1986

Gaudin, prénom: Louis, LB 27/05/1986

 

Chef du groupe UDF à l’Assemblée nationale française, Jean-Claude Gaudin a estimé lors d’un dîner, suivant « Le Monde », que la popularité du président Mitterrand était artificielle et a comparé celui-ci à une sorte de « Roi des Belges à la française ».

 

1989

G.T., in : VA, 1989

 

Roger Viroux, bourgmestre de Fosses : « Non à José Happart »

Dans une lettre adressée en son nom personnel, le député au Parle­ment Européen José Happart, « pre­mier élu des Fourons » vient d’adres­ser à tous les bourgmestres de Wal­lonie une lettre dans laquelle il attire leur attention sur une activité qui va être organisée le 21 mars prochain dans toutes les municipalités de France « pour commémorer la Dé­claration des Droits de l’homme » : la plantation d’un bouleau, arbre de la liberté. Et le Député José Happart explicite sa démarche en soulignant que la Wallonie étant très proche par sa langue, sa culture et ses principes démocratiques de l’Etat français, il souhaite que toutes les communes de Wallonie s’associent pour prou ver leur attachement indéfectible à la Communauté de langue française d’Europe. En conclusion M.Happart demande aux bourgmestres de lui faire connaître leur décision afin d’en informer l’ensemble de la population wallonne et les autorités françaises. Le nouveau bourgmestre de Fosses-la-ville, Roger Viraux, l’un des plus brillants défenseurs de la langue wallonne et historien féru, estimant que la seconde partie de la lettre fait dévier la première, a répondu à M. Happart avec le texte ci-après : « Je ne planterai pas d’arbre le 21 mars. Je ne veux pas commémorer une révolution étrangère qui nous a valu une invasion suivie de 20 ans d’occupation accompagnée d’un pillage systématique de notre pays, d’emprisonnements, de tortures et d’assassinats de nos résistants pa­triotes,

Je penserai ce jour-là plutôt à nos jeunes gens embrigadés de force dans les armées de l’occupant qui ont souffert ou sont morts dans une terre étrangère dans un uniforme étranger et je planterai un arbre le 21 juillet en souvenir de l’indépendance de notre pays et de notre révolution de 1830. Ceci dit, ajoute encore M. Viroux, je ne vous félicite pas pour votre aliénation à l’étranger. A votre place je ne serais pas fier. En termi­nant M. Viroux invite Monsieur Happart à réfléchir à ce sujet.

 

 

Le bouleau…, in : LB 02/03/1989

 

José Happart vient d’écrire à tous les bourgmestres wallons pour attirer leur attention sur une activité qui sera organisée le 21 mars dans chaque municipalité de France, à savoir la plantation d’un arbre de la liberté (en l’occurrence un bouleau) pour commémorer la Déclaration des droits de l’homme… et pour leur demander de faire de même.

C’est que, explique le premier élu de Fourons, «la Wallonie est très proche par sa langue, sa culture et ses principes démocratiques de l’Etat français». Dès lors, il souhaite que toutes les communes de Wallonie imitent leurs consœurs françaises «pour prouver leur attachement indéfectible à la Communauté de langue française d’Europe».

Enfin, le député socialiste européen demande que les bourgmestres l’informent de leur décision afin qu’il puisse en informer la population wallonne… mais aussi – serait-il un agent du Quai d’Orsay ? – «les autorités françaises».

… ou le chêne ?

L’initiative témoigne d’une francophilie aussi exacerbée que déplacée. Elle est, au reste, peu suivie et suscite des réactions négatives. A lire, par exemple, celle de la commune de Dour sous la plume de son premier échevin, M. Jacques Lefèvre, qui est aussi le secrétaire politique du P.S.C.

Tout en marquant évidemment son attachement aux droits de l’homme, M. Lefèvre s’étonne de la date choisie, qui est celle fixée par les municipalités de France : «Comme Wallons -et fiers de l’être – nous pensons que nous devons nous-mêmes prendre nos responsabilités. C’est pourquoi Dour donnera un relief particulier à la commémoration de la Déclaration des droits de l’homme… mais lors des fêtes de Wallonie et de la Communauté française, le 27 septembre.» M. Lefèvre précise aussi – In cauda venenum – que l’arbre de la liberté qui sera planté sera un chêne et non un bouleau «car le bouleau est un arbre qui plie et s’incline trop souvent».

Voilà un envoi bien… planté !

 

 

Roger Viroux / Un ferme non à José Happart, DH 10/03/1989

 

Dans une lettre adressée en son nom personnel, le député au Parle­ment européen (José Happart, « premier élu des Fourons » vient d’adresser à tous les bourgmes­tres de Wallonie une lettre dans la­quelle il attire leur attention sur une activité qui va être organisée le 21 mars prochain dans toutes les municipalités de France  « pour commémorer la Déclaration des  droits de l’homme » : la plantation d’un bouleau, arbre de la liberté. Et le député José Happart expli­cite sa démarche en soulignant que la Wallonie étant très proche par sa langue, sa culture et ses principes démocratiques de l’Etat français, il souhaite que toutes les communes de Wallonie s’associent pour prouver leur attache-ment indéfectible à la Communau­té de langue française d’Europe. En conclusion, José Happart demande aux bourgmestres de lui faire connaître leur décision afin d’en in­former l’ensemble de la population wallonne et les autorités françai­ses.

Le nouveau bourgmestre de Fosses-la-Ville, Roger Viroux, l’un des plus brillants défenseurs de la langue wallonne et historien féru, estimant que la seconde partie de la lettre fait dévier la première, a répondu à M. Happait avec le texte ci-après :

«Je ne planterai pas d’arbre le 21 mars, le ne veux pas commé­morer une révolution étrangère qui nous a valu une invasion suivie de 20 ans d’occupation accompagnée d’un pillage systématique de notre pays, d’emprisonnements, de tor­tures et d’assassinats de nos ré­sistants patriotes ».

 

 

José HAPPART

Député au Parlement Européen

Premier élu des Fourons

 

Liège, le 13 février 1989,

 

A l’attention de Mesdames et Messieurs les Bourgmestres de WALLONIE.

Madame le Bourgmestre, Monsieur le Bourgmestre,

 

Je prends la liberté de cet envoi pour attirer votre attention sur une activité qui va être organisée le 21 mars prochain dans toutes les municipalités de France.

En effet, ce jour là, dans chaque municipalité de France, on va commémorer la Déclaration des Droits de l’Homme en plantant un arbre de la Liberté (un bouleau).

La Wallonie étant très proche par sa langue, sa culture et ses principes démocratiques de l’Etat français, nous souhaitons que toutes les communes de Wallonie fassent de même pour prouver leur attachement indéfectible à la Communauté de langue française d’Europe.

Cette lettre est également envoyée à la commune de Fourons qui fait, bien entendu, partie de cette Communauté.

Pourriez-vous, s’il vous plaît, nous communiquer votre décision afin que nous puissions en informer l’ensemble de la population wallonne et les autorités françaises ?

En vous remerciant anticipativement de la bonne attention que vous réserverez à la présente, je vous prie d’agréer, Madame le Bourgmestre, Monsieur le Bourgmestre, l’expression de ma considération distinguée et de mes amitiés wallonnes les meilleures.

 

José HAPPART

 

 

Le bourgmestre de Fosses ne veut pas du bouleau de José Happart, in : VA, 1989

 

Le député au Parlement européen José Happart, « premier élu des Fourons », vient d’adresser, à tous les bourgmestres de Wallonie une lettre dans la­quelle il attire leur attention . sur une activité qui va être organisée le 21 mars pro­chain dans toutes les muni­cipalités de France pour commémorer la Déclaration des droits de l’homme : la plantation d’un bouleau, ar­bre de la liberté. José Hap­part souligne que la Wallo­nie étant très proche, par sa langue, sa culture et ses principes démocratiques, de la France, il souhaite que toutes les communes de Wallonie s’associent pour prouver leur attachement à la Communauté de langue française d’Europe. En con­clusion, M. Happart de Le député au Parlement européen José Happart, « premier élu des Fourons », vient d’adresser, à tous les bourgmestres de Wallonie une lettre dans la­quelle il attire leur attention . sur une activité qui va être organisée le 21 mars pro­chain dans toutes les muni­cipalités de France pour commémorer la Déclaration des droits de l’homme : la plantation d’un bouleau, ar­bre de la liberté. José Hap­part souligne que la Wallo­nie étant très proche, par sa langue, sa culture et ses principes démocratiques, de la France, il souhaite que toutes les communes de Wallonie s’associent pour prouver leur attachement à la Communauté de langue française d’Europe. En con­clusion, M. Happart de mande aux bourgmestres de lui faire connaître leur décision afin d’en informer l’ensemble de la population wal­lonne et les autorités françaises. , , ,

Le nouveau bourgmestre de Fosses-la-ville, Roger Viroux, l’un des plus brillants défenseurs de la langue wal­lonne et historien féru, estimant que la seconde partie de la lettre fait dévier la pre­mière, a répondu à M. Happart comme suit :

« Je ne planterai pas d’ar­bre le 21 mars. Je ne veux pas commémorer une révo­lution étrangère qui nous a valu une invasion suivie de vingt ans d’occupation ac­compagnée d’un pillage systématique de notre pays,  d’emprisonnements, de tortures et d’assassinats de nos résistants patriotes. »

Je penserai ce jour-là plu­tôt à nos jeunes gens embri­gadés de force dans les armées de l’occupant qui ont souffert ou sont morte dans une terre étrangère dans un uniforme étranger et je planterai un arbre le 21 juil­let en souvenir de l’indépen­dance de notre pays et de notre révolution de 1789. Ceci dit, ajoute encore M. Viroux, je ne vous félicite pas pour votre aliénation à l’étranger. A votre place, je ne serais pas fier. »

En terminant, M. Viroux invite M. Happart à réflé­chir à ce sujet.

 

1991

Delors pour Strasbourg, LB 13/12/1991

 

1993

Max Hannart, Bourgeois défend les tomates belges, LB 29/07/1993

 

La Belgique est intervenue auprès des autorités fran­çaises à propos du boycottage et des actions de destruction des tomates belges en France, a-t-on annoncé jeudi de source officielle.

 

Le ministre belge de l’Agri­culture, André Bourgeois, a in­diqué à son homologue fran­çais Jean Puech qu’il ne pou­vait plus tolérer ces actions contre les camions qui trans­portent des fruits et légumes et les mesures d’intimidation contre les grands magasins qui distribuent ces produits.

Si les autorités françaises n’interviennent pas rapide­ment pour mettre fin à ces actions très néfastes pour la crédibilité de la CEE », M. Bourgeois n’exclut pas d’autres mesures.  Il n’a donné aucune précision à cet égard.

. Dans un communiqué, le mi­nistre belge précise qu’il a pris contact avec M. Puech et avec le commissaire européen à l’Agriculture, René Steichen.  Il a fait valoir que ces entraves à

la libre circulation des biens dans la CEE étaient incompa­tibles avec les principes du grand marché.

 

. BOERENBOND.  Des or­ganisations agricoles belges ont protesté mercredi contre la destruction de tomates belges en France et contre les pres­sions exercées sur les distribu­teurs français pour qu’ils don­nent la préférence aux tomates françaises.  Le Boerenbond, l’une des principales organisa­tions agricoles, et l’Union des criées belges horticoles ont de­mandé aux autorités françaises d’intervenir pour faire cesser ces actions lancées, selon eux, par la Coordination rurale.

Les syndicalistes belges ont cité la destruction, le 22 juillet à Bordeaux, de chargements de tomates belges, de melons italiens et de poivrons espa­gnols.  Un incident semblable a eu lieu le 18 juin dans la région de Cavaillon (sud de la France) où un camion a été incendié. (Belga)

 

2005

http://www.europemaxima.com/article.php3?id_article=86

Le souverainisme au scalpel – 14/08/2005

Navigation

Le paysage politique français présente depuis une dizaine d’années une originalité avec le souverainisme (1) bien que la France n’en ait pas l’exclusivité, la Grande-Bretagne, la Suède et le Danemark possédant eux aussi une mouvance souverainiste (2).

Le souverainisme apparaît dans le champ lexical entre le référendum sur le traité de Maastricht en 1992 et le succès électoral de Philippe de Villiers aux européennes de 1994. Le terme vient du Québec où il a été forgé à la fin des années 1960 au cours de la « Révolution tranquille ». À cette époque, la société québécoise, longtemps restée catholique, conservatrice et rurale, s’émancipe de ses cadres traditionnels. Les Québécois quittent les campagnes, cessent de fonder des familles nombreuses, s’entichent des modes soixante-huitardes venues de Californie et d’Europe occidentale, contestent l’autorité établie. Cette protestation socio-culturelle développe assez vite une expression politique indépendantiste. En 1967, le général de Gaulle crie depuis le balcon de la mairie de Montréal un vibrant « Vive le Québec libre ! ». Dans ce contexte effervescent, les indépendantistes québécois se regroupent pour fonder, un an plus tard, le Parti québécois (P.Q.). Le programme péquiste revendique un Québec indépendant qui serait néanmoins associé, en matières économique et stratégique, à un ensemble pancanadien anglophone. Au pouvoir dans la « Belle Province » à deux reprises, les péquistes ne parviennent cependant pas à obtenir l’indépendance après l’échec de deux référendums d’autodétermination en 1980 et en 1995 (3).

Il serait erroné d’assimiler les souverainistes québécois à des nationalistes au sens qu’on entend en Europe. Ils s’apparentent plutôt à la social-démocratie occidentale sans que cela n’empêche les derniers gouvernements provinciaux péquistes d’appliquer l’austérité, la rigueur budgétaire et une forte cure de néo-libéralisme. Leur « nationalisme » se comprend d’une façon civique, c’est-à-dire que la nation, fondée sur la langue – en l’occurrence ici le français -, incarne le seul cadre politique pertinent. Les péquistes réduisent l’affirmation identitaire à la seule question linguistique. Ils privilégient par conséquent les migrants francophones, d’où la transformation progressive du Québec en un petit Canada multiculturaliste. Par ailleurs, hormis une minorité attirée par l’altermondialisme, ils soutiennent l’A.L.E.N.A. et le projet économique de « zone de libre-échange des Amériques » avec le secret espoir de sortir du tête-à-tête pesant avec Ottawa. En France, ce souverainisme-là se situerait au centre-gauche.

Les incohérences du souverainisme

Le souverainisme français est loin d’être aussi net puisque, à la différence de son homologue d’outre-Atlantique, il ne relève pas d’une seule force politique. Quand on lit les publications souverainistes (4), on est frappé par la diversité des prises de position souvent contradictoires. En économie, des souverainistes sont libéraux (Jean-Jacques Rosa) et d’autres étatistes (Pierre Lévy [5]). Or peut-on à la fois vouloir préserver le « service public à la française menacé par Bruxelles » et exiger la privatisation hexagonale de la Poste ou du rail ? Sur un autre sujet brûlant, l’immigration, le géographe Yves Lacoste désire une véritable politique d’intégration qui reposerait sur l’enseignement du français tandis que le géopoliticien Aymeric Chauprade, soucieux d’un renouveau identitaire, se montre plus que réservé envers le phénomène. Il n’hésite pas à parler de submersion migratoire… On pourrait sans trop de peine dresser un inventaire des incohérences propres aux souverainistes. Alors qu’est-ce que le souverainisme en France ?

Les grands axes du souverainisme

À l’origine, les souverainistes s’opposent aux institutions européennes, dénoncent les traités européens les plus récents (Nice en 2000, Amsterdam en 1997, Maastricht en 1992, voire l’Acte unique de 1986), suggèrent leur révision générale. Foncièrement hostile à l’actuelle construction européenne, ils prônent un hypothétique retour aux sources de la Communauté européenne avec un développement des coopérations intergouvernementales et le rétablissement de la préférence communautaire. Hormis quelques-uns qui gravitent autour du Front national (le fiscaliste Jean-Claude Martinez, par exemple), rares sont les souverainistes publiquement favorables au retrait de la France de l’Union européenne. La Constitution européenne ne leur inspire que des réticences puisque elle apparaît comme la réalisation d’une entité étatique supranationale. Ils déplorent avec raison l’arrogance bureaucratique de la Commission de Bruxelles et la gestion calamiteuse de l’euro par la Banque centrale de Francfort. Pour eux, l’euro aurait dû être une monnaie commune et non une monnaie unique. Affichant leur choix pour une Europe des nations, c’est-à-dire des États-nations, ils cherchent à être les défenseurs de la souveraineté de l’État français. C’est pourquoi ils exigent – entre autres – le maintien du « compromis de Luxembourg » qui permet à un État-membre de poser son veto à une décision contraire à son intérêt national.

La souveraineté nationale constitue donc vraiment le cœur du souverainisme en tant que pensée politique. Cela témoigne de sa désuétude. En effet, ultimes laudateurs du système représentatif parlementaire, les souverainistes suivent en majorité une logique délégative qui va toujours à l’encontre de la volonté populaire. Leur solution miracle aux dysfonctionnements actuels de la construction européenne passerait par un accroissement du contrôle des parlements nationaux sur la technocratie européenne. Soit, mais qui contrôlerait l’action de ces parlements entre deux élections ? En-dehors de certains favorables au référendum d’initiative populaire tel le président du Club de l’Horloge Henri de Lesquen, la nébuleuse souverainiste persiste à croire dans la fiction du représentant élu alors qu’il est désormais vital d’instaurer à tous les niveaux électifs le mandat impératif ou, au moins, le droit de révocation des élus.

Il va de soi que les souverainistes se méfient de tout approfondissement institutionnel et récusent tout élargissement. Peu enclins à accepter les dix nouveaux membres du 1er mai 2004, ils demandent un long arrêt avant de reprendre l’extension vers l’Est de l’Union et ils refusent l’admission de la Turquie et de la Russie. Par rapport à l’O.T.A.N., l’attitude souverainiste dépend des personnalités. Soit on en conteste son utilité et la considère comme un instrument étatsunien de domination du « Vieux Monde », soit on spécule sur une entente harmonieuse parfaite entre Washington et ses alliés, d’une part, et la France d’autre part. Ce ne sont pas pour autant des adeptes du repli hexagonal, car ils confieraient volontiers le sort du monde aux instances internationales incarnées par l’O.N.U. et la Cour pénale internationale d’essence mondialiste. Quelques cénacles ont pu envisagé un renforcement politique de la francophonie considérée comme une alternative radicale à l’Europe. Bien sûr, la francophonie est un enjeu majeur, mais surtout dans le domaine culturel. Du fait de l’écart considérable du niveau de développement, un marché commun planétaire francophone apparaît pour longtemps illusoire. Si le Québec, la Suisse romande et la Wallonie assument à peu près les mêmes performances que la France, que faire des États africains les moins avancés ? À moins qu’au nom d’une quelconque idéologie francophone, les souverainistes ne suggèrent la paupérisation de la population française afin de favoriser celles d’un Tiers-Monde parlant la langue de Molière.

Un combat d’arrière-garde

Les souverainistes postulent que la conservation de la souveraineté nationale donne à l’État une puissance capable de défendre la France. Il ressort de cette vision étatiste un rejet du « fédéralisme » européen. La Fédération européenne constituerait le sommet de l’abomination, le mal intégral. Certes, l’actuelle construction européenne ne s’achemine guère vers un ensemble fédéraliste viable qui laisserait aux patries une large liberté. Les plus lucides de ses détracteurs s’inquiètent plutôt de voir l’Union européenne s’acheminer vers un État unitaire centralisé et technocratique, reproduction fidèle de… l’État-nation français.

À l’exception notable de Marie-France Garaud qui a proposé dès la décennie 1980 une République fédérale française, les souverainistes se veulent anti-fédéralistes. Ils défendent ardemment le mirage de l’unité et de l’indivisibilité de la République et considèrent que toute régionalisation suscite l’émergence de nouvelles féodalités locales politico-financières. Le raisonnement n’est pas faux, mais ce risque réel n’est possible que parce que la décentralisation telle qu’elle est appliquée est trop timorée et sujette aux pressions partisanes. Le régime des partis tue toute forme possibles de civisme organique. On pourrait fortement atténuer ce risque en instaurant des procédures de démocratie participative. Les souverainistes ne comprennent d’ailleurs pas le phénomène identitaire régionaliste. Ils le réduisent et le résument grossièrement au communautarisme. Avec le fédéralisme, le communautarisme est un mot honni du vocabulaire souverainiste. Perçu comme une menace gravissime pour l’unité fictive de la République française, le communautarisme chercherait à briser le cadre national au profit des idéologies du sol, du sang, du sexe et de l’argent. Il faut s’interroger si, n’ayant pas compris l’hétérogénéité croissante des sociétés postmodernes du monde développé, les souverainistes ne seraient pas les ultimes nostalgiques (inconscients ou refoulés ?) de la IIIe République jacobine ?

On ajoute à ce travers fâcheux une tendance notable au « complotisme ». En effet, l’État français serait sous la menace conjuguée du communautarisme, de la régionalisation et de la construction européenne derrière desquels se cacherait l’« éternel complot allemand ». Les milieux souverainistes pratiquent parfois sans vergogne, ni retenue, – et avec un brin (volontaire ?) de provocation – une incroyable germanophobie. Exaspéré que l’Allemagne soit au centre de l’Europe, l’État le plus peuplé et la première puissance économique du continent, le souverainisme français accable ce pays de tous les maux possibles et imaginables. Chez certains auteurs de très mauvaise qualité, la dénonciation outrancière tourne rapidement à l’obsession pathologique. Ainsi, dans leur interprétation délirante, Jean-Pierre Raffarin prendrait ses ordres auprès de groupes ethnicistes germanophones et réaliserait une décentralisation qui devrait à terme favoriser la constitution d’une Europe des régions ethniques dominée par une Grande Allemande reformée 6… Il est toutefois piquant de remarquer que des souverainistes si sourcilleux de l’indépendance française, ne se privent pas de soutenir l’indépendantisme québécois, d’appuyer le séparatisme wallon, voire son rattachement à la France.

Véritables fossiles vivants, car derniers représentants d’une conception individualiste et universaliste étriquée, produit des Lumières du XVIIIe siècle, des révolutions du XIXe siècle et du bonapartisme, les souverainistes persistent à voir dans la République française le flambeau de l’Humanité entière. Cette croyance engendre un messianisme dangereux (l’idéologie des droits de l’homme) non exempt de paradoxes. D’un côté, on défend la langue française et le peuple français contre les entraves européennes alors que, d’un autre, on n’éprouve que du mépris, quand ce n’est pas du négationnisme pur et simple, pour les langues régionales considérées comme des patois, et voit dans les actions des Basques, des Catalans, des Corses…, une atteinte intolérable à l’unité républicaine de la nation. Au nom de la souveraineté nationale, on invite donc les Français à contester le caractère artificiel de l’Union européenne tout en criant à la sédition dès que ce sont des Bretons ou des Savoisiens qui cherchent à secouer le joug centralisateur parisien ! Les souverainistes ne seraient-ils pas en outre des schizophrènes politiques qui s’ignorent ?

Antécédents souverainistes et souverainisme morcelé

Que représente politiquement le souverainisme ? Importé en France par Paul-Marie Coûteaux (7), le souverainisme n’est pas la formulation politiquement correct du nationalisme. Si les nationalistes français sont souverainistes, la réciproque n’est pas vraie. S’opposer à l’Europe ne décerne pas automatiquement un brevet de souverainisme. Les milieux royalistes français n’ont pas attendu Maastricht et les traités européens pour les combattre. Le royalisme bénéficie d’une antériorité et d’une légitimité incontestables. Nonobstant certaines analyses politologiques primaires, le souverainisme n’est pas non plus une simple opération électorale destinée à attirer les quelques trois millions d’électeurs du Front national vers des candidats jugés par le système médiatique moins sulfureux ou plus présentables. Les différentes tentatives de séduction n’ont en rien entamé le gros de l’électorat frontiste parce qu’il s’est cristallisé autour d’une personnalité charismatique au talent tribunicien incontestable : Jean-Marie Le Pen. Lequel Le Pen peut revendiquer, lui aussi, une antériorité souverainiste puisque, député poujadiste en 1957, il vota contre le traité de Rome instituant la C.E.E.

Par-delà ses nuances (nationisme ou national-républicanisme) (8), la mouvance souverainiste comprend quelques grandes figures : le philosophe Régis Debray, le politologue Pierre-André Taguieff, le publiciste Philippe de Saint-Robert, le général Pierre-Marie Gallois, théoricien de la dissuasion nucléaire française, l’essayiste Philippe Murray, l’écrivain et éditeur Denis Tillinac… Or, malgré cette profusion, leur message peine à trouver un écho favorable dans l’opinion, faute d’une intelligibilité certaine. Par ailleurs, l’absence d’un rassembleur unanimement considéré comme tel fait que le souverainisme éclate en une multitude de chapelles partisanes. Sans être exhaustif, on recense l’Entente souverainiste de Jean-Paul Bled, l’Alliance pour la Souveraineté de la France du conseiller général des Hauts-de-Seine Francis Choisel, le Comité Valmy d’orientation néo-jacobine, la Confédération des écologistes indépendants Souveraineté-Écologie-Ruralité animée par François Legrand, le Conseil national souverainiste présidé par l’ancien ministre gaulliste Jean Foyer, l’Académie du gaullisme du gaulliste de gauche Jacques Dauer, le Cercle Nation et République du député U.M.P. des Yvelines Jacques Myard. Une Coordination souverainiste, puis un Rassemblement pour l’indépendance et la souveraineté de la France, conduits par Jean-Paul Bled, entend fédérer tous ces anti-fédéralistes frénétiques. Mais cette unité n’est que purement négative. Est-il possible de construire un programme politique sur le non ?

 

2007

En annonçant sous forme de « canular » à ses auditeurs, le 13 décembre dernier, que la Flandre demandait son indépendance, la Radio Télévision Belge Francophone a eu le mérite d’attirer l’attention d’une opinion publique internationale et en particulier francophone, sur la fragilité institutionnelle du royaume. De fait, le processus de dislocation de l’État belge entamé depuis de nombreuses années ne semble pas marquer de pause, le nord et le sud de la Belgique formant désormais deux communautés de plus en plus distantes. Dès lors, se pose la question « La Belgique… suite ou fin ? ».

 

De nombreuses personnalités politiques de premier plan, wallonnes, bruxelloises et flamandes, ainsi que des journalistes placés au cœur de l’actualité politique belge, viennent proposer une réponse à cette interrogation que la France ne peut ignorer.

 

Programme

 

Accueil des participants à partir de 9h00. Petit déjeuner offert .

 

9h30-17h30

–  Séance d’ouverture par Paul Blanc, Président de France-Wallonie-Bruxelles et de l’Association française de solidarité avec les peuples de langue française.

–  Interventions et débats avec les participants.

–  Modération des débats et synthèse des travaux par Christian Napen, conseiller parlementaire.

 

Un buffet sera proposé à 12h30

aux participants inscrits.

17h30 :   Réception

 

Intervenants :

–   Jacques Myard, député, Maire de Maisons-Laffitte ;

–   Robert Collignon, ancien Ministre Président Wallon ;

–          Jean-Maurice Dehousse, ancien Ministre

Président Wallon ;

–   Eric Libert, député et échevin de Rhode-Saint-Genèse ;

–   Olivier Maingain, député fédéral, Président du FDF, bourgmestre de Woluwé-Saint-Lambert ;

–   Nelly Maes, députée européenne ;

–   Josy Dubié, sénateur ;

–   Philippe Dutilleul, journaliste ;

–          Marc Platel,  journaliste

 

Cette manifestation est organisée par les associations « France-Wallonie-Bruxelles » et ASPELF

 

 

è FWB

Fondée en 1997, l’association « France-Wallonie-Bruxelles » a pour objet de renforcer les liens de tous ordres entre Français, Wallons et Bruxellois. A travers les manifestations qu’elle organise, l’association remplit une mission d’information afin de développer chez les uns la connaissance des autres.

 

è ASPELF

L’association française de solidarité avec les peuples de langue française constitue la section française de la Conférence des Peuples de Langue Française. Fondée en 1971, la Conférence réunit des mouvements politiques, représentatifs des peuples de langue française d’Amérique du Nord (Québec, Acadie) et d’Europe (Jura, Romandie, Wallonie, Bruxelles, Val d’Aoste, France).

Elle a pour objet principal de renforcer les liens entre ces peuples, d’assurer entre eux toute forme de solidarité, notamment dans le cas de menace pour l’usage de la langue, ainsi que de soutenir la diversité culturelle et linguistique dans le monde

 

2008

Willy Burgeon, Le choix de la France, LS 07/01/2008

 

Président de la section PS de Leval-Trahegnies

 

Pendant sept années de prési­dence du Parlement wallon, j’ai vanté, auprès des ambassadeurs et lors des déplacements à l’étran­ger, les mérites de notre laboratoi­re institutionnel, pacifique et… fort de sa loyauté fédérale. Je con­tinue à croire que le fédéralisme fut un passage obligé (sic) pour la prise de conscience wallonne et pour sauver la Wallonie du colonialisme (sic) flamand.  Aujourd’hui, nous sommes dans une impasse (sic).  (…)

 

«  »Après mûre réflexion, je suis con­vaincu que le salut de la Wallonie et de Bruxelles passe par la Fran­ce. De gros pans de notre économie sont déjà associés à ce pays (Dexia, Electrabel, Tractebel, etc.). Notre culture est française (sic). Plus les droits des francophones sont bafoués, moins je résiste, au nom de la liberté, à l’appel de la France. L’union à la France fera entrer no­tre Etat dans la modernité (sic) républi­caine. Les problèmes de dimen­sion universelle seront mieux réso­lus dans un grand ensemble, comptant dans le concert des Nations. J’ai abouti à cette con­clusion il y a des années et je l’ai dit publiquement. J’ai subi le retour de manivelle… Je persiste.

 

2013

Le Figaro : Bizutage : les conseils de Ségolène Royal passent mal en Belgique

 

Mis à jour le 15/10/2013 à 18:37

Publié le 15/10/2013 à 10:11

 

Ségolène Royal, «donneuse de leçons»? C’est en tout cas l’avis du recteur de l’université de Liège, qui s’est agacé des conseils donnés par l’ancienne ministre de l’Enseignement sur la question du bizutage. La présidente de la région Poitou-Charentes s’est fendue d’un courrier au premier ministre belge Elio di Rupo après l’accident survenu au cours d’un «baptême» le 22 septembre dernier. Une jeune étudiante originaire de Saint-Etienne, inscrite en deuxième année à la faculté vétérinaire de Liège, était tombée dans le coma, victime d’un œdème cérébral causé par l’absorption rapide de plusieurs litres d’eau. La jeune fille est sortie du coma après deux jours, mais l’affaire a relancé la polémique sur ces pratiques en Belgique.

L’affaire a «bouleversé» Ségolène Royal, qui fit voter l’interdiction du bizutage en France. La socialiste a donc «pris la liberté» de recommander au premier ministre belge de «légiférer pour mettre le bizutage hors la loi», comme elle l’avait fait il y a 15 ans. Le ton est ferme: «Il ne suffit pas d’appeler les choses par leur nom, de mener d’actives campagnes de prévention et de dire le droit avec fermeté pour que disparaissent du jour au lendemain ces pratiques délictueuses. Il y faut une vigilance constante», écrit Ségolène Royal. «La loi pénale donne des armes pour les combattre plus efficacement. Elle inverse le rapport de forces au profit des victimes, dont la parole est désormais légitimée, et des adversaires du bizutage, qui ont le droit pour eux», explique encore l’ancienne candidate à la présidentielle en France.

 

 

 

La lettre de Ségolène Royal à Elio di Rupo

 

Problème: en Belgique, la question des baptêmes étudiants ne relève pas du domaine du premier ministre. Et les autorités communautaires francophones de la Fédération Wallonie-Bruxelles, compétentes en la matière, ont exclu début octobre de légiférer.

La missive de Ségolène Royal a également provoqué la colère du recteur de l’université de Liège. «Une intervention du premier ministre n’est pas nécessaire en l’occurrence et il n’est nullement souhaitable de légiférer. Il y a suffisamment de lois en Belgique pour réprimer