Réactions contre l’impérialisme français en Belgique

Reacties tegen het Frans imperialisme in België

 

1973

A Liège, divers mouvements décident de boycotter le « Mois de la Francité », VA 09/07/1973

 

Regroupés au sein de la « table ronde d’information sur la politique culturelle à Liège, ils considèrent que la solidarité de la francité est la solidarité de classe, « unissant tous les riches culturellement développés, maîtres des atouts économiques et politiques, de chez nous et du Tiers Monde. »

 

1979

I.M. (1040 Bruxelles), Le chauvinisme des Français, LB 25/08/1979

 

C’est vraiment étrange : dès que l’on fustige le chauvinisme des Français, certains crient à la « critique fielleuse » ! Et, pour faire bonne mesure, ils y ajoutent l’argument psychologique de la « projection » … Par quoi sur le plan de la psychologie motiver, dès lors, les « colucheries », (signification généralement admise : « plaisanteries imbéciles et de mauvais goût ») dont nous accablent trop de Français?  De quelle sorte de « transfert » s’agit-il ?

Et lorsque, à TF 1 (journal de 20 h, le 19 courant), on nous annonce que, dans le championnat équestre d’Europe en courses d’obstacles, aucun Français ne se trouve parmi les cinq premiers mais qu’il y a une consolation : « les premiers montaient des chevaux français (sic.) », estce répandre son fiel que de souligner l’infantilisme de cette manifestation de chauvinisme ? Tout compte fait, les vélos utilisés par Eddy Merckx pour gagner, à cinq reprises, le Tour de France, n’avaient-ils pas, par hasard, dérailleur et pédalier en acier français ?

 

1980s

Lacambrie Albert

 

Le cas Happart

 

Malgré la faiblesse de ses moyens , la France ne peut se faire a l’ idée qu’ elle n’ est plus une grande puissance , une puissance a l’ échelle mondiale. Aussi réve-t-elle de se constituer une sorte de « commonwealth » francophone. Elle intrigue dans tous les pays à minorité francophone (Canada, Suisse,  Belgique) ainsi que dans ses anciennes colonies ou elle a créé une intelligentsia francisée.. Elle garde dans ses anciens territoires d’ outre-mer de solides positions économiques et militaires. Elle cherche même à renforcer ses positions dans les anciennes colonies et territoires belges considérés comme appartenant a la francophonie.

 

Dans les trois pays à minorité francophone la stratégie est exactement la méme. A partir de sentiments de frustration habilement entretenus on y provoque la création de centres d’ agitation d’ autant plus efficaces qu’ ils sont diffus et cauteleux.

 

Le tout baigne dans une ambivalence remarquable. On poursuit à la fois un meilleur équilibre entre populations différentiées par la langue (pseudo-fédéralisme axé sur le pluralisme linguistique) et une distanciation de plus en plus poussée. En allant crier « Vive le Québec libre » le chef de l’Etat français s’est « oublié » et a fait naître des soupçons. Les Canadiens sont échaudés. .

 

Nous assistons ici au triomphe du nationalisme linguistique avec tout ce qu’ il a de naturellement machiavelique. Les populations sont dopées par une propagande sournoise faite de dogmes. de mythes , d’ affirmations gratuites, de mensonges. de contre-vérités. La voix de la raison est systématiquement étouffée. Les convergences d’ intérêt et de destin sont refoulées au profit d’une mythologie.

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Une étude comparative entre l’ agitation francophone au Québec, au Jura et en Wallonie révèle clairement l’objectif final poursuivi.

 

En ce qui concerne la Suisse et la Belgique la préoccupation a un double aspect :

 

1) Petits pays j adis aux frontières du Pré Carré , aujourd’hui de l’ Hexagone, ils offrent un champ d’action commode aux manigances. Celles-ci tendent :

. à renforcer l’ influence française,

. à la diffusion non compromettante de mots d’ ordre favorables à la politique française,

. à s’ approprier des richesses de tout ordre,

. à étayer une revendication territoriale toujours utile après un chambardement politico-militaire.

 

Voici comment l’ intelligent Alexis de Tocqueville, qui fut Ministre des Affaires Etrangères sous la Deuxième République C1848), formulait cette politique :

« Donc, limiter l’ action de la France aux pays voisins du nôtre, tels que « Belgique, Suisse et Piémont. N’ y appuyer aucun mouvement de rébellion  » organisée mais, en même temps , ne jamais perdre une occasion de proclamer « 1′ attachement de la France nouvelle aux principes de liberté et de tolérance. Concrétiser cet attachement en faisant fermement comprendre aux « puissances dominantes en Europe centrale et orientale que, si la France « leur laissait les mains libres hors de sa zone traditionnelle d’ influence,

« elle entendait en compensation que nul ne lui disputât ce qu’ elle tenait

« pour son droit de regard sur la situation des Etats limitrophes. »

 

2) L’ autre aspect est plus dogmatique et A plus long terme. Dès le XVIe siècle la France a cherche A faire de la langue un instrument politique.

 

En 1539, François I, par son Edit de Villers-Cotteret, decrète que le dialecte de l’Ile de France sera la seule et unique langue officielle du royaume. Tous les dialectes non-conformes seront désormais ignores, proscrits: l’occitan, le provençal, le gascon, etc. Ainsi que les langues non françaises: le corse, le basque, le breton, l’alsacien, le lorrain et, bien-entendu , le flamand , ce  » jargon vaseux » du seul apanage français n’ ayant pas encore réintégré la Mère Patrie !

 

En même temps on voue au dialecte de l’ Ile de France un véritable culte. On le pare de toutes les qualités. Malheur à celui qui met en doute la supériorité de la langue française! Même ses déficiences évidentes sont élevées au rang de vertus.

 

Le nationalisme linguistique est un pur produit de la politique française d’assimiliation, d’uniformisation, de centralisation et d’expansion. Au fil du temps il a alimenté le « Mal Français ». En Europe, il n’ a trouvé de copies conformes qu’au XIXme siècle. Par mimétisme il a engendré le nationalisme allemand dont la France fut ensuite une des principales victimes.

 

L’ exploitation politique de l’ argument linguistique devint un système.

 

En 1601, Henri IV, l’aimable Vert-Galant, accueille les députés de la Bresse, territoire savoyard entre la Saône et le Jura, récemment annexé au royaume. Il leur dit textuellement ceci :

« Il estoit raisonnable que, puisque vous parlés naturellement françois vous

« fussiés subjects à un roy de France. Je veux bien que la langue espagnole

« demeure à l’ Espagnol, l’ allemande à l’Allemand; mais toute la françoise

« doibt estre à moy ».

 

En affirmant le principe que « la langue est la nation toute entière », la Révolution Française a consacré cette utilisation de la langue comme outil politique. Il apparu bientôt combien cette affirmation était. ambivalente. Elle signifiait :

– que tous les territoires sous autorité française devaient être systématiquement francisés,

– que les aires de langue française échappant à la souveraineté française devaient être annexées à la France. Ce que les armées jacobines firent aussitôt.

 

Dans les Pays-Bas méridionaux les classes dirigeantes étaient à ce moment profondément francisées. Dès lors la Belgique toute entière fut annexée à la République une et indivisible. De 1793 à 1815 cette annexion entraina une francisation encore plus poussée. Celle-ci fut ensuite reprise et approfondie après la Révolution de 1830.

 

De la réaction « flamande ». Celle-ci fut lente à se déployer. Elle se heurta a des sommets d’ incompréhension. Les impatiences flamingantes ne firent qu’accroître ces incompréhensions. En fin de compte l’Etat-Nation belge  unitaire et jacobin de 1830 accoucha de deux Régions-Nations unitaires et jacobines à son image.

 

C’est dans ce contexte qu’ il faut situer la stratégie de l’ agent Happart. Il s’ agit de creuser davantage le fossé entre les deux Régions-Nations afin de déstabiliser la Belgique et de l’ empêcher de jouer ses atouts. Notre pays , en effet , détient le centre décisionnel de l’ Europe en gestation. alors que ce centre devrait tout naturellement se situer en France. Inde ira !

 

En 1963, on promet aux « Flamands » de fixer une fois pour toute la rontière linguistique. Il y aura des côtes mal taillées mais. qu’ a cela ne tienne. on aura enfin la paix linguistique. Beaux joueurs. les Flamands acceptent à la dernière minute l’ échange entre Mouscron-Commines (35.000 habitants) et les Fourons (5.000 habitants).

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Et puis les misères recommencent. Il importe que l’agitation linguistique se poursuive sans désemparer . La famille Happart , expropriée en région liégeoise, s’ installe en terre fouronnaise, annexée à la « Flandre » à la demande des « Wallons ». Aussitôt l’ étendard de l’ agitation est levé. Il s’ agit d’émouvoir toute la francophonie et de provoquer des réactions  »  flamandes » .

 

Pour heurter violemment les « Flamands », encore meurtris par un siècle de lutte pour le recouvrement de leur identité et de leur langue, rien de tel que de les insulter avec insolence. Monsieur le Bourgmestre refusera.

obstinément de parler aussi bien le néerlandais que la langue du terroir, qui est un dialecte 1imbourgeois. Et voilà le monde politique belge tout entier secoué par la fièvre du nationalisme linguistique. Une véritable paranoïa s’ en est emparée.

 

Tout l’arsenal des commentaires juridiques au sujet de l’attitude du Bourgmestre ne tient pas devant ce principe démocratique élémentaire que la majorité. qui gouverne, se doit de respecter la minorité.

 

L’esprit obsédé par l’idéologie nationaliste jacobine, qui mène au totalitarisme, un obsédé linguistique ne peut concevoir la richesse d’ une diversité activée en vue de l’interfécondation. Etranger au terroir fouronnais il ne peut comprendre que, grâce A leur position intermédiaire entre trois grandes aires linguistiques, le Limbourg historique ainsi que l’ ancien comté de Dalem sont appelés A jouer un rôle de charnière au sein du

« Pays sans Frontières », l’ Eurorégion Meuse-Rhin.

 

« Retour à Liège » n’ est qu’ un leurre. Pour l’ obtenir il faut l’ accord des « Flamands ». Ce n’est pas en les provoquant qu’on l’obtiendra. En réalité, il s’agit d’autre chose. L’objectif est de relancer l’agitation linguistique afin de déstabiliser le pays.

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En Suisse on tente d’ utiliser la même tactique dans les communes de Vellerat et de Moutier, voisines du nouveau canton de Jura. Mais les Suisses restent généralement allergiques aux émois linguistiques. .

 

Personne ne nous enlèvera de la tête que derrière Happart se profile « 1’universelle arragne », la France. Le vacher fouronnais manoeuvre avec une astuce diabolique, qui ne peut que lui être inspirée. C’ est du style Louis XI le plus pur. Cet homme, qui réussit à tenir toute la vie politique belge en suspens, est manifestement manipulé, téléguidé. Il faut être benêt pour ne pas le voir. . .

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Albert LACAMBRIE

 

1989

André Montagne, Bruxelles européenne, oui, américaine, non, LB 01/04/1989

 

(vice-président de la commission néerl. de la culture de l’agglom. brux.)

La Belgique plurinationale (sic) a échappé de justesse au totalitarisme culturel français …

 

1989

V.d.W., Un homme têtu qui collectionne les gouvernements, LB 03/04/1989

/Wilfried Martens =/ Il crée le comité de la jeunesse qui mettra au point les actions à mener dans le cadre de l’Expo 58 (dont le barbouillage du pavillon français dont les indications n’étaient pas traduites en néerlandais …).

 

1990

André Croonenborghs, Un fait vécu et prouvé, LS 19/11/1990

(sur la Communauté fr.)

 

Il faut bien se dire que toute l’action humanitaire ou économique faite au nom de cette communauté s’inscrit uniquement en faveur des Français; étant automatiquement sous-entendu: « Donc, les Belges de Belgique ne font rien. » (…) Quiconque se présente à mon domicile ou m’adresse des suppliques au nom de cette communauté, se verra instamment prié d’aller voir à Outre-Quiévrain si j’y suis.

 

1990

E.v.D., Les ministres chahutés au « Forum » à Liège, LB 06/11/1990

 

Les enseignants liégeois ont manifesté devant le Forum, où des ministres des pays utilisant le français se réunissaient lundi soir.

 

1991

Fr. Eggermont, Grembergen, DS 19/09/1991 – Engels

 

Moet het Frans in onze scholen de bevoorrechte plaats behouden die het in de wereld al lang niet meer heeft, en die het alleen in het unitaire België kon veroveren?  Kunnen we het ons blijven veroorloven het Engels te miskennen, nu het is uitgegroeid tot de wereldtaal?

 

1992

La Volksunie dénonce le « complot français » / Et Luc Van den Brande plaide pour un « ancrage » des entreprises flamandes, LB 20/03/1992

 

Existe-t-il un complot français visant à faire main basse sur les grands secteurs de l’économie belge et accroître ainsi la sphère d’influence de la Francité au détriment de l’identité culturelle flamande ?

 

C’est la thèse qu’a défendue jeudi en séance publique du Vlaamse Raad le député Volksunie Herman Candries. Ce­lui-ci s’inspirait de la note « confidentielle » préparée par le cabinet du ministre-prési­dent Luc Van den Brande du­rant les négociations pré-gouvernementaïes et dans la­quelle on pointait du doigt la présence grandissante de capi­taux français dans l’économie belge.     

 

Elle servit de prétexte à Herman Candries pour dénon­cer la « francophilie galopante » d’une partie de la Belgique et de la Flandre (et rejeter une fois de plus le futur accord de partenariat entre la Sabena et Air France). « L’influence crois­sante de la France génère l’in­quiétude en Flandre », se plaint M. Candries. « Il faut non seu­lement ancrer les entreprises géographiquement, mais gar­der en Flandre leurs centres de décision », réclame le député Volksunie.

 

NATIONALISATION. Faux problème et faux postu­lat, estime le PW. Pour les libéraux flamands, la notion d' »ancrage » n’est qu’une façon déguisée de confier à des orga­nismes para-étatiques -et poli­tisés- la gestion de tâches pou­vant être dévolues à des entre­prises privées. Quant au « com­plot francophone », une étude menée actuellement par le sé­nateur   Paul   De   Grauwe  montre qu’en dix ans les investissements français dans notre pays n’ont guère été plus importants que ceux réalisés par les entreprises   allemandes. Selon  cette  même étude,  la présence française dans notre pays est même inférieure à celle des  Etats-Unis  ou  des Pays-Bas.

 

Luc Van den Brande, dont l’exécutif a pourtant refusé mercredi de s’immiscer dans le dossier Sabena-Air France (es­timant tout à fait normale­ment qu’il relevait de la com­pétence du national) a défendu la nécessité d’ancrer l’écono­mie flamande en Flandre : entre 1985 et 1990, 222 entre­prises belges sont passées sous pavillon étranger, essentiellement français et néerlandais. Un tiers des entreprises du TOP 3000 sont aux mains de sociétés étrangères. Si l’on se  limite au TOP 100, seules 38 pc des entreprises sont encore belges (pour 75 pc aux Pays-Bas et 78 pc en France). Luc Van den Brande, sans évoquer de solutions précises, a invité les responsables économiques flamands à développer une vi­sion politique à long terme : « l’autonomie de la Flandre ne peut aller de pair qu’avec la mise sur pied d’une véritable puissance   socio-économique flamande », a-t-il conclu.

Une motion a été déposée par la Volksunie et sera étu­diée lors de la prochaine réu­nion du Vlaamse Raad.

 

V.He.

 

1992

René Mladina, Une leçon prévisible, LS 07/04/1992

 

« (…) Moralité: que les Wallons, que les francophones de chez nous cessent donc de prendre la France comme modèle de démocratie et de patrie des droits de l’homme!  Nous avons d’aussi bons mauvais maîtres! »

 

1995

Gent weigert Frans marineschip, in: Het Nieuwsblad, 26/08/1995

 

Het Franse maritimeschip FSBorda is niet welkom in de Gentse haven.  Het schepencollege protesteert op die manier tegen de Franse kernproeven op Mururoa.

(havenschepen Daniel Termont (SP), …)

 De partijgenoot burgemeester Frank Beke besliste eerder al niet aanwezig te zijn op de Franse dag (13 september) tijdens de Internationale Jaarbeurs in Flanders Expo.

 

1995

J.-C. M., Schengen: Chirac se met l’ Europe à dos, LB, 21/09/1995

 

La Belgique goûte fort peu les critiques françaises et remet Paris à sa place.

Jacques Chirac a fait savoir que la France devra très vraisemblablement demander le maintien des contrôles aux frontières au-delà du 1er janvier 1996, en contradiction avec l’accord de Schengen qui prévoyait la libre circulation des personnes entre les pays signataires.

“Bruxelles est furieux au point d’ avoir convoqué l’ambassadeur de France.  Pour le ministre de l’Intérieur Johan Vande Lanotte, déjà irrité au printemps par le refus des autorités françaises d’ accorder un droit de suite aux policiers belges, l’attitude française est inacceptable.”

Il conteste la version du président de la république selon laquelle la criminalité s’exporterait systématiquement des Pays-bas ou de Belgique vers la France.

“Il y a que nous sollicitons la coopération des autorités françaises pour contrer la vague de cambriolages commis en Belgique par des ressortissants français.  Nous attendons toujours une réponse de leur part.”

Le ministre a ajouté que la France devait s’ en prendre à elle-même si plusieurs agglomérations du Nord n’étaient plus contrôlées par la police et si des problèmes de drogue s’ y posaient.

Les Pays-Bas ont également fait part de leur mécontentement, alors que l’Allemagne observait un silence prudent.

 

2000

NAMUR / Les équipes populaires ne roulent plus pour /Total/ Fina, VA 11/04/2000

 

Les équipes populaires ont décidé de mettre fin au contrat de livraison de carburant qui les liait à Total Fina.
En cause: le soutien de la compagnie à la dictature birmane et la catastrophe écologique suite au naufrage de l’Erika.

 

Laurence d’Hondt, TotalFina Elf se plaît bien avec les généraux, LB 26/05/2000

 

Le pétrolier français, souillé aussi par l’Erika, ne veut pas céder à des critiques devenues rituelles.

L’investissement du groupe pétrolier français dans une des dictatures les plus dures du globe reste (…) un sujet litigieux.

Intervention vaine des sénateurs Mahoux, chef du groupe PS au sénat, de Georges Dallemagne, PSC, et de la députée Ecolo Murielle Gerkens, demandant à Thierry Desmaret de se retirer purement et simplement de Birmanie, alors qu’était votée au Sénat belge une proposition de résolution demandant au gouvernement belge de condamner sévèrement la dictature birmane.

 

2001

André Belmans, DE VOLTOOIING VAN DE EUROPESE CONSTRUCTIE, in : E Diversitate Unitas

 

In « DE STANDAARD » van 25 oktober en in  » N.R.C.-HANDELSBLAD  » van 26 oktober 2001 publiceert Mark EYSKENS, gewezen eerste minister en minister van buitenlandse zaken, een betoog onder de titel « Europa, dat is Parijs-Londen-Berlijn « .

 

De staatsman stelt dat voor Europa de « first best » oplossing uiteraard de uitbouw is van een echte federale Unie met een regering, een volwaardig Europees parlement en zelfs een verkozen Europese president. Hij voegt er echter aan toe dat dit toekomstbeeld verder afligt dan ooit.

De  » second best  » oplossing is dat de Europese Unie beter kan geleid worden door een driespan dan dat ze zou gaan lijken op een uitspanning, die bij gebrek aan paarden, leeg langs de weg achterblijft. Het driespan zou gevormd worden door de drie gewezen Europese grootmachten.

Minister Eyskens voegt daar nochtans aan toe : « tenzij de kleinere leden erin slagen zich te groeperen in zoiets als bijvoorbeeld de Benelux ». Maar zegt hij « de Benelux is de jongste jaren heel erg schuchter gaan schuren langs de Europese muren « .

 

ONZE MENING : het Europese driespan is de slechtste oplossing. De enige goede oplossing is dat de kleine en middelgrote landen, die tijdens het tweede millenium de overmacht van de groten tot hun schade en schande hebben ondergaan, zich vrijwillig verenigen om de first best oplossing, de federale, door te duwen. De diplomatie van de drie Benelux-landen heeft daarin een zware verantwoordelijkheid.

Het directorium van de drie gewezen grootmachten is een dwaze illusie. Niet alleen omdat deze drie hun tijd gehad hebben en niet meer zijn wat ze geweest zijn.

Maar bovendien omdat zij het onderling te zeer oneens zijn.

 

Frankrijk houdt hardnekkig vast aan het concept natie-staat. Duitsland wil wel een federaal Europa en Groot-Brittannië is nauwer verknocht aan de Verenigde Staten dan aan Europa.

Frankrijk voedt nog steeds het anti-amerikanisme omdat het meent dat Europa alleen kan herenigd worden in vijandschap tegen de Amerikaanse monomacht. Duitsland en

Groot-Brittannië daarentegen steunen gewillig de Atlantische Alliantie.

Het gebrek aan eensgezindheid, dat voortspruit uit deze tegenstrijdige inzichten, is de oorzaak van de stagnatie van de Europese constructie sedert het Verdrag van Rome (1957) in fundamentele aangelegenheden.

De As Parijs-Bonn (Traité de l’Elysée – 1963) was een sluwe zet van Generaal de Gaulle om – samen met het toen nog verdeelde en ontwrichte Duitsland – de teugels van de pas opgerichte Europese Gemeenschap in handen te nemen. Deze As heeft de Europese eenmaking eerder gehinderd dan vooruitgeholpen.

De monetaire unie.is een andere Franse zet om het herboren en verenigd Duitsland aan het Westen te binden.

De grote drie beseffen nog steeds niet dat zij een groot deel van hun krediet hebben verspeeld. Gedurende het tweede millenium hebben zij zich uitgeput in vijandschap en naijver. Nog steeds zoeken Frankrijk en Duitsland kleine en middelgrote landen in hun vaarwater te krijgen of te destabiliseren. Een eeuwenoude machtspolitiek werkt nog steeds na, Zelden is de Franse druk op België zo zwaar geweest.

Moest de leiding van de Europese Unie aan de grote drie worden toevertrouwd zij zouden er spoedig aan denken Europa onder elkaar in invloedssferen te verdelen.

 

SPAAK had groot gelijk toen hij nog tijdens de oorlog voorzag dat de drie grote mogendheden van Europa gehavend uit het avontuur zouden komen en dat zij zouden trachten zich voor hun machtsverlies op de kleinere landen te verhalen.

 

Hij was de mening toegedaan dat de redding van Europa begint met de samenbundeling van de kleinere landen en vooreerst van de Benelux-landen. Hij was er reeds mee begonnen te Londen in ballingschap. De kleinere landen zijn volkomen geloofwaardig wanneer zij ijveren voor Europese verstandhouding en éénmaking. Het komt hen toe het initiatiefte nemen.

De eenheid van ons vastenland moet nu zijn voedingsbodem vinden in het besef dat ten opzichte van de huidige wereldmachten en van de snel opkomende Aziatische machten, met hun enorme bevolking, de afzonderlijke Staten van Europa niet meer de nodige armslag hebben.

 

Met Mark EYSKENS zijn wij het roerend eens wanneer hij schrijft dat België zijn eigen eenheid moet bewaren. Zoniet is er geen Benelux meer mogelijk. Maar worden die ontbindende krachten binnen België niet gevoed, nu eens door Duitsland, dan weer door Frankrijk ? De huidige intriges van dit laatste liggen trouwens in de lijn van een eeuwenlang volgehouden streven naar gebiedsuitbreiding in de richting van de Lage Landen. Wat vieren de Vlamingen ieder jaar opnieuw op 11 juli ?

Een directorium van de impotente grote drie wekt een onbehaaglijk angstgevoel op bij al wie enigzins vertrouwd is met de geschiedenis van Europa.

 

2001

Des sénateurs belges attaquent TotalFina qui défend sa politique en Birmanie, LB 16/05/2001

 

A l’occasion de l’asemblée générale 2001 du groupe pétrolier TotalFina, les sénateurs Philippe Mahoux et Josy Dubié sont revenus au Palais des Congrès de Paris, où des milliers d’actionnaires attendaient la proclamation des résultats financiers de l’année, afin d’exprimer, devant le PDG du groupe, Thierry Desmarets, leur point de vue sur la question birmane. Forts d’une condamnation officielle du travail forcé en Birmanie par l’Organisation internationale du travail (OIT) et surtout de deux nouvelles prises de position, celle du gouvernement belge, qui promet de ne pas renouveler son contrat passé avec TotalFina Elf pour la fourniture de carburants et celle de l’Union européenne, qui par la voix du commissaire Neil Kinnock se déclare prêt à s’aligner sur la position du gouvernement belge, les parlementaires belges ont une nouvelle fois dénoncé la présence de TotalFina Elf en Birmanie, la qualifiant de soutien « direct et indirect » au régime birman.

 

2001

in: OPTION, 6, févr. 2001, p.8

 

En date du 10 janvier 2001, Josly Piette, secrétaire général de la CSC, faisait parvenir Ie document qui suit aux responsables des organisations de la CSC et à travers eux à leurs affiliés, en vue de soutenir la motion de l’OIT concernant la violation des normes de travail fondamentales par le Myanmar (Birmanie) et ses effets sur la carte de carburant Totalfina.

 » Le conseil d’administration de l’organisation internationale du travail (OIT) réuni Ie 30 novembre dernier a condamné dans une résolution l’Etat de Myanmar (Birmanie) pour violation de la convention internationale n° 29 concernant le travail forcé.

Cette résolution a été approuvée après que I’on a constaté que le régime birman ne s’est d’aucune façon montré disposé à supprimer le travail forcé auquel on recourt, notamment dans le secteur touristique.

Dans le cadre de cette résolution, le directeur général, Juan SOMAVIA, a adressé une lettre aux membres de l’OlT (Etats nationaux, organisations patronales et syndicales) et aux autres organisations des Nations Unies demandant de soutenir I’OIT dans sa lutte contre Ie travail forcé et pour le respect des droits fondamentaux de l’homme.

Aussi, l’OlT lance un appel pour qu’on augmente la pression sur le régime dictatorial du Myanmar en lui imposant des sanctions économiques et autres.

Les syndicats de Grande-Bretagne, de France, des Etats-Unis et de Belgique ont pris l’initiative d’ entreprendre dans ce cadre une action commune contre les entreprises multinationales actives au Myanmar. Plusieurs grandes sociétés pétrolières sont ici visées, dont le groupe Total/Fina/Elf.

Dans le cadre d’un débat organisé par l’ULB sur l’éthique des affaires, j’ai personnellement eu l’occasion d’entendre Monsieur Alain HEILBRUNN, directeur des affaires européennes Total/Fina/Elf. Des questions lui ont été posées, entre autres sur le Myanmar et le naufrage du pétrolier Erika. Les réponses furent à ce point décevantes qu’un grand patron de l’industrie chimique lui a donné une leçon d’éthique.

Le Bureau national de la CSC de ce 9janvier 2001 a marqué son accord pour le boycot de Totalfina.

Pour l’ensemble de ces raisons, nous te demandons, si tu étais client chez eux, de bien vouloir résilier le contrat éventuel qui te lierait à cette société.»

 

2002

Geneviève Delaunoy, Des Birmans contre Total, LB 10/05/2002

 

Dépôt d’une plainte en Belgique contre le groupe pétrolier et son PDG Thierry Desmarets. Affaires et droits de l’homme compatibles ?

Les plaignants dénoncent « le soutien moral, financier, logistique et militaire apporté par la société aux nombreux bataillons militaires chargés d’assurer la sécurité du gazoduc ; (…) bataillons auteurs de violations des droits de l’homme répétées et généralisées ». Et de citer des témoignages relatant « des transports de troupes et des livraisons de grenades et munitions militaires via des hélicoptères de la copagnie. »

A la fin de l’année 2001, des plaintes pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité avec constitution de partie civile avaient été déposées contre Denis Sassou Nguesso, le président du Congo-Brazzaville, et contre la même société TotalFinaElf, très active dans ce pays.

 

2002

Lettre ouverte aux pouvoirs organisateurs de l’enseignement libre catholique de Belgique, OPTION 8 avril 2002

 

Le Parlement européen a voté, le 19 février 1998, une résolution dans laquelle il appelle pour la deuxième fois les entreprises européennes à quitter la Birmanie,dont le régime dictatorial impose ses lois qui bafouent les droits démocratiques du peuple birman.

Les firmes Pepsi, Levi’s, Interbrew, C&A, Carlsberg, Heineken, Reebok, Hewlett-Packard, Ericsson, … se sont déjà retirées de Birmanie.

Mais en renouvelant son soutien à la junte militaire par sa présence intéressée en Birmanie, la firme Total a choisi de contrevenir à cet appel du parlement européen, tout en niant les avertissements sérieux d’organisations aussi autorisées que les nations unies ou l’Organisation Internationale du Travail.

 

2003

in : Delta, 8, 2003

 

(p.19) Naar aanleiding van de « pralines-top » te Brussel waar de heren van het regime het nogmaals nodig vonden ons land en onze strijdkrachten belachelijk te maken (1), ontvingen wij van de heer A. Belmans volgende brief

 

Geachte Redactie,

 

« My fear is that if we don’t deal with the world on the basis of a partnership between Europe and America, then we will in a sense put back into the world the divisions that we wanted to get rid of when the cold war finished »

Tony Blair, 28 april 2003 bij zijn vertrek naar Moskou.

 

Nu loopt het toch écht de spuigaten uit. In dit land lopen klaarblijkelijk lieden rond die heimwee hebben naar de tijd toen Vlaanderen (althans het graafschap) nog een leen van de Franse koningen was.

Het verhaaltje van hun « Europese Defensiemacht » heeft niet in het minst uitstaans met een echte Europese constructie, alleen maar met… slippendragerij!

Slippendragerij met jammerlijke gevolgen, want « The four leaders crossed a clear « red line » (The Economist, s.d.)

Sedert tientallen jaren reeds saboteert men de voltooiing van deze Europese constructie. Een strijdmacht onder leiding van onze historische vijand krijgt nu plots wél alle aandacht.

 

Ik hoor steeds vaker zeggen dat het « Traité de l’Elysée », waarbij de As Parijs-Bonn (nu Berlijn) werd tot stand gebracht, toentertijd een geheim aanhangsel heeft gekregen: Frankrijk zou de handen vrij krijgen in België en Duitsland in Nederland. Wat er ook van aan is, de feiten bewijzen dat het die richting uit gaat.

Zoals weleer moeten wij het « Privilegium Brabantinum » inroepen, Dit wil zeggen het « jus resistendi » of het recht om in opstand te komen tegen dergelijke verknechting.

 

Wij verwerpen derhalve alle plannen om de kleine landen tot onderdanigheid aan de groten te dwingen. Joris van Severen zegde destijds: « Alles wat naar slaafsheid ruikt spuwt de gezondgebleven Dietser uit ».

Wij willen een federaal-democratisch Europa, waarin ten minste in één orgaan alle verbonden landen op gelijke voet worden geplaatst, naar het model van de Conventie van Philadelphia.

 

Gedaan met al dat gefoefel om een Duits-Franse overmacht in Europa te handhaven!

 

A.Belmans

 

2003

L. Franc, LA WALLONIE, UN PAILLASSON, POUR LA FRANCE ?, in : RE., 56, 2003, p.3-5

 

Du fait de la présence de listes pro-françaises aux élections fédérales du 18 mai et du débat qu’elles ont suscite, il nous a semble utile d’aborder le thème du rattachement de la Wallonie à la France. L’Etat belge pouvant eclater d’un moment à l’autre, les Wallons sont en droit de s’interroger quant à leur avenir institutionnel, politique et culturel. Doivent-ils préparer une union de leur région à la France ou préparer leur indépendance au sein d’une nouvelle Europe? Les animateurs de Terre et Peuple « Bannière de Wallonie  » prennent part au débat… pour ne pas laisser retentir qu’un seul son de cloche !

Un courant d’air, pas frais du tout, a soufflé sur la Wallonie et Bruxelles lors des élections fédérales du 18 mai. Etaient candidats, dans l’ ensemble des arrondissements électoraux francophones, ceux qui se présentent comme les derniers des Mohicans du mouvement wallon: les rattachistes à la France.

Ces pseudo-Wallons défendent la thèse selon laquelle la Wallonie et Bruxelles n’auront d’autre solution que de se tourner vers la France lorsque la Flandre deviendra indépendante. Il s’agit en fait de francolâtres qui se font de l’Etat français une idée pour le moins surfaite et une piteuse idée de leur propre région.

Comme il était prévisible, les résultats engrangés par leur formation – le Rassemblement Wallonie France – Rassemblement Bruxelles France (RWF-RBF) – furent médiocres. Malgré un appui médiatique non négligeable et une bonne occupation du terrain, le RWF-RBF n’obtient guère plus de 2 % des voix en moyenne. Des résultats qui ne leur permettent pas de décrocher un seul siège et qui prouvent qu’ils ne bénéficient pas d’un réel soutien populaire! Tel est le problème des rattachistes.

 

Une présence électorale symbolique

 Jusqu’aux élections précédentes, la politique de ces « Français de coeur » se résumait à l’infiltration des partis traditionnels. Leur influence au sein de ceux-ci, en particulier du PS, aurait atteint des proportions non négligeables. Et il n’est pas rare que certaines personnalités wallonnes fassent part de leur sympathie à l’égard du mouvement. Citons par exemple le socialiste Robert Collignon, président du Parlement rég ional wallon, qui déclara, le 9 décembre 2000 à Lille : « … si un jour la Flandre décidait de l’inutilité de la Belgique, alors la Wallonie se tournerait naturellement vers la France « . Mats cette politique d’infiltration des milieux décisionnels wallons, qui devait à terme leur apporter une certaine légitimité, a ses limites. Et c’est justement parce qu’ils ont mesuré ces limites que les rattachistes ont choisi de participer au manège électoral.

 En effet, seules les élites économiques et politiques wallonnes ont aujourd’hui connaissance de l’hypothèse unioniste. Au sein du bon peuple wallon, la proposition d’union avec la France apparaît plutôt saugrenue, parce qu’anachronique. Combien de Wallons sont, en effet, convaincus que l’Etat belge est en bout de course ? Le constat rattachiste est simple : si l’Etat belge venait à disparaître, la cause rattachiste souffrirait de l’impréparation psychologique des Wallons et Wallonnes. C’est bien sûr pour palier cette impréparation que les unionistes ont décidé de participer aux élections. Le temps est venu de conscientiser le petit peuple.

 

Des arguments douteux

 

Pour convaincre les Wallons que leur avenir est avec la France, ces rattachistes mettent en avant quelques arguments. Mais force est de constater que la plupart de ceux-ci ne résistent pas à l’analyse. On peut même dire que ces arguments sont pour le moins légers tant ils révèlent d’emblée un parti pris.

Le principal argument est d’ordre alimentaire. En choisissant la France, les Wallons assureraient leur bien-être socio-économique et bénéficieraient d’un système très performant de sécurité sociale (sic). Tant en matière d’emploi qu’en matiére de sécurité sociale, la solution passerait par l’ Etat français. Pourtant, les investissements français en Wallonie n’ont pas souvent été les plus profitables ni les plus généreux. En comparaison, on devrait plutôt se féliciter des investissements allemands. Citons notre fameuse sidérurgie qui est aujourd’hui (p.4) honteusement sacrifiée par Usinor au nom du capitalisme apatride. Que pensent les milliers de métallos, futurs chômeurs, de la toute théorique solidarité nationale française? Evoquons aussi la situation économique de certaines régions françaises toujours à la limite du sous-développement (Nord, Ardennes, …) et qui peinent pour sortir de l’omière. Pourquoi l’Etat français apporterait-il à la Wallonie ce qu’il a été incapable d’ apporter à ses départements défavorisés? Nous présenter le rattachisme comme la solution aux problèmes

économiques de la Wallonie est malhonnête.

 

Dans le dernier tract électoral rattachiste, un pavé intitulé « Et nos pensions ? » relate tous les avantages sociaux auxquels les Wallons auraient droit en devenant français. Les Wallons sont, dans ce texte comme dans d’ autres, dépeints comme des aspirants à l’assistance. L’image du Wallon fainéant, déjà fort répandue dans le Nord du pays, s’en trouve renforcée. Il suffit de

lire le pseudo-programme du RWF-RBF, consultable sur internet (1), pour constater que rattachisme rime avec assistanat . Nulle part il n’est fait mention d’une prise en mains par les Wallons de leur avenir social. Nulle part les Wallons ne sont invités à se mobiliser en vue d’accomplir un quelconque effort social ou économique. Etre rattachiste, c’est choisir le camp de la démission . La position des francophiles est d’ autant plus douteuse qu’ on sait qu’il existe des différences de qualité en matière de soin de santé entre la Belgique et la France. Quoi qu’on en dise, la Belgique est un pays où on est correctement soigné. On ne peut pas toujours en dire autant de certains hôpitaux publics français. En outre, cet assistanat social français, qui nous est présenté comme un joyau, n’est pas nécessairement plus sûr, plus viable, que le système redistributif belge ou une future structure sociale europeenne. Les actuelles

grèves dans l’Hexagone démontrent à suffisance que l’avenir des soins de santé ou des pensions est aussi aléatoire en France, qu’en Allemagne ou en Belgique. L’union avec la France ne garantirait en rien le maintien d’une sécurite sociale, tout simplement parce que

l’avenir de celle-ci dépend plus du contexte économique et démographique que d’institutions.

 

Un autre argument avance en faveur de l’annexion à la France est le niveau d’imposition des petits et moyens revenus dans ce pays. Exemples à l’appui, les candidats du RWF-RBF, qui rasent gratis sur le compte des  » compatriotes français », affirment que les petits wallons ont tout à gagner à devenir des contribuables français, Malheureusement, ils se gardent bien de tout comparer. Aussi, les petits contribuables wallons pourraient étre informés du pouvoir d’achat de certains français dont la condition critique ne le cède en rien aux défavorisés belges. En France aussi, il y a des gens dont les fins de mois sont difficiles. Les rattachistes

pourraient également informer ces petits contribuables wallons de la taxation désavantageuse des revenus locatifs en France, laquelle se répercute inévitablement sur le prix des loyers. Il en va de méme pour les avantages très étendus dont bénéficient les propriétaires belges en vue de l’acquisition et la conservation de leur habitation. Que restera-t-il de ces avantages une fois

l’ annexion réalisée? On peut aussi parler de la fiscalité automobile dont se plaignent tant de Belges et qui est nettement moins lourde en France. II est vrai qu’en Belgique les autoroutes (éclairées) sont gratuites et qu’on mesure difficilement tout l’ avantage que cela représente, en particulier pour les entreprises. En devenant français, les Wallons aux petits reven us ne pourront que se féliciter de payer leurs trajets autoroutiers au méme prix que les Wallons aux gros revenus. Egalité, fraternité, … A vrai dire, ce dont les Wallons ont besoin, c’ est de moins de populisme fiscal et de plus d’honnêteté intellectuelle.

 

Au-delà des considérations sociales, économiques et alimentaires des francolâtres, il faut encore évoquer quelques arguments philosophiques et politiques. En effet, les unionistes prétendent qu’avec la France, les Wallons auront enfin  » un vrai pays, la restauration du sens de l’Etat et de l’intérêt général ainsi que la sécurité institutionnelle ». Que doit-on comprendre, hormis qu’ils ne peuvent concevoir l’unité politique que sous la forme archaïque de l’Etat-nation? Les rattachistes, dinosaures jacobins, savent-ils seulement ce que représentent le sens de l’ Etat et l’intérét général? Des affairistes, qui jouent des coudes à Paris dans l’ espoir d’embrasser une hypothétique carrière à l’UMP ou au PS français, peuvent-ils vraiment savoir ce qu’ est l’intérét général? Peut-on également pretendre que la conscience de l’intérét géneral est plus répandue en France qu’ailleurs? Il suffit de se promener dans ses chaleureuses banlieues, où sévissent les  » jeunes », pour découvrir ce  » vrai pays, son sens de l’Etat et de l’intérét général ». Force est de reconnaître que la France de ces Wallons, magnifiée à l’extréme, est un cliché sorti des poussiereux livres d’histoire du XIXème siècle. Il est plus que temps de renouveler la bibliothèque du RWF-RBF !

 

(p.5) La haine de l’Europe des régions

 

Nous l’avons déjà souligné, les rattachistes n’éprouvent aucune sympathie pour les régions et, a fortiori, pour les identités régionales. Le régionalisme du RWF-RBF ne repose pas sur une prise de conscience identitaire wallonne. C’est un régionalisme de façade, transitoire et déraciné. C’est un régionalisme de réaction face à la prise de conscience identitaire de nos voisins flamands et au complexe d’infériorité qu’elle provoque en eux. Leur Wallonie, ce n’est qu’un assemblage de départements arrachés à la mère patrie, pas une terre vivante de traditions et de culture. D’ailleurs, lorsqu’ils disent vouloir défendre leur langue, les rattachistes ne pensent qu’au français et jamais ils n’évoquent la langue wallon ne. Celle-ci subsiste pourtant toujours. Parlée par de vrais wallons, elle a résisté à l’ emprise globalisante (et donc totalitaire) du français !

 

Dans leur prose, les rattachistes présentent l’Europe des régions comme une coquille vide. Mais comment pourrait-il en être autrement? De nombreux hommes d’Etat et sous-politiciens, attachés à leurs privilèges nationaux, s’ emploient sans cesse à réduire l’influence des régions. Cette attitude est flagrante dans la « décentralisation » mise actuellement en place dans  l’Hexagone. Les rattachistes mentent lorsqu’ils prétendent qu’une Europe de 400 régions serait ingérable. Ils feignent d’ oublier les principes fédéraux de répartition exclusive de compétences et de subsidiarité. C’est l’Europe des états-nations qui est ingérable, parce que

les dirigeants jacobins imposent en permanence le compromis, parce qu’ils refusent de céder définitivement certaines de leurs compétences.

 

Bruxelles, territoire d’outre-terre

 

Selon les jacobins wallons, la région bruxelloise deviendrait, comme la Wallonie, territoire français. Cela est d’autant plus surprenant que la région bruxelloise est géographiquement en territoire flamand et qu’historiquement Bruxelles (Brussel en flamand) est une ville flamande. Les Flamands, y compris ceux de la périphérie, accepteraient-ils un appendice de l’Etat français au beau milieu de leur pays? Et qu’adviendrait-il des Flamands de Bruxelles? Seraient-ils, comme les Flamands de France, francisés de force? Les rattachistes s’inquiètent de la flamandisation de Bruxelles et même de l’ emploi grandissant de l’anglais. Mais s’inquiètent-ils seulement des changements démographiques qui s’opèrent dans la capitale et qui aboutiront plus sûrement à son islamisation? Pas courageux, nos fransquillons préfèrent bien évidemment éviter les sujets qui fâchent. Celui de l’immigration mérite pourtant tout leur intérêt, tant ici qu’en Seine-Saint-Denis.

Lionel FRANC

 

(1) http:www.ifrance.com

 

2004

André Belmans, AU PAYS DU SURREALISME, 2004

 

On ne peut sans risques exprimer la moindre pensée désobligeante à l’égard des Juifs, des Musulmans, des Turcs ou d’étrangers en général, mais les Flamands et les Wallons peuvent s’invectiver à volonté. Aucun tribunal n’y verra une manifestation de racisme. Il s’agit là d’un folklore, qui appartient au domaine public.

 

Après chacune des grandes guerres ceux qui avaient voulu, avec l’ aide de l’ occupant, lotir le pays furent traités d’inciviques et sévèrement condamnés. Cependant nos mandataires politiques, s’étant avisé du parti qu’ils pouvaient en tirer, décidèrent d’officialiser l’existence d’une Flandre et d’une Wallonie. Nos hommes d’Etat ayant eux-mêmes repris le f1ambeau de la désagrégation, les Belges furent par mille moyens contraints de se reconnaître Flamands ou

Wallons.

 

Depuis lors les hommes politiques peuvent sans honte faire passer les particularismes avant l’intérêt commun. L’instauration d’un semblant de fédéralisme eut pour effet de faire disparaître les partis fédéraux. Il n’est même pas certain qu’un parti bilingue et véritablement fédéraliste soit encore toléré.

 

I1 résulte de cette dérive que le citoyen belge, qui est resté conscient des atouts de la solidarité de toutes les composantes de l’espace belge, n’a plus voix au chapitre. lI est devenu un apatride dans son propre pays. Autant dire un incivique, un mauvais citoyen. De toute façon un gêneur.

 

A Bruxelles, capitale d’une Europe en formation, on demande même à l’électeur, lors des scrutins, de faire un choix préalable entre listes flamandes et listes francophones, On ne peut se méprendre sur le sens de cette invitation alors qu’il n’existe aucune liste spécifiquement bruxelloise.

 

Provisoirement toléré, le récalcitrant se demande ce qui lui pend au nez avec

l’approfondissement constant de la régionalisation et le penchant à la tolérence zéro.

 

Avant chaque élection les dirigeants des partis francophones jurent leurs grands dieux qu’il ne participeront plus à aucune nouvelle avancée communautaire. Serment d’ivrogne. Chaque fois ils trouvent des raisons majeures pour justifier leurs reniements.

 

Nos dirigeants politiques ont conçu un régime politique, qui pourrait peut-être convenir à une île au milieu de l’océan mais pas à un pays exposé comme le nôtre.

 

2004

Andre Belmans, E DIVERSITATE UNITAS / HISTORIA DOCET, 2004

 

Depuis le Serment de Strasbourg (842) et le Traité de Verdun (843) la France n’a cessé pendant plus d’un millénaire de mener une politique anti-européenne. Après avoir, avec son complice allemand, détruit la construction européenne inachevée de Charlemagne, elle s’est obstinée à entretenir la discorde et à combattre toute puissance pouvant la gèner dans ses rêves impérialistes.

 

Au Traité de Rome (1957), qui fut avant tout l’oeuvre de ce qui reste de la Lotharingie et, en particulier des pays du Benelux, la France a aussitôt opposé l’ Axe Paris-Bonn (1962) afin de s’assurer le maintien d’une prédominance.

 

A Paris on n’ a toujours pas compris que l’ orgueil et l’ égoïsme des Etats-Nations sont une des causes premières de la déchéance politique actuelle de l’Europe. Le concept de nation, dont la France s’enorgueillit d’être la protagoniste mais que d’autres ont repris, a fini par terrasser la France elle-même (1815, 1870, 1940-1944). Que serait aujourd’hui la France et l’Europe sans l’intervention des Etats-Unis lors de la dernière guerre mondiale.

 

Fondé sur la négation de l’identité européenne, le concept d’Etat-Nation est le principal obstacle à l’unité. Il ne fait qu’entretenir une atmosphère de méfiance. Est-ce si difficile à comprendre? En outre l’idée de nation rend les pays, qui s’y accrochent, inaptes à participer valablement à la reconstruction d’une Europe forte. Les réticences de la France elle-même en apportent la confirmation.

 

La diversité n’est pas un obstacle mais un avantage du moins si on se préoccupe d’orienter sincèrement les différences vers une harmonie des complémentarités et non pas vers des antagonismes. La poursuite de politiques de puissance particularistes sème le doute et la défiance. Cela paraît clair.

 

Les conceptions politiques françaises sont une des causes principales pour laquelle le projet de nouvelle constitution pour l’Europe soulève tant de méfiance, non seulement au sein des petits pays et des pays de l’Est, mais même au sein des pays que le Traité de Rome avait uni.

 

Il est exclu que l’Europe puisse supporter longtemps une tutuelle des plus grands, ni cette propension à règlementer non seulement ce qui doit l’être mais même ce qui peut l’être.

 

Des journalistes chevronnés, qui en ont tant vu et entendu, se demandent jusqu’à quel point l’accord franco-allemand est sincère et durable. Il vont jusqu’à se poser la question: qui trompe qui?

 

Nous nous souvenons des monceaux de livres publiés des deux cotés de la frontière franco-allemande dont le but le plus clair était d’ entretenir une athosphère de mépris et de haine entre les deux peuples. Nous avons vécu le temps où pendant que la France se prélassait sous le régime du Front Populaire, Von SEECKT préparait en silence une nouvelle armée allemande plus puissante que celle du Kaiser. Nous avons vu en 1940 les « pantzerdivision » dévaller en quelques semaines vers l’ Atlantique et les Pyrénées.

 

Pour expliquer ce désastre sans précédent le Premier Ministre français ne trouva d’autre cause que la trahison du Roi des Belges. Cette explication servi ensuite à jeter la zizanie parmi les Belges et dans la foulée elle provoqua des dispositions constitutionnelles, qui conduisent le pays à sa désintégration. Un fédéralisme fondé sur une dualité nationaliste est inviable à terme. C’est du simple bon sens.

 

L’incommensurable naïveté des Belges fait pendant à la fourberie historique de la politique française. Déjà au XVIIIè siècle la République des Provinces Unies avait pour règle « Gallia amica sed non vicina’. Nous voulons bien être amis de la France mais non ses voisins. Il était à ce point patent que la France ne pouvait s’empêcher d’intriguer dans ses pays voisins, préoccupée qu’elle était d’arrondir son territoire pour atteindre ses  » frontières naturelles:’.

 

Aujourd’hui des esprits bien informés de l’histoire diplomatique, craignent que

l’élargissement de l’Union Européenne n’amène les ambitions françaises et allemandes à s’ affronter à nouveau. L’ Allemagne gagnera une position centrale et la France voudra contrebalancer cet avantage par des alliances plus à l’Est dans le dos de l’Allemagne. Et l’histoire se répètera.

 

Pour comble d’aveuglement la France Gaulliste s’est lancée dans une campagne d’hostilité vis-à-vis des Etats-Unis. Cette campagne systématique peut mener les Américains à se désintéresser de l’Europe. En fin de compte on verra le centre de gravité de la politique mondiale se déplacer du monde de l’Atlantique vers celui du Pacifique où de nouvelles grandes puissances s’ ébrouent.

 

Bien entendu il ne s’agit pas d’approuver toutes les initiatives américaines mais de faire preuve de réalisme et de donner la priorité absolue à la construction d’une Europe enfin pacifiée. Tant que cette construction n’est pas achevée l’anti-américanisme est plein de risques.

 

Si on veut que l’unification européenne entreprise réussisse les anciennes grandes puissances doivent renoncer à leurs traditions politiques de puissance. Elles doivent jouer le jeu honnêtement et accepter les règles de la loyauté fédérale. Sinon ce sera un échec retentissant dont les plus grands pays auront le plus à souffrir.

 

2004

André Belmans, E DIVERSITATE UNITAS / GEOPOLITIEK, 2004

 

Senator Hubert LEYNEN schreef eens in « Het Belang van Limburg » dat de noodzaak van Benelux-samen werking niet bewezen moet worden. « Het volstaat een blik te werpen op een kaart van West-Europa om ervan overtuigd te zijn. »

 

De Benelux-landen ontlenen hun samenhang onder meer aan hun ligging tussen drie gewezen grootmachten, die hun vroegere ambities nog lang niet hebben afgezworen. Het mag ons niet verwonderen dat ze, om hun verlies aan macht in de wereldpolitiek enigszins te compenseren, hardnekkig pogen kleinere landen in hun vaarwater te krijgen.

 

En dit des te meer daar de Lage Landen het meest ontwikkelde deltagebied ter wereld en tevens een met heel Europa verweven verkeersknooppunt zijn. Ze zijn terzelfdertijd een gebied met grote en kleine havens en een « roundabout-country ». Alleen hun eigen inwoners onderschatten deze geopolitieke betekenis.

 

Hun gunstige ligging en hun infrastructuur verklaren hun bevolkingsdichtheid en hun benijdenswaardige welvaart.

 

Al deze natuurlijke gegevens en het vredelievende karakter van hun bevolking sporen deze landen aan zich spontaan voor alles wat de verstandhouding in Europa kan bevorderen in te zetten,

 

Daarom ook willen ze zich op gelijke afstand van de drie gewezen grootmachten, hun buren, houden. Ze weten dat ze zich er niet toe mogen laten verleiden in dezer onderlinge twisten partij te kiezen, De ondervinding heeft hun geleerd dat ze, telkens wanneer ze zich in het vaarwater van een van hun buren wagen, mogen verwachten het slachtoffer van het ongenoegen van de beide andere te worden.

 

Ook zijn ze wijselijk op hun hoede als continentale buren beweren een einde aan hun eeuwenoude vijandschap te maken en zelfs een exclusief bondgenootschap aangaan.

 

In geopolitiek opzicht is de positie van de Lage Landen met die van geen enkel ander deel van Europa te vergelijken, behalve misschien met die van Polen, dat tot driemaal toe onder machtige buren werd verdeeld en zelfs territoriaal werd opgeschoven.

 

Wanneer bekwame staatslieden deze feiten in acht nemen en hun troeven behendig weten uit te spelen, gaan onze landen een schitterende toekomst tegemoet. Dan zullen politieke  commentatoren de samenwerkende Lage Landen opnieuw « het laboratorium van Europa », « the cockpit of Europe » of « het kloppende hart van Europa » noemen.

 

2004

André Belmans, FRANKRIJK BEGAAT EEN HISTORISCHE VERGISSING, 2004

 

Het is een oude droom van het Gaullistisch Frankrijk een Europese Defensiemacht te zien tot stand komen. Dankzij zijn atoomwapen zou het daarin de bovenhand hebben.

 

Het is een van die strategieën die Frankrijk beraamt om zijn overwicht in Europa te verzekeren en te bestendigen. (Une Ambition Française door Alain Duhamel – Ed. Plon). Er is wenig kans dat Frankrijk in een dergelijk opzet slaagt. Trouwens wat betekent een defensiemacht zonder een heuse Europese politieke macht?

 

Het tijdperk van de Natiestaten is voorbij. Wij beleven een schaalvergroting. Er stellen zich steeds meer problemen die nog slechts op continentaal of subcontinentaal niveau kunnen worden opgelost.

 

Van een evenwichtige verhouding tussen de Europese en de Amerikaanse pijlers van het Atlantisch Verbond kan er alleen sprake zijn wanneer al de Europese partners eraan verzaken zich als natiestaat te doen gelden. Dat wil zeggen dat zij het princiep van de « souveraineté une et indivisible » moeten laten varen , dat zij aanvaarden dat het Europees belang voorrang heeft op het nationaal belang.

 

Dus ook geen vetorecht meer in om het even welk Europees orgaan. Wel democratische besluitvorming van gelijkgestelde partners zoals voorgeschreven door de Conventie van Philadelphia (1787) d.w.z. een stelsel van twee wetgevende kamers waarvan de ene proportioneel is samengesteld en de andere paritair.

 

Het houdt ook in dat alle particuliere allianties binnen de Unie (zoals de As Parijs-Berlijn) uitgesloten zijn. Bovendien verplicht het de lidstaten tot federale loyaliteit en veroordeeit het alle achterbakse intriges en aparte afspraken zoals deze namens « la Francophonie » of nog « l’Afrique Française ».

 

Alleen met inachtneming van deze voorwaarden kan Europa als dusdanig nog een factor van betekenis worden in de wereldpolitiek.

 

De Verenigde Staten leren hoe in een tijdspanne van amper twee eeuwen een geduchte wereldmacht kan worden opgericht. Moest Europa de regels voorgeschreven door de Conventie van Philadelphia in acht nemen het zou in korte tijd de Amerikaanse macht evenaren en zelfs overtreffen. Het was een Fransman Alexis de Tocqueville, die reeds in 1848 voorspelde dat de Verenigde Staten van Amerika een wereldmacht zouden worden. (De la Démocratie en Amérique).

 

Maar het Gaullistische Frankrijk wil er niet van weten. Het blijft onwrikbaar trouw aan de aloude Machiavelistische richtlijnen van Richelieu. Het waant zich nog steeds een machtscentrum met satellietstaatjes, vazalstaatjes en invloedsferen waarin strategische ondernemingen worden opgekocht en ijdele politici worden omgekocht. In tijden van oorlog spreken de wapens en in vredestijd haalt men zijn slag thuis met geld.

Met zulk een partner gaat Europa nog bittere teleurstellingen tegemoet. Spaak had dat al vijftig jaar geleden voorzien. Met zijn Bonapartistische  geestesgesteltenis is Frankrijk onbekwaam een nuttige bijdrage te leveren tot de opbouw van een Verenigd Europa. Het sleurt integendeel Europa mee in zijn teloorgang. (Alain Peyrefitte: Le Mal Français. Ed. Plon).

 

Andermaal begaat Frankrijk een historische vergissing. Het meent dat Europa slechts kan verenigd worden dankzij een strijd tegen een gemeenschappelijke vijand en dat deze vijand thans de oppermachtig geworden Amerikaanse Unie is.

 

Deze mening knoopt aan bij oude herinneringen. Sedert de Honderdjarige Oorlog hebben de Angelsaxers steeds de Franse ambities in de weg gestaan. Zij hebben Lodewijk XIV gedwarsboomd. Zij hebben de inspanningen van Bonaparte verijdeld. Zij hebben het meesterschap over de wereldzeeën veroverd. Zij hebben een wereldrijk gesticht waarvan de luister deze van het Franse overtrof.

 

Bij de teloorgang van deze « imperia » heeft de Atlantische dochter van het Britse Rijk het heft overgenomen. De Amerikaanse monomacht zit Frankrijk dwars. Zij heeft dit land de opperste vernedering toegebracht toen zij Frankrijk uit een hachelijke Duitse bezetting heeft bevrijd.

 

Generaal de Gaulle heeft veel bijgedragen om deze aloude Franse geestesgesteltenis weer op te wekken en diep in te prenten. Sedert lang reeds voor de crisis met Irak ontwikkelde de Franse propaganda stelselmatig een anti-amerikaanse stemming.

 

Aan historisch besef heeft Frankrijk geen nood. Maar het mist toekomstvisie. Zijn onstuimig Gallische temperament verblind zijn oordeel. Zijn impulsieve president speelt in op het door De Gaulle weer aangewakkerde grootheidswaanzin.

 

De politieke leiders van Frankrijk schijnen niet in te zien dat er in Azië nieuwe wereldmachten gereed staan om aan te treden. Nochtans was het een Fransman, Alain Peirefitte die in 1973 een lijvig boek publiceerde « Quand la Chine s’éveillera, Ie monde tremblera ». Waarop hij in 1996 een vervolg schreef: « La Chine s’ est éveillée ».

 

Maar er is niet alleen China met zijn miljard twee honderd miljoen inwoners. Er is ook India dat het miljard inwoners heeft bereikt. In de buurt zijn er nog meer landen met snel toenemende bevolking en met een cultuur en een geschiedenis die veel ouder zijn dan deze van Europa. De gewezen Duitse kanselier Helmut Schmidt, meent dat deze landen zich binnen de halve eeuw zullen doen gelden. (Menschen und Mächte).

 

Wat betekenen daar tegenover onze Europese Natiestaatjes, die nog geen honderd miljoen inwoners tellen?

 

Wat men ook moge denken van de Amerikaanse initiatieven, het is een grote vergissing op dit ogenblik een breed front op te zetten tegen de Verenigde Staten. Moesten deze aan het tanen gaan voordat Europa zelf een geduchte macht is geworden, dan staat ons Aziatisch schiereiland bloot aan de ambities van de nieuwe wereldmachten uit het Oosten.

 

Een gevolg daarvan zou kunnen zijn dat het centrum van het wereldgebeuren zich veplaatst naar de boorden van de Stille Oceaan waar de Verenigde Staten nog een rol te spelen hebben . De Angelsaksers zijn niet de vijanden van Europa. Zij hebben het herhaaldelijk bewezen.

 

André BELMANS

(Brussel, Maart 2003)

 

2004

André Belmans, THE PACIFICATION OF EUROPE, 2004

 

The European Union will soon consist of 6 large and medium-sized countries and 19 small countries. The former will, together, hold a Total of 441 seats in Parliament while the latter will hold 291.

 

This difference in weight is not necessarily cause for alarm. However, the difference in focus gives grounds for concern: most countries focus on the common interests of Europe but a few have not yet overcome their deep-rooted tradition of power politics.

 

Why are member-states of the European Union finding it so difficult to draft a constitution that is satisfactory all-round? Quite simply because the necessary trust is lacking. Why is it lacking? Because of the power politics of yesteryear. Evidently, several former major powers consider the European unification to be a means to recover some of their lost dominance. They Me not in the least bit working at a voluntary and durable pooling of forces in Europe. With every passing day it becomes clearer that a unified Europe is, in their eyes, a new, prolific battlefield on which to assert their well-known hunger for power.

 

An alliance between states, be it a federation or a league of nations, can thrive and survive only when the of dominance by one member or a coalition of members is out of the question. Indeed, it assumes strict adherence to the rules of federal loyalty.

 

The European Union, formerly the European Community, is a half-century old and we can draw some lessons from her short history already.

 

In the Fifties, the countries of the Benelux managed quite easily to win the approval for their draft founding treaty – the 1957 Treaty of Rome – of three larger countries: France, Germany and Italy. No hidden agenda was suspected when the three small countries of North-Western Europe took these steps.

 

‘This embryonic European union was barely formed when General de Gaulle, back at the helm, unexpectedly responded with the Paris-Bonn axis. Quite patently to

keep a tight rein on the union as he saw fit. He did this of his own volition without consulting his partners.

 

Paul-Henri Spaak, the main founding father of the Treaty of Rome, saw it immediately for the danger it was. In his memoir, Combats Inachevés (Ongoing Battles), he wrote that the French-German alliance did not hold with the spirit of the Treaty of Rome:

 

« This treaty brings an extra body into the Community, one that was not expected and, alas, I am sure, one that will make things harder… »

 

Ever since the 1962 Treaty of the Elysée – which established the Paris-Bonn axis – we have been witnessing signs, and increasingly so, that the two former great powers consider the smaller countries to be mere satellite states. They make deals with one another which they then bully the smaller countries into accepting.

 

Whenever the latter recoil in horror at various imperial decisions or proposals, they are vilified as obstacles to the good of Europe. Nobody points the finger at the power-hungry countries.

 

Furthermore, the former great powers think nothing of transgressing established regulations whenever it suits them, as, for instance, in the context of the Stability Pact . If their shamelessness knows no bounds before a new constitution has been agreed upon, imagine their impudence when they surmise the smaller countries to be in their pocket

 

The idea of a two-gear Union, which was resurrected after the rejection of the Plan Giscard, is founded on a gross misapprehension – unless it carries a hidden agenda.

 

The expectation that the smaller countries will follow suit quite willingly confirms the imperial mentality of some nation and government leaders. The European Core will operate as a scaremonger. The extraordinary attitude of the core-countries in foreign affairs will certainly not be conducive to the acceptance they hope for.

 

A European Core, centred around the Paris-Bonn axis, will, in fact, be seen as a foreign body within the Union. The question will always be: ‘What are the former great powers plotting? »

 

What’s more, the two allies may one day strive for different goals, not an unthinkable proposition, and from that day on, a repeat of the mad situations of a bygone era will be inevitable.

 

In his extraordinary book Diplomacy Henry Kissinger writes that Gaullist France makes the same mistakes as Napoleon III. A lack of geopolitical insight, ideology and delusions of grandeur lead him to take erroneous steps which had disastrous consequences.

 

A historical example

 

A fundamental question facing the European Union, the number one question, concerns peace: what precautions can be taken to prevent the larger countries from causing mayhem again, from seeking to achieve long-desired national goals?

 

At the time of their inception, the United States of America faced the same problem. Some of the former colonies were powerful, other were weak. Under extraordinary leadership, the members of the Philadelphia Convention found a solution. They devised a fully empowered Senate in which all partners were placed on equal footing by being given equal weight.

Alongside the Senate, a Chamber of People’s Representatives – Congress – was created, assembled proportionally. Laws were to be passed through both.

 

Equal weighting ensures the Senate remains a forum for considering the interests of the Union as a whole. Equal weighting renders the formation o f internal alliance s

impossible. In order to function properly, in order to enable the trade-off between the interests of the Union and those of its members, the Senate has to be a separate body.

 

The merit of the American structure is underscored when one considers that the United States counts fifty members. The European Union, on the other hand, struggles to find a solution for a Union of twenty-five members. What’s more, the American structure has functioned very well for over two centuries, a time span in which France has eroded a dozen constitutions.

 

The fact that the larger European states reject such a structure corroborates all suspicions that their intentions are dishonest. And yet: Fas est ab hoste doceri.

 

The big question is whether all European states are ready for a European Euro pe.

 

2007

Hubert de Sy (Vlaamse nationalist (1921-)), in: Knack 28/11/2007

 

“Nationalisme is enkel een vorm van reactie tegen excessen van meestal discriminerende jakobijnse regimes.”