√©s. P√©riode d’anarchie.

1492 Conclusion de la paix √† Cadzant, pr√®s de l’Ecluse.

Défaite du particularisme urbain.

1492 Charles VIII  et Maximilien reconnaissent publiquement la neutralité de la principauté épiscopale de Liège.
1493 Le trait√© de Senlis avec la France renouvelle la d√©claration d’amiti√© des deux souverains √† l’√©gard de ¬ę l’√©v√™que et cit√© de Li√®ge ¬Ľ; il restitue aussi l’Artois, le Charolai¬Ľ et (p.138) la Franche-comt√© √† Maximilien. La France conserve la Picardie et le duch√© de Bourgogne.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1493 19 ao√Ľt Mort de Fr√©d√©ric III; Maximilien, son fils, devient empereur d’Allemagne.

Règne de Philippe le Beau (1494-1506)

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1494 9 septembre¬†¬†¬† Son¬† fils, Philippe le Beau, inaugur√© comme duc de Brabant √† Louvain. C’est le premier ¬ę prince natu¬≠rel ¬Ľ, c’est-√†-dire national, n√© et √©lev√© dans nos r√©gions.

1496 II pratique d’abord une politique nationale. Trait√© de commerce conclu avec l’Angleterre (Intercursus magnus).

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1496 21 octobre Mariage de Philippe avec Jeanne de Castille (Jeanne la Folle) qui h√©ritera des royaumes de ses parents (Espagne, colonies d’Am√©rique, etc.) en 1497, 1498 et 1500. La politique du prince prend une orientation nou¬≠velle : de nationale elle devient dynastique, comme celle de Maximilien.

1504 Philippe r√©tablit le Grand Conseil (Parlement) √† Malines et aussi les compagnies d’ordonnance.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1504 26 novembre Mort d’Isabelle de Castille, belle-m√®re de Philippe le Beau.

1506 Philippe s’embarque pour l’Espagne; il va recueillir l’h√©ritage de son √©pouse. Le 25 septembre, il meurt inopi¬≠n√©ment √† Burgos (Espagne).

Seconde r√©gence de Maximilien d’Autriche. Gouvernement g√©n√©ral de l’Archiduchesse Marguerite d’Autriche, tante du futur Charles-Quint (1506-1515).

Maximilien confie le gouvernement de nos provinces et l’√©ducation du jeune archiduc Charles de Luxembourg √† sa fille Marguerite d’Autriche. Celle-ci installe sa cour √† Malines, qui prend de plus en plus figure de capitale des Pays-Bas (ce terme Pays-Bas commence alors √† √™tre em¬≠ploy√© de pr√©f√©rence √† celui de pays de par-de√ß√†, lequel finira par dispara√ģtre).

 

Règne de Charles-Quint (1515-1555)

 

¬†N√© √† Gand, Charles fut √©lev√© dans les Pays-Bas. II r√©sida constamment dans nos r√©gions jusqu’en 1517; il y revint en 1520-21, en 1531 et en 1540; depui¬Ľ 1544 il y s√©journa presque continuellement jusqu’au moment de son d√©part (p.139) pour l’Espagne (14 septembre 1556); sa popularit√© y √©tait tr√®s grande.

Roi d’Espagne, √† partir de 1516, empereur d’Allemagne, √† partir de 1519. (Le soleil ne se couchait jamais sur ses Etats.)

Charles va reprendre et mener √† son terme l’Ňďuvre de rassemblement territorial et d’unification centralisatrice de ses anc√™tres bourguignons.

         1515 5 janvier A Bruxelles : inauguration solennelle de Charles devant les Etats généraux assemblés.

1518 Convention de Saint-Trond : le prince-√©v√™que de Li√®ge pr√™te serment de fid√©lit√© √† Charles; la principaut√© se trouve en fait sous le protectorat de la maison de Habsbourg et, pour longtemps, c’en est fait de sa neutralit√©.

1521 Charles assi√®ge Tournai (juillet √† novembre). Il s’en empare et, par le trait√© de Madrid, conclu cinq ans plus tard, s’en fait reconna√ģtre la possession par son adversaire vaincu, Fran√ßois Ier. ¬ę C’est par le cri ¬ę Vive Bourgogne ¬Ľ que, le 16 d√©cembre, le peuple ratifie les serments √©chang√©s entre les vainqueurs (bourguignons) et les vaincus (Tournaisiens) ¬Ľ (Paul Rolland).

Le cession de Tournai sera encore confirm√©e par les trai¬≠t√©s de Cambrai (1529) et de Crespy (1544). Tournai jouera dor√©navant le m√™me r√īle militaire que celui signal√© plus haut pour Cambrai.

1526 Le m√™me trait√© de Madrid rompt d√©finitivement les liens de vassalit√© de la Flandre et de l’Artois √† l’√©gard de la couronne de France. L’Escaut cesse donc de jouer le r√īle de fronti√®re internationale que lui a assign√© le trait√© de Verdun.

       1523 à 1533 Charles annexe la Frise (1523), la Drenthe et Groninghe (1526), le duché de Gueldre et le comté de Zutphen (1533).

1528¬† Charles, devenu seigneur d’Utrecht, s√©cularise la principaut√© √©piscopale, ne laissant √† l’√©v√™que que l’exercice de ses droits spirituels.

1543 Charles¬†¬† obtient¬† de¬† l’√©v√™que¬†¬† de¬† Cambrai¬† l’autorisation de faire √©difier une citadelle dans sa ville √©piscopale; c’est une des places fortifi√©es qui, le long des fronti√®res m√©ridionales, sont destin√©es √† arr√™ter les invasions fran¬≠√ßaises.

Dès ce moment, les XVII provinces des Pays-Bas se trou­vent rassemblées sous le même sceptre.

 

(p.140) 1543 26 juin Transaction d’Augsbourg. L’empereur Charles-Quint, reprenant un ancien projet de son grand’p√®re Maxi-milien (1512), rattache l’ensemble des XVII provinces √† l’Empire sous le nom de Cercle de Bourgogne. Les droits de l’empire sont d’ailleurs limit√©s √† la lev√©e de troupes et de subsides en cas de guerre contre les Turcs. 1549 4 novembre La Pragmatique sanction d’Augsbourg unifie le droit successoral de toutes nos provinces et d√©clare celles-ci ins√©parables, indivisibles, indissolubles.

En somme, les Pays-Bas forment maintenant un bloc soli­dement soudé; Us constituent en fait un Etat indépendant et souverain.

L’empereur n’avait pas n√©glig√© de poursuivre simultan√©¬≠ment la centralisation des institutions de l’Etat :

En 1521, confiant le gouvernement de nos provinces √† sa sŇďur Marie de Hongrie, il avait r√©form√© le Conseil. De¬≠puis, celui-ci comprit trois conseils dits collat√©raux :

1¬į le Conseil d’Etat, compos√© de nobles, et charg√© de l’examen des affaires politiques;

2¬į le Conseil priv√©, exclusivement compos√© de l√©gistes, et s’occupant des affaires administratives;

3¬į le Conseil des Finances.

Les Etats g√©n√©raux sont fr√©quemment assembl√©s; les che¬≠valiers de la Toison d’Or sont consult√©s √† l’occasion de l’exa¬≠men d’affaires particuli√®rement importantes. L’administration des provinces est confi√©e √† onze gouverneurs, choisis parmi les membres de la haute noblesse indig√®ne.

En mati√®re judiciaire, le Grand Conseil de Malines de¬≠ meure l’instance sup√©rieure commune √† l’ensemble des Pays-Bas, √† l’exception du duch√© de Brabant et du comt√© de Hainaut (auxquels Philippe le Beau avait laiss√© un conseil sou¬≠verain).¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† f

Les tendances √† l’unification se manifestent dans le domaine √©conomique autant que dans celui de l’administra¬≠tion : la monnaie est commune; vers le port d’Anvers con¬≠vergent toutes les affaires;¬† sa bourse de commerce attire l’argent de toutes les provinces.

En 1539-40, la r√©volte de Gand, provoqu√©e par des causes politiques et sociales, est le dernier √©pisode de la lutte entre les grandes communes et l’Etat. Elle est durement r√©prim√©e.

1555 25 octobre Abdication de Charles-Quint en faveur de son fils Philippe (II).

 

 

(p.141) Règne de Philippe II (1555-1598)

Philippe II ne s√©journa dans les Pays-Bas que de 1555 √† 1559. A partir de ce moment il sera repr√©sent√© par des gouverneurs, d’abord par sa demi-sŇďur Marguerite de Parme (1559-1567), puis par des princes et seigneurs √©tran¬≠gers au pays, le duc d’Albe (1567-1573), Louis de Zuniga y Requesens (1573-1576), don Juan d’Autriche, demi-fr√®re du roi (1576-1578), Alexandre Farn√®se, neveu du roi (1578-1592), Yarchiduc Ernest, fr√®re de l’empereur Rodolphe II (1593-1595), le comte de Fuent√®s (1595), 1‘archiduc Albert d’Autriche, futur √©poux de l’infante Isabelle, fille du roi (1596-1598).

Entre le moment de la mort de Requesens et celui de l’arriv√©e de don Juan d’Autriche, c’est le Conseil d’Etat qui assuma la direction des affaires avec la collaboration des Etats G√©n√©raux.

Philippe II ne sut pas, comme son p√®re, se faire aimer par ses sujets. Distant, hautain, ne parlant pas les langues en usage dans nos r√©gions; esprit intransigeant et sectaire, d√©cid√© √† se servir de tous les moyens pour extirper l’h√©r√©sie religieuse; imbu, par ailleurs, des principes autoritaires, il souleva bient√īt contre lui une opposition g√©n√©rale.

Les cons√©quences de sa politique furent d√©sastreuses pour nous. La plus grave d’entre elles fut la rupture des XVII provinces en deux blocs hostiles.

1566 Compromis des Nobles. Les Conf√©d√©r√©s demandent la suppression¬† de¬† l’Inquisition,¬† la¬† suppression¬†¬† des¬† placards contre les h√©r√©tiques.

1567 D√©buts de la guerre civile. Arriv√©e du duc d’Albe.
Organisation d’un r√©gime de Terreur : ex√©cutions en masse, commenc√©es par la d√©capitation des comtes d’Egmont et de Homes, chevaliers de la Toison d’Or, membres du Conseil d’Etat. Etablissement de deux imp√īts permanents.

1572 15 avril Prise du port de la Brielle par les ¬ę gueux de mer ¬Ľ; signal du soul√®vement g√©n√©ral en Z√©lande et Hollande o√Ļ s’√©taient r√©fugi√©s de nombreux protestants de nos r√©gions.

Le prince Guillaume d’Orange-Nassau (le Taciturne) s’√©ta¬≠blit en Hollande et y est reconnu comme ¬ę stadhouder ¬Ľ (gouverneur).

Echecs militaires des Espagnols à Alkmaar, Middelbourg, Geertruydenberg, etc.
1573 Rappel¬†¬† du¬†¬† duc¬† d’Albe¬† en¬† Espagne,¬†¬† remplac√©¬†¬† par Requesens.

1573-1576 L’invasion de Louis de Nassau arr√™t√©e par la victoire espagnole de Mook (au sud de Nim√®gue).

Les Calvinistes réclament le départ des troupes espa­gnoles et la convocation des Etats Généraux.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1576 Mort¬†¬† inopin√©e¬†¬† de¬†¬† Requesens.¬†¬† R√©gence¬†¬† du¬† Conseil d’Etat, bient√īt remplac√© par les Etats G√©n√©raux, constitu√©s en organisme gouvernemental.

Pacification de Gand : fédération des XVII Provinces, décidées à se prêter assistance mutuelle contre la tyrannie espagnole et proclamant le principe de la liberté de con­science.

Arriv√©e du nouveau gouverneur, don Juan d’Autriche. A la suite de n√©gociations avec les Etats-il accorde l’Edit per¬≠p√©tuel de Marche-en-Famenne : promesse de respecter les privil√®ges territoriaux, de r√©unir les Etats G√©n√©raux, de ren¬≠voyer les troupes espagnoles, de ne plus soumettre les pro¬≠testants √† un r√©gime de terreur.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1577 M√©fiance r√©ciproque. Don Juan rappelle d’urgence les troupes espagnoles, les¬† rassemble¬† autour ¬†de¬† Namur.¬† Les Etats G√©n√©raux font appel au prince d’Orange. Des nobles, jaloux de l’ascendant de ce dernier, font venir l’archiduc Mathias. Peu apr√®s le prince d’Orange devient le lieutenant-g√©n√©ral de celui-ci et continue d’exercer une influence d√©ter¬≠minante sur la politique nationale.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1578¬†¬†¬† 31 janvier L’arm√©e lev√©e par les Etats G√©n√©raux est mise en d√©route √† Gembloux par don Juan, qui a pris l’offensive.
Mathias, Orange et les Etats se retirent à Anvers.

La noblesse belge fait alors appel au duc d’Anjou. Une fois de plus le prince d’Orange fit du rival qu’on lui susci¬≠tait un instrument de sa volont√©. Le 13 ao√Ľt il lui fait con¬≠f√©rer le titre de ¬ę d√©fenseur de la libert√© des Pays-Bas contre la tyrannie espagnole et ses adh√©rents ¬Ľ.

1578 1er octobre Mort inopin√©e de don Juan d’Autriche au camp de Bouges pr√®s Namur.

R√©action des ¬ę Malcontents ¬Ľ wallons (catholiques exc√©¬≠d√©¬Ľ par la d√©magogie des Calvinistes en g√©n√©ral et de ceux de Gand, en particulier).

(p.143)

1578-1592 Gouvernement d’Alexandre Farn√®se, duc de Parme. Le nouveau gouverneur, joignant les talents du diplomate √† ceux du capitaine, parvient √† rallier √† la cause espagnole et catholique les provinces wallonnes (o√Ļ les ¬ę Malcontent¬Ľ ¬Ľ sont nombreux).

1579 6 janvier Conf√©d√©ration catholique d’Arras : acte de r√©¬≠conciliation des provinces wallonnes ‚ÄĒ Artois, Hainaut et Flandre gallicante.

23 janvier : Union calviniste d’Utrecht : riposte des pro¬≠vinces protestantes (Hollande, Z√©lande, Utrecht, Gueldre, Overyssel, Frise, Groningen, plus les villes de Bruges, Gand, Ypres, Malines, Anvers, Bruxelles, Tournai, etc.).

17 mai : Farn√®se conclut la Paix d’Arras : r√©conciliation des catholiques du Sud avec l’Espagne.

Les XVII Provinces sont déchirées par une guerre entre Nord et Sud. Les Nassau contre Farnèse.

1581 Les Etats Généraux proclament la déchéance du roi Philippe II.

Farn√®se, avec l’aide des provinces catholiques du Sud, va tenter la ¬ę reconqu√™te ¬Ľ des Pays-Bas. Il s’empare successi¬≠vement de Maestricht, de Tournai (h√©ro√Įquement d√©fendu par Christine de Lalaing, princesse d’Epinoy) en l’absence de son √©poux, gouverneur de la ville, Ypres, Bruges, Gand, Bruxelles (vaillamment d√©fendu par Olivier van den Tym-pel, sire de Corbeek); Anvers (√Ęprement d√©fendu par son bourgmestre Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde). Apr√®s un long si√®ge, cette derni√®re cit√© capitule le 16 ao√Ľt 1585.

La ¬ę reconqu√™te ¬Ľ n’alla pas au-del√†, Farn√®se ayant √©t√© appel√© par son souverain √† d’autres t√Ęches militaires.

Conséquence politique :

Les Pays-Bas sont rompus : au Nord, le bloc des Pro­vinces-Unies, adhérant au calvinisme; au Sud, les Pays-Bas espagnols, revenus à la foi catholique.

Autres conséquences désastreuses pour nos provinces   :

  • la fermeture de l’Escaut √† la navigation √† cause du blocus maritime √©tabli par les Provinces-Unies;
  • d√©cadence du port d’Anvers et r√©percussions d√©pri¬≠mantes sur l’√©conomie g√©n√©rale du pays;

‚ÄĒ perte de nombre de familles belges √©migr√©es en Alle¬≠magne, en Hollande, en Angleterre.

Philippe II ne parvenant pas √† r√©duire les Pays-Bas √† l’ob√©issance par la force, essaya un autre moyen. En 1598, quelques mois avant de mourir, il c√©da la souverainet√© √† sa fille Isabelle et au mari de celle-ci, l’archiduc Albert d’Au¬≠triche. Il croyait que ces nouveaux souverains seraient accep¬≠t√©s par les provinces du Nord comme par celles du Sud. Son espoir fut vain.

Règne des Archiducs Albert et Isabelle (1598-1621)

Les Provinces-Unies du Nord ne reconnaissent pas l’auto¬≠rit√© des Archiducs. La guerre .continue.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1600 19 juin Maurice de Nassau, second fils du Taciturne, enva¬≠hit la Flandre dans le but de d√©bloquer Ostende assi√©g√© par l’arm√©e espagnole. Le 2 juillet, il remporte un brillant succ√®s √† Nieuport, puis se rembarque.

1603 La direction des opérations militaires contre les Hollan­dais est confiée à Ambroise Spinola.

1604 Celui-ci emporte enfin la place d’Ostende (¬ęla nou¬≠velle Troie ¬Ľ), le 20 septembre.

1607 24 avril    Un armistice de six mois est signé.

¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1609 9 avril Conclusion, √† La Haye, d’une tr√™ve de douze ans. Les Archiducs aussi bien que le roi d’Espagne alors r√©gnant (Philippe III) doivent abandonner tpute pr√©tention √† la souverainet√© des Provinces-Unies, d√©sormais consid√©r√©es comme constituant un Etat ind√©pendant. L’Escaut reste ferm√© √† la navigation, de sorte que la ville d’Anvers, autre¬≠fois si prosp√®re, d√©cline peu √† peu.

N√©anmoins, la paix r√©tablie favorise la restauration √©co¬≠nomique g√©n√©rale de nos provinces; l’industrie textile dans les centres ruraux, la confection des √©toffes de soies, des dentelles, dans les villes, remettent de nombreuses familles ouvri√®res au travail; on reprend l’ass√®chement des ¬ę moe-ren ¬Ľ en vue d’√©tendre les possibilit√©s agricoles.

La foi catholique triomphe définitivement dans les Pays-Bas du Sud (désormais appelés Pays-Bas catholiques).

1621 Expiration de la Trêve de douze ans : les hostilités

reprennent, entra√ģnant de nouvelles calamit√©s publiques. Le 13 juillet, l’Archiduc Albert meurt √† Bruxelles.

 

(p.146) La Belgique champ de bataille de l’Europe √† partir de 1621

1621-1633 Gouvernement de l’Archiduchesse Isabelle.

L’administration de nos provinces se trouve √† nouveau √©troitement subordonn√©e √† la politique g√©n√©rale des souve¬≠rains espagnols. Isabelle n’est plus souveraine de notre pays; elle gouverne celui-ci au nom du roi d’Espagne.

A partir de 1621, moment de l’expiration de la Tr√™ve de douze ans, notre territoire devient l’ar√®ne sanglante o√Ļ les grandes puissances voisines vident leurs querelles.

Jusqu’√† la fin du gouvernement de l’archiduchesse, les op√©rations militaires se d√©roulent surtout dans les zones fron¬≠ti√®res du Nord et de l’Est : 1629, Fr√©d√©ric-Henri, fr√®re cadet de Maurice de Nassau (mort en 1625), reprend l’offensjve contre les Espagnols; il bloque Bois-le-Duc et s’en empare le 14 septembre. Le Brabant est sous la menace de l’inva¬≠sion. 1632, Fr√©d√©ric-Henri s’empare de Venloo, Straalen, Ruremonde, Sittart, Maestricht, Limbourg, Rolduc, Dalhem et Fauquemont (terres d’Outre-Meuse).

1633 Mort de l’Archiduchesse Isabelle.

         1633 à 1714 Vont lui succéder : une série de gouverneurs géné­raux :

1633-1634 Le marquis d’Aytona;

1634-1641 Cardinal-infant don Ferdinand;

1641-1644 Don Francisco de Mélo;

1644-1647 Le marquis de Castel-Rodrigo;

1647-1656 L’archiduc L√©opold-Guillaume d’Autriche;

1656-1658 Don Juan, fils naturel du roi d’Espagne;

1658-1664 Le marquis de Caracena;

1664-1669  Le marquis de Castel-Rodrigo;

1669-1670  Don Inigo de Velasco;

1670-1674  Don Juan de Cuniga y Fonseca, comte de Monterey;

1674-1680 Duc de Vitta-Hermosa;

         1680-1682 Prince Alexandre Farnèse, second fils du grand Farnèse, duc de Parme;

1682-1685  Le marquis de Grana;

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1685-1691 Don Francisco Antonio de Agurto, marquis de Castanaga; et, √† partir du 1691, l’Electeur de Bavi√®re, Maximi-lien-Emmanuel, remplac√© int√©rimairement par le Marquis de Bedmar sous le r√©gime anjouin (pr√©dominance du roi de France Louis XIV), de 1701 √† 1704.

 

(p.147) Répercussions de la Guerre de Trente Ans (1618-1648)

1635 √† 1640 Alliance entre la France et la r√©publique des Pro¬≠vinces-Unies contre l’Espagne (donc contre les Pays-Bas espagnols, lesquels deviennent ainsi une sorte d’Etat-tam-pon qui recevra tous les coups).

Le 19 mai 1635 la France d√©clare la guerre √† l’Espagne (4me phase de la Guerre de Trente Ans) ; les troupes fran¬≠√ßaises envahissent notre territoire et font leur jonction avec les troupes hollandaises : sac de Tirlemont; √©chec devant Louvain; retraite sur Ruremonde.

Le cardinal-infant don Ferdinand reprend vigoureusement l’offensive mais, √† partir de 1639, il est r√©duit √† la d√©fen¬≠sive. Chute d’Arras, La Bass√©e, Lens et Bapaume.

1642 Les troupes espagnoles de Francisco de Mélo rempor­
tent un dernier succès à Honnecourt.

1643 L’ann√©e suivante elles sont d√©faites √† Rocroi par le jeune duc d’Enghien (le Grand Cond√©). Thionville tombe.

 

1645 Les¬† Fran√ßais¬† s’emparent¬† de¬† Gravelines,¬† Cassel,¬† B√©thune, Armenti√®res, Warneton, Commines, Menin, tandis que les Hollandais, par la prise de Hulst, ach√®vent la conqu√™te
de la rive gauche de l’Escaut (Flandre z√©landaise).

1646 Capitulation de Tournai et de Dunkerque.

¬ę Etouff√©e dans l’√©treinte de l’ennemi, la Belgique √©tait arriv√©e au dernier degr√© de la souffrance ¬Ľ (H. Pirenne).

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1647 Le¬† gouverneur¬† L√©opold-Guillaume¬† d’Autriche¬† recon¬≠quiert Armenti√®res, Commines, Lens et Landrecies.

        1648 30 janvier Paix de Munster  (ratifiée le 15 mai suivant).
Fin de la guerre de Quatre-Vingts Ans entre l’Espagne et les Pays-Bas calvinistes.

Pertes territoriales des Pays-Bas catholiques : Flandre z√©landaise, le Nord du Brabant, Maestricht et les trois¬† quartiers¬† d’Outre-Meuse,¬† c√©d√©s¬† √† la¬† r√©publique¬† des Provinces-Unies.

Autres stipulations du trait√© de paix : cl√īture d√©finitive de l’Escaut et des canaux y aboutissant. Anvers est condamn√© √† l’asphyxie; le d√©clin √©conomique de notre pays est con¬≠somm√©.
1648 La guerre entre la France et l’Espagne continue. Cond√© bat les Espagnols de l’archiduc L√©opold √† Lens.
1651 Entra√ģn√© dans le mouvement d’opposition au cardinal-ministre Mazarin, Cond√© met son √©p√©e au service du roi d’Espagne.

(p.148)

1657¬†¬†¬† 23 mars¬† Alliance formelle de la France et de l’Angleterre (Cromwell) contre l’Espagne.

1658 14 juin¬†¬†¬† Le mar√©chal fran√ßais Turenne d√©fait l’arm√©e espa¬≠gnole aux Dunes;¬† une garnison anglaise s’installe √† Dunkerque. L’ennemi s’empare de Bergues, Fumes, Dixmude, Gravelines, Gavere, Audenaerde, Ypres, Commines, Grammont et Ninove.

1659 7 novembre¬†¬† Paix des Pyr√©n√©es (met fin √† la guerre entre la France et l’Espagne).

1660 octobre¬†¬†¬† Conclusion de la paix entre l’Angleterre et l’Espa¬≠gne. Deux ans apr√®s, Charles II d’Angleterre vend le port de Dunkerque √† la France.

1664 Le fort de Liefkenshoek (pr√®s d’Anvers) est c√©d√© aux Hollandais.

Les cinq grandes guerres de Louis XIV et leurs consé­quences pour nos provinces.

La guerre de Dévolution (1667-1668)

 

Les arm√©es fran√ßaises, sous le commandement de Turenne, envahissent √† nouveau les Pays-Bas. Les Provinces-Unies, l’Angleterre et la Su√®de s’allient pour emp√™cher l’annexion des Pays-Bas √† la France.

1668 2 mai Trait√© d’Aix-la-Chapelle : stipule de nou¬≠velles cessions territoriales √† la France (la Flandre galli-cante et le littoral maritime jusqu’√† Nieuport). 1671 17 d√©cembre La r√©publique des Provinces-Unies, aban¬≠donn√©e par l’Angleterre et la Su√®de, conclut une alliance d√©fensive avec l’Espagne, par crainte de la politique imp√©¬≠rialiste du roi de France.

La guerre de Hollande (1672-1678)

Les arm√©es fran√ßaises traversent le territoire neutre de la principaut√© √©piscopale de Li√®ge, et envahissent la Hollande. Celle-ci proclame Guillaume d’Orange, petit-fils de Fr√©d√©ric-Henri, stadhouder du pays.

1673 16 octobre¬†¬† L’Espagne, alli√©e √† l’Empire depuis le mois d’ao√Ľt, d√©clare la guerre √† la France. Espagnols, Hollan¬≠dais et Imp√©riaux vont donc ensemble combattre la puis¬≠sance fran√ßaise.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1674 11 ao√Ľt ‘ Le choc entre les adversaires a lieu dans nos r√©¬≠gions¬†¬† :¬† victoire de Seneffe¬†¬† (Fayt-lez-Manage), remport√©e par Cond√© sur Guillaume (le stadhouder de Hollande devenu (p.149) dans l’intervalle roi d’Angleterre, sous le nom de Guillaume III).

1678 17 septembre Paix de Nimègue : conclue entre la France et les Provinces-Unies au détriment des Pays-Bas espagnols. De nouvelles cessions territoriales mutilent ceux-ci. Maes-tricht est cédé aux Provinces-Unies; Valenciennes, Bou-chain, Condé, Cambrai, Bavai, Maubeuge, Bouillon, Char-lemont, etc., à la France.

1680 Violant les conventions de la paix Louis XIV annexe Virton, Saint-Mard, le comté de Chiny et menace la place forte de Luxembourg.

1680 Une nouvelle coalition se constitue pour faire √©chec aux vis√©es imp√©rialistes de Louis XIV¬†¬† : Provinces-Unies, Su√®de, Espagne et Empire d’Allemagne.

La guerre hispano-française (1683-1684).

1683 Nouvelle invasion française. Le Pays de Waes, le nord de la Flandre et le Brabant sont soumis à un régime de réquisitions et de pillage. La place forte de Luxembourg est
prise.

1684 15 ao√Ľt¬†¬† r√™ve de Ratisbonne : stipule que le roi de France gardera pendant vingt ans¬† Luxembourg, Beaumont, Bouvignes, Chimay et leurs d√©pendances.

La guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697)

Nouvelle coalition contre la France. Elle groupe l’Espa¬≠gne, la Su√®de, la Bavi√®re, la Saxe et l’Empire,

Louis XIV fait envahir le Palatinat; ses troupes p√©n√®trent en m√™me temps dans la principaut√© √©piscopale de Li√®ge. La Belgique redevient un des principaux th√©√Ętres d’op√©ra¬≠tions.

1690 Victoire fran√ßaise √† Fleurus;¬† occupation de Furnes, Dixmude, Courtrai, Mons;¬† destruction de Ha√Į; bombarde¬≠ment de Li√®ge.

1692 L’arm√©e fran√ßaise s’empare de la place forte de Namur et bat Guillaume III √† Steenkerque (4 ao√Ľt).

1693 Victoire française à Neerwinden (29 juillet) et prise de Charleroi.

1695 13 au 15 ao√Ľt Bombardement de Bruxelles par l’artillerie du mar√©chal de Villeroi; 3830 maisons sont la proie des flammes.

5 septembre. Guillaume III reprend Namur aux Fran­çais.

(p.150)

1697 Paix de Rijswijk (pr√®s de La Haye) stipule la restitution de Charleroi, Luxembourg et autres places fortes aux Pays-Bas espagnols, et l’installation de garnisons hollan¬≠daises dans les places fortes de Mons, Ath, Charleroi, Namur, Luxembourg, Nieuport, Courtrai, Audenaerde (La barri√®re contre les invasions fran√ßaises).

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1699 Signature d’une convention des fronti√®res entre la France et l’Espagne.

1700¬†¬†¬† 1er novembre Mort du roi d’Espagne Charles II.

Dès le 4 décembre, Louis XIV se fait remettre par son petit-fils, Philippe V, successeur de Charles II, une procu­ration qui lui assurait, en fait, la réalité du pouvoir dans les Pays-Bas espagnols.

La guerre de la Succession d’Espagne (1701-1714)

        1701    février Des garnisons françaises se substituent aux garni­sons hollandaises dans les villes indiquées plus haut (1697).

L’administration du pays s’inspire de celle du royaume de France (centralisation politique; tentative de r√©novation √©conomique suivant les principes du ministre fran√ßais Colbert).

1702¬†¬†¬† mai¬† L’Empire, l’Angleterre et les Provinces-Unies s’unissent encore une fois et d√©clarent la guerre √† la France (la Grande Alliance).

1704 13 ao√Ľt¬† Apr√®s la d√©faite subie √† Blenheim, les arm√©es fran√ßaises se replient √† travers notre territoire, o√Ļ la suite des op√©rations va se d√©rouler de

1705 à 1711  Défaites françaises à Ramillies (23 mai 1706) et à Malplaquet (11 septembre 1709) ; les vainqueurs sont le général anglais John Churchill, duc de Marlborough, et le généralissime des armées impériales, le prince Eugène de Savoie.

1711 Sur les instances  de Louis XIV, le roi Philippe V cède la souveraineté des Pays-Bas à Maximilien-Emmanuel de Bavière.

1712 24 juillet¬†¬† La victoire remport√©e par l’arm√©e du mar√©chal de Villars √† Denain permet √† la France d’engager des pour¬≠parlers de paix.

¬†1713 11 avril¬†¬† Les trait√©s d’Utrecht¬† : r√©tablissent la paix entre la France et les Provinces-Unies.

¬†1714 6 mars et 7 septembre¬†¬† Les trait√©s de Rastadt et de Bade en Argovie¬† : c√®dent les Pays-Bas aux Habsbourg d’Autriche.

(p.151)

1715 15 novembre Le trait√© d’Anvers (dit de la Barri√®re) : donne aux Hollandais le droit de tenir des garnisons dans un certain nombre de places fortes (Namur, Tournai, Menin, Warneton, Ypres, F√Ľmes, Termonde) aux frais des Belges (barri√®re d√©fensive contre la France).

 

Conclusion

A bon droit a-t-on dit que le grand si√®cle de Louis XIV a √©t√© pour nos provinces le si√®cle de malheur. Constamment foul√©es par les arm√©es √©trang√®res, pill√©es, ran√ßonn√©es, ex¬≠ploit√©es, elles atteignent en 1715 au comble de l’humilia¬≠tion. Leurs int√©r√™ts vitaux sont sacrifi√©s √† ceux de leurs voisins, d’autant plus que la fermeture de l’Escaut est con¬≠firm√©e par les trait√©s de paix.

 

Sous le régime Autrichien

Heureusement, la p√©riode 1714 √† 1789 n’a √©t√© que peu troubl√©e par la guerre ou des menaces de guerre. Sauf au cours des ann√©es 1744-1748, la paix a r√©gn√©.

Règne de Charles VI (1714-1740)

¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1727 31 mai Un ultimatum, pr√©sent√© par la France, la Hollande et l’Angleterre ‚ÄĒ puissances maritimes ‚ÄĒ oblige l’empe¬≠reur Charles VI, souverain des Pays-Bas, de suspendre l’oc¬≠troi de la Compagnie. d’Ostende (s’occupant de commerce colonial). Cinq ans plus tard, ladite Compagnie est suppri¬≠m√©e.

 

Règne de Marie-Thérèse (1740-1780)

1744-1748¬†¬† Guerre de la succession d’Autriche.

Par une Pragmatique Sanction l’empereur Charles VI avait assur√© √† sa fille Marie-Th√©r√®se l’ensemble de sa succes¬≠sion. Mais, apr√®s la mort de l’empereur, diff√©rents princes √©mirent des pr√©tentions √† l’h√©ritage. Fr√©d√©ric II de Prusse envahit la Sil√©sie.

Cette invasion fut le signal d’une guerre europ√©enne au cours de laquelle Marie-Th√©r√®se fut soutenue par l’Angle¬≠terre mais accabl√©e par la France.

La cons√©quence de ces alliances est une nouvelle invasion de notre pays par les Fran√ßais, plac√©s sous le commandement (p.154) du brillant Maurice de Saxe. Vainqueurs des Anglais √† Fontenoy, des Autrichiens √† Rocour (au nord de Li√®ge), les Fran√ßais occupent toute la’ Belgique √† l’exception du. Luxembourg.

Le 2 juillet 1747, Maurice de Saxe bat encore les Anglais et les Autrichiens √† Laeffeld (√† l’ouest de Maestricht).

Le trait√© d’Aix-la-Chapelle (23 octobre 1748) restitue les Pays-Bas √† Marie-Th√©r√®se. Le 23 avril suivant, le sympa¬≠thique gouverneur Charles de Lorraine en reprend la direc¬≠tion.

1757 Guerre de Sept Ans.

Gr√Ęce √† un renversement des alliances ‚ÄĒ Marie-Th√©r√®se √©tant cette fois soutenue par la France, tandis que l’Angle¬≠terre s’associe √† la Prusse ‚ÄĒ notre pays √©chappe aux mis√®¬≠res de la Guerre de Sept Ans.

L’alliance formelle conclue entre la France et l’Autriche (1er mai 1757) assure √† la Belgique une paix ininterrompue de cinquante ans, qui lui permet de retrouver quelque pros¬≠p√©rit√©.

Règne de Joseph II (1780-1789).

Gouvernement g√©n√©ral confi√© √† Albert-Casimir, duc de Saxe-Teschen, et son √©pouse l’Archiduchesse Marie-Chris¬≠tine, sŇďur de l’empereur. A partir de 1783, l’essentiel du pouvoir est confi√© √† un ministre pl√©nipotentiaire.

L’empereur Joseph II est un homme intelligent, instruit, enti√®rement d√©vou√© √† sa fonction mais de caract√®re autori¬≠taire, personnel et obstin√©. Il est un type repr√©sentatif du

¬ę despote √©clair√© ¬Ľ, s’inspirant des principes abstraits de la philosophie rationaliste. Son objectif est d’assurer le bonheur de ses peuples mais, pour l’atteindre, il ne consultera pas lesdits peuples. Au besoin, c’est contre leur gr√© qu’il voudra les rendre heureux !

 

Politique extérieure concernant les Pays-Bas :

Joseph II s’efforce de lib√©rer les Pays-Bas des entraves et des restrictions que les trait√©s du d√©but du XVIIIme si√®cle leur ont impos√©es :

1781 novembre II fait conna√ģtre aux Provinces-Unies sa d√©ci¬≠sion de d√©molir les places fortes de la Barri√®re (sauf An¬≠vers, Ostende et Luxembourg).

(p.155)

1782 18 avril    Le dernier régiment hollandais quitte notre terri­toire, pacifiquement.

1784 ao√Ľt¬†¬†¬† L’empereur fait d√©clarer aux Hollandais qu’il regarde

¬ę d√®s √† pr√©sent l’Escaut comme enti√®rement ouvert et libre ¬Ľ. Mais les Provinces-Unies ne sont nullement dispos√©es √† lui c√©der sur ce point. Elles font tirer √† boulets sur le navire autrichien qui tente de descendre le fleuve; ainsi √©clate la Guerre dite de la Marmite (le 6 octobre). Elle est d’ailleurs de br√®ve dur√©e.

Le 9 novembre 1785, la m√©diation fran√ßaise aboutit √† la signature du trait√© de Fontainebleau qui abroge la conven¬≠tion de la Barri√®re mais consacre les stipulations de la paix de Munster relatives √† la fermeture de l’Escaut. L’empereur peut cependant garder les forts de L√Ľlo et de Liefkenshoek contre paiement d’une indemnit√© aux Provinces-Unies.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1785¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† En cette m√™me ann√©e l’empereur √©choue dans une ten¬≠tative d’√©change des Pays-Bas contre le duch√© de Saxe (op¬≠position de la France, de l’Angleterre et de la Prusse).

Politique intérieure : centralisatrice et anti-cléricale (le joséphisme)

Elle provoque l’opposition de toutes les classes de la soci√©t√©, profond√©ment attach√©es aux institutions tradition¬≠nelles et aux manifestations habituelles de la foi catholique.

1781 13 octobre¬†¬†¬† Edit de tol√©rance¬† (le catholicisme cesse d’√™tre religion¬†¬† d’Etat;¬†¬† en¬† somme,¬† l’√©dit¬† institue¬† la¬† libert√©¬†¬† des cultes).

1782 21 mai    Les mariages mixtes  (entre catholiques et protestants) sont autorisés.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1783¬†¬†¬† 17 mars¬†¬†¬† 163 couvents ¬ę o√Ļ l’on ne m√®ne qu’une vie pure¬≠ment contemplative ¬Ľ sont supprim√©s¬† par¬† ordre¬† du gou¬≠vernement.

1784 Edit restreignant l’application de la torture; √©dit con¬≠cernant les corporations; ‘√©dit interdisant d’inhumer dans les √©glises et dans les cimeti√®res qui les entourent¬†¬† (dans
les villes) ;   édit proclamant le mariage  contrat purement civil.

1785 Les mandements épiscopaux sont obligatoirement sou­mis à autorisation gouvernementale (placet).

1786 Les kermesses ou ducasses de toutes les paroisses de­vront être célébrées le même jour.

En octobre-novembre les séminaires épiscopaux sont fermes (p.156) t remplacés par un séminaire général à Louvain et un séminaire filial à Luxembourg.

1787 Le l’r janvier est publi√© un long √©dit concernant la r√©organisation compl√®te de l’administration locale, g√©n√©rale et judiciaire¬† : les trois conseils collat√©raux sont remplac√©s par un Conseil g√©n√©ral des Pays-Bas; le territoire est divis√© en neuf provinces dites ¬ę cercles ¬Ľ, subdivis√©es en districts, et plac√©es sous l’autorit√© d’intendants et de commissaires d’in¬≠tendance; les d√©putations permanentes des Etats provinciaux sont supprim√©es;¬† de m√™me que toutes les anciennes juri¬≠dictions; lesquelles sont remplac√©es par des cours et tribu¬≠naux hi√©rarchis√©s.

Ces diverses mesures ‚ÄĒ la plupart excellentes en soi ‚ÄĒ bouleversent les vieilles habitudes. Une agitation croissante se manifeste; on grogne partout; des libelles sont distribu√©s par milliers, vouant le jos√©phisme aux g√©monies. D√®s novem¬≠bre 1786, le Conseil de Flandre adresse √† l’empereur une longue remontrance.

L’ann√©e suivante les Etats de Hainaut et de Brabant inter¬≠viennent pour protester contre la violation des constitutions territoriales. Ceux de Brabant enjoignent aux receveurs d’ar¬≠r√™ter la lev√©e de l’imp√īt Le Gouvernement se voit contraint d’abandonner, du moins provisoirement, l’institution des intendants et des nouveaux tribunaux.

Cette concession est insuffisante pour arr√™ter le cours des √©v√©nements. Les avocats Henri Vander Noot et Fran√ßois Vonck organisent l’opposition. Ils fondent un Comit√© patrio¬≠tique qui se met √† recruter des volontaires arm√©s; le clerg√© leur fournit des subsides.

1788    janvier Au cours de troubles survenus dans la capitale, les soldats autrichiens font usage de leurs armes et tuent quel­ques manifestants.

Ao√Ľt. Vander Noot, craignant d’√™tre arr√™t√©, quitte le pays et essaie d’int√©resser les Puissances voisines √† la cause des ¬ę Patriotes ¬Ľ.

Novembre. Les Etats de Brabant et de Hainaut, qui m√®¬≠nent l’opposition, rejettent la demande de subsides du gou¬≠vernement.

1789¬†¬†¬† janvier Les Hennuyers ¬ę sont mis hors la loi ¬Ľ (les Etats de Hainaut sont cass√©s; ils perdent tous leurs anciens privi¬≠l√®ges). Mais Vonck constitue le groupe patriotique ¬ę Pro Aris et (p.157) focis (pour les autels et les foyers), en vue d’organiser la r√©sistance arm√©e.

Juin. Les Etats de Brabant sont cassés, le Conseil de Bra-bant est supprimé, la Joyeuse Entrée annulée.

Juillet. L’annonce de la prise de la Bastille par les r√©vo¬≠lutionnaires parisiens stimule l’ardeur des patriotes braban¬≠√ßons et li√©geois : ¬ę Ici comme √† Paris ! ¬Ľ.

Ao√Ľt. Le 18, d√©but de la r√©volution li√©geoise.

Septembre. Beaucoup de patriotes se rendent dans la prin¬≠cipaut√© √©piscopale, o√Ļ s’est form√© un comit√© vonckiste; peu apr√®s, ce comit√© est oblig√© de se retirer √† Br√©da o√Ļ il fu¬≠sionne avec un comit√© vandernootiste.

La Révolution brabançonne et la brève Indépendance nationale.

 

1789 24 octobre Une troupe de patriotes, sous le commandement de Jean Vander Meersch, pénètre en Campine, marche sur Turnhout et force à la retraite les troupes autrichiennes envoyées contre elle.

Novembre. Les patriotes s’emparent de Gand et de Bruges. Les gouverneurs g√©n√©raux quittent la capitale et se r√©fu¬≠gient √† Cologne; le ministre pl√©nipotentiaire Trauttmansdorff supprime le s√©minaire g√©n√©ral, rend au Hainaut sa consti¬≠tution, r√©tablit en Brabant la Joyeuse Entr√©e et promet une amnistie g√©n√©rale.

Cela ne parvient pas à apaiser le mouvement insurrec­tionnel dont tous les partisans arborent maintenant la co­carde noir-jaune-rouge (nos actuelles couleurs nationales).

D√©cembre. Le g√©n√©ral d’Alton ordonne la retraite des troupes gouvernementales vers le Luxembourg; Vander Meersch occupe Namur; le 18, Vander Noot, Vonck et Van Eupen, chefs du Comit√© de Br√©da, sont accueillis triom¬≠phalement √† Bruxelles; le 27, les Etats de Brabant, sont r√©unis et tr√®s t√īt se manifeste une m√©fiance √† l’√©gard des Vonckistes, le clerg√© ayant fait alliance avec-les Etats.

1790 janvier Le 7, r√©union des Etats G√©n√©raux √† Bruxelles (ils ne s’√©taient plus r√©unis depuis 1634 ! l’√©v√©nement est donc d’importance !).

Le 11. S’inspirant de l’exemple de la r√©publique f√©d√©rale des Etats-Unis d’Am√©rique, les Etats G√©n√©raux votent un trait√© d’union entre les provinces. Ces quelques extraits de l’acte constitutif de la conf√©d√©ration des provinces belges font appara√ģtre clairement la volont√© d’union mais aussi celle de n’abandonner qu’un minimum indispensable de l’an¬≠cienne autonomie provinciale; tout juste ce qu’il faut pour sauvegarder l’ind√©pendance nationale ¬ę Les diff√©rentes pro¬≠vinces se sont d√©clar√©es libres et ind√©pendantes. ¬†Il a fallu songer √† les consolider, √† les rendre durables.

¬ę A ces causes, les Etats belgiques, apr√®s avoir resserr√© les anciens nŇďuds d’une √©troite union et d’une amiti√© dura¬≠ble, sont convenus des points et articles suivants :

¬Ľ Article premier : Toutes ces provinces s’unissent et se conf√©d√®rent sous la d√©nomination d’Etats belgiques unis.

¬Ľ Article deux : Ces provinces mettent en commun, unis¬≠sent et concentrent la puissance souveraine, laquelle elles bornent toutefois et restreignent aux objets suivants : √† celui d’une d√©fense commune; au pouvoir de faire la paix et la guerre, et par cons√©quent, √† la lev√©e et l’entretien d’une arm√©e nationale; ainsi qu’√† ordonner, faire construire et entretenir les fortifications n√©cessaires; √† contracter des alliances, tant offensives que d√©fensives, avec les puissances √©trang√®res; √† nommer, envoyer et recevoir des r√©sidents ou ambassadeurs, et autres agents quelconques; le tout par l’au¬≠torit√© seule de la puissance ainsi concentr√©e, et sans aucun recours aux provinces respectives.

¬Ľ Article trois : Pour exercer cette puissance souveraine, elles cr√©ent et √©tablissent un congr√®s des d√©put√©s de chacune des provinces, sous la d√©nomination de congr√®s souverain
des Etats belgiques unis.

¬Ľ Article sept : Chaque province retient et se r√©serve tous les autres droits de souverainet√©; sa l√©gislation, sa libert√©, son ind√©pendance, tous les pouvoirs enfin, juridic¬≠
tion et droits quelconques, qui ne sont pas express√©ment mis en commun et d√©l√©gu√©s au congr√®s souverain. ¬Ľ

 

La Belgique √©tait donc enfin ind√©pendante, ma√ģtresse de ses destin√©es. H√©las, l’imp√©ritie et les divisions des chefs feront √©chouer presque aussit√īt ce que l’union patriotique avait permis de r√©aliser.

Henri Vander Noot, devenu premier ministre, et son ami et conseiller, le chanoine Van Eupen, secr√©taire d’Etat aux (p.159) Affaires √©trang√®res, font montre d’une mesquine √©troitesse d’esprit et d’un sectarisme aveugle. R√©actionnaires et particularistes, leurs partisans (dits Statistes ou Vander Nootistes) consacrent davantage leurs forces √† traquer les pro¬≠gressifs de tendance lib√©rale group√©s autour de Vonck qu’√† organiser le nouvel Etat et assurer sa d√©fense contre un retour offensif des Autrichiens. Le clerg√© les guide et les soutient. L’archev√™ch√© d√©clare les Vonckistes ennemis de la religion. Les pers√©cutions commencent. Vander Meersch est arr√™t√© et tra√ģn√© de prison en prison; Vonck, pour √©chapper √† un pareil sort, se voit contraint de fuir en France. Une vraie terreur s’instaure.

 

 

La Révolution liégeoise

1785 Conflit entre le r√©actionnaire prince-√©v√™que C√©sar de Hoensbroeck et les modernistes li√©geois au sujet des ¬ę jeux ¬Ľ .¬†¬†¬† de Spa.

1787 28 avril Fondation de la Soci√©t√© patriotique ¬ę pour aider la veuve, l’orphelin et le faible qui pourrait √™tre accabl√© par le fort ¬Ľ; ses principaux meneurs sont Jean-Nicolas Bassenge, le chevalier Jean de Chestret de Haneffe et Fabry.

1er ao√Ľt. D√©cret de prise de corps lanc√© contre les chefs du mouvement d’opposition.

1789 14 juillet La prise de- la Bastille par les révolutionnaires parisiens exerce une influence stimulatrice dans tout le pays de Liège.

18 ao√Ľt. La r√©volution √©clate √† Li√®ge et √† Verviers; l’h√ītel de ville et la citadelle de la capitale sont emport√©s d’assaut; le Magistrat est destitu√©; Fabry et Chestret sont acclam√©s bourgmestres de la Cit√©.

27 ao√Ľt. Le prince-√©v√™que s’enfuit √† Tr√™ves.

31 ao√Ľt. Les Etats du Pays de Li√®ge s’assemblent; l’Etat noble et le chapitre des chanoines renoncent √† leurs privi¬≠l√®ges financiers.

Septembre-octobre. De graves émeutes ouvrières éclatent dans le pays de Franchimont et à Liège; dans les campa­gnes du Condroz se propage un mouvement anti-clérical.

Novembre. Les ¬ę patriotes ¬Ľ li√©geois et les ¬ę patriotes ¬Ľ braban√ßons jurent ¬ę de se d√©fendre r√©ciproquement ¬Ľ contre leurs princes.

A la demande de Fabry, une armée prussienne occupe le pays de Liège pour soutenir les démocrates.

(p.160)

1790 16 avril    Les  troupes prussiennes  évacuent  le   pays.

Les patriotes entreprennent une transformation radicale de l’ancienne constitution li√©geoise; le r√©gime municipal de Li√®ge est r√©form√© suivant les principes de la r√©volution fran√ßaise; la repr√©sentation des trois ordres ‚ÄĒ noblesse, clerg√©, tiers-Etat ‚ÄĒ est abolie; une arm√©e nationale est organis√©e.

La première restauration autrichienne.

  1. a) Dans les Pays-Bas :

1790 14 octobre¬†¬†¬† D√©claration¬† de¬† l’empereur¬† L√©opold¬† II¬†¬† :¬†¬† pro¬≠messe d’amnistie g√©n√©rale √† ceux qui d√©poseront les armes avant le 21 novembre; √† cette date, 30.000 hommes s’avan¬≠ceront dans le pays. Parvenue √† Bruxelles le jour de la Toussaint la¬† d√©claration imp√©riale est br√Ľl√©e sur la Grand’Place.

10 novembre. Le Congrès souverain ordonne de lever 20.000 recrues et, cinq jours plus tard, il appelle toute la nation aux armes.

21 novembre. Il proclame l’archiduc Charles, troisi√®me fils de l’empereur, grand duc h√©r√©ditaire de Belgique. Le m√™me jour, l’arm√©e autrichienne commence son mouve¬≠ment en avant; elle occupe sans peine Namur, Mons, Bru¬≠xelles, Malines, Gand.

Le Congr√®s souverain se disperse; Vander Noot et Van Eupen s’empressent de se r√©fugier en Hollande.

10 décembre. La restauration autrichienne est complète; elle rétablit le régime existant au temps de Marie-Thérèse (les innovations de Joseph II disparaissent).

L’ind√©pendance belge est morte.

  1. b) Dans la Principauté épiscopale de Liège :

1791 Dès le début de cette année les troupes autrichiennes occupent aussi le territoire de la principauté.

Le 12 février le prince-évêque est rétabli dans la pléni­tude de ses droits.

Le 10 ao√Ľt, un Edit fondamental remanie la Constitution en faveur des pr√©rogatives princi√®res; les privil√®ges poli¬≠tiques du Chapitre des Chanoines et de la Noblesse sont r√©tablis.

 

(p.161) Les Guerres de la R√©volution et de l’Empire

Du r√©gime autrichien √† l’incorporation √† la France (1790-1814).

Le triomphe de la R√©volution fran√ßaise (1789) va sus¬≠citer contre la France une s√©rie de coalitions internationales, comme au temps de Louis XIV. Une fois de plus notre territoire est un champ de bataille de l’Europe.

Première occupation française :

1792¬†¬†¬† 20 avril¬†¬†¬† D√©claration¬† de¬† guerre¬† de la¬† France¬† r√©volutionnaire √† l’Autriche (Fran√ßois II) ; ce sont naturellement les Pays-Bas autrichiens qui sont aussit√īt envahis. Le 6 novem¬≠bre, l’arm√©e autrichienne est vaincue √† femappes, par le g√©n√©ral Dumouriez; le lendemain, le gouvernement autri¬≠chien √©vacue Bruxelles.

Notre pays est politiquement lib√©r√© de la domination autrichienne; les Belges accueillent les vainqueurs comme des sauveurs; √† mesure du progr√®s de l’occupation fran¬≠√ßaise un nouveau r√©gime s’introduit.

Le 16 novembre est proclam√©e l’ouverture de l’Escaut √† la navigation; signifie l’affranchissement √©conomique du pays.

Seconde Restauration ‘autrichienne :

1793¬†¬†¬† f√©vrier¬†¬†¬† L’arm√©e¬† autrichienne¬† reprend¬† l’offensive,¬†¬† sous¬† le commandement du duc de Cobourg. Le 18 mars, elle rem¬≠porte la victoire de Neerwinden, qui oblige les Fran√ßais √† se replier vers le Sud.

L’ancien r√©gime est restaur√© dans les Pays-Bas et dans la principaut√© √©piscopale de Li√®ge. L’empereur Fran√ßois II ordonne que la restauration se fasse avec douceur. Des me¬≠sures de rigueur signalent, au contraire, la restauration du pouvoir de l’√©v√™que dans le pays de Li√®ge.

Deuxième occupation française :

1794 Les   armées  républicaines  reviennent  et  sont  victo­rieuses à Tourcoing, Deynze, Dinant et Fleurus.

Le 11 juillet, les g√©n√©raux fran√ßais Jourdan et Pichegru op√®rent leur jonction √† Bruxelles puis, tandis que l’un pour¬≠suit Cobourg vers l’Allemagne, l’autre chasse les Anglo-Hollandais vers le Nord.

 

(p.162) 1795 7 juin La place forte de Luxembourg capitule; les armées de la République occupent toute la rive gauche du Rhin.

Notre pays est soumis √† toutes les mis√®res d’un r√©gime d’occupation militaire : exploitation √©hont√©e de ses ressour¬≠ces, r√©quisitions, contributions de guerre, malversations et violences.

Annexion √† la France et destruction de l’Ancien R√©gime :

Les ¬ę ci-devant Pays-Bas ¬Ľ et la principaut√© √©piscopale de Li√®ge.sont annex√©s √† la France; le 26 octobre, il en va de m√™me pour le duch√© de Bouillon.

Jusqu’en 1814 les anciens Pays-Bas sont associ√©s intime¬≠ment au sort de la France (Convention, Directoire, Consu¬≠lat, Empire napol√©onien). Durant cette br√®ve p√©riode s’ac¬≠complit une transformation totale des institutions. L’ancien r√©gime dispara√ģt pour faire place √† un r√©gime moderne, dont l’essentiel subsiste encore de nos jours : Les anciens ordres (ou √©tats) sont supprim√©s de m√™me que les anciennes corporations de m√©tiers; dor√©navant tous les citoyens sont √©gaux devant la loi; le travail, le commerce et l’industrie sont lib√©r√©s de toutes entraves, de m√™me que la navigation sur l’Escaut; le territoire est divis√© en d√©partements (pro¬≠vinces), en cantons (arrondissements) et en municipalit√©s (communes).

Ce sont : les départements :

de la Lys (correspondant à notre actuelle province de Flandre occidentale) ;

de l’Escaut (Flandre orientale) ;

des Deux-Nèthes (Anvers) ;

de la Meuse inférieure (Limbourg) ;

de la Dyle (Brabant) ;

de l’Ourthe (Li√®ge) ;

de Jemappes (Hainaut);

de Sambre-et-Meuse (Namur) ;

des Forêts (Luxembourg).

Chacun de ces neuf d√©partements est administr√© par un pr√©fet (fonctionnaire nomm√© par le pouvoir central) et par un Conseil g√©n√©ral (√©lu par le corps des citoyens) ; chaque canton ou arrondissement, se trouve sous l’autorit√© d’un sous-pr√©fet et d’un conseil d’arrondissement; chaque municipa¬≠lit√© sous celle d’un maire et d’un conseil municipal.

C’est l’organisation qui est encore la n√ītre : au pr√©fet correspond notre gouverneur de province, au sous-pr√©fet (p.163) notre commissaire d’arrondissement, au maire notre bourg¬≠mestre, au Conseil g√©n√©ral notre Conseil provincial, au con¬≠seil municipal notre conseil communal. Seul le conseil d’ar¬≠rondissement n’a pas d’√©quivalent dans notre organisation actuelle.

 

L’organisation judiciaire introduite par le r√©gime fran√ßais est celle que nous connaissons aujourd’hui et est, √† peu de choses pr√®s, semblable √† celle que voulut imposer Joseph II : une justice de paix par canton, un tribunal de premi√®re instance par arrondissement, une Cour d’assises avec jury par d√©partement, quelques cours d’appel et une Cour de Cassation.

Le Code civil, mis en vigueur √† partir de 1804, unifie pour l’ensemble de l’Empire fran√ßais, les r√®gles de la vie civile.

L’Etat civil, le mariage civil et l’assistance publique r√©dui¬≠sent l’influence du clerg√© au profit des pouvoirs publics. Le (p.164) tr√©sor de l’Etat est aliment√© par des contributions directes et indirectes.

La paix intérieure est assurée par la gendarmerie nationale et une police vigilante.

Contre Napol√©on s’organisent des coalitions internationales successives. La guerre s√©vit presque sans arr√™t en Europe centrale; notre territoire est heureusement √©pargn√©; il doit cependant contribuer √† √©toffer les r√©giments imp√©riaux (con¬≠scription obligatoire; lev√©es anticip√©es) ; environ 50.000 Bel¬≠ges mourront sur les champs de bataille de l’Europe.

1813-1814 Apr√®s la d√©sastreuse campagne de Russie et la d√©faite de Leipzig (16-18 octobre 1813) les arm√©es fran√ßaises re¬≠fluent vers nos r√©gions, talonn√©es par les Alli√©s. D√®s le milieu de d√©cembre, la cavalerie cosaque s’y infiltre; en janvier 1814, l’avant-garde des arm√©es prussiennes p√©n√®tre en Cam-pine; en f√©vrier, elle atteint Bruxelles; des troupes anglaises, prussiennes et su√©doises bloquent Anvers; le 5 mai, les Fran¬≠√ßais ont compl√®tement √©vacu√© notre pays.

Administration provisoire des Alliés en 1814-1815.

Les Alli√©s (Prussiens, Russes, Anglais, Su√©dois) adminis¬≠trent le pays; le 31 juillet, Guillaume d’Orange-Nassau en devient gouverneur; une arm√©e hollando-belge d’environ 30.000 hommes est constitu√©e.

1815 18 juin Cette arm√©e prend part, aux c√īt√©s des arm√©es prus¬≠sienne et anglaise, √† la bataille de Waterloo, qui met un terme d√©finitif √† la carri√®re fulgurante de Napol√©on Ier.

Le 21 septembre, Guillaume qui, depuis le 16 mars, a pris le titre de roi des Pays-Bas, est inaugur√© √† Bruxelles, sous le nom de Guillaume Ier. La Belgique se trouve r√©unie √† la Hollande, de sorte que l’ancien bloc des XVII Provinces est reconstitu√©. Cette union n’a pas √©t√© d√©sir√©e par les popu¬≠lations belges; elle leur a √©t√© impos√©e par la Sainte-Alliance. ¬ę Mariage forc√©, sans bonheur, sans avenir; les convenances l’avaient dict√© ¬Ľ. (P. Hymans.)

(p.165)

 

Réunion de la Belgique à la Hollande sous le nom de Royaume des Pays-Bas

1814-1830

Constitution du Royaume des Pays-Bas.

1814 C’est d√®s le 1er mars 1814 que les Puissances avaient d√©cid√© que la Hollande recevrait un accroissement de terri¬≠toire¬† et une¬† fronti√®re convenable.¬† (Convention de Chaumont.)

Le 20 juin, les représentants des Puissances réunis à Londres avaient fixé les conditions de la réunion de la Belgique à la Hollande.

1815 16 mars¬†¬†¬† Guillaume d’Orange-Nassau prend le titre de roi des Pays-Bas.

9 juin Le Congr√®s de Vienne promulgue l’acte consa¬≠crant d√©finitivement la r√©union des deux pays; le canton d’Eupen, autrefois partie int√©grante du duch√© de Limbourg, et le territoire de Malm√©dy, autrefois partie constituante de la principaut√© abbatiale de Stavelot-Malm√©dy, sont c√©d√©s √† la Prusse; le village de Moresnet, oubli√© par les congres¬≠sistes, demeure neutre (et le restera jusqu’en 1914).

24 ao√Ľt La Grondwet (Loi fondamentale ou Constitu¬≠tion), de caract√®re fort lib√©ral pour l’√©poque, est √©tendue √† la Belgique, mais n’y est pas favorablement accueillie (voir p. 207).

Bruxelles est capitale, au m√™me titre que La Haye. Alter¬≠nativement, d’ann√©e en ann√©e, les Chambres s’y assemble¬≠ront et le Gouvernement y r√©sidera.

 

20 novembre Second trait√© de Paris : rend Philippeville et Mariembourg √† la Belgique; incorpore l’ancien duch√© de Bouillon au Grand-Duch√© de Luxembourg. Ce dernier, con¬≠tinuant √† faire partie de la Conf√©d√©ration germanique, est occup√© par une garnison prussienne.

Anglais et Prussiens ont le droit d’occuper aussi, √©ven¬≠tuellement, la s√©rie de forteresses maintenues comme barri√®re contre la France (Ostende, Nieuport, Ypres, Menin, Ath, Mons, Philippeville et Mariembourg).

(p.166)

 

La R√©volution Belge et la Proclamation de l’Ind√©pendance Nationale (1830).

Causes et origines :

D√®s le d√©but la r√©union des deux peuples, que tant de choses s√©paraient depuis la fin du XVIme si√®cle, appara√ģt p√©nible. Les griefs religieux s’affirment les premiers (voir p. 207). Se manifestent ensuite :

  • des griefs linguistiques (√† partir de 1819, le n√©erlan¬≠dais ayant √©t√© impos√© comme langue nationale officielle dans la partie flamande de la Belgique, la bourgeoisie, profon¬≠
    dément francisée, fut mécontente) ;
  • des griefs d’ordre politique et administratif (n√©s de l’injuste¬† r√©partition¬†¬† des¬† emplois¬†¬† publics¬† entre¬† Belges¬†¬† et Hollandais;¬†¬† de¬† l’injuste¬† r√©partition¬† de¬† la¬† dette¬† publique

entre les deux parties constituantes du royaume; du monopole de l’Etat en mati√®re d’enseignement; de l’absence de responsabilit√© minist√©rielle; de l’absence de libert√© de la presse) ;

‚ÄĒ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† des griefs √©conomiques, fiscaux et sociaux (√©volution vers une politique de libre-√©change, d√©favorable aux indus¬≠triels;¬† √©tablissement d’imp√īts sur la mouture des c√©r√©ales panifiables et sur l’abatage du b√©tail entra√ģnant une hausse du prix du pain et de la viande et m√©contentant profond√©¬≠ment une classe ouvri√®re d√©j√† mis√©rable qu’aigrissait, dans le m√™me temps,¬† la menace¬† d’un ch√īmage croissant¬† d√Ľ¬† √†
l’introduction des ¬ę m√©caniques ¬Ľ dans certaines industries, notamment dans celle du textile) ;

Toutes les classes de la soci√©t√© sont donc m√©contentes du gouvernement de Guillaume Ier. Leur m√©contentement s’ex¬≠prime par les journaux, par des pamphlets, par des chan¬≠sons satiriques et par des p√©titionnements.

Union  des  oppositions   (catholique  et libérale).

1828 Novembre   :   un   premier   pétitionnement   réunit 40.000 signatures;

1829 Novembre : un second pétitionnement en rassemble 300.000. Le roi y répond par un message aux Chambres (p.167) définissant les principes politiques sur lesquels il ne peut en aucun cas transiger.

1830 1er janvier Retrait de l’imp√īt sur la mouture.

27 mai  Retrait des ordonnances scolaires de 1825.

4 juin R√©tablissement de l’emploi facultatif de la langue fran√ßaise dans les administrations et dans les tribunaux.

Ces concessions importantes n’apparaissent pas suffisantes, le roi n’acceptant aucun compromis sur les questions essen¬≠tielles (en mati√®re de presse, d’enseignement et de respon¬≠sabilit√© minist√©rielle).

Plusieurs journalistes, à commencer par Louis De Potter, ont été condamnés et jetés en prison pour délit de presse.

Il semble qu’il n’y ait plus d’autre issue qu’un coup de force, soit de la part du roi, soit de la part des opposants, catholiques et lib√©raux, unis depuis 1828.

27-28-29 juillet Les Trois Glorieuses (journ√©es r√©volu¬≠tionnaires) de Paris chassent Charles X, remplac√©, le 9 ao√Ľt suivant, par Louis-Philippe, roi des Fran√ßais (et non plus roi de France). Elles exercent un effet stimulant sur la vo¬≠lont√© d’ind√©pendance des Belges.

Cependant, un mois encore s’√©coulera avant qu’un √©v√©ne¬≠ment inattendu vienne d√©clencher le mouvement r√©volu¬≠tionnaire.

Evénements révolutionnaires :

1830 25 ao√Ľt A la suite de la repr√©sentation de La Muette de Portici au th√©√Ętre de la Monnaie, √† Bruxelles, mise √† sac de la librairie Libry-Bagnano, de l’h√ītel du ministre de la justice Van Maanen, de maisons particuli√®res et de fabri¬≠ques utilisant des ¬ę m√©caniques ¬Ľ. Mouvement anarchique.

26 ao√Ľt La bourgeoisie bruxelloise organise une garde arm√©e, plac√©e sous le commandement du baron Emmanuel Van der Linden d’Hoogvorst, pour assurer le maintien de l’ordre public; adoption des trois couleurs braban√ßonnes : noir-j aune-rouge.

Des manifestations révolutionnaires simultanées à Ver-viers, Liège, Mons, Louvain.

28 ao√Ľt¬†¬† L’ordre¬† ayant¬† √©t√©¬† r√©tabli,¬†¬† commence¬† ce¬† que l’on¬† a¬† appel√© la r√©volution¬† bourgeoise ou l√©gale. L’Etat-Major (p.168) de la garde bourgeoise et une cinquantaine de nota¬≠bles se r√©unissent √† l’h√ītel de ville et r√©digent une adresse au roi; le lendemain, deux d√©putations, l’une de Li√®ge, l’autre de Bruxelles, partent pour La Haye, o√Ļ le roi les recevra le 31.

  • ao√Ľt ¬†¬†Dans l’entretemps des troupes hollandaises se sont¬† avanc√©es¬† jusqu’√†¬† Vilvorde;¬†¬† devant¬† cette¬† menace¬† le populaire se cabre; bient√īt les acc√®s de la capitale se h√©ris¬≠sent de barricades.
  • ao√Ľt Le prince d’Orange, fils a√ģn√© du roi, n’est auto¬≠ris√© √† p√©n√©trer dans la ville que sans troupes; ses n√©gocia¬≠ tions avec les chefs de l’opposition bourgeoise n’aboutissent
    à aucun résultat positif; par ailleurs, les députations envoyées au roi rentrent bredouille au pays.

3 septembre Sous l’influence d’Alexandre Gendebien on propose au prince une s√©paration administrative, l√©gislative et financi√®re de la Hollande et de la Belgique maintenues sous l’autorit√© d’une m√™me dynastie; le prince promet de soumettre ces suggestions √† son p√®re; il quitte Bruxelles, emmenant la garnison.

Le roi accepte la d√©mission de l’impopulaire ministre de la justice (Van Maanen).

La Brabançonne, un chant composé par Louis-Alexandre Déchez, dit Jenneval, mis en musique par Van Campenhout, commence à se répandre parmi les patriotes.

7 septembre    Arrivée à Bruxelles des volontaires liégeois commandés par le jeune Charles Rogier.

8 septembre    Départ pour La Haye des députés belges aux Etats Généraux   (convoqués pour le 13).

A Bruxelles, cr√©ation d’une Commission de s√Ľret√© publi¬≠que (dont font partie le comte F√©lix de Merode, Alexandre Gendebien et Sylvain Vande Weyer).

16 septembre Trouvant que cette Commission manque d’audace, les plus exalt√©s constituent un club politique d√©¬≠nomm√© R√©union g√©n√©rale (Ducp√©tiaux, Rogier, Rodenbach, Niellon, Pl√©tinckx, Gr√©goire, don Juan van Halen, etc.).

A la révolution légale (bourgeoise) va succéder la révo­lution populaire.

20 septembre A Li√®ge les patriotes s’emparent du fort de la Chartreuse; √† Bruxelles, ils envahissent l’h√ītel de ville. d√©sarment une grande partie de la garde bourgeoise et chassent la Commission de s√Ľret√© publique. La plupart des (p.170) membres de celle-ci, d√©sempar√©s, fuient vers Valenciennes. Le baron d’Hoogvorst demeure presque seul √† l’h√ītel de ville.

21 septembre Les Etats G√©n√©raux votent une adresse favorable √† la s√©paration des deux pays; mais le roi n’en tient pas compte; d√©j√† il a prescrit √† son fils Fr√©d√©ric de marcher sur Bruxelles et d’y dompter les rebelles.

Les patriotes multiplient les travaux de défense dans la ville sous la direction de quelques chefs improvisés (Plé-tinckx, Mellinet, Grégoire, Kessels, Van Halen, Engelspach ) ; des volontaires continuent à affluer de la banlieue, et des villes de province, Louvain, Tournai, etc.).

23-24-25 et 26 septembre Les Quatre Glorieuses (jour­nées révolutionnaires) de Bruxelles :

Attaque concentrique de la capitale par les colonnes hol¬≠landaises (par les portes de Schaerbeek, de Louvain, de Laeken et de Flandre) ; elle √©choue aux portes de Laeken et de Flandre, mais r√©ussit aux deux autres portes; occupa¬≠tion du Parc, o√Ļ les Hollandais, r√©duits √† la d√©fensive, se retranchent dans les Bas-Fonds; les combats autour du Parc se poursuivent pendant quatre jours et co√Ľtent la vie √† pr√®s de 500 patriotes.

Pendant ce temps, organisation d’un pouvoir r√©volution¬≠naire :

24 septembre¬†¬†¬† Constitution¬† d’une Commission adminis¬≠trative¬† (d’Hoogvorst, Rogier et Jolly); elle confie le com¬≠mandement des troupes r√©volutionnaires √† don Juan Van
Halen.

25 septembre¬†¬†¬† Retour √† Bruxelles de la plupart des chefs politiques de la premi√®re heure qui s’√©taient enfuis √† Valen¬≠ciennes.

  • septembre Fusion de la Commission administrative et l’ex-Commission de s√Ľret√© publique en un Gouvernement provisoire de la Belgique (baron Emmanuel Vander Linden
    d’Hoogvorst, comte F√©lix de Merode, Charles Rogier, avocat √† la Cour de Li√®ge, Jolly, ancien officier du g√©nie, Alexandre Gendebien et Sylvain Van de Weyer, avocats √† la Cour de Bruxelles; plus deux secr√©taires : le baron F. de Coppin et Nicola√Į, avocat √† la Cour de Bruxelles).

Dans la nuit du 26 au 27 septembre, les troupes hollan¬≠daises se retirent de Bruxelles. La victoire reste donc aux insurg√©s belges; la nouvelle s’en r√©pand √† travers le pays; plusieurs garnisons, comprenant de nombreux Belges, se (p.170) rallient au mouvement d’insurrection;¬†¬† les troupes hollan¬≠daises se replient vers le Nord.

28 septembre Louis de Potter, retour d’exil, est re√ßu triomphalement lors de sa rentr√©e √† Bruxelles; il devient membre du Gouvernement provisoire; au sein de ce der¬≠nier se cr√©e un Comit√© central ex√©cutif.

Vers la constitution du royaume de Belgique.

  • octobre Le Gouvernement provisoire proclame l’ ind√©¬≠pendance des provinces belges.
  • octobre Il cr√©e un ¬ę Bulletin des arr√™t√©s et actes du Gouvernement provisoire de la Belgique ¬Ľ.

12 octobre¬†¬†¬† II proclame la libert√© de l’enseignement.

16 octobre Libert√© de la presse, droit d’association, libre exercice des cultes.

21 octobre Abolition de la censure des th√©√Ętres.

26 octobre  Publicité obligatoire des budgets et des comptés des administrations publiques.

3 novembre Election, au suffrage direct, des 200 membres du Congr√®s National par des citoyens capacitaires (pr√™tres, hommes exer√ßant des professions lib√©rales) et censitaires (contribuables payant 100 √† 150 florins d’imp√īt par an).

Entre-temps se poursuivait la lutte armée pour la libération du territoire (sous le commandement de Mellinet, Niellon. Kessels, Nypels) :

13 octobre Prise de Lierre par Niellon; l’arm√©e hollan¬≠daise se replie sous les murs d’Anvers.

21 octobre Après le combat victorieux du pont de Waelhem, près Malines, Mellinet rejoint Niellon à Vieux-Dieu.

24 octobre Ensemble ils attaquent Berchem et Borgerhout sous Anvers; le prince Fr√©d√©ric de Merode y trouve une mort h√©ro√Įque.

27 octobre¬†¬† Les troupes¬† hollandaises, retir√©es dans la citadelle d’Anvers, ripostent par un bombardement de quatre heures aux tirailleries de quelques volontaires belges.

Cet √©v√©nement ach√®ve la rupture morale d√©cisive entre les deux peuples, les Hollandais ne conservent plus que les cita¬≠delles d’Anvers et de Maestricht.

28 octobre Le général hollandais Chassé et Charles Rogier signent un armistice indéfini.

 

(p.171) Intervention des grandes puissances :

4 novembre Ouverture de la Conf√©rence de Londres (Conf√©rence des pl√©nipotentiaires de la Grande-Bretagne, de l’Autriche, de la France, de la Prusse et de la Russie, c’est-√†-dire des pays signataires des trait√©s de Paris et de Vienne). Le succ√®s de la r√©volution belge constituait un fait grave au point de vue international; l’Ňďuvre politique de la Sainte-Alliance s’en trouvait √©branl√©e.

10 novembre Le Gouvernement accepte l’armistice im¬≠pos√© par la Conf√©rence de Londres : l’ancienne fronti√®re de 1790 sert de ligne de s√©paration entre les arm√©es hollandaise et belge.

Le m√™me jour s’ouvre le Congr√®s National (¬ę Au nom du peuple belge le Gouvernement provisoire ouvre l’assembl√©e des repr√©sentants de la Nation. Ces repr√©sentants, la Nation les a charg√©s de l’auguste mission de fonder sur les bases larges et solides de la libert√©, l’√©difice du nouvel ordre so¬≠cial, qui sera pour la Belgique le principe et la garantie d’un bonheur durable ¬Ľ).

18 novembre A son tour, le Congr√®s proclame ¬ę l’ind√©¬≠pendance int√©rieure et ext√©rieure des neuf provinces bel¬≠ges, sans pr√©judice aux conventions concernant la forteresse de Luxembourg sous le rapport militaire seulement ¬Ľ.

21 novembre¬†¬†¬† Le Gouvernement provisoire accepte une suspension d’armes propos√©e par la Conf√©rence de Londres.

22 novembre    Le Congrès décide que la forme du gou­vernement belge sera  la   monarchie héréditaire et parle­mentaire avec responsabilité ministérielle.

24 novembre II d√©clare la famille d’Orange-Nassau d√©¬≠chue √† jamais de tout droit et aptitude au gouvernement de la Belgique.

L’insurrection de la Pologne, survenue le 29 novembre, emp√™che le Tsar de Russie d’envoyer une arm√©e de secours √† Guillaume Ier de Hollande.- Par ailleurs, le nouveau roi Louis-Philippe avait fait savoir que le gouvernement fran¬≠√ßais ne tol√©rerait aucune intervention militaire prussienne en Belgique, et le gouvernement anglais marquait sa volont√© de recourir aux moyens de la diplomatie pour ¬ę arranger l’affaire s> belge. Cela sauve l’ind√©pendance du pays.

20 décembre Protocole de la Conférence de Londres reconnaissant la future indépendance belge (par la dissolution (p.172) de la réunion, mais sous réserve des droits du roi Guillaume Ier et de la Confédération germanique).

Ce protocole est mal accueilli en Belgique (résistance très nette du Gouvernement provisoire et du Congrès national).

1831 20 et 27 janvier La Conf√©rence de Londres publie les Bases de s√©paration et un protocole compl√©mentaire recon¬≠naissant l’ind√©pendance belge, garantissant l’int√©grit√© du territoire et son inviolabilit√© (en tenant compte de la fron¬≠ti√®re de 1790), mettant √† charge de la Belgique les 16/31 de la dette publique du Royaume des Pays-Bas.

1er f√©vrier Le Congr√®s national repousse ces bases, sur¬≠tout parce qu’elles sacrifiaient les Limbourgeois et Luxem¬≠bourgeois.

7 f√©vrier Le Congr√®s vote l’ensemble de la Constitution belge (garantissant les droits individuels et les libert√©s so¬≠ciales, organisant l’Etat unitaire tout en laissant une large part d’action aux provinces et aux communes, √©quilibrant les trois grands pouvoirs l√©gislatif, ex√©cutif et judiciaire; d√©terminant l’ind√©pendance r√©ciproque de l’Eglise et de l’Etat, tout en mettant les traitements et pensions du clerg√© s√©culier √† charge du tr√©sor public.

A la recherche d’un roi :

Le Congr√®s se met √† la recherche d’un souverain.

Plusieurs candidats sont en présence :

le duc de Nemours, un des fils de Louis-Philippe (soutenu par les francophiles de Belgique) ;

l’archiduc Charles d’Autriche, notre ancien gouverneur g√©n√©ral ;

le duc Auguste de Leuchtenberg, considéré comme bona­partiste (patronné en Belgique par Devaux et Lebeau).

3 f√©vrier 1831 Le Congr√®s √©lit roi le duc de Nemours. Mais, devant l’opposition cat√©gorique de la Grande-Bretagne, pr√™te √† entrer en guerre, Louis-Philippe se voit contraint de renoncer √† l’honneur fait √† la maison d’Orl√©ans. Cela met le Congr√®s dans une position difficile.

18 f√©vrier Le roi Guillaume Ier de Hollande fait con¬≠na√ģtre son adh√©sion aux ¬ę bases de s√©paration ¬Ľ.

24 f√©vrier Le Congr√®s, en attendant d’avoir trouv√© un roi, se d√©cide √† nommer un r√©gent (le baron li√©geois Erasme-Louis Surlet de Chokier).

Des complots orangistes se trament, surtout √† Gand et Anvers, dont la haute bourgeoisie commer√ßante et industrielle, (p.173) demeure en grande partie favorable √† la maison d’Orange. La r√©action patriotique ne se fait pas attendre; √† Bruxelles, Gand, Li√®ge et Anvers, des maisons, des comp¬≠toirs, des fabriques sont mis √† sac. Certains exalt√©s envi¬≠sagent de reprendre carr√©ment les hostilit√©s contre l’arm√©e hollandaise.

23 mars Ils fondent 1!‘Association nationale (appelant les Belges aux armes contre la dynastie que les Orangistes vou¬≠draient rappeler).

Gr√Ęce √† l’action mod√©ratrice de Lebeau, le jeune et intelli¬≠gent ministre des Affaires √©trang√®res, l’exaltation s’apaise. Lebeau attire l’attention du Congr√®s sur un nouveau candi¬≠dat au tr√īne, le prince L√©opold de Saxe-Cobourg-Gotha (an¬≠cien g√©n√©ral de l’arm√©e russe; naturalis√© Anglais, veuf de l’h√©riti√®re du tr√īne de Grande-Bretagne, qui le 21 mai 1830 avait refus√© la couronne que lui offraient les Grecs lib√©r√©s du joug turc).

Une d√©putation belge se rend √† Londres pour solliciter le prince. Celui-ci n’accepte ses propositions qu’√† la condition que les Belges donnent leur adh√©sion aux principes stipul√©s par les protocoles de janvier.

4 juin En dépit de cette réserve, le Congrès.national élit le prince Léopold comme roi des Belges.

26 juin Trait√© des XVIII articles (pr√©liminaires de paix) : maintien approximatif des fronti√®res de 1790; invio¬≠labilit√© du territoire (avec maintien provisoire de l’occupa¬≠tion du Limbourg et du Luxembourg) ; garantie de la lib√©¬≠ration de l’Escaut; chacun des deux pays supportera sa dette propre.

9 juillet En d√©pit de l’opposition des exalt√©s, la majorit√© des membres du Congr√®s, subjugu√©e par l’√©loquent plaidoyer de Joseph Lebeau, adh√®re au trait√© des XV√õl articles.

D√®s ce moment le prince L√©opold accepte sans r√©serve l’offre qui lui a √©t√© faite.

21 juillet Acclamé sur son passage, de La Panne à Bru­xelles, le nouveau roi Léopold Ier prête serment de fidélité à la Constitution et aux lois du peuple belge. (Dorénavant le 21 juillet sera la fête nationale de Belgique.)

Conclusion :

¬ę Rien de plus faux que de repr√©senter la Belgique comme une cr√©ation de la diplomatie. La Belgique a √©t√© faite par les Belges. Elle s’est faite par elle-m√™me. ¬Ľ (Paul Hymans.)

 

 

(p.174) Période du péril hollandais (1831-1839)

Campagne des dix jours (2 au 12 ao√Ľt 1831).

L’arm√©e hollandaise envahit par surprise le territoire belge et refoule les arm√©es de la Meuse et de l’Escaut, dont la bra¬≠voure ne peut suppl√©er au d√©faut d’organisation.

8 ao√Ľt¬†¬†¬† D√©faite de Hasselt.

12 ao√Ľt D√©faite de Louvain. La route de Bruxelles est ouverte.

D√®s le premier jour de l’invasion, le roi L√©opold, qui s’est mis √† la t√™te de ses troupes, adresse un appel √† la France.

Le jour m√™me de la d√©faite subie √† Louvain, l’arm√©e de secours, command√©e par le mar√©chal G√©rard, arrive √† Wavre. Les Hollandais, furieux, sont oblig√©s de conclure un armis¬≠tice.

A Londres, les pl√©nipotentiaires ont repris l’examen du cas belge. Talleyrand, pl√©nipotentiaire fran√ßais, sugg√®re un par¬≠tage de la Belgique; le ministre anglais Palmerston menace de d√©clarer la guerre √† la France si celle-ci ne retire pas imm√©diatement son arm√©e de Belgique. (Le 30 septembre, d√©part des derni√®res compagnies fran√ßaises.)

8 septembre Dans son discours aux Chambres, le roi L√©opold Ier annonce le d√©p√īt de divers projets de loi con¬≠cernant les cadres de l’arm√©e et r√©clame des sacrifices finan¬≠ciers pour couvrir les frais de l’indispensable r√©organisation des forces militaires nationales.

14 octobre La Conf√©rence de Londres substitue le trait√© des XXIV √† celui des XVIII articles. Ce nouveau trait√© sti¬≠pule la cession des territoires de M√†estricht, Roermond, Venloo et 53 bourgs et villages situ√©s √† droite et √† gauche de la Meuse; le Luxembourg allemand est octroy√©, √† titre personnel, au roi Guillaume Ier; un droit au profit des Hollandais sera √©tabli sur la navigation sur l’Escaut; 16/31 de la dette publique seront √† charge de la Belgique; notre neutralit√© sera perp√©tuelle, garantie par les puissances, et arm√©e, c’est-√†-dire d√©fendue par nous; les puissances signa¬≠taires s’engagent non seulement √† respecter notre neutralit√© mais encore √† la d√©fendre contre toute agression, soit collec¬≠tivement, soit individuellement.

Selon l’expression du roi Louis-Philippe, la Belgique deve¬≠nait ainsi ¬ę la clef de vo√Ľte de l’ordre europ√©en. ¬Ľ.

1er-3 novembre¬†¬† Le Parlement belge (dont la premi√®re (p.175) session s’est ouverte le 8 septembre) ratifie le trait√© avec une morne r√©signation.

15 novembre Le trait√© est sign√©, √† Londres, par Sylvain Van de “Weyer et les pl√©nipotentiaires des cinq grandes puis¬≠sances.

Mais le roi Guillaume Ier refuse de donner son adhésion. cm traité. Le péril hollandais subsiste donc et, par suite, le gouvernement belge est obligé de maintenir mobilisée son ermée régulière. Seuls les gardes civiques sont licenciés.

14 d√©cembre Signature de la Convention des forteresses entre la Belgique, d’une part, l’Autriche, la Grande-Bretagne, la Prusse et la Russie, d’autre part; cette convention pr√©voit la d√©molition des forteresses de la Barri√®re dont l’entretien ne constituait plus qu’une charge inutile (Menin, Ath, Mons, Philippeville et Mariembourg) ; la d√©molition, qui devait √™tre achev√©e le 31 d√©cembre 1833, ne le fut que vingt ans plus tard, lorsque fut d√©cid√©e la cr√©ation d’une base fortifi√©e √† Anvers.

30 d√©cembre Vote de notre premi√®re loi de milice; elle fixe √† 80.000 hommes l’effectif de l’arm√©e sur pied de guerre; √† 12.000 miliciens le chiffre du contingent √† lever en 1832. D√®s le 22 septembre, les Chambres avaient autoris√© le Roi √† faire appel √† des officiers de nationalit√© √©trang√®re en vue de r√©organiser les forces militaires nationales (g√©n√©raux Evain, Desprez, etc.).

1832 22 octobre¬†¬† L’Angleterre et la France s’engagent √† faire res-

tituer la citadelle d’Anvers √† la Belgique; un d√©lai est fix√© pour l’√©vacuation de la citadelle par sa garnison hollandaise; √† l’expiration d√Ľ-dit d√©lai (2 novembre) les escadres fran¬≠√ßaises et anglaises viennent bloquer les c√ītes hollandaises et l’arm√©e du mar√©chal G√©rard franchit une seconde fois notre fronti√®re du sud.

19 novembre D√©but du si√®ge de la citadelle d’Anvers.

23 d√©cembre Capitulation de la garnison hollandaise. Toutefois, une arm√©e hollandaise de pr√®s de 100.000 hommes reste mass√©e √† notre fronti√®re septentrionale, le roi Guillaume I” s’ent√™tant dans son ¬ę syst√®me de pers√©v√©¬≠rance ¬Ľ.

1833 11 mars¬†¬†¬† Le roi Guillaume s’engage √† l’√©gard des Puissances

√† ne point rouvrir les hostilit√©s contre la Belgique et √† laisser l’Escaut enti√®rement libre ¬ę aussi longtemps que les relations entre la Belgique et la Hollande ne seront pas

r√©gl√©es par un trait√© d√©finitif ¬Ľ.

(p.176)

1834 Organisation d’une Ecole militaire, √† Bruxelles.

Avril Des troubles graves √©clatent dans la capitale √† la suite des d√©monstrations orangistes (les plus grandes fa¬≠milles nobles et une partie de la haute bourgeoisie indus¬≠trielle et commerciale demeurent favorables √† une restaura¬≠tion de la famille d’Orange-Nassau; l’√©norme masse de la population est, au rebours, fermement attach√©e √† la nouvelle dynastie).

1838 11 mars Le roi Guillaume Ier fait brusquement conna√ģtre √† Londres son intention d’adh√©rer au trait√© des XXIV arti¬≠cles.

13 novembre Dans son discours du tr√īne le roi L√©opold Ier pr√©cise : ¬ę Nos diff√©rends avec la Hollande ne sont point encore arrang√©s… Rien n’est chang√© dans la force num√©rique et la position de l’arm√©e qui menace notre fron¬≠ti√®re du nord; l’√©tat de notre arm√©e doit aussi demeurer le m√™me ¬Ľ.

1839 1er f√©vrier¬†¬†¬† Le roi Guillaume¬† Ier¬† donne son adh√©sion¬† au trait√© des XXIV articles. D√®s que le fait est connu en Bel¬≠gique, une vive opposition s’y manifeste. Le roi L√©opold offre √† la Hollande de racheter le Limbourg et le Luxem¬≠bourg. Sa proposition n’est pas accept√©e. Certains exalt√©s se d√©clarent pr√™ts √† recommencer la guerre.

19 mars Apr√®s des s√©ances dramatiques, la Chambre des Repr√©sentants belges se r√©signe, par 58 voix contre 41, √† accepter le trait√© qui arrache √† la Belgique une grande partie du Limbourg et du Luxembourg. Lors du vote, Alexandre Gendebien prononce un discours poignant et s’√©crie : ¬ę Non, 380.000 fois non, pour 380.000 Belges que vous sacrifiez √† la peur ¬Ľ, et aussit√īt apr√®s, il fait remettre au Pr√©sident cette br√®ve missive : ¬ę Je donne ma d√©mission de membre de la Chambre des Repr√©sentants ¬Ľ.

19 avril¬† Signature, √† Londres, des trait√©s d√©finitifs entre la Belgique et les cinq Puissances. A partir du 1er janvier ‚Äʬ†¬†¬† 1839, ¬ę la Belgique, du chef du partage des dettes publiques du royaume des Pays-Bas, restera charg√©e d’une somme de 5.000.000¬† de¬†¬† florins¬† de¬† rente¬† annuelle¬†¬† ¬Ľ¬†¬† √†¬† payer¬† √†¬† la Hollande. Le p√©ril hollandais n’existe plus; la paix est enfin officiellement conclue entre la Belgique et la Hollande. L’arm√©e est d√©mobilis√©e.

1840 Premi√®re crise de la neutralit√© belge : lors du conflit entre le Sultan de Turquie et le vice-roi d’Egypte M√©h√©met-Ali, la Belgique r√©sista √† la tentation d’assister la France ‚ÄĒ favorable √† M√©h√©met-Ali ‚ÄĒ contre la coalition des autres grandes puissances. Elle ne trembla pas devant le Premier ministre fran√ßais Thiers mena√ßant de faire occuper le pays militairement. 1841-1845¬†¬† Cinqui√®me Minist√®re (J.-B. Nothomb).

1841 Echec du dernier complot orang√Ļte (dit des ¬ę paniers perc√©s ¬Ľ, les g√©n√©raux Vander Meere et Vandersmissen).

1842¬† 5 novembre¬† Trait√© hollando-belge, compl√©t√©, le 8 ao√Ľt 1843,

par une convention d√©finitive, fixant en d√©tail le trac√© des fronti√®res et r√©glant les questions pendantes en mati√®re de finances et de navigation sur l’Escaut.

A cette √©poque le Gouvernement belge entretient de tr√®s bons rapports avec ses voisins imm√©diats et les autres puis¬≠sances d’Europe occidentale et centrale. Il le doit en grande partie aux relations personnelles du roi L√©opold Ier avec sa ni√®ce, la jeune reine de Grande-Bretagne (Victoria), avec Louis-Philippe, son beau-p√®re, avec le prince de Metternich, le puissant chancelier d’Autriche, etc.

1843 Echec d’une tentative de colonisation belge √† Santo-Thomas de Guatemala : la plupart des √©migrants belges re¬≠vinrent au pays.

1844 Nouvel échec colonial dans la province de Sainte-Cathe­rine, au Brésil. Une cinquantaine de familles émigrées per­sistent cependant à séjourner au Brésil.

1845-1846 Sixième Ministère (Van de Weyer).
1846-1847¬† Septi√®me¬† Minist√®re¬†¬† (de¬†¬† Theux),¬†¬† dernier¬†¬† minist√®re mixte (c’est-√†-dire o√Ļ catholiques et lib√©raux sont associ√©s).
1846 Abaissement du cens électoral au minimum (p.177) Abaissement du cens électoral au minimum constitutionnel.

1847 ¬†Echec d’une troisi√®me tentative d’√©tablissement colonial belge (sur les rives du Rio Nunez, c√īte occidentale de l’Afrique).

Ces trois essais de colonisation √©taient dus √† l’initiative du Roi, lequel pr√©levait sur sa cassette personnelle pour encourager les colons.

1847-1852 Huitième Ministère  (Rogier-Frère-Orban); libéral.

1848 Deuxi√®me crise de la neutralit√© belge : Le 24 f√©vrier, une r√©volution renverse la monarchie en France et √©tablit la IIme R√©publique; le mouvement r√©volutionnaire se propage √† travers la plupart des pays d’Europe.

L’id√©e dominante chez les chefs de la nouvelle r√©publique fran√ßaise est la r√©union de la Belgique √† la France et la reprise de la fronti√®re naturelle du Rhin. La propagande

(p.178) r√©volutionnaire travaille nos populations. Le fourri√©riste Victor Consid√©rant, ami de Charles Rogier, ministre, lui √©crit : ¬ę La partie des couronnes est perdue dans le monde… Il y aura demain, avant 2 heures de l’apr√®s-midi, cent mille hommes, enivr√©s d’un enthousiasme √©lectrique, criant Vive la R√©publique, dans les rues de Bruxelles. C’est √† la Chambre et au Ch√Ęteau que marchera bient√īt spontan√©ment ce cort√®ge immense ¬Ľ.

Les appr√©hensions que donne l’attitude de la France pro¬≠voquent un rapprochement entre la Hollande et la Belgique.

A Paris se poursuit l’enr√īlement de pr√©tendus r√©publi¬≠cains belges, cependant que M. de Lamartine, ministre des Affaires √©trang√®res, notifie officiellement que le Gouverne¬≠ment fran√ßais r√©pudie toute politique imp√©rialiste.

25 mars L’affaire de Qui√©vrain : pr√©venu de l’arriv√©e d’un convoi de r√©volutionnaires, l’ing√©nieur belge Gobert monte sur la locomotive √† Valenciennes et conduit le convoi en gare de Qui√©vrain, o√Ļ gendarmes et soldats belges cueil¬≠lent tous ceux qui n’ont pu sauter du train en marche. Une centaine de citoyens fran√ßais sont renvoy√©s au-del√† de la fronti√®re; les quelques 700 autres l√©gionnaires sont mis en √©tat d’arrestation; les armes, cartouches et affiches ainsi que le drapeau portant l’inscription ¬ę Appel aux Belges ¬Ľ, trou¬≠v√©s dans les voitures, prouvent les intentions subversives.

D’ailleurs, un second convoi de l√©gionnaires √©tait arriv√© √† Valenciennes; mais il n’alla pas au-del√†.

29 mars L’√©chauffour√©e de Risquons-Tout (pr√®s Mous-cron) : Une pr√©tendue l√©gion belge, recrut√©e √† Paris et cam¬≠p√©e pr√®s de Lille, fait une tentative en de√ß√† de la fronti√®re belge, pr√®s de Mouscron. Les troupes belges la mettent en d√©route au bout de deux heures de combat, lui infligeant des pertes s√©rieuses. Cet √©chec n’allait-il pas, en blessant l’amour-propre fran√ßais, d√©terminer le Gouvernement de la R√©pu¬≠blique √† nous faire la guerre ? On pouvait le craindre. Aussi √©tait-il de bonne politique de reconna√ģtre au plus t√īt le nou¬≠veau r√©gime.j√©publicain que la France venait de se donner.

4 avril Le Gouvernement √©tablit un emprunt forc√© en vue.de renforcer l’arm√©e; il s’agissait de garantir la neutra¬≠lit√© belge autrement que par des paroles ou le parchemin
d’un trait√©. Le g√©n√©ral Chazal commence l’√©tude de projets relatifs √† l’√©tablissement d’un camp retranch√© autour d’An¬≠vers.

 

(p.179) 28 mai Reconnaissance du Gouvernement républicain par la Belgique.

1851 ler-2 d√©cembre Coup d’Etat en France : dictature du prince Louis-Napol√©on Bonaparte.

1852-1855 Neuvième Ministère (H. de Brouckère); libéral modéré.

1852 2 d√©cembre Louis-Napol√©on se proclame Empereur des Fran√ßais (Napol√©on III) ; second Empire fran√ßais. ¬ę Le nou¬≠veau pouvoir pense : Des trait√©s ont √©t√© conclus contre nous; nous avons l’intention non seulement de ne pas les observer mais encore d’exercer une vengeance contre ceux qui ont contribu√© ouvertement ou en cachette √† opprimer les Fran¬≠√ßais. On ne peut s’√©tonner de ces sentiments… ¬Ľ (Passage d’une lettre du roi L√©opold Ier en date du 12 d√©cembre 1852, soit donc dix jours apr√®s la proclamation de l’Empire). La politique √©trang√®re d√© la France imp√©riale visant √† d√©truire l’Ňďuvre d’√©quilibre r√©alis√©e par le Congr√®s de Vienne et les trait√©s subs√©quents l’ind√©pendance et l’int√©grit√© territoriale de notre pays couraient grand danger.

Le Gouvernement de Napol√©on nous cherche querelle √† propos de tout et suspecte tous nos gestes, d√©clarations et attitudes. II nous reproche surtout d’avoir trop chaleureuse¬≠ment accueilli les proscrits et les exil√©s volontaires (Victor Hugo, et tant d’autres) ; il nous reproche encore davantage de ne pas les livrer et de ne pas les emp√™cher de parler et de publier leur pens√©e par le journal et par le livre.

1853 22 ao√Ľt¬†¬† Le mariage du duc. de Brabant, fils a√ģn√© du roi L√©opold,¬† avec¬† l’archiduchesse¬† Marie-Henriette¬†¬† d’Autriche, est consid√©r√© comme un d√©fi √† la France ! ‚ÄĘ -II est prudent de prendre ses pr√©cautions ! D√®s le 9 juin, l’effectif de guerre est port√© de 80 √† 100.000 hommes.

1854-1855 Le Gouvernement belge venait √† peine de r√©tablir ses relations diplomatiques avec la Russie (1853), lorsque la France et l’Angleterre attaqu√®rent cette puissance en Crim√©e. Napol√©on fit pression pour amener la Belgique √† pratiquer une ¬ę neutralit√© en pente ¬Ľ. Ce fut en vain. C’est en vain aussi qu’il tenta de nous faire abandonner la libert√© de la presse.

1855-1857  Dixième Ministère (P. de Decker) ; catholique modéré.

1856  La réconciliation définitive entre Belges et Hollandais

est sanctionn√©e par l’adoption d’une nouvelle version du texte ‘de la Braban√ßonne due √† la plume du ministre-po√®te Charles Rogier.

 

(p.180) 1857-1870 Onzi√®me Minist√®re (Fr√®re-Orban) ; lib√©ral. 1859 8 septembre¬†¬† Vote de la loi concernant la construction d’une grande enceinte fortifi√©e autour d’Anvers; sa construction confi√©e √† un jeune ofiicier du g√©nie, Henri Brialmoiit, colla¬≠borateur intime du duc de Brabant.

Les travaux, commenc√©s d√®s 1859, ne s’ach√®veront qu’en 1868.

Mais ils furent l’occasion d’une violente opposition¬† de la part des Anversois et d’une ardente campagne de meetings men√©e par le parti catholique.
1861 Renouvellement du mat√©riel d’artillerie.

Tentative de rapprochement hollando-belge (entrevue des deux souverains, Guillaume II et Léopold Ier).

1863 Lib√©ration compl√®te de la navigation sur l’Escaut par le rachat du p√©age;¬† chef-d’Ňďuvre¬† diplomatique du baron Lambermont.

1864 Le Gouvernement autorise une l√©gion de volontaires belges¬† √†¬† participer¬† √† l’exp√©dition¬† fran√ßaise¬† au¬† Mexique (Charlotte, princesse de Belgique, avait √©pous√© l’archiduc Maximilien d’Autriche, empereur du Mexique).

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1865¬† 10 d√©cembre¬†¬† Mort du premier roi des Belges, ¬ę le Nestor de l’Europe ¬Ľ.¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†

17 d√©cembre Inauguration de L√©opold II. Dans son premier discours du tr√īne, celui-ci d√©clare : ¬ę La Belgique a, comme moi, perdu un p√®re… Succ√©dant aujourd’hui √† un p√®re si honor√© de son vivant, si regrett√© apr√®s sa mort, mon premier engagement devant les √©lus de la nation est de suivre religieusement les pr√©ceptes et les exemples que sa sagesse m’a l√©gu√©s, de ne jamais oublier les devoirs qu’im¬≠pos√© ce pr√©cieux h√©ritage… ¬Ľ.

Le moment √©tait particuli√®rement critique au point de vue international. La guerre des duch√©s danois venait de s’achever au profit de la Prusse (1864), la guerre austro-prussienne se pr√©parait (1866). Quelle allait √™tre l’attitude de la France ? Dans quelle situation allait se trouver la Belgique ? Dechamps, ancien ministre des affaires √©tran¬≠g√®res de Belgique, pr√©voyait les pires menaces : ¬ę Si l’Au¬≠triche et la Prusse s’entendent et que l’unit√© allemande se r√©alise par l’accord des dynasties r√©gnantes, l’Empereur Napol√©on ne peut manquer de voir dans la formation d’une nation de quarante millions d’hommes une rupture de l’√©qui¬≠libre europ√©en qui lui imposera la n√©cessit√© de s’agrandir et, pour s’agrandir, il prendra la Belgique. Si l’Autriche et (p.181) la Prusse restent divis√©es, l’Empereur des Fran√ßais est ma√ģtre de la situation et la balance penchera du c√īt√© o√Ļ il placera son √©p√©e. Qui l’emp√™cherait d’assurer au Roi de Prusse son appui pour conqu√©rir la pr√©pond√©rance en Allemagne, de lui conc√©der m√™me au besoin quelques annexions germani¬≠ques pour acqu√©rir son concours ou son consentement √† l’annexion de la Belgique √† la France ? ¬Ľ.

1866 Apr√®s¬† la¬† victoire prussienne¬† sur¬† les¬† Autrichiens,¬† √† Sadowa, l’empereur Napol√©on, en effet, fit proposer secr√®te¬≠ment au roi de Prusse la conclusion d’une convention accor¬≠dant l’Allemagne du Sud √† la Prusse et la Belgique √† la France. Bismarck, ministre prussien, aurait volontiers sacrifi√© l’ind√©pendance de la Belgique s’il avait √©t√© assur√© qu’une durable alliance franco-prussienne en aurait √©t√© la cons√©¬≠quence. Les atermoiements de Napol√©on le firent renoncer √† ses vues.

N’ayant pu obtenir la Belgique, le Gouvernement imp√©¬≠rial projeta d’annexer le Grand-Duch√© de Luxembourg; il n’obtint que l’√©vacuation de la garnison prussienne de la place forte de Luxembourg et la neutralit√© de l’Etat luxem¬≠bourgeois, plac√©e sous la garantie collective des Puissances (Trait√© de Londres, 11 mai 1867).

1867¬†¬†¬† Mai¬† Notre infanterie est dot√©e d’un nouveau type de fusil Albini ray√© se chargeant par la culasse).

1868 Le Gouvernement fran√ßais, fid√®le √† sa ¬ę politique des pourboires ¬Ľ, essaie d’acqu√©rir les lignes de chemin de fer de la Compagnie du Grand-Luxembourg et celles du chemin de fer Li√©geois-Limbourgeois. La Belgique, menac√©e, fait voter une loi interdisant aux Compagnies belges de c√©der une ligne de chemin de fer sans en avoir obtenu licence gouvernementale (23 f√©vrier 1869).

Par ailleurs, elle renforce sa puissance militaire, par la cr√©ation de l’Ecole de Guerre (pour le recrutement des offi¬≠ciers d’Etat-Major) et par l’adoption d’un type de canons ray√©s √† chargement par la culasse.

Les travaux de fortification d’Anvers √©tant achev√©s, les enceintes de Gand, Tournai, Charleroi, Mons et Namur peu¬≠vent sans inconv√©nient √™tre d√©class√©es.

Le colonel Brialmont perfectionne la valeur d√©fensive de la position d’Anvers en faisant installer les canons dans des coupoles cuirass√©es analogues aux tourelles des navires de guerre.

 

(p.182) 1870 juin¬†¬†¬† Douzi√®me Minist√®re¬† (d’Anethan), catholique.

19 juillet D√©but de la guerre franco-allemande. Crise d√©cisive de la neutralit√© de la Belgique. La guerre ne va-t-elle pas d√©ferler sur notre territoire ? Une intervention diplomatique ferme et claire de la Grande-Bretagne l’en pr√©¬≠serve. D√®s le d√©but du mois d’ao√Ľt les deux bellig√©rants con¬≠firment les engagements qu’ils ont pris le 19 avril 1839 √† l’√©gard de la Belgique; ils respecteront notre sol.

D’ailleurs l’arm√©e belge a √©t√© mobilis√©e et mass√©e dans les provinces du sud; chacun sait qu’elle est pourvue d’un mat√©¬≠riel nouveau excellent, et qu’elle est d√©cid√©e √† s’en servir contre quiconque franchirait la fronti√®re.

Après le désastre de Sedan, les troupes françaises qui se présentent devant celle-ci sont désarmées et internées.

 

Période 1871-1914

Caract√©ristique g√©n√©rale : p√©riode de paix arm√©e pour l’Europe; √† mesure qu’elle se d√©roule les dangers de guerre grandissent; le peuple belge, confiant dans la neutralit√© garantie au pays par les trait√©s, refuse de s’en rendre compte; mais le Roi veille. Clairvoyant comme son p√®re, il est comme lui, un bouclier pour la Belgique. Avec une √©nergie et une pers√©v√©rance jamais lasses, il r√©siste aux cam¬≠pagnes de la politique int√©rieure dirig√©es contre les charges de la d√©fense nationale. ¬ę Nous ne sommes pas sur une √ģle, √©crit-il d√®s le 6 mai 1871 au Premier ministre d’Anethan, nous. subissons malgr√© nous le contre-coup des √©v√©nements qui se passent √† nos portes et qui ne sont pas pr√®s de finir, et vous savez que, quant √† moi, je suis r√©solu √† tout plut√īt que de gouverner dans des conditions qui mettraient en p√©ril la s√©curit√© nationale ¬Ľ.

Par ailleurs, la p√©riode 1871-1914 est caract√©ris√©e par Yexpansion colonial; des pays d’Europe. Dans ce domaine encore, le pays se montra volontairement myope et c’est contre le gr√© du peuple belge que le g√©nial souverain lui donna l’√©norme Congo,

quatre-vingt fois plus √©tendu que la m√®re-patrie. ¬ę L’histoire enseigne, √©crit-il au ministre Beernaert, que les pays √† territoire restreint ont un int√©r√™t moral et mat√©riel √† rayonner

au-del√† de leurs √©troites fron¬≠ti√®res ¬Ľ. Aussi ne cesse-t-il d’appeler l’attention de ses compatriotes sur la n√©cessit√© de porter leurs vues sur les con¬≠tr√©es d’outre-mer qu’il a parcourues au temps o√Ļ il n’√©tait (p.183) encore que duc de Brabant. Ce faisant,¬† il suit la m√™me ligne directrice que son p√®re (voir ci-dessus, p. 177).

1871 1 décembre  Treizième ministère (de Theux-Malou; catho­lique modéré).
1873 Rachat des chemins de fer du Luxembourg par l’Etat.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1876 12 d√©cembre ¬†A l’initiative du Roi, r√©union √† Bruxelles de la Conf√©rence g√©ographique internationale ayant pour objec¬≠tif d’ ¬ę ouvrir √† la civilisation la seule partie du globe o√Ļ elle n’ait point encore p√©n√©tr√© ¬Ľ, c’est-√†-dire l’Afrique cen¬≠trale, o√Ļ se perp√©tuait la traite des esclaves. ¬ę Je serais heu¬≠reux, d√©clarait L√©opold II, que Bruxelles devint, en quelque sorte, le quartier g√©n√©ral de ce mouvement civilisateur.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1877 Henry Stanley ach√®ve la travers√©e de l’Afrique com¬≠menc√©e trois ans plus t√īt.

1877-1878  Guerre russo-turque.

1878    19 juin Quatorzième Ministère  (Frère-Orban, libéral).

Le lieutenant Cambier, faisant partie de l’exp√©dition du capitaine Crespel, atteint la rive orientale du lac Tanganika. Cr√©ation du Comit√© d’√©tudes du Haut-Congo, pour le compte duquel Stanley, second√© par de nombreux officiers de l’arm√©e belge dont le roi a su stimuler l’ardeur aven¬≠tureuse et patriotique (Braconnier, Janssen, Hanssens, Valcke, Thys, Van Gel√©, etc.) proc√®de √† l’exploration sys¬≠t√©matique de la r√©gion du Congo inf√©rieur. Fondation de la station de L√©opoldville.

1880 C√©l√©bration du Cinquantenaire de l’ind√©pendance nationale.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1882 Fondation de l’Association internationale du Congo, √† l’initiative du Roi. D√®s 1884, la-dite association est recon¬≠nue comme autorit√© gouvernementale par les Etats-Unis.

1883 L’Allemagne, unifi√©e depuis 1871, conclut une alliance avec l’Autriche et l’Italie (la Triple Alliance). La France, se cherche des appuis.

1884 16 juin¬†¬†¬† Quinzi√®me Minist√®re (Malou-Jacobs-Woeste; catho¬≠lique sectaire). Jusqu’en 1914 les catholiques conserveront le pouvoir.

26 octobre Seizième Ministère (Beernaert; catholique modéré).

Novembre (jusqu’en f√©vrier 1885). Conf√©rence interna¬≠tionale africaine de Berlin, o√Ļ les int√©r√™ts de l’Ňďuvre colo¬≠niale du roi sont d√©fendus d’abord par le comte A. Vander Straten-Ponthoz, (p.184) puis par le baron Lambermont et Emile Banning. Les Puissances repr√©sent√©es reconnaissent l’exis¬≠tence de l’ Etat ind√©pendant du Congo.

1885 avril Apr√®s une vive r√©sistance, le Parlement belge autorise le Roi √† prendre le titre de souverain de l’Etat ind√©pendant du Congo (union personnelle). Constitution du

P.O.B. (Parti ouvrier belge), dont l’importance ira croissant.

1887 Le mouvement dirig√© par le populaire g√©n√©ral Boulanger augmente la tension entre la France et l’Allemagne. Le minist√®re Beernaert obtient des Chambres les cr√©dits n√©¬≠cessaires √† la construction des fortifications de la Meuse (positions de Li√®ge et de Namur).

La question du service militaire personnel est ramen√©e sur le tapis. Elle ne peut √™tre r√©solue √† cause de l’opposi¬≠tion acharn√©e d’une partie de l’opinion catholique, dirig√©e par Charles Woeste, (¬ę l’homme funeste ¬Ľ, selon le mot du g√©n√©ral Brialmont). L’arm√©e belge demeure donc une ¬ę arm√©e de prol√©taires ¬Ľ, une ¬ę arm√©e de pauvres ¬Ľ.

15 ao√Ľt Discours du roi √† Bruges √† l’occasion de l’inauguration du monument aux h√©ros flamands Breydel et De Coninck : s√©v√®re avertissement √† la Nation au sujet des p√©rils engendr√©s par l’exc√®s de s√©curit√© et la foi aveugle dans la valeur des trait√©s. Woeste, Delbeke, Verhaegen et leurs partisans poursuivent leur propagande anti-militariste (¬ę Niemand gedwongen soldaat ¬Ľ : Personne soldat par contrainte).

1890 Le roi Léopold II lègue le Congo à la Belgique.

1891 La France s’allie √† la Russie¬† (r√©ponse √† la Triple-Alliance germano-austro-italienne).

Ao√Ľt A la suite d’une violente philippique de Woeste √† la Chambre, le g√©n√©ral Brialmont, le savant √©dificateur des fortifications de la Meuse, est contraint de faire valoir ses droits √† la retraite.

         1894 26 mars Dix-septième Ministère (de Burlet-Schollaert; ca­tholique).

1896 25 février Dix-huitième Ministère (comte de Smet de Naeyer; catholique).

1899  24 janvier   Dix-neuvième Ministère (J. Vanden Peereboom; catholique).

5 ao√Ľt¬†¬† Vingti√®me Minist√®re (comte de Smet de Nacrer; catholique).

1900  2 octobre    Le prince Albert de Belgique, neveu du roi, et héritier présomptif, épouse Elisabeth, duchesse en Bavière.

 

(p.185) Les propositions de r√©forme pr√©conis√©es par la grande Commission pour l’√©tude de la r√©organisation de l’arm√©e ne sont pas suivies.

1901 Naissance du prince Léopold (futur Léopold III).

1902 Vote de la loi militaire portant l’effectif de l’arm√©e de 130.000 √† 187.000 hommes, maintenant le tirage au sort avec possibilit√© de remplacement, mais encourageant le recrute¬≠
ment par volontariat. Thèses pacifistes des socialistes belges (Emile Vandervelde et autres).

1904-1905   Guerre russo-japonaise

L’Entente cordiale franco-anglaise compl√®te l’alliance franco-russe.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1905 La c√©l√©bration du 75me anniversaire de l’ind√©pendance nationale co√Įncide avec une nouvelle tension internationale.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† ¬ę L’Histoire dira que les f√™tes jubilaires de 1905 marqu√®¬≠rent un puissant √©panouissement de notre nationalit√© ¬Ľ.

Premi√®re crise marocaine : L’Empereur Guillaume II d’Allemagne √† Tanger (Maroc). Tension croissante entre la France et l’Allemagne au sujet du Maroc (Empire ch√©rifien).

 

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1906 16 janv.-7 avril¬†¬†¬† Conf√©rence d’Alg√©siras;¬† solution interna¬≠tionale¬† du¬† probl√®me¬† marocain;¬†¬† l’Entente¬† cordiale¬† a¬† √©t√© fortifi√©e par l’√©preuve.

24 janvier Nouvelle extension donn√©e au camp retran¬≠ch√© d’Anvers (triple enceinte; la ligne avanc√©e constitu√©e de forts √©tablis sur le mod√®le de ceux de la Meuse).

          1907 La Triple-Entente (France-Russie-Angleterre) est con­stituée; elle fait équilibre à la Triple-Alliance (Allemagne-Autriche-Italie).

2 mai    Vingt-et^unième Ministère (de Trooz; catholique).

1908    9 janvier  Vingt-deuxième    Ministère    (Schollaert;    catholique).

15 novembre Vote de la loi de reprise de l’Etat ind√©pen¬≠dant du Congo, c’est-√†-dire du transfert du Congo √† la Bel¬≠gique. < Heure unique, d√©cisive de l’histoire de notre Patrie; les portes de la Destin√©e s’ouvrent devant celle-ci ¬Ľ. En juin de l’ann√©e suivante, dans un discours aux Anversois, le roi d√©clare : ¬ę La plus grande satisfaction de ma vie a √©t√© de donner le Congo √† la Belgique. Le Congo est plus riche que vous ne croyez. Le devoir d’un souverain est d’enrichir la Nation. C’est l√† sa v√©ritable mission ¬Ľ.

1909¬†¬†¬† ¬† Novembre¬†¬† Malgr√© l’opposition acharn√©e du groupe Woeste, le Parlement vote la loi militaire abolissant le tirage au (p.186) sort et la facult√© de remplacement et instaurant le service personnel ¬ę du fils par famille ¬Ľ, Le 14 d√©cembre, couch√© sur son lit de mort, le vieux souverain eut la supr√™me satis¬≠faction de la sanctionner. Trois jours plus tard il s’√©teignait.

23 d√©cembre Av√®nement du roi Albert Ier, √Ęg√© de 34 ans. Apr√®s avoir pr√™t√© serment de fid√©lit√© √† la Constitution et aux lois du peuple belge, le nouveau chef de l’Etat prend l’engagement ¬ę de remplir scrupuleusement ses devoirs et de consacrer toutes ses forces, toute sa vie, au service de la Patrie ¬Ľ. Il devait tenir exactement parole, avec cette ferme simplicit√© qui fut toujours le trait dominant de son caract√®re.

Seconde crise marocaine (envoi de la canonni√®re alle¬≠mande Panther devant Agadir) ; la tension politique entre la France et l’Allemagne augmente; la guerre est heureuse¬≠ment √©vit√©e gr√Ęce aux n√©gociations qui aboutissent au trait√© du 4 novembre; la France a le droit d’√©tablir son protec¬≠torat au Maroc; en √©change l’Allemagne obtient une partie du Congo fran√ßais, entre le Cameroun et le Congo belge. Mais les ressentiments subsistent entre la France et l’Alle¬≠magne. Le Gouvernement belge a de vives appr√©hensions et pour la m√®re-patrie et pour la colonie d’Afrique.

17 juin¬† Vingt-troisi√®me¬† Minist√®re¬†¬† (comte¬†¬† de¬† Broqueville; catholique mod√©r√©) qui va consacrer la plus large part de son activit√© √† la r√©organisation de l’arm√©e, tant au point de vue des effectifs que du mat√©riel. Guerre turco-balkanique.

Guerres entre pays balkaniques vainqueurs de la Tur­quie.

Lors des c√©r√©monies fun√®bres c√©l√©br√©es √† l’occasion de la mort de la comtesse de Flandre, m√®re du roi des Belges, Charles Ier de Roumanie, fr√®re de la d√©funte, confie secr√®te¬≠ment √† son neveu Albert : ¬ę Le miracle de 1870 ne se renou¬≠vellera pas; la Belgique court grand risque de voir sa neu¬≠tralit√© viol√©e par l’un de ses trois voisins ¬Ľ. La perspective d’une grande guerre prochaine domine les gouvernements.

Il est grand temps que la Belgique prenne des précau­tions.

29 mai En d√©pit d’une vive opposition de la part des socialistes, le Parlement vote enfin la loi militaire instaurant le service personnel g√©n√©ralis√©.

¬ę J’ai bien peur pour cette ann√©e ¬Ľ¬†¬† (confidence du Premier ministre comte de Broqueville).

(p.187)

28 juin Assassinat de l’archiduc d’Autriche Fran√ßois-Ferdinand √† Serajevo (Bosnie).

23 juillet Remise de l’ultimatum autrichien √† la Serbie.

1er ao√Ľt D√©claration de guerre de l’Allemagne √† la Russie. Mobilisation de l’arm√©e fran√ßaise.

  • ao√Ľt Invasion du Grand-Duch√© de Luxembourg; ulti¬≠matum allemand √† la Belgique.
  • ao√Ľt Le Gouvernement belge d√©fendra la neutralit√© et l’ind√©pendance du pays. D√®s le lendemain, la guerre atteint le territoire national.

 

 

La Belgique dans la Tourmente 1914-1919

 

1914 3 ao√Ľt Paul Hymans et Emile Vandervelde, respectivement chef du parti lib√©ral et chef du parti socialiste, sont nomm√©s ministres d’Etat (Union sacr√©e des partis devant l’ennemi).

  • ao√Ľt Invasion du territoire par l’arm√©e allemande.
  • ao√Ľt Attaque de la position fortifi√©e de Li√®ge, d√©fendue par le g√©n√©ral L√©man; l’arm√©e fran√ßaise accourt √† notre aid√©.

7 ao√Ľt Occupation de la ville par l’ennemi; mais les forts de l’enceinte tiennent jusqu’aux 15, 16 et 17.

12 ao√Ľt Echec allemand √† Haelen.

17 ao√Ľt Le Gouvernement quitte Bruxelles et se fixe √† Anvers, r√©duit de la d√©fense nationale; des contingents de l’infanterie britannique viennent y renforcer les troupes belges.

  • ao√Ľt Bruxelles est occup√© par l’ennemi.
  • au 25 ao√Ľt Attaque et chute de la position fortifi√©e de Namur; mais le g√©n√©ral Michel parvient √† emmener la 4e division d’arm√©e en territoire¬† fran√ßais¬† et rejoint l’arm√©e de campagne sur l’Yser.

22-23 ao√Ľt Bataille de la Sambre et des Ardennes : les Franco-Britanniques sont contraints √† la retraite.

25-26 ao√Ľt Sorties des troupes de la position fortifi√©e d’Anvers.

6 au 14 septembre Bataille de la Marne:  le général Joffre arrête la ruée allemande et regagne du terrain.

9 au 13 septembre Les nouvelles sorties des troupes (p.188) belges de la position d’Anvers apportent une aide qui con¬≠tribue au succ√®s remport√© sur la Marne.

28 septembre au 9 octobre Si√®ge et prise de la position fortifi√©e d’Anvers par l’ennemi; l’arm√©e belge s’√©chappe √† temps et op√®re sa retraite le long de la fronti√®re hollandaise

jusqu’au littoral o√Ļ, d√®s le 7 octobre, √©tait arriv√© le Gou¬≠vernement belge et d’o√Ļ, le 13 du m√™me mois, il √©tait parti pour Sainte-Adresse pr√®s du Havre (France) ; √† partir de ce moment, administration par arr√™t√©s-lois.

18 au 30 octobre Bataille de l’Yser, o√Ļ les troupes belges √©puis√©es, soutenues par les fusiliers marins de l’amiral Ronarch, se d√©fendent h√©ro√Įquement et proc√®dent √† l’inondation des Polders.

Fin de la guerre de mouvement; stabilisation du front; guerre de tranchées, qui va durer quatre ans.
1915-1916 Le Gouvernement du Havre reconstitue l’arm√©e belge. Les recrues lev√©es en Flandre et parmi les r√©fugi√©s belges de France, d’Angleterre et de Hollande, sont instruites dans sept centres militaires install√©s en France. De nom¬≠breux volontaires, √©chapp√©s de Belgique occup√©e, viennent les rejoindre.

En janvier 1916, le comte de Broqueville constitue un v√©ritable minist√®re d’union nationale en appelant √† ses c√īt√©s les chefs des deux partis de gauche, Hymans et Van-dervelde, ainsi que le s√©nateur lib√©ral Goblet d’Alviella.

1917 15 mars   Abdication du Tsar Nicolas II de Russie; procla­mation de la République (Kerenski).

2 avril¬† Les Etats-Unis d√©clarent la guerre √† l’Allemagne.
Octobre  Révolution bolchéviste (Lénine, Trotsky); éta­blissement du régime des Soviets : U.R.S.S.

6 décembre Armistice germano-russe de Brest-Litowsk.

1918 8 janvier Woodrow Wilson, pr√©sident de la R√©publique des Etats-Unis, fait conna√ģtre les 14 points devant servir de base √† la conclusion de la paix.

3 mars Trait√© de Brest-Litowsk¬†¬† : paix s√©par√©e de la Russie avec l’Allemagne.

7 mai¬†¬† Trait√© de Bucarest : paix s√©par√©e de la Roumanie avec l’Allemagne.

15 juillet au 25 septembre Seconde bataille de la Marne, conduite par Foch, généralissime des armées alliées.

26 septembre¬†¬†¬† D√©clenchement de l’offensive g√©n√©rale des arm√©es alli√©es;¬† progression continue; le 28, l’arm√©e belge s’empare de la for√™t d’Houthulst; en octobre, elle occupe

(p.189) Bruges, o√Ļ le Gouvernement viendra bient√īt rejoindre le Roi Albert.

29 septembre-31 octobre La Bulgarie et la Turquie, alli√©es de l’Allemagne, sollicitent un armistice.

5 octobre Le Gouvernement allemand, √† spn tour, de¬≠mande la conclusion imm√©diate d’un armistice.

24 au 31 octobre Victoire des Italiens à Vittorio-Veneto (Vénétie).

3 novembre Un armistice est accord√© par les Alli√©s √† l’Autriche-Hongrie.

9 novembre¬† L’Empereur Guillaume II d’Allemagne ab¬≠dique et se r√©fugie en Hollande; un mouvement r√©volution¬≠ naire, inspir√© par la r√©volution russe, provoque l’effondre¬≠ment int√©rieur de l’empire.

10 novembre Soulèvement des troupes allemandes en Belgique  (Soldatenrat, à Bruxelles).

  • novembre, √† 11 heures du matin. Le mar√©chal Foch re√ßoit les¬† pl√©nipotentiaires¬† allemands √†¬† Rethondes (pr√®s Compi√®gne) et accorde l’armistice.

A ce moment, les troupes belges avaient atteint la rive gauche de l’Escaut.

22 novembre  Rentrée triomphale du Roi Albert et de son gouvernement dans la capitale.

1919 18 janvier    Ouverture de la Conférence de la Paix, à Paris.

28 avril Signature du Pacte de la Société des Nations (le premier Conseil de la S. D. N. se réunira à Paris, le 16 janvier 1920).

7 mai Préliminaires de la Paix (440 articles) transmis aux plénipotentiaires allemands.

28 juin Signature du traité de paix de Versailles.

En ce qui concerne la Belgique le-dit traité lui accorde :

1¬į les territoires d’Eupen et de Malm√©dy, d√©tach√©s de l’empire allemand;

2¬į le mandat colonial sur les territoires ex-allemands du Ruanda et de l’Urundi (situ√©s √† l’Est du Congo belge).

Les traités de 1839 concernant la neutralité de la Bel­gique sont abrogés.

 

Le territoire belge occup√© par l’ennemi (1914-1918)

 

Atrocit√©s commises lors de l’invasion √† Vis√©, Aerschot, Andenne, Tamines, Dinant, Louvain.

Exploitation syst√©matique des ressources √©conomiques du (p.190) pays; destructions d’u√ßlnes; r√©quisition! militaires; confis¬≠cations et contributions de guerre; d√©portations d’ouvriers en Allemagne; d√©portations d’hommes politiques et d’intel¬≠lectuels : Adolphe Max, bourgmestre de Bruxelles, Henri Pirenne et Paul Fr√©d√©ricq, professeurs √† l’Univer¬ęit√© de Gand.

Encouragement √† l’activisme flamingant en vue de r√©a¬≠liser la rupture de l’unit√© nationale : flamandisation de l’Universit√© de Gand (1916); cr√©ation d’un Conseil des Flandres (1917); s√©paration administrative en zone fla¬≠mande et zone wallonne (1917).

Mais, dans l’ensemble, la r√©sistance morale des Belges est admirable; elle est stimul√©e par l’exemple des √©lites (le bourgmestre Max, le cardinal Mercier, le b√Ętonnier Th√©odor et maints autres).

Par ailleurs, gr√Ęce √† l’intervention d’hommes comme l’in¬≠dustriel Ernest Solvay et le financier Francqui, un Comit√© national de Secours et d’Alimentation apporte aux Belges aide au point de vue mat√©riel. La Commission for relief in Belgium, dirig√©e par l’Am√©ricain Herbert Hoover, leur four¬≠nit un minimum vital en c√©r√©ales et corps gras.

Le bilan de la guerre est cependant d√©sastreux : si quel¬≠ques sp√©culateurs √©hont√©s se sont grandement enrichis (on les fl√©trit du nom g√©n√©ral de ¬ę barons zeep ¬Ľ : barons du savon), la grande masse de la population se trouve dans un √©tat voisin de la d√©tresse.

¬ę Cent mille immeubles avaient √©t√© d√©truits ou endommag√©s pendant la tourmente, cent mille hectares de terres arables . inond√©s ou boulevers√©s; 3.650 km. de voies ferr√©es principales et secondaires √©taient hors d’usage; le cheptel avait √©t√© d√©¬≠cim√©. En r√©sum√©, on estimait √† 20 milliards les biens an√©antis ou disparus; on comptait 46.000 morts, parmi les soldats et les civils, et pr√®s de cinquante mille mutil√©s. ¬Ľ (F. Van Kalken, La Belgique ‘contemporaine, p. 176.)

La restauration nationale (1918-1930)

¬†¬†¬†¬†¬†¬† 1918 Avant de rentrer dans sa capitale le roi Albert prend contact avec des repr√©sentants’ des -trois ‘grands partis poli¬≠tiques, √† Lophem (pr√®s de Bruges). Le 13 novembre 1918 est constitu√© \m minist√®re d’union nationale (succ√©dant’au minist√®re Cooreman) sous la pr√©sidence de Delacroix. 22 novembre Rentr√©e triomphale du roi √† Bruxelles. (p.191) Discours devant les Chambres r√©unies : promesse de r√©formes (√©galit√© politique, √©galit√© linguistique) ; appel √† l’union na¬≠tionale en vue du redressement du pays.

Des √©l√©ments de l’arm√©e belge vont occuper un secteur de la Rh√©nanie.

       1920 10 avril    Adoption du S. U. à 21  ans, avec six mois de résidence, représentation proportionnelle intégrale.

         27 septembre Convention militaire franco-belge pour la défense commune du territoire.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† 16 novembre Elections l√©gislatives auxquelles se pr√©sen¬≠tent, outre les trois grands partis (catholique, lib√©ral et socialiste) une s√©rie de partis nouveaux : le parti frontiste (qui arbore le drapeau du Conseil des Flandres), le parti oppos√© de la Renaissance nationale, le parti des classes moyennes et le parti des anciens combattants. –

Victoire socialiste : 30 si√®ges de plus qu’auparavant; d√©¬≠faite cuisante pour les lib√©raux : 11 si√®ges de moins.

Le ministère Delacroix est maintenu mais un quatrième ministre socialiste y participe (Jules Destrée, qui prend le portefeuille des Sciences et des Arts).

Déjà, une méfiance croissante se manifeste dans les partis au sujet du tripartisme gouvernemental.
1920-1921 Minist√®re Carton de Wiart (suivant la m√™me formul√© d’union nationale) ; programme de concorde nationale et d’action d√©mocratique.

13 octobre 1920 Vote de la révision constitutionnelle, suivi de la dissolution des Chambres.

1921 16 octobre L’incident d√Ľ ¬ę fusil bris√© ¬Ľ provoque la d√©s¬≠agr√©gation du Cabinet par le d√©part des ministres socia¬≠listes, puis la d√©mission des lib√©raux. Les socialistes m√®nent une campagne internationaliste et pacifiste ( ¬ę guerre √† la guerre ¬Ľ).

20 novembre Elections pour le renouvellement int√©gral des Chambres. Le parti catholique, r√©organis√© sous la ban¬≠ni√®re de l’Union catholique belge, sort vainqueur de l’√©preuve.

1921-1925 Le minist√®re Theunis, compos√© de cl√©ricaux et de lib√©raux, s’adjoint une ¬ę comp√©tence ¬Ľ, un ¬ę technicien ¬Ľ comme on dira par apr√®s : le professeur Hubert, auquel succ√©dera le professeur L√©on Lecl√®re, au D√©partement des Sciences et des Arts. Le premier ministre lui-m√™me est con¬≠sid√©r√© comme √©tant en dehors des partis; c’est avant tout un financier. L’objectif essentiel qu’il se propose d’atteindre (p.192) est l’assainissement de la situation financi√®re du pays.

Mais l’esprit de parti a repris tous ses droits. Des discus¬≠sions passionn√©es s’instituent √† propos :

  • de la question linguistique (notamment de la cr√©a¬≠tion √©ventuelle d’une universit√© flamande √† Anvers ou √† Gand);
  • des questions militaires (les socialistes d√©sirant vive¬≠ment la r√©duction du service actif √† six mois) ;
  • des questions sociales.

De sorte que le minist√®re doit √™tre remani√© √† trois reprises et qu’en fin de compte, Theunis, d√©go√Ľt√© des dissensions, refuse de demeurer au pouvoir. Le ministre lib√©ral de la D√©fense nationale, Albert Dev√®ze, est sp√©cialement l’objet de l’hostilit√© socialiste.

En 1923 l’arm√©e belge s’√©tait associ√©e √† l’arm√©e fran¬≠√ßaise pour l’occupation du bassin industriel de la Ruhr.
1925-1926 Aux élections du 5 avril les socialistes emportent

10 sièges de plus à la Chambre et 5 de plus au Sénat. En outre, deux communistes sont élus à la Chambre par les arrondissements de Bruxelles et de Liège (Jacquemotte et Van Overstraeten).

Il y a 73 jours de carence minist√©rielle. Au minist√®re tripartite pr√©sid√© par Van de Vyvere, succ√®de bient√īt un minis¬≠t√®re Poullet-Vandervelde, compos√© de d√©mocrates-chr√©tiens et de socialistes, √† l’exclusion de lib√©raux.

Il r√©duit les effectifs de l’arm√©e en invoquant pour excuse la conclusion du pacte de Locarno (Briand-Streseman) qui garantit l’inviolabilit√© de nos fronti√®res et implique la renon¬≠ciation de la France et de l’Allemagne √† la guerre. Le chef d’Etat-Major de l’arm√©e d√©missionne en guise de protesta¬≠tion; le g√©n√©ral Kestens, ministre de la D√©fense nationale, d√©missionne √† son tour.

Le 9 f√©vrier 1926, se d√©roule une manifestation popu¬≠laire hostile au gouvernement √† l’occasion de la remise au Mus√©e de l’Arm√©e des drapeaux des r√©giments dissous.

Inquiets du ¬ę p√©ril fasciste ¬Ľ les socialistes organisent des ¬ę gardes rouges ¬Ľ.

L’√©chec de sa politique financi√®re entra√ģne la chute du minist√®re Poullet-Vandervelde.

 

1926-1930 On  revient  une nouvelle fois  au tripartisme.

Minist√®re Jaspar, dans lequel l’homme fort est le financier Francqui. Ce technicien avis√©, qui est en m√™me temps un homme √† poigne, se charge de r√©soudre l’√©pineux probl√®me (p.193) financier. Ses mesures √©nergiques (un milliard et demi de nouveaux imp√īts; exploitation capitaliste du r√©seau ferro¬≠viaire constitu√© en Soci√©t√© nationale des chemins de fer, dont 10 milliards d’actions privil√©gi√©es sont imm√©diatement mis √† la disposition d’un Fonds national d’amortissement; √©change obligatoire des Bons du Tr√©sor contre des actions des Chemins de fer) conjurent la banqueroute de l’Etat. La stabilisation du franc belge peut √™tre op√©r√©e √† 175 par rapport √† la livre sterling par la cr√©ation du .Belga accroch√© √† l’√©talon-or. Aussit√īt apr√®s (15 novembre 1926) Francqui quitte le minist√®re pour rentrer dans la vie priv√©e.

Le budget est remis en √©quilibre (il accusera des bonis en 1927 et en 1928). En 1929, la mission du Fonds national d’amortissement √©tait virtuellement termin√©e.

Vandervelde entreprend une nouvelle campagne en faveur de la r√©duction du service militaire √† six mois. Cela a pour effet l’abandon du minist√®re par les ministres socialistes.

Jaspar reconstitue son cabinet avec le concours de ses amis catholiques, de quatre lib√©raux et de deux d√©mocrates-chr√©tiens; il poursuit alors sa t√Ęche de redressement du pays. Le Centenaire de l’ind√©pendance nationale est c√©l√©br√© avec enthousiasme √† travers le pays tout entier, bien que les sympt√īmes d’une terrible crise √©conomique mondiale commencent √† s’y manifester.