Hans Van de Cauter, LA BELGIQUE, UNE COLONIE FRANCAISE? – BELGIË, EEN FRANSE KOLONIE?, 18/06/2012

 

LA BELGIQUE, UNE COLONIE FRANCAISE?

On ne pouvait ignorer à l’approche des élections françaises que les médias du régime antibelge et surtout ceux de la « communauté française » – en l’occurrence, la désignation est plus appropriée que celle de « Fédération Wallonië-Bruxelles » – ont suivi l’événement avec un intérêt plus qu’ordinaire. Il semblait comme si la Belgique était devenue le 120ème département – ou la 28ème région – de France. Toutefois, ne serait-ce déjà bien plus une réalité à l’heure actuelle que nous ne le pensons ? Ou est-ce une coïncidence que nos banques, notre secteur de gaz et d’électricité ainsi qu’une grande partie de notre secteur d’alimentation sont aux mains de Français?

Dans ce texte, nous examinerons la colonisation politique (et non économique) de la Belgique par la France, qui se manifeste surtout dans le sud du pays.

La Belgique est située à la croisée de deux (anciennes) grandes puissances, l’Allemagne et la France. Tout au long de notre histoire nationale, avant la Révolution belge de 1830, la France a essayé d’agrandir son influence dans nos régions. Après la fondation du Deuxième Empire Allemand en 1871, l’Allemagne l’a fait aussi, mais ces tentatives ont (probablement) pris fin avec l’effondrement de l’impérialisme allemand en 1945.

Le Traité de Verdun (843) – Het verdrag van Verdun (843)

1 LES ORIGINES : L’EMPIRE DU CENTRE

À la mort de Charlemagne (843) son empire – qui incluait la plupart de l’Europe de l’Ouest – fut partagé entre ses trois fils. L’Empire du Centre, qui revenait à Lothaire, englobait dans le Nord un territoire plus grand que l’actuel Benelux (à l’exception du comté de Flandre, qui devenait un fief français) dont le Rhin constituaient les frontières nord et est. Le centre de l’Empire comprenait un territoire, plus grand que l’actuelle Alsace-Lorraine. Au sud, cette région comprenait la Bourgogne, la Provence et la plus grande partie de l’Italie du Nord, y compris la Corse. Certaines parties de la Suisse actuelle appartenaient également à l’Empire du Centre. A l’ouest de ce Royaume se développait le noyau de ce qui est aujourd’hui la France, à l’est le noyau de l’Allemagne actuelle. L’Empire du Centre a rapidement été absorbé par ces deux territoires : en l’an 870 (traité de Meerssen), la division fut presque totale.

2 LES ROYAUMES BOURGUIGNONS

Cependant, la Bourgogne a échappé à cette division. L’histoire de la Belgique est étroitement liée au développement de cette région. Déjà en 407, le premier Royaume de Bourgogne a été fondé par les Bourguignons près de Worms, un Royaume qui a finalement été détruit par les Romains. Le deuxième Royaume (443-534) a été fondé dans la région de l’actuelle Bourgogne et fut finalement annexé à l’Empire des Francs, dont il fit partie jusqu’en 843.

les Francs: une tribu germanique - de Franken : een Germaanse stam

Entre parenthèses, les Francs constituent un peuple germanique apparaissant sous la forme d’une confédération de tribus au moment des grandes invasions. Une partie d’entre eux a joué un rôle central dans l’histoire française, des Pays-Bas, de la Belgique et de l’Allemagne à compter de leur sédentarisation en Gaule Romaine . Ils ont donné leur nom à la France et aux Français (Wikipedia). Les Belges francophones sont donc en grande partie d’origine germanique…

Par le traité de Verdun, la Bourgogne a été divisée entre la France et l’Empire du Centre. Pendant les divisions de l’Empire du Centre le (troisième) royaume bourguignon a connu une renaissance (855-863). À la fin du 9ième siècle, il y avait trois Etats qui portaient le nom de Bourgogne : deux royaumes et un duché (° 888). Finalement, les deux royaumes furent absorbés par le Saint-Empire romain, sauf le comté de Bourgogne qui s’est formé en 867 (et qui fut un fief allemand jusqu’au 13ième siècle). Le duché tomba sous le pouvoir des rois français. En 1363, les ducs de Bourgogne ont réussi à acquérir le comté. Encore une fois, les Bourguignons ont essayé de transformer leurs possessions un (cinquième) Royaume.

Charles le Téméraire - Karel de Stoute (1433-1477)

Dans la période entre 1363 et 1477, les ducs de Bourgogne ont acquis, par mariages, par successions et par rentes, un empire composé de deux blocs : d’une part la Bourgogne historique au Sud, d’autre part, une zone plus grande que l’actuel Benelux au Nord. La tentative d’unification des deux territoires par Charles le Téméraire – pour restaurer partiellement l’Empire du Centre – échoua en 1477, quand celui-ci perdit la bataille de Nancy contre le Roi de France.

Lorsque le pouvoir bourguignon a atteint son apogée, l’empire bourguignon englobait (environ) le Bénélux actuel élargi par de grandes parties de la France actuelle (tant au Nord, qu’à l’Est et au Centre) voire d’une partie de l’Allemagne de l’Ouest. La principauté de Liège (qui englobait entre autres les provinces actuelles de Liège et du Limbourg) n’en faisait partie que durant une courte période et deviendrait ensuite un Etat indépendant jusqu’en 1795.

Bourgogne - Bourgondië (1477)

  1. LES ANNEXATIONS FRANCAISES JUSQU’AU 19ième SIECLE

Rappelons au lecteur que la nation belge est plus vieille que le Royaume de Belgique. Après la fondation de la Belgique par les ducs de Bourgogne au Moyen Âge, le territoire passa ensuite – au cours du 15ème siècle – en mains bourguignonnes. Le 4 novembre 1549, la Sanction Pragmatique fut éditée, par laquelle les Pays-Bas bourguignons devenaient juridiquement un pays un et indivisible.

Il y a un siècle, l’éminent historien néerlandais Huizinga remarqua: “Les Pays-Bas méridionaux [lire: la Belgique] devenaient à presque tous les égards la vraie extension, quoique coupée des deux côtés, de l’empire bourguignon. » (J. HUIZINGA, “Uit de voorgeschiedenis van ons nationaal besef”, De Gids, éd. 76, 1ère partie, 1912, p. 487). Ainsi, il précisait d’abord que le Royaume de Belgique fut, comme on l’a indiqué, né de l’héritage bourguignon, mais aussi qu’au cours des siècles la Belgique avait perdu des territoires. Evidemment, le territoire perdu ne passait pas seulement à la Hollande, qui était reconnue comme un Etat indépendant en 1648, mais aussi, et surtout, à la France.

Les territoires historiquement belges suivants ont été annexés par la France au 15ème et au 16ème siècle: la Bourgogne (1477), Metz et Verdun (1552), Franche-Comté (1648), Lothaire (1648/1733), le comté d’Artois (1659), des parties de la Picardie et du Hainaut (1659), Dunkerque (1662), Lille (1668), Strasbourg et des parties du Luxembourg (1684). La Belgique a aussi perdu des territories à l’avantage de la Prusse, mais dans une moindre mesure (par exemple des parties du Luxembourg en 1815).

La Bataille de Fleurus (1794): une victoire française contre les Autrichiens en Belgique – de Slag bij Fleurus (1794): een Franse overwinning tegen de Oostenrijkers in België (1794)

A la fin du 18ème siècle, la France révolutionnaire déclencha une guerre contre les Pays-Bas habsbourgeois (autrichiens). De ce fait, la Belgique a été incorporée dans la France pour une période de plus de 20 années. Au 19ème siècle, la France a essayé d’annexer la Belgique – ou à tout le moins a planifié une telle démarche – en 1830, 1860 et 1880. Après l’échec de l’annexation territoriale, la France a soutenu le mouvement “wallon” (lire: francophone) et, ensuite, dans la deuxième moitié du vingtième siècle, le mouvement “flamand”.

  1. LES DEUX GUERRES MONDIALES

Avant la Première Guerre Mondiale (1905-1914), la campagne de propagande française a atteint un nouveau point culminant, notamment par l’octroi de subsides à certains journaux francophones belges, par des investissements dans des Expositions Universelles belges etc. Le wallingant Jules Destrée – qui ne participa cependant pas à ce mouvement pro-français – et le mouvement “wallon” trouvèrent un nouveau symbole en France: le coq. Jamais dans l’Histoire de la Belgique ce symbole n’avait été utilisé à des fins nationalistes. Le drapeau “wallon” était né.

L’invasion allemande de la Belgique du 4 août 1914 effaça de façon abrupte le statut de neutralité qui était imposé à notre pays par les grandes puissances depuis 1839. La Belgique se battit alors aux côtés du Royaume-Uni et de la France contre l’Empire allemand. Néanmoins, la Belgique n’était pas dans le camp des alliés. La France et la Grande Bretagne n’ont fait qu’aider notre pays, dont ils garantissaient la neutralité. Lorsque la guerre se termina en 1918, les Belges pouvaient choisir entre la neutralité et une alliance. Il va de soi que le prestige des alliés avait fort augmenté et que l’Allemagne – le pays qui avait détruit la Belgique et désorganisé sa politique – avait perdu tout son crédit de l’avant guerre.

Dans ce contexte, le 7 septembre 1920, un accord militaire franco-belge fut conclu. Selon les flamingants, cet accord était – et ils n’avaient pas tort – une expression de l’expansionisme français. Entretemps, l’on sait que la Cour royale belge y fut opposée. En 1933 – suite à la prise du pouvoir par les nazis en Allemagne –la peur d’une intervention préventive de la France prit de l’ampleur dans des cercles diplomatiques belges (Bruno DE WEVER, Greep naar de macht, Tielt, 1994, pp. 192-194). Le 24 avril 1937, l’accord fut résilié et la Belgique revenait à sa politique de neutralité.

La Deuxième Guerre Mondiale mit de nouveau un terme à cette neutralité. Lorsque les troupes allemandes franchirent la frontière belge le 10 mai 1940, la Belgique fit appel à la France et au Royaume Uni. L’avancée allemande progressa rapidement et à la fin du mois de mai, l’armée belge fut totalement encerclée par les troupes allemandes. Le 25 mai 1940, cette situation causa une rupture entre le Roi Leopold III et ses ministres. Selon le gouvernement belge, la Belgique devait continuer la lutte en tant qu’allié de la France et du Royaume Uni. A l’encontre cet argument, le Roi défendait le point de vue que ces deux pays n’étaient que les “garants” de la neutralité belge. Il ne voulait pas que l’armée belge – dont la situation était devenue désespérée – fût sacrifiée pour les intérêts franco-anglais. Le 28 mai 1940, le Roi capitula. L’Etat-major et le gouvernement français le haïssait pour cette raison. Lors d’une allocution diffusée à la radio, le Premier Ministre français Paul Reynaud appellait cette soi-disant “trahison” un acte “sans précédent dans l’Histoire”. En passant, il reprocha subtilement au Roi belge d’avoir attribué la même valeur à un mot français qu’à un mot allemand jusqu’au 10 mai 1940 [il faisait référence au statut de neutralité que la Belgique avait adopté en 1937].

Sous pression française, le Premier Ministre belge, Pierlot, fut obligé de lire une déclaration par laquelle il avoua que le Roi avait commis une erreur, qu’il avait rompu son serment constitutionnel et s’était placé sous l’autorité de l’occupant. Ce fut la base de la “Question Royale”, qui influencerait l’Histoire de notre pays dans l’après-guerre.

  1. LA DEUXIEME MOITIE DU 20ième SIECLE

En 1945, le nationalisme flamand, qui s’était compromis par sa collaboration avec l’occupant allemand avait apparement tout à fait disparu. En apparence seulement, vu que les sanctions pour la collaboration (la soi-disant “répression” – mais il s’agit d’un terme qui a été inventé par les flamingants pour accuser à tort les autorités belges d’avoir infligé des peines excessives) étaient très clémentes (à la différence des sanctions en France et en Allemagne). Plusieurs collaborateurs condamnés à mort obtinrent une atténuation de leur peine, voire un pardon. Grâce à cela, les nationalistes flamands pouvaient se réorganiser à partir de 1950 et le mouvement antibelge “flamand” fut ranimé de façon remarquable au cours des années 1950. Cette reprise allait de pair avec une renaissance tout aussi remarquable des ressentiments wallingants gauchistes.

5.1. LA QUESTION ROYALE

Le 7 mai 1945, l’armée américaine libéra la Famille Royale, qui fut arrêtée par les Allemands le 7 juin 1944. Après la libération de la Belgique en septembre 1944, le Parlement avait décidé de confier au Prince Charles la régence du Royaume. Bien que le Roi eût souhaité rentrer en Belgique, les ministres furent divisés sur la question: les catholiques étaient pour, les autres contre. Cette situation provoqua l’éclatement de la coalition gouvernementale. Le 19 juillet, une loi fut adoptée visant à ne pas autoriser le retour du Roi sans que le parlement belge ne se prononce sur la fin de “l’impossibilité de régner” qui avait été décrétée par le gouvernement Pierlot en juin 1940, suite à la capitulation. Après les élections de 1949, une coalition entre catholiques et libéraux se mit en place. Ce gouvernement organisa, le 12 mars 1950, une consultation populaire sur le retour du Roi sur le trône.

Le résultat était que 57,68 % des Belges se déclaraient en faveur du retour du Roi (contre 42,32 % qui y étaient opposés). Les régionalistes “wallons” et “flamands” soulignent le fait que 72,2 % des soi-disant “Flamands” s’étaient montrés favorables au souverain tandis que 58 % des soi-disant “Wallons” y étaient opposés. Pourtant, dans toutes les provinces belges – hormis en Liège et au Hainaut – une majorité était en faveur du retour du Roi. Mais même dans la province de Liège, l’arrondissement de Verviers votait « oui » à 60 %. Les élections de juin 1950 amenèrent les sociaux-chrétiens seuls au pouvoir et mirent fin à l’impossibilité de régner du Roi. Léopold III revint le 22 juillet 1950. Entretemps, des manifestations et des grèves furent organisées, surtout par la FGTB, les socialistes, les communistes et le mouvement “wallon”. La tension atteignit son comble lorsque, le 30 juillet 1950, trois hommes furent abattus par la gendarmerie lors d’un meeting à Grâce-Berleur en banlieue liégeoise. Face aux violences, Léopold III prit la décision de transmettre ses pouvoirs à son fils Baudouin qui devint Prince Royal le 31 juillet 1950 (le prince devint “lieutenant général du Royaume” le 11 août 1950). À la suite de l’abdication de son père le 16 juillet 1951, Baudouin devenait le lendemain 17 juillet 1951 le cinquième Roi des Belges.

Quel était le rôle de la France durant cette période mouvementée?

Fin juillet 1950, quelques réunions eurent lieu à Liège, réunissant des syndicalistes socialistes, rejoints ensuite par des représentants d’autres partis politiques et du mouvement wallon. Parmi eux se trouvait un certain André Renard, dont on reparlera ci-après. Les révolutionnaires envisageaient la création d’un gouvernement “wallon”. La tâche de ce gouvernement aurait été d’entamer le processus menant à la scission du pays. Le gouvernement “wallon” aurait bénéficié d’une certaine sympathie de la part de la Grande-Bretagne où l’attitude du Roi pendant le deuxième conflit mondial avait été sévèrement critiquée. Un document, datant de 1964, précisa à cet égard : « en 1950, au moment de la question royale, il fut envisagé de constituer un gouvernement provisoire wallon, chargé de convoquer les Etats Généraux de Wallonië […] Le consul général de France, Jules-Daniel Lamazière avait, par ordre de son ambassadeur, promis le concours de deux régiments français pour soutenir le nouveau gouvernement wallon…» (F. SCHREURS, Quelques figures d’ancêtres, la famille Schreurs, Tome II, Liège, 1964, p. 118).

5.2. LES ANNEES SOIXANTE

C’était de nouveau André Renard qui était la figure de proue pendant la grève contre la Loi Unique de Gaston Eyskens en 1961, ce qui fit de lui un héros du mouvement “wallon”. Renard était même l’un des inventeurs du système (inconstitutionnel) de la fédéralisation. Trois ans plus tôt, il déclara:

« Notre cœur reste attaché à la France. Nous avons foi dans cette France qui, pour nous, est éternelle. […] C’est pourquoi nous terminons comme nous l’avons commencé, en criant : Vive la France ! » (André Renard dans « La Wallonië » le 13 juillet 1958). Par qui Renard fut-il inspiré? Par des agents français? Peut-être. Quoi qu’il en soit, le thème mérite une recherche beaucoup plus approfondie que celle qui a effectuée jusqu’à ce jour.

La résurgence subite du mouvement flamand dans les années 60 a été influencée par l’arrivée au pouvoir de Charles De Gaulle en France en janvier 1959. L’historien belge Vincent Dujardin le commenta ainsi (« Saga Belgica », Le Soir, juin 2008) : « D’après des rapports émanant de la Sûreté, [le Président De Gaulle] aurait de façon indirecte financé les partisans du “Walen buiten”, ce qui a conduit le gouvernement belge à s’opposer à une visite de sa part en Belgique en 1968 ».

La France, qui s’opposait au début du 20ème siècle à la néerlandisation de l’université de Gand aurait donc été partisane de la scission d’une université bilingue? Ce paradoxe n’est compréhensible que si l’on sait que vers 1910 la France espérait placer sous sa tutelle l’ensemble de la Belgique comme Etat satellite tandis que 60 années plus tard – la frontière linguistique fut délimitée entretemps – elle s’était concentrée sur le Sud de notre pays (et Bruxelles).

De Gaulle au Québec/in Québec (1967)

Cela explique pourquoi en 2009 la presse “belge” rapporta que le défunt Ministre d’Etat Hugo Schiltz de la Volksunie (le précurseur de la N-VA) estimait que les services secrets français étaient co-responsables de la radicalisation du nationalisme flamand en Belgique. Il n’y a d’ailleurs aucune raison de penser que la France agirait différemment à sa frontière Nord qu’au Québec (Canada), où elle soutenait – ou soutient toujours – le mouvement séparatiste. Lors d’une allocution à Montréal en juillet 1967, le président français De Gaulle prononça ces paroles historiques mais très peu diplomatiques: “Vive le Québec libre !”. Une semaine avant, il avait révélé à son fils le caractère explosif de cette phrase. Mais, selon De Gaulle, c’était nécessaire de le dire parce qu’il s’agissait de la dernière chance pour la France de se repentir de la “trahison” de la France. Il voulait dire que, selon lui, la France avait abandonné aux Britanniques quelques dizaines de milliers de colons français durant la Guerre de Sept Ans (1756-1763). La conscience historique française est donc très grande. La France aurait-elle déjà pardonné à la Belgique d’avoir acquis le Comté de Flandre au Moyen Âge, pourtant une dépendance française depuis des siècles?

Deux années avant ses déclarations au Québec – c’est-à-dire en 1965 – De Gaulle confia au ministre français de l’information, Alain Peyrefitte, ce qui suit:

« Si un jour une autorité politique représentative de la Wallonië s’adressait officiellement à la France, ce jour-là de grand cœur nous répondrions favorablement à une demande qui aurait toutes les apparences de la légitimité […] La politique traditionnelle de la France a toujours tendu à rassembler en son sein les Français de l’extérieur : la Wallonië a été exclue de ce rassemblement par un accident de l’Histoire. Elle a pourtant toujours vécu en symbiose avec nous, et ce depuis Alésia [où Vercingétorix fut battu par les troupes romaines en 52 avant J.C.] jusqu’au 18 juin 1940 [le jour de la capitulation de la France dans la Deuxième Guerre Mondiale] en se rangeant rapidement dans notre camp. C’est un drame pour le peuple wallon dont le passé est si remarquable de dépendre aujourd’hui d’un autre peuple qui ne fera rien d’autre que de l’étouffer en attendant de l’absorber un jour…»

En outre, l’ingérence française en Belgique ne se limitait et ne se limite pas aux affaires communautaires. Le 25 mars 1960, Georges Laperche, un professeur liégeois, partisan de l’indépendance de l’Algérie fut assassiné de façon brutale par les services secrets français. Deux autres Belges échappaient au même sort: chez l’un l’explosif avait pu être désamorcé et l’autre fut alerté par l’attentat commis contre Laperche (‘Libération’ du 24 mai 2001).

  1. DEVELOPPEMENTS RECENTS

Depuis la crise politique belge qui monta au début de ce siècle, Paris montre un intérêt plus que normal pour la politique intérieure belge. Dans ce processus, les Français peuvent également s’appuyer sur des politiciens “belges”. Ainsi, Daniel Ducarme, l’ancien « ministre-président » de la région bruxelloise et ancien président du MR déclara le 15 décembre 2007 dans les journaux Le Soir, La Libre Belgique et Libération: « Dans l’hypothèse où la Flandre […] continuerait à faire se dégrader les rapports nord-sud [alors] je militerai en faveur de la création d’un système d’association avec la France ».

Le 13 septembre 2010, des membres du PS français offrirent assistance au PS “belge” pour le cas où un Etat croupion “Wallonië-Bruxelles” serait créé. Beaucoup moins connu est le fait que le PS publia dès 2007 une brochure consacrée au rattachisme. On pouvait y lire qu’il n’y avait désormais plus qu’une seule alternative à la scission de la Belgique (“une Belgique résiduelle”), mais que “le rattachement/la réunion à la France était […] également aussi crédible, rassurant et attractif que la première hypothèse…” (P. HUBERT, Etat de la question; le rattachisme: une conviction en progrès en Wallonië?, Bruxelles, Inst. Em. Vandervelde, 2008, p. 8). Nous voulons souligner que le PS, tout comme les autres partis antibelges, est subsidié par le contribuable belge, ce qui est remarquable puisqu’il s’agit de clubs privés dont la constitution belge ne fait même pas état. Il en va de même pour des institutions séparatistes ou régionalistes comme l“l’Institut Emile Vandervelde” ou “l’Institut Jules Destrée”.

Le 2 septembre 2010, Philippe Moureaux (PS), auteur de nombreuses réformes de l’Etat, déclara que dans le contexte du processus de la scission de l’Etat belge, la cohésion entre la soi-disant “Wallonië” et Bruxelles devait être renforcée. Et il y ajouta: “on pourrait […] s’appuyer sur la France. Je ne trouve pas idiot d’y réfléchir”. Une semaine plus tard, Guy Spitaels, également membre du PS, s’interrogea: “Se rattacher à la France ? C’est une solution défendable, […] J’ai essayé de servir la Belgique comme vice-Premier. Mais y suis-je affectivement attaché ? Je ne cherche pas de subterfuge, ma réponse est non.” (Guy Spitaels, ancien “ministre-président” de la région wallonne et Ministre d’Etat, Le Soir, 9 septembre 2011).

En 2011, des agents français entreprirent une mission en Belgique lors de laquelle ils ont interrogé maints politiciens, journalistes et professeurs belges et dont a résulté un rapport volumineux sur la “question belge” (voir notre article là-dessus).

L’on sait également que des “rattachistes” notoires – ceux qui veulent “réunir” la “Wallonië” à la France – sont soutenus ouvertement par des politiciens français. Jean-Luc Mélenchon, le candidat de l’extrême gauche aux présidentielles déclara à la RTBF d’être “fou de joie” si les “Wallons” se “rattachaient” à la France (LLB, 15.04.12). La candidate du Front National, Marine Le Pen, a fait une déclaration semblable pendant la campagne présidentielle de 2012. D’ailleurs, elle avait déclaré un an plus tôt, à l’occasion de la fête nationale belge (20 juillet 2011) que si la “Flandre” devenait indépendante, une hypothèse de plus en plus réaliste selon Le Pen, “la République française s’honorerait d’accueillir en son sein la Wallonië”.

Le coq "wallon": un symbole français - de "Waalse" haan: een Frans symbool

Certes, on peut juger ces déclarations insignifiantes, mais Mélenchon et Le Pen ont obtenu des millions de voix aux élections présidentielles françaises. De plus, le RWF, un parti “rattachiste” écrivit il y a peu de temps: “Il faut savoir que notre président fondateur Paul-Henry Gendebien envoie ses ouvrages […] aux plus hautes personnalités françaises, dont des Ministres qu’ils soient de droite ou de gauche […] On serait étonné du nombre de remerciements accompagnés de quelques mots d’adhésion à notre projet, d’encouragement ou plus simplement de sympathie qu’il a reçus en retour…” (communiqué de presse du 14 avril 2012).

On veut bien le croire. Des « rattachistes » belges sont les bienvenus au Sénat français où ils ont été accueillis il y a quelques années sans que quelqu‘un en Belgique ne s’en soit ému. Le quotidien Le Soir écrivait à l’époque: “Il a fallu changer de salle car plus de cent personnalités avaient répondu à l’invitation. A l’entrée, ils recevaient une brochure intitulée «La scission de la Belgique», rédigée par François Perin et éditée par l’antenne française des rattachistes. Dans la salle, il y avait évidemment des sénateurs dont deux anciens ministres, des généraux, deux ambassadeurs et un haut fonctionnaire des Affaires étrangères, mêlé en 1967 au fameux voyage du général de Gaulle au Québec («Vive le Québec libre !»).” (Le Soir, 18 janvier 1997).

En passant, le B.U.B. souligne que mener une propagande contre l’Etat belge avec de l’aide étrangère constitue un délit punissable (l’article 135bis du Code pénal).

CONCLUSION: La colonisation politique (et économique) de la Belgique par la France fait partie d’une très ancienne géopolitique impérialiste française. Cette pensée politique est inspirée par la “théorie des frontières naturelles”, qui implique la volonté de s’offrir des frontières naturelles (à savoir: le Rhin). A travers les siècles, les moyens et la tactique ont changé, mais le but est resté le même. On peut confirmer avec une quasi-certitude que, si la Belgique implosait, la soi-disant “region wallonne” chercherait d’une manière ou d’une autre à se rapprocher de la France. Il existe déjà des indices en ce sens. Evidemment, l’expansion française ne se limiterait pas au sud de la Belgique, mais engloberait également (et au moins) Bruxelles, Fourons et les communes à facilités. Il va de soi que dans ce scénario un Etat croupion “flamand” n’aurait parfaitement rien à dire.

Par ailleurs, on ne peut perdre de vue que la Belgique a déjà perdu le Limbourg néerlandais et le Grand-Duché de Luxembourg, abandonnés à la Hollande en 1839. La Belgique perdit déjà la Flandre zélandaise et le Brabant septentrional avant. La Prusse, quant à elle, s’était accaparée de la Rhénanie. De la Grande Belgique médiévale s’étendant de Breskens à Bâle et de Düsseldorf à Amiens, il n’en reste déjà pas grand’ chose à l’heure actuelle.

En d’autres termes, les nationalistes « flamands » qui militent pour la destruction de la Belgique sont en réalité au service du Quai d’Orsay à Paris et sont par conséquent les meilleurs alliés de l’impérialisme français.

www.unionbelge.be

 

BELGIË, EEN FRANSE KOLONIE?

Je kon er in de aanloop naar de Franse presidentsverkiezingen moeilijk naast kijken: de anti-Belgische regimemedia, en vooral die in de “Franse gemeenschap” – de benaming is in casu toepasselijker dan de “Communauté Wallonië-Bruxelles” – schonken aan dit evenement een meer dan gewone belangstelling. Het leek wel alsof België het 102de departement – of de 28ste regio – van Frankrijk was geworden. Maar is dat vandaag al niet meer het geval dan we denken? Of is het soms toeval dat onze banken, onze gas- en elektriciteitsector alsook een groot deel van onze voedingssector in Franse handen zijn?

In deze tekst bespreken we niet de economische, maar de politieke kolonisatie van België door Frankrijk, die vooral in het zuiden van het land waarneembaar is.

België ligt op het kruispunt van twee (gewezen) grootmachten, Frankrijk en Duitsland. Doorheen heel onze nationale geschiedenis, dus van vóór de Belgische revolutie van 1830, heeft Frankrijk zijn invloed in onze streken proberen te vergroten. Duitsland deed dat ook na 1871, maar aan die pogingen kwam (vermoedelijk) een einde met de ineenstorting van het Duitse imperialisme in 1945.

Le Partage de l'Empire carolingien au Traité de Verdun/De opdeling van het Karolingische Rijk bij het verdrag van Verdun (843)

  1. VOORGESCHIEDENIS : HET MIDDENRIJK

Bij de dood van Karel de Grote (843) werd zijn Rijk – dat het grootste deel van West-Europa omvatte – opgedeeld tussen zijn drie zonen. Het zogenaamde Middenrijk, dat Lotharius toekwam, omvatte in het noorden een territorium, groter dan de huidige Benelux (met uitzondering van het graafschap Vlaanderen, dat een Franse leen werd), waarvan de noord- en oostgrens de Rijn was. Het centrum van het Rijk omvatte een territorium, groter dan het huidige Elzas-Lotharingen, het Zuiden een gebied dat liep over Bourgondië, de Provence, het grootste deel van Noord-Italië m.i.v. Corsica. Ook delen van het huidige Zwitserland waren behoorden tot het Middenrijk. Ten westen van dit Rijk ontwikkelde zich de kern van wat vandaag Frankrijk is, ten oosten ervan de kern van het huidige Duitsland. Het Middenrijk ging al snel op in deze twee staten: in het jaar 870 (verdrag van Meerssen) was de verdeling bijna totaal.

  1. DE BOURGONDISCHE RIJKEN

Bourgondië ontsnapte echter aan deze opdeling. De geschiedenis van België is nauw verweven met de ontwikkeling van dit gebied. Al in 407 werd door de Bourgondiërs het eerste Koninkrijk Bourgondië in de streek van Worms gesticht, dat uiteindelijk door de Romeinen ten gronde gericht werd. Het tweede Koninkrijk (443-534) werd gesticht in de streek van het huidige Bourgondië en uiteindelijk geassimileerd in het Frankische Rijk, waar het tot 843 deel van zou uitmaken.

Tussen haakjes, de Franken zijn een Germaans volk dat tijdens de periodes van de grote volksverhuizingen bestond in de vorm van een stammenconfederatie. Een deel van hen speelde vanaf hun nederzetting in Romeins Gallië een grote rol in de geschiedenis van Frankrijk, Nederland, België en Duitsland. Zij hebben hun naam aan Frankrijk en de Fransen gegeven (Wikipedia). De Franstalige Belgen zijn dan ook grotendeels van Germaanse oorsprong…

Bij het verdrag van Verdun werd Bourgondië opgedeeld tussen Frankrijk en het Middenrijk. Bij de verdelingen van het Middenrijk leefde het (derde) Koninkrijk opnieuw kortstondig op (855-863). Aan het einde van de 9de eeuw ontstonden er drie staten die de naam Bourgondië droegen: twee koninkrijken en een Hertogdom (°888). Beide koninkrijken werden uiteindelijk geabsorbeerd door het Heilig Roomse Rijk, op het Graafschap Bourgondië na dat in 867 ontstaan was (en tot de 13de eeuw een Duitse leen was). Het Hertogdom kwam onder de macht van de Franse koningen. In 1363 slaagden de hertogen van Bourgondië erin om het Graafschap te verwerven. Nog eenmaal poogden de Bourgondiërs hun rijk in een (vijfde) Koninkrijk om te smeden.

In de periode tussen 1363 en 1477 verwierven de hertogen van Bourgondië door huwelijken, erfopvolging en door lijfrentes een gebied dat uit twee blokken bestond: enerzijds het historische Bourgondië en anderzijds een gebied in het Noorden, uitgestrekter dan de huidige Benelux. De poging tot vereniging van beide territoria door Karel de Stoute – om zo het Middenrijk deels te herstellen – mislukte in 1477 toen hij de slag bij Nancy tegen de Franse koning verloor.

Op het hoogtepunt van de Bourgondische macht omvatte het Bourgondisch Rijk (ongeveer) de huidige Benelux, aangevuld met grote delen van het huidige Noord-, Oost- en Midden-Frankrijk en zelfs met een deel van het westen van Duitsland. Het Prinsbisdom Luik (dat o.a. de huidige provincies Luik en Limburg omvatte) kwam slechts gedurende een korte tijd onder het Bourgondisch gezag en zou tot 1795 een onafhankelijke staat vormen.

Leo Belgicus: La Belgique pendant le 16è siècle - België in de 16de eeuw

  1. DE FRANSE ANNEXATIES TOT DE 19de EEUW

We herinneren de lezer eraan dat de Belgische natie, ouder is dan het Koninkrijk België. Na de oprichting van België door de Bourgondische hertogen in de middeleeuwen ging het gebied vervolgens – tijdens de 15de eeuw – in Habsburgse handen over. Op 4 november 1549 werd de Pragmatieke Sanctie uitgevaardigd waardoor de Habsburgse Nederlanden de iure een één en ondeelbare staat werden.

Een eeuw geleden merkte de eminente Nederlandse historicus Huizinga op: “De Zuidelijke Nederlanden [lees: België] werden in bijna alle opzichten de echte, maar aan weerszijden gesnoeide uitgroei van de Bourgondische staat” (J. HUIZINGA, “Uit de voorgeschiedenis van ons nationaal besef”, De Gids, 1ste deel, jg. 76, 1912, p. 487). Hij bedoelde daarmee allereerst dat het Koninkrijk België, zoals aangegeven, uit de Bourgondische erflanden ontstaan was, maar ook dat het doorheen de eeuwen territorium verloren had. Natuurlijk ging het verloren grondgebied niet alleen naar Noord-Nederland dat in 1648 als een onafhankelijke staat erkend werd, maar ook en vooral naar Frankrijk.

Arras/Atrecht: jadis une ville belge - eertijds een Belgische stad

Volgende historisch Belgische gebieden werden door Frankrijk in de 15de en in de 16de eeuw geannexeerd: Bourgondië (1477), Metz en Verdun (1552), Franche-Comté (1648), Lotharingen (1648/1733), Artesië (1659), delen van Picardië en Henegouwen (1659), Duinkerke (1662), Rijsel (1668), Straatsburg en delen van Luxemburg (1684). Ook aan Pruisen gingen (in mindere mate) territoria verloren: zo bijvoorbeeld delen van Luxemburg in 1815.

Aan het einde van de 18de eeuw ontketende het revolutionaire Frankrijk een oorlog tegen de Habsburgse (Oostenrijkse) Nederlanden. Daardoor werd België zonder meer ingelijfd bij Frankrijk en dit voor een periode van 20 jaar. Tijdens de 19de eeuw heeft Frankrijk België proberen te annexeren – of tenminste plannen in die richting gesmeed – en dit zowel in de jaren 1830 als in de jaren 1860 en 1880. Toen de territoriale annexatie mislukte, heeft Frankrijk de “Waalse” (lees: francofone) en vervolgens, in de tweede helft van de twintigste eeuw, de “Vlaamse” beweging gesteund.

  1. DE TWEE WERELDOORLOGEN

In de aanloop naar de Eerste Wereldoorlog (1905-1914) bereikte de Franse propagandaslag een hoogtepunt, o.a. door subsidies aan bepaalde Franstalige dagbladen, door grote investeringen in Belgische Wereldtentoonstellingen enz.. De wallingant Jules Destrée die zich weliswaar buiten de pro-Franse collaboratie zou houden en de “Waalse” beweging vonden een nieuw symbool in Frankrijk: de haan. Nooit eerder in de Belgische geschiedenis werd dit symbool voor nationalistische doeleinden gebruikt. De “Waalse” vlag was geboren.

De Duitse inval in België maakte op 4 augustus 1914 abrupt een einde aan het neutraliteitstatuut dat ons land sedert 1839 door de grootmachten was opgelegd. België streed nu aan de zijde van het Verenigd Koninkrijk en Frankrijk tegen het Duitse Rijk. Wel behoorde België niet tot het kamp van de geallieerden. Frankrijk en Groot-Brittannië snelden enkel het land ter hulp waarvan ze de neutraliteit garandeerden. Toen de oorlog in 1918 eindigde, stond het de Belgen vrij om opnieuw te kiezen voor neutraliteit of om een alliantie aan te gaan. Het spreekt voor zich dat de geallieerden enorm aan sympathie en prestige gewonnen hadden en Duitsland – dat ons land verwoest en politiek ontwricht had – was al zijn vooroorlogse krediet kwijtgespeeld.

In deze context werd op 7 september 1920 een Franco-Belgisch militair akkoord gesloten. De Vlaamsgezinden zagen hier – niet onterecht – een uiting van Frans expansionisme in. Ondertussen weten we dat het Belgische Hof een tegenstander was van het akkoord. In 1933 – vlak na de machtsovername van de nazi’s in Duitsland – rees in Belgische diplomatieke kringen de angst voor een preventieve interventie van Frankrijk (Bruno DE WEVER, Greep naar de macht, Tielt, 1994, pp. 192-194). Op 24 april 1937 werd het akkoord opgezegd en keerde België terug naar zijn neutraliteitspolitiek.

Propagande anti-dynastique et anti-belge de la France - anti-dynastieke en anti-Belgische Franse propaganda

De Tweede Wereldoorlog maakte wederom een einde aan deze neutraliteit. Toen de Duitse troepen op 10 mei 1940 de Belgische grens overschreden, riep België de hulp in van Frankrijk en het Verenigd Koninkrijk. De Duitse opmars vorderde snel en eind mei 1940 was het Belgisch leger volledig ingesloten door Duitse troepen. Op 25 mei 1940 leidde die situatie tot een breuk tussen Koning Leopold III en zijn ministers. Volgens de Belgische regering diende België verder te strijden als geallieerde van Frankrijk en het Verenigd Koninkrijk. De Koning bracht tegen deze zienswijze in dat die twee landen slechts “garanten” waren van de Belgische neutraliteit. Hij wenste niet langer dat het Belgisch leger – waarvan de situatie hopeloos werd – opgeofferd werd voor de Anglo-Franse belangen. Op 28 mei 1940 capituleerde de Koning. In Franse leidende kringen werd hij hiervoor gehaat. In een radiotoespraak noemde de Franse Eerste Minister Paul Reynaud dit zogezegd “verraad” een daad “zonder voorgaande in de geschiedenis”. Terloops verweet hij nog fijntjes de Belgische Koning tot op 10 mei 1940 dezelfde waarde aan een Frans als aan een Duits woord gegeven te hebben [dit was een vingerwijzing naar het in 1937 aangenomen neutraliteitsstatuut van ons land]. Onder Franse druk werd de Belgische premier, Pierlot, verplicht om een verklaring voor te lezen waarin hij stelde dat de Koning een fout had gemaakt, zijn grondwettelijke eed verbroken had en zich onder het gezag van de bezetter geplaatst had. Hier ligt de oorsprong van de “Koningskwestie”, die de geschiedenis van ons land in de jaren na de oorlog zou tekenen.

  1. DE TWEEDE HELFT VAN DE 20ste EEUW

In 1945 was het Vlaams-nationalisme, dat zich voor een tweede maal gecompromitteerd had door collaboratie met de Duitse bezetter schijnbaar volledig van de kaart geveegd. Schijnbaar aangezien de sancties voor collaboratie (de zogenaamde “repressie” – maar dat is een term die door de Vlaams-nationalisten werd uitgevonden om de Belgische overheid onterecht van excessen te beschuldigen) zeer mild waren (in tegenstelling tot de sancties in Nederland en Frankrijk). Heel wat ter dood veroordeelde collaborateurs kregen strafvermindering of zelfs strafkwijtschelding. Daardoor konden de Vlaams-nationalisten zich vanaf de jaren 1950 hergroeperen en beleefde de anti-Belgische “Vlaamse” beweging in de jaren 1960 een opmerkelijke heropleving. Die opleving ging gepaard met een al even opmerkelijke opwelling van wallingantische ressentimenten aan de linkerzijde.

5.1. DE KONINGSKWESTIE

Het Amerikaanse leger bevrijdde de Koninklijke Familie – die door de Duitsers gevangen genomen was op 7 juni 1944 – op 7 mei 1945. Bij de bevrijding van België in september 1944 had het Parlement besloten om Prins Karel het regentschap van het Koninkrijk toe te vertrouwen. Hoewel de Koning naar België wou terugkeren, waren de ministers verdeeld over de kwestie: de katholieken waren voorstanderen, de anderen niet. Deze situatie leidde tot de val van de coalitie van Eerste Minister Achille Van Acker. Op 19 juli, werd een wet aangenomen, ertoe strekkende om een koninklijke terugkeer slechts dan toe te laten, wanneer het Belgische Parlement zich uitsprak over het einde van de “onmogelijkheid om te regeren”. Die toestand was uitgevaardigd in juni 1940 door de regering Pierlot, volgend op de capitulatie. Na de verkiezingen van 1949, kwam een coalitieregering tussen katholieken en liberalen tot stand. Deze regering hield op 12 maart 1950 een volksraadpleging over de terugkeer van de Koning op de troon.

Het resultaat was dat 57,68 % van de Belgen zich een voorstander verklaarde van de terugkeer van de Koning (tegen 42,32 % die tegen waren). De “Waalse” en “Vlaamse” regionalisten benadrukken het feit dat 72,2 % van de zogenaamde Vlamingen” voorstander van de terugkeer van de Koning waren, terwijl 58 % van de zogenaamde “Walen” tegen waren. Nochtans was er in alle Belgische provincies – Luik en Henegouwen daargelaten – een meerderheid voorstander van de terugkeer van de Koning. Zelfs in de provincie Luik, stemde het arrondissement Verviers vota « ja » (60 % « ja »-stemmen ). De verkiezingen van 1950 brachten de christen-democraten alleen aan de machten en zorgden voor het einde van ’s Konings onmogelijkheid om te regeren. Op 22 juli 1945 keerde Leopold III terug. Ondertussen warden betogingen en stakingen georganiseerd, vooral door de FGTB, de socialisten, de communisten en de “Waalse” beweging. Op 30 juli 1950, toen drie mannen door de rijkswacht tijdens een samenkomst in Grace-Berleur, een Luikse voorstad, neergekogeld werden. Tegenover het geweld, besloot Leopold III om zijn machten aan zijn zoon Boudewijn over te dragen op 31 juli 1950 toen hij Kroonprins werd (op 11 augustus werd de Prins ‘luitenant-generaal’ van het Koninkrijk). Volgend op de troonsafstand van zijn vader (16 juli 1951), werd Boudewijn de vijfde Koning der Belgen op 17 juli 1951.

Wat was de rol van Frankrijk tijdens deze bewogen periode?

Eind juli 1950 vonden enkele samenkomsten plaats in Luik, met socialistische syndicalisten, gesteund door vertegenwoordigers van andere politieke partijen en van de Waalse beweging. Onder hen bevond zich André Renard, over wie we het later nog zullen hebben. De revolutionnairen stelden de creatie van een “Waalse” regering in het vooruitzicht. De taak van die regering zou geweest zijn om het splitsingsproces van het land op gang te trekken. De “Waalse” regering zou kunnen gerekend hebben op een zekere sympathie van Groot-Brittanië waar de houding van de Koning tijdens de Tweede Wereldoorlog streng veroordeeld werd. Een document uit 1964 verduidelijkt: « in 1950, tijdens de Koningskwestie, werd in overweging genomen om een voorlopige Waalse regering in te stellen, gevolmachtigd om een Staten-Generaal van Wallonië samen te roepen. […] De consul-generaal van Frankrijk, Jules-Daniel Lamazière had, op bevel van zijn ambassadeur, beloofd om twee Franse regimenten in te zetten om de nieuwe Waalse regering te steunen…“(F. SCHREURS, Quelques figures d’ancêtres, la famille Schreurs, Tome II, Luik, 1964, p. 118).

5.2. DE JAREN 60

André Renard

Renard, die door de staking tegen de Eenheidswet van Gaston Eyskens (1961) een legende werd in de “Waalse” beweging en mee aan de oorsprong lag van het (ongrondwettelijke) federaliseringsproces. Drie jaar eerder had dat zelfde heerschap al geschreven:

“Ons hart blijft gehecht aan Frankrijk. Wij hebben vertrouwen in Frankrijk, dat voor ons eeuwig is […] Daarom eindigen we zoals we begonnen met de uitroep: “leve Frankrijk!” (André Renard in La Wallonië, 13 juli 1958). Door wie werd Renard geïnspireerd? Door Franse agenten? Het thema verdient alleszins een veel breedvoeriger onderzoek dan tot op heden het geval was.

Paul VAN DEN BOEYNANTS (CVP-PSC): un grand Homme d'Etat belge - een groot Belgisch Staatsman

De heropleving van de “Vlaamse” beweging is alleszins deels te wijten aan het aan de macht komen van Charles De Gaulle in januari 1959 in Frankrijk. De Belgische historicus Vincent Dujardin zei hierover (« Saga Belgica », Le Soir, juni 2008) : « Volgens verslagen van de staatsveiligheid zou [de Franse President De Gaulle] onrechtstreeks de aanhangers van “Walen buiten” [dus zij die de tweetalige Leuvense universiteit wouden splitsen] gefinancierd hebben, wat er de Belgische regering toe gebracht heeft zich te verzetten tegen zijn bezoek aan België in 1968. ». Frankrijk, dat zich aan het begin van de 20ste eeuw verzette tegen de vernederlandsing van de universiteit van Gent zou dus plots voorstander zijn van een splitsing van een tweetalige universiteit? Deze schijntegenstelling wordt pas begrijpelijk wanneer men begrijpt dat ca. 1910 Frankrijk erop hoopte héél België als Franstalige satellietstaat binnen zijn invloedssfeer te krijgen, terwijl het 60 jaar later – de taalgrens was inmiddels afgebakend – eerst zijn zinnen op het zuidelijke deel van ons land (en op Brussel) zou zetten.

Dat verklaart waarom men in 2009 in de “Belgische” pers kon lezen dat wijlen Minister van Staat Hugo Schiltz van de Volksunie (de voorloper van de N-VA) de Franse geheime dienst mede aansprakelijk achtte voor de radicalisering van het Vlaams-nationalisme in België. Er is trouwens geen zinnige reden om aan te nemen dat Frankrijk aan zijn noordgrens anders zou handelen dan het in Québec (Canada) doet, waar het de separatistische beweging openlijk steunde of nog steeds steunt. In een toespraak van de Franse president De Gaulle in juli 1967 in het Canadese Montréal sprak hij immers de historische, maar zeer ondiplomatische woorden uit: “Vive le Québec libre !”. Een week tevoren had hij zijn schoonzoon toevertrouwd dat die zin als een bom zou inslaan. Maar het moest volgens De Gaulle gebeuren want het was de laatste kans voor Frankrijk om berouw te tonen voor het “verraad” van Frankrijk. Daarmee bedoelde hij dat, naar zijn aanvoelen, Frankrijk in de Zevenjarige Oorlog (1756-1763) door zijn verlies in Noord-Amerika enkele tienduizenden kolonisten in de steek had gelaten ten voordele van de Britten. Het Franse historisch besef is dus erg groot. Zou Frankrijk het België al vergeven hebben dat het in de middeleeuwen het graafschap Vlaanderen verkreeg, dat nochtans eeuwenlang een Franse leen was?

Twee jaar vóór zijn verklaringen in Québec – in 1965 – vertrouwde De Gaulle de toenmalige Franse minister van informatie Alain Peyrefitte toe: “Als er op een dag een vertegenwoordigende “Waalse” overheid zich officieel tot Frankrijk zou richten, dan zullen wij op die dag met een groot hart gunstig antwoorden op een vraag die alle schijn van wettelijkheid heeft […] Het is de traditionele politiek van Frankrijk om in zijn schoot Fransen uit het buitenland te verzamelen: “Wallonië” is van die eenheid uitgesloten door een ongeluk van de geschiedenis. Nochtans leefde ze altijd met ons in een symbiose en dat vanaf Alesia [de plaats waar Vercingetorix door de Romeinse troepen in 52 v.C. werd verslagen] tot aan 18 juni 1940 [de dag van de capitulatie van Frankrijk in Wereldoorlog II]. Het is een drama voor het “Waalse” volk om vandaag af te hangen van een ander volk dat niets anders zal doen dan het te versmachten in afwachting van de opslorping…”.

Overigens beperkte en beperkt de Franse inmenging in België zich niet alleen tot communautaire aangelegenheden. Zo werd op 25 maart 1960 Georges Laperche, een Luikse professor die voorstander was van de Algerijnse onafhankelijkheid, op een brutale wijze vermoord door de Franse geheime dienst. Twee andere Belgen ontsnapten aan dit lot: bij de ene werkte het bompakket niet meteen en kon het buiten werking gesteld worden. De andere werd verwittigd door de gelukte bomaanslag op Laperche (Libération, 24 mei 2001).

  1. RECENTE ONTWIKKELINGEN

Sedert de Belgische politieke crisis die begin deze eeuw opflakkerde, wordt er vanuit Parijs een meer dan gewone belangstelling voor de Belgische binnenlandse politiek aan de dag gelegd. Daarbij kunnen de Fransen ook steunen op “Belgische” politici. Zo verklaarde wijlen Daniël Ducarme, oud-« minister president » van het Brussels gewest en oud-voorzitter van de MR op 15 december 2007 in de bladen Le Soir, La Libre Belgique en Libération: “Indien ‘Vlaanderen’ […] zou blijven doorgaan met de verslechtering van de relaties tussen het Noorden en het Zuiden, dan zal ik voorstander zijn van de creatie van een Franstalig België, dat met Frankrijk geassocieerd is”.

Guy Spitaels

Op 13 september 2010 boden Franse PS’ers Franse bijstand inzake defensie aan de “Belgische” PS aan voor het geval er een “Waals”-Brusselse rompstaat zou ontstaan. Veel minder geweten is dat de PS al in 2008 een brochure wijdde aan het rattachisme. Daarin stond dat er niet langer één alternatief was voor een splitsing van België (“een rest-België”), maar dat “de vereniging/hereniging met Frankrijk (…) ook even geloofwaardig, verzekerend en aantrekkelijk is als de eerste hypothese…” (P. HUBERT, Etat de la question; le rattachisme: une conviction en progrès en Wallonië?, Brussel, Inst. Em. Vandervelde, 2008, p. 8). Hierbij willen we ook aanstippen dat de PS, net zoals de andere anti-Belgische partijen, betaald worden met geld van de Belgische belastingbetaler, wat opmerkelijk is aangezien het hier louter om privé-clubs gaat, die niet in de Belgische grondwet vermeld worden. Datzelfde geldt voor de separatische of extreem-regionalistische instellingen zoals het “Institut Emile Vandervelde” en het “Institut Jules Destrée”.

Op 2 september 2010 verklaarde Philippe Moureaux (PS), één van de oudgedienden van de vele “staatshervormingen”, dat in de context van een scheidingsproces van de Belgische staat de cohesie tussen het zogenaamde “Wallonië” en Brussel versterkt diende te worden. En hij voegde er aan toe: “men zou [daarbij] op Frankrijk kunnen steunen. Ik vind het niet idioot om daarover na te denken”. Een week later sprak zijn partijgenoot Guy Spitaels op dezelfde wijze: “Zich aanhechten bij Frankrijk? Het is een verdedigbare mogelijkheid […] Ik heb geprobeerd België als vice-premier te dienen. Maar ben ik er emotioneel mee verbonden? Ik zoek geen uitvlucht: het antwoord is ‘neen’” (Guy Spitaels, oud “minister-president” van het Waals gewest en “Minister van Staat”, Le Soir, 9 september 2011).

In de loop van 2011 ondernamen Franse agenten een onderzoeksmissie in België, waarbij ze talloze Belgische politici, journalisten en professoren ondervroegen en die resulteerde in een lijvig rapport over de “Belgische kwestie” .

Propagande "rattachiste" - "rattachistische" propaganda

Het is trouwens bekend dat notoire “rattachisten” – personen die Zuid-België met Frankrijk willen “herenigen” – openlijk steun krijgen van Franse politici. Jean-Luc Mélenchon, de uiterst-linkse presidentskandidaat, verklaarde op de RTBF “dol van vreugde te zijn” als de “Walen” zich bij Frankrijk zouden aansluiten (LLB, 15.04.12). De Franse presidentskandidate van het Front National, Marine Le Pen, deed tijdens de Franse presidentscampagne van 2012 een gelijkaardige uitspraak. Overigens stelde ze een klein jaar tevoren, aan de vooravond van de Belgische nationale feestdag (20 juli 2011), in een communiqué dat als “Vlaanderen” onafhankelijk wordt, een hypothese die volgens Le Pen steeds reëler wordt, “de Republiek Frankrijk vereerd [zal] zijn Wallonië in zijn schoot op te nemen” en dat wegens de grote “historische broederbanden”.

Nu kan men die uitspraken onbetekenend vinden, maar de Mélenchon en Le Pen behaalden wel miljoenen stemmen tijdens de Franse presidentsverkiezingen. Bovendien schreef de “rattachistische” RWF onlangs: “Men moet weten dat onze stichter-voorzitter Paul-Henri Gendebien zijn boeken […] aan de hoogste Franse dignitarissen opstuurt, waaronder ministers van de linker- en de rechterzijde. Men zou verwonderd zijn over het aantal dankwoorden, gepaard gaande met enkele woorden van steun aan ons project, van aanmoediging of eenvoudigweg van sympathie die hij als dank terugkreeg” (persbericht d.d. 14 april 2012).

Dat geloven we best. Belgische « rattachisten » zijn welkom in de Franse Senaat, waar ze enkele jaren geleden ontvangen werden zonder dat iemand in België zich er druk over maakte. Het dagblad Le Soir schreef toen: “Men moest van zaal veranderen, want meer dan honderd personen waren op de uitnodiging ingegaan. Aan de ingang kregen ze een brochure, getiteld «De splitsing van België », opgesteld door François Perin en uitgegeven door de Franse vleugel van de rattachisten. In de zaal waren er vanzelfsprekend Senatoren, waaronder twee oud-ministers, generaals, twee ambassadeurs en een hoge gezagsdrager van Buitenlandse Zaken, die betrokken was bij de beruchte reis van generaal De Gaulle in Québec («Vive le Québec libre !»).” (Le Soir, 18 januari 1997).

Terloops gezegd is buitenlandse steun voor het voeren van een anti-Belgische propaganda in België strafbaar gesteld (artikel 135bis van het Belgisch strafwetboek).

BESLUIT: De politieke (en economische) kolonisatie van België door Frankrijk maakt deel uit van een eeuwenoude Franse imperialistische geopolitiek. Dit politiek denken is geïnspireerd door de “théorie des frontières naturelles”, namelijk het streven naar natuurlijke grenzen (i.c. de Rijn). Doorheen de eeuwen zijn er verschuivingen geweest in middelen en tactiek, maar nooit in doel. We weten nu met een aan zekerheid grenzende waarschijnlijkheid dat, mocht België imploderen, het zgn. “Waals gewest” in één of andere vorm toenadering tot Frankrijk zal zoeken. De tekenen hiervan zijn vandaag al duidelijk zichtbaar. Uiteraard zal de Franse territoriale expansie dan niet beperkt blijven tot het zuiden van België, maar minstens ook Brussel, Voeren en de faciliteitengemeenten omvatten. Het spreekt vanzelf dat een “Vlaams” rompstaatje dan volstrekt niets in de pap zal te brokken hebben.

Men mag evenmin vergeten dat België in 1839 Nederlands-Limburg en het Groothertogdom Luxemburg aan Nederland verloor. Zeeuws-Vlaanderen en Noord-Brabant werden eerder al ontfutseld. Pruisen nam ons het Rijnland af.

Van het middeleeuwse Groot-België van Breskens tot Bazel en van Düsseldorf tot Amiens blijft er vandaag al niet veel meer over.

Anders gezegd, de Vlaams-nationalisten, die ijveren voor de vernietiging van België, werken in realiteit voor de Quai d’Orsay in Parijs en zijn zo de beste bondgenoten van het Franse imperialisme.

www.belgischeunie.be

 

Han Renard,  Historiek van de onafhankelijkheidsgedachte

Interview met Waals geschiedenisprofessor Hervé Hasquin

‘Een onafhankelijk Wallonië is een zinloos project’, in : Knack Extra, 02/02/2011, p.13 en volg.

 

De mentale omslag in Wallonië is er gekomen met de grote staking tegen de eenheidswet van Gaston Eyskens in 1960, zegt MR-politicus en historicus Hervé Hasquin. ‘Op dat moment ben ik ook, als zeventienjarige, een aanhanger van het federalisme geworden.’

 

(…) Als minister-president van de Franse Gemeenschap publiceerde hij een ophefmakende studie (op basis van een koffertje met documenten dat op geheim-zinnige wijze in zijn bezit kwam) over de collaboratie tijdens de Tweede Wereldoorlog van een groepje Waalse separatisten met het Vichyregime van maarschalk Philippe Pétain. Hasquins gena-deloze blootlegging van een tôt dan toe doodgezwegen, ‘weinig glorieuze’ épisode uit de geschiedenis van de Waalse beweging, werd hem in Waalse militante kringen niet in dank afgenomen. De beruchte koffer zit inmiddels, tot groot jolijt van de hartelijk lachende Hasquin, veilig achter slot en grendel ergens in de gebou-wen van de prestigieuze Académie royale de Belgique, waarvan Hasquin secretaris voor het leven is. Daarnaast is hij ook de vader van verschillende standaardwerken over de geschiedenis van Wallonië en de Waalse beweging.

 

(p.14) (…) In 1898 werd het Nederlands naast het Frans als officiële taal erkend. Maar in het gecentraliseerde, unitaire België, waar het Frans lange tijd aïs de enige officiële taal had gegolden, bekleed-den de Walen natuurlijk functies in het hele land. Het vooruit-zicht van verplichte tweetaligheid veroorzaakte bij die mensen grote beroering. Ze waren bang om hun baan te verliezen en hadden moeite met het verdwijnen van het Franstalige België dat ze hadden gekend. De Waalse beweging ijverde dan ook voor intrek­king van de taalwetten, en haar leden zagen zich zichzelf aïs de hoeders van de eenheid van het land.

(…) De Assemblée wallonne was overigens heel francofiel. Maar hoe moest ze haar sympathie voor Frankrijk uitdrukken zonder van rattachisme te worden beschuldigd? Aïs Waals symbool werd eveneens gekozen voor de Gallische haan, maar de Waalse haan mocht niet helemaal identiek zijn aan de Franse. En dus is de Waalse haan een stappende haan geworden, de rechterpoot in de lucht, in tegenstelling tot de kraaiende Franse haan, die met beide poten stevig op de grond staat. (lacht)

 

(p.15) Waren de verzetslui in Wallonië dan allemaal wallinganten?

hasquin: Zeker niet, er zaten ook veel belgicisten bij, maar er waren toch nogal wat Waalse groeperingen in het verzet. Andere wallinganten zijn bij het uitbreken van de oorlog naar Frankrijk gevlucht. Denk aan de Luikse drukker en vooraanstaande wallingant Georges Thone. Die had in 1940 met een aantal gelijkgestemden in Frankrijk onderdak gezocht. Uit haat tegen Leo­pold III, tegen Duitsland en tegen de Britten, die bij de eerste gelegenheid Leopold III weer op zijn troon zouden zetten, zijn Thone en zijn Waalse separatistische vrienden met de opeen-volgende Vichyregeringen en maarschalk Pétain, een mario-net van nazi-Duitsland, over de mogelijke aansluiting van Wallonië bij Frankrijk gaan onderhandelen. Ze waren zo verblind door hun rattachistische ideeën dat ze zich steeds verder op het pad van de collaboratie begaven. Die Waalse separatisten vorm-den weliswaar een kleine minderheid, maar ze hebben dus wel bestaan. Wallonië zelf telde ook heel wat collaborateurs, al waren dat geen Waalse nationalisten, wel echte fascisten, terwijl in Vlaanderen de collaboratie toch vooral een zaak van de Vlaam­se beweging is geweest.

 

(p.16) Ook het politieke landschap zal in de jaren 1960 sterk veran­deren, met het ontstaan van het FDF, het Rassemblement wallon en de snelle opgang van de Volksunie in Vlaanderen. In 1968 is er de kwestie-Leuven Vlaams. Dat alles zal uitmonden in de fameuze redevoering van vader Eyskens in 1970 in het parlement, waarin hij zei dat België niet langer een unitaire staat was. In de jaren 1970 zijnvervolgens alle traditionele partijen, ook in Wallonië, federa-listisch geworden.

 

Het Belgische federalisme lijkt intussen op zijn grenzen te zijn gestoten. Sommige Franstalige politieke kopstukken zijn met de jaren dan ook hun geloof in België verloren. Hoe zit dat met u?

hasquin: François Perin heeft ooit geprobeerd mij van de weldaden van de aansluiting van Wallonië bij Frankrijk te overtuigen, maar zonder veel succes.

 

(…) hasquin: (schudt het hoofd) Een onafhankelijk Wallonië is een vol­strekt zinloos project. Bij het verdwijnen van België moet je ofwel denken aan de aansluiting van Wallonië bij Frankrijk, ofwel aan een confederatie Wallonië-Brussel. Die confederatie zou volgens het internationaal recht de naam België kunnen bewaren. Maar een onafhankelijk Wallonië is een heilloos pad. Er bestaat geen natiegevoel in Wallonië, économiser! is een zelfstandig Wallonië niet leefbaar, en uit alle peilingen blijkt dat de voorstanders van Waalse onafhankelijkheid bijzonder dun gezaaid zijn.

 

 

Ludo Baeten, EEN AANHOUDENDE OBSESSIE. TWEE EEUWEN VOLHARD1NG IN DE FRANSE JACOB1JNSE  DENKTRANT, in: Kenmerk / L’Accent, 129, 1998, p.8-10

 

In 1795 werden de Zuidelijke Nederlanden bij Frankrijk ingelijfd op grond van het jacobijnse principe « la langue est la nation toute entière ». In de Zuidelijke provincies van België werden er romaanse dialecten gesproken terwijl in de Noordelijke de adel en de hoge burgerij reeds sterk verfranst waren. Was het graafschap Vlaanderen ooit niet onderhorig geweest aan de Franse kroon?

Onze gewesten, die tot dan toe ieder hun bestuurlijke identiteit hadden bewaard, werden in een unitair dwangbuis opgenomen. Er werd een politiek van uniformisatie doorgevoerd terwijl de elite aan een ware hersenspoeling werd onderworpen. Geen enkele Natie heeft zozeer als de Franse la « conquête des esprits » in haar vaandel geschreven.

 

De Franse opvatting van de politieke maatschappij werd doorgedrukt en verdrong het eigen staatkundig denken zoals dit zich in de loop der eeuwen had ontwikkeld en tot dan toe had standgehouden.

 

« Vanaf de tijd der Bourgondische hertogen hadden de vreemde « heersers over de Zuidelijke Nederlanden het eigen leven van « deze oude gewesten ontzien. Hun politiek tastte de lokale « rechten en autoriteiten zo min mogelijk aan en trachtte « slechts over hen heen het gezag van een centrale regering te « handhaven. In de provincies kwamen de Statenvergaderingen « regelmatig bijeen en zij waren veel meer dan in de « Noordelijke Nederlanden, waar zj beheerst werden door de « regentenoligarchie en eerder regeringsraden dan « representatieve lichamen waren, nog vertegenwoordigingen van « de oude standen. Hun macht, gebaseerd op allerlei als « provinciale constituties beschouwde privilégies – de « beroemdste is natuurlijik de Brabantse Blijde Inkomst – was « niet gering; vooral in belastingszaken woog hun beslissing « zwaar.(l) Door hun aanhechting bij Frankrijk werden de Zuidelijke Nederlanden van hun historische wortels afgesneden. De geestelijke overwoekering door Franse denkbeelden en mythen bleek nog rampzaliger dan de militaire bezetting en de politieke overweldiging. De gevolgen ervan zullen zich tot op heden doen gelden.

 

In 1815 wordt de eenheid van de Lage Landen hersteld. Koning Willem, wiens verdiensten steeds meer worden gewaardeerd (2), was ten zeerste begaan met de ontwikkeling van de op vele gebieden achteropgeraakte Zuidelijke Nederlanden.

Jammer genoeg was ook hij ingenomen met het Franse politieke denken dat trouwens in de kaart speelde van een bepaald verlicht despotisme. Ook koos hij zijn medewerkers onder de oudgedienden van het Franse bewind. Hij gaf geen gehoor aan degenen die hem voorhielden wat meer rekening te houden met de eigen politieke tradities.

 

Was hij op deze wijze raadgevingen ingegaan en had hij een meer gedecentraliseerd bestuur in acht genomen, de Brusselse rellen van 1830 zouden wellicht nooit aanleiding hebben gegeven tot een afscheidingsbeweging. De diepere oorzaak van de scheiding moet worden gezocht in de weigering een nochtans opvallende verscheidenheid te erkennen en in het verwerpen van een gezond particularisme eigen aan ‘s lands tradities.

Dank zij het staatsmanschap van Thorbecke (3) komt in Nederland daarin verandering in de jaren 1848-1851. Amper twintig jaar na de Belgische afscheiding wordt aan de gemeenten en aan de provincies een ruimere autonomie toegekend, zodat Nederland een gedecentraliseerde unitaire Staat werd. Deze decentralisatie heeft de politieke samenhang van Nederland eerder versterkt dan verzwakt.

 

De bezielende gedachte van Thorbecke was: « de natuur is niet daarom zoo rijk dewijl zij ééne kracht, maar omdat zij, ééne oneindige verscheidenheid van wezens, ieder met eigen kracht, onder een algemene wet laat werken ».(4)

Bij gebrek aan een dergelijke visie volharden de grondleggers van de nieuwe Belgische Staat in de jacobijnse vergissing. Andermaal wordt de staatsconstructie naar Frans model op een strak unitaire leest geschoeid. Men zag niet in dat tussen eenheid en verscheidenheid een vruchtbare wisselwerking kon ontstaan.

 

Door een verbeten Vlaamse Strijd mislukt de poging tot taalkundige homogenisatie. Zelfs vanuit een Belgisch standpunt moet de Vlaamse Beweging als een winstpunt worden beschouwd. Zij heeft in de Zuidelijke Nederlanden de verscheidenheid van taal gevrijwaard en daardoor een grotere openheid van het land in vele richtingen mogelijk gemaakt.

 

Het anderhalve eeuw volgehouden unitaire regime heeft echter frustratiegevoelens gewekt die uitmonden op nationalistische stromingen. Deze sturen aan op de vestiging van twee tegengestelde « gemeenschappen », waarin « le mal français » welig blijft voortwoekeren. Ieder nationalisme is behept met Franse concepten, dogmes en mythen. Het Vlaams nationalisme ontsnapt daar niet aan.

 

In het reeds oververkavelde Noord-West Europa wordt aldus aangestuurd op de oprichting van twee nieuwe verkrampte natie-staatjes al dan niet samengehouden door een impotente Statenbond. Wel te verstaan worden deze natie-staatjes geconcipieerd naar het klassieke Franse mode).

Zonder wortels in het verleden bieden deze nieuwe scheppingen geen uitzicht op de toekomst. Ook wekken zij bij de bevolking niet het verhoopte enthousiasme. Behalve dan bij degenen aan wie zij een loopbaan verschaffen. Zij zijn het kunstmatig product van een politiek onvermogen. Argeloze politici hebben getracht onrijpe jeugddromen, achterhaalde idealen van vijftig jaar geleden te verwezenlijken. Met de nieuwe internationale context werd geen rekening gehouden. Aan de functie van Europees kerngebied van de landen en gewesten van de Gouden Delta werd niet gedacht.

 

De ingevoerde nieuwe staatsregeling drijft de losgeslagen gebiedsdelen in een positie van isolement. Zij worden aldus een gemakkelijke prooi voor de drijverijen van de grote gieren van de Europese politiek. Zo lang de Europese Unie geen evenwichtige klassieke federale structuur heeft verworven blijft de grootste waakzaamheid geboden.

De sedert 1795 opeengestapelde vergissingen moeten worden toegeschreven aan een schrijnend gebrek aan politieke cultuur. Er werd geen rekening gehouden met de uitzonderlijke geografische positie van onze landen en gewesten. Evenmin met hun zo rijke politieke tradities. De meest dringende taak is aan dit gebrek te verhelpen.

 

(1) Prof. Dr. ER.H. Kosmann – De Lage Landen I 780-1940

(2) Yves Schmitz – Guillaume I et la Belgique.

(3) Prof. Mr R. Kranenburg – Studiën over Recht en Staat.

(4) Johan Rudolf Thorbecke ( I 798-1872) was van 1825 tot 1830 hoogleraar aan de Universiteit van Cent. Hij doceerde daar de historia politica.

 

 

UNE OBSESSION TENACE, in: Kenmerk-L’Accent, 129, 1998, p.10-11

 

 

En 1795 les Pays-Bas du Sud furent intégrés à la France sur base du principe « la langue est la nation tout entière ». Nos régions qui jusqu’alors avaient connu leur identité propre, furent soumises à une contrainte unitaire. Une politique d’uniformisation fut introduite et les élites soumises à un véritable lavage de cerveau. Aucune autre nation n’a écrit « la conquête des esprits » dans son drapeau comme le fit la France.

L’absorption des Pays-Bas du Sud par la France coupa ceux-ci de leurs racines. L’imprégnation de vues et mythes français dans tes esprits fut plus néfaste encore que l’occupation militaire et la main-mise politique. Les conséquences en sont sensibles jusqu’à nos jours.

L’union des Pays-Bas est rétablie en 1815. Bien que le roi Guillaume fut fort préoccupé par le développement des provinces du Sud dégénérées, il souffrait lui aussi de la philosophie française qui flattait d’ailleurs un certain despotisme éclairé. Trop souvent il choisit ses collaborateurs parmi les anciens de service du régime français. Une meilleure acceptation d’un pouvoir décentralisé aurait pu éviter la sécession de 1830.

 

 

/Obsession tenace/ (suite), in: Kenmerk-L’Accent, 129, 1998, p.11

 

Grâce au sens de l’Etat du ministre Thorbecke le Nord connut en ce un revirement: « La nature est riche non pas parce qu’elle serait une seule force, mais parce qu’elle permet à une multitude infinie d’êtres, chacun vivant selon ses propres lois, de vivre sous une loi commune. »

Par manque d’une telle vision, les fondateurs du nouvel Etat belge persistent dans l’erreur jacobine.

Le combat flamand soutenu empêche l’homogénéisation linguistique. Même considéré d’un point de vue belge le Mouvement Flamand apporta un solde bénéficiaire. Il a garanti la liberté de langue et ainsi contribué à une grande ouverture du pays en toutes directions.

Mais le régime unitaire soutenu pendant un siècle et demi a suscité des courants nationalistes qui tentent de forger deux « peuples » au sein desquels « le mal français » persiste.

Au sein d’une Europe du Nord-Ouest déjà si parcelée ils tentent d’installer deux petits-états-nations crispés, évidemment conçus selon le modèle classique français.

Sans racines dans le passé, ces constructions nouvelles n’ont aucun avenir. Elles n’éveillent d’ailleurs pas l’enthousiasme de la population. Sauf chez ceux qui en vivent.

D’ingénus politiciens veulent réaliser des rêves surannés qui ne tiennent pas compte de la fonction de noyau européen qui est celle des régions du Delta doré.

Les parties débridées prévues par la nouvelle construction étatique poussent celles-ci dans l’isolement.

Les erreurs accumulées depuis 1795 doivent être imputées à un manque total de culture politique. Il n’a pas été tenu compte de la position géographique unique de nos régions. Et pas plus de leurs riches traditions politiques. Il est urgent d’y travailler.

 

 

Louis Ronkard, Le lion belge et nos étendards, histoire millénaire, in: Folkl. Brab., s.n., 19(…), p.73-124

 

(p.116) Le „Lion Belgique qui depuis 1168 est toujours sur nos blasons et nos sceaux. »

 

(p.116) Nous sommes arrivés au  terme de l’évolution  de nos  signes nationaux, bannière rouge qui devient tricolore, et Lion belgique qui depuis 1168 est toujours sur nos blasons et nos sceaux. Avant cela déjà notre bilinguisme celto-latin a cédé la place au bilinguisme latin-francique (germain).

 

Comme les arbres peuvent, dit-on, cacher la forêt, les détails rassemblés pour que l’histoire soit vraie, peuvent, par leur multi­tude, obnubiler la chaîne d’or qui les unit et leur donne leur sens. Pour que ce tableau soit complet, je devrai répéter ici des détails cités ailleurs, déjà je m’en excuse.

 

Jetons donc un regard d’ensemble sur cette évolution plus que millénaire. Et d’abord, peut-on découvrir le lieu de son origine? Oui, nous le trouverons à Rome; c’est l’enseigne des légions, mais il est utilisé dans un sens nouveau qui le christianise. Les murs qui en porteront la proclamation au monde seront ceux d’une vaste maison romaine, celle du sénateur Latéranus, acquise peu après que l’Edit de Milan (313) eût donné la liberté à l’Eglise. J’ai rappelé ailleurs la vision du monogramme du christ, prélude de la victoire de Constantin au pont Milvius (310). L’empereur ayant accompli sa promesse, sa mère ne pouvait laisser dans les Catacombes l’évêque (p.117) de Rome, S. Sylvestre. Le Palais de Latran devint la première cathédrale du monde, Mater et Magistra, comme disait encore tout récemment Jean XXIII.

 

Or, cette princesse, mère de Constantin, était une fille de chez nous, de cette Tréviric qui, partant de la Moselle, s’étendait sur le Sud des deux Luxembourgs, elle résidait à Trêves, chef-lieu de la « Belgique première ».

C’est avec ce don royal que la Belgique d’alors entre dans l’his­toire religieuse; elle ne la quittera plus et y occupera une place constante, hors de toute proportion avec son territoire actuel.

 

Pourquoi ne rappellerais-je pas ici les débuts d’une autre épopée? Admis dans l’Empire en 251 par Aurélien pour peupler les solitudes de Taxandrie, puis de Ménapie (Flandre) ces Francs, Saliens et Ripuaires complétaient avec les Gwallo-Romains d’Aétius (Campine), (ancêtres des Wallons) la Garde au Rhin, Die \Vacht am Rhein, du Ve siècle. C’est ensemble qu’à Chalons ils repoussèrent les hordes asiatiques d’Attila. C’est près de S1– Brice, à Tournai, que le corps de leur roi Chilpéric fut enseveli dans son manteau royal parsemé d’abeilles d’or.

 

C’est de Tournai que partit son fils Clovis pour reconquérir la situation prédominante qu’avait eue son père et qu’à Soissons il enleva au Gwallo-Romain (on dirait maintenant au Wallon) Syagrius ; et ce fut la première « Question flamande ». C’est de là qu’après ses succès près de Cologne et l’unification des Ripuaires avec ses Saliens (à Tolbiac = Zulpich?), il faillit être vaincu en Alsace. Son invocation au dieu de Clotilde, son épouse catholique, lui ayant donné la victoire (sur les Alamans, déjà (!), ce fut dans la capitale de la Belgique seconde (dont les archevêques de Reims continuent à porter le titre primitif), qu’il reçut le baptême, avec sa bande, ses « Leûte », ses ‘ Leudes. C’est sous la Bannière ou Chape bleue de S’-Martin de Tours que militèrent ses successeurs fort romanisés, romanisme qui déplut aux « Vieux Francs » de notre Belgique du Nord; et ce fut la deuxième « Question flamande », celle du vnie siècle : cette rivalité avec les Neustriens romanisés qui se termina par l’ascension vers le pouvoir royal des Pépin de Landen, de Herstal, etc., et enfin du roi Pépin (le Bref) en attendant que le plus illustre, Charlemagne aille dans ses écoles apprendre le latin et peut-être nos idiomes dérivés du latin dont les Serments de Strasbourg nous ont conservé les premiers écrits.

 

(p.118) Au milieu de ce mélange du Haut Moyen-Age où allons-nous retrouver nos insignes clairement exposés ? Au palais de Latran, dans son triclinium ou grande salle d’apparat où Léon III a placé en pierres, en mosaïques la leçon qu’il voulait donner aux rois et aux peuples. C’est là qu’on voit le Christ qui a remis à saint Pierre, avec les clefs, le pouvoir spirituel, remettre à notre Charlemagne, le pouvoir sur terre symbolisé par le vexillum rouge. Cette leçon a été parfaitement comprise tant par ses partisans que par ses adversaires, à tel point que le cardinal Barberini a fait gratter le nom de Charle­magne, oubliant que le même portrait se retrouvait dans la mosaïque d’en face avec le même nimbe carré réservé aux vivants et qu’il y mit le nom de Constantin. De ce vexillum rouge dérivent les fanions rouges, insignes des ducs — tels que nous les voyons portés par ces princes aux deux côtés d’Otton III dans l’évangiliaire d’Aix-la-Chapelle. Et de là nos plus anciens blasons de Liège, Bruxelles et Louvain.

Ces couleurs revêtiront notre premier Lion quand la Chevalerie et les Croisades l’auront placé sur les boucliers et les bannières de j nos ancêtres comme un rappel des paroles de Jules César: Gallorum I omnium fortissimi sunt Belgae.                                                       

 

Quand le Saint-Empire relève les symboles de la Rome antique, ( nos grands vassaux fidèles au devoir héraldique prirent aussi les mêmes couleurs que Godefroid de Bouillon déployait à Mersebourg; mais chez nous, le Lion se différencie de l’aigle comme nos pays se distinguent de l’Empire. Cependant, Lion unique dans toutes nos terres, il marque l’unité latente de nos provinces, distinguées elles-mêmes par des attributs divers. Dans son vêtement brabançon, le Lion lutte sur le front de l’Est à Woeringen, sous son aspect de Lion de Flandre, il lutte au Sud-Ouest et cueille les Eperons d’Or, en attendant d’écarter plus tard, par ses couleurs mêmes, les tentatives d’annexion.

Il restera dans la pensée populaire comme aussi dans les domaines provinciaux à côté de la Croix de Saint-André, sous laquelle nos pays seront unifiées par des princes surnommés Bon, Hardi, sans Peur.

 

Leo Belgicus depuis Charles-Quint — ou presque — il reparaîtra au premier plan pour nous différencier de tout autre groupement et rendre aux Etats Belgiques Unis et enfin au Royaume de Belgique son nom deux fois millénaire dans une progression commencée vers l’an mil, précisée au xvie siècle, affirmée au xvine, épanouie enfin (p.119) au XIXe siècle. Ce n’est pas seulement de l’Histoire, c’est de l’Epopée, avec les noms les plus illustres qui soient.                                   

 

L’histoire est finie, car le reste des événements est de l’époque récente; mais l’épopée n’est pas finie. Une paix de 80 ans aurait pu laisser s’endormir dans notre Austrasie ou Lotharingie-ressuscitée, le culte du vieux drapeau. C’était d’ailleurs sous des couleurs différentes, drapeau bleu étoile que les Belges écartaient du Congo, les Arabes esclavagistes, continuant ainsi, en terre africaine, cette épopée des Croisades où ils avaient été les premiers avec Godefroid de Bouillon et Bauduin, où ils étaient restés les derniers avec Charles-Quint et Don Juan d’Autriche. Il en avait été ainsi jusqu’à ce 15 novembre 1908 où tous nos postes africains ensemble hissèrent nos couleurs dans une Belgique agrandie 80 fois.

 

Le coup de tonnerre du 4 août 1914 vint réveiller ceux qui dormaient — ceux qui semblaient dormir; il les retrouva les simples honnêtes gens de jadis, fidèles à leur parole et à l’honneur, et plus vraiment encore qu’au xvir siècle, fidèles jusqu’à la besace, c’est-à-dire jusqu’à la ruine.

 

Subitement, notre drapeau tricolore se retrempait dans le sang de nos soldats de Liège jusqu’à l’Yser: son noir traînait dans le deuil et les cendres de nos villes martyres et ces deux couleurs douloureuses faisaient briller l’or glorieux qui les unit, d’un tel éclat, que le monde entier stupéfait poussa un cri d’admiration comme jamais aucun étendard n’en suscita. Il faut s’être trouvé alors à l’étranger pour se rendre compte du respect et de l’affection qu’on lui portait. En Suisse par exemple, que de fois à Lausanne, à Genève, j’ai demandé à des jeunes gens qui portaient à la bouton­nière notre ruban tricolore: « de quelle province êtes-vous? » et je recevais presque toujours pour réponse: « je suis Genevois ou je suis Vaudois, c’est par amitié que je porte vos couleurs. »

« Nous avons tous été acculés à l’héroïsme » avouait le Roi Albert. Cet héroïsme prit bien des formes jusqu’à narguer l’ennemi comme à plaisir et sous son nez: ce que Rostand eut appelé » le panache ». N’ai-je pas vu moi-même en 1942 ou 1943, le 21 juillet, trois jeunes filles promener de Sainte-Gudule au Soldat Inconnu, dont l’approche était interdite, un drapeau national interdit lui-même, mais qui était formé de leurs trois robes, l’une noire, l’autre jaune,

(p.120) la troisième rouge…. Elles renouvelaient, sans le savoir, le geste des dames bruxelloises de 1787, passant devant les postes autrichiens avec des flots de rubans tricolores; mais cette fois, c’était plus dangereux.

 

Notre cher drapeau que l’on avait revu avec des larmes de joie au retour de 1918, avait de nouveau été proscrit. Réfugié dans les églises, à côté de l’autel, on allait le contempler là aux jours de fêtes nationales. Là aussi, il acheva de prendre le caractère sacré déjà conquis dans les boues de l’Yser. Aussi quand ceux de mon âge le voient passer au front des régiments, ils le saluent avec une fierté, un respect, une émotion tout autre que dans notre enfance, quand il n’avait pas encore partagé et incarné les douleurs de la patrie…

Néanmoins, devant la soie de ces couleurs aimées et glorieuses, devant l’or des noms de batailles qu’il rappelle, je ne puis m’empêcher de songer avec une émotion plus profonde encore à ces petits morceaux d’étoffe rouge, ces brins de laine jaune tricotée, ces restants de crêpe noir qu’Elise Grandpré, de Stavelot, condamnée à mort par les Allemands, parvint à rassembler dans sa prison de Saint-Léonard à Liège, avec quelles difficultés et quelle industrie! pour en faire trois drapeaux, trois pauvres petits drapeaux belges, qu’elle placera sur sa poitrine, sur celle de son frère et de leur compagnon, le jour où les Allemands les conduiront au sinistre enclos de la Chartreuse, pour les fusiller.

 

Quand l’amour d’un drapeau soutient un tel patriotisme, quand un pays a de tels héros, c’est avec confiance dans l’avenir qu’on redit leur cri, le dernier cri de nos martyrs expirant sous les balles :

« Vive la Belgique et son Roi!  »

 

 

(p.121) APPENDICE I  Documents Officiels

 

Le gouvernement provisoire, Comité Central, sur le rapport et la proposition du Comité des Relations extérieures, considérant que le peuple belge a adopté les couleurs rouge, jaune et noire,

que ces couleurs sont portées par l’armée belge,

qu’il importe de déterminer quel sera le pavillon national, arrêté :

Article 1— Le pavillon national est rouge, jaune et noir, les couleurs seront placées verticalement.

Article 2— Expédition du présent arrêté sera transmise à l’administration générale de la guerre, aux Consuls et aux Commis­sions des différents ports.

23   janvier   1831    Signé   de   Mérode   Joly   Alex.   Gendebien

Van der Linden.

Du Ministre de l’Intérieur, 12 octobre 1831

— Ordre de fixer le noir à la hampe.

(cela est plus conforme aux règles héraldiques qui veulent que la couleur du champ soit fixée à la hampe, celle de la charge principale en second lieu et les couleurs des surcharges à l’extérieur.) (Strohl Heraldischer Atlas Stuttgart 1899 — cité par Gevaert) (L’Héraldique, p. 269) qui n’admet pas cette règle.

Aucune raison n’est donnée pour cette modification du drapeau initial. Bien plus, un arrêté du 13 Septembre 1832 décida qu’il serait remis un drapeau national aux Communes qui avaient particulière­ment coopéré à la libération du territoire. Or, tous ces drapeaux portent les couleurs disposées horizontalement.

Le drapeau peint à l’angle de la Maison Abts, rue aux Herbes, était fautif. Le noir doit être en bas. M. Lecomte a signalé l’erreur en 1930 quand on eût établi le plâtre et qu’on le peignit inexactement.

Les cocardes françaises apparurent en Juillet 1789, donc après les cocardes brabançonnes.

Le drapeau français moderne ne date que du 15 Janvier 1794.

Le drapeau italien apparut pour la première fois à Bologne, le 13 Novembre 1794. (De Waard. Nederl. Archievenbl. 1915—1916 p. 114, note.)

(p.122)

Le 15 Juin 1858 fut crée un pavillon royal de Belgique.

Il est comme le drapeau national rouge, jaune et noir, mais le jaune est timbré sur les 15/16e de sa largeur, d’un écu de sable au lion d’or armé et lampassé de gueules (qui est Belgique) portant sur l’épaule un écusson écartelé aux armes d’Angleterre et de Saxe (qui est particulier à Léopold I), l’écu surmonté de la couronne royale.

Le Ministre des Affaires Etrangères était chargé de l’appli­cation de cet arrêté. En fait, il ne fut jamais appliqué. Un exemplaire en a été retrouvé en 1909 au Corps des Pontonniers d’Anvers, par M. Lecomte qui l’a placé dans une vitrine du Musée de l’Armée.

Une série de pavillons spéciaux pour la famille royale a été créés. Ils sont de couleurs rouge ponceau (comme les rubans de l’Ordre de Léopold, encadrés des couleurs nationales et avec l’écu de Belgique au Centre ; les initiales de la personne à laquelle se réfère le drapeau apparaissent dans les coins.

Le Capitaine français Legras a édité à Paris, en 1858, un album des pavillons dont les indications fantaisistes ont influé sur des rédactions ultérieures. On y signale un pavillon d’Amiral et une de Contre-Amiral, alors que notre marine n’a jamais eu qu’un Général-Major, Napoléon Lahure, qui en fût le fossoyeur. Legras donne les détails concernant les honneurs à rendre (33 coups de canon) quand se trouve à bord le Roi; de même pour la Reine ou le Prince… d’Orange (le futur Léopold II!).

En 1950, M. Devèze, Ministre de la Guerre, a composé lui-même un drapeau pour la Force Navale, au moyen de notions héraldiques assez particulières. Sans que l’auteur s’en doute peut-être, cet étendard semble se ressouvenir de notre pavillon Bour­guignon, à fond blanc, avec une Croix de Saint-André rouge mais doublée cette fois de jaune et de noir; une couronne royale est dans le triangle supérieur, une grenade, noire comme la couronne dans le triangle inférieur.

 

 

appendice 2 Souvenirs de l’expansion belge et liégeoise à l’étranger

 

Ma tâche ne serait pas achevée si je ne donnais pas ici l’écho des expéditions à l’étranger de ces deux pays (Belgique et Liège), alors (p.123) simplement voisins mais reliés entre eux par des liens très différents d’appartenance par ici, de simple vasselage par là, à l’égard de l’Em­pire.

En 1477 avait lieu, à Aix-la-Chapelle, une extension des reliques comme il s’en fait encore tous les sept ans. Des Liégeois y turent; ce n’est pas loin. Grande fut leur surprise d’entendre parler leur wallon par ces gens aux costumes si différents. On s’expliqua, on fit fête à ces Liégeois qu’une famine, semble-t-il, avait conduits en Hongrie. On les mena à Liège où la fête continua dans le quartier qui les accueillit et qui garde le nom de rue Hongrée. Depuis quand étaient-ils venus en Hongrie. Peut-être deux ans plus tôt? même au temps de Reginard. Et ils avaient gardé leur même langage!

II y a en Hongrie treize communes moitié flamandes  moitié wallonnes.

Beaucoup plus tard, le seigneur d’Omal, M. de Jaer partit pour la Suède avec un groupe d’ouvriers métallurgistes du pays liégeois. C’est eux qui introduisirent en Suède la fabrication du fer, dont le minerai abonde chez eux. Leurs descendants sont 30 à 40.000. Un de Jaer, descendant du châtelain d’Omal était ministre des Affaires étrangères il y a peu d’années. Et chaque année un groupe revient I de là-bas saluer le Perron.

 

7 Vers 1480, en Portugal, Henri le Navigateur eut connaissance des îles inhabitées en plein océan. Il communiqua cela à sa sœur Isabelle de Portugal, épouse de Charles le Téméraire. Une expé­dition fut organisée : Van Hurteren y conduisit un millier de gens de Bruges et environs dans l’île de Payai. Le dimanche, c’est la cape brugeoise que portent encore les femmes, me dit, parlant de sa mère, mon ami Costa Garcia, maintenant à Louvain. Quant aux Bretons, ils s’établirent dans l’île S’-Michel.

 

Ces trois expéditions n’ont pas laissé de trace héraldique.

Il en va autrement d’une expédition organisée vers 1624 par des Protestants du Hainaut. Réfugiés en Hollande d’abord, une trentaine de familles wallonnes, sur l’initiative de Jesse de Forest, s’établirent dans l’île de Manhattan, aujourd’hui New York, qu’ils achetèrent aux Indiens pour 200 dollars et quelques barils de poudre. Clé fut « The greatest bargain of thé World », disait l’ambassadeur belge aux industriels et commerçants américains; c’était lors des fêtes du troisième centenaire, en 1924, fêtes auxquelles participait une demoiselle de Forest descendante de l’initiateur de cette fondation; (p.124) et durant la Grande Guerre, il y eut un colonel de Forest dans l’armée des Etats-Unis. Je n’ai pas employé le terme de fondateur car Jesse de Forest mourut en Guyane où il avait tenté un autre « settlement » ; mais son fils vint vivre à New York, où commandait Pierre Minuit, d’Ohain. Des gravures nous sont parvenues qui représentent les premières maisons et le fort primitif, centre de cette modeste bour­gade qui porta d’abord le nom de Nouvelle-Avesnes (cette ville du Hainaut était encore belge alors). Un afflux de Hollandais fit changer ce nom en Nieuw-Amsterdam, nom que les conquérants anglais changèrent plus tard en New York.

 

 

Ludo Baeten, Meer aandacht voor de internationale dimensie, in: Accent-Kenmerk, 128, 1998, p. 2-5

 

(p.4) Te allen prijze wil Frankrijk verhinderen dat er een stevig bondgenootschap ontstaat onder de landen van de historische Nederlanden, terwijl in België de centrifugale krachten op alle mogelijke manieren worden aangemoedigd.

(p.5) Sedert lang speelt het Vlaamse nationalisme argeloos in de kaart van de Franse politiek.  Maar ook de recente omvorming van de Belgische Staat draagt zeer duidelijk de stempel van de eeuwenoude Franse bemoeienissen in de Zuidelijke Nederlanden.  Wanneer men bepaalde eigenaardigheden van het Belgische “federalisme” vergelijkt met de richtlijnen van Richelieu kan men er niet naast kijken.

De Franse propaganda en de Franse diplomatie weten precies hoe ze het moeten aan boord leggen om de politieke onervaren Vlamingen te paaien.  Uit hun historie hebben de Franse leiders onthouden hoe er moet worden omgegaan met volkeren die niet geleerd hebben in politieke termen te denken.

 

 

André Belmans, De bouw van Europa moet voltooid worden, in : Delta, 8,  2007, p.2-5

 

Van dit laatste blijven vandaag als onafhankelijke Staten alleen de Beneluxlanden en Zwitserland over. Deze strijd ging gepaard met een onophoudelijke rivaliteit om de overmacht in Europa.

(…) De Bourgondische vorsten kregen forse tegenwind vanuit Frankrijk maar ook van de Helvetische Confederatie, die hiertoe door de Franse Koning Lodewijk XI opgestookt was. Vandaag betreuren vele Zwitserse historici dit « verzet van hun land tegen een poging om Eu­ropa tot vrede te brengen.” Te meer daar de Bourgondiërs open stonden voor de Helveti­sche opvatting van de federale organisatie van de politieke maatschappij.

De veelvuldige intriges van Lodewijk XI in de Nederlanden en even goed in Spanje hadden tot gevolg dat zij de Habsburgers een kans boden, want uiteindelijk slaagden dezen er in zich in beide landen te doen gelden en als het ware aldus Frankrijk te omsingelen.

 

 

Pierre Pirard, Ah ! ces Belges qui ont « fait » la France !, LB 04/11/1982

 

« Ces Belges qui ont fait la France: à voir ce titre avantageux de Noël Anselot (1), on se demande d’abord s’il prête à rire.  Et quelle sera la réaction du lecteur d’outre-Quiévrain.: quoi des Belges qui ont fait la France ? Et nos rois alors, qu’ont-ils fait ? » 

Le volume compte dans les trois cents pages distribuées en nombreux chapitres.  (…)

Pharamond, premier roi des Francs, est Campinois.  Mérovée est enterré à Tournai.  Son fils, Childéric y est né.  Y est né, Clovis «qui conçut à Soissons sa plus belle page de publicité en cassant la vaisselle ».  Le, premier Pépin vient de Landen en Hesbaye.  Le deuxième vient de Herstal.  Charles Martel naît à Theux.  Pépin le Bref vient de Jupille.  Sa femme Berthe-auxlongs-pieds lui donne deux fils -tous deux pareillement nés à Jupille, Carloman et Charlemagne qui fait entrer dans les églises les orgues à tuyaux, le chant grégorien, le latin, et importe en France le premier éléphant.  Noël Anselot sait vraiment tout.

Pierre l’Ermite, est de Neufmoustier près de Huy et non d’Amiens.  Saint Bernard prêche à Liège,  on a traduit une de ses homélies en vieux wallon.  Saint Hubert meurt à Tervueren.  Saint Gérard, originaire de Stave près de Namur, bàtit des monastères en Lorraine et dans le Nord.  Saint Norbert, fondateur des Prémontrés en France, est né à Gennep dans le Limbourg.  Sainte lu,Iienne qui inventa les proces-sions àe-la Fête-Dieu, est Liégeoise.  Saint Poppon mort à Marchiennes est évêque d’Arras.  Jean Bolland, né au village du même nom près de Liège, invente l’Encyclopédie des vies de saints.

(…) La tapisserie en-France «est l’oeuvre des Belges»; le Brugeois Berquen invente la taille du diamant; cinquante ouvriers d’Audenaerde enseignent à ceux des Gobelins l’art du tissage ;  Hannequin de Bruges répand en France l’art de la peinture à l’huile; le célèbre .Philippe de Champaigne est né à Bruxelles, Ferdinand Hellé, à Mahnes; Pierre-Joseph Redouté, le peintre des roses, à SaintHubert; Félicien Rops, à Namur; René Magritte, à Lessines; Paul Delvaux, à Antheit; Van Praet fit le pont que l’on sait mais aussi la Bibliothèque nationale’ de Paris; Empain fit le Métro de Paris et les tramways électriques de diverses villes de France et de 1’uniVers;- Jan Lintlaer inventa la machine qui perrnit d’emplir les bassins du Louvre et des Tuileries avec les eaux de la Seine; pareillement Renkin Sualem dé lemeppessur-Meuse inventa à- Versailles «la célèbre machine de Marly» (200 pompes qui firent monter à l’eau de là Seine plus de 160 mètres en trois paliers successifs).

 

 

Les écriv ains

Faisons de la nomenclature.  Parmi les auteurs de renom, la Belgique réclame Froissart et

Commynes, ainsi que Châtellain, tous trois du Moyen Age et historiens.  Elle réclame jean Lemaire en qui Ronsard et du Bellay ont salué un très grand poète; le prince de Ligne qui a de l’esprit à revendre et à qui tout le monde emprunter Camille Lemonnier, de Louvain; Verhaeren de SaintAmand, près d’Anvers; Roden-, bach de Bruges, Maeterlinck de Gand.  Pour l’avoir dans leur Académie, les Français. firent l’impossible-‘ët ce fut en vain,’ Maeterlinck déclarait’: «Belge, je suis et Belge, je mourrai».

Voici toute une pléiade d’astres divers nés en Belgique . et desdendus à Paris, pour en revenir dans l’un ou l’autre cas.  Christian Beck (Verviers) qui fut l’ami de Gide; les deux Rosny (Bruxelles) qui s’appelaient réellement Boex; Vautel (Tournai) né Vaulet; O.P. Gilbert, l’écrivain belge le plus lu après Simenon; Plisnier (Hainaut) prix Goncourt; France Adine (du pays de Dixmude) «formidables tirages»; Dominique Rofin (Bruxelles); Françoise Mallet-Joris (Anvers) de l’Académie Goncourt; Michaux (Namur) qui crache sur la Belgique; Crommelynck de Bruxelles, Francis de Croisset de Bruxelles; Ghelderode de Bruxelles, tous trois célèbres; Marceau né Carette et à Car-tenberg, membre de l’Académie française, Claude Spaak.homme de théâtre Steeman de .Liège; Simenon de Liège lui aussi.

 

Les musiciens

 

L’un des premiers musiciens belges qui s’illustrèrent en France est Guillaume Dufays ou Dufay de Chimay, inventeur du contrepoint qui a pour objet la superposition de hgnes mélodiqües’ Jan Van Ockeghem qui fait ses débuts à la chorale de Notre-Dame d’Anvers, sera, selon Fétis, ‘un des musiciens les plus illustres du Xve siècle; Josquin des Prés, né- Hennuyer, selon le témoignage de Ronsard; se répa ‘ ndit dans tout l’Occident et en France; le

 

grand Roland de Lassus (Mons) de qui le renom fut tel qu’on ne peut s’en faire iine idée, on disait de lui que « si Orphée put déplacer les rochers, Lassus attira à lui Orphée lui-même »; Henry du Mont,qui s’appelle en réalité Henry de Thier, est né à Villers-l’Evêque dans la princi- pauté de Liège. Compositeur d’une incroyable, fécondité !  Noël Anselot sait-il qu’il compgsa même des messes’en gzégorien et qu’au vieux pays dei son enfance avant la réforme de Vatican II, on en chantait une écrite sur là premier ton, c’est-à-dire, grosso modo, en ré mineur ?

Nommons le Liégeois Grétry assez  célèbre pour que suffise ce rappel; Gossec qui s’appelle

Gosse et voit le jour à Vergnies dans le Hainaut, sera le musi. cien de la Révolution française,; il chantera l’hurhanité, la liberté, l’égalité, la divinité ; toutes les abstractions.

De César Franck, «pater seraphicus », le père est flamand, la mère est flamande, lui-même voit le jour à Liège, il fait ses études ciu conservatoire de cette ville, il a une carrière d’enfant prodige (sic) quand il part pour Paris dès ses quinze ans, il porte dans  sa besace, deux trios, deux concertos et une fantaisie pour piano; il collectionne les premiers prix : piano, flûte et fugue. Son génie le metant trop à part de ses rivaux, sa carière s’en ressent.

Finissons ce papie avec quatre noms : le violoniste Ysaye de Liège, la pianiste Marie Pleyel de Gand, le claveciniste Tasquin de Theux et Adolphe Sax de Dinant qui inventa le saxophone.

 

On pourrait continuer en citant les grands chanteurs et les grandes cantatrices originaires de Belgique qui «ont fait la France » mais il convient de s’arrêter en regrettant deux choses . premièrement, sauf erreur, Noël Angelot n’a rien dit de Jean Ray que Ghelderode tenait en très haute estime et secondement, il manque à cet ouvrage un index des noms cités qui permettrait de le consulter                                                aisément.

(1)     Noël Anselot, Ces Belges qui ont fait la France, chroniques, 316 pp, France-EmPire, Paris.

 

1071-1978

Raf Seys, Twee Peeneboeken in een band, Roeselare, 1996

 

(p.7) WOORD VOORAF

 

DE NEDERLANDEN IN FRANKRIJK

In de verre geschiedenis strekten de Nederlanden zich uit tôt aan de Somme (Zomme), waaraan de stad Abbeville (Abbegem) gelegen is. Boulogne (Bonen), Calais (Kales), Douai (Dowaai), Arras (Atrecht), Lille (Rijsel) e.a. zijn belangrijke steden uit dit gebied dat stuk voor stuk door Frankrijk werd ingepalmd en verfranst.

Het nu nog in enige mate VLaamssprekend gedeelte dat de Westhoek wordt genoemd, grenst aan de Aa, die te Grevelingen (Gravelines) in de Noordzee uitstroomt. Aan de overkant van de rivier (de linkeroever), ligt Sint-Omaars (Saint-Omer), waar (in de stad zelf of in haar onmid-dellijke omgeving), eind Ile eeuw, de vooralsnog oudst bekende Neder-landse glossen geschreven werden.

De belangrijkste steden in dit gewest zijn : Duinkerke, Hazebroek, Belle (Bailleul), Steenvoorde, Sint-Winoksbergen (Bergues), Hondschote en Wormhout.

 

DE HEILIGE BERG VAN VLAANDEREN

In het oude stadje Kassel, gelegen op de 176 m hoge Kasselberg, een knooppunt van Romeinse heerwegen, bevindt zich een historisch mo­nument (1873), dat herinnert aan de drie memorabele veldslagen die in de onmiddellijke omgeving geleverd werden. 1. Op 20 februari 1071 overwon Robrecht de Pries te Bavinkhove de Franse koning Filips I, en werd graaf van Vlaanderen. 2. Op 23 augustus 1328 verloren Niklaas Zannekin (van Lampernisse) en de Kerels van Vlaanderen te Harde-foort (Hardifort) de strijd tegen koning Filips VI van Valois. 3. Op 11 april 1677 werd Willem van Oranje tussen Noordpeene en Zuidpeene verslagen door Filips van Orléans, broer van de Zonnekoning Lodewijk XTV: de Hollanders waren ni. de stad Sint-Omaars te hulp gekomen die onder Franse belegering stond.

 

DE NOODLOTTIGE 17e EEUW

Deels door het geweld van de wapens, deels door de macht van het geld, bereikte de annexionistische politiek van Lodewijk XIV haar doel. In 1658 verloor de Spaanse bezetter de Slag der Duinen en nam Turenne (p.8) Broekburg (Bourbourg), Grevelingen (Gravelines) en Duinkerke in, -Duinkerke, de stad die aan de Engelsen werd overgegeven, maar in 1662 weer werd afgekocht. In 1667 werden Dowaai (Douai) en Rijsel (Lille) door Lodewijk XIV veroverd, terwijl door de Vrede van Aken (1668) Frankrijk o.a. Sint-Winoksbergen (Bergues) kreeg toegewezen. Door de Vrede van Nijmegen (1678), gevolg van de Slag aan de Peene, werden o.m. de kasselrijen Belle en Kassel, alsook Sint-Omaars en Arien (Aire-sur-la-Lys), d.w.z. de rest van wat thans de naam Frans-Vlaanderen draagt, aan Lodewijk afgestaan.

 

L’HISTOIRE DE FRANCE

De grote Fransvlaming Jean-Marie Gantois (1904-1968) schrijft in zijn boekje Hoe ik mijn volk en mijn taal terugvond (1942) hoe hij zich, aïs jonge student, gevoelde na de lectuur van Notre vieille Flandre (1904) van deken Vandepitte :

« Op school en collège had ik alleen de ‘histoire de France’ geleerd, en welke Franse geschiedenis! Woordelijk lijk mijn zwarte staatsgenoten van Timboektoe, had ik mijn les opgezegd : « Onze voorouders, de Galliërs, waren groot, enz.. » (Nos ancêtres, les Gaulois, étaient grands, etc…). Nu vernam ik plotseling dat ik andere voorouders had, en ook een ander vaderland, dat ik tôt een ander volk behoorde dan tôt die zwarte of blanke ‘citoyens de l’Empire’, dat mijn volk, dat ik een eigen geschiedenis had, dat deze niet precies dezelfde was aïs die welke mijn schoolhandboeken ophemelden, dat Filips de Eerste, en Filips August -zoals ze hem noemden – en Filips de Schone, en Filips VI van Valois, wel een plaats in onze geschiedenis innemen, maar dat wij noch te Kassel, noch te Bouvines, noch te Pevelenberg, noch weerom in Kassel, aan dezelfde kant van de barricade stonden. Zo een kleine ontdekking heeft wel haar waarde voor een jonge geest ! »

 

DE GESCHIEDENIS VAN VLAANDEREN

De confrontatie met ons boekje De Slag aan de Peene 1677 + even eromheen (le druk 1977, 2e druk 1978) en in belangrijke mate, sinds 1977, de jaarlijkse Zwijgende Voettocht door het Slagveld van de Peene, hebben hun waarde, in Vlaanderen en Nederland. Niet alleen voor een jonge geest, maar tevens voor zoveel andere! Wijlen André Demedts heeft het méer dan eens geschreven: « Niet allé intellectuelen in Vlaan­deren en Nederland zijn ervan op de hoogte dat onze zuidwestelijke (p.9) volksgrens niet met de staatsgrens tussen België en Frankrijk en even-min met de huidige taalgrens samenvalt. » – We hopen dat het allen goed zal doen een bladzijde, hoe droef ze ook is, uit de geschiedenis van ons Vlaanderen te lezen.

In 1977 werd, t.g.v. de le Université Populaire Flamande d’Eté – Vlaemsche Zomervolks-hoogeschoole te Hazebroek, onder de titel // était une fois… la Flandre, een geschiede-nissyllabus (55 blz. met tal van illustraties), door Eric Vanneufville en Xavier Taraud, uitgegeven. Syllabus die inmiddels door Eric Vanneufville met nieuwe uitgaven werd aangevuld.

 

 

(p.46) WIJ ZIJN VLAMINGEN IN FRANKRIJK

Français je suis, Flamand je reste

 

« Waarlijk, we zijn Vlamingen in Frankrijk. Sinds 300 jaar is Frankrijk ons land. We houden van Frankrijk: voor Frankrijk heb ik m’n bloed gestort in ’14; voor Frankrijk zijn zoveel Vlamingen gevallen op de slagvelden. Die tijd, die drie eeuwen, dat bloed, dat lijden en sterven, dat verenigt ons met Frankrijk. Er is dus een administratieve grens, en die moet blijven. Maar – zo wil ik eindigen – het is geen grens van hart en ziel, het is geen grens voor het gevoel, de taal, de gedachten, de gewoonten, de gebruiken, geen grens voor het gemeenschappelijk geloof. Het is ook geen grens voor de trouw aan Vlaanderen, aan onze Moe-dertaal, geen grens voor onze broederlijke liefde. »

 

Mgr. Michel Devos in 1965 in een interview voor Radio Kortrijk

MICHEL DEVOS (Wilder 11.6.1893 – Rijsel 21.7.1973) was vanaf 1947 vicaris-generaal van het bisdom Rijsel en aartsdiaken van Vlaanderen. Gunstig beïnvloed door pastoor Emiel Descamps, van Zerkel, een vriend van Guido Gezelle, was hij een minnaar van de moedertaal. Aïs jongen leed hij erg onder het verbod van het Vlaams in de Fransvlaamse scholen. (Luc Verbeke)

De volledige tekst van het interview (afgenomen door Valère Arickx) verscheen in ‘Ons Erfdeel’, jg. 8, nr. 3 blz. 3-6.

Het belangrijkste Fransvlaamse tijdschrift na Wereldoorlog II was Notre Flandre / Zuid-Vlaams Heem (1952-1968) dat in 1969 werd opgevolgd door La nouvelle Flandre, beide onder de leiding van Dr. Jan Klaas (Kales 19.3.1925), vroeger geneesheer te St.-Omaars. -In 1976 werd gestart met het tweemaandelijkse Tijl (Revue des Flamands de France -Tijdschrift van de Frans-Vlamingen, hoofdredacteur : Nick Neirynck, Duinkerke), dat furore maakte.

In 1970 werd in Frans-Vlaanderen, op ruime schaal, het keurig manifest Nous, les Fla­mands de France (16 blz.), een pleidooi voor het behoud van het Nederlands, verspreid. Deze publikatie, opgesteld door Jacques Fermaut (Winnezele 9.4.1939), die te Bieren (Bierne) huize ‘Vlaanderen’ betrekt, en Jozef Tillie (Steenvoorde 29.8.1894 – 7.12.1971), die in zijn geboortedorp ‘Ons Huisje’ bewoonde, was door een 30-tal Fransvlamingen mede-ondertekend.

 

 

(p.47) WIJ ZIJN NEDERLANDERS IN FRANKRIJK

 

« Merkwaardig is ook het treurspel van Michiel de Swaen (1654-1707) over de épisode van Keizer Karels troonsafstand, ‘De zedige dood van Karel de Vijfde’, vooral dan om de talrijke blijken van blijvende ge-hechtheid aan het oude vaderland, van trouwe liefde voor de Nederlan-den. Het is wel opvallend dat hij uiterst zelden de woorden ‘Vlaanderen’ en ‘Vlaams’ en nooit het woord ‘Vlaming’ heeft neergeschreven. Zijn nationaal gevoel strekte zich klaarblijkelijk veel breder uit: over geheel Nederland, dat voor hem een eenheid was, berustend op taal en land-aard. In dit stuk ontdekken we een der eerste Groot-Nederlanders. » (Raf Seys)

 

 

Ik ben geen Frans-Vlaming,

Ik ben geen Zuid-Vlaming,

geen Vlaming.

Ik ben geen Groot-Nederlander,

geen Heel-Nederlander.

Ik ben Nederlander.

 

Jean-Marie Gantois (1904-1968)

 

Over de taalstrijd en Vlaamse Beweging in Frans-Vlaanderen: Vlaanderen in Frankrijk, door Luc Verbeke (met inleiding en slotbeschouwing door André Demedts), Standaard Uitgeverij, Antwerpen/Utrecht, 1970, 245 blz.; Frans-Vlaanderen, door Jozef Deleu en Frits Niessen, Uitg. Van In, Lier 1968, 112 blz.; Frans-Vlaanderen, door Jozef Deleu (m.m.v. André Demedts, Erik Vandewalle en Frits Pittery en foto’s van Paul van den Abeele), Lannoo, Tielt/Utrecht, 1972, 198 blz.

In 1976 startte de Vlaams-Nederlandse Stichting Ons Erfdeel vzw, die ook de tijdschriften Ons Erfdeel (1957) en Septentrion, revue de culture néerlandaise (1972) publiceert, met het tweetalig jaarboek De Franse Nederlanden – Les Pays-Bas Français, allé onder de hoofdredactie van Jozef Deleu. In 1969 gaf Jozef van Overstraeten, onder de titel De Ne­derlanden in Frankrijk, opgedragen Ter nagedachtenis van Jean-Marie Gantois, de Franse Nederlander, een beknopte encyclopédie uit. In 1972 werd in Frans-Vlaanderen het tijdschrift Les cahiers des Pays-Bas Français in het leven geroepen.

 

(p.48) WIJ, FRANSVLAMINGEN

 

WAT ONGELUK VOOR ONS GERUSTIG NEDERLAND

Wat ongeluk voor ons gerustig Nederland,

Dat onze vorst Filips zijn prinselijke hand

Verbond aan d’erfgenaam van ‘t Aragons vermogen !

Ach ! sedert deze band is onze macht gebogen,

Onz’ heerlijkheid verneêrd, onz’ vrijheid onderdrukt:

Uit deez’ verzaming, die hem scheen zo wel gelukt,

En staat ons niets dan ramp en onheil te verwachten.

O Prins ! dat Nederland, zo roem- en zegerijk,

Het schoonste en beste deel van g’heel het Spaanse rijk,

De bloeme van Euroop, de pronk van allé landen,

Zal eindelijk ontvaên het juk van vreemde handen.

Michiel de Swaen Omgespeld door Raf Seys

 

MICHIEL DE SWAEN (Duinkerke 20.1.1654 – 3.5.1707) : heelmeester van beroep. « Over-dreven zijn streekgenoten wanneer ze hem aïs dichter naast en zelfs boven Vondel stel-den, dan staat het toch onomstootbaar vast dat hij in de Nederlandse literatuur der 17e eeuw de merkwaardigste Vlaamse vertegenwoordiger is geweest. » – « Sinds Michiel de Swaen werd 6ns, door wat nu algemeen aïs Frans-Vlaanderen bekend staat, geen waardig literair werk meer gegeven, zodat wij zijn oeuvre in ère te houden hebben aïs het pre-cieuze afscheidsgeschenk van Duinkerke en van het gehele gebied van Leie, Aa en Kolme aan de rest van de Nederlandse gemeenschap. » (Raf Seys) – Zijn best bekende werk, de klucht De gekroonde leerze, wordt nog af en toe opgevoerd.

In 1964 stuurden we aan het stadsbestuur van Duinkerke, toen nog onder het burgemees-terschap van Paul Asseman, een paar exemplaren van ons werkje Michiel de Swaen I Gelijk de zonnebloem, samen met een schrijven waarin werd voorgesteld in Duinkerke de herinnering aan De Swaen in ère te houden: bv. vanals er mogelijkheid toe bestond zijn naam te verbinden aan een straat. Per 1.1.1970 werd Malo-aan-Zee gefusioneerd met Duinkerke. Daar in beide steden een rue de l’Hôtel de Ville bestond, is, in oktober 1970, de Duinkerkse in rue Michel de Swaen veranderd.

Raf Seys, Michiel de Swaen. Gelijk de zonnebloem, bloemlezing met inleiding, Heideland, reeks Poëtisch erfdeel der Nederlanden, nr. P 26, Hasselt, 1964.

In 1971 werd te Kassel, door een groepje jongeren, een Cercle Michel de Swaen /Michiel de Swaenkring gesticht, met zetel te Duinkerke, die zich de verdediging en bevordering van de eigenheid en de cultuur van Frans-Vlaanderen, in ‘t bijzonder van zijn taal, tôt doel stelt. In 1974 startte de kring met een reeks Cahiers du Cercle Michiel de Swaen, la-ter met Tijl en sinds 1993 met Vlaanderen den Leeuw /La Flandre au Lion (Jacques Fer-maut, St.-Winoksbergen; Michel Lieven, Kales).

 

(p.49) AAN DE HEER VAN HEEL, MU ONBEKEND, OVER ZIJN KLACHT OP MIJN VERTREK UIT HOLLAND

Wat klaagt gij, Heer Van Heel, wat doet gij Holland treuren,

Omdat een wilde Swaen zijn kust verlaten heeft ? De Swaen, met meerder recht, tôt rouwe zich begeeft, Nu een zo zoet verblijf niet meer hem mag gebeuren.

O Holland ! vreedzaam land, waarin de vrijheid leeft,

Wat zocht ik die vergeefs bij uwe nagebeuren, Waar Frans en Castiliaan de rust en vrede scheuren, Waar ‘t hoofd der burgerij voor vreemde heren beeft !

O ! had ik, Lieve Land, in uw begrijp gebleven,

Hoe vrolijk werd mijn stem tôt zingen voortgedreven,

Of aan de Rotte-stroom, of midden op de Maas !

Nu leef ik in een oord waar vreugde is uitgeweken :

Mijn spijs is bittre gai, mijn zang: Eilaas ! Eilaas !

Och ! och ! waar heb ik mij, misleide Swaen, versteken ?

 

Michiel de Swaen

Omgespeld door Raf Seys

 

(p.50) O MOEDERTAAL, WIE KAN U DOIT VERGETEN ?

Hoe kan een oog vergeten

Het licht der zonnestraal ?

Hoe kan een oor vergeten

De klank der moedertaal ?

O Nederland, uw taal

Was mijnes geestes licht,

En ‘t eerste woord van liefde

Werd mij in ‘t Vlaams gericht.

Hoe durf ik u vergeten,

Gij, duurste liefdespand !

Al voel ik mij verloren,

Hier, in mijn vaderland.

Word ik om u verstoten,

Word ik om u misacht,

Aan u mijn laatste pogen,

Aan u mijn laatste kracht.

 

Jules Andouche

 

JULES ANDOUCHE (Berten 3.6.1887 – Rijsel 24.10.1948) : oefende aïs priester-leraar een weldoende invloed uit op enkele voormannen der Vlaamse Beweging in de Westhoek. – In het bisschoppelijk collège te Hazebroek…: « Daar vooral had ik het geluk met een leraar kennis te maken, de E.H. Jules Andouche, die de eerste Vlaamse invloed op mijn geest en op mijn leven uitoefende. Deze priester, vurig bewonderaar en verdediger van het Vlaam­se vaderland, bezat een prachtige bibliotheek, rijk aan werken over Vlaanderen, wier schatten mij open stonden. Met de boeken ontving ik geestdriftige commentaren en on-vergetelijke lessen. Toen beschouwde ik gaarne de toekomst aïs een rustig en werkzaam leven heel en gans aan de geschiedenis van onze Vlaamse streek gewijd. » (Jean-Marie Gantois) – Op zijn grafsteen te Berten staat het woord van Guido Gezelle: « Wees Vlaming dien God Vlaming schiep. »

 

(p.51) VANWAAR KWAM IN MU DIE DRANG NAAR DE TAAL

Vanwaar kwam, in mij, die drang naar de taal, die zo machtig was, machtig genoeg om mij de kracht te geven om zovele hinderpalen te overwinnen?

Mijn geval, het weze bescheiden gezegd, mag aïs typisch gelden. Het dorp waar ik geboren en getogen werd, ligt aan gène zijde van de taal-grens. Weliswaar wonen er veel Vlaamssprekende mensen, van het overige Vlaanderen gekomen. Weliswaar is de Vlaamssprekende streek zo dichtbij gelegen dat men er op marktdagen niet veel minder Vlaams dan Frans hoort. Maar de omgangstaal der inheemse bevolking is, sedert meerdere geslachten, het Frans. Noch op straat, noch op school, bood zich aan een kind de gelegenheid om met makkers Vlaams te praten. In de school, ook door Vlaamstalige kinderen der naburige dor-pen bezocht, werd het schandsignum uitgereikt aan de jonge schuldigen die in hun taal ook maar een uitroep loslieten.

In de huiskring was het niet beter gesteld. Mijn familie behoorde tôt de meest verfranste maatschappelijke standen: de vrije beroepen. Mijn vader was geneesheer, de huisvrienden waren allen van de burger-stand. Aïs thuis een woord Vlaams weerklonk, was het van de lippen van de meiden die van Millam, Lynck of Kapellebroek waren. Hoe was ik er toe gekomen aan de invloed van zo een midden te ont-snappen, mijn onkunde in het Vlaams aïs een leemte aan te voelen? Hoe meer ik me in de geschiedenis van mijn land verdiepte, hoe meer de vaderlandsliefde in mij wakker werd, hoe meer ik tôt het besef kwam dat die taal mijn natuurlijke taal, mijn taal was.

 

Door de Stichting Ons Erfdeel werd (in 1978) een gestencild overzicht verspreid over Het onderwijs van het Nederlands in Frans-Vlaanderen sinds 1945. – In 1978 verscheen het eerste leerboek (!) voor de Vlaamse volkstaal in de Westhoek: Vlaemsch leeren, door Jean-Paul Sepieter. In het Aanbod door Westhoek-Editions (Duinkerke) om er op in te tekenen, lezen we o.m.: « Op een paar stappen van zijn graf af beleeft het Vlaams, dat in de netten van de Parijse centralisatie geraakt was, die het verwijderd had uit de school, uit de média en de plaatselijke administratie, een wonderbare opleving in het kader van een wereldwijde beweging van allé volkeren die het recht opeisen op hun anders-zijn, het levensrecht voor hun taal en kultuur aïs een van de talrijke oorspronkelijke verschijnings-vormen van de mensheid, het recht om te leven en zich te kunnen ontplooien. »

 

(p.52) Volstaat die uitleg? Of moet men, om de grondreden te vinden, nog ver-der doordringen tôt die diepe, geheimzinnige maar zekere wetten die de innerlijke verhoudingen tussen bloed, geest en taal beheersen en waar de geheimen van ons innigste wezen schuilen ? Wat er van zij, aïs men mij vraagt, en het gebeurt dikwijls, hoe ik aangespoord werd om op zoek naar mijn verloren taal te gaan, heb ik maar éen antwoord, éen enkel: « Ik hoorde de stem van het bloed, en ik luisterde naar deze roep. » Het ging noch zonder strijd, noch zonder tegenkanting. Maar over mijn ouders heen vond ik mijn voorouders terug.

 

Jean-Marie Gantois

 

JEAN-MARIE GANTOIS (Waten 21.7.1904 – 28.5.1968), priester; was de voornaamste promotor van de Vlaamse Beweging in Frankrijk. De los van elkaar bestaande Vlaamse kringen werden in 1924 onder zijn impuis gebundeld tôt het Vlaams Verbond van Frank­rijk, waarvan hij secretaris werd. (Frits Pittery) – Het WF, waarvan hij de bezieler was, heeft in de période tussen de twee wereldoorlogen éen ongeziene opbloei gerealiseerd; hij was ook de drijvende kracht in de beide tijdschriften die het Verbond (van 1929 tôt 1944) uitgaf: ‘Le Lion de Flandre’ en ‘De Torrewachter’. (Jozef Deleu) – Naast éen 6-tal Franse boeken gaf hij volgende Nederlandse uit: Nederland in Frankrijk (o. ps. H. van Byleveld), (1941), Hoe ik mijn volk en mijn taal terugvond (1942), Ons Nederland boven de Zornme (1956), De zuidelijkste Nederlanden (1967). Van Hoe ik mijn volk en mijn taal terugvond verscheen in 1977 éen 3e uitgave.

LIT.: André Demedts, Jean-Marie Gantois. Over mijn ouders heen, VWS-Cahiers, nr. 24, 1970.

 

(p.53) BERGUES

Mon Nord est froid d’un froid de fer.

Nos cieux offerts sont durs

En leur pâleur de tendre porcelaine.

Je vois ces vieux quais morts et leurs canaux herbus, Des pavés, l’orgueil tors de ma cité nouée En ses murailles souveraines.

Mon pays s’ennoblit de ce qu’il a souffert, Nul ne sera vainqueur de sa force d’attendre : Ma Flandre est chaude comme un coeur.

 

Emmanuel Looten

 

SINT-WINOKSBERGEN

Mijn Noorden is van ijzer koud.

Onze lage hemelen zijn hard

In hun van bleekheid teder porselein.

Ik zie de oude kaaien dood, in de kanalen gras, Plaveien, de geknakte trots van mijn verschanste stad Binnen haar soevereine wallen.

Mijn land wordt edeler door wat het leed, Geen zal vermeesteren zijn wachtende kracht. Mijn Vlaanderen, warm hart.

 

Emmanuel Looten

Vertaling Willy Spillebeen

 

1200s

R. De Buysscher, Jean Ier, Duc de Brabant, in: L’ACCENT-KENMERK, Sept.-Oct. 1995, p.21-24

 

Sur le plan linguistique, Jean Ier fut aussi un novateur:

« Là où son père, à côté du latin, n’utilisait que le français (celui-ci dans les relations avec des seigneurs francophones comme les comtes de Flandre, de Namur ou du Hainaut ou encore

avec des nobles des territoires de langue française) le duc fut le premier à accorder des privilèges aussi en langue thioise. Bruxelles fut la première ville à bénéficier de cet avantage. Les autres villes brabançonnes comme Louvain, Anvers , ‘s Hertogenbosch , Lierre, Tirlemont et Zoutleeuw ne reçurent de privilèges semblables dans la langue populaire que sous le règne de Jean II (1294-1312). »  (p.22)

 

Depuis un peu plus d’un siècle, des historiens « révisionnistes » (eh oui! il y en avait déjà) se sont penchés sur cette période difficile et ont fini par s’inscrire en faux sur l’acception que l’on se fit de cette époque. (p.23)

 

1302

Liebaart <liebaart@tiscalinet.be> a écrit dans le message : 3c395adc$0$75149$ba620e4c@news.skynet.be

> > Des cavaliers namurois aux Eperons d’ Or, LB 01/05/1983


> > « Certains historiens estiment que le mérite de la victoire des Flamands
> > contre les Français à la célèbre bataille des Eperons d’ Or revient en
> > partie à des Wallons: 300 cavaliers namurois combattaient, en effet, avec
> > les Flamands. »
>
> Mythe.  Graaf Jan van Namen (zoon van Gwij van Dampierre van Vlaanderen) is pas NA de Guldensporenslag aangekomen in Vlaanderen.  En hij had zeker geen 300 ridders bij zich, eerder 300 wapenknechten en een paar ridders.  Zijn broer Gwij van Namen was wel in Kortrijk, maar had enkel zijn persoonlijke gevolg bij.  Hoogstens een handjevol ridders.
>
>
> > Jo Gérard, La plus grande aventure militaire des Belges, De la guerre des
> > Gaules à mai 1940, 1983
> > (p.50) « … la mêlée des Eperons d’ Or /le 11/7/1302/ ne fut ni un conflit
> > nationaliste entre la France et la Flandre, ni une version médiévale de la
> > Commune de Paris. »
>
> Correct.
> >
> > (p.49) Elle fut une victoire essentiellement belge, pourtant toute une
> Ecole d’ historiens a travesti la portée exacte de ce combat en le présentant
> tel un triomphe flamand sur la France.  Rien n’est plus faux.
>
> Niet correct.  Het was zeker en vast een Vlaamse zege over Frankrijk.  De
> Vlamingen vochten voor het herstel van hun graafschap en voor de vrijheden
> van hun steden.  Vlaanderen was sinds 1300 een kroondomein geworden.
>
> D’abord, par ce que, dans le camp français, on dénombre des troupes
> hennuyères sous les ordres de Jean d’ Avesnes et un contingent amené du
> Brabant par le duc Godefroid.
>
> Die « Henegouwse troepen » zijn de mannen van Jan zonder Genade, graaf van Ostrevant.  Eerder Frans dan Henegouws dus.
> Godfried van Brabant was helemaal geen Hertog.  Dat was zijn neef Jan II.
> En Godfried stond aan Franse kant eerder TEGEN zijn neef te vechten.  Hij
> hoopte immers een stuk van Vlaanderen in te pikken (Gent) om van daar uit
> zijn neef te bestrijden en zelf de Brabantse kroon te bemachtigen.  Een
> dissidente Brabantse fractie dus.
>
> > > Mais du côté « flamand », que trouve-t-on?
> > De nombreux Brabançons aussi!  Ils sont commandés par Jean de Cuyck
> > Correct. 
Gezonden door Hertog Jan II.  Een bewijs van bovenvernoemde
> stelling m.b.t. Godfried.

> > comme le sont les Mosans par Jean de Namur,
>
> Die dus nog niet aanwezig waren en in aantallen geen verschil zouden gemaakt hebben (300 op een totaal van 10.000).
> >
> >les Wallons par Guillaume de Juliers,
> >
> Wablief??  Willem van Gulik bekleede dan wel een geestelijk ambt in Luik,
> hij deed hetzelfde in Maastricht, en was afkomstig van Jülich (Gulik) in
> Duitsland.  Bovendien was hij kleinzoon van Gwij van Dampierre.  Hij bracht slechts zijn eigen gevolg naar Vlaanderen.  Misschien een vijftigtal man, waarvan de meesten eerder Diets dan Waals zullen gesproken hebben.

> > > > les hommes du comté de Looz enfin que mène au combat Henri de Petershem. »
> > Correct.  Maar die spraken ook Diets.

1302

Olivier Rogeau, 1302-2002 Les batailles de la Flandre, in : Le Vif/ L’Express 05/07/2002, p.12-16

 

18 mai 1302 : de Brugse Metten : révolte des artisans de Bruges

massacre de centaines de soldats français et de quelques ‘leliaerts’.

« Les uns sont assommés ou égorgés dans leur lit, les autres traqués dans les ruelles étroites. »

 

11 juillet 1302 de Guldensporenslag

 

1400s-1794

M. Gauchez, L’ Entre-Sambre-et-Meuse, Office de publicité, Bruxelles, 1949

 

(p.5) « Les troupes de Henri II et de Louis XIV y pillèrent cyniquement . » (= la Fagne) (Mariembourg, Philippeville).)

(p.8) « Le 20 septembre, ayant franchi la Sambre à Châtelet, Henri II logea à Jumet, puis il dévasta le Hainaut comme il avait ruiné l’ Entre-Sambre-et-Meuse. »

(p.70) La collégiale de Walcourt – « Les Français l’ avaient incendiée en 1477 » (…)

(p.80) « En 1794, Charbonnier, Saint-Just et Jourdan, désireux de dégager Maubeuge, et de passer la Sambre, marchèrent à l’ attaque jusqu’ au moment des victoires de Fleurus et de Charleroi: celles-ci livrèrent la Belgique aux Sans-Culottes et valurent à nos provinces d’irréparables ruines. »

 

1408-1790s

P. Blondeau, Au pays des Rièzes et des Sarts, 97, 1984, p.37-38

 

(p.37) « Les « pilleries » françaises

 

(p.38) « Notre châtellerie de Couvin fut victime pendant 4 siècles des déprédations de ses voisins du Sud. »  « La liste est longue: les Bourguignons en 1408, 1466, 1468; les « Ecorcheurs » de 1433 à 1436!  Au XVIe siècle, spécialement en 1505, 1521, 1544, 1545, 1552, 1553, 1554 et 1555, puis en 1582, les armées de Van Trossem, de Henri II et ses connétables, en passant par les garnisons de Mariembourg, Philippeville et Charlemont qui se considéraient en pays conquis.  Au siècle suivant, les ravages sans arrêt des troupes de Louis XIII, puis de Louis XIV, pillant, réquisitionnant, brûlant villes et villages en 1622, 1628, 1629, 1635, 1640, 1643, 1653, 1667, 1872, (…) 1676, 1678, 1682, 1688, 1694, 1696, 1699 … Et les archives continuent à nous signaler les méfaits et ‘pilleries’ de leurs sucesseurs en 1703,1709,1710, 1711, 1736, 1741, 1746 .. avec, comme bouquet la fin du 18e siècle. »

 

1500s

F.-A. Sondervorst, Histoire de la médecine belge, éd. Séquoia, 1981

 

/Erasme/

 

(p.65) Ayant repris le chemin de l’Angleterre, il s’arrêta souvent en cours de route pour rédiger l’Eloge de la folie qui connut un succès prodigieux. En An­gleterre, il publia plusieurs œuvres d’auteurs grecs et latins. Les Col­loques, véritable galerie de portraits sarcastiques, lui suscitèrent de nom­breuses inimitiés.

 

Si Erasme (Fig. 26) égratignait ses adversaires, il était cependant un pacifiste convaincu, ainsi qu’en témoignent ses Adages publiés à Venise. Adversaire de tous les pouvoirs, il y écrivit: «Pourquoi l’aigle représente-t-il symboliquement les rois? C’est parce que cet oiseau, qui (p.66) n’est ni beau, ni musical, ni comestible, est carnivore, glouton et détesté de tous. » Partout où Erasme apparaissait, il prêchait l’entente et la conciliation: «dulce bellum inexpertis», elle est bien suave la guerre pour ceux qui ne fréquentent pas les champs de bataille! Partout, il reçut un accueil enthousiaste, mais il finit par partager le sort de presque tous les gens modérés, celui de déplaire aux deux parties. Les moines ne furent pas moins animés contre lui que les Luthériens; les premiers l’accusant d’hérésie, les seconds le traitant de dangereux papiste. Pour échapper à ses ennemis, il erra à travers l’Europe, balloté entre l’enthousiasme suscité par sa parole et ses écrits et un reflux de popularité. De guerre lasse et quelque peu désabusé, il se retira à Baie où, torturé par la goutte et la gravelle, bientôt frappé de paralysie, il quitta en 1536 ce monde de barbares, implorant la pitié divine et laissant tous ses biens aux pauvres. Ni les grands de ce monde, ni les célèbres académies de son temps, ne purent s’attacher ce grand humaniste épris d’indépendance et de liberté. Après Cambridge, Paris et Louvain lui offrirent en vain un magistère. Holbein, dans son tableau du Louvre, a le mieux immortalisé ce roi de l’intelligence: des yeux pétillant d’intelligence, un nez un peu trop long, flairant les faiblesses de ses adversaires, des lèvres mi-caustiques mi-amères, semblant se plisser pour distiller quelque malice, des mains spiri­tuelles mettant tout leur temps à écrire. Grâce à ce portrait, on saisit davantage la pensée et l’œuvre d’un homme qui s’est efforcé de faire sortir l’esprit humain de l’obscurantisme statique du moyen âge et de l’orienter dans la voie de la recherche et du progrès.

 

1554-

M. Chapelle, R. Angot, Les processions et la marche militaire de la Saint-Feuillen à Fosses-la-Ville, s.d.

 

1) (p.43) « En 1928, le doyen de Fosse – l’abbé J. Crépin – attribua l’ origine des Marches « à la nécessité d’ être à même de défendre le Saint-Sacrement ou les Reliques des Saints contre une explosion du fanatisme protestant et, notamment, conte les coups de main des bandes de Huguenots français qui parcouraient notre région et ne reculaient pas devant d’ odieux sacrilèges. »

« Effectivement, en 1568, sous la conduite du Sire de Genlis, les Huguenots se livrèrent, à Fosse, à un pillage monstrueux les 18 et 19 octobre. »

2) « En 1554, l’ armée d’ Henri II, roi de France, vint brûler Fosse les 5 et 19 juillet.  En 1568, ce fut le vandalisme des Huguenots signalé ci-dessus. »

3) (p.44) « En 1653, le Grand Condé, lui aussi, investit la ville, la pilla et brûla l’ hôpital des Soeurs Grises. »

4) « Enfin, les guerres, suscitées par l’ ambition de Louis XIV, roi de France, accablèrent aussi la cité d’ une foule d’ exactions. »

 

1600s

Georges Krug, s.j., Impasses politiciennes, LB 23/01/1992

 

« Le vrai fédéralisme est un mouvement ascendant et convergent. »

« Ce n’ est pas tant d’ imagination qu’ ont manqué nos réformateurs …  Obnubilés qu’ ils étaient (et que plusieurs semblent toujours être) par les dogmes jacobinistes des XVIIe et XIXe siècles, ils ont ignoré le vrai tissu, depuis toujours multiforme et très diversifié, de ce riche pays de l’ entre-deux que nous constituons. »

 

1655-1797

Aline Octave, porte ouverte sur … Bourcy, 1973

 

 (p.32) « /Citons pour erminer ce chapitre,/ les lignes suivantes inscrites sur la page de garde des oeuvres de loi de la Haute Cour de Bourcy:

« L’ an 1655, la 21e année de la guerre triste et déplorable qui fut comméncée par Louis XIII, Roy de France, et continuée par Louis XIV, prions Dieu, qu’ Il nous donne la paix. »

« En janvier 1651, deux régiments de cavalerie commandés par le Compte de Granpré, lieutenant du Maréchal de Turenne, occupent les seigneuries de Longvillé et de Borsy.  Les soldats y enlevèrent tous les chevaux de service, tout le bétail, les grains et les meubles.  La moitié des habitants furent réduits à la besace.  Ils s’ adresèrent au Conseil du Luxembourg. »

/Arch. du Gouvernement – Luxembourg/

 

(p.70) Sous le régime français (1792-1815)

« Ce fut pour le Luxembourg, une période de troubles et de persécutions religieuses. …

L’ abbaye d’ Orval fut pillée et incendiée, de même que celles de Saint-Hubert et de Clairefontaine. »

A partir du Directoire du 4 septembre 1797, une scission éclata parmi les prêtres: d’ une part, les prêtres jureurs (jurant fidélité à la République, comme le décrétait un arrêté de cette époque) et les prêtres qui avaient refusé le serment.

(pp.71-72) « Il ne restait aux prêtres fidèles, que la clandestinité et ses retraites.  ls trouvèrent dans nos villages, grâce au dévouement de la population chrétienne,des maisons sûres et des cachettes nombreuses pour exercer leur ministère dans la clandestinité.  C’ était bien souvent un ministère de nuit, célébré dans un endroit quelconque, toujours différent, parfois même dans les bois.

Un courant de résistance s’ installa sous le nom de « Stevenisme ».  Il avait à sa tête, pour la région de bastogne, l’ abbé J. Reding, curé de Bercheux, et Luc Grandjean, curé de Nives.  Ces deux prêtres réfractaires très en vue furent très recherchés.

Nous relevons quelques noms de prêtres de la région, cachés ou absents: J. HENNECART, curé de Noville, BALON, ex-vicaire de Bourcy, …, les deux frères BARTHELEMY de Bourcy. (La famille Barthélemy, est ascendante de la famille Duplicy). »

 

1695

Pierre Israël (Heusy), Histoire(s) de pommes de terre, AL 25/04/2001

 

Il faut cesser de faire référence à l’histoire de France et à ce bon monsieur Parmentier pour expliquer l’introduction de la pomme de terre en Belgique. Ce tubercule est en réalité arrivé chez nous via l’Allemagne où elle est apparue dès le début du XVIIe siècle par les ports hanséatiques.

Dans la principauté de Stavelot-Malmedy, elle a été ramenée en 1695 par un habitant de Hockay travaillant à Hambourg. Elevée dans un premier temps dans les potagers, le temps de l’apprécier et de produire des plants en quantité suffisante, la « crompire » (de l’allemand Grundbirne, poire de terre) est cultivée dans les champs de la plupart des villages de la principauté dès 1705, soit 81ans avant l’expérience de Parmentier.

 

1789

M. Duyck, LA BATAILLE DE TURNHOUT, in: L’ACCENT-KENMERK, Sept.-Oct. 1995, p.14-21

 

Que retenir de cette bataille du 27 octobre 1789 qui se déroula en pleine ville contre les Autrichiens, et qui marqua le début de la résistance des patriotes au régime de Joseph II – qui n’en faisait qu’à sa tête – et aboutit enfin à la naissance des « Etats Belgiques Unis »?

 

En 1989 la ville de Turnhout commémorait cette glorieuse bataille par tout un ensemble de manifestations. Leur succès était tel qu’on décida de les reprendre, du moins en partie, les 15, 16, 17 et 22, 23, 24 septembre 1995. Neuf épisodes de cette bataille furent de nouveau mis en scène en neuf endroits différents de la ville, chaque épisode étant répété neuf fois au même endroit; le public se déplaçant d’un endroit à l’autre, d’une scène à une autre, conduit par des patriotes, tambours , porte-drapeaux, porte-flambeaux, etc. Plus de 16.000 spectateurs assistèrent dans l’enthousiasme à ces neuf évocations historiques.

La critique de représentations théâtrales ou de plein air n’est évidemment pas la vocation de notre périodique mais il nous est quand même difficile de ne pas parler de ce succès qui dépassait toute attente et de l’enthousiasme d’un public subjugué par l’ensemble du spectacle. Le sujet lui-même mérite l’attention de tous dans un pays où les valeurs historiques se font facilement fictives et où la politique d’un jour l’emporte souvent sur des valeurs solides.

Cela vaut peut-être la peine de creuser un peu plus si l’on sait qu’un ancien ministre, bourgmestre de Liège, jadis capitale de la principauté, s’est permis de refuser de prêter un tableau sous prétexte que celui-ci devait aller à cette remarquable exposition d’ oeuvres uniques du temps des « Fiamminghi », prêtées par un grand nombre de pays étrangers. Le bourgmestre ignorait-il que ce mot englobait tout ce qui de ce temps-là fut produit comme oeuvre d’art à travers l’ensemble des Pays-Bas, y compris la principauté?

 

Cela vaut sûrement la peine de relire le « TRAITÉ D’UNION ET ÉTABLISSEMENT DU CONGRÈS SOUVERAIN DES ÉTATS BELGIQUES-UNIS ».

Ce Traité fut « Ainsi conclu, fait et arrêté, à Bruxelles, dans l’ Assemblée-Générale des Etats Belgiques-Unis, par les soussignés Députés des Etats respectifs, sous la Ratification de leurs commettans, le onze de Janvier, l’ an mil-sept-cent-quatrevingt-dix, à deux heures du matin- » Suivent alors les signatures des délégués de « Brabant, Gueldres, Flandres, West-Flandre, Hainaut, Namur, Tournay, Tournesis, Malines ».

Voila comment le précurseur de la Belgique actuelle fut tenu sur les fonts baptismaux.

 

Dès le début il est clairement rappelé qu’à la mort de Marie-Thérèse, Joseph II a été reconnu comme souverain incontesté, « mais sous des réserves & avec des stipulations expresses, telles que la constitution de ces provinces les avoit édictées, d’ancienneté. »

« Ces stipulations & ces réserves, contenues dans le pacte inaugural, étoient plus anciennes que la Maison qui gouvernoit le Pays, & nées pour ainsi dire avec la Nation même. Aussi furent-elles agréées & jurées solemnellement: & rien ne manqua au Traité, que le Peuple, avant de se donner, fit suivant l’usage, avec son Prince. »

 

L’article VII stipule que « Chaque Province retient & se réserve tous les autres droits de souveraineté; sa législation, sa liberté, son indépendance; tous les pouvoirs, enfin, juridiction & droits quelconques, qui ne sont pas expressement mis en commun & délégués au Congrès Souverain ».

 

Si en ce moment on parle tant de démocratie et de droits démocratiques c’est sans doute parce que ceux-ci font singulièrement défaut- Une vraie démocratie repose sur la reconnaissance de l’autorité suite à un contrat d’accords entre cette autorité et le peuple. Joseph II ignorait tout simplement ces accords. Les retombées de la Révolution française allaient encore aggraver les choses. La poursuite des principes de liberté, égalité et fraternité allaient aboutir à l’effet inverse. L’influence de ces prises de position idéologiques sur le déroulement des événements allait, surtout sous la conduite de Vonck, ébranler bien vite l’état fraîchement constitué et l’affaiblir terriblement. L’intervention de la Prusse, des Provinces Unies et de l’Angleterre, conduisit finalement au Traité de Reichenbach qui rétablit la Maison d’Autriche dans ses « droits » et cela après que Léopold II, qui avait succédé à son frère Joseph II, décédé subitement, eut promis que les institutions des provinces Belges seraient respectées, et que les insurgés bénéficieraient d’une amnestie. Les troupes autrichiennes se rendirent à nouveau maître au pays et à partir de décembre 1790 l’administration autrichienne siégea à nouveau à Bruxelles.

 

Pour la gouverne des fédéralistes actuels qui se sont emparés du pouvoir, l’article VII, cité plus haut, définit clairement les relations à respecter pour aboutir à une vraie fédéralisation. Un état fédéral digne de ce nom, contrairement à celui qu’ont imaginé des hommes politiques qui depuis longtemps refusent de tenir compte de la voix du peuple, doit reposer sur des valeurs naturelles authentiques et non pas sur des slogans du type « La langue est tout le peuple ». Nous proposons aussi à la méditation de ces mêmes hommes politiques qui se sont appropriés une grande part de la politique étrangère de notre pays à partir d’arguments linguistiques, l’article X de ce Traité. – « Il ne sera libre à aucune Province de faire une alliance, ou traité quelconque, avec une autre puissance, sans le consentement du Congrès; & les provinces particulières ne pourront s’unir entr’elles, s’allier ou contracter, de quelque maniere que ce puisse être, sans le consentement du Congrès. »

 

1789-1989

Le bouleau …, LB 02/03/1989

 

José Happart vient d’écrire à tous les bourgmestres wallons pour attirer leur attention sur une activite qui sera organisée le 21 mars dans chaque municipalite de France, à savoir la plantation d’un arbre de la liberte (en l’occurrence un bouleau) pour commemorer la Déclaration des droits de l’homme… et pour leur demander de faire de même.

C’est que, explique le premier élu de Fourons, « la Wallonie est très proche par sa langue, sa culture et ses principes démocratiques de l’Etat français”, Dès lors, il souhaite que toutes les communes de Wallonië imitent leurs consoeurs françaises ‘(pour prouver leur attachement indéfectible à la Communauté de langue française d’Europe”.

Enfin, le deputé socialiste européen demande que les bourgmestres l’informent de leur décision afin qu’il puisse en informer la population wallonne… mais aussi  serait-il un agent du Quai d’Orsay ? – “les autorités françaises”.

 

… OU le chêne ?

L’initiative témoigne d’une francophilie aussi exacerbée que déplacée. Elle est, au reste, peu suivie et suscite des réactions négatives. A lire, par exemple, celle de la commune de Dour sous la plume de son premier échevin, M. Jacques Lefèvre, qui est aussi le secrétaire politique du P.S.C.

Tout en marquant évidemment son attachement aux droits de l’homme, M. Lefèvre s’étonne de la date choisie, qui est celle fixée par les municipalités de France .

“Comme Wallons – et fiers de l’être – nous pensons que nous devons nous-mêmes prendre nos responsabilites. C’est pourquoi Dour donnera un relief particulier à la commémoration de la Declaration des droits de l’homme… mais lors des fêtes de Wallonie et de la Communauté française, le 27 septembre.” M. Lefèvre précise aussi – In cauda venenum – que l’arbre de la liberté qui sera planté sera un chêne et non un bouleau “car le bouleau est un arbre qui plie et s’incline trop souvent”.

 

 

La querelle de l’ arbre, LB 06/03/1989

 

José Happart a proposé aux bourgmestres wallons de planter un bouleau, comme leurs collègues français, le 21 mars. Il s’agit, pêle-mêle, de commémorer les droits de 1’ homme, de l’enfant, de la femme, du citoyen, la Déclaration universelle, la Révolution française, la première libération du joug hollandais, la liberté, la francité, et quelques autres grandes idées par un geste symbolique. Le secrétaire politique du P.S.C , Jacques Lefèvre, a repondu à l’ex-candidat

bourgmestre qu’il préférerait la date du 27 septembre, fête de la Communauté française et de la Wallonie.

Il ajoutait qu’un chêne lui semblait préferable au bouleau, “qui plie et s’incline trop souvent“. (L.L.B. du 2 mars). La réponse de José Happart allait de soi : le bouleau plie, mais ne rompt point. Il ajoute qu’il s’agit d’une essence indigène et signale qu’il ne se braque pas sur une date précise mais que le mois de septembre est très mauvais pour transplanter un arbre. Sur le terrain horticole, l’ex-candidat bourgmestre est très fort.

 

1792

Georges Krug s.j., Rassemblement Wallonië-France, LB 8/12/99

 

Il faut prendre les auditeurs pour des ignares de l’ABC de notre histoire pour oser parler d’un ‘retour’ à une mère-patrie qui serait la France.

Sur un passé de plus deux mille ans, les Pays-Bas du Sud ont été annexés par la force à la France de 1792 à 1815.  Ces 23 pauvres années furent marquées par le pillage de nos trésors d’art, la mise à sac de plusieurs sanctuaires, l’embrigadement forcé de toute une jeunesse dans les armées de la république, puis de l’empire …Waterloo fut un soulagement, mais la liberté ne nous échut que 15 ans après.

 

1792

Georges Krug s.j., Rassemblement Wallonie-France, LB 08/12/1999

 

Il faut prendre les auditeurs pour des ignares de l’ABC de notre histoire pour oser parler d’un ‘retour’ à une mère-patrie qui serait la France.

Sur un passé de plus deux mille ans, les Pays-bas du Sud ont été annexés par la force à la France de 1792 à 1915.  Ces 23 pauvres années furent marquées par le pillage de nos trésors d’art, la mise à sac de plusieurs sanctuaires, l’embrigadement forcé de toute une jeunesse dans les armées de la république, puis de l’empire …Waterloo fut un soulagement, mais la liberté ne nous échut que 15 ans après.

L’idolâtrie de la Nation-Etat est l’idéologie directement issue du jacobinisme post-révolutionnaire.  Nos séparatistes du Nord, comme ceux du Sud, s’en repaissent.  Aucune estime du composite, allergie au polymorphe, méconnaissance de l’esprit fédéral …

Alors que l’avenir est aux ensembles diversifiés, ils ne tolèrent que des monolithes.  Ils se prétendent l’avenir, ils s’y orientent à reculons …

Si, par malheur, ils réussissaient à dresser des barières là où jamais il n’en a existé la moindre, alors: de pomme de leur discorde, Bruxelles deviendrait un foyer de discorde.  Le coeur même de l’Europe serait écartelé.  Cruelle victoire de l’intolérance sur l’ouverture du coeur et de l’esprit!

Un remake de l’Anschluss …  Moins barbare que celle 1936, cette annexion résulterait du même virus nationalitaire.

 

1792

Villance / Culture – Le culte clandestin et la Révolution française, VA 04/02/2003

 

Conférence à Libin donnée par Thierry Scholtes, conservateur des Archives de l’Etat de Saint-Hubert : « Le culte clandestin en Luxembourg au temps de la Révolution française (1795-1802) ».

 

1792-1815

Hervé Hasquin, éd., La Belgique française, 1792-1815, Crédit Communal, 1993

 

(p.421) La bigarrure linguistique des « provinces belgiques »

 

Pour les révolutionnaires français, cartésiens par tradition et porteurs d’un projet si neuf qu’il paraissait ne pouvoir s’accomplir qu’au moyen d’une po­litique de la «table rase», les provinces belges n’allaient pas manquer, par la diversité de leurs comportements linguistiques, de susciter de nombreuses difficultés à la mise en application d’une politique cohérente et systématique en matière de langue.

A Bruxelles, la-situation était pour le moins complexe. Ainsi pouvait-on li­re, par exemple, dans une Description de la ville de Bruxelles éditée chez Boubers en 1782, ces quelques lignes: «La langue naturelle des habitants de Bruxelles est le flamand, mais presque tous entendent et parlent le français ; c’est même aujourd’hui la langue que l’on parle le plus communément». La présence de la Cour, qui avait contribué à promouvoir le français comme langue principale dans la vie sociale, de même que la pratique du français par les classes aisées de la population, qui y avaient trouvé une sorte de pas­seport culturel dans l’orbite de la vie parisienne, ne pouvaient cependant fai­re oublier que Bruxelles était et restait une ville flamande. Des études récen­tes ont permis de fixer aux environs de 10 à 15% le pourcentage de fran­cophones dans la capitale du Brabant d’avant la Révolution. A cet égard, la relation entre l’appartenance à un certain milieu social et l’emploi de l’une ou l’autre langue est apparue de façon particulièrement explicite : on parle surtout français dans les quartiers huppés du haut de la ville, du parc de Bru­xelles, ou de la rue Neuve. Le bilinguisme de fait d’une bonne partie des Bruxellois avait par ailleurs entraîné, dans le courant du siècle, un relatif abâtardissement du flamand parlé dans la capitale, qui, fortement contami­né par le français, avait créé quantité de vocables hybrides plus ou moins sa­voureux. Cette proximité relative avec les tournures françaises, ainsi que la facilité avec laquelle il était loisible de se faire comprendre et de converser en français aux quatre coins de la ville, n’allaient pas manquer, dans un premier temps, d’induire les occupants en erreur quant à l’appartenance linguistique des Bruxellois.

 

En Flandre même, malgré la diversité des patois d’une ville ou d’une ré­gion à l’autre, la conscience d’appartenir à une même entité linguistique et culturelle était vive. La tradition, quelque peu surannée, des «chambres de rhétorique» dans les villes, et l’influence du clergé dans la vie sociale des campagnes constituaient notamment un ciment culturel particulièrement solide. Bien que pratiquant dans une large mesure le français, les élites socia­les flamandes elles-mêmes n’en étaient pas pour autant coupées de leurs ra­cines linguistiques et culturelles. Elles continuaient à employer le flamand dans leurs rapports avec la population locale, et, pour ce qui est de la vie so­ciale et administrative, on peut parler, dans les provinces flamandes sous l’Ancien Régime, d’un véritable unilinguisme. Au niveau local, comme à l’é­chelon provincial, tout se traitait en flamand. De même, dans leurs rapports avec l’administration centrale à Bruxelles, les différentes instances flaman­des, tout comme les particuliers, pouvaient user sans difficulté de l’idiome (p.424) du pays. La plupart des fonctionnaires du gouvernement central étaient d’ailleurs astreints au bilinguisme pour pouvoir exercer leur fonction. Ce n’est donc guère que dans quelques salons, parmi l’élite cultivée, que le fran­çais était parlé, en Flandre, à la veille de l’invasion française.

La principauté de Liège, dont un bon tiers chevauchait l’actuelle province de Limbourg, n’échappait pas à la double appartenance linguistique, com­pliquée encore par l’usage, largement majoritaire dans les campagnes et fort répandu en milieu urbain, du wallon.

La même situation prévalait dans le comté de Namur et le duché de Lu­xembourg, ce dernier comportant en outre, dans sa partie orientale, un « quartier allemand», dont la fidélité au pouvoir autrichien, fortement condi­tionnée par des facteurs de nature culturelle, allait constituer une source supplémentaire de résistance à l’occupant.

Seul, peut-être, le Hainaut pouvait paraître présenter une situation lin­guistique propice à une politique de francisation. Bien qu’on y parlât égale­ment le wallon et le picard, la proximité de la frontière et les vicissitudes de l’histoire avaient fait depuis longtemps du français une langue usuelle pour une bonne partie de la population.

 

Premières mesures prudentes sous le Directoire

 

V otée quelques jours avant la chute de Robespierre, la loi du 2 thermidor an ii ne devait lui survivre que quelques semaines. Suspendue dès le 16 fruc­tidor (2 septembre 1794), elle ne fut d’ailleurs jamais remise en vigueur par le Directoire. Au contraire, celui-ci allait – tout comme Dumouriez l’avait fait pendant les quelques mois (novembre 1792-mars 1793) de la première occupation française – pratiquer, en matière linguistique, une politique de type pragmatique qui, sans abandonner l’idéal de francisation, tiendrait compte du multilinguisme de fait des provinces belges. Dans un rapport pré­senté à la Convention au début de l’année 1794, les commissaires Camus et Treilhard, délégués en Belgique pour y organiser la première occupation, avaient en effet rendu compte des difficultés supplémentaires «considéra­bles» que représentait, pour la pénétration des idées révolutionnaires, l’obs­tacle de la langue. En Flandre, par exemple, ils avaient relevé que le français n’était pratiquement pas compris de la masse de la population dans des villes comme Courtrai, Bruges, ou Ostende, où il avait fallu faire appel à la bonne volonté de quelques républicains locaux pour se faire entendre d’elle. A Meerhout, en Campine limbourgeoise, c’est en latin que le commissaire de la République Publicola Chaussard avait dû s’entretenir avec le bourgmestre, qui ignorait le français. L’Ancien Régime se vit dès lors accusé, entre autres maux, par le même Chaussard, d’avoir entretenu à dessein la diversité des langues pour mieux asservir les peuples.

La «réunion» des provinces belges à la France, proclamée officiellement le 1er octobre 1795, allait être l’occasion, pour les nouvelles autorités, de ten­ter de remédier à cette situation préoccupante. Le 21 vendémiaire an iv (13 octobre 1795), un décret prescrivait que les lois et arrêtés ne seraient (p.425) désormais plus envoyés aux administrations d’arrondissement et aux municipa­lités qu’en français. L’article 3 précisait cependant que «partout où besoin serait», une traduction flamande pourrait y être jointe. Face à une situation locale peu favorable à une francisation rapide, les autorités se résignaient provisoirement à une sorte de compromis.

 

L’année suivante, la loi du 2 frimaire an v (22 novembre 1796) amorçait clairement une procédure de francisation dans le domaine judiciaire : désor­mais, seul le français devait être employé au cours de la procédure, quelle que soit la langue des parties. Les actes en flamand devraient faire l’objet d’une traduction certifiée, qui seule aurait force de preuve. Il n’y eut, de pri­me abord, que peu de réactions au sein de la magistrature flamande, compo­sée il est vrai, pour l’essentiel, de partisans du nouveau régime et au sein de laquelle le bilinguisme était déjà un fait acquis. Quelques voix s’élevèrent bien lorsque la conjoncture politique française parut permettre, dans le cou­rant de 1797, au parti royaliste de relever la tête, mais le coup d’Etat répu­blicain du 18 fructidor an v (4 septembre 1797) mit fin à toutes velléités en ce sens. L’arrivée au ministère de la Justice du campinois Charles-Joseph (p.426) Lambrechts, originaire de Samt-Trond, fut cependant suivie de la publica­tion en flamand du Bulletin des lois, ce qui mettait au moins la population a même de prendre connaissance dans sa propre langue des mesures législati­ves décidées à Paris.

 

De ce point de vue, il faut reconnaître qu’en pays flamand comme à Bru­xelles, la plupart des affiches officielles étaient bilingues. De même, en ce qui concerne la presse, et même si le gouvernement tentait d’imposer ses pro­pres publications, la plupart des journaux flamands avaient pu continuer à paraître.

En matière d’enseignement, la déliquescence de l’ensemble des réseaux après cinq années de troubles, n’avait pu être endiguée. De ce point de vue, flamand et wallon faisaient, en principe, l’objet d’un traitement différent. Considéré comme un «idiome», et donc une entité linguistique à part entiè­re, susceptible de véhiculer une idéologie contre-révolutionnaire, le flamand devait a priori être éradiqué du territoire national, au même titre par exem­ple que l’allemand ou l’italien. L’envoi «d’instituteurs de langue», prévu dans les régions concernées par un décret du 8 pluviôse ann (27 janvier (p.428) 1794), était pratiquement resté lettre morte en Flandre. La méfiance de la population envers un enseignement considéré comme impie avait fait le res­te : les écoles flamandes, trop peu nombreuses et désertées par les élèves, n’avaient pu jouer dans le processus de francisation le rôle qui leur était en principe assigné.

Quant au wallon, classé dans la catégorie des «patois» par le décret du 8 pluviôse, il ne faisait pas, en raison de l’absence de danger pour l’identité nationale qu’était supposée présenter sa parenté avec le français, l’objet de mesures spécifiques. Bien que fréquemment employé, notamment à Liège, dans les pamphlets contre-révolutionnaires, il fut plus méprisé, ou simple­ment ignoré, que véritablement combattu par les autorités directoriales.

 

Si le français avait certes fait des progrès dans la vie sociale et admini­strative – ainsi qu’en témoignent les registres notariaux bruxellois, au sein desquels la proportion d’actes en français passe, entre 1794 et 1799, de 24 à 60% -, il ne faudrait cependant pas se méprendre sur l’impact réel, très min­ce, de la francisation de la population au cours de ces premières années du régime français. Sans doute, le contact quotidien avec les nouvelles autorités et les nombreux Français présents dans nos régions fit-il plus, pendant cette période, pour familiariser la population avec la langue de l’occupant, que des mesures administratives à la fois trop peu nombreuses, incohérentes et mal appliquées, dont l’effet vexatoire ne pouvait, dans un milieu souvent hostile au régime lui-même, en particulier en matière de politique religieuse et de conscription, que susciter des réactions de rejet. Dans ce contexte, ce n’est sans doute pas un hasard si la «guerre des Paysans», qui éclate en Cam-pine et en Flandre fin 1798, et le «Klëpelkrich» luxembourgeois, qui lui est contemporain, constituent pratiquement les deux principaux faits de résis­tance collective armée au pouvoir français, synonyme non seulement de conscription forcée, mais aussi d’oppression linguistique dans ces régions de langue germanique.

 

Le Consulat et l’Empire : une francisation «à marche forcée»

 

Le coup d’Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799) et l’installation du Con­sulat (15 décembre 1799), bientôt confié «à vie» au seul Bonaparte (2 août 1801), assurent dans la vie politique intérieure de la France, et par consé­quent dans nos provinces, la stabilité nécessaire à la poursuite d’une politi­que de francisation active. Après un statu quo de quelques années, la loi du 24 prairial an xi (14 juin 1803) remet à l’ordre du jour les dispositions du 2 thermidor an n. De nouveau, il est stipulé que tout acte public devra être rédigé en français, et que les actes sous seing privé ne vaudront que munis d’une traduction certifiée par un traducteur juré, laquelle seule sera receva-ble. Les officiers publics sont cependant autorisés, si les justiciables en font la demande, à inscrire en marge de l’acte officiel en français, une traduction en idiome du pays. Bien qu’appliquées dans une large mesure – la propor­tion d’actes notariés en français à Bruxelles dépasse désormais les 80% – ces directives ne le sont pas avec la même exactitude dans toutes les régions du (p.429) pays, et ne manquent d’ailleurs pas de susciter certaines protestations. Ainsi, les notaires, pourtant devenus fonctionnaires publics depuis la réforme du 3 prairial an iv (22 mai 1796), contestent-ils notamment cette mesure à l’é­gard des testaments, et ce au nom de l’article 972 du nouveau Code Civil, pu­blié le 21 mars 1804, qui stipule qu’ils doivent être couchés dans la langue du testateur. Régnier, ministre de la Justice, refusera tout accommodement à ce sujet : bien que dicté dans la langue du testateur, le testament devra être transcrit en français par le notaire et seule cette transcription pourra être considérée comme authentique. Bien qu’un délai d’un an fût accordé pour la mise en pratique de ces mesures, il paraît évident que leur application fut (p.433) loin d’être un fait acquis au cours des années suivantes dans l’ensemble des départements réunis.

 

Si la francisation des classes dominantes se poursuivait – notamment à tra­vers un enseignement pratiquement francisé aux niveaux secondaire et su­périeur, par le brassage culturel de l’institution militaire, et au sein de la fonction publique qui connaissait un développement sans précédent – il s’en faut de beaucoup que tous les cœurs aient été gagnés au français et à la Fran­ce dans ces milieux. Ainsi, en Flandre, les chambres de rhétorique, qui péri­clitaient sous le Directoire, relèvent-elles la tête et permettent-elles de main­tenir, au sein de l’environnement culturel flamand, une certaine tradition dialectale. Parfois débaptisées en «genootschap» voire en «société», elles entretiennent parmi les élites intellectuelles flamandes la conscience tangi­ble d’une identité séparée. De même, les journaux flamands subsistent-ils dans un premier temps. Un seul exemple permettra de vérifier ce maintien tenace, à travers les vicissitudes politiques du temps, d’un véritable « senti­ment flamand». En 1796, des médecins progressistes avaient fondé à Anvers une association dont les réunions se tenaient en néerlandais. Réprimandés par les autorités, il n’hésitèrent pas à publier, en tête du premier volume de leurs annales, un texte intitulé Lof der rijke en bevallige Moedertael («Eloge de la riche et élégante langue maternelle»). Mieux encore, contraints de fusion­ner en 1801 avec la très francophone et francophile Société d’Emulation de la ville, ils s’en séparèrent dès 1806, pour fonder la Société médico-latine, dont les débats se faisaient dans la langue de Cicéron ! Chez ces bourgeois cultivés, progressistes, et qui maniaient très probablement le français quand besoin était, c’est là le signe évident de la volonté de conserver une identité flaman­de. De même peut-on signaler la fondation par J.A. Stips et J.A. Terbruggen d’une société intitulée Tot Nut der jeugd («Pour le bien de la jeunesse»), dont l’objectif essentiel était le maintien de la langue maternelle dans l’enseigne­ment.

 

De ce côté, la volonté de francisation s’était également affirmée. Dans les collèges et lycées, seul le français devait être enseigné, tandis qu’un effort particulier était fait dans l’enseignement primaire afin d’y implanter la (p.434) langue de l’occupant, à l’aide d’instituteurs formés dans les nouvelles écoles normales. Certains parents cédèrent sans doute à l’envie d’assurer à leurs en­fants un meilleur avenir grâce à l’apprentissage du français, mais la mesure semble cependant avoir été un échec, puisqu’il fallut, en 1804, ouvrir au ly­cée de Bruxelles une classe préparatoire de français. La résistance du clergé à la politique du nouveau régime, bien qu’atténuée après la signature du Concordat de 1801, n’avait pas réellement cessé, et est sans doute responsa­ble, pour l’essentiel, de cet échec scolaire de la francisation des populations flamandes, pour lesquelles la langue française restait souvent synonyme d’impiété et d’incroyance. La nomination, par Napoléon, d’évêques français dans les départements réunis ne parvint pas à renverser la situation, l’opi­nion restant fermement attachée au bas-clergé qui maintenait, dans l’ensem­ble, son opposition au régime.

Face à cette résistance, certains préfets, véritables petits despotes locaux, choisirent la manière forte pour tenter d’imposer le français comme seule et unique langue dans leur département. Ainsi vit-on à Anvers, le préfet Voyer d’Argenson interdire les périodiques en langue flamande. A Gand, d’Houdetot se signalait par son zèle également, en obligeant par exemple la Gazette van Cent à publier dorénavant ses articles en français, en interdisant, en 1810, l’impression de tout ouvrage ou périodique en flamand dans le dépar­tement de l’Escaut, et en tentant deux ans plus tard d’imposer une traduc­tion obligatoire des noms de rues et des enseignes, alors même qu’on avait dû, à Bruxelles, six ans auparavant, en revenir aux dénominations usitées sous l’Ancien Régime, en raison des protestations répétées de la population.

 

Malgré ces mesures coercitives, et nonobstant l’usage généralisé du fran­çais dans la vie mondaine, sociale et administrative, le régime était loin d’être parvenu, après vingt ans d’efforts, à la francisation souhaitée. La méthode (p.435) employée, souvent brutale, l’attitude, fréquemment arrogante, des fonction­naires français ne pouvaient certes pas favoriser la réalisation d’un tel objec­tif. Sans doute des progrès avaient-ils été accomplis dans la direction souhai­tée, mais il y manquait l’adhésion de la population sans laquelle une véritable francisation ne pouvait s’accomplir.

La facilité avec laquelle le régime hollandais put s’installer en 1815 est une preuve supplémentaire de cet échec, que l’on aurait facilement pu prédire au vu des réactions suscitées dans une région aussi potentiellement fran­cophile que celle de Mons par la défaite des Français à Neerwinden. Amers, après six mois à peine de présence française, les mêmes qui avaient chanté en wallon l’arrivée des libérateurs, composaient une pièce intitulée Les Montwas in sont dégoûtés, proclamaient que les Etats «valiont bié mieûs que l’club» et se réjouissaient de pouvoir à nouveau porter en procession la châsse de Sain­te Waudru.

«L’abject et insignifiant jargon» décrié par le républicain liégeois Dieu-donné Malherbe dans un ouvrage daté de 1802, le langage «impur» que stig­matisait le Flandricismes, wallonismes et expressions impropres dans la langue française publié en 1806 «par un ancien professeur» tout acquis à la cause de la francisation, avait encore devant lui, tout comme les différents patois fla­mands, un bel avenir.

Dans un pays où le provincialisme était depuis des siècles cultivé comme une vertu, l’œuvre centralisatrice et rationalisante des révolutionnaires fran­çais était, par avance, condamnée à s’embourber dans le maquis inextricable des particularismes. Pourquoi en aurait-il été autrement dans le domaine lin­guistique ?

 

1794

Roger Viroux, Révisionnisme pas mort, in: L’Accent, nov.-déc. 1997, p.13-15

 

Dans LA LIBRE BELGIQUE du 18 novembre 1997, j’ai lu une phrase où manquent trois mots: voici le texte: « Avant Waterloo, nous étions OCCUPÉS PAR LES Français. C’est tout de même autre chose! »

Oh, oui, que c’était autre chose! Les 20 ans d’occupation ont été, avec les occupations récentes, 1914-1918 et 1940-1944, parmi les plus noirs de notre histoire.

 

Le but de l’invasion de la Belgique n’était pas de nous apporter la liberté, l’égalité et la fraternité: c’était de nous piller! « Un des premiers actes du gouvernement de Paris, après leur victoire de Fleurus, fut de lever en Belgique une contribution de soixante millions ». « Dignes héritiers des dévastateurs du Palatinat », dit M. Verhaegen, les Conventionnels taxèrent, le 14 juillet 1794, la ville de Tournai à 10 millions, Bruxelles à 50 millions et ordonnèrent d’enlever six cents otages dans cette dernière ville. Ils prescrivirent de prendre les cuirs, charbons, fers, bois, bestiaux, chevaux, céréales, fourrages, et de les expédier en France. Carnot recommande particulièrement de « dépouiller le Brabant ». (1)

 

« Tandis qu’elle permettait aux Français de payer l’impôt forcé … au moyen d’assignats, la Convention obligeait les Belges de fournir leur part en espèces… La France … commettait, à l’égard de la Belgique, un acte de rapine en même temps qu’un acte de malhonnêteté et d’hypocrisie, en faisant semblant de payer en assignats ce qu’elle payait… Le système ne peut se qualifier que par un mot: « pillage ». « Pillons, disaient-ils, ce pays qui est à notre merci! »

 

Les Comités d’Extraction s’appliquèrent à détruire les monuments artistiques de notre pays et à piller nos oeuvres d’art. (2) Nos oeuvres d’art qu’ils ne pouvaient emporter ils les détruisirent, mais ils volèrent d’énormes quantités d’oeuvres d’art. En 1818, après la victoire de Waterloo,

l80 diligences vinrent en cortège de Paris à Bruxelles pour nous restituer nos tableaux, orfèvreries, etc. La fameuse Bibliothèque des Ducs de Bourgogne n’a jamais été restituée et se trouve toujours à Paris!

Les biens de l’Eglise et des communautés religieuses furent confisqués au profit de la France et vendus à des particuliers, faisant de ceux-ci, ipso facto, des kollabos. Les nobles virent aussi leurs propriétés volées.

 

La déportation des prêtres refusant de prêter serment de haine à la royauté et des fonctionnaires refusant de collaborer avec l’occupant pour les enfermer dans les camps de concentation de l’Ile de Ré ou en Guyane suivit. Or « Au mois d’août l795, dans le Brabant seul, plusieurs centaines de détenus languissaient depuis, six, huit, dix mois dans la misère, la pourriture et le désespoir sans parvenir à être mis en jugement  » (3)

 

Des comités de Surveillance surveillaient et dénonçaient les Belges. Ils avaient le pouvoir de faire des perquisitions et d’arrêter ceux qui leur paraissaient suspects. Le commissaire de Jemappes écrivait au ministre de la police: « J’ai confronté deux espions qui servent merveilleusement la République: l’un est déserteur d’un régiment français et l’autre un … émigré et voleur? Je les emploie. » (4)

 

Een trouwe abonnee, de heer R. Viroux las ook in de krant het « interview van een knecht van Chirac, luidende « Avant Waterloo, nous étions Français, c’était tout de même autre chose! », dat door onze medewerker A. Delrivière in bovenstaand artikel aangehaald wordt. Hij schreefeen lezersbriefmaar is bevreesd dat zijn brief niet gepubliceerd zou worden. Hij bezorgde ons een afschrift dat wij graag ietwat verkort publiceren.

 

 

HET REVISIONNISME IS NIET DOOD

 

In LA LIBRE BELGIQUE van 18 november 1997, las ik een zin waarin drie woorden ontbreken: « Voor Waterlo,waren wij DOOR DE Fransen BEZET. Dat was nogal wat anders! ».

 

Inderdaad Het doel van de verovering van België was niet ons vrijheid, gelijkheid en broederlijkheid te brengen maar om ons te plunderen. Onmiddellijk werd een heffing van zestig millioen opgelegd. In 1794 werd Doornik beboet met tien miljoen, Brussel met 50 miljoen en zeshonderd gegijzelden. Leder kolen, ijzer hout, vee, paarden, graan, hooi, werden naar Frankrijk vervoerd. Carnot drong er speciaal op aan « Brabant te plunderen » (1)

 

De Fransen mochten de gedwongen belasting in assignaten betalen, de Belgen alleen in baar geld. « Laten wij dit land dat wij veroverden plunderen! »

 

Roofcomités verwoestten de kunstwerken en stalen ze. Wat zij niet konden meenemen vernielden zij. Na Waterlo reed een konvooi van l80 diligences van Parijs naar Brussel om onze kunstschatten terug te brengen Maar niet alle. De vermaarde bibliotheek van de Hertogen van Bourgondië berust nog steeds in Parijs.

 

Goederen van Kerk en kloostergemeenschappen werden aangeslagen en aan particulieren verkocht, eigenlijk collaborateurs De adel zag zijn bezit ook geplunderd.

 

Deportatie van priesters die weigerden de eed van haat tegen het koningdom af te leggen of die weigerden met de bezetter mee te werken, werden op het eiland Ré of naar Guyana verbannen. ln augustus 1995 lagen alleen al in Brabant honderden gevangenen maandenlang in de miserie en de vuilnis en met grote wanhoop in de gevangenissen zonder berecht te worden.

 

Bewakingscomités bespiedden en verklikten de Belgen.

Er werd gemoord Priester Martin, in België geboren, had pastoraal werk in Kamerijk en was naar België teruggekeerd.  Hij werd beschuldigd van emigratie en op 25 juli 1 794 te Brussel gefusilleerd.

 

De Boerenkrijg was aanleiding tot slachtingen. Na de inname van Diest legden de Fransen de inwoners een boete van veertig miljoen frank op en generaal Collaud gunde de soldaten twee uren om te plunderen. Wat zij duchtig deden Het beleg van Herentals duurde 24 uren: de Boeren lieten er 600 doden achter.  De Fransen leden ook zware verliezen en legden een groot deel van de stad in de as.

 

In Hamme-Mille had een botsing plaats tussen jonge Walen op weg naar hun Vlaamse makkers, en Franse soldaten. De strijd bleef onbeslecht.

 

Onder leiding van Constant de Roux-Miroir bereikten zij hun Vlaamse strijdgenoten en veroverden Geldenaken, en later Hasselt De Belgen die tot vier uur in de namiddag weerstand boden, werden daarna tot 10 uur ‘s avonds uitgemoord door de Fransen die over kanonnen en paarden beschikten Constant de Roux-Miroir en eenentwintig jonge verzetslui werden gevangen genomen en naar Brussel gebracht.

Allen ter dood veroordeeld en te Brussel gefusilleerd.

In 1793 worden tien Belgen op het Koningsplein te Brussel gefusilleerd, twee geestelijken te Namen, kanunnik Rutten te Otrange, de onderwijzer van Florenville … Op 30 juni 1794 worden zestien priesters en geestelijken naar Atrecht vervoerd om daar onthoofd te worden …

 

2 Mille ans de l’histoire des Belges, par Franz Neve, 1926, p. 302.

En Napoleon veranderde er niet veel aan: vierhonderd dikke eiken uit het bos van Wauhu bij Binche moesten er aan geloven. Hij veroordeelt Werbrouck die openlijk kritiek op hem had uitgebracht Wanneer de rechtbank hem toch vrijlspreekt, gaat een stoet door de hoofdstad om de bezetter te tergen. Opnieuw wordt hij opgepakt en naar Dowaai gevoerd waar hij van ontbering en slechte behandeling in de gevangenis stierf.

Wie dit alles leest, meent de SS-tijd opnieuw te beleven!

 

Inderdaad: Dat was nogal wat anders!

 

1795

Ludo Baeten, Twee eeuwen volharding in de Franse Jacobijnse denktrant, in: Delta, 6, 2005,  p.12-14

 

(p.12) In 1795 werden de Zuidelijke Nederlanden bij Frankrijk ingelijfd op grond van het jacobijnse principe « la langue est la nation toute entière » (De taal is gans het volk, waar hebben we dit nog gehoord?). In de Zuidelijke provincies van België werden er romaanse dialecten gespro­ken, terwijl in de Noordelijke de adel en de hogere burgerij reeds sterk verfranst waren. Was het graafschap Vlaanderen ooit niet on­derhorig geweest aan de Franse kroon?

 

(p.13) Onze gewesten, die tot dan toe ieder hun be­stuurlijke identiteit hadden bewaard, werden in een unitaire dwangbuis gedwongen. Er werd een politiek van uniformisatie doorgevoerd terwijl de elite aan een ware hersenspoeling werd onderworpen. Geen enkele natie heeft zozeer ais de Franse la « conquête des esprits » in haar vaandel geschreven. (1)

 

De Franse opvatting van de politieke maat­schappij werd doorgedrukt en verdrong het eigen staatkundig denken zoals dit zich in de loop der eeuwen had ontwikkeld en dat tot dan toe had standgehouden (2).

 

« Vanaf de tijd der Bourgondische hertogen hadden de vreemde heersers over de Zuide­lijke Nederlnden het eigen leven van deze oude gewesten ontzien. Hun politiek tastte de lokjale rechten en autoriteiten zo min mogelijk aan en trachtte slechts over hen heen het ge­zag van een centrale regering te handhaven. ln de provincies kwamen de Statenvergade­ringen regelmatig bijeen en zij waren veel meer dan in de Noordelijke Nederlanden, waar zij beheerst werden door de regentenoli­garchie en eerder regeringsraden dan repre­sentatieve lichamen waren, nog vertegen­woordigingen van de oude standen. Hun macht, gebaseerd op allerlei ais provinciale constituties beschouwde privileges de be­roemdste is natuurlijk de Brabantse Blijde In­comste was niet gering. Vooral in de belas­tingskwesties woog hun beslissing zwaar » (3)

 

Door hun aanhechting bij Frankrijk werden de Zuidelijke Nederlanden van hun historische wortels afgesneden. De geestelijke overwoe­kering door Franse denkbeelden en mythen bleek ncg rampzaliger dan de militaire bezet­ting en de politieke overweldiging. De gevol­gen ervan zullen zich tot op heden doen gel­den.

 

In 1815 wordt de eenheid van de Lage Lan­den hersteld. Koning Willem, waarvan de ver­diensten steeds meer worden gewaardeerd (4), was ten zeerste begaan met de ontwikke­ling van de op vele gebieden achteropgeraak­te Zuidelijke Nederlanden.

 

Jammer genoeg was hij ook ingenomen met het Franse politieke denken dat trouwens in de kaart speelde van een bepaald verlicht despotisme. Ook koos hij zijn medewerkers onder de oud-gedienden van het Franse be­wind en aan overtuigde « centralisten » zoals bv. Minister Comelis van Maanen. Hij gat geen gehoor aan degenen die hem voorhiel­den wat meer rekening te houden met de ei­gen politieke tradities.

 

Was hij op deze wijze raadgevingen ingegaan en had hij een meer gedecentraliseerd be­stuur in acht genomen, de Brusselse rellen van 1830 zouden wellicht nooit aanleiding hebben gegeven tot een atscheidingsbewe­ging. De diepere oorzaak van de scheiding moet worden gezocht in de weigering een nochtans opvallende verscheidenheid te er­kennen en in het verwerpen van een gezond particularisme eigen aan ‘s lands tradities.

 

Dank zij het staatsmanschap van Jan Thor­becke (5) komt in Nederland daarin verande­ring in de jaren 1848-1851. Amper twintig jaar na de Belgische atscheiding wordt daar aan de gemeenten en de provincies een ruimere autonomie toegekend, zodat Nederland een gedecentraliseerde unitaire staat werd. Deze decentralisatie heeft de politieke samenhang van Nederland eerder versterkt dan verzwakt.

 

De bezielende gedachte van Thorbecke was: « de natuur is niet daarom zoo rijk dewij/ zij ééne kracht, maar omdat zij, ééne oneindige verscheidenheid van wezens, ieder met eigen kracht, onder een a/gemene wet /aat werken » (6).

 

Bij gebrek aan een dergelijke visie volharden de grondleggers van de nieuwe Belgische staat in de jacobijnse vergissing. Andermaal wordt de staatsconstructie naar Frans model op een strak unitaire leest geschoeid. Men zag niet in dat tussen eenheid en verschei­denheid een vruchtbare wisselwerking kon ontstaan.

 

Door een verbeten Vlaamse strijd mislukt de poging tot taalkundige homogeneïsatie. Zelfs vanuit een Belgisch standpunt moet de Vlaamse Beweging ais een winstpunt worden beschouwd. Zij heeft in de Zuidelijke Neder­landen de verscheidenheid van taal gevrij­waard en daardoor een grotere openheid van het land in vele richtingen mogelijk gemaakt.

 

Het anderhalve eeuw volgehouden unitaire regime heeft echter trustratiegevoelens gewekt (p.14) die uitmonden in nationalistische stro­mingen. Deze sturen aan op de vestiging van twee tegengestelde « volksgemeenschappen », waarin « le mal français » welig blijft voortwoe­keren. leder nationalisme is behept met Fran­se concepten, dogmas en mythen. Het Vlaamse nationalisme ontsnapt daar evenmin aan.

 

ln het al oververkavelde Noordwest Europa wordt aldus aangestuurd op de oprichting van twee nieuwe verkrampte natie-staatjes, al dan niet samengehouden »door een impotente Sta­tenbond. Wei te verstaan worden deze natie­staatjes geconcipieerd naar het klassieke Franse mode!.

 

Zonder wortels in het verleden bieden deze nieuwe scheppingen geen uitzicht op de toe­komst. Ook wekken zij bij de bevolking niet het verhoopte enthousiasme. Behalve dan bij degenen aan wie zij… een loopbaan verschaf­fen! Zij zijn het kunstmatig product van een pOlitiek onvermogen.

 

Argeloze politici hebben getracht onrijpe jeugddromen, achterhaalde idealen van zestig jaar geleden te verwezenlijken. Met de nieuwe internationale context werd geen rekening gehouden. Aan de functie van Europees kerngebied van de landen en gewesten van de Gouden Delta werd niet gedacht.

 

De ingevoerde nieuwe staatsregeling drijft de losgeslagen gebiedsdelen in een positie van isolement. Zij maken er een gemakkelijke prooi van voor de drijfveren van de grote gie­ren van de Europese politiek. Zolang de Eu­ropese Unie geen evenwichtige klassieke fe­derale structuur heeft verworven blijft de grootste waakzaamheid geboden.

 

De sedert 1795 opeengestapelde vergis­singen moeten worden toegeschreven aan een schrijnend gebrek aan politieke cul­tuur. Er werd en wordt geen rekening ge­houden met de uitzonderlijke geografische positie van onze landen en gewesten. Evenmin met hun rijke politieke traditie. De meest dringende taak is aan dit gebrek te verhelpen.

 

(1) in tegenstelling bijvoorbeeld met het tijdperk van de Spaanse Habsburgers, waarvan men terecht kon schrijven: “le roi d’Espagne règne en Belgique mais ne la gouverne pas-.

(2) Over het verschil tussen Frankrijk en bv. Span­je (of Oostenrijk), schrijft Henri Pirenne in zijn « His­toire de Belgique-:

« L’Espagne qui a régné si longtemps sur la Belgi­que, n’y a rien laissé d’elle, si ce n’est quelques noms de forteresses (Charlemont et Charleroi), quelques appellations de familles dues à l’alliance d’un noble castillan avec une héritière ou d’un soldat avec une paysanne. A part cela, de même que son sang ne s’est pas mêlé à celui de peuple, elle n’a exercé aucune action sur l’art, ni sur la littérature; elle n’a même passé aucun mot de son vocabulaire aux dialectes flamands ou wallons. Les deux nations ont vécu l’une à côté de l’autre sans se pénétrer, ni se comprendre»

En Godefroid Kurth voegt er aan toe:

« II n’y a pas eu à proprement parler de domination espagnole en Belgique, non plus de domination autrichienne; il y a eu seulement des Espagnols et des Autrichiens investis chez nous, par la confiance de nos souverains, des positions impor­tantes qui provoquaient la susceptibilité nationale»

(3) Prof. dr. E.H. Kosmann « De Lage Landen 1780-­1940“.

(4) Yves Schmitz « Guillaume 1er et la Belgique » Men leze daarover eveneens «De Taalpolitiek van Willem 1» door dr. A. De Jonghe met voorwoord van Gouverneur L. Roppe.

(5) Prof. Dr. R. Kranenburg “Studiên over Recht en Staat”.

(6) Johan Rudolf Thorbecke (1798-1872) was van 1825 tot 1930 hoogleraar aan de Universiteit van Gent. Hij doceerde daar de historia politica.

 

1800s

Eric Meeuwissen, Un livre, un prof, pour jouer au stratégo à Waterloo, LS 31/5/90

 

A propos du livre de Luc Devos, Les 4 jours de Waterloo 15-16-17-18 juin 1815, éd. Hatier

Le livre mentionne une erreur parue dans le “Dictionnaire d’histoire de Belgique “, publié en 1988 sous la direction d’Hervé Hasquin et dans lequel on peut lire: “Les Belges qui participèrent à la bataille de Waterloo le firent surtout dans les rangs de l’armée française.”

 

1800s

Philippe Engels, Olivier Rogeau, 1302-2002 Les batailles de la Flandre, in : Le Vif/ L’Express 05/07/2002, p.12-16

 

Henri Conscience écrivait  De Leeuw van Vlaanderen

Le roman de Conscience (…) est d’abord utilisé comme une arme pro-belge face à la menace française. 

 

1940

Jean Vanwelkenhuyzen, Jacques Dumont,  1940 : Le grand exode,  1983

 

p. 94 massacre d’Abbeville

p.112  assassinat de DENUIT,  père d’un journaliste du « Soir ». 60 ans ( C’était un parachutiste.)

 

p. 213  Dans les magasins, dans les restaurants, on vit des affichettes « Rien pour les Belges » Des incidents eurent lieu dans les rues. Beaucoup de salariés belges furent congédiés. 

C’est l’époque, où des Belges, voulant se désaltérer encaissent de cinglants : « Allez donc boire l’eau du Canal Albert ! » L’épithète « Boche Boches du Nord » est alors à la mode.

 

p.225. A Toulouse, la marquise de Panaât, ayant voulu témoigner de son estime pour l’armée belge, m’avait fait offrir les salons de son hôtel pour y établir le mess de garnison. A la nouvelle de la reddition, elle nous en interdit l’accès. Le même jour, l’évêque de Lourdes défendait aux prêtres belges de dire la messe et de confes­ser, sous peine de péché mortel. Il fallut, après plusieurs jours, l’ intervention d’un jésuite belge pour faire cesser cette incroyable mesure.

 

p. 229. Jeunes CRAB envoyés pour des travaux à l’arrière du front en réalité, près du front : 60 morts + des blessés.

 

1940-2006

Le courage de l’ambassadrice… , LB 18/11/2006

 

AVANT-PREMIÈRE, JEUDI SOIR A L’ÉCOLE  ROYALE MILITAIRE du documentaire « La couleur du sacrifice » signé par Mourad Boucif qui retrace l’engagement des soldats des colonies françaises au cours de la Seconde Guerre et des conflits qui l’ont immédiatement suivie. Un film très engagé qui n’épargne pas la France officielle et dont une bonne partie évoque la bataille de Gembloux et le sacrifice des soldats maghrébins qui reposent aujourd’hui au cimetière français de Chastre. L’ambassadrice de France avait été invitée et tout en sachant à quoi elle devait s’attendre, Joëlle Bourgois ne s’est pas débinée, intervenant même dans le débat devant un parterre d’étudiants de l’ERM, de nombreuses écoles de tous bords et d »‘anciens » de la Seconde Guerre. •

 

… et la détermination de Flahaut

L’occasion pour le ministre (PS) de la Défense de rappeler son engagement pour une citoyenneté plus responsable, devant un public qui se sent concerné… André Flahaut a annoncé que l’hommage annuel serait encore plus

multiculturel en 2007. Avec certainement une mise en valeur des pays concernés. Il y a quelques années, un attaché militaire français avait refusé que l’on hisse les couleurs marocaines au cimetière de Chastre, mais André Flahaut a tenu bon. Et le ministre s’est réjoui, en des termes moins diplomatiques, qu’il l’avait fait muter !

 

1963

Marcel Grégoire, Un adversaire de la “belgitude”, LB 24/04/1984

 

M. Claude de Groulart, professionnellement, collabore avec talent au service de politique étrangère du journal Le Soir. Dans cette fonction, aucune passion excessive ne paraît l’inspirer, même pas la francolâtrie. Mais peut-être le lit-on mal ? En tout cas, le livre qu’il vient de publier sous le titre De Gaulle : “ Vous avez dit Belgique ? » révèle un Belge qui, manifestement, n’ aime ni la Belgique ni, moins encore, la « belgitude”. Ce qui étonne d’abord, dans ce livre, ce sont ses inexactitudes.  D’abord dans son titre. L’auteur reproduit un entretien   qu’aurait eu, après 1963 (le livre ne permet pas de le situer avec plus de précision) avec le général De Gaulle un professeur de l’Université de Louvain, M. Robert Liénard, esprit distingué et francolâtre déclaré. La phrase que lui attribue le titre n’ a pas été prononcée ni au cours de cet entretien ni, à ma connaissance, dans aucune autre occasion. (…)

 

Je ne me souviens pas, par ailleurs (si je me trompe, il va de soi que je rectifierai), que le F D.F , auquel est affilié M. de Groulart, ait particulièrement soutenu le programme Sauvy.

Enfin, il paraît certain que si les ministres wallons, dans leur majorité, l’avaient voulu, une politique favorisant la famille et la natalité eût éte appuyée par les ministres flamands, aussi bien en raison de leurs convictions, qu’eu égard a la dénatalité qui menaçait également leur région.

 

Répondant à M. Liénard qui lui (d’après le contexte –  p.39 – c’était le rattachement de la Wallonie à la France) De Gaulle fit valoir que la France, pour des raisons de politique internationale, ne pouvait prendre le risque d’intervenir, sauf  » si, un jour, une autorité politique représentative de la Wallonie s’adressait officiellement a (elle) ; ce jour-là, de grand coeur, nous répondrions favorablement à une demande qui aurait toutes les apparences (sic) de la légitimité.  Avant, c’est impossible ».

 » Toutes les apparences ” : ce qui s’est passé par la suite donne toute sa valeur à la nuance.

 

On relèvera encore, dans les propos du Général, deux phrases dont chacun, à son gré, appréciera le degré de comparabilité.  La première: “Je regrette de pouvoir dire: “Chaque peuple:  » Chaque peuple ne peut se redresser que par lui-même ”.  La seconde: “J’ai pourtant la conviction que seule leur prise en charge par un pays comme la France peut assurer l’ avenir

à vos trois ou quatre millions de Wallons.” Laquelle des deux est vraiment prémonitoire, pour parler comme M. Outers?

(…) Le premier préfacier, un gaulliste de gauche, étonna lui aussi. Il attribue aux hommes  politiques flamands la création du Benelux qui, affirme-t-il, fut le glas (sic) de la Wallonië; or, essentiellement, elle est due à P.-H. Spaak. De même, c’est celui-ci qui, de tous ses prédecesseurs et de tous ses successeurs, y compris les Flamands, dégagea le plus la politique étrangère belge de l’influence française; (…)

 

843-1973

Maurits Jossen, De eeuwenoude vijand van Vlaanderen en Wallonië (843-1973) (Breda – na WOI)

 

979-1979

G.G. /Koekelberg/ Mille ans de Bruxelles?, LB 06/12/1979

 

Ancien du Séminaire d’Histoire de l’U.C.L., j’ai été voir avec un oeil critique l’exposition « … 1.000 ans de rayonnement de la culture française à Bruxelles (qui vient de fermer ses portes). Disons-le tout net, elle m’a déçu non à cause de sa présentation, qui est remarquable ni de ses

pièces, toutes authentiques, mais à cause de leur interprétation et du rôle qu’on veut leur faire jouer. On a tendance à hypertrophier la destinée d’ une ville, “liée à l’histoire de France plus particulièrement », alors qu’ elle fit partie durant des siècles, comme toute la Wallonië, du Saint Empire romain germanique.

 

L’ exposition se caractérise par ses accaparements et ses omissions. Que viennent faire dans cette affaire « les Serments de Strasbourg » et « la Cantilène de Ste-Eulalie » ? Est-ce parce que les sièges des diocèses sont situés en partie romane que la population de Bruxelles a des attaches francophones ? En quoi l’Evangile de Lothaire concerne-t-il la francité ? Et la Carte de Maastricht » ? Et celle se rapportant aux Templiers ? Et le , »Roman de la Rose » ? Les quelques fiefs et rentes inféodés par le roi de France à Wenceslas peuvent-ils faire oublier que les trois grands duchés, dont il est détenteur, relèvent de la mouvance germanique qui n’est pas citée. Si Charles-Quint constate le progrès du français, c’est bien la preuve que la ville etait auparavant entièrement flamande.

 

Significatif est l’absence de tout document se rapportant à l’architecture romane, originaire de la région rhénane, alors que le gothique français est amplement représenté. Est-ce qu’on peut conclure de la visite d’un souverain, d’un chroniqueur, d’un Voltaire, d’un Rameau à Bruxelles, que la ville est francophone ? Significatif aussi est l’escamotage du bombardement de la ville par les troupes de Louis XIV et l’incendie de la Grand’Place. Pas la moindre pièce, pas la moindre estampe sur la période révolutionnaire, la tyrannie sanglante des Français, la ruine de nos abbayes, les exactions iniques, le projet de vente, de démolition de Ste-Gudule et sa transformation en stade. Et j’en passe. Tout est à l’avenant.

 

Il s’agit d’une exposition qui tait sciemment certaines parties de la réalité historique d’une ville, dont la population à l’ évidence est fondalement flamande jusqu’au XIXe siècle, et qui, à partir d’alors fut progressivement francisée par des classes économiquement, socialement et politiquement dominantes. Elle n’aura convaincu que les sympathisants du F.D.F., les naïfs et les ignorants.

 

979-1979

G. Pepers, Les mille ans de Bruxelles, LB 14/12/1979

 

J’aime la lettre de M. G.G., de Koekelberg, qui replace dans une perspective exacte les mille ans de Bruxelles. Il a d’ autant plus raison que tout le verbiage relatif à la francité et/ou la  francophonie est strictement et exclusivement de notre temps, sans intéresser le moins du monde l’Europe contemporaine des débuts de Bruxelles.

 

D’abord, la montée du français comme langue universelle n’ est évidemment pas antérieure aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ensuite, le fanatisme ou chauvinisme linguistique français – ou disons francophone – est né de la Révolution, n’ existait pas avant elle. Car l’essai de Rivarol ne respire aucun fanatisme, Pour finir, on parle de la  » francité  » des gens, presque comme d’un caractère anthropologique, quelque chose d’ analogue à la couleur de la peau ou la forme du crâne, à ne pas confondre avec le  » vulgum pecus  » des variétés inférieures.

 

Il est, dès lors, fermement établi que le bavardage francolâtre de certains de nos contemporains belges, appliqué à nos origines, n’est pas autre chose que la projection dans un lointain passé d’un ordre de préoccupations rigoureusement hypermoderne.

 

979-1979

Alain Germoz, M. Persoons /scrtétaire d’Etat à la Communauté française/ n’est pas content /concernant la réaction négative de PP? à ‘son’ exposition baptisée Bruxelles … 1000 de rayonnement de la culture française./, PP? 13/12/1979, p.185-186

 

(p.186) N’en déplaise a M. Persoons, (…) il me semble que le rayonnement de la culture française va de guingois lorsqu’on présente le portrait, par Henry De Groux, d’un Charles Baudelaire qui prend les traits d’André Gide (p. 129). Sans compter que ledit Baudelaire apparaît plus loin (p. 148)  comme dessin de Gide par Theo Van Rysselberghe.

 

Simple inversion de clichés, dira-t-on. Et ce “ Fernand de Portugal ” ? Faute d’ attention ? Bien sûr. Mais comme l’exposition et le catalogue s’adressent principalement a des Bruxellois ignares… (selon les termes mêmes de M. Persoons, “ la plupart des Bruxellois ignorent ”, “ peu de Bruxellois savent ”,  » ils ne savaient pas ”…) on voit d’ici le désordre qui peut s’installer dans les esprits non prévenus.

 

M Persoons reclame le droit de limiter le sujet d’une exposition. Certes Mais comment ? En cherchant son sujet en dehors de Bruxelles ? Que vient donc faire la la Cantilène de sainte Eulalie, originaire de la région de Valenciennes ? Orientée sur le thème  » Comment tirer les draps de son côté ”, l’ exposition est exemplaire, mais sous ce seul aspect.

 

Et bizarrement, c’est ce qui gêne à présent M. Persoons alors qu’il est le promoteur de l’entreprise. On ne peut pourtant pas dire que Bruocsella manque de sources d’interêt, mais le veritable interêt eût consisté à susciter une exposition traitant de l’ensemble du problème et révélant au citoyen ignare (bruxellois, belge ou étranger) que la ville, au  seul point de vue linguistique, a pu s’enorgueillir de voir fleurir côte a côte le français, le flamand et le latin. Cela aurait permis, par exemple, de donner enfin a Siger de Brabant l’importance qu’il mérite –  reconnue par Dante, comme le précise justement le catalogue.

 

(…) M. Persoons a la franchise  de le reconnaître: il y a intention politique.  (…) Faut-il sacrifier à l’obscurantisme au nom d’une politique, F.D.F. ou autre? (…)

 

Nul ne songe a contester l’ authenticité des documents recueillis pour l’exposition. C’est leur extirpation d’un contexte général et leur orientation particulière qui sont contestables et expliquent la réaction de M. Boel, président du Conseil culturel néerlandais, qui croit devoir mettre les étrangers en garde.

 

En attendant, pour clore cette polémique sans puiser dans l’arsenal (mais oui, M. Persoons) que l’Histoire tient a notre disposition, je me bornerai à citer le professeur Hasquin, de l’U.L.B., qui écrit :  “ Il serait absurde de nier le caractère profondément flamand de Bruxelles au Moyen Age et pendant une bonne partie de l’epoque moderne ”.  Horresco referens ! Le professeur Hasquin ose ajouter .  » L’usage du français fut a peu près inexistant à Bruxelles jusqu’au XVe siècle ”. Pourquoi le nier ? Pourquoi s’en alarmer si tels sont les faits ?

 

Simboles

HISTOIRE DU DRAPEAU BELGE, in : Le Volontaire de Guerre, 4 , 1988

 

Vers la révolution brabançonne

Réponsant à ce qu’ils croient être une provocation de 1’empereur, les Bruxellois arborent le 30 mai 1787 la cocarde de la révolte tricolore aux couleurs du Brabant. En effet, les armes du Brabant étaient de sable ( noir) au lion d’or (jaune) armé et 1ampasse de gueules (dont la langue est de couleur rouge).

Ces couleurs étaient fort bien choisies comme signe de ralliement du pays entir sous 1a cocarde brabançonne car elles correspondaient en même temps aux différents vlasons des autres provinces belges et aux couleurs noir, jaune ou rouge de ses lions.

Lorsque la révolutlon brabançonne éclate en 1789, nos trois couleurs nationales feront pour la première fois leur apparition sur un étendard militaire.  Le 10 décembre 1789, lors d’une grand-messe à Ste-Gudule, au moment où les fidèles entonnent le credo, une grande cocarde tricolore est déployée au jubé de la cathédrale.  D’autres cocardes plus petites sont également distribuées à la foule enthousiaste.  Le 25 février 1790, la tendance francophile tente de diffuser des cocardes, cette fois aux couleurs françaises. Elle échoue, les couleurs brabançonnes l’emportent.  Cependant, vers la fin de l’année 1790, la restauration autrichienne est accomplie. 

 

Disparition momentanée du drapeau

 Entre la révolution brabançonne de 1789-1790 et la révolution belge de 1830, notre pays voit se succéder les régimes etrangers: Autrichiens, Français et Hollandais occupent l‘un à la suite de l’autre la Belgique.  Le drapeau belge s’endort pour quarante ans.

Toutefois, il n’est pas oublié, car le 26 août 1830 …

 

Le 26 août 1830: la course aux étendards

 

Nous sommes au lendemain de la représentation de La Muette de Portici. La ville de Bruxelles, enthousiaste, arbore des drapeaux aux couleurs les plus variées.  Mais un des ces emblèmes sonne faux dans le concert patriotique: le drapeau francais flotte sur la façade de l’Hôtel de Ville, risquant en cela de faire dévier le mouvement insurrectionnel belge.

Alarmé par cette tentative de récupération de notre Révolution par les partisans francophiles et par les meneurs étrangers, Lucien Jottrand, avocat et journaliste retenu à la rédaction du Courrier des Pays-Bas, charge son ami Edouard Ducpétiaux de faire revivre les couleurs nationales, déployées lors de la Révolurion Brabançonne de 1790. Ce dernier, conscient de l’importance de l’affaire (la tendance francophile avait déjà essayé de diffuser le drapeau français sur notre sol en février 1790), se précipite vers la Grand-Place et, à quelques pas de là, au coin de la rue de la Colline, fait irruption dans le magasin d’aunages des époux Abts. Les négociants sont mis au courant de la situation et Mme Abts confectionne sans tarder deux drapeaux composés de trois bandes de mérinos. Le premier ira flotter a l’Hôtel de Ville, à la place de l’étendard français qu’il est grand temps d’enlever, le second est réservé par un ami de Ducpétiaux, Alexandre Vanhulst, afin d’être brandi à la tête de la 1ère compagnie de la Garde bourgeoise et rallier ainsi le peuple bruxellois à la cause nationale: : « Nous sommes Belges, nous voulons rester Belges, voilà nos couleurs, pas de préfecture française !”

Vers 11 heures. l’emlème est hissé a l’Hôtel de Ville.  Dans la soirée, le drapeau belge a totalement remplacé celui d’Outre-Quiévrain dans les rues de Buxelles.

 

Un étendard, ça s’étend

 

C’est une date historique pour notre drapeau qui se voit enfin propulsé au rang de symbole national. Le 31 août, le prince d’Orange reçoit une délégation de notables buxellois qui lui exposent leurs griefs. A ce moment de la révolution, il n’est pas encore question d’indépendance nationale, simplement de reconnaissance de nos droits. Le Prince tique cependant àa la vue de notre cocarde arborée par un des notables:mais il n’insiste pas.

 

En cette fin du mois d’août et au début du mois de septembre, la Révolution, ainsi que son nouveau symbole,se répandent comme une traînée de poudre a travers tout le pays.Lorsque le premier septembre, le Prince se rend a Bruxelles, il voit ses rues pavoisées aux couleurs noire,jaune et rouge. Dès lors,les Belges venus des quatre coins du pays se battront contre l’occupant hollandais sous ces couleurs. On meurt pour le drapeau, on vainc par lui.Le 30 septembre, le gouvernement provisoire adopte officiellement notre emblème,imité bientôt par le Congrès national. Quant a la Garde urbaine, son règlement précise qu’elle « continuera a porter pour couleurs distinctives. les anciennes couleurs brabançonnes, rouge, jaune et noire” . Notons qu’a cette époque. les bandes de couleurs sont toujours disposees horizontalement. Le 30 octobre. toute l’armée – y compris les Gardes urbaines – est tenue de porter la cocarde nationale.

 

Parallèles à la hampe

 

Quelques mois plus tard, une nouvelle décision est prise quant au jeune drapeau belge : un arrêt du gouvernement provisoire,en date du 23 janvier 1831, décrète la disposition verticale des couleurs, le rouge lenant a la hampe.  Le 7 février, un arrêt concernant le drapeau national est introduit dans la Constitution. Et le 12 octobre suivant, notre emblème est enfin fixé dans sa forme définitive, sous l’impulsion du département de la Marine qui veut faire concorder le pavillon maritime et le drapeau de notre pays. Le noir vient a 1a hampe, disposition conforme aux règles héraldiques. Ainsi, le drapeau belge se compose de trois bandes d’égale largeur, noire, jaune et rouge, placées verticalement et de proponions telles que la longueur du drapeau est à sa hauteur comme quatre est à trois.

 

 

NB Pourquoi cette disposition verticale?  La réponse n’est pas claire.L’ordre horizontal rappelait-il trop celui du drapeau hollandais?  Les marins pouvaient-ils confondre les deux pavillons mlaritimes? Ou alors les patriotes ggardaient-il quand même une certaine sympathie pour la révolution Française et sa cocardc tricolore aux couleurs verticales? 

Quoi qu’ il en soit, cette ancienne disposition horizontale des couleurs fait une dernière fois son apparition vers septembre 1832, lorsqu’un arrêté royal octroie des drapeaux d’honneur à cent communes qui s’étaient distinguées lors de la libération du teritoire.Ces drapeaux d’honneur, qui ne sont d’ailleurs pas destinés à flotter, commémorent les dures journées de 1830; il est donc logique qu’ils respectent la disposition horizontale prlimitive.

Les bandes horizontales disparaissent définitivement après les fêtes de la commémoration de la Révolution en 1838.

 

Conclusion

 

Tout au long du 20e siècle,notre drapeau eut maintes fois l’occasion de sortir des armoires. Lors de la libération de 1944, les magasins de tissus furent à nouveau dévalisés pour tapisser notre pays de drapeaux nationaux.

Les couleurs du drapeau belge sont plus ancienne que leurs consoeurs françaises:le drapeau français moderne ne date que du 15 ianvier 1794 et subira une longue éclipse, de la Restauration à la Révolution de Juillet ( 1830).Quant aux couleurs italiennes, elles ne furent hissées pour la première fois à Boulogne que le 3 novembre 1794. Enfin, vers le début des années 70, notre drapeau s’est même promené sur la lune, sous forme de Fanions, en compagnie des missions Apollo 7 (1969) et Apollo 12 (1972). Entourés de pierres lunaires, ils sont exposés au Musée d’Histoire naturelle à Bruxelles

Texte D. Caspar (Extrait de VOX)

 

z

Pierre Louvigny, Quand les Français offrirent Liège à la Prusse …, LB 08/08/1980

 

z

André Chéradame, LE PLAN PANGERMANISTE / Tel il a été établi il y a vingt ans, tel l’Allemagne prétend encore aujourd’hui le réaliser, in : L’Illustration, 6 mars 1915, p.239-242

 

(p.239) (…) Le plan pangermaniste fut exposé d’une façon particulièrement nette, il y a exactement vingt ans, dans une brochure intitulée: Grossdeutschland und Mitteleuropa um das Jahr 1950 (La grande Allemagne et l’Europe centrale en 1950. Thormann und Gœtsch S. W. Besselstrasse, 17, Berlin, 1895.) (…)

Quoi qu’il en soit, la brochure de 1895 expliquait :

– La guerre inévitable entre l’Allemagne et la Russie terminera la grande œuvre pangermaniste. Si cette guerre est heureuse, l’Allemagne annexera les provinces baltiques, l’Esthonie, la Livonie et la Conrlande. Elle formera un Etat polonais et un royaume ruthène destinés à recevoir les Juifs et les Slaves qui émigreront du grand empire allemand. (Op. cit. p. 40.)

– Finalement, deux groupes territoriaux seront  constitués en  Europe cen­trale. L’un politique, ou confédération germanique, comprendra l’empire alle­mand actuel, le Luxembourg, la Hollande, la Belgique, la  Suisse allemande et l’Autriche-Hongrie. L’autre sera un immense Zollcerein : outre la confédération germanique, il embrassera les principautés baltiques, le royaume de Pologne, le pays ruthène, la Roumanie et la Serbie agrandie. (Op. cit. p. 42.)

– La Pangermanie abritera alors 86 millions d’hommes et le territoire éco­nomique soumis à son action commerciale directe et exclusive sera habité par 13.1 millions de consommateurs. (NOTA. — Ce sont là les chiffres du calcul fait eu 1895.)

 

(p.240) (…) « Le but de L’Allemagne, reconnaît Harden, est de hisser le pavillon de tempête de l’empire sur les rives de l’étroit canal qui esl la porte de l’Atlan­tique… Nous resterons en Belgique cl nous y ajouterons l’étroite bande de terri­toire qui prolonge ses côtes jusqu’à Calais. Cela fait, nous mettrons volontai­rement fin à la guerre dont nous n’avons plus rien à attendre, contents d’avoir vengé noire honneur. » (Voir le Temps, 20 novembre 1914.)          

Quant au professeur allemand Ostwald, lauréat du prix Nobel pour la chimie, il a déclaré, en novembre 1914, dans une interview donnée au ‘Dagen’ de Stockholm: « A l’Est, l’Allemagne créera une confédération d’Etats, une sorte de confédération ballique qui comprendrait les Etats Scandinaves, la Fin­lande et les provinces balliques. Finalement, on arrachera la Pologne à la Kussie et ou en fera un Etat indépendant. Je crois le moment venu de remanier la carte d’Europe. »

M. Hernburg, ancien sous-secrétaire d’Etat de l’empire d’Allemagne pour les Colonies, actuellement agent financier de Guillaume II aux Etats-Unis, » exposé ainsi, en décembre, les conditions de paix de l’Allemagne.

— Pour des raisons militaires, elle fera de légères corrections de frontière et occupera ceux des territoires limitrophes qui ont été reconnus constituer un point faible dans l’armature allemande… Géographiquement la Belgique appartient à l’empire d’Allemagne. On n’annexera pas la Belgique, mais elle fera partie du Zollverein et sera placée dans une situation telle que ses ports seront mis en tout temps à l’abrid’une invasion anglaise ou française. (Cité par le Temps, 6 et 24 décembre 1014.)

 

zrèv

843-1945

Hervé Hasquin, éd., La Belgique française, 1792-1815, Crédit Communal, 1993

 

(p.449) Le mouvement wallon

 

A l’opposé, le mouvement wallon glorifie sans nuance la période française. Le courant irrédentiste règle son compte au nationalisme belge avant la let­tre, c’est la Révolution qui a fait naître le concept de nation et ensuite celui de patrie et les Wallons séparés de leurs frères de race depuis le Traité de Verdun (843), ne purent jamais les rejoindre, sauf pendant une courte période de 1792 à 1815, la bataille de Jemappes rendit enfin les populations wallonnes au foyer fa­milial français après dix siècles d’exil (France-Wallonië, fasc. m, janvier 1918). Le ton est donné. Lors du Congrès National Wallon de 1945, un vote senti­mental n’emporta-t-il pas une écrasante majorité pour le rattachement à la France ?

Un des plus enthousiastes francophiles est Jules Delhaize, patron de la chaîne de magasins d’alimentation du même nom, qui dans sa Domination française en Belgique, écrit en 1912 : Les vingt-deux ans de réunion de la Belgique et de la France ont été une période heureuse pour la Belgique…, c’est la fusion com­plète, c’est l’union d’enfants d’une commune race, aux mêmes aspirations et aux mê­mes intérêts. Les membres d’une grande famille se sont retrouvés. Bien sûr, au­jourd’hui les Belges désirent conserver leur nationalité mais s’il leur arrivait de la perdre que pourraient-ils devenir sinon Français ? et Delhaize d’ajou­ter : Et les Flamands, tout autant que les Wallons, éprouvent les mêmes sentiments! Il donne ici la mesure de la méconnaissance par les Wallons des sentiments de la masse flamande.

 

zrèv

Hervé Hasquin, éd., La Belgique française, 1792-1815, Crédit Communal, 1993

 

L’imaginaire wallon s’exprime de multiples façons : par le pèlerinage de Waterloo, par les marches militaires de l’Entre-Sambre-et-Meuse, par les monuments à Jemappes et à Fleurus.

L’érection d’un coq de bronze au sommet d’une colonne de pierre com­mémorant la bataille de Jemappes a soulevé une vive polémique entre 1908 et 1911 entre la gauche et la droite. Projeté en 1908 et inauguré trois ans plus tard, le 24 septembre 1911, le monument fut abattu par les Allemands à (p.450)

la fin du mois d’août 1914. Il fut réédifié et inauguré pour la seconde fois, le 2 mai 1922, par le maréchal Pétain qui n’était certes pas un admirateur in­conditionnel de la Révolution. Le Comité de patronage groupait des person­nalités belges et françaises venant des milieux de gauche : hommes politiques libéraux et socialistes, des écrivains férus de culture française comme Emile Verhaeren, des irrédentistes wallons comme le comte Albert du Bois, et par­mi les Français des partisans des frontières naturelles comme Maurice Bar­rés. Les motivations étaient donc bien variées : magnification des idéaux de la Révolution chez les libéraux et les socialistes en lutte contre le parti ca­tholique au pouvoir pour l’obtention du suffrage universel, amour sans par­tage pour la France chez les autres, ou dans un registre moindre, hommage à la France, terre de culture.

A Fleurus s’élève un triple monument dédié aux victoires françaises de Fleurus : celle du maréchal de Luxembourg en 1690, celle de Jourdan en 1794 et la dernière victoire de Napoléon en 1815. Ici, l’hommage s’apparente beau­coup plus à la francophilie qu’au souvenir révolutionnaire. De grandes fêtes populaires ont marqué en 1989, avec cinq ans d’avance, le bicentenaire de l’événement.

Depuis 1929, le pèlerinage organisé par l’avant-garde wallonne puis par le Souvenir français, chaque troisième dimanche de juin, au monument de l’aigle blessé marque la nostalgie des Wallons d’avoir été arrachés du sein de la grande nation française.